Speaker #0En matière de violence conjugale, les femmes africaines peuvent-elles prendre la parole aussi facilement que les femmes occidentales, oser dénoncer les faits sans avoir peur de représailles ? Je te dirais qu'actuellement non, et je te dis pourquoi dans la suite de cet épisode. Salut, moi c'est Bélicia et bienvenue dans ce podcast BéliciaTalks. C'est un podcast qui a été créé en faveur de l'émergence de la jeunesse africaine, mais aussi... pour l'émancipation de la jeune fille et de la femme africaine. Dans ce podcast, on aborde des sujets, des réalités que les jeunes africains et que les femmes africaines, jeunes filles africaines également, vivent. Et surtout, on sensibilise sur ces sujets-là afin que les choses puissent bouger et qu'il y ait vraiment une réelle transformation sur le continent Africain concernant ces deux acteurs principaux. Sans plus tarder, entrons tout de suite dans le vif du sujet. Aujourd'hui en Afrique, des millions de femmes sont victimes de violences conjugales. Alors je parle des femmes, mais il n'y a pas que les femmes, il y a aussi les hommes. Et je trouve que ce n'est pas normal qu'aujourd'hui, au XXIe siècle, en 2026, que cela puisse passer sous silence. Aujourd'hui, ces mêmes victimes n'osent pas prendre la parole. Et la plupart du temps, c'est à cause de, que dira-t-on, à cause du regard des autres, mais aussi parce que la loi en matière de protection de la femme, protection des victimes de v*olences conjugales, de v*ols, ou encore etc. n'est pas assez forte. Aujourd'hui en Afrique, il y a une loi qui est adoptée, c'est la loi du plus fort. C'est à dire que du moment où je suis à un poste à responsabilité et que j'ai le pouvoir La loi ne s'applique pas à moi et je trouve cela grave et cela empêche aujourd'hui aux victimes d'oser dénoncer les violences qu'elles sont actuellement en train de subir. Et aujourd'hui, j'aimerais parler d'un autre fait, celui de mettre en place des lois qu'on peine à appliquer à des situations, surtout lorsqu'il s'agit d'un cas où la personne qui n'est pas victime la personne qui est en tort a du pouvoir par exemple cette personne peut connaître beaucoup de personnes, peut avoir de l'argent ou peut encore être à un poste à responsabilité à un poste de pouvoir en Afrique aujourd'hui on a ce sentiment que la loi c'est uniquement pour un type de personne et pas pour un autre et la loi en fait elle s'applique que pour les personnes qui n'ont pas de pouvoir qui n'ont pas de relation mais par contre du moment où tu as de l'argent, tu as des relations, tu as du pouvoir, la loi ne s'applique pas à toi, et ça, également, ça s'applique dans le cas des violences conjugales. Parce qu'aujourd'hui, imaginons, une femme qui sort avec un homme qui a du pouvoir, qui a de l'argent, qui est vraiment dans les hautes sphères de la société, même si aujourd'hui, elle est victime de violences conjugales en Afrique, elle n'osera pas dénoncer, ce qu'elle est en train de vivre, parce qu'elle sait que... Ce monsieur a du pouvoir, ce monsieur a de l'argent, surtout encore si elle est dépendante financière et tout, elle n'osera pas parce que la loi ne la protège pas assez. Contrairement à l'Europe où, par contre, on a voté des lois et la loi s'applique à une personne qui n'a pas de pouvoir comme à une personne qui a du pouvoir. Je pense qu'on se rappelle tous de cette histoire du député qui a tout simplement giflé sa femme. mais qui aujourd'hui, le monsieur ne se retrouve plus député. Le monsieur, je pense même, n'exerce plus dans la politique. Et c'est ça que moi j'aime en Occident, c'est ça que j'aime avec la France, avec l'Europe, c'est que qu'importe ton poste, qu'importe ton niveau social, qu'importe l'argent que tu as, la loi va s'appliquer à toi. Et ce n'est pas le cas en Afrique. En Afrique, c'est la loi du plus fort, c'est-à-dire que du moment où moi j'ai de l'argent, du moment où j'ai des connaissances, du moment où je suis dans les hautes sphères, La loi ne s'appliquera pas à moi. Et ça, je trouve ça grave parce que finalement, on se demande si on est réellement dans un état de droit, si la justice, c'est réellement pour tous ou pas du tout. Pour revenir dans le sujet des violences conjugales, ça a un lien parce qu'aujourd'hui, je prends l'exemple d'une femme qui sort avec un monsieur qui a du pouvoir en Afrique. Je pense que tu as compris, hein ? Pouvoir égale argent égale connaissance égale les hautes sphères. de la société cette femme là qui est victime aujourd'hui de violences conjugales elle n'osera pas parler elle n'osera pas parler parce que Elle va se dire mais si je parle, qui va me croire ? Si je parle, qui va me défendre en fait ? Parce qu'elle le sait, on le sait tous en tant que femme que non seulement les violences conjugales en Afrique, je trouve que c'est totalement banalisé. C'est comme quelque chose de normal . Pour certains hommes, dans leur tête encore, ils se disent que c'est normal de taper une femme. Ils appellent ça carrément rééduquer la femme. Pour eux, c'est de l'éducation. il s'appelle ça éduquer la femme alors que ce n'est pas du tout normal. Et on ne se rend pas compte des conséquences que ces violences conjugales ont sur les enfants. Il y a aujourd'hu des hommes qui battent les femmes, parce qu'ils ont vu leur père battre leur mère. Et ils ont simplement reproduit ce qu'ils voyaient chez eux. Je parle des enfants mais il faut aussi... parler des féminicides. Combien de femmes ne sont pas mortes sous les coups de leur mari, de leur copain, etc. Et ça, c'est grave. Pourquoi il y a autant de féminicides en Afrique ? Il y a autant de féminicides en Afrique parce qu'effectivement, le sujet de la violence conjugale est passé sous silence. J'irais même jusqu'à dire que ce sujet est banaliser et même peut-être normaliser, alors que ça ne devrait pas être le cas. Aujourd'hui, je suis sûre que si les gouvernements mettent en place de vraies stratégies pour protéger les femmes, de vraies initiatives pour protéger les femmes et les hommes aussi qui sont victimes de violences conjugales, je vous assure que les bouches vont se délier et on sera tous choqués de constater que Mais un tel aussi a vécu des violences. X aussi a vécu des violences. Je parle de la loi, mais il faut aussi qu'on parle d'une mentalité. Et moi, par exemple, dans ma communauté, je sais qu'il y a beaucoup ce truc de Kanga Motema. Quand on dit Kanga Motema chez moi, c'est par exemple, tu vas raconter à ta mère, à une tante, oui, mais mon mari me bat, mon mari me violente, etc. Elle va te dire Kanga Motema. Ça veut dire supporte. Alors que pour moi, je trouve qu'on ne devrait pas supporter. quelqu'un qui est violent. Parce que, pour moi, c'est une question de vie ou de mort. Quand on sait qu'il y a des femmes qui sont mortes sous les coups de leur mari, quand on sait que sa vie est en jeu, on ne supporte pas. On prend ses affaires, on part. Parce qu'il faut que tu saches un truc. Aujourd'hui, les mêmes personnes qui te disent « supporte, supporte, supporte » , il faut que tu saches que si aujourd'hui tu meurs sous les coups de ton mari, de ton copain, ou de je ne sais qui non seulement c'est ta famille qui perdra parce qu'ils t'ont perdu pour toujours quand tu es mort (e) tu es mort(e) n'oublie pas ça quand tu es mort (e) tu es mort(e) ta vie s'arrête c'est à dire qu'on va te pleurer un deux jours trois jours une semaine deux semaines après les gens vont vaquer à leurs occupations le mari qui te frappe va peut-être trouver une nouvelle copine peut-être même dans un mois il t'a déjà remplacé il t'a même déjà oublié pendant ce temps toi ta vie s'est arrêtée La vie est précieuse. La vie est précieuse. Parce que quand tu sais que tu te réveilles le matin, tu sais que, ah, hier, j'avais prévu de faire telle chose. Aujourd'hui, par la grâce de Dieu, je me suis réveillée, j'ai fait cette chose-là. Quand tu sais que, ah, j'ai tel projet dans quelques mois, dans quelques années, tout, et que le projet, tu arrives à le concrétiser, sache que c'est la grâce de Dieu. Parce que les morts ne peuvent plus réfléchir à demain. Les morts ne peuvent même plus agir. Donc, ne blague pas. avec ta vie s'il te plaît. Et si tu vis des violences conjugales, la seule chose que moi je te dirais, c'est de protéger ta vie. S'il faut partir pour protéger ta vie, pars. Parce qu'il faut que tu saches un truc. L'amour, le véritable amour n'est pas violent. Dieu qui est l'amour parfait, l'amour sans tâche même, qui a le pouvoir, toi et moi, de nous créer sur la terre, Dieu même est tolérant, Dieu même est patient, Dieu même est bon. Alors ne crois pas qu'aimer une personne c'est la violenté. Parce qu'il y a des femmes, vous avez tellement, des femmes et des hommes d'ailleurs, vous avez tellement vécu de la violence que pour vous, aimer égale violenté alors que pas du tout. L'amour n'est pas violent. L'amour n'est pas violent. Alors tout homme, toute femme qui te dit qu'il ou elle t'aime mais te violente, ce n'est pas de l'amour. Et pour terminer, j'aimerais encore parler des États africains. Il serait vraiment bien... que vous puissiez mettre en place des dispositifs pour accompagner ces personnes-là. Parce qu'aujourd'hui, il y a des femmes qui sont fatiguées, il y a des hommes qui sont fatigués de vivre cette violence-là. Et lorsqu'ils veulent partir, notamment, surtout chez les femmes, elles veulent partir, mais elles se sentent retenues pour des raisons financières. Parce qu'il faut se dire la vérité, aujourd'hui encore en Afrique, il y a encore beaucoup de femmes qui ont cette mentalité de dépendance à l'homme. C'est-à-dire qu'elles ne peuvent pas partir, elles veulent partir, mais elles ne peuvent pas partir parce qu'il y a ce problème de finances. Et ici, je parle que ce soit même de la femme indépendante qui travaille, mais aussi de la femme qui ne travaille pas. Imaginons par exemple une femme indépendante qui travaille, qui gagne 1 million et que son mari gagne 10 millions, et que par exemple elle a 4 enfants, 3 enfants, c'est difficile de gérer 4 enfants avec 1 million. Donc, vous voyez bien qu'il y a ce truc de je veux partir, mais en même temps, je regarde mes enfants, je regarde les intérêts, ça m'empêche de partir. Donc, si franchement, vous pouvez faire en sorte de mettre des dispositifs d'accompagnement, de soutien pour toutes ces femmes et ces hommes, ça serait vraiment bien. Et là, on verra encore que les bouches se délireront encore plus. Parce que là, cette fois-ci, ces personnes-là vont oser dire des choses, vont oser dénoncer. ces violences parce que effectivement à côté il y a une loi qui va s'appliquer en dépit de la fonction de la personne, de l'argent de la personne, de son niveau social, mais aussi parce que ces personnes seront soutenues et accompagnées par l'État. Pour cet épisode, je vais m'arrêter là et la seule chose que j'ai à te dire, c'est de partager cet épisode. Parce qu'aujourd'hui encore, il y a des femmes et des hommes qui souffrent dans leur foyer, qui n'arrivent pas à sortir de là. qui pensent à beaucoup de choses et je pense que cet épisode va leur faire du bien ils ont besoin d'entendre et de comprendre que leur vie est précieuse et qu'ils doivent la protéger, que importe ce que les gens diront, que importe la société que importe en fait, ta vie est précieuse, ta vie est plus précieuse que l'argent ta vie est plus précieuse que parfois le confort parce que si tu as le confort mais que tu n'as plus de vie, tu ne pourras plus bénéficier de ce confort là ta vie est précieuse tu es unique et personne ne peut te remplacer aujourd'hui si tu meurs et que tu laisses par exemple ta famille que tu laisses tes enfants que tu laisses ta vie sache que comme je l'ai encore dit plus haut de ce podcast si tu meurs aujourd'hui sache que on te plorera une semaine deux semaines trois semaines pas un mois parce que les gens vont repartir à leurs préoccupations et cet homme cette femme qui te battait va recommencer sa vie peut-être au bout de, même pas un an, au bout peut-être de un mois, deux mois, trois mois, c'est peut-être même trop je trouve, donc s'il te plaît, protège ta vie, protège ta vie, la vie elle est précieuse, comme je disais plus haut, les morts aussi auraient voulu réfléchir, auraient encore voulu prévoir, auraient voulu faire beaucoup de choses, mais ils ne peuvent plus, parce qu'ils n'ont plus cette opportunité-là, parce que leur vie s'est arrêtée, Ils attendent tout simplement le jugement dernier. Alors s'il te plaît, s'il te plaît, partage cet épisode. Et on se dit à vendredi prochain.