- Speaker #0
Bienvenue dans Balance la vie, le podcast de deux psy pétillantes dans lequel on vous partage nos déséquilibres du moment, nos réflexions et nos actions. On le fait en toute légèreté et humilité pour vous inspirer, vous aider à trouver votre propre balance et kiffer, être vous. Bonjour Sarah !
- Speaker #1
Et Lolila ! On a décidé d'aborder le super sujet des disputes entre enfants dans cet épisode.
- Speaker #0
Et oui, c'est un sujet autour duquel... il nous est arrivé d'échanger quelques fois. Et à chaque fois, nos échanges aboutissent à des éléments qui sont aidants pour nous. On en tire des trucs et des astuces qu'on adapte dans nos familles.
- Speaker #1
Oui, clairement. Et donc, on s'est dit que ce serait utile de partager ces réflexions avec vous, nos auditeurs, dans un épisode de podcast.
- Speaker #0
D'autant plus qu'on rencontre pas mal de parents qui se disent fatigués par les disputes de leurs enfants. Cette semaine, j'ai d'ailleurs encore participé à un événement où une maman disait à quel point elle était embêtée par les disputes de ses enfants. Et ça a donné lieu à plein d'échanges très intéressants entre les personnes qui étaient présentes autour de la table.
- Speaker #1
Concrètement, il y a énormément de choses à dire sur les disputes des enfants. Tellement d'angles à prendre pour en parler que dans cet épisode, on a dû faire des choix.
- Speaker #0
Exactement. On a choisi certaines thématiques qui nous intéressent, nous, dans les disputes des enfants. Et on a choisi aussi d'aborder des aspects concrets et pratiques qui peuvent susciter la réflexion, susciter des actions ou encore du changement quand on en ressent le besoin. Donc, cibler. concret et à visée pratique sont les mots d'ordre pour cet épisode et certainement pas exhaustifs ou encore universels. Oui,
- Speaker #1
et avant toute chose, on a envie de parler aux parents que nous sommes.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
On a envie d'observer nos propres croyances, nos représentations de la fratrie idéale, de nous questionner sur ce que le conflit évoque chez nous, dans notre histoire.
- Speaker #0
J'ai envie de parler déjà de, en premier lieu, l'ambivalence forte qu'on peut vivre entre l'image qu'on a... d'une fratrie en tant que parent, celle où chaque enfant aime son frère ou sa sœur de tout son amour entier, tous les jours et toutes les secondes de sa vie, et qu'il est super empathique, qu'il est dans le partage. Tu vois cette image-là ?
- Speaker #1
En fait, je ne vois pas. C'est qu'une image.
- Speaker #2
Une vraie image qui ne bouge pas. Et puis, effectivement, à côté de cette image jolie et lisse,
- Speaker #0
il y a la réalité où les disputes, les conflits sont juste normaux.
- Speaker #1
Normaux.
- Speaker #0
Et surtout... Quand les enfants sont tout petits, il ne faut pas oublier que leur cerveau n'est pas encore suffisamment mature pour réguler leurs émotions.
- Speaker #1
Et le dire, c'est extrêmement important pour nous dans Balance ta vie, parce qu'ici aussi, on a envie de se défaire de cette illusion du parfait pour vivre notre vraie vie.
- Speaker #0
Typiquement, dans les chansons auxquelles j'ai participé lors de l'événement que j'évoquais plus haut, le fait d'entendre que c'était présent dans toutes les familles autour de la table a été extrêmement soulageant pour... le parent qui partageait ses galères liées aux disputes de ses enfants.
- Speaker #1
Donc dites-vous bien d'abord que vos enfants ne sont pas des monstres, enfin ça peut arriver mais je veux dire de manière générale voilà de manière générale, ce ne sont pas des monstres qui ne veulent pas vous embêter en se disputant, que les disputes c'est normal, fréquent dans les fratries et que vous n'avez pas tout raté dans leur éducation, d'ailleurs ni que ça définit leur relation toujours. Allez, déjà ça soulage de déposer ça.
- Speaker #0
Tellement. Ça fait penser à... à la question qu'on entend souvent poser aux parents d'une fratrie. On demande souvent aux parents est-ce qu'ils se disputent ?
- Speaker #1
Y a-t-il plusieurs réponses à cette question ?
- Speaker #0
Réponse A,
- Speaker #2
oui. B, oui. C, toujours. Arrête avec tes questions bizarres.
- Speaker #0
C'est exactement le même type de question que celle de demander à des parents d'un nouveau-né,
- Speaker #1
est-ce qu'ils dorment ? Bah,
- Speaker #2
pourquoi tu demandes ça ?
- Speaker #1
Tu demandes ça ? En fait, le pire c'est que la réponse, on la connaît, et même s'ils te disaient oui, D'un coup, tu le détesterais. Exactement.
- Speaker #2
Il ne faut pas poser cette question. Oui, les parents, sachez que dans la plupart des fratries,
- Speaker #0
les conflits entre frères et sœurs existent. Que les parents lassés des disputes de leurs enfants, il y en a énormément. Que les familles où l'ambiance est gâchée par les disputes des enfants, ça existe aussi et ça, c'est bien dommage. Parfois, c'est passager et parfois, ça dure. C'est récurrent et ça finit par teinter les liens de tous les membres.
- Speaker #1
Et c'est ce dernier cas de figure qu'on a envie d'éviter. en vous partageant quelques tips pour reprendre de la hauteur à ces disputes et éviter d'entrer nous-mêmes dans les conflits de nos enfants.
- Speaker #2
C'est vraiment ça, ne pas en prendre part nous aussi.
- Speaker #0
Après avoir normalisé la chose, on veut s'inviter à questionner notre posture dans les conflits de nos enfants. Parce que la posture qu'on va adopter face aux disputes de nos enfants, ça va souvent déterminer la suite de l'aventure. Soit les disputes vont avoir tendance à s'atténuer, ou au contraire, à devenir de plus en plus fréquentes et intenses, notamment en lien justement avec la façon dont on agit et dont on réagit.
- Speaker #1
Oui, et la façon dont on réagit dépend de qui nous sommes. C'est intéressant de savoir comment on se sent de manière générale face aux conflits, face aux désaccords. Certaines personnes fouillent les conflits, comme la peste, et en toutes circonstances. Alors quand on se trouve dans la situation où c'est inévitable, parce que les conflits s'invitent à la maison grâce à nos enfants, eh bien pour certains parents c'est très très déstabilisant. Eh bien dans ce cas, c'est une opportunité de développer mes propres compétences dans la gestion de conflits. De m'interroger sur ce qui me gêne, sur les émotions avec lesquelles je ne suis pas à l'aise.
- Speaker #0
Complètement. Et la posture que j'adopte peut être influencée aussi par ma propre histoire, mes propres blessures. Par exemple, si j'ai été la petite dernière de la fratrie et que j'ai souffert de toujours être dominée par les plus grands, de ne jamais avoir mon mot à dire ou encore de ne pas être prise au sérieux dans mes prises de position, j'aurais peut-être une tendance à défendre le petit dernier de ma fratrie. Bec et ongles contre ses frères et soeurs. Si je prends conscience de ce lien avec ma propre histoire, alors c'est intéressant de m'arrêter, de me regarder fonctionner, de prendre conscience qu'il ne s'agit pas de réparer ma propre histoire à travers celle de mes enfants. Si cette prise de conscience ne suffit pas à prendre de la distance, à faire un pas de côté et à ajuster notre posture, alors c'est important de se faire aider pour aller réparer les blessures du passé qui nous restent et qui nous entravent.
- Speaker #1
Oui, se voir fonctionner en tant que parent, nous donne souvent plein d'opportunités de revoir notre propre histoire, de la soigner et d'en sortir grandie et consolidée en quelque sorte. On peut à présent, en quelques mots ou exemples, illustrer ce qui se passe quand un parent intervient dans un conflit avec justement cette posture juge, quand il tranche, quand il dit qu'il a raison ou tort.
- Speaker #0
Clairement, si tu prends la posture de juge, entre guillemets, arbitre, et que tu défends toujours un enfant, quelle que soit sa place dans la fratrie finalement,... tu risques de l'enfermer dans une position de victime, une posture où il va apprendre que pour s'en sortir, pour se sortir d'une difficulté, il a besoin de passer par l'aide d'un tiers, que seul, en fait, il n'est pas capable d'y arriver.
- Speaker #1
Et en lien avec ce que tu dis là, c'est-à-dire le fait de défendre toujours l'un ou l'autre, il faut savoir que les enfants auront tendance à s'enfermer dans le rôle qu'on leur donne. Donc, le petit qu'on défend, pour reprendre l'exemple que tu citais, va systématiquement se victimiser. Il va rester dans le rôle de Oh, toi, pauvre petit, qu'il faut défendre le petit dernier, typiquement. Et le grand, qu'on accuse systématiquement, lui aussi va un peu répéter les comportements pour lesquels on le reconnaît. On l'attend presque là. Et dans ces scènes, le parent va de plus en plus souvent être convié pour arbitrer ces disputes, trianguler. Bonjour les ennuis, et au revoir la liberté de chacun dans ces jeux psychologiques qui s'installent.
- Speaker #0
Alors, autre élément, qu'il ait été défendu ou pas, l'enfant, lorsque le parent règle systématiquement les conflits, l'enfant n'apprend pas à les gérer par lui-même. Il passe à côté d'une belle opportunité qu'offre le fait d'avoir des frères et sœurs.
- Speaker #1
Et oui, si on est dans un environnement cadré, sain, sécure, c'est le bon endroit, en fait, pour s'exercer à la gestion de conflits. Dire son avis, ses émotions, ses besoins, comprendre qu'on peut avoir des points de vue différents. Trouver des compromis, collaborer.
- Speaker #2
C'est trop bien si on se dit que les disputes sont normales,
- Speaker #0
que notre intervention est souvent pas nécessaire et qu'en plus, le conflit est une opportunité d'apprendre. Nous voilà bien plus détendus face aux disputes de nos enfants.
- Speaker #1
Tellement, Lila, tellement.
- Speaker #2
Alors,
- Speaker #0
autre risque à se positionner en tant que parent, juge, arbitre, c'est celui d'installer une animosité entre ses enfants. On le voit souvent dans les conflits entre adultes, auxquels Sarah, toi et moi, on est bien habitués avec nos métiers. Dans un conflit, en fait, chaque partie est souvent convaincue d'avoir raison. Et bien souvent, chacun a raison de son point de vue, effectivement. C'est aussi très souvent le cas, en fait, dans le conflit entre frères et sœurs.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. Et en tant que parent, on peut être amené souvent à penser qu'un des deux est de mauvaise foi, à se dire qu'il y en a un qui a raison, qui est dans le vrai, et un qui ne l'est pas.
- Speaker #0
Tout à fait. Et donc, le fait d'avoir... Quelqu'un qui va venir trancher, et qui plus est le parent, celui dont l'amour est précieux, dont la reconnaissance est précieuse, ça va faire en sorte que chacun va vouloir défendre sa position, expliquer à quel point il a raison. On va donc assister à une escalade. Non seulement chaque enfant va élaborer et exprimer plein d'arguments pour se défendre, et en faisant cela, il va se convaincre lui-même encore plus qu'il a raison et asseoir cette position. Et alors, cerise sur le gâteau, si le parent finit par trancher pour l'un, l'autre sentira inévitablement un profond sentiment d'injustice.
- Speaker #1
Oui, et ce sentiment d'injustice répété risque d'installer et de renforcer l'animosité qu'il peut y avoir entre frère et sœur. Celui qui a perdu va en vouloir à son frère ou à sa sœur.
- Speaker #0
Et oui, parce que pour un enfant, c'est beaucoup plus facile d'en vouloir à son frère ou à sa sœur qu'à son parent.
- Speaker #1
Exactement. Et si ça se répète trop souvent... ça va influencer négativement la dynamique fraternelle. Ça peut augmenter la fréquence et l'intensité des conflits, et même la distance entre les deux frères, les frères, sœurs, etc. En fait, tout le contraire de ce qu'on a envie de faire, en gros, non ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et cette rivalité qui peut s'installer entre frères et sœurs quand les parents tranchent systématiquement dans les conflits, eh bien, elle va toucher aussi la relation aux parents. C'est comme ça qu'on rencontre des adultes qui sont convaincus d'avoir été moins aimés que leurs frères et sœurs. Il y a clairement un enjeu de justice et d'amour des parents qui se jouent quand ils sont en train d'arbitrer les disputes entre enfants.
- Speaker #0
Donc, le fait d'arbitrer systématiquement les conflits... risquent d'augmenter leur fréquence et leur intensité. Mais en plus de ça, les enfants vont avoir cette habitude de venir nous solliciter pour qu'on joue notre rôle, celui d'arbitre ou de juge. Et donc, ça va nous puiser et du temps et de l'énergie. Bref, il vaut mieux viser à autonomiser les enfants, à les laisser gérer eux-mêmes leurs conflits que d'intervenir systématiquement et d'arbitrer.
- Speaker #1
Oui, alors, entendons-nous bien, on n'est pas en train de dire qu'il faut laisser les enfants se taper dessus. Absolument pas.
- Speaker #0
Tout le contraire même. L'enfant a besoin de cadre et si on peut le laisser jouer à se disputer pour apprendre, il faut que les règles du jeu soient justement claires et strictement posées. Pas de violence, ni verbale ni physique ne sont acceptées. Ça veut dire à la fois que cette règle est posée, est claire, est dite et que l'enfant qui la transgresse se voit sanctionné. Mais aussi qu'il n'observe pas ses parents agir autrement. Parce que si tu vois papa et maman s'insulter ou se taper quand ils se disputent, tu peux t'asseoir sur tes jolis discours et tes règles. qui sont devenues complètement inconsistantes de par l'exemple que tu donnes toi-même.
- Speaker #1
Oui, ça, on insiste parce que c'est fondamental pour nous. Mais l'idée est donc ici de faire confiance très tôt aux enfants pour trouver des solutions, eux, entre eux, ensemble. Plus on va commencer tôt en adaptant les choses à leurs âges, et plus c'est naturel, en fait, pour eux. Parce que c'est ce qu'ils auront connu depuis toujours. Ça peut passer par des phrases classiques adaptées en fonction de la manière dont on a l'habitude de s'adresser à nos enfants, et bien sûr en fonction... de leur âge. Par exemple, je vous fais confiance et je sais que vous êtes capable de chercher des solutions juste pour tous les deux, tous les trois. Ou encore, j'ai confiance en vous, je sais que vous allez chercher ensemble et trouver une solution bonne pour chacun.
- Speaker #0
Et si on n'a pas l'habitude d'agir comme ça et que c'est un changement, eh bien on peut l'annoncer aux enfants. On peut très bien dire par exemple, à partir de maintenant j'ai décidé de vous faire confiance et de vous laisser trouver des solutions bonnes pour chacun. Je vais donc plus gérer vos disputes, vous êtes assez grands et intelligents pour trouver vos solutions ensemble. Alors il faudra sans doute, si c'est un changement, le répéter quelques fois pour que l'habitude vienne s'installer et que les enfants puissent adhérer à ce nouveau fonctionnement qu'on leur propose.
- Speaker #1
Alors au début, s'il y a un blocage dans la recherche de solutions, il y a un changement. Et en plus, si on a eu l'habitude d'arbitrer avant... C'est normal que les enfants soient perdus et qu'il ait besoin qu'on les accompagne dans le changement. Du coup, vous pouvez, par exemple, inviter les enfants à se séparer quelques temps, chacun dans son espace, et de revenir quand ils se sont calmés. Avec les enfants, ça passe en fait généralement assez vite. Tout à fait. On peut aussi ensuite les aider à trouver une solution ensemble et qui soit donc bonne pour tout le monde en jouant les facilitateurs. Ça veut dire reformuler les besoins de chacun. et les questionner, en fait les accompagner dans la recherche de solutions.
- Speaker #0
Et Sarah, pour avoir déjà fait ça, c'est-à-dire reformuler le besoin de chacun en présence des deux enfants, quand ils sont en dispute, en conflit, en désaccord, pour moi ça permet deux choses très importantes à mes yeux. D'abord, premièrement, que l'enfant qu'on écoute et donc dont on reformule le besoin se sente écouté, entendu, reconnu. Et deuxièmement, que l'autre enfant entende le besoin de son frère ou de sa sœur. Alors autre chose de précieux que ça permet, c'est qu'ensemble, ils prennent conscience, ils entendent, ils intègrent qu'on peut vivre une situation identique de différentes manières, avec différents points de vue, différents besoins. Franchement, quand tu vois les conflits des adultes, tu te dis qu'il est précieux d'apprendre ça à tes tout-petits et que ça devienne une évidence pour eux qu'on peut vraiment regarder la même situation et la vivre de façon différente.
- Speaker #1
Tu peux nous partager ton exemple concret justement par rapport à ça ?
- Speaker #0
Alors, par exemple chez moi... Quand, imaginons, mes enfants crient, se disputent, ils descendent en courant pour me dire blablabla, de toute façon je ne comprends rien de ce qu'ils disent, ils sont tous les deux très énervés, ils ont envie que la voix de l'un passe sur la voix de l'autre, et ils viennent pour que j'arbitre la situation. Moi j'ai écouté ce podcast, je l'ai construit, et j'ai décidé de changer sur ce point, et maintenant de les autonomiser. Et donc je vais leur dire, par exemple, premier élément, je vais écouter chacun à votre tour, chacun à son tour. Pendant que j'écoute l'un, L'autre fait silence et ce sera son tour par la suite. Deuxième chose, je vais reformuler. Ok, toi, tu as très envie de jouer avec ton frère parce que tu t'ennuies. Et toi, tu as très envie de jouer tout seul dans ta chambre parce que tu fais une histoire dans ta tête avec tes figurines et tu ne veux pas être dérangé pendant ce temps-là.
- Speaker #1
Et déjà, en faisant ça, tu valides le fait que chacun d'eux peut avoir raison dans son besoin, dans ce qu'il pense, dans ce qu'il a envie.
- Speaker #0
À partir du moment où on passe d'une interprétation à un besoin, on enlève toute la question de ta raison, ta tort. C'est ça.
- Speaker #1
Ça ne se discute pas en besoin.
- Speaker #0
Troisièmement, je vais synthétiser les besoins. Ok. Toi, tu as besoin de ne plus t'ennuyer, de t'occuper. Et toi, tu as besoin d'un moment de jeu calme et seul. On résume et on pose les deux besoins. Dernière étape, je vais mobiliser tout le monde autour d'un objectif commun. Eh bien, je vous propose qu'on cherche ensemble comment faire pour que X puisse jouer à un moment calme tout seul et que Y puisse s'occuper. Vous êtes d'accord pour qu'on cherche ensemble ? Est-ce que vous avez des idées ? Dans ce cas, en l'occurrence auquel je pense, on est arrivé à ce que le grand joue seul avec ses figurines jusqu'au goûter et que pendant ce temps, la petite allait dessiner un dessin pour chacun des membres de la famille avec un petit mot. Après le goûter, ils joueraient ensemble dans la chambre de la petite.
- Speaker #2
Il ne faut pas déconner, le grand frère ne veut pas partager son territoire.
- Speaker #0
Et ça,
- Speaker #2
il faut le respecter.
- Speaker #0
Alors, il ne faut pas croire que ça marche à tous les coups. Ce n'est pas du tout ce qu'on dit.
- Speaker #1
Non, certainement pas. Certainement pas ce qu'on dit, non. Nous, ce qu'on dit, c'est que plus on le fait, plus on se donne de chance que ça s'intègre dans le fonctionnement normal de la famille. Plus chacun intègre ce fonctionnement, et donc moins, on peut l'espérer en tout cas, moins on doit intervenir, puisque plus les enfants apprennent à gérer les conflits. D'abord parce qu'on les a aidés, qu'on a formulés, comme tu viens de le faire, et en faisant ça... ensuite parce qu'ils vont pouvoir apprendre à le faire eux-mêmes. Après, il y a des fois, je rappelle, on est dans la vraie vie. Donc, il y a des fois, on est fatigué, on n'a pas le temps, les enfants ne prennent pas d'ailleurs ce qu'on propose, ce qu'on essaye de faire. Mais après, il y a aussi toutes les fois où ça fonctionne. Et quelle joie vraiment quand c'est loupé, deviennent des exceptions et ne pourrissent plus le quotidien.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
À travers les exemples que tu as donnés, je pense qu'on met bien en lumière... les besoins fondamentaux de l'enfant d'être en sécurité, de se sentir aimé, reconnu dans ce qu'il vit, d'avoir aussi sa place et son territoire.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, vraiment, l'idée,
- Speaker #2
ce n'est pas de dire que ça marche toujours. Et je pense à un exemple qui me venait à l'esprit, celui que je t'ai déjà raconté, je crois,
- Speaker #0
où avec mes enfants, ils se disputent. Et la petite devait avoir trois ans, je crois, à ce moment-là. Et donc, elle tape son frère parce qu'il n'a pas envie de jouer avec elle. normal quoi.
- Speaker #2
Et donc évidemment ces noms, ces trucs, la punition, le tchic,
- Speaker #0
le tchac et puis on arrive à la discussion où on est tous les trois à se tenir la main assis par terre dans la chambre de la petite et à trouver des solutions ensemble. Il se passe bien, je me dis même cette scène devrait être filmée pour être dans un livre de gestion de conflit le grand trouve des solutions la petite en ajoute d'autres et finalement on termine avec maman peut aller faire le linge wow
- Speaker #2
vous avez trouvé comment jouer chacun de son côté, puis ensemble, tout va bien.
- Speaker #0
C'est parfait. Je prends ma main à linge, je me dirige vers la buanderie, je commence à faire mon linge, et il ne s'est même pas passé cinq minutes avant que la petite, avec un sourire jusqu'aux oreilles, court, court, court, me rejoigne, m'attrape la main et me dit Maman, maman, maman, j'ai encore tapé mon frère. On peut recommencer le cercle ?
- Speaker #1
Elle a tellement kiffé le moment d'échange. qu'elle revient me chercher là-dessus.
- Speaker #2
Vous êtes complètement à côté de vos ponts. C'est pas grave, on recommence. Et on lâche pas jusqu'à ce que ça devienne une habitude. Et que l'enfant, il est intégré. Comment on règle les conflits, comment on gère les conflits, comment on échange ensemble pour trouver des solutions qui soient mutuellement acceptables.
- Speaker #1
Oui, et puis ça prend du temps en tant qu'adulte, formé à la gestion de conflits. On n'est pas tout le temps en train de gérer tout comme il faut. Donc si déjà en tant qu'adulte, qui a ne fût-ce que plus d'expérience, a priori plus de compétences, il y a des moments où c'est la galère, on a juste envie d'envoyer la pantoufle valselle au bout de la pièce. On peut bien imaginer qu'entre enfants, ce soit comme ça aussi. Et eux, ils ne peuvent pas dire, je me casse, je prends la caisse et je vais faire une course au magasin. Il n'y a pas, tu vois, ils doivent rester.
- Speaker #2
Leurs moyens de réguler leurs émotions sont vachement plus réduits que nous. Ou pas, ou pas, ou pas. Enfin bref.
- Speaker #0
On récapitule ici l'épisode et ce qu'on a envie de vous donner comme tips. Si j'ai envie d'éviter que les disputes entre enfants prennent trop de place dans ma vie, s'enveniment et nuisent à l'ambiance de la famille, je peux 1. me questionner sur ma propre vision du conflit et travailler ce que je pense être utile. Me questionner sur ma posture, ne pas rejouer mon enfance, penser mes propres blessures à travers la relation avec mes enfants. Intégrer le conflit entre frères et sœurs comme quelque chose de normal, de sain, mais aussi comme une opportunité, un terrain d'apprentissage pour eux. Ça permet d'être beaucoup plus relax par rapport au conflit. Ensuite, favoriser une gestion autonome des disputes par les enfants eux-mêmes, le plus tôt possible et en les accompagnant quand c'est nécessaire. Pour les accompagner, on vous donne des petits tips qu'on vous a décrits. On vous propose de permettre à chacun de prendre de la distance, justement, pour qu'il descende d'un point de vue émotionnel. Et on vous propose aussi d'écouter chacun, de reformuler ses besoins et de faire équipe pour trouver des solutions. Enfin, de poser toujours un cadre clair, strict, non négociable par rapport à la violence verbale et physique. Ça, c'est à proscrire.
- Speaker #1
Clairement. Avec tout ça, j'espère qu'on aura pu donner quelques tips. En plus de normaliser, je crois que c'était très important pour nous de rappeler la normalité des disputes dans les fratries. C'est ça. Et on se fait une joie d'en rediscuter avec vous quand vous voulez, où vous voulez.
- Speaker #0
Donc si vous avez des questions, s'il y a des choses que vous avez envie de partager, des éléments qu'on n'a pas abordés et qui vous semblent importants dans les conflits de vos enfants.
- Speaker #1
Des astuces. Tu sais, je me souviens avoir, je ne sais plus où est-ce que j'ai lu, vu, entendu ça. On reçoit tellement d'infos. Une maman qui expliquait qu'à chaque fois que ses enfants se disputaient, elle les obligeait à s'asseoir dans le divan, l'une à côté de l'autre, et à regarder un album photo avec toutes les photos d'elles, souvent en joie, câlins, avec des bons moments, jusqu'à ce qu'elles fassent la paix. Je ne sais pas si c'est la meilleure des manières, mais j'ai trouvé ça drôle.
- Speaker #2
Moi,
- Speaker #0
ma mère nous attachait les cheveux, ma sœur et moi,
- Speaker #2
avec une tresse commune, pour qu'on t'aime et qu'on reste l'une à côté de l'autre. Et j'ai une amie qui me raconte que...
- Speaker #0
Elle envoie ses enfants sous un arbre, l'arbre de la réconciliation.
- Speaker #2
Et donc, ils s'assoient tous les deux jusqu'à ce qu'ils aient trouvé une solution et qu'ils aient ensemble trouvé une solution à leur conflit. Il y a sans doute plein de trucs qui fonctionnent ou pas dans certaines situations, dans certaines familles.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et donc, venez nous partager tout ça.
- Speaker #1
Oui. Et d'ici là, on vous dit à bientôt.
- Speaker #0
À bientôt. Merci à toi.
- Speaker #1
Merci à toi. Merci d'avoir écouté cet épisode. On a à cœur qui vous est inspiré. Si c'est le cas... Pensez à partager autour de vous, à déposer vos étoiles et à vous abonner pour ne rien manquer. On se retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode et d'ici là, sur Instagram et YouTube. À bientôt !