- Speaker #0
Bienvenue dans Balance la vie, le podcast de deux types pétillantes dans lequel on vous partage nos déséquilibres du moment, nos réflexions et nos actions. On le fait en toute légèreté et humilité pour vous inspirer, vous aider à trouver votre propre balance et surtout kiffer pour vous.
- Speaker #1
Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour parler de la tristesse. C'est le deuxième épisode consacré à ce thème. Il complète. l'épisode de la semaine dernière sur le même sujet.
- Speaker #0
Et oui, on a clôturé la semaine passée sur les partages de Max et de Julie qui mettaient en évidence déjà un ensemble de raisons pour lesquelles on pourrait avoir une tendance à refouler, cacher, bien tasser la tristesse.
- Speaker #1
Exactement. Et aujourd'hui, on va compléter, parce qu'effectivement, ils ont mis en évidence la semaine dernière que le culte de la bonne heure... Quand tu es vraiment à la bonne heure, trop tôt,
- Speaker #0
trop tard.
- Speaker #1
Le culte du bonheur et l'injonction à être heureux peuvent être une raison de cacher son émotion de tristesse. Mais aussi la peur de paraître faible, de paraître pas suffisamment fort, vulnérable. L'inconfort aussi qu'on peut ressentir soi-même par rapport à cette émotion qui peut nous faire peur parce qu'elle peut nous laisser penser qu'on perd le contrôle et que... Si on lui laisse de la place, elle va prendre toute la place et elle va nous conduire même dans une sorte de dépression.
- Speaker #0
Oui, il y a aussi le fait qu'on peut avoir l'illusion que si je ne lui laisse pas de place, elle n'existe pas et elle finira par passer.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça. Si je la nie, elle ne s'impose pas à moi.
- Speaker #0
Exact, je ne la vois pas. Il y a un truc, pas vu, pas pris, mais là, c'est la même idée, mais avec la tristesse. Avec la tristesse. Et peut-être aussi, tu sais, dans le rythme de vie effréné qu'on a, on n'a pas le temps d'être triste.
- Speaker #1
De s'arrêter, d'être triste. triste.
- Speaker #0
Je parle tant des tristes et donc j'ai pas envie quoi parce que ça va me freiner dans ce que j'ai à faire, ce que je dois faire et que j'ai peut-être envie de faire de telle ou telle manière.
- Speaker #1
C'est vraiment le voir comme quelque chose qui nous entrave et qui va nous prendre du temps pour rien en fait, rien d'autre que nous ralentir dans la vie. Et puis il y a tout ça, tout ça que nous ont partagé et qui ont bien illustré les témoignages de Julie et de Max. Et puis il y a aussi le fait que depuis qu'on est petit, depuis toujours, on nous a plutôt invité à calmer rapidement notre tristesse ou en tout cas... l'expression de notre tristesse, soit parce que c'était considéré comme malvenu de pleurer, soit parce qu'avec beaucoup de bienveillance, on n'aime pas voir pleurer un enfant. Et donc, on veut vite, vite, vite, vite, vite le consoler pour que cesse ses larmes.
- Speaker #0
Oui, et on parle de quand on était petit, mais c'est quelque chose que je peux encore observer aujourd'hui. En tout cas, je l'observe dans ma famille. Peut-être que c'est nous qui sommes...
- Speaker #1
Bizarre.
- Speaker #0
Bizarre. Bizarre.
- Speaker #1
Bizarre. Bizarre. Bizarre. Bizarre. Mais... Non, tu ne me suis pas.
- Speaker #0
Désolée, je ne vais pas. Non, c'est quoi ?
- Speaker #1
Mon fils lit Mortel Adèle.
- Speaker #0
Oui, mais à même âge. Je ne suis pas prête. Non, mais je voulais dire que classiquement, quand les enfants tombent, se font mal, se blessent ou quelque chose comme ça, ce qu'on leur dit, c'est plutôt que ce n'est pas grave, ne pleure pas, ça va aller. On les aide à se relever vite, vite, ne passe à autre chose. Les grands-parents dans ma famille, qui aiment énormément leurs enfants. Oui, mais non, ne pleure pas. ils vont tout faire pour sécher les larmes comme si c'était pas ok qu'ils pleurent et avec bienveillance c'est pas les discours du pleurer c'est pour les faibles c'est vraiment genre si tu pleures c'est qu'il y a un truc qui ne va pas et il ne faut pas que ça n'arrive pas et ça c'est vraiment quelque chose qui m'a sauté aux yeux à un moment donné ne me demande pas pourquoi, une lumière du jour peut-être réflexion sur le sujet je ne sais pas, mais du coup j'ai choisi de faire les choses à la fois un peu différemment, d'essayer en tout cas, parce que j'ai compris que les pleurs, alors, chez les enfants, chez les adultes aussi en fait, c'est juste que chez les enfants, c'est plus fort et plus courant, probablement, sur une journée, tu vois, sur une semaine, n'en parlons pas. Mais donc, c'est un moyen d'exprimer vraiment ce qu'ils vivent, et je pense que c'est même un moyen de partager un message, d'attirer l'attention et pas de l'attirer au sens, tu sais, caprice. Non, c'est juste de dire Oh, je suis là, j'imagine Je ne sais pas si ça a été étudié ou pas d'ailleurs, mais j'imagine quelque chose d'assez instinctif pour dire J'ai un besoin, venez m'aider à le combler parce que je ne suis pas encore en maturité pour le faire
- Speaker #1
Et en fait, c'est seulement en grandissant que les enfants développent des moyens de communication et d'expression de leurs émotions qui sont plus nuancés. Ce n'est pas les je souris ou je pleure Bref, en considérant tout cela et tout ce qu'on vient de partager dans cet épisode, Aujourd'hui, on gagne vraiment à accompagner nos pleurs, à leur laisser de la place, comme en fait, on devrait le faire pour nous.
- Speaker #0
adulte. Oui, alors parfois nous on a une guerre de retard parce qu'on n'avait pas des cours sur la gestion des émotions, qui sont parfois critiqués aussi aujourd'hui, mais en tout cas ça se fait.
- Speaker #1
On a sans doute entendu parler d'émotions bien plus tard que nos enfants qui dès la maternelle en parlent.
- Speaker #0
Oui, laisse une place en tout cas, déjà ça c'est vachement bien. Donc oui, on a intérêt je pense à accompagner ces pleurs pour les enfants, mais évidemment nos pleurs à nous aussi. Parce que même si on a probablement tout un tas de raisons, comme celle qu'on a évoquée tout à l'heure, de refouler sa peine, parce que comme on l'a déjà dit, nous ne sommes pas fous, tout ce qu'on fait a une raison d'être. Donc même si on a de bonnes raisons de la refouler, même si ça nous donne peut-être l'illusion de contrôler la situation, de gérer ce qu'on vit, eh bien, ignorer cette tristesse, scoop, ça ne la fait pas disparaître. Et non. Au contraire, moi, j'ai peut-être plutôt envie de dire que c'est assez fatigant parce que ça demande du travail aussi de la refouler.
- Speaker #1
Énergie fort au possible.
- Speaker #0
Mais clairement, même clairement, oui, je suis tout à fait d'accord avec ça. Et ça peut très certainement mener aussi à une sorte d'inconfort intérieur, quelque chose de refoulé, de quelque chose qui est à l'intérieur de soi. Et dans le temps. Plus on refoule, parce que c'est une habitude, tu vois, c'est pas un truc que tu fais une fois sur un événement en général, c'est un mode de fonctionnement de refouler la tristesse.
- Speaker #1
Un mécanisme de défense, oui.
- Speaker #0
Oui, que tu peux vivre sur des événements petits ou des événements plus importants, à force, tu peux vivre cette forme d'insatisfaction latente. Tu peux même en arriver à ne plus rien ressentir du tout.
- Speaker #1
Parce que tu te coupes de tes émotions.
- Speaker #0
Mais en fait, oui, je pense que tu t'anesthésies quelque part. En tout cas, c'est un risque qu'on prend et que certains vivent peut-être déjà. Et là, on peut gagner à faire marche arrière parce que c'est possible.
- Speaker #1
Ou un pas de côté.
- Speaker #0
Oui, un pas de côté ou faire marche avant. Je préfère en fait marche avant en se réapprovisionner, j'allais dire. En se réapprivoiser. Ça quoi ? Ça. Non, je n'ai toujours pas. Réapprivoiser.
- Speaker #1
Réapproprier ?
- Speaker #0
Non, réapprivoiser. Ok. Comme tu apprivoises un petit animal. Tu vas doucement, petit à petit, tu lui tends un petit biscuit et il vient.
- Speaker #1
Voilà. Tout à fait. On est retombé sur ce mot.
- Speaker #0
Apprivoiser. Oui, parce qu'il y a cette anesthésie, quelque part, qu'on risque de générer.
- Speaker #1
Oui. Et quand on se ferme, quand on ferme justement le canal de l'émotion, on ne choisit pas de quelles émotions on se coupe. Tu es vraiment en mode je coupe les vannes.
- Speaker #0
Oui, mais donc du coup, le risque, c'est pour ça que je parle d'anesthésie. Et c'est ça que tu mets en évidence. Ça veut dire que si je me coupe de ma tristesse et que je prends le risque, en refoulant tout, de mettre ces émotions de côté, ça marche malheureusement de la même manière, du coup, avec tout le reste des émotions. C'est ça. Tu vois ce que je veux dire ? Je mets ma tristesse de côté, de côté, probablement, ou pas, ça c'est une supposition, avec la colère, parce qu'en fait, les désagréables, les émotions dites désagréables.
- Speaker #1
La colère.
- Speaker #0
le canal d'écoute des émotions. Et ça va faire le même effet avec le bien-être, le bonheur, la joie, etc. La surprise.
- Speaker #1
Oui. Et une peine trop importante que l'on va avoir envie d'étouffer, elle peut justement s'accumuler et mener à des problèmes plus graves ou en tout cas à une expression plus grave comme générer de l'anxiété, de l'irritabilité, de la colère qu'on ne s'explique pas ni à soi-même et que les autres ne comprennent pas autour de nous. Et puis, refouler sa tristesse, ça peut aussi... endommager sérieusement nos relations interpersonnelles parce qu'on est moins authentique en fait, on est moins connecté aux autres et les autres n'ont pas accès à qui on est vraiment. Oui,
- Speaker #0
ils ne comprennent pas aussi peut-être pourquoi on a certaines attitudes, parce qu'ils n'ont pas le décodage de ce qui se passe en nous, que nous-mêmes on ne sait même peut-être plus expliquer ou exprimer dans certains cas. Je pense aussi que parfois on se prive même de vivre certaines situations par peur de devoir dire avec sa peine.
- Speaker #1
Tu peux donner un exemple ? par rapport à ça ?
- Speaker #0
Ce n'est peut-être pas la meilleure. Moi, ce qui me vient, c'est classiquement, il y a peut-être des films ou des choses que je ne vais pas regarder parce que je sais que ça va me faire pleurer et tout, mais je n'ai juste pas envie d'être triste. Ça m'est déjà arrivé d'éviter d'aller à certains enterrements, par exemple, parce que je me dis que ça va être malvenu d'être aussi triste, de vivre cette émotion parce que je n'aime pas pleurer en public. Il y a plein de situations, moi en tout cas, où je sais que je veux couper les vannes. Parce que j'ai pas envie de pleurer en public. Il y a une gêne, une pudeur par rapport à ça.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il est en plus super sensible et qu'il pleure facilement.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Même quand je rigole, je pleure. Franchement, c'est chelou. Chelou, on peut plus dire ça.
- Speaker #1
Pourquoi on peut plus dire ça ?
- Speaker #0
J'ai l'impression que ça fait super esbine.
- Speaker #1
On est esbine.
- Speaker #0
Je peux dire chelou. Je pense qu'il n'y aura plus dans le bus. Donc on prend des risques à ne pas écouter ses tristesses, à ne pas l'apprivoiser. Ça, c'est le message qu'on veut faire passer. Et quand tu réfléchis à bon, ok, mais comment est-ce que je pourrais faire autrement ? Bon, je vais aller lire des articles, des bouquins sur le sujet. Eh bien, tu peux aussi t'entendre dire, en tout cas, moi j'ai vu un certain nombre d'articles sur Internet les années passant qui proposent des actions pour comment faire face. à la tristesse. Tu vois la nuance ? Comment faire face à la tristesse.
- Speaker #1
Comme si, en fait, moi, l'image qui m'est venue à l'esprit quand tu dis ça, c'est un ring de boxe.
- Speaker #0
C'est ça. Moi, tu sais ce que j'ai imaginé ? La tristesse rentre dans la pièce et tu lui mets une claque. Tac ! Direct ! C'est moi qui gagne, ok ? Exactement. Et ce que nous, on aimerait proposer, c'est de changer cette formulation de faire face à la tristesse par comment accueillir la tristesse.
- Speaker #1
Aller à la rencontre d'eux, accueillir, c'est ça.
- Speaker #0
Oui, clairement, parce que jusqu'ici, on a... On a bien compris, j'espère, que l'objectif, ce n'est pas lutter contre elle, mais plutôt de l'écouter pour pouvoir agir suite à l'écoute de cette émotion. Et ça, ça me fait penser à une citation, je ne sais pas de qui ça vient, je ne sais plus d'où je l'ai entendue, donc je m'en excuse d'avance, mais j'aime vraiment bien ce qu'elle dit. C'est quelque chose comme les émotions ne sont pas les responsables de notre mal-être, elles en sont l'expression.
- Speaker #1
C'est vraiment très joliment dit.
- Speaker #0
C'est joliment dit, mais ce n'est pas de moi, j'insiste, je ne sais pas de qui ça vient.
- Speaker #1
Ça représente bien ce qu'on a envie de mettre en évidence ici pour la tristesse, mais pas que, pour toutes les émotions. Elles sont l'expression de, l'indicateur sur le tableau de bord, mais pas la raison. Concrètement, pour donner une place à la tristesse dans notre vie, une juste place, on a quelques suggestions pratiques à vous proposer. Alors, première étape, accepter l'émotion. Ça paraît évident à dire comme ça, comme première étape. Mais c'est vraiment l'idée de s'autoriser la tristesse, de reconnaître que la tristesse, en fait, elle n'est pas une option, elle est vraiment une réaction naturelle et qu'on n'a pas à juger. Elle est là, elle nous dit quelque chose. Et s'autoriser à ressentir justement ce qu'on ressent sans se juger, simplement de dire je suis triste et c'est comme ça, sans chercher à la contrôler parce qu'elle ne nous plaît pas ou qu'elle nous fait peur, c'est une première étape indispensable pour aller plus loin et pour en faire quelque chose, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est là. première étape, forcément, pour pouvoir passer à la suivante, qui est celle de l'accueillir. En fait, il faut accepter qu'elle puisse toquer la porte et ensuite, on lui ouvre la porte et on la fait rentrer.
- Speaker #1
T'es full métaphore.
- Speaker #0
J'ai des images de dingue. Et donc, quand je l'accueille, qu'est-ce que je fais ? Je lui laisse la possibilité d'exister. On la laisse quelque part nous traverser. J'aime bien cette image. Et on peut aussi se rappeler que les émotions, elles coexistent.
- Speaker #1
Tu vois ? Oui, c'est ça.
- Speaker #0
On l'a évoqué déjà dans l'épisode de la semaine passée, sans vraiment le mentionner comme tel, mais ce n'est pas parce que je laisse la tristesse s'exprimer qu'elle va prendre toute la place et qu'elle va s'opposer à toutes les autres émotions. Typiquement, ce n'est pas parce que je suis endeuillée et donc très triste que d'un coup je ne peux pas rire. Oui, c'est ça. Alors on pourrait même être gênée de rire, alors qu'on peut tout à fait être triste et avoir un moment de drôlerie, de joie, et heureusement d'ailleurs. Oui, c'est ça. Et puis retourner à cette tristesse qui là est envahissante en fait pour un certain moment de vie par exemple. Oui.
- Speaker #1
Accueillir sa tristesse, c'est une étape importante, en tout cas à nos yeux, pour justement permettre la transformation qu'elle nous invite à opérer. On peut par exemple, pour se connecter à sa tristesse, lui laisser de la place et lui laisser l'opportunité de sortir de nous, de nous laisser l'opportunité de l'évacuer, on peut se mettre à écouter des chansons tristes. Moi,
- Speaker #0
j'ai ma chanson triste. Ah, dis-moi, c'est quoi ? C'est vrai ? Ah oui.
- Speaker #1
Céline Dion, son mari. C'est quoi encore ?
- Speaker #0
Ah, pour René.
- Speaker #1
Encore. Encore un soir. cette chanson je la trouve de tristesse absolue vraiment belle quoi donc si je suis triste je vais écouter la chanson de Céline Arani du coup tu m'as coupé je ne sais plus ce que je disais je parlais de quoi ? moi je t'écoutais pas donc vraiment j'espère qu'il y a d'autres personnes qui m'écoutent je te le souhaite donc on peut écouter des chansons tristes pour justement aider notre tristesse à s'exprimer à un moment donné à un moment peut-être qui ne faisait plus euh... ou dans lesquelles on est plus à l'aise, t'es plus à l'aise dans ta voiture pour pleurer un bon coup, et puis voilà, quand t'as pas envie, comme tu le disais tout à l'heure toi, de pleurer en public. Reconnaître le besoin qui est en fait pas satisfait derrière cette émotion, et aussi reconnaître la souffrance qu'on a, c'est en fait la première étape, la base, pour pouvoir l'apaiser. Et puis il y a cette deuxième étape, phase, c'est celle d'exprimer sa tristesse. Et parfois, c'est juste de l'exprimer de soi à soi, ce n'est pas forcément de l'exprimer aux autres, mais c'est parler de ses sentiments avec soi, se dire qu'on est triste. Et alors, évidemment, on... Dans Balance ta vie, l'importance de l'autre et l'importance du lien, vous l'aurez compris, ça fait vraiment partie des choses fondamentales pour nous. Et donc, on a à cœur de vous inviter à trouver des personnes avec lesquelles vous pourriez aborder cette émotion de tristesse. Parlez à des amis, parlez à des thérapeutes, parlez à des personnes de confiance. L'idée, c'est d'avoir la possibilité, quand cette tristesse vous envahit, de pouvoir la déposer quelque part, de pouvoir en faire part, faire un lien autour de cette tristesse avec d'autres autour de vous. Alors, la bonne nouvelle, si on n'a pas pu ou si on a eu l'habitude toute notre vie d'étouffer cette émotion, celle-là ou d'autres, c'est qu'on peut revenir justement sur une émotion qu'on a étouffée et comme on le dit souvent depuis qu'on aborde les émotions dans notre podcast, c'est une compétence, ça s'acquiert, ça s'apprend, ça s'exerce en fait.
- Speaker #0
Ça s'exerce. Alors probablement que si c'est quelque chose qu'on a très, très fort refoulé et qui revit, tu vois, les années, les décennies passées.
- Speaker #1
Ça s'en crée.
- Speaker #0
Oui, qu'on a intérêt alors à se faire accompagner dans ce travail.
- Speaker #1
Complètement. Et donc voilà, en tout cas, l'idée, c'est que ressentir sa tristesse, ressentir la tristesse qu'on vit, eh bien, ça nous soulage, ça nous réconforte, ça nous apaise. Et donc, quelque part, en quelque sorte, c'est libérateur. Mais ça demande... quand ce n'est pas quelque chose qu'on a l'habitude de faire, du courage. Tout l'inverse, en fait, de l'image de faiblesse qui est véhiculée par cette émotion de tristesse.
- Speaker #0
Oui, alors, je rajouterais quand même, parce qu'on a évoqué tout à l'heure, je voudrais revenir là-dessus, on a évoqué que la tristesse, on ne doit pas avoir peur de la faire entrer sous prétexte, en tout cas, qu'elle puisse prendre toute la place. C'est ça. Cela dit, il y a des fois où elle prendra toute la place. Elle pourrait prendre plutôt. Elle pourrait prendre trop de place. Et je pense que c'est important peut-être de préciser qu'il y a parfois des moments où on peut s'inquiéter de la durée, de l'intensité peut-être.
- Speaker #1
Se sentir submergé.
- Speaker #0
Et donc quelques indicateurs peut-être pour se dire, ok, là, il y a peut-être de quoi essayer de me faire aider, trouver en tout cas un espace où on peut être accompagné, se faire aider par rapport à ça. C'est notamment la durée. Une durée de plusieurs semaines dans lesquelles je me sens triste et où je ne vois pas d'amélioration sur tout ça. Tu te dis ok, ça fait 3, 4, 5, 6 semaines que je me sens vraiment triste à l'intérieur. Je me sentais même pleurer de l'intérieur ou je perds goût aux choses. Il n'y a plus grand chose qui me fait du bien, qui me plaît. Et ça dure sans que tu vois une amélioration. Ça,
- Speaker #1
c'est quand même un des signaux.
- Speaker #0
Je pense aussi qu'il y a tout ce qui concerne l'impact de cette tristesse sur notre quotidien. À quel point est-ce que ça va ?
- Speaker #1
entraver ton fonctionnement normal.
- Speaker #0
Exactement. Et puis, bien sûr, si je commence à avoir des pensées noires, des pensées suicidaires, où je sombre dans une espèce de désespoir du il n'y a plus rien à faire, de toute façon, ça ne changera pas, c'est foutu là, vraiment, il est crucial de chercher de l'aide. Et là, je parle de soi à soi, mais évidemment, on peut aussi repérer ses indicateurs chez quelqu'un d'autre et entamer une discussion. Je vais en profiter pour glisser un petit mot là-dessus. Je ne suis pas du tout une experte. du suicide, donc il faut aller chercher cette expertise auprès des personnes qui l'ont. Cela dit, ce qu'on avait appris en formation, c'est que parler du suicide ne provoque pas le suicide.
- Speaker #1
Oui, c'est ça, c'est une idée reçue.
- Speaker #0
Voilà, et donc si on perçoit des signaux qui vont dans ce sens lâcher quelqu'un, on gagnera toujours à ouvrir le dialogue plutôt qu'à faire l'autruche par peur de créer quelque chose qui n'existerait pas. Si ça n'existe pas, l'autre pourra bien réajuster les choses, et si ça existe, on lui tend une perche pour aller chercher de l'aide. C'est ça.
- Speaker #1
Et si on... est confronté à ces indicateurs-là, si on se rend compte qu'on est concerné par une tristesse qui nous met, qui prend trop de temps, qui nous met dans une situation de désespoir ou qui alterne notre fonctionnement, on peut mettre en place plusieurs choses, notamment consulter un professionnel de la santé mentale. Ça reste encore quelque chose de beaucoup trop tabou dans nos sociétés.
- Speaker #0
On a l'impression qu'il va être grave.
- Speaker #1
Je te disais encore hier qu'une psy me disait que son équipe de psy trouvait bizarre qu'elle voyait un psy.
- Speaker #0
Elle-même un psy.
- Speaker #1
Pour autre chose que pour sa supervision. J'ai scandalisé d'entendre ça. Mais ça existe encore. Donc vraiment essayer de se faire aider par un thérapeute, un psychologue, un psychiatre qui peut offrir en fait un soutien précieux et des stratégies pour faire face à une tristesse qui serait débordante, qui vous paralyserait, qui vous envahit.
- Speaker #0
Oui et... on ne passe pas forcément par les médicaments. Non. Et quand il faut, ou qu'il peut s'avérer très conseillé de passer par les médicaments, c'est OK. Moi, combien de patients, j'ai eu qui m'ont dit Oui, moi, j'ai refusé, je ne voulais pas. Mais pour des raisons qui étaient de la peur, la peur de sombrer, la peur de ne plus pouvoir s'en détacher. C'est ça,
- Speaker #1
la peur de perdre le contrôle.
- Speaker #0
On peut déposer ça, on peut discuter de ça avec son psychiatre ou son médecin. Donc voilà, c'est important pour moi de dire ça parce que le risque en fait, c'est de, la possibilité c'est de s'en sortir très bien, que tout fonctionne bien et qu'on ait raison, et c'est super. Mais le risque qui doit donc être pris en considération, c'est de s'enfoncer encore plus et que le travail devienne encore plus difficile par la suite.
- Speaker #1
Parler à un proche, c'est quelque chose qu'on peut aussi mettre en place. ne pas rester isolé, c'est vraiment l'invitation qu'on a envie de partager avec vous aujourd'hui, c'est de partager vos sentiments avec quelqu'un en qui vous avez confiance et avec lequel vous ne vous sentez pas jugé et encore une fois si dans votre entourage ça n'est pas présent, il ne faut pas hésiter à aller chercher un professionnel mais voilà si dans votre entourage vous avez des personnes de confiance, des personnes avec lesquelles vous vous sentez libre de vous exprimer, avec lesquelles vous ne vous sentez pas jugé, n'hésitez pas à parler de cette tristesse, c'est important pour moi de le dire... Par rapport à ce qu'on a mis en évidence, certaines personnes n'ont pas envie d'en parler pour ne pas contaminer les autres. Pratiquer des activités de bien-être, c'est le dernier conseil que j'ai envie de donner par rapport à cette situation d'être submergée par ces émotions. L'exercice physique, se reconnecter à la nature, faire des balades, faire attention à ce qu'on mange, manger de manière équilibrée dans ces périodes-là, c'est quelque chose qui a un impact sur... sa vitalité, pratiquer des activités relaxantes, faire des difficultés.
- Speaker #0
Oui, j'allais dire que par rapport à la nourriture, c'est vraiment un effort à faire parce que le cerveau, lui, quand il est stressé, quand il est fatigué, et ce sont souvent des corollaires aussi à cet état de tristesse, de deuil, etc., lui, ce qu'il va chercher, c'est le gras et le sucre. Mais donc, on risque quand même un cercle vicieux parce qu'en plus, si ça dure un peu, qu'on prend quelques kilos, et puis même, ce ne sont pas des vraies sources d'énergie. Je te promets de la nuance, oui, le sucre, c'est un peu, mais... Dans les faits, quand tu es dans la malbouffe, tu génères un cercle vicieux. Donc ça demande un effort à contrecarrer. Alors on peut se faire plaisir aussi.
- Speaker #1
Mais je trouve que par rapport à la tristesse, ce que tu dis est pour moi vraiment précieux. Parce qu'en fait, la tristesse, c'est ça, c'est contrecarrer ce que naturellement la tristesse nous amène à faire. Elle nous amène à nous replier sur nous. Elle nous amène à vraiment couper les liens, à avoir envie de s'isoler. Elle nous amène à avoir envie de bouffer n'importe quoi. Et en fait, c'est lutter contre tout ce que la tristesse nous amène naturellement à adopter comme comportement.
- Speaker #0
Alors, moi, je ne conseillerais pas de lutter contre. Non, mais justement. Ah, c'est ça, oui. Non, je te comprends. Oui, c'est ça. C'est-à-dire que le message, c'est de pouvoir, si elle a une fonction, et donc, tu vois, si c'est ce qu'elle nous amène à faire, c'est bien de pouvoir l'écouter, mais de ne pas le faire d'une manière qui ne soit pas... conscientiser. Je crois qu'il y a de ça, de dire, ok, là j'ai besoin de ça, et dans un espace limité. Pour éviter ce cercle vicieux. Mais le message n'est pas de dire, si vous ressentez de la tristesse, du coup, mettez-la sous le tapis, faites comme si tout allait bien, faites des carottes et allez voir tous vos potes. Non, c'est aller voir un pote, mais pour, enfin, si vous le souhaitez, et qu'il y en a un qui est proche et ok, pour pouvoir recevoir ce que vous avez à déposer justement autour de la tristesse.
- Speaker #1
Parler de cette tristesse.
- Speaker #0
La faire vivre.
- Speaker #1
La faire vivre aux autres, laisser de la place.
- Speaker #0
La faire vivre, pas l'étouffer en cachant par des comportements. Exactement. Punaise, on y arrive à dire ce qu'on voulait dire.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Quel détour.
- Speaker #0
Et alors, je propose qu'on conclue, du coup, cet épisode. Moi, j'aime bien faire un petit récap de ce qu'on a dit. Ce qu'on a vu, c'est que la tristesse, même si elle est parfois redoutée par certains... Ça reste une émotion qui est clairement essentielle et qu'elle mérite au même titre que les autres d'être reconnue et écoutée. Parce que ce qu'elle fait, c'est qu'elle nous invite à ralentir. Elle nous permet de faire le deuil de ce qu'on a perdu et de nous ajuster à cette nouvelle réalité consécutive à cette perte. Et que si on ignore la tristesse, on prend le risque. d'en vivre des conséquences quelque part plus profondes, que ce soit sur le plan émotionnel, de moi à moi. On a parlé de cette anesthésie potentielle, si c'est quelque chose qu'on fait vraiment régulièrement dans le temps, et relationnelle, parce qu'on peut se couper des autres ou ne pas donner un morceau de nous qui est si important quelque part dans les relations. Et que si on fait le choix du coup de l'accueillir, on se donne l'opportunité de mieux comprendre nos besoins et de nous ouvrir aux autres aussi avec plus d'authenticité. Cette authenticité qui nous est si chère.
- Speaker #1
Et voilà, l'idée c'est de considérer la tristesse comme en fait un passage. Ce n'est pas la destination, c'est vraiment une étape dans ton parcours, sur ton voyage. Et lui faire de la place, c'est en fait... se permettre de traverser cette étape naturelle et saine et normale en fait de notre vie émotionnelle. Alors bien sûr c'est important, et on l'a souligné, de surveiller entre guillemets son intensité, sa durée, et de demander de l'aide si on sent qu'elle devient trop envahissante. Mais en somme, apprendre à écouter et à vivre avec cette émotion, c'est se donner l'opportunité de grandir, de s'éveiller, de rebondir.
- Speaker #0
C'est magnifique !
- Speaker #1
sur ces mots qui m'ont fait pleurer comme toujours avec toi ce serait pas étonnant oh la vilaine on vous dit à la semaine prochaine à la semaine prochaine merci d'avoir écouté cet épisode on a à coeur qu'il vous ait inspiré si c'est le cas pensez à le partager autour de vous à déposer vos étoiles et à vous abonner pour ne rien manquer on se retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode et d'ici là sur Instagram et sur Youtube à bientôt
- Speaker #0
En parlant de cette émotion, du coup moi, un autre... Non, pas Il fait un malaise mental.
- Speaker #1
Un malaise mental.
- Speaker #0
J'en peux plus.