- Speaker #0
Bonjour et aujourd'hui, mon invitée du jour était chef de produit chez Citroën, où elle a piloté le développement et le lancement de modèles emblématiques comme la Citroën C3. Mais en 2024, elle a déposé une demande de congé de mobilité avec formation et elle avait décidé d'accompagner des cadres, des jeunes actifs et des étudiants dans leur choix de réorientation. Nous allons voir ensemble pourquoi elle a fait ce choix. que je sois à son âge et après tout ce parcours. Muriel, comment vas-tu aujourd'hui ? Bonjour.
- Speaker #1
Bonjour Hélène, je vais très bien. Merci pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci d'être là. J'ai hâte que tu partages tes conseils professionnels sur la réorientation parce que c'est aussi une type de transition. Depuis que nous nous sommes croisés dans un groupe de discussion entre collègues de coach, donc bienvenue au podcast Becoming Emergence. Mais pour te connaître un peu plus, pourrais-tu nous donner une information sur toi qui n'a rien à faire avec ton travail ?
- Speaker #1
Alors, on va commencer simplement. Je suis Muriel, je suis mariée, j'ai deux grandes filles de 22 et 27 ans. Dans mes loisirs, j'aime la déco, j'aime le théâtre, j'aime voyager aussi. J'aime lire, écouter et raconter des histoires. C'est quelque chose qui me tient beaucoup à cœur et j'aime particulièrement les livres pour enfants, pour leur capacité à transmettre des valeurs, des émotions de manière très simple. Et on va dire qu'un de mes rêves serait d'un jour d'en écrire un.
- Speaker #0
Super, j'espère que tu le feras.
- Speaker #1
C'est un de mes projets, je ne sais pas quand, mais je crois que je le ferai, oui. J'y tiens beaucoup.
- Speaker #0
Donc, dans cet épisode, nous allons parler de transition professionnelle qui se déroule un peu mieux si on connaît exactement quand c'est le bon moment pour le faire, même si on avait envie depuis longtemps. À quel moment est-ce qu'il faut prendre les pas et avancer ? Et que cela n'implique pas forcément de perdre tout ce qu'on a construit dans nos vies. Donc, à l'âge de 50 ans, 40 ou plus, même à 60 ans, on peut penser... qu'on a trop de bagages dans notre bagage et que c'est trop tard pour changer quoi que ce soit. Mais ce n'est pas le cas. Donc, Muriel, aujourd'hui, tu accompagnes d'autres personnes dans leur reconversion, mais tu es passée par ta propre transformation, n'est-ce pas ? Donc, tu es maintenant coach certifié et tu as monté un cabinet qui s'appelle Prismalia Coaching. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ce cabinet ?
- Speaker #1
Alors, le... On va dire que le fondement de Prismalia Coaching, c'est de considérer que chacun arrive à un moment de sa vie où effectivement il a des envies de changement. Et ce moment, il peut être différent selon les personnes. Il y a des personnes qui vont ressentir ce besoin très tôt, il y en a d'autres qui vont le ressentir très tard. Mais je suis convaincue qu'on le sent quand le moment est arrivé, on le sent profondément. et qu'en fait, on gère une transition avec tout ce qu'on a vécu jusque-là. C'est-à-dire que moi, je ne vois pas les transitions comme forcément, alors c'est possible que ça arrive, mais forcément comme des ruptures. Mais c'est plutôt une évolution, une évolution souvent lente qui repose sur tout ce que la personne a vécu. Et donc, l'idée de Prismalia, c'est de se dire, à un moment, on perd le fil de son histoire. On ne se sent plus forcément à l'aise là où on se trouve. Mais ce n'est pas une raison pour tout jeter à la poubelle et pour repartir de zéro, faire table rase. Au contraire, on peut s'appuyer sur tout ce qu'on a vécu pour construire le futur, pour construire un avenir qui nous ressemble davantage.
- Speaker #0
J'aime bien cette idée. J'aime bien cette idée que tout n'est pas perdu, que tout est utile.
- Speaker #1
Au contraire, tout est utile.
- Speaker #0
Même si on change un peu. Même si on change beaucoup notre direction, tout ce que nous avons, c'est utile, mais on ne se rend pas compte tout de suite.
- Speaker #1
Absolument. On a parfois besoin d'un regard extérieur pour se rendre compte qu'on a des ressources qui peuvent être utilisées, même si on change complètement de secteur. En effet, tout peut servir.
- Speaker #0
Donc pour toi, c'était dans le secteur de l'automobile où tu as passé 30 ans et plus. Comment es-tu devenue chef de produit et arrivé au... au point où tu gères des projets aussi complexes.
- Speaker #1
Je dirais qu'en fait, tout mon parcours dans l'automobile a été une question d'opportunité. C'est-à-dire que je suis rentrée chez Automobile Citroën à l'époque, à la fin de mes études. Parce que j'avais pas d'appétence particulière pour l'automobile. J'y ai passé 30 ans, mais j'avais pas une passion délirante ou un intérêt particulier pour l'automobile. Là aussi, ça a été une opportunité. Je suis allée au bureau des stages de mon école. J'ai consulté le catalogue des stages. J'ai trouvé un stage qui me parlait, qui m'a séduite dans la communication. J'ai postulé, j'ai été retenue et c'est comme ça que je suis rentrée chez Citroën. J'y ai passé cinq ans dans la communication et puis, à l'occasion d'une rencontre, j'ai eu la possibilité de passer au marketing. Donc, je suis allée au marketing sans savoir ce que c'était que le marketing. J'ai fait des études clientèles à l'écoute du client. C'est là où j'ai développé ma capacité d'écoute en particulier. En tout cas, je l'ai utilisée. Peut-être que je l'avais déjà avant, mais je ne l'exploitais pas. Je l'ai utilisée à ce moment-là. Et puis, de fil en aiguille, là aussi, par opportunité, je me suis retrouvée à venir renforcer une équipe qui gérait des couleurs et matières. Couleurs et matières, c'était en fait les gens qui faisaient des cahiers des charges pour... les nouvelles teintes de caisse, les nouveaux garnissages intérieurs, les nouveaux décors intérieurs. Et finalement, avec le recul, je me dis que ça répondait bien à ce besoin que j'avais de raconter des histoires, parce que faire un brief pour un nouvel intérieur de voiture, c'est quelque part raconter au style une histoire pour que lui puisse la transmettre de manière physique au travers de propositions stylistiques. Et là, j'y suis restée une bonne quinzaine d'années parce que c'était absolument... Enfin, passionnant, c'était un univers un peu à part dans l'automobile, puisqu'en fait tout le monde s'intéresse au moteur ou à la mécanique, mais moins, on va dire, au tissu et chiffon, au bois et chiffon, comme on nous appelait. Moi, j'ai trouvé ça passionnant, ça me correspondait tout à fait, parce qu'il y a une part aussi de créativité que j'adorais, beaucoup de relationnel. Et au bout d'un moment, je me suis dit quand même, là, il faut se renouveler. À la fois pour moi, j'avais le sentiment un peu de tourner en rond, même si chaque projet était différent, de ne plus trop apprendre, de ne plus trop progresser. Et même pour le poste, c'était bien aussi d'avoir un regard neuf. Donc, j'ai demandé aussi à évoluer. J'avais l'idée de partir dans la publicité pour voir autre chose. Et puis, là aussi, le directeur de l'époque m'a dit, mais moi, je te vois bien, chef de produit. Je lui ai dit, mais moi, je n'y connais absolument rien au moteur, à la technique. Je ne suis pas ingénieure. J'ai fait une formation commerciale, mais je ne suis pas ingénieure. Il m'a dit, ce n'est pas grave, ça va bien se passer. Donc, j'ai dit, OK, on y va. Et donc, c'est comme ça que je suis arrivée à gérer ce qu'on appelait à l'époque la mi-vie. Donc, en fait, retravailler la voiture à mi-parcours pour lui redonner un petit coup de peps. Une espèce de reconversion de la voiture, finalement, quelque part. Et donc, pendant là aussi quelques années, le temps de faire le lancement, et ensuite, j'ai dit, maintenant, j'ai envie de faire autre chose, de quitter le marketing. C'était en plein Covid, et là, je suis partie Ausha. Alors, un métier que je ne connaissais absolument pas, que je n'avais jamais exercé. Encore, on va dire, un nouveau départ, sachant qu'on était en plein Covid, que je me retrouvais dans une équipe qui n'était pas sur le même site que là où j'étais avant. C'était quasiment un changement d'entreprise, avec un nouveau métier complètement inconnu. Ça a été un peu rude au départ. Et puis finalement, au bout d'une bonne année, j'ai commencé à prendre du plaisir à exercer ce métier. Je me suis aperçue aussi qu'avec tout mon parcours, j'avais une approche des achats et des fournisseurs qui était différente de mes collègues qui avaient passé toute leur carrière dans leurs achats. D'ailleurs, les fournisseurs me le disaient. Ils me disaient, vous, vous êtes un peu à part. dans le métier des achats. Et du coup, ça se passait bien. Et puis est arrivé le moment où je ne me sentais plus vraiment à ma place dans cette entreprise qui avait évolué, qui avait pris une direction qui ne me convenait plus. Et puis, j'avais envie aussi de passer à autre chose. Après 30 ans de salariat, je me suis dit, c'est peut-être le moment de tester autre chose. Et voilà, c'est comme ça que je suis arrivée. à cette reconversion.
- Speaker #0
Donc, tu as dit une fois que tu t'es posé un défi, une décision intérieure, qu'un jour, tu ferais quelque chose avec les cinq ou six dernières années de ta carrière.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu savais qu'il y avait une autre... autre vie à explorer ou des activités à explorer et que tu voulais tester des choses. Comment est-ce que tu as réalisé que ce moment était venu ?
- Speaker #1
Alors, c'est amusant que tu poses la question parce qu'en fait, c'est quelque chose effectivement que j'avais plus ou moins planifié. Un jour, je me suis dit, voilà, j'ai fait 30 ans dans le salariat, dans la même entreprise, ce qui plus est, même si j'ai fait des métiers différents. J'ai envie effectivement d'explorer autre chose. Et je m'étais fixée comme d'aller le moment où mes filles seraient grandes, où elles auraient terminé leurs études. Je me disais, il me restera les cinq ans, on va dire, grosso modo à faire. Et là, ce sera le bon moment, puisqu'en fait, j'aurai un peu plus de liberté, on va dire. Donc, ce sera le bon moment. Et puis, la vie a fait que ma dernière fille, qui était encore à la maison, Il y a deux ans, on a fait le choix de faire une alternance. Donc finalement, les études, entre guillemets, se sont terminées plus rapidement que prévu, puisqu'étant en alternance, l'école était payée par l'entreprise pour laquelle elle travaillait, et elle-même gagnait un peu d'argent. Donc on va dire que la contrainte que je m'étais fixée de terminer les études, quelque part, elle était levée. Donc je me suis dit, c'est un signe, peut-être que c'est le bon moment. et donc j'ai commencé à engager les réflexions et me dire bon ben voilà maintenant c'est très bien tu veux faire autre chose mais quoi qu'est-ce que tu peux faire d'autre donc j'ai commencé à réfléchir j'ai profité en fait de l'accompagnement dont je pouvais bénéficier dans mon entreprise dans le cadre du congé de reconversion pour un peu préciser quel pourrait être mon futur projet et comme je le disais au début j'adore la déco Donc au départ, j'étais partie sur un projet de décoratrice intérieure. Et puis finalement, en creusant avec la personne qui m'accompagnait, je me suis rendue compte qu'en fait, la déco, j'adorais ça, mais j'adorais ça pour moi. En fait, j'adorais ça et je voulais que ça reste un loisir et je ne me voyais pas en faire mon métier. Du coup, j'ai abandonné cette piste. Et puis bon, de fil en aiguille, à la fois par rapport à ce que j'aimais. à mes qualités, à mes compétences, etc. Le coaching est apparu assez rapidement et assez naturellement. Donc ça, ça a été, on va dire, le mûrissement du projet. Et puis l'autre volet, c'est que, donc ça, c'était il y a un peu plus de deux ans, à la fin de l'année, j'avais fait tout le dossier pour partir. J'étais prête, enfin j'étais prête, j'étais prête sur le papier, sauf que je ne dormais plus. En fait, ça me stressait un maximum. Donc, je me suis dit, non mais là... Et la veille de signer, en fait, j'ai fait machine arrière. J'ai dit à mon mari, écoute, ce n'est pas le moment. Là, je ne peux pas, ça me stresse trop. Et en fait, j'ai tout bloqué. Alors que tout était quasiment finalisé. J'ai tout bloqué et je lui ai dit, non, là, ce n'est pas le moment. Je ne sens pas. Et il m'a fallu un an, finalement. pour encore, je dirais, cheminer. Et un an plus tard, mais quasiment jour pour jour, j'ai signé et là, ça a été l'inverse. C'est-à-dire que c'est à ce moment-là où je ne dormais plus parce que la pression au boulot était telle que j'étais en stress permanent. Franchement, il y avait un mal-être. J'étais arrivée à un point de rupture quelque part. Je crois que si j'avais continué, ça se transformait en burn-out. Donc, je me suis arrêtée au bon moment. Et c'est à ce moment-là où je ne dormais plus. Le jour où j'ai signé, j'ai recommencé à dormir. Donc, ça a été l'inverse de l'année précédente. Et là, je dis, en fait, on sent en fond de soi quand c'est le bon moment. Ce n'est pas une question d'intellect ou de décision. Il faut le temps que ça mûrisse. mais on le sent en soi quand c'est son moment. C'est pour ça qu'il n'y a pas de règle pour le moment, chacun le ressent quand il est prêt.
- Speaker #0
Pour toi, c'était un processus de reconnexion à ce que ton cœur te disait ? Oui,
- Speaker #1
c'était un processus de reconnexion à moi, à mes valeurs, parce que l'entreprise que j'avais connue au début, et il y a... qui était une petite entre... Enfin, une petite, c'était déjà une grosse entreprise. Citroën, c'était une grosse entreprise française, mais c'était une entreprise française, très familiale, très paternaliste, avec des valeurs de bienveillance, où en fait, on prenait soin de ses collaborateurs. C'était un peu une famille. Alors, ça avait un revers. C'est-à-dire que la famille, on ne la quitte pas comme ça. Donc, voilà, il y avait une espèce de contrat moral entre nous et eux, qui faisait que parfois, on restait... pas forcément pour les bonnes raisons, mais en tout cas, on était bien dans cette ambiance-là. Et cette entreprise, au fil des années, elle a évolué vers quelque chose de plus global, de plus tentaculaire, avec un management à l'américaine qui, moi, ne me convenait plus du tout, un pilotage par les coûts, avec l'humain qui disparaissait complètement. Et je me suis dit, je ne vais pas râler parce que tous les salariés, tout le monde allait travailler en râlant. Moi la première, parce que moi je suis française, je suis une grande râleuse. Je lui ai dit, arrête de râler et prends-toi en main. C'est toi qui décide de la suite. Si tu ne te situes pas bien, va-t'en.
- Speaker #0
Donc il y a aussi un processus de relâchement aussi. S'autoriser à partir. Oui,
- Speaker #1
s'autoriser et surtout de se dire, finalement, c'est un équilibre entre ce que ça coûte et le bénéfice que ça rapporte. C'est-à-dire qu'à un moment donné, ça me coûtait plus de rester que de partir. Voilà. Donc, quand l'équilibre s'inverse, on dit, j'ai plus d'intérêt à partir qu'à rester, malgré les risques, malgré… l'incertitude malgré la peur du changement, c'est là où c'est le bon moment en fait. C'est plus coûteux de rester.
- Speaker #0
Pour toi et pour les gens que tu as déjà accompagnés, est-ce que tu as vu que souvent la reconversion, ce n'est pas quelque chose qui arrive forcément quand il y a une crise comme un licenciement, mais ça peut être quelque chose de plus subtil, un décalage, une prise de conscience. Comment est-ce que tu peux décrire ce processus ?
- Speaker #1
Le processus, il est un peu différent pour chacun. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a des personnes, j'ai accompagné des personnes qui se relevaient d'un burn-out, donc qui, elles, soit elles n'ont pas vu, soit elles n'ont pas voulu voir les signaux. Parce que le burn-out, c'est quand même, je dirais, c'est l'étape ultime du stress. On n'arrive pas, je pense, en burn-out du jour au lendemain. Donc, il y a tout un processus où on ne voit pas forcément les choses déraper. Et donc... La reconversion, c'est une manière de se reconstruire, mais c'est plus compliqué, parce que ça veut dire qu'il faut déjà se relever d'une période de traumatisme pour reconstruire quelque chose avec cette période de traumatisme qui fait qu'on a souvent perdu beaucoup confiance en soi. Donc du coup, c'est un processus qui peut être un peu plus long et un peu plus compliqué que quand on décide à un moment donné de se dire, bon, aujourd'hui, Merci. Mon job n'a plus de sens ou ne correspond plus à mes besoins. Par exemple, si je reprends mon exemple, je ressentais un fort besoin de liberté. C'est-à-dire que plus j'avançais dans ma carrière et moins je supportais les injonctions de la hiérarchie. Souvent, hiérarchie en plus pour laquelle je n'avais pas forcément… Alors, ce n'est pas de respect, mais les compétences n'étaient pas forcément… justifié par rapport à mon expertise à moi. C'est-à-dire que moi, j'avais des managers qui avaient moins d'expérience que moi, qui prenaient les décisions sans tenir compte forcément de mon expérience et de mon avis. Donc, à un moment donné, on nous considérait comme des juniors alors qu'on était des seniors. On nous reprochait d'être trop chers parce qu'on était seniors, mais on n'exploitait pas notre expertise de senior. À un moment, on nous dit « Là, il y a un décalage et ça ne va pas. » Et donc moi, j'avais un... fort besoin de liberté et je crois que c'est ce gros besoin de liberté et d'indépendance qui m'a aussi conduit à franchir là-bas parce qu'on n'est pas non plus obligé de se reconvertir pour partir dans l'entreprenariat. On peut tout à fait une transition, ça peut être... J'ai une de mes clientes là par exemple très récemment c'est une auto-entrepreneuse quand je l'ai rencontrée elle m'a dit enfin je l'ai rencontrée au printemps elle m'a dit j'en ai marre Enfin, ce que j'ai fait, ça m'a plu pendant cinq ans. Maintenant, ça ne me plaît plus, je ne me sens pas bien. En septembre, j'arrête tout. Mais je ne sais pas ce que je veux faire. Je dis, ah, ça, c'est un peu embêtant. Donc, on va y travailler. Et donc, je l'ai accompagnée jusqu'à la fin du mois dernier. Et il s'avère qu'en fait, elle n'a pas tout arrêté. Elle a juste fait quelques ajustements. pour retrouver le plaisir à exercer son activité. C'est-à-dire qu'elle avait oublié une partie de ses besoins et c'est en renouant avec ses besoins qu'elle a retrouvé une autre façon d'exercer son activité qui lui a redonné une nouvelle motivation, un nouvel élan. Donc une transition, ce n'est pas forcément, on switch comme moi sur complètement autre chose, mais ça peut être aussi un ajustement, une évolution, une autre manière d'exercer son activité. ça peut s'exprimer sous plein de façons différentes.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'on peut louper ou bien ignorer trop longtemps ? ce désir, ce sentiment de décalage et ne pas explorer assez volontairement des options, parfois on peut nier on peut pousser on peut repousser ces émotions ces décalages et se dire non il faut que je continue il faut que je sois forte mais est-ce que tu recommandes aux femmes 50 plus de vraiment écouter cette voix intérieure pour dire non je dois oser cette réflexion comment tu fais ?
- Speaker #1
C'est le bon terme, c'est oser la réflexion. C'est-à-dire qu'effectivement, je pense que c'est une chose de dire « j'écoute mes besoins et j'y réponds » , c'est-à-dire je franchis les pas, et de se dire « je suis consciente qu'il y a un décalage ou qu'il y a quelque chose qui n'est plus aligné » . Et ça, cette conscience, je pense qu'en effet, elle est salutaire, quel que soit ce qu'on en fait derrière. C'est-à-dire que se poser la question, rester curieux, rester ouvert. à d'autres façons de faire ou à d'autres opportunités, pour moi, c'est essentiel, effectivement, de se dire que c'est possible, en fait. Après, le choix nous appartient. Ce n'est pas parce qu'on va bénéficier d'un accompagnement ou qu'on va engager une réflexion sur qu'est-ce que je pourrais faire ou qu'est-ce qui n'est plus aligné ou pourquoi je ne suis pas bien en ce moment qu'on va forcément tout changer derrière. On peut se dire, comme ça a été mon cas, se dire, non, ce n'est pas le moment. Mais je suis consciente de ce qui ne va pas et à la limite, pouvoir aussi peut-être procéder à quelques ajustements pour que ça se passe mieux sans forcément tout changer tout de suite. Le changement, il peut venir plus tard, il peut venir un an, deux ans, cinq ans, dix ans après, mais au moins, on le fait en conscience. C'est-à-dire qu'on sait qu'à un moment donné, ce n'est plus aligné, on n'est plus… Il n'y a plus cette connexion, ce bonheur au travail. Donc, on se dit qu'il faut que je creuse et que je comprenne pourquoi et qu'est-ce que ça implique.
- Speaker #0
Et cette action, même en le faisant tel comme un audit régulier qu'on fait sur ses finances, par exemple, ça peut libérer des choses, mais ça peut aussi juste rassurer la personne.
- Speaker #1
Exactement. J'ai accompagné pendant ma formation, j'ai accompagné un homme qui avait déménagé, en fait lui il exerçait aussi dans l'automobile, il avait déménagé dans le sud de la France, sachant que dans le sud de la France il n'y a pas d'activité automobile. Et en fait il se sentait enfermé en disant je ne peux pas changer, parce qu'il travaillait en télétravail, mais en sachant qu'il y avait peut-être une échéance ou à un moment donné. Il ne pourrait plus travailler à 100% en télétravail, sachant que son entreprise était en région parisienne et qu'à un moment donné, on lui a demandé de revenir. Lui, il avait refait sa vie dans le Sud, donc ce n'était plus possible. Donc, il se sentait face à un mur en disant, oui, mais moi, qu'est-ce que je peux faire d'autre, en fait ? Donc, on a beaucoup, lui, travaillé sur ses compétences transferables parce qu'en fait, il voyait, il savait ce qu'il faisait dans le domaine automobile, mais ça n'avait pas les transférer dans un autre secteur. En disant, en fait, moi, j'ai toujours fait de l'automobile, je ne sais pas quoi faire d'autre. Donc on a creusé ça, on a dit, il y a la vue qu'il avait plein de... Par exemple, quand il montait un module de formation pour lancer un nouveau véhicule, il s'appuyait sur ses compétences de synthèse, il s'appuyait sur ses compétences de communication, etc. Et donc en remontant, on va dire, d'un cran, en passant de la tâche à la compétence qu'il y avait derrière, ça lui a permis d'ouvrir le champ et de se dire, ah bah oui, finalement, je peux faire autre chose. Et ce qu'il m'a dit, c'est qu'en fait, et ça répond tout à fait à ce que tu disais, il m'a dit, là, aujourd'hui, je ne vais pas partir, je n'ai pas ce besoin. Par contre, c'est comme si j'avais un sac à dos, tout ce qu'il fallait dedans, et je sais qu'il est là, il est posé dans un coin, et le jour où j'en ai besoin, je peux le sortir. Et ça, c'est vraiment l'image, c'est-à-dire, je suis prêt. Du coup, ça me... Ça l'a détendu en fait, parce que ça le stressait énormément de se dire, le jour où je vais devoir changer, qu'est-ce que je vais faire et comment je vais me vendre, etc. Et là, il s'est dit, là, je suis prêt. Là, c'est bon, j'ai tout ce qu'il faut. Ce n'est pas le moment de sortir le sac, mais le jour où ce sera le moment, il est là. Et du coup, il est reparti. Et aujourd'hui encore, il n'a pas franchi le pas. Il est toujours là. là où il était à l'époque, et tout est OK, mais il a gagné en sérénité, en fait. Donc, de se poser ce genre de questions, ne veut pas forcément dire qu'on va franchir le pas tout de suite. Mais c'est se préparer et peut-être gagner en sérénité en se disant, c'est mon choix de ne pas le faire, mais si je décide de le faire, je le fais de manière sereine, réfléchie et lucide.
- Speaker #0
Quand on arrive à ce moment où on se sent un peu déraciné, qu'on n'est plus dans sa place, l'important c'est d'évaluer ce qu'on ressent. et de relire son histoire un peu différemment. Donc, tu aides les personnes à revoir un peu leur histoire, mais avec un angle, un aspect. Moi, je prends une autre perspective pendant un moment pour voir où je en suis.
- Speaker #1
Oui. Et puis, j'essaye surtout de leur faire retracer leur histoire d'une manière assez simple. C'est un peu le principe des pratiques narratives, d'une manière très positive, en disant à chaque étape de votre vie ou à chaque moment important, sur quoi est-ce que vous vous êtes appuyé. Alors, soit pour un événement positif, sur quoi tu t'es appuyé comme compétence, comme qualité, comme comportement, pour soit réussir quelque chose, soit surmonter une difficulté. Et en fait, il y a un outil qui est très utile pour ça, c'est la ligne de vie, que j'aime beaucoup, parce qu'en fait, en retraçant des événements ponctuels, on se prend compte qu'il y a parfois des récurrences. dans la manière d'aborder les événements et dans la manière de les gérer. Et ça, c'est très, très important parce que ça veut dire que c'est ça sur quoi les personnes peuvent s'appuyer derrière pour construire leur futur ou pour atteindre leurs objectifs. Donc, c'est en ça que je dis qu'effectivement, je m'appuie beaucoup sur l'histoire des personnes parce que chaque personne a une histoire et même si eux la voient pas, pas, elle est riche d'enseignements et souvent elle les rassure sur effectivement, ils se rendent compte qu'ils ont un schéma récurrent, ce qu'on appelle un schéma récurrent ou une manière un peu toujours similaire de réagir aux événements. Alors soit c'est une façon de réagir empêchante et ça du coup on peut identifier le mécanisme et le corriger pour que à l'avenir effectivement ça soit plus empêchant. Soit c'est une vraie ressource et dans ce cas-là il faut capitaliser dessus et se dire ah ben... quand il se passe ça, je le réagis de telle manière donc il n'y a pas de raison que s'il se passe la même chose ou autre chose plus tard je ne puisse pas m'appuyer sur cette même ressource
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu dirais aux personnes qui ont peur de ce changement oui, ils ont le souhait de voir quelque chose changer, ils ont besoin de guides pour traverser cette réflexion, ce brouillard où on commence à faire le tri mais face à l'action qu'il faut prendre, il y a toujours un peu de peur on prend un risque différent différents risques. Comment, toi, tu as pu confronter cette peur et qu'est-ce que tu peux donner comme astuce pour le faire ?
- Speaker #1
Déjà, il faut comprendre d'où vient la peur. Parce que la peur, c'est un symptôme, elle peut avoir plein d'origines différentes. Il peut y avoir la peur de la crainte financière. Il peut y avoir d'autres peurs. Moi, dans mon cas, effectivement, c'était la peur de l'inconnu, déjà, à se dire, moi, j'ai passé 30 ans dans l'automobile. Je n'ai jamais entrepris par mes propres moyens. Est-ce que je vais savoir faire déjà ? Est-ce que je vais avoir les compétences ? La peur aussi financière de se dire… Ce qui est un peu le paradoxe des plus de 50 ans, c'est-à-dire qu'à plus de 50 ans, on dit que les enfants sont grands, on n'a plus la charge de payer les études, etc. Donc, quelque part… En plus, on a construit sa carrière. Moi, j'étais 4 ans dans 30 ans, donc j'ai envie de dire… Voilà, financièrement, j'étais plutôt à l'aise. Se dire...
- Speaker #0
On a plus de liberté que quand on a des charges importantes. Par exemple, à la quarantaine, je ne me serais pas vue. Alors, je sais qu'il y en a qui le font. Mais moi, personnellement, à la quarantaine, je n'aurais pas fait. Parce que j'aurais eu trop peur, effectivement, de cet avenir incertain, de se dire, est-ce que je vais être capable de subvenir aux besoins de ma famille, etc. Donc, à 50 ans, je n'avais plus cette question. Et d'ailleurs, je m'étais fixée un peu ça comme objectif, comme deadline. Et à l'inverse, on perd aussi beaucoup parce qu'on perd une situation professionnelle où on est reconnu, où on gagne très très bien sa vie, pour l'inconnu. Et se dire, est-ce que je vais réussir à tirer mon épingle du jeu ? Le marché du coaching, je ne suis pas seule, on ne m'a pas attendue. Est-ce que je vais trouver des clients ? Donc, il y a tout ça. Mais je dirais que toutes ces peurs, en fait, déjà, il faut les comprendre. Il faut les identifier, il faut les comprendre. Et puis, il faut mettre en face des actions pour pouvoir les… Alors, pas les minimiser, mais en tout cas, faire qu'elles aient le moins d'impact possible. C'est-à-dire de se dire, OK, il y a cette peur. Déjà, est-ce que c'est une réalité ? Est-ce que c'est un risque ? Est-ce que c'est avéré ou pas ? Parce que parfois, il y a des peurs qui sont irrationnelles, qui ne sont pas avérées. Ça permet déjà d'évacuer les fausses peurs, on va dire. Et puis, pour les autres, se dire, OK, tu crains. Donc, qu'est-ce que tu as comme garde-fou, par exemple, au risque financier ? Et la réponse sera différente en fonction de chaque personne. C'est-à-dire qu'il y a des gens qui vont dire, je ne sais pas, moi, j'ai économisé, ou moi, j'ai mon conjoint, ou voilà. Et se dire, voilà, qu'est-ce que je peux faire ? pour que cette peur prenne moins de place. Mais déjà, l'identifier, c'est la première étape. En fait, pour moi, l'identifier, la comprendre, c'est déjà parce que la peur, ça peut vite être une espèce de brouillard bloquant et on ne va pas forcément chercher à aller la décortiquer, à la creuser en disant « Ok, si je l'apprends de manière rationnelle, qu'est-ce que je peux faire pour passer outre ? »
- Speaker #1
Je trouvais que la meilleure façon de... défaire ces obstacles, c'est de vraiment en parler avec quelqu'un d'autre et ne pas rester seule si on se sent touchée par la même chose. Non, je ne peux pas dépasser ça, je ne peux pas apprendre telle chose. C'est toujours d'être accompagnée ou trouver une bande d'amis et ça réduit beaucoup le stress ou les idées qu'on a déjà sur un problème quand on en parle. Même si ce n'est pas un coach, mais avoir un entourage qui nous aide.
- Speaker #0
Un regard extérieur, oui, oui. Oui, parce que quand on a peur, peu importe le sujet d'ailleurs, on n'a pas forcément toujours le recul. Et l'objectivité aussi, pour voir les choses telles qu'elles sont, on a parfois tendance à les amplifier et à les dramatiser parfois. Donc oui, un regard extérieur est toujours utile. Après, il faut aussi faire attention au regard extérieur, parce que moi j'ai eu aussi le cas d'une cliente. pour qui le regard extérieur était le regard de son mari, qui n'était absolument pas aidant. Donc, il faut bien choisir les personnes à qui on va demander conseil, entre guillemets, ou sur qui on va s'appuyer pour cheminer dans son projet. Parce que parfois, effectivement, ça peut être plus bloquant qu'aidant. Il faut vraiment un regard bienveillant, bienveillant et positif.
- Speaker #1
Envers soi aussi.
- Speaker #0
Envers soi, oui, bien sûr, mais aussi s'appuyer sur... Oui, parce qu'envers soi, des fois, on n'a pas toujours un regard bienveillant. Donc, si en plus, on a un regard extérieur qui ne l'est pas non plus, qui est plus critique que bienveillant ou jugeant, ça peut être problématique.
- Speaker #1
Donc, quand on arrive à cinquantaine, avant... Après, c'est bien de s'aimer en s'autorisant, de prendre ses réflexions, prendre du recul sur là où on est. Mais après cette phase d'exploration que toi tu as vécue, et les études ensuite, la décision et le temps de reformation, ton mari a remarqué un changement en toi. Est-ce que tu peux nous en dire plus ? Qu'est-ce que tu as ressenti, un changement dans ta vie juste suite à cette décision de partir et de prendre ? des pas vers une direction.
- Speaker #0
Juste après ce que je disais tout à l'heure, juste après avoir pris la décision et avoir posé ma signature en bas de la rupture conventionnelle, je me suis sentie soulagée. Un vrai, vrai sentiment de soulagement. Comme si je déposais un gros sac à dos par terre. Vraiment un soulagement incroyable. Et là, j'ai envie de dire, toute peur. À ce moment-là, il n'y avait plus de peur. Il n'y avait plus que de l'espoir, en fait, de se dire, ça y est, je repars. Pas la peur de repartir à zéro comme ça. J'étais enthousiaste à l'idée de recommencer quelque chose, de repartir à zéro. de redécouvrir autre chose et surtout de retrouver la liberté. Je crois que ça a été mon gros... Avec le recul, ça a été vraiment mon gros moteur. Pour moi, c'était la liberté. Je me sentais enfermée. Je me sentais comme le hamster dans sa roue qui tourne en rond et qui ne sait pas pourquoi il court. Et là, à nouveau, j'étais sortie de la roue. J'avais un... objectif, j'étais seule maître à bord, c'était vraiment cette image de, t'es sur un bateau, t'es seule et tu traces vers l'horizon, et c'était vraiment ce sentiment de soulagement, de liberté, un enthousiasme retrouvé, j'ai retrouvé une nouvelle jeunesse, franchement l'année dernière, quand j'ai fait ma formation, je vis ma meilleure vie en fait, c'était c'était un... Le bonheur, en fait. Et donc, du coup, à la maison, j'étais forcément plus détendue, plus disponible pour les autres. En fait, ça a changé la vie de tout le monde. Mine de rien, c'était... C'était parfois ce qu'on sous-estime, d'ailleurs, c'est que quand on change de vie soi-même, on ne mesure pas l'impact que ça peut avoir sur l'entourage. Et là, moi, je l'ai vraiment mesuré. Et d'ailleurs, ça s'est confirmé, enfin, il m'a confirmé, c'est que... Ma vie a changé, mais la leur aussi, en fait.
- Speaker #1
Et en bien. Harmonie.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #0
Exactement, une harmonie retrouvée. J'étais beaucoup plus apaisée aujourd'hui que je ne l'étais. J'étais sans arrêt stressée, du coup agressive. Enfin, voilà. Et là…
- Speaker #1
Comment tu fais ton travail maintenant ? Quelle relation as-tu avec le travail que tu fais maintenant ? Est-ce que c'est la même relation que tu avais avec...
- Speaker #0
Pas du tout, non, non. Aujourd'hui, le travail, c'est une partie de moi, en fait. Je dirais que je ne fais plus la séparation entre la semaine de travail et le week-end. Alors évidemment, j'hésite de travailler le week-end parce que je tiens à préserver aussi les moments en famille parce que mon mari, lui, il est toujours sur un rythme. On travaille du lundi au vendredi, donc on ne se voit pas forcément beaucoup en semaine. Donc j'essaie quand même de préserver. Mais si je dois travailler le week-end, par exemple, ça ne me pèse absolument pas. Ou si je dois travailler un soir, ça ne me pèse pas non plus, parce que c'est comme ça, et ce n'est pas une corvée, en fait. C'est une partie de moi.
- Speaker #1
C'est juste magnifique.
- Speaker #0
J'espère que ça va durer.
- Speaker #1
Romagna, j'ai plein d'astuces sur tout le parcours de la conversion, toutes les étapes qu'on peut avoir. Est-ce que tu récapitulais en trois phases clés ce qu'on a discuté ? Qu'est-ce qui est important pour les gens qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Ce qui est important pour moi, ce qui est vraiment le premier, la première chose, le premier critère, c'est d'écouter ses besoins. c'est d'écouter ses besoins, ses envies, et surtout d'écouter ce qui, à un moment, dissonne. C'est-à-dire, quand on commence à se dire, là, je ne suis plus alignée, ça vaut le coup de s'y arrêter. Donc, je pense que prendre le temps de s'écouter, ce n'est pas de l'égoïsme, ce n'est pas avoir des états d'âme, comme parfois on peut l'entendre, au contraire, c'est vraiment être lucide sur soi, être lucide sur... sur ce qu'on veut, sur ce qu'on ne veut plus. Et ça, c'est super important parce que c'est souvent là que le nœud se passe. Donc, écouter, écouter ses besoins, prendre ce temps pour soi. Ce que je ne faisais pas suffisamment, effectivement. Voilà, prendre parfois des moments de recul. Alors ça c'est le premier point, le deuxième point c'est se dire qu'effectivement se reconvertir ou changer ou évoluer ou quitter une situation qui ne convient plus, c'est pas forcément, c'est même rarement faire table rase du passé et repartir à zéro, même si dans les faits je suis repartie à zéro puisque je suis repartie sur une formation et je me suis lancée dans une activité nouvelle que je ne connaissais pas. Je me suis appuyée sur tout ce que j'avais vécu avant, c'est-à-dire que ma pratique aujourd'hui du coaching, elle m'est spécifique, elle fait aussi mon identité de coach parce qu'elle m'est propre et elle est basée sur tout ce que j'ai pu vivre avant, toute mon expérience, toutes mes histoires. Donc voilà, se dire que ce n'est pas un grand saut dans le vide, c'est construire quelque chose de nouveau, mais sur des bases qui existent déjà. et puis prendre son temps c'est que chacun a un rythme différent chacun a besoin il y en a qui vont se dire moi je fonce et j'y vais c'est un peu comme je prends souvent l'image c'est comme quand on rentre dans la piscine il y en a qui vont sauter du plongeoir il y en a qui vont sauter du sol et puis il y en a qui vont descendre par les escaliers Merci. Voilà, c'est chacun son rythme et chacun son moment. Voilà, il n'y a pas un bon moment. C'est chacun son moment quand il se sent prêt et quand il sent que c'est le moment pour lui.
- Speaker #1
Très bien, merci beaucoup.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Donc, si les gens veulent être accompagnés dans une reconversion ou ils cherchent à te connaître plus, où est-ce qu'ils peuvent te trouver, Marie-Anne ?
- Speaker #0
Alors, j'ai un site internet, puisque j'ai créé mon entreprise qui s'appelle Prismalia Coaching. Donc, le site internet, c'est prismalia-coaching.fr. J'ai aussi un compte LinkedIn, Muriel Bondil sur LinkedIn, qui est facile à trouver. Et puis, voilà, enfin, c'est... Et toutes mes coordonnées sont sur mon site internet.
- Speaker #1
Les gens peuvent trouver ces liens sur la description. de l'épisode. Merci beaucoup Mireille pour tous ces partages et pour l'accompagnement que tu fais et que tu vas faire, j'espère, avec beaucoup de personnes.
- Speaker #0
J'espère aussi.
- Speaker #1
Donc est-ce que tu peux me donner trois mots pour les gens qui ont passé le cap de 50 ans et les beaucoup d'années d'expérience derrière elles. Qu'est-ce que tu aurais avec trois mots ?
- Speaker #0
Quoi, moi ? Est-ce que ça pourrait être plutôt une phrase ?
- Speaker #1
C'est une phrase.
- Speaker #0
Eh bien, c'est que, conformément à ce qu'on vous dit, la vie professionnelle ne s'arrête pas à 50 ans.
- Speaker #1
Yes !
- Speaker #0
Parce que c'est vrai que c'est un peu ce qu'on a tendance à vouloir nous faire croire dans les entreprises, qu'à 50 ans, votre carrière est derrière vous, les plus belles années aussi. Eh bien, ce n'est pas vrai. 50 ans, c'est… C'est un âge où il y a encore plein de possibilités. Effectivement, moi je dis souvent la cinquantaine, c'est ce que dit Florence Foresti, la cinquantaine c'est l'adolescence avec une carte bleue. C'est un peu ça l'idée, on est libérés de plein de choses, on se connaît bien souvent, on se connaît mieux qu'à 20 ans, on sait ce qu'on aime, on sait ce qu'on n'aime pas, on sait ce qu'on veut, on sait ce qu'on ne veut plus. Osons, ayons l'audace de suivre nos envies, nos besoins. Soyons aussi un peu égoïstes, parce que souvent, à 50 ans, on se rend compte que pendant toute sa vie, on s'est beaucoup occupé des autres, des enfants particuliers, du foyer, etc., et qu'on s'est un peu oublié. Donc, c'est le moment de se retrouver, de se faire plaisir, de se faire du bien. Et voilà, et tout se passe bien.
- Speaker #1
Merci, merci. totalement d'accord avec toi le mot pour la fin ce sera oser être la femme que tu veux devenir exactement on va ajouter encore plus de choses mais là c'est par choix donc allez-y tout le monde est français merci beaucoup, à bientôt Myriam merci Hélène,
- Speaker #0
à bientôt