- Speaker #0
Hello Lila ! Salut Sarah !
- Speaker #1
Bienvenue dans ce nouvel épisode de Balance ta vie. Aujourd'hui, nous allons plonger dans le monde des drivers, ces croyances profondément enracinées qui nous poussent à faire vite, faire plaisir, faire un effort, être parfait ou encore être fort. Est-ce que ça vous dit quelque chose ?
- Speaker #0
Qu'est-ce que ces drivers disent de nous ? Comment affectent-ils notre équilibre de vie et que pouvons-nous faire pour les déconstruire ou tout le moins les dompter ? C'est ce que nous allons explorer aujourd'hui ensemble. La théorie des drivers n'a pas de racines très éprouvées d'un point de vue scientifique, mais il s'agit d'une grille de lecture, une grille de lecture de soi parmi d'autres, qui peut donc nous aider à mieux nous comprendre, à mieux comprendre la façon dont on pense et dont on agit, et à mieux comprendre nos relations avec les autres.
- Speaker #1
Plus concrètement, ces drivers, c'est quoi ? Ce sont ces petites voix qu'on entend et qui nous conduisent à penser et agir d'une certaine façon.
- Speaker #0
Oui, ces voix-là.
- Speaker #1
Oui, ces voix-là. Mais rassurons-nous, tout de suite, ces voix-là, elles sont plutôt normales.
- Speaker #0
Ces drivers, qu'on retrouve aussi sous le nom de messages contraignants ou de petites voix du passé, ont été théorisés par Tybee Keller.
- Speaker #1
Non, non, c'est un américain, un psychologue américain, donc tu dois dire Tybee Keller.
- Speaker #0
Tybee Keller. Perfect. Keller, Keller. dans les années 70 donc. Dans le cadre de ces études, il a observé un ensemble de patients et leurs comportements dans diverses situations. Les travaux qu'il a effectués sur base de ces observations l'ont conduit justement à mettre en évidence 5 groupes de comportements qu'il a nommés le Sois parfait Fais des efforts Sois fort Fais plaisir et Dépêche-toi
- Speaker #1
Il s'agit donc de messages internes que l'on vit à l'intérieur de nous, dans notre tête. On pourrait même parler de slogans internes qui ont été conditionnés, je vous le donne en mille, essentiellement pendant notre enfance. On a reçu de la part de nos parents, de la société ou d'autres figures d'autorité comme nos professeurs, les frères, les sœurs, les ongles, les dents, les grands-parents, etc. un ensemble de messages. des expressions toutes faites ou encore des injonctions auxquelles répondre était gage de reconnaissance, parce qu'on faisait ce qui était attendu, de valorisation et d'expression chez l'autre de joie et d'amour. En voici quelques-uns qui pourraient vous parler. Je commence par Fais plaisir à maman Sois gentil avec ton frère C'est bien, mais t'aurais pu faire un peu mieux Ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts. Arrête de pleurer. À vaincre sans effort, on triomphe sans gloire. On sent, celui-là, il me parle d'amour, je me trompe. À vaincre sans effort, on triomphe sans gloire. Ou encore, arrête de traîner. On les a tous et toutes entendus, et il est presque certain qu'on en dit quelques-uns à notre tour aujourd'hui. Logique. A priori, nous sommes tous guidés par ces cinq drivers. En français, on pourrait parler plutôt de conducteurs, parce que ça nous mène à, ça nous mène vers. Et donc on est conditionné par ces drivers, mais chacun à des degrés plus ou moins différents. Ça va dépendre de ce qu'on a entendu quand on était petit et de la manière dont on l'a interprété.
- Speaker #0
Oui, et intégré. Alors vous avez peut-être déjà une petite idée de votre ou de vos drivers principaux. Et si vous voulez affiner cette idée ou vous en construire une, on a mis en note d'épisode un questionnaire et il y en a plein d'autres gratuitement disponibles sur le net. Alors ces messages peuvent être positifs, sources de motivation, mais poussés dans des extrêmes ou encore en situation de stress, ils peuvent devenir toxiques. Surtout s'ils nous poussent à des comportements qui nous coincent nous-mêmes, que l'on subit ou qui ne nous permettent pas d'atteindre nos objectifs. Qu'ils soient des objectifs relationnels, personnels ou professionnels. Il est donc utile d'apprendre à les identifier et à les admettre. Cela nous permet de mieux s'en émanciper par la suite. Parler des drivers implique toutefois d'explorer en profondeur nos croyances, souvent inconscientes, qui influencent nos pensées, nos émotions et nos comportements au quotidien.
- Speaker #1
Alors détaillons en présent ces cinq drivers. Le premier, fait vite. Ce driver nous pousse à agir rapidement et à accomplir les tâches le plus rapidement possible, souvent au détriment de la qualité ou de la réflexion. Les personnes qui sont influencées par ce driver peuvent se sentir stressées et précipitées dans leur vie quotidienne. Exemple de phrase qu'on entend, Dépêche-toi, arrête de traîner Ça pourrait être une personne qui se dépêche de finir un projet professionnel sans prendre le temps de vérifier les détails. ou encore un parent qui se précipite pour préparer le dîner, se sentant ultra pressé par le temps, même si, du coup, ça génère beaucoup de stress chez lui.
- Speaker #0
Et comme je ne me reconnais pas du tout dans ce driver, je vais me permettre d'ajouter un autre exemple. L'exemple de se retrouver une heure à l'avance dans sa voiture pour emmener les enfants à l'école, prêt à démarrer, convaincu même qu'on est, tu vois, tout juste à l'heure, et de se rendre compte qu'il y a cette heure à l'avance.
- Speaker #1
Ça ne m'arriverait jamais quelque chose comme ça. Pas du tout.
- Speaker #0
Par contre, le prochain driver, peut-être qu'il te parlera davantage.
- Speaker #1
Un peu plus. Donc le second driver, c'est le Sois parfait Ce driver nous pousse à rechercher la perfection dans tout ce qu'on fait. On a souvent peur de l'échec et on peut être très critique envers soi, mais aussi envers les autres. Exemple de phrase entendue, Tu peux mieux faire Fais les choses à fond, ne les fais pas. Ça pourrait être un étudiant qui passe des heures à réviser pour un examen craignant de ne pas obtenir la meilleure note possible. ou encore un parent qui essaye constamment d'atteindre des standards de parentalité irréalistes, et ça ne me parle pas du tout, en se sentant coupable s'il ne répond pas à toutes les attentes.
- Speaker #0
Troisième driver qu'on peut observer, c'est le Sois fort Ce driver nous conduit à cacher nos émotions et à paraître fort et imperturbable en toutes circonstances. On peut avoir du mal à exprimer ses vulnérabilités ou à demander de l'aide. Exemple de phrases qui ont pu activer le Sois fort Ce qui ne te tue pas te rend plus fort ou typiquement quand on veut on peut. Les sois forts vont par exemple refuser de pleurer ou de montrer leur tristesse après la perte d'un être cher, craignant d'être perçus comme une personne faible. Elles vont encore se forcer à sourire et à faire bonne figure au travail, même lorsqu'elles se sentent dépassées ou stressées. Quatrième driver, fais des efforts. Ce driver, il incite à croire que le succès et la réalisation de ses objectifs dépendent uniquement... de sa capacité à travailler dur et à faire des efforts qui sont constants. On peut ressentir une pression constante à faire des efforts, mettre de l'énergie dans tous les domaines, tous les aspects de sa vie, ce qui peut nous conduire à une surcharge de travail, à du stress et à de l'épuisement. Exemple de phrases qui ont pu activer un fait des efforts, on n'a rien sans rien, ou tu ne t'investis pas assez, ou encore les efforts ça paye. Quelqu'un qui a un driver fait des efforts, il va s'efforcer, de grimper dans l'échelle de sa carrière en travaillant de longues heures et en prenant sur son temps personnel, convaincu que le seul moyen d'atteindre le succès, c'est justement de travailler de manière dure, de manière folle. C'est le seul moyen qu'il envisage. C'est celui d'avoir du mal. Deuxième exemple, c'est celui d'être insatisfait de l'atteinte d'un objectif parce que justement on va le considérer comme trop facile. On va l'amoindrir, on va le minimiser, tout le monde aurait pu le faire.
- Speaker #1
Et enfin, cinquième et dernier driver, le fais plaisir Ce driver, il pousse à sacrifier ses propres besoins et désirs pour satisfaire ceux des autres. On peut avoir du mal à établir des limites saines et à prendre soin de soi du coup. Exemple de phrase, tu ferais bien ça pour me faire plaisir ou tu me fais de la peine, ou encore ne sois pas égoïste. Il s'agira peut-être alors d'accepter toujours les demandes des autres, même si ça signifie négliger ses propres besoins et souhaits, ou encore se surcharger de responsabilités familiales en sacrifiant son temps libre et son bien-être pour celui de ses enfants et de son conjoint. Les drivers peuvent se manifester différemment selon la sphère de notre vie. Un soif fort pourrait par exemple être plus contraignant dans la sphère professionnelle que privée, ou l'inverse, ou identiquement dans les deux par ailleurs. Ils peuvent aussi s'exprimer différemment selon les personnes. Un soit parfait peut conduire certaines personnes à être beaucoup dans le détail, très minutieux, là où d'autres, inversement, par leur soit parfait veulent respecter les délais et être exaspérés qu'un autre ne tienne pas justement les délais souhaités. Oui.
- Speaker #0
Bien que les drivers soient souvent perçus comme ayant des effets négatifs sur notre bien-être, agissant au-delà de nous et parfois contre nous, c'est important de reconnaître qu'ils ont des aspects positifs. En fait, il faut savoir qu'à la base, ce sont des éléments qui nous ont permis de nous adapter à l'environnement dans lequel on a grandi. Les drivers peuvent nous motiver à travailler dur et à persévérer dans la réalisation de nos objectifs, par exemple. C'est le cas pour un fait des efforts. Ça peut aussi nous aider à développer et à améliorer nos compétences dans différents domaines. Ce sera le cas pour le fait des efforts, mais aussi pour le Sois parfait Ça peut nous aider à développer une plus grande résilience et une capacité à surmonter les difficultés. Ce sera typiquement le cas du Sois fort Ou encore, ça peut nous aider à renforcer notre sens du devoir et de la responsabilité envers les autres, typiquement pour le Fais plaisir En reconnaissant les aspects positifs des drivers, nous pouvons apprendre à les utiliser de manière juste et constructive.
- Speaker #1
Et si ça vous dit d'entamer une sorte de déconditionnement, de faire un travail de conscientisation de ces drivers, de leurs atouts, mais aussi de leurs freins pour vous, je vous invite à faire un petit exercice. D'abord, pour chacun de vos drivers dominants que vous aurez identifiés probablement en faisant le questionnaire ou parce que vous les connaissez déjà bien, identifiez leurs trois points forts et les avantages concrets qu'ils vous apportent. Ça va nous permettre d'en voir l'utilité et de continuer à en faire une force. Par exemple, mon driver soit parfait, il me permet de fournir la plupart du temps un travail précis et qualitatif qui sera fouillé et à valeur ajoutée. Ensuite, même chose mais avec... trois points faibles et donc les conséquences négatives de ce driver. Toujours par exemple, mon Sois parfait qui pourrait me conduire à procrastiner car tant que je ne sais pas clairement où je vais et comment je le fais, je n'avance pas parce que naviguer à l'aveugle, ça ne va pas de pair avec un travail qui est parfait. Et une fois qu'on a identifié ces points faibles, on questionne notre envie de changer ce comportement parce qu'on a ces conséquences négatives. Si je n'ai pas envie de changer, C'est ok, il n'y a pas de souci, c'est que la situation me convient tout de même mieux comme ça et ou qu'on n'est pas en possibilité de mettre en place un changement pour le moment. Si la réponse est oui, qu'est-ce qu'on pourrait faire ?
- Speaker #0
Alors pour changer un comportement, la première étape est d'en avoir envie. Je veux dire d'en avoir vraiment envie, c'est-à-dire d'en être motivé. Parce que ce changement, il faut avoir conscience qu'il va prendre du temps et qu'il va demander des efforts.
- Speaker #1
Comme par exemple, quand il faut manger un brocoli alors qu'on a faim. Tu vois, ça c'est beaucoup plus réaliste que de le manger quand on n'a pas faim du tout.
- Speaker #0
Sauf si c'est son légume préféré, comme c'est le cas pour moi.
- Speaker #1
Ça c'est improbable, non ? C'est pas improbable ? Le T.
- Speaker #0
Changer, c'est contrarier son cerveau, ses habitudes, c'est sortir d'un chemin tout tracé, qui, qu'on l'aime plus ou moins, a l'avantage d'être facile à suivre. Parce qu'il nous est tout indiqué, avec des panneaux, des flèches, une route toute droite, c'est facile pour nous. Alors la seconde étape que je conseillerais, c'est celle de travailler sa vigilance, de l'exercer sur nos pensées et sur nos actions. Alors concrètement, observer comment s'exerce mon fait vite. À quel moment ? Comment ça se manifeste ? Par quel type de pensée, de comportement ? Quel impact ça a sur moi, sur mes objectifs, sur mes relations ? L'impact est-il positif ? Est-il négatif ? Pour moi par exemple, le fait vite... est particulièrement problématique lorsqu'il prend trop de place, lorsqu'il s'exprime dans des situations dans lesquelles il ne devrait pas s'exprimer. Je me sens dans l'obligation d'aller vite, dans une sorte d'urgence, là où il n'y en a pas, ce qui me met en hyper-vigilance et qui aura tendance à se répercuter et à être une source de stress pour mon entourage. Alors, pour garder la métaphore du chemin, l'idée, c'est de s'observer sur son chemin classique. Je regarde les panneaux, les plus évidents pour moi, les moins évidents. J'observe comment je les vis. Ouais, trop cool, j'adore aller par là, c'est chouette pour moi. Ou au contraire, cette voie-là m'effraie plutôt et je n'ai pas envie de m'y avancer. Et je peux aussi observer comment j'agis.
- Speaker #1
Et ensuite, c'est le moment où on commence à pouvoir faire un pas de côté. On s'observe sur le chemin et on fait une pause. Et c'est parce qu'on a exercé sa vigilance et mis en lumière nos pensées et comportements habituels qu'on va pouvoir arriver à faire ce pas de côté, parce qu'on a commencé à conscientiser. Et à ce moment-là, on peut tenter d'installer une nouvelle pensée ou une pensée différente, un comportement modifié, parce qu'il nous convient de mieux, et par la suite, observer le résultat. C'est un peu comme quand je commence à ne plus relire deux fois mes rapports et que je prends le risque de l'envoyer alors qu'il n'est pas parfait et qu'il risque d'y avoir des fautes de frappe, des fautes d'orthographe. Et qu'en fait, tout s'est bien passé, j'ai même eu du feedback positif. Les quelques coquilles qui y sont forcément restées, eh bien en fait, vous savez quoi, elles n'ont pas fait de moi une mauvaise professionnelle, mais en fait simplement quelqu'un d'humain. Et en plus, ça m'a permis de rendre mon rapport dans les temps, ce qui n'est pas négligeable.
- Speaker #0
Le fait vite qui est en moi te remercier.
- Speaker #1
J'allais dire, j'ai pas eu à dire Lila m'en remercierait. et ça, je le fais, encore et encore, dans une situation plus facile, puis dans une autre peut-être moins facile, à chaque fois en tout cas que la situation me le permet, j'essaye d'instaurer une autre manière de faire, pour autant que le contexte me soit favorable, que mon état intérieur le soit aussi, mon moral, mon énergie, en fait, doucement, mais sûrement, je me reprogramme, je crée doucement un nouveau pilote automatique qui me convient mieux, puisque quelque part, je l'aurais choisi.
- Speaker #0
Tout à fait. En fin de compte, l'objectif n'est pas de renier nos drivers, vous l'aurez compris, mais plutôt de les dompter de manière constructive pour nous. Reconnaître leur aspect positif tout en apprenant à gérer leurs manifestations excessives ou nocives pour nous. Et cela va nous permettre de naviguer avec plus de souplesse dans la vie et dans nos relations aux autres. En entamant ou en poursuivant ce processus d'introspection et de transformation, nous nous offrons la possibilité de réécrire notre propre script. D'une manière, en fait, qui nous reflète véritablement, qui reflète nos aspirations et nos valeurs les plus profondes.
- Speaker #1
Et ça, Lila, c'est tout bon.
- Speaker #0
Je le pense aussi.
- Speaker #1
Allez, à bientôt. A bientôt,
- Speaker #0
Sarah.
- Speaker #1
Salut.
- Speaker #0
Salut.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode. On a à cœur qu'il vous ait inspiré. Si c'est le cas, pensez à le partager autour de vous, à déposer vos étoiles et à vous abonner pour ne rien manquer. On se retrouve la semaine prochaine avec un nouvel épisode et d'ici là sur Instagram et YouTube. À bientôt !