Speaker #0Avant les mots naissent les pensées, et avant de devenir des pages, elles prennent vie dans la marge. Vous écoutez, avant les mots la marge, je suis Rajasvir, romancière, et à travers ce podcast, je vous invite au cœur de mon métier, entre écriture, lecture et réflexion sur la littérature. En somme, je vous parle de mes romans, mais aussi de tout ce qui vient bien avant, mes idées, mes choix, mes doutes, mes joies. Et peut-être qu'avec le temps, je vous parlerai de l'après, qui sait ? Bonne écoute ! Bonjour, bonsoir ! Et bienvenue dans cet épisode à propos des reflets de papier. Si vous avez manqué le premier épisode, je vous fais une rapide présentation. Il s’agit d’une romance mxm feel good, qu’on peut qualifier de psychologique puisqu’on est dans les pensées des deux personnages et qu’on se focalise exclusivement sur leur psyché. C’est donc l’histoire de deux jeunes hommes, Eliaz et et Lévy qui se rencontrent dans un hopital psychiatrique. Le premier a des idées noires, à l’aube de la depression, l’autre souffre d’anorexie mentale. Et ensemble ils vont croiser l’amour et l’amitié. Mais surtout, ils vont commencer petit à petit à guérir.
Aujourd’hui, je vais vous parler des deux thématiques de cette duologie, la dépression et l’anorexie mentale. Donc encore une fois, moment avertissement. Si vous ne vous sentez pas à l’aise avec ces sujets, ou si vous l’êtes mais peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas cette semaine, eh bah remettez cet épisode à plus tard ou passez l’épisode. Le plus important c’est que vous preniez soin de vous.
Bien ! Si vous êtes toujours là, je vais commencer par le sujet de l’anorexie mentale. Et donc plus particulièrement de Lévy et de la façon dont j’ai choisi de traiter ce sujet.
Pour commencer, rappel de ce qu’est l’anorexie mentale. C’est un trouble qui fait partie de la famille des TCA (troubles des conduites alimentaires). Les TCA regroupant pour les troubles les plus connus l’anorexie mentale, l’hyperphagie et la boulimie. L’anorexie est l’un des troubles psychiatrique avec le taux de mortalité le plus élevé. Je vous cite quelques statistiques de l’inserm et du Vidal : En France, environ 600 000 personnes souffrent de TCA, donc tout trouble confondu. Et pour l’anorexie mentale en particulier, on tourne autour de 70 000 personnes et pas n’importe lesquelles puisqu’il s’agit en majorité des moins de 25 ans. Les adolescents représentant les ¾ des personnes touchées, ce qui est quand même énorme. En termes de prévalence, l’anorexie mentale touche 1,4 % des femmes et 0,2 % d’hommes, ce qui fait que sur 10 concernés, 9 sont des femmes et 1 est un homme.
Ces statistiques, en tant qu’infirmière spécialisée en santé mentale et troubles associés, elles étaient un argument suffisant pour que j’ai envie d’en parler. Et plus qu’envie, j’avais besoin d’en parler puisque j’ai moi-même, comme je vous le disais dans le 1er épisode, été touchée par deux de ces troubles. Donc inconsciemment, parce que oui, c’était inconscient au départ, j’avais besoin de m’exprimer à travers un personnage qui ne me ressemble pas.
Peut-être de manière surprenante pour vous parce qu’on entend souvent dire que les auteurices aiment faire du self insert dans leurs personnages en guise de catharsis. Mais moi c’est pas mon cas. Je n’avais pas envie de penser à moi. Enfin, j’ai des points communs avec Levy, mais ça s’arrête là. Déjà je ne suis pas un homme. On a pas du tout la même vie, on a pas eu les mêmes problématiques bien qu’on partageait le même trouble. Mais ça n’avait pas d’importance. Parce que pour moi l’essentiel c’était une représentation réaliste, le fictioréalisme, vous vous souvenez, et le message passé.
Avec tout ça, l’anorexie mentale c’est un sujet sérieux et plus que ça, un sujet grave. Je voulais écrire dessus. Je voulais écrire la réalité, MAIS je ne voulais pas écrire la réalité dans son extrême. Je voulais écrire un feel good. Je voulais écrire une romance. Je voulais écrire une belle histoire qui fasse du bien. Bref. Je voulais écrire sur des sujets certes dramatiques tout en instaurant de l’espoir. Et pour ce faire, il fallait que je trouve un équilibre en la réalité de ce trouble, ces troubles d’ailleurs, j’inclus la dépression, ces troubles terrifiants, mes objectifs et les codes du genre. Donc j’ai du faire des choix.
Et ces choix, ils n’ont pas été difficiles. Ils ont été bordés par mes expériences de vie et de lectures, c’est-à-dire toutes les fois où j’ai croisé le sujet de l’anorexie mentale, que ce soit dans des livres édités, publiés sur internet, et je vais même étendre au cinéma. De mon expérience, peut-être que la votre sera différente, et dans ce cas n’hésitez pas à me le dire, mais moi à chaque fois que j’ai croisé une histoire qui parlait de l’anorexie mentale, ça tournait 100 % autour des symptomes physiques. C’est-à-dire qu’à chaque fois, on insistait sur toutes les actions que le personnage met en œuvre pour chercher à maigrir. Donc systématiquement on parle de vomissements, de prise de laxatifs oraux, de repas sautés… Ce qui donne un ton automatiquement très sombre, très dur au récit. Et malheureusement, à force de ne représenter que ces actions, on obtient finalement des œuvres qui traite un peu de façon copiée collée finalement.
En plus de ça, on a aussi toujours le même type de personnage, c’est-à-dire toujours un personnage extrêment maigre, toujours le focus sur la peau sur les os, les côtes saillantes, etc. Et vous me direz peut être que c’est tout à fait logique. Mais ça correspond quand même pour partie à un certain cliché des personnes atteintes d’anorexie mentale. Parce que dans la pensée commune, l’anorexie mentale c’est forcément la représentation de quelqu’un qui est très maigre alors que pas du tout. Alors bien évidemment ça existe, mais dans ce cas de figure on est déjà au stade finale de la maladie, où la personne est en danger. Il y a une urgence vitale enclenchée par l’état somatique très dégradé. Or il y a plein d’étapes avant ça. Et ces étapes on n’en parle pas. Ou rarement.
Donc moi à cause de ça, je ne me suis jamais sentie… je ne vais pas dire représentée parce que ce n’est pas ce que je recherche à la lecture d’un livre, mais à chaque fois je n’en suis jamais ressortie en me disant : je reconnais cette expérience. Et quelque part ça a dû créer une espèce de frustration parce que malgré tout, on finit par se poser des questions. Je me disais je ne suis quand même pas la seule à avoir vécu l’anorexie mentale de cette manière. Je ne suis sûrement pas la seule qui ne se retrouve pas dans ces symptômes certes courants. C’est donc de là qu’est née l’envie de représenter ce trouble de cette manière, sans m’attarder sur ces fameux comportements hyper connus, qui sont en fait quand on y pense, très visuels. C’est le genre de scène que le cinéma aime montrer ces scènes de vomissements, de prises de laxatifs. Parce que ça choque. Disons le clairement.
Moi je me suis tout de suite dit : il n’y aura pas de ça dans mon livre. Et ça ne va pas m’empêcher de parler de l’anorexie mentale de manière sérieuse et réaliste parce que cette maladie est tellement insidieuse, tellement sournoise, que justement les gens, en se focalisant sur les comportements les plus connus, ils oublient parfois l’essentiel. Ils ne voient pas les choses qui sont devant leurs yeux.
Petit aparté, sans spoil, mais c’est pour ça d’ailleurs que dans les reflets de papier, parfois Lévy a des comportements qui passent inaperçus aux yeux des soignants. C’est pas très cool mais c’est une réalité de terrain aussi. Donc voilà.
Et peut être vous me direz pour celleux qui n’ont pas lu : comment tu peux parler d’anorexie mentale si tu ne te focalises pas sur les actions que le personnage met en œuvre à cause de sa maladie ? Eh bien c’est possible, si on s’arrête sur le mental. Parce qu’en fin de compte, à chaque fois que ce sujet est traité, on ramène tout au corps, au physique, comme si l’anorexie mentale était une maladie physique. Voilà. Tu es maigre donc tu es malade. Or c’est faux ! Les personnes souffrant de ça, comme je l’ai dit, elles sont pas forcément maigres, tout dépend de l’étape de la maladie et du point de départ. Une personne en obésité et une personne en dénutrition ne vont pas se dégrader à la même vitesse. Mais en plus, dans tout ça, en se focalisant sur l’aspect du corps, les manœuvres pour maigrir, on oblitère l’entièreté du contenu mental. Je veux dire dans « anorexie mentale », il y a « mentale ». Ce mot n’est pas là pour rien. Or la plupart des représentations parlent de « l’anorexie » tout court.
On se focalise sur le côté physique parce que comme je disais précédemment, c’est ce qu’il y a de plus marquant. De plus choquant, j’ai envie de dire. Et ça ça nous vient du cinéma. C’est le rôle du cinéma de marquer visuellement. Or aujourd’hui beaucoup d’auteurices écrivent comme on tourne un film. En oubliant que ce sont deux arts différents. Et ça a des conséquences.
L’état du corps est lui-même une conséquence visible, une conséquence extérieure de la maladie. Et à cause de ça, on ne parle plus du tout de la cause intérieure. Le ressenti.
Et même dans les personnages que je croisais, c’était toujours : on se focalise sur les calories, sur la taille, le poids, ce qui est tout à fait vrai hein attention. C’est une réalité pour une majorité de malades, mais… entre nous je voulais parler d’autres choses.
Moi j’avais envie de ramener mon texte au côté mental de la maladie. Pour montrer aux gens ce que c’est, parce qu’il y en a encore beaucoup trop qui pensent que cette maladie elle est pas si grave, que c’est pas si dur, qu’il suffit de se forcer à manger pour en sortir. Donc je me disais, le meilleur moyen de montrer la difficulté de cette réalité c’est encore d’être dans la tête du personnage, ce qui explique mon choix en point de vue interne, ce qui me permet de me concentrer sur le côté euh émotionnel ; les rouages psychologiques du personnage, le pourquoi il agit comme ceci, comme il se sent, comment il perçoit, comment il reçoit le regard, les paroles des autres parce que pour moi c’était ça le plus important. C’était pas son aspect physique. Même si Levy il est mince. Mais il n’est pas maigre. J’ai justement choisi de représenter un personnage qui ne soit pas en urgence vitale, donc Levy il n’a pas besoin d’être hospitalisé en hopital somatique (ce qui explique qu’il puisse entrer en etablissement psychiatrique d’ailleurs), il n’a pas de sonde nasogastrique, il est pas nourri de force. Son corps il est toujours en état de marche même s’il ne fonctionne pas de manière optimale. Mais il n’en reste pas moins qu’il n’est pas en danger de mort. Et puis euh ça aurait pas été très feel good de commencer comme ça. Ahah
Donc j’avais envie d’un personnage qui puisse représenter une autre étape, une autre image de l’anorexie mentale. Et quand j’y pense, une autre chose qui me dérange dans les œuvres qui abordent l’anorexie mentale, c’est que on ne trouve toujours comme symptome principal que l’anorexie. Et vous allez me dire « normal si t’écris sur l’anorexie, logique que tu décrives l’anorexie ? ». Mais en fait, ce qui se passe, c’est que la plupart des gens, et encore une fois ce n’est pas une moquerie, chacun son domaine d’expertise, mais ce que je vais dire relève de l’ignorance, la plupart des gens confondent l’anorexie mentale et l’anorexie. Et si vous ne faites pas la distinction, alors je vais vous apprendre quelque chose. L’anorexie mentale c’est la maladie. Le trouble globalement. L’anorexie, c’est un symptome. Ce qui signifie que l’anorexie est la conséquence de l’anorexie mentale. Mais elle n’est pas forcément présente, et quand elle l’est elle ne l’est pas forcément dès le départ.
L’anorexie qu’est ce que c’est ? C’est une diminution de l’appétit pouvant aller jusqu’à la perte totale, et donc l’absence de sensation de faim. Donc automatiquement, pourquoi je dis que c’est une conséquence, parce que l’anorexie mentale, la maladie, quand elle commence à s’installer, si le symptome de l’anorexie n’est pas présent dès le départ suite à un choc traumatique par exemple, il va arriver parce que à travers les comportements de restriction alimentaire de la personne, le corps étant une machine merveilleuse, il va s’adapter. Il va passer en mode survie pour économiser son énérgie. Il va mettre le métabolisme au ralenti, et parmi ce métabolisme immense et complexe, il y a les hormones de la faim.
Tout ça pour dire que l’anorexie n’est pas un symptome présent dans l’anorexie mentale 100% du temps. Ça veut dire qu’il existe beaucoup de personnes souffrant d’anorexie mentale qui ne présentent pas d’anorexie, pas de perte ou de disparition de la faim. En tous cas pas encore. Et c’est le cas de Lévy. C’est le cas de Lévy parce que encore une fois c’est quelque chose que je n’avais jamais croisé comme représentation et ça me semblait important de montrer la distinction entre les deux, et surtout de le représenter car je pense qu’on est de nombreux concernés à avoir ou avoir eu ce trouble sans avoir ce symptome. On en a eu d’autres, mais pas celui là.
Et c’est ce qui fait qu’on va se retrouver avec des personnes en anorexie mentale mais qui ne sont pas forcément maigre, pas forcément dégoutée du fait de s’alimenter. Encore une fois c’est le cas de Lévy.
Pour information, l’anorexie mentale elle se diagnostique selon quatre grands critères : 1) la restriction alimentaire. Que ce soit en quantité ou qualité d’aliments. 2) une perte de poids importante en peu de temps (+ de 15% de la masse graisseuse par rapport au poids de départ), perte de poids qui est banalisée. 3) des stratégies mises en place pour perdre du poids 4) une distorsion de l’image de soi.
Petit apparté sans lien avec les reflets de papier : vous comprendrez donc qu’on peut être en surpoids et souffrir d’anorexie mentale, parce que si je prends l’exemple d’une personne D’1m60, qui pèse 150kg au départ et qui en un mois en perd je vais dire n’importe quoi 40… On a une personne qui pèse toujours 110 kilos, donc on est pas dans la maigreur, et qui pourtant se trouve déjà en anorexie mentale. Parce que perdre 40 kilos en un mois pour un corps, c’est extrêmement dangereux. Or ce cas de figure, on en parle jamais, parce qu’encore une fois, dans le collectif, l’idée de l’anorexie mental, c’est une personne dont on voit les os. Ça n’a pas de lien avec les reflets de papier parce que Lévy n’est pas en surpoids, mais je trouvais important de le dire quand même.
Lévy n’est pas en surpoids, il souffre d’anorexie mentale et il a faim. Mais il ne peut pas manger, parce que la maladie. Mais il a faim. Et il le dit. Il le pense. La faim est toujours là et c’est horrible parce que l’anorexie mentale dans ce cas là, c’est une lutte constante contre la faim. Ce qui est tout aussi atroce que ne pas la ressentir. Donc c’était important pour moi d’en parler, de montrer que quand on a ce trouble, on reste conscient quand même de certaines choses. Certaines sensations, certaines réactions du corps.
Certes il y a une part d’inconscience qui tient dans la distorsion de l’image qu’on a de soi. Ce symptome là s’appelle la dysmorphophobie. C’est un trouble à lui tout seul, mais il accompagne 100 % du temps les personnes ayant une anorexie mentale. La dysmorphophobie c’est en très résumé avoir une vision déformée de soi même. C’est une obsession pour le coup maladive, d’un défaut d’une partie de son corps, ou de son corps tout entier qui va tordre l’image de soi. Faut le distinguer d’un petit défaut qu’on va se trouver ou d’une partie de corps qui nous gêne un peu. La dysmorphophobie on la présente généralement comme l’image d’un miroir déformé. C’est-à-dire que c’est à cause de ce trouble, ce symptome dans l’anorexie mentale, qu’un malade devant un miroir ne voit pas la maladie. Il ne voit pas ce qui est évident pour autrui. Il garde une image déformée de lui-même.
Donc on reste coincé sur une ancienne vision qu’on a de soi. C’est quelque chose de très particulier à expliquer. Qui est difficilement compréhensible pour celleux qui n’en souffrent pas. Mais c’est reel et reconnu. Mais quand on en souffre, on ne s’en rend pas compte. On ne voit pas.
Lévy il ne voit pas. On le voit quand on sort du trouble. Et quand je disais que le corps, ici le cerveau est une machine merveilleuse, c’est autant en bien qu’en mal. Parce que c’est vrai que pour moi, et là c’est subjectif bien evidemment, c’est le symptome le plus horrible de l’anorexie mental. Parce que c’est le plus difficile à combattre. C’est celui qui empêche de réussir à s’en sortir. Au-delà de la sensation de faim, de la peur de prendre du poids, du regard des autres, pour moi c’est le plus difficile cette dysmorphophobie. Et ça Levy il l’a. J’avais besoin d’en parler. D’insister là-dessus parce que la dysmorphophobie c’est une majorité des personnes qui souffrent d’anorexie mentale. Et on explique pas assez ce que c’est aux autres. Je ne pouvais pas écrire sur ce sujet sans en parler. Mais c’est vrai que du coup, ce sont des moments très émotionnels…
Quand j’ai écris ces moments là, où Levy parle de cette dysmorphophobie avec la psychiatre, le moment est difficilement feel good. Mais en même temps, comme je le disais dans l’épisode 1, au départ c’est compliqué. Les personnages intègrent l’hopital parce qu’ils ne vont pas bien. Ils sont mentalement au plus bas de ce qu’ils seront dans l’histoire. Mais malgré le fait que c’était un feel good, je ne voulais pas non plus enjoliver la réalité. Et les symptomes sont durs forcément. Oui les personnages peuvent pleurer, oui ils sont perdus, ils se questionnent sur comment ils en sont arrivés là, s’ils en sortiront un jour… et quand on parle des troubles psychiatriques les plus meurtriers chez les jeunes, à savoir l’anorexie mentale et la depression, forcément il y a des moments sérieux qui font mal.
Mais moi je voulais montrer que ce combat il est avant tout dans la tête. Pour l’un comme pour l’autre. Le combat de Levy, contrairement à ce qu’on peut croire, il ne se joue pas dans l’assiette. Le repas c’est presque finalement ce qu’il y a de moins important à travailler pour Lévy. C’est la raison pour laquelle je ne m’arrête pas énormément dessus. Alors bien évidemment on parle des repas et de l’alimentation quand même mais c’est pas le plus important dans ce livre.
Le plus important pour moi, en étant focalisé sur les pensées et le ressenti du personnage, c’était de pouvoir faire comprendre aux personnes qui n’ont jamais souffert de TCA, ce que ça fait. Parce que quand on ne connait du trouble que la théorie, on peut complètement passer à côté de l’extrême difficulté de vivre avec. D’ailleurs j’avais reçu une critique négative d’une lectrice qui dans sa review a dit que le livre ne l’avait pas touché parce que elle elle ne souffre pas des troubles qu’ont les persos. Alors au-delà du fait que ça m’a questionnée sur son empathie, ça m’a questionnée aussi sur mon propre travail. Parce que forcément on se remet en question avec une reflexion pareille. Et finalement comme cette fille était l’exception, j’ai décidé que je l’avais bien fait. Prenez ça pour de l’arrogance si vous voulez. Mais on sait tous, je ne vous apprends rien, qu’il y a des gens qui resteront insensibles à la souffrance d’autrui, si c’est pas une souffrance qu’ils connaissent. Pire, ils restent insensible à la souffrance, tant que ce ça ne leur arrive pas à eux. Donc ça m’a confortée dans l’idée que quand on a pas connu les tca, c’est très difficile de s’imaginer ce que ça fait.
Ceci étant, les reflets de papier n’est pas un livre que j’ai écrit en priorité pour les non concernés. J’aurais pu, parce que je me disais que ça apprendra les choses. Cette romance peut être considérée comme un feel good éducatif. Mais en premier lieu, j’ai écrit pour les concernés justement. Ce qui était une grosse prise de risque parce que l’anorexie mentale, quand on en souffre, c’est un content warning pour beaucoup de lecteurices. D’un côté j’avais envie d’écrire pour eux, mais de l’autre, je risquais que jamais ils ne tentent l’aventure de cette lecture avec moi. Parce que c’est difficile, et je l’entends. Et c’est précisément pour ça que je voulais que ce soit un feel good. Pas seulement pour parler de la maladie autrement mais aussi offrir un espace sécuritaire, un espace un peu plus confortable que la réalité, sans tomber dans le patho, entre nous. Entre concernés.
J’avais l’audace de penser que ça parlerait aux concernés qui tenteraient la lecture. En positif. Même si ce n’est que temporaire, même si ce n’est que le temps de la lecture d’un paragraphe, que le temps d’une nuit, eh ben c’est mieux que rien. Et puisque je parlais d’une critique négative tout à l’heure, je vais vous parler d’une autre critique qu’on a pu me faire qui est que Lévy est quand même un personnage dit « faible », je mets les guillemets. Même si vous ne me voyez pas les mimer. Parce que voilà, Lévy c’est pas un personnage qui a une répartie d’enfer, physiquement il en impose pas. C’est pas un canon de beauté. C’est pas un personnage qui a un fort caractère. C’est un personnage qui se replie, et à juste titre puisqu’il souffre.
Donc moi je n’ai jamais été d’accord avec cette vision de lui. Et ça n’a rien à voir avec le fait que ce soit mon personnage parce que mes personnages, tous confondus, tous genres confondus, je les crée pour qu’ils soient humains. Donc ils ont tous des défauts et je peux tous les lister. Là c’est une question de point de vue mais surtout pour moi de manque d’analyse. C’est-à-dire que je comprends qu’on adhère pas à la personnalité du perso, quand on souffre soi même, c’est lourd d’être dans la tête d’un perso qui souffre aussi. Je peux entendre. Mais dire qu’il est faible, c’est objectivement passer à côté de toute l’histoire. Car à bien des égards pour moi, Lévy est bien plus fort qu’Eliaz. Pourquoi ? Parce que Lévy il est conscient de sa maladie. Il l’a diagnostiquée avant même qu’un médecin le fasse. Il est conscient qu’il ne peut pas s’en sortir tout seul donc il demande de l’aide. C’est lui qui prend la décision de venir à l’hopital psychiatrique. Personne ne l’a obligé. Il fait tous les efforts du monde pour s’en sortir, même si c’est dur. Même s’il a des nausées. Même s’il a mal aux muscles, même s’il est constamment fatigué. Même s’il pleure. Même s’il pense qu’il ne va jamais y arriver. Même s’il pense que jamais personne ne s’interessera à lui en tant que petit ami, même s’il culpabilise de passer pour un moins que rien parce que lui il n’a pas fait d’études, il est vendeur dans une boutique, il a l’impression d’être une deception pour ses parents. Malgré tout ça… il avance.
Voilà pourquoi c’est lui le plus fort des deux. Parce que Eliaz à côté… c’est un personnage extraverti. Il gagne bien sa vie. Il a son propre appart. Il est connu. Il a la tchatche. Il aime son métier. Il est beau et il le sait. Il a du charisme. Mais Eliaz… à aucun moment de la duologie, il ne reconnait la réalité de son trouble. Ça ne veut pas dire qu’il n’évolue pas, hein. Attention. Ils évoluent tous les deux et très bien. Mais Eliaz dès le départ, il dit « je ne suis pas depressif » quand la psychiatre le reçoit en entretrien pour la première fois. C’est la seule et unique fois où la maladie sera nommée dans toute la duologie. Parce que la psychiatre elle voit bien qu’il est dans la minimisation de ses actes et de ses pensées. Elle voit qu’il n’est pas dans le soin, donc ça ne sert à rien d’insister et de lui jeter son diagnostic à la figure. Eliaz son trouble il le définira plusieurs fois, mais jamais il ne l’appellera pas son vrai nom. Il dira « un petit coup de déprime » « un coup de mou ». ça n’ira pas plus loin.
Et tout ça me fait une super transition pour passer à l’autre thématique et donc l’autre personnage ahah. Mais je termine quand même en cloturant par le fait que vis-à-vis de tout ça, je ne peux pas être d’accord avec le fait qu’on qualifie Lévy de faible, tout ça parce qu’il n’a pas un caractère de fou furieux ou qu’il ne représente pas physiquement l’essence même du perso qui défonce tout quoi.
Moi je n’aime pas cette politique du « pour qu’un perso soit considéré comme fort il doit être badass, il doit être grande gueule ». ça ce n’est pas être fort. C’est un type de personnalité. Ça ne veut pas dire que les autres sont privées de force. Mais on nous a tellement bassiné avec ce genre de représentation qu’on ne jure plus que par ça. Et c’est peut être pour ça aussi qu’inconsciemment je voulais deux personnages qui physiquement ne sont pas l’archétype de ce qu’on adule au quotidien. De ceux qu’on met en avant. Lévy à cause de sa maladie, et Eliaz, même si à travers les yeux de Lévy il est jugé sexy, objectivement il le dit lui-même il a un physique lambda. Il est pas musclé par exemple. Donc voilà. Pour moi être fort c’est par rapport à soi même. C’est ce qu’on met en œuvre pour évoluer.
Or Eliaz il a besoin d’un sacré coup de pied au cul pour admettre que oui il aurait besoin d’aide. Il finit par le reconnaître mais très tard. Beaucoup plus tard que Lévy. Et il n’est pas du tout compliant. Il refuse le diagnostic. Avant même qu’on lui propose quoi que ce soit, il dit direct qu’il ne prendra aucun médicament. Donc ce genre de patient c’est très compliqué parce qu’il dresse un mur infranchissable dès les premieres secondes. Et n’importe quel soignant sait qu’on ne peut pas soigner quelqu’un qui ne veut pas l’être.
Et c’était voulu de ma part d’ailleurs. Pour ce roman qui se passe dans un hopital psychiatrique, avec en thématiques deux troubles aussi graves l’un que l’autre, je ne voulais pas d’une seule représentation avec une seule solution. Donc d’un côté on a Lévy qui choisit de faire confiance. Qui accepte les règles, qui prend sur lui, qui lutte contre lui-même, et qui est prêt à prendre ses médicaments. Parce que Lévy il incarne ce côté du soin où si tu acceptes de l’aide et si tu acceptes d’y croire et de faire confiance, tu peux t’en sortir. Mais à côté de ça, Eliaz il représente le soin aussi, malgré le déni et l’absence de médicament. Parce que même en tant qu’infirmière, je ne suis pas pro traitements pour tout et n’importe quoi. Il y a des troubles qui nécessitent un soutien médicamenteux, parfois à vie pour certains troubles, je pense notamment aux psychoses. Et c’est ok. On a trop voulu rendre tabou le fait de prendre des médicaments quand on a un trouble mental. Mais il y a aussi des troubles qui peuvent se soigner autrement. Et Eliaz son seul traitement finalement c’est la thérapie. Ça ne veut pas dire que tous les gens qui ont le même trouble vont le soigner de la même manière. Ça veut dire que les deux sont possibles en fonction de l’état, des besoins… Mais en tous cas je voulais passer les deux idées.
Alors pour la depression, je ne vais vous citer qu’une seule statistiques parce que c’est la plus parlante. Elle date de 2024, et je ne pense pas que ça se soit amélioré depuis, malheureusement. En 2024 donc, près de 15,4 % des français souffrent d’une depression. C’est-à-dire qu’un français sur 5 souffrira de depression dans sa vie. Au moins un fois. Je dis au moins parce que malheureusement c’est une maladie qui s’accroche terriblement et pour laquelle il y a de nombreuses rechutes.
Et donc Eliaz c’est un personnage qui au premier abord parait bien. Sans problème. Lévy le dit d’ailleurs. « il doit peser le double de moi ». C’est un personnage qui fait un peu de sport, il prend soin de lui, il présente bien. C’est un personnage calme (bon sauf quand il a bu, dixit le premier chapitre) mais il est calme tout en ayant assez confiance pour confronter les gens quand il en ressent le besoin. Par exemple envers les soignants. Il n’hésite pas à faire de l’humour noir, il n’hésite pas à faire de l’ironie, du sarcasme, à faire valoir qu’il n’a pas envie de rester là, qu’il est là contre son gré, et qu’il va repartir fissa.
Bien evidemment vous vous doutez bien que s’il y a un roman entier, une romance et une amitié c’est qu’il ne repart pas fissa, mais l’intérêt c’est de savoir pourquoi il reste, ce qui le fait changer d’avis etc.
La depression chez Eliaz j’ai fait le choix de ne la nommer qu’une fois, et pas par lui. Après ça on ne la renommera pas, parce qu’encore une fois, je ne voulais pas tomber dans la représentation extrême, celle que j’ai toujours vue traiter dans mes lectures. C’est-à-dire que la plupart du temps, la depression on va la croiser sous sa forme finale, soit les idées suicidaires et les tentatives de suicide. Avec Eliaz on en est pas là. De la même manière que pour Lévy et l’anorexie mentale, j’ai voulu représenter les étapes avant ça. Donc Eliaz n’a pas d’idées suicidaires, il a des idées noires. C’est une étape ou il y a des idées suicidaires mais dites passives, c’est-à-dire comme il le dit à la psychiatre « si demain je me réveille pas ou si quelqu’un me fonçait dedans en voiture ben ce serait la même ». Pourquoi c’est considéré comme l’étape d’avant ? parce que ça tient à la passivité de l’idée justement. C’est-à-dire que l’idée suicidaire, elle est mise en action. Or lui il ne parle que de choses qui pourraient lui arriver de l’extérieur, sur lesquelles il n’a aucun contrôle. En dehors de ça, il n’a jamais songé à un scenario, il n’a pas du tout l’intention de passer à l’acte. Donc il n’est pas en urgence vitale psychiatrique. Comme Levy il n’est pas en danger dans l’instant T quand le roman démarre. Mais l’état est suffisamment préoccupant pour necessiter un parcours de soin.
La depression je ne la nomme qu’une fois, et je ne l’associe même pas à Eliaz. Le lecteur comprend. Mais Eliaz ne dira pas oui c’est moi. La psychiatre lui dit « ça pourrait ». Il répond non. On en reste là. Au final le diagnostic n’est jamais vraiment posé. Pourquoi ? Parce que cette maladie là elle est tout aussi sournoise que l’anorexie mentale. Son stereotype dans la pensée commune encore une fois c’est l’extrême. On ne parle que du plus choquant. On ne parle pas de l’avant. Or je ne vois pas comment on peut empêcher d’arriver jusqu’à la fin, si personne ne prend la peine de souligner que ce qui se passe avant n’est pas normal. Vous voyez ce que je veux dire ? Et c’est tellement imbriqué dans nos têtes, que beaucoup de concernés sont et restent dans le déni. Dans ce fameux discours « non c’est pas moi » « non c’est pas grave ». Donc on ne pose pas le mot. Parce que tant qu’on ne le pose pas, alors tout va encore bien. Du moins on le croit.
Le fait que la psychiatre le dise une fois, c’est un pacte secret avec les lecteurices. Ça veut dire « on va parler de ça et je le nomme pour que vous compreniez de quoi on parle, et ce même si le personnage principal lui, il ne va pas saisir parce qu’il minimise. » Ce qui fait d’elle une excellente psychiatre parce qu’elle vous prévient sans bousculer Eliaz. Il lui dit non. Elle respecte. Elle ne reposera pas le mot. Parce que parfois, en psychiatrie ou psychologie, le patient n’a pas besoin de reconnaitre ou d’accepter le diagnostic pour avancer. Parfois les gens ne sont pas prêts. C’est normal. Il faut du temps pour accepter, c’est une forme de deuil, le deuil de sa bonne santé mentale. Donc on respecte le rythme du patient. Ce qui n’empêche pas de mettre des choses en place, d’avancer, et pour le patient d’évoluer. Et c’est ce qui se passe pour Eliaz.
J’avais envie aussi de représenter ce type de malade parce que c’est une réalité, et je voulais quelque part écrire que c’est pas une fatalité. Parce qu’on est aussi nombreux et nombreuses à souffrir d’un trouble, à ne pas l’admettre, à travailler dessus, à s’en sortir ou pas parfois… et puis à se rendre compte 1an, 5 ans, 10 ans plus tard : ah bah en fait… c’était ça.
A travers ces parallèles qui opposent Lévy et Eliaz, je voulais montrer qu’il n’y a pas un type de patient, un type de soin, un type de reaction à avoir… Chacun a un parcours différent. Parce que chacun est unique. On en a un dans le soin. L’autre pas. Un qui prend des médicaments. L’autre qui n’en veut pas. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise façon de faire. C’est propre à chacun. Ou plutôt la bonne façon de faire c’est au rythme du patient, et la mauvaise c’est de ne pas l’écouter, et que la personne ne s’écoute pas elle-même.
Et ce rythme qui est très différent il explique le rythme de forme du livre. A savoir que dans le tome 1 on est surtout focalisé sur Lévy. Sur ses comportements, ses difficultés, les aides pour les repas. La romance bien entendue. Leur amitié avec Gillian. La vie à l’hopital. Et comme on se laisse bercer par tout ça, on en oublie presque que Eliaz aussi il a une thématique, et surtout une problématique parce qu’il est pas là pour rien. En plus Eliaz il a un autre problème. Il a un secret, que je ne vais pas vous dévoiler, mais pour celleux qui n’ont pas lu, sachez que le lecteur est dans le secret bien avant Lévy et Gillian. Et ce secret il pèse. Parce qu’il met en péril la romance qui s’installe. Ce secret il mène un peu la tension dans le livre parce que le lecteur sait que ce secret existe, et qu’à un moment la revelation va arriver. Donc on se focalise là-dessus. De la même manière que Eliaz se focalise là-dessus et non sur sa depression. Il se focalise sur Lévy parce que pendant qu’il cherche à l’aide ben il ne pense pas à lui-même. En fait, il met tout entre parenthèse, un peu comme s’il mettait le temps en pause. C’est pour ça que le tome 2 se refocalise sur Eliaz. Pas seulement son secret mais sa thématique parce que quelque part ils sont un peu liés. Son etat se degrade donc c’est un peu plus visible. Et donc à un moment il ne peut plus fuir. Et pour moi c’est important d’en parler parce que petit 1, un etat ça peut se degrader très rapidement, petit 2, on ne se voit pas basculer d’une etape idée noires à l’etape suivante… Et le message avec lui c’était que : c’est pas parce qu’on est pas dans la forme extrême de ce trouble que ce n’est pas grave, que ce n’est pas dangereux. L’état d’Eliaz n’est pas un etat normal, dans une santée mentale saine. Or beaucoup de gens l’ignorent ou le minimisent. Ce qui est très alarmant.
La preuve, c’est que à l’époque, quand j’ai posté le livre sur wattpad, quand Eliaz fait de l’humour noir avec une soignante, et qu’il dit un peu agacé, « oui j’ai envie de mourir, bah comme tout le monde non ? », qu’il rétière avec la psychiatre en insistant en plus « oh c’est bon, vous avez jamais envie de mourir vous ? » et qu’elle répond tout de go « non ». Elle lui fait comprendre que cet état de pensée est anormal. Il y a des jeunes lecteurices qui étaient étonnés. Parce que pour eux, et c’est très triste ce que je dis là, mais pour eux, faute de soin, c’est la normalité, c’est l’état habituel.
Voilà pourquoi j’insiste, c’est important de parler de ces étapes d’avant. La depression qui se montre sous le jour des idées suicidaires, voire des tentatives de suicide, bien évidemment il ne faut jamais cesser d’en parler. C’est comme ça qu’on normalise le fait de prendre soin de sa santé mentale aussi. Mais il ne faut pas la réduire à l’étape finale. Parce que c’est en ignorant les etapes précédentes qu’on empêche une alarme de s’activer, qu’on empêche les gens de comprendre. Pour eux-mêmes comme pour leurs proches.
Et encore une fois on ne parle que des pires etapes parce que c’est le plus choquant. On ne voit que celles là à la télé. Ça rajoute du drame. Un perso qui est mal mais qui n’a pas l’intention d’en finir c’est tout de suite moins vendeur en termes d’action. C’est la réalité du cinéma. Il y a moins de tension. C’est horrible à dire mais il y a moins de tension. Mais moi je ne veux pas écrire mes livres comme le cinéma se crée. Je n’ai pas le même objectif. Je veux parler sérieusement des sujets, dans leur entiereté, j’aime bien donner un coup de pieds dans la fourmillière souvent. Parler de choses tabou, retablir une vision plus juste de certains sujets… quitte à ce que ce soit moins vendeur, avec moins de péripéties. Parce que même si je veux que mon lectorat s’amuse, qu’il prenne plaisir dans ce loisir de lecture, je ne veux pas mentir. Je ne veux ni enjoliver ni empirer les sujets. Je veux montrer la réalité.
Je ne dis pas que je ne parlerai jamais de la depression qui va jusqu’à la tentative de suicide, je l’ai déjà fait à travers des personnages secondaires dans d’autres œuvres, mais ça n’a jamais été la thématique principale du livre. Peut être un jour mais pour l’instant ce n’est pas ma priorité, je l’avoue parce que c’est un thème qui est déjà très largement repris dans la littérature actuelle. Donc ma contribution n’est pas vitale on va dire ahah.
Et une fois de plus, me concentrer sur les étapes d’avant, ça me permettait encore une fois de rester dans du feel good. Parce que depuis tout à l’heure je vous parle de sujets très durs, celleux qui n’ont pas lu doivent se dire ce livre doit être absolument horrible à lire ahah Mais je vous assure, c’est bien un feel good. Et ça se passe bien. Là je me focalise sur la façon dont j’ai voulu aborder les thématiques donc je ne parle que de choses atroces, mais à côté de ça ça reste léger. On a beaucoup d’humour. D’amour, et pas seulement l’amour romantique, mais l’amour d’une amitié, l’amour d’un parent. L’amour de soi parce qu’il est très important. Donc c’est vraiment pas horrible, j’ai fait en sorte de bien travailler ça et je pense que je m’en suis bien sortie parce que je vous ai parlé de deux critiques négatives mais j’en ai tellement plus de positives que impossible de les compter. Vous pouvez les retrouver dans ma story à la une concernant les reflets de papier ou j’ai mis toutes les chroniques ou on m’a taguée, mais aussi sur les plateformes d’achat et les plateformes de lectures comme babelio ou goodreads.
Je pense sincèrement que c’est un livre qui permet de ressortir avec une certaine gaieté. Et qu’au final, parmi les multitudes de messages passés dans l’œuvre, il y en a forcément un qui parle aux gens. ET le principal message de cette œuvre. Le seul qui n’est pas nommé finalement, parce qu’il est montré… ce n’est pas une honte de vous faire aider. Faites vous aider si vous en avez besoin. Acceptez l’aide si on vous la propose. Et ça c’est un message valable pour l’entièreté de la santé mentale. Il n’est pas valable que quand on a des TCA ou une depression. Il est valable tout le temps et partout. Se faire aider c’est s’aider soi même. C’est vraiment la toute première étape.
Et à l’époque quand j’ai publié ce livre sur wattpad, je me disais si une ligne dans ce roman peut aider ne serait ce qu’une personne, alors j’ai tout gagné. Et ça c’est ma plus grande fierté avec ce livre parce que depuis, trois ans après, il y a toujours des gens qui le relisent, toujours des gens qui m’écrivent pour me dire à quel point ça les a marqué, ça les a aidés, ça leur fait du bien de relire. Bref que des bonnes choses.
Je vais m’arrêter là-dessus. Au final je vous ai parlé des deux thématiques en un épisode parce que, malgré tout mon amour pour les reflets de papier, je n’avais pas envie de passer trop de semaines à vous parler de ce livre. Parce que ça fait trois ans maintenant qu’il est sur le marché. Et l’intérêt de ce podcast aussi c’est que vous m’accompagniez dans le moment présent. Mais au moins, je me dis que ça peut vous aider à comprendre qui je suis, quel genre d’autrice je suis, qu’est ce qui m’anime quand je suis devant l’écran. Donc je pense que celleux qui n’ont pas lu et qui ont écouté jusque là, ça vous en aura appris un peu plus sur moi. Pour celleux qui ont lu, j’espère ne pas vous avoir ennuyés. Peut être que vous aurez appris des choses dans l’analyse du livre, si c’est le cas, dites le moi, ça me ferait très plaisir !
On se retrouve dans deux semaines avec cette fois un épisode général. C’est-à-dire que je ne vais pas vous parler d’une de mes œuvres. Ce sera un sujet qui prête à débat. Je n’ai pas encore décidé lequel pour être tout à fait honnête puisque j’ai une quarantaine d’idées, rien que ça, dans mon carnet. Mais comptez sur moi pour vous teaser sur instagram si vous me suivez là bas. Allez je vous laisse ici. On se recroise entre deux pages ?