Speaker #0Le jour où j'ai décidé d'être détesté, ma vie a vraiment commencé. Bonjour, je m'appelle Didier Duboscq et je suis ravi de te retrouver pour ce nouveau podcast. Tu sais cette phrase que tu viens d'entendre, « Le jour où j'ai décidé d'être détesté, ma vie a vraiment commencé » . Alors elle peut te paraître choquante, peut-être même révoltante, et c'est normal. Quand j'ai entendu cette phrase pour la première fois, moi aussi j'ai été déstabilisé. Comment peut-on vouloir être détesté ? Ça va à l'encontre de tout ce qu'on nous a appris depuis l'enfance. Bienvenue sur Bidéausarta, à la recherche de votre vraie nature. Je suis Didier Duboscq et j'explore les chemins de conscience depuis plus de 40 ans. Dans ce podcast, je vous propose une vision différente de la vie, un chemin fait de conscience et d'intégration personnelle. Ensemble, nous explorerons comment exprimer votre royauté intérieure, sans rien changer, mais en révélant ce que vous êtes déjà. Nous avons été éduqués, toi et moi d'ailleurs, avec cette idée qu'il faut être aimable, gentil ou gentille, toujours plaire aux autres, surtout pour vous les femmes. Depuis petite, on vous a appris à sourire même quand vous ne l'aviez pas envie, à dire oui même quand tout votre être criait non. Alors je me souviens de ma mère, une femme extraordinaire, mais qui avait cette manie de toujours s'excuser. Elle s'excusait quand elle demandait quelque chose. Elle s'excusait quand elle exprimait une opinion. Elle s'excusait même d'exister parfois. Un jour je lui ai demandé, « Maman, Pourquoi tu t'excuses tout le temps ? Elle m'a regardé avec surprise et m'a dit Mais je ne m'excuse pas tout le temps Et puis elle s'est arrêtée, elle a réfléchi Et elle a ajouté " Oh mon Dieu, tu as raison, pardon de t'avoir dit ça Elle venait de s'excuser, de s'excuser Tu vois le cercle vicieux ? Cette anecdote m'a marqué Parce qu'elle illustre parfaitement ce conditionnement profond que beaucoup de femmes portent. Cette idée qu'elles doivent toujours être désolées d'être là, d'avoir des besoins, d'exister pleinement. Moi, pendant des années, j'ai observé les femmes de mon entourage, ma mère, ma sœur, mes amis et mes clientes s'épuiser à maintenir cette image parfaite. Cette femme qui ne dérange jamais, qui s'adapte toujours, qui fait passer les besoins des autres avant les siens. J'ai vu des femmes brillantes, talentueuses, extraordinaires se diminuer pour ne pas faire d'ombre aux autres. J'ai vu des femmes s'excuser d'être compétentes, s'excuser d'avoir du succès, s'excuser d'être heureuses. J'ai vu des femmes de 40 ans, 50 ans qui n'avaient jamais osé dire non à leur mère. Des femmes qui continuaient à jouer le rôle de la petite fille parfaite alors qu'elles étaient devenues grand-mères. J'ai vu des femmes s'épuiser à être parfaites au bureau Parfaite à la maison, parfaite avec leurs amis. Elle jonglait avec tous ses rôles, tous ses personnages, jusqu'à ne plus savoir qui elles étaient vraiment. Et tu sais ce que j'ai découvert après 40 ans de recherche sur soi ? Cette femme parfaite, elle n'existe pas. C'est un personnage, un rôle que tu joues depuis si longtemps que tu as fini par croire que c'était toi. Mais ce n'est pas toi. Ça n'a jamais été toi. Toi, la vraie toi, est là-dessous, sous les couches de conditionnement, sous les attentes des autres, sous cette peur constante de décevoir. Elle attend patiemment que tu la reconnaisses, que tu lui donnes enfin la permission d'exister. Je me souviens d'une conversation que j'ai eue avec une de mes clientes. Elle me disait « Didier, j'ai l'impression d'être une actrice qui joue le même rôle depuis 30 ans. » Et je commence à être fatigué de ce rôle. Cette fatigue, je l'entends dans la voix de beaucoup de femmes. Cette lassitude profonde de toujours devoir être quelqu'un d'autre que soi. Parce que c'est épuisant, tu sais, de jouer un personnage en permanence. C'est épuisant de toujours surveiller ses mots, ses gestes, ses émotions. C'est épuisant de toujours se demander qu'est-ce que les autres vont penser. Et le plus triste, c'est que souvent, cette prison, on se l'est construite nous-mêmes. Personne ne nous oblige à jouer ce rôle. Mais on a tellement peur du regard des autres, tellement peur d'être rejeté, qu'on préfère se trahir plutôt que de risquer de déplaire. Aujourd'hui, je ne vais pas te donner de méthode pour devenir meilleur. Je ne vais pas te dire comment transformer ta vie ou sortir de ta zone de confort. Non. Ce que je vais faire, c'est t'accompagner pour que tu puisses voir ce personnage que tu incarnes, prendre du recul et peut-être commencer à t'accepter pleinement tel que tu es. Parce que vois-tu, le problème n'est pas que tu ne sois pas assez bien. Le problème, c'est que tu as oublié qui tu es vraiment , sous ce masque de perfection. Tu as oublié cette petite fille spontanée qui disait ce qu'elle pensait, sans filtre. Tu as oublié cette adolescente passionnée qui rêvait de changer le monde. Tu as oublié cette jeune femme qui avait des opinions tranchées et qui n'avait pas peur de les exprimer. Où est-elle passée, cette femme authentique ? Elle est toujours là. Elle attend juste que tu lui donnes la permission de se montrer. Et c'est exactement de ça qu'on va parler aujourd'hui. de cette permission que tu peux te donner d'être imparfaite, de cette liberté que tu peux te donner d'être détesté par certaines personnes. Parce que oui, certaines personnes ne t'aimeront pas, et c'est parfaitement normal. Tu ne peux pas plaire à tout le monde, et surtout, tu ne devrais pas essayer. Alors installe-toi confortablement, prends une grande respiration, et laisse-moi te raconter une histoire, ton histoire peut-être. L'histoire de toutes ces femmes qui ont eu le courage d'enlever leur masque et de montrer leur vrai visage au monde. C'est un chemin qui demande du courage, c'est vrai. Mais c'est aussi un chemin qui mène à la liberté. Ta liberté. Imagine une petite fille de 5 ans. Elle court, elle rit, elle dit ce qu'elle pense, sans filtre. Elle pleure quand elle a de la peine, elle se met en colère quand quelque chose l'énerve. Elle est authentique. Spontanée et vraie. Cette petite fille, c'était toi. Tu t'en souviens ? Tu te souviens de cette époque où tu n'avais pas encore appris à te censurer ? Où tu exprimais tes opinions sans demander si c'était approprié ou non ? Je me rappelle de ma nièce à cet âge-là. Un jour, elle était chez ses grands-parents pour un repas de famille. Sa grand-mère lui avait préparé des épinards. Ma nièce a goûté, elle a fait une grimace et a dit haut et fort : « Beurk ! C'est dégoûtant, ces épinards, mamie ! » Tout le monde s'est figé. Les adultes étaient gênés. Comment cette petite fille osait-elle dire ça ? Sa mère s'est empressée de la gronder. « On ne dit pas ça, c'est très impoli. Excuse-toi tout de suite ! » Et voilà, c'est comme ça que ça commence. Cette petite fille venait d'apprendre sa première leçon. On ne dit pas ce qu'on pense vraiment, si ça risque de blesser ou de déranger les autres. Et puis, peu à peu, cette petite fille apprend les autres règles. Les petites filles bien élevées ne crient pas. « Souris, tu es plus jolie quand tu souris. » « Ne sois pas égoïste, pense aux autres. » « Une dame ne se met pas en colère comme ça. » « Arrête de pleurer, tu vas faire de la peine à maman. » Chaque règle, chaque remarque, chaque correction ajoute une couche supplémentaire au personnage en construction. La petite fille apprend qu'être authentique C'est dangereux. Que montrer ses vraies émotions, c'est risqué. Que dire ce qu'elle pense vraiment, c'est impoli. Alors cette petite fille commence à construire un personnage, le personnage de la femme parfaite, celle qui sourit toujours, qui ne dérange jamais, qui fait passer les besoins des autres avant les siens. Tu te reconnais dans cette histoire ? Bien sûr que oui. Nous sommes tous et toutes passés par là. Moi, j'ai eu la chance d'observer ce processus de près. J'ai vu ma petite fille grandir et malgré tous mes efforts pour préserver son authenticité, j'ai vu comment la société, l'école, l'entourage ont progressivement façonné son comportement. Un jour, elle avait 8 ans, elle m'a raconté ce qui s'était passé à l'école et m'a dit « Tu sais, la maîtresse a dit que les filles ne doivent pas être trop bruyantes en récréation. » Ma petite fille, qui était naturellement exubérante, venait d'apprendre qu'elle devait modérer sa joie de vivre. C'est subtil, tu vois. Personne ne dit explicitement « deviens un personnage » . Mais petit à petit, message après message, remarque après remarque, nous apprenons à nous formater. Et le plus pervers, c'est que ce formatage se fait souvent au nom de l'amour. « Si tu veux que maman soit fière de toi... », « si tu veux que les autres t'aiment... » , « si tu veux réussir dans la vie... », alors nous apprenons. Nous apprenons à sourire. Même quand nous sommes tristes, nous apprenons à dire oui, même quand nous pensons non. Nous apprenons à nous excuser d'exister. Le problème, c'est que ce personnage, nous l'avons tellement bien construit qu'il a fini par nous coller à la peau. Nous avons oublié qu'il s'agissait d'un rôle. Nous avons fini par croire que c'était notre vraie nature. Et maintenant, à 40 ans, 45 ans, 50 ans, tu te réveilles épuisé. Épuisé de toujours faire plaisir. Épuisé de toujours dire oui. Épuisé de ne jamais pouvoir montrer ta colère, ta tristesse ou tes vrais besoins. Tu sais ce qui se passe quand tu joues un personnage en permanence ? Tu perds le contact avec qui tu es vraiment. Tu deviens étrangère à tes propres émotions, à tes propres désirs. Il y a quelques années, j'accompagnais une femme, appelons-la Marie. Marie était cadre dans une grande entreprise, mère de deux enfants et épouse dévouée. Aux yeux de tous. Elle avait réussi sa vie. Elle était admirée et respectée. Marie était ce qu'on appelle une femme qui a tout pour être heureuse. Belle maison, mari attentionné, enfant brillant, carrière réussie. Sur le papier, elle cochait toutes les cases. C'était parfait. Et pourtant, Marie était venue me voir parce qu'elle se sentait vide. « J'ai l'impression de jouer un rôle en permanence » , m'avait-elle dit. « Au bureau, Je suis la manager parfaite qui ne montre jamais ses doutes. A la maison, je suis la mère parfaite qui gère tout sans broncher. Et l'épouse parfaite qui est toujours de bonne humeur. Mais qui suis-je vraiment ? ». Cette question, combien de femmes me l'ont posée ? Combien de fois ai-je entendu « je ne sais plus qui je suis » ? Marie m'a raconté sa journée type. Le réveil à 6 heures avec le sourire. Pour ne pas stresser la famille, évidemment, le petit déjeuner préparé dans la bonne humeur, même quand elle est fatiguée, les enfants accompagnés à l'école avec patience, même quand ils traînent, la journée au bureau où elle devait être compétente, disponible et souriante, le retour le soir où elle devait encore être présente pour sa famille, même quand elle n'aspirait qu'à une chose, se reposer. « Didier m'avait-elle dit. Je ne me souviens pas la dernière fois où j'ai dit ce que je pensais vraiment. Je ne me souviens pas la dernière fois où j'ai exprimé une vraie émotion, une émotion authentique ». Le personnage de la femme parfaite a des caractéristiques très précises. Peut-être que tu vas te reconnaître. Elle dit toujours oui, même quand elle pense non. Combien de fois as-tu accepté une invitation alors que tu n'avais qu'une envie, rester chez toi ? Combien de fois as-tu dit oui à une demande au travail alors que tu étais déjà débordée ? Elle s'excuse en permanence, même quand elle n'a rien fait de mal. « Pardon de te déranger ». « Excuse-moi de demander... » « Désolé d'insister ». Tu remarques comme certaines femmes commencent souvent leurs phrases par des excuses. Alors, heureusement, pas toutes, mais c'est fréquent. Elle minimise aussi ses succès et maximise ceux des autres. Quand on la complimente, elle répond « ce n'est rien, j'ai eu de la chance » . Mais quand quelqu'un d'autre réussit quelque chose, elle est la première à l'encenser. Elle a peur de déranger, peur de décevoir, peur de ne pas être à la hauteur. Cette peur, elle la porte en permanence. Elle influence chacune de ses décisions et chacune de ses paroles. Elle contrôle ses émotions en permanence. Jamais de colère, ce n'est pas féminin. Jamais de tristesse trop visible, ça inquiète les autres. Jamais de joie trop exubérante, ça peut déranger. J'ai accompagné une femme qui m'a dit « Didier, je ne me suis pas mise en colère depuis 15 ans, pas une fois. Et pourtant, Dieu sait si j'avais eu des raisons. » Cette femme avait tellement intériorisé l'idée qu'une femme bien ne se met pas en colère qu'elle avait complètement coupé l'accès à cette émotion. Et surtout, la femme parfaite a besoin de l'approbation des autres pour se sentir valable. Si quelqu'un la critique, elle s'effondre. Si quelqu'un ne l'aime pas, elle se remet en question. Cette dépendance à l'approbation, c'est peut-être le trait le plus caractéristique du personnage de la femme parfaite. Sa valeur dépend entièrement du regard des autres. Elle n'existe que dans le reflet de leur approbation. Alors tu vois ce personnage. Il a peut-être été nécessaire à un moment donné. Peut-être qu'être la petite fille parfaite t'a protégé dans ton enfance. Peut-être que tes parents étaient plus aimants quand tu étais sage. Peut-être qu'être la femme parfaite t'a aidé à réussir professionnellement ou socialement. Ce personnage a été ton armure, il t'a protégé des critiques, des rejets, des conflits. Il t'a permis de naviguer dans un monde qui demande aux femmes d'être toujours aimables, toujours disponibles et toujours parfaites. Mais aujourd'hui, ce personnage est devenu une prison. Alors une prison dorée certes, mais une prison quand même. Parce que derrière cette façade parfaite, il y a une femme réelle, une femme avec des émotions, des besoins, des opinions et des désirs. Une femme qui a le droit d'être imparfaite, le droit d'être humaine. Et cette femme, elle étouffe sous le poids du personnage. Alors maintenant, je t'invite à faire une pause. Respire profondément. Prends ce moment pour te connecter à toi-même, pas au personnage que tu joues, mais à la femme que tu es vraiment, là, maintenant, en écoutant ces mots. Et pose-toi cette question, quel personnage joues-tu au quotidien ? Tu n'as pas besoin de répondre tout de suite, laisse juste cette question faire son chemin en toi. Laisse-la résonner dans ton corps, dans ton cœur. Peut-être que c'est le personnage de la mère parfaite, celle qui ne doit jamais craquer, jamais montrer qu'elle n'en peut plus. Celle qui doit toujours avoir la solution, toujours être disponible, toujours être patiente, même quand elle est épuisée, même quand elle a envie de crier et même quand elle rêve de s'enfuir. Peut-être que c'est le personnage de la professionnelle irréprochable, celle qui doit toujours être compétente, toujours avoir la solution. Toujours être plus performante que ses collègues masculins pour être respectée. Celle qui n'a pas le droit à l'erreur, qui ne peut pas montrer ses doutes, qui doit prouver en permanence qu'elle mérite sa place. Ou peut-être le personnage de la femme qui a tout sous contrôle. Celle qui ne doit jamais montrer ses failles, ses doutes ou ses peurs. Celle qui doit donner l'impression que sa vie est parfaite, que tout va bien, que tout est maîtrisé. Même quand tout s'effondre à l'intérieur. Peut-être aussi le personnage de la fille parfaite, celle qui, même à 40 ou 50 ans, continue à chercher l'approbation de ses parents. Celle qui n'ose pas les contredire, évite les sujets qui fâchent et se plie encore à leurs attentes. Ou encore le personnage de l'amie parfaite, celle qui est toujours disponible, toujours à l'écoute, toujours prête à aider. Celle qui dit oui à toutes les demandes. qui ne pose jamais ses limites, qui s'oublie complètement dans ses relations. Observe ce personnage avec bienveillance. Ne le juge pas. Il a fait de son mieux pour te protéger. Il a été ton bouclier contre un monde parfois dur et exigeant. Remercie-le même pour tous les services qu'il t'a rendus. Mais dis-lui aussi que maintenant, tu peux te débrouiller sans lui. Que tu es assez forte pour affronter le monde avec ton vrai visage. Que tu es prête à prendre le risque d'être authentique. Maintenant, parlons de cette obsession que nous avons toutes et tous, le regard des autres. Tu sais, quand je demande à une femme pourquoi elle n'ose pas exprimer ce qu'elle pense vraiment, pourquoi elle n'ose pas dire non, pourquoi elle n'ose pas montrer ses émotions, La réponse est presque toujours la même. « Qu'est-ce que vont penser les autres ? » Les autres, ces fameux autres qui semblent avoir un pouvoir énorme sur nos vies. Ces autres dont l'opinion compte plus que la nôtre. Ces autres pour qui nous sommes prêts à nous trahir. Mais qui sont ces autres exactement ? Ta mère qui t'a appris qu'une femme bien ne se met pas en colère ? Tes collègues qui t'ont appris qu'une femme bien ne se met pas en colère ? qui pourraient te juger si tu montrais tes faiblesses ? Tes amis qui pourraient penser que tu es égoïste si tu prends du temps pour toi ? Ou tes voisins qui pourraient critiquer ta façon d'élever tes enfants ? J'ai accompagné une femme qui me disait « Didier, je ne peux même pas aller faire mes courses en jogging parce que j'ai peur de croiser quelqu'un que je connais et qu'il pense que je me laisse aller. » Tu te rends compte ? Cette femme se privait du confort dans sa propre vie par peur du regard d'hypothétiques connaissances qu'elle pourrait croiser au supermarché. C'est ça le pouvoir que nous donnons au regard des autres. Il influence nos choix vestimentaires, nos décisions professionnelles, notre façon d'éduquer nos enfants, notre manière d'être en couple. Il contrôle littéralement notre existence. Alors voici une vérité qui va peut-être te surprendre. Ces autres, comme on dit, sont probablement bien trop occupés par leur propre vie, leur propre peur, leur propre personnage, pour te juger... autant que tu le crois. Pense à ta propre expérience. Quand tu vois une femme au supermarché en jogging, est-ce que tu te dis vraiment « Oh là là, elle se laisse aller » ? Ou est-ce que tu penses plutôt à ta liste de courses, à ce que tu vas préparer pour le dîner, à cette réunion importante de demain ? La plupart du temps, nous sommes tellement absorbés par nos propres préoccupations que nous remarquons à peine les autres. Et quand nous les remarquons, Nous les oublions très vite. Il y a quelques années, j'ai fait une expérience intéressante avec un groupe de femmes dans un séminaire. Je leur ai demandé de noter pendant une semaine chaque fois qu'elles pensaient à quelqu'un d'autre en termes de jugement. Pas les proches, mais les gens qu'elles croisaient dans la rue, au travail, dans les magasins. Le résultat a été édifiant. La plupart ont réalisé qu'elles passaient très peu de temps à juger les autres. Et que, quand elles le faisaient, c'était souvent de manière fugace et sans conséquence. Et pourtant ces mêmes femmes vivaient dans la terreur constante d'être jugées par ces autres femmes qu'elles-mêmes ne jugeaient pas. Et même si ces autres te jugent, alors quoi ? Je me souviens d'une conversation avec une de mes clientes. Elle me disait « Je n'ose pas porter cette robe que j'adore parce que les gens vont penser que je me la raconte. » Alors je lui ai demandé, « et si c'était vrai ? Et si certaines personnes pensaient effectivement que tu te la racontes ? Qu'est-ce qui se passerait concrètement ? » Elle a réfléchi un moment et elle a réalisé que rien ne se passerait. Absolument rien. Sa vie ne changerait pas. Le monde ne s'arrêterait pas de tourner. Ces personnes rentreraient chez elles et oublieraient probablement cette robe dans les cinq minutes. Mais elle, elle se serait privée de porter quelque chose qu'elle aimait, par peur d'un jugement hypothétique qui n'aurait aucune conséquence réelle sur sa vie. C'est ça l'illusion du regard des autres. Nous leur donnons du pouvoir qu'ils n'ont pas. Nous créons des scénarios catastrophes qui n'existent que dans nos têtes. Alors j'ai une autre cliente qui m'a raconté cette histoire. Elle était invitée à un mariage et hésitait entre deux robes, une qu'elle trouvait magnifique mais un peu audacieuse, et une autre plus classique mais qui ne lui plaisait pas vraiment. Elle a fini par choisir la robe classique, par peur des regards. Toute la soirée, elle s'est sentie terne, effacée. Elle n'a pas pris de photo, elle ne s'est pas amusée. Elle était là physiquement, mais pas vraiment présente. Quelques jours plus tard, elle a croisé une autre invitée du mariage qui lui a dit « Dommage que tu n'aies pas mis quelque chose de plus coloré. Avec ton teint, tu aurais été magnifique en bleu ou en rouge. » Elle s'était privée de briller par peur des regards. Et finalement, les regards regrettaient qu'elle ne brille pas davantage. Et tu sais ce qui est encore plus ironique ? Souvent, ce que nous craignons que les autres pensent de nous, c'est exactement ce que nous pensons de nous-mêmes. Si tu as peur qu'on te trouve incompétente, c'est peut-être que tu doutes de tes compétences. Si tu as peur qu'on te trouve égoïste, c'est peut-être parce que tu culpabilises de prendre soin de toi. Si tu as peur qu'on te trouve trop exubérante, c'est peut-être parce que tu as intériorisé l'idée qu'une femme bien doit être discrète. Le regard des autres n'est souvent qu'un miroir de notre propre regard sur nous-mêmes. J'accompagne beaucoup de femmes qui me disent « J'ai peur que mes collègues pensent que je ne suis pas à la hauteur. » Alors quand on creuse, on découvre qu'elles-mêmes doutent de leurs compétences. Elles projettent leur propre jugement sur les autres. Alors voici une question qui va peut-être changer ta perspective. Et si tu arrêtais de te préoccuper de ce que les autres pensent de toi ? Et si tu acceptais que certaines personnes ne t'aiment pas et que c'est parfaitement normal ? Tu ne peux pas plaire à tout le monde, c'est impossible et c'est épuisant d'essayer. J'ai une amie qui m'a dit un jour quelque chose de très libérateur. « Didier, tu sais, j'ai réalisé que même Mère Thérésa avait des détracteurs. Alors pourquoi moi, je m'épuise à vouloir plaire à tout le monde ? » Cette phrase m'a marqué. Même les personnes les plus admirables, les plus généreuses, les plus aimantes, ont des gens qui ne les apprécient pas. C'est la nature humaine. Mère Thérésa qui a consacré sa vie aux plus démunis, avait des critiques. Gandhi, qui prônait la non-violence, avait des ennemis. Einstein, génie reconnu, avait des détracteurs. Alors pourquoi, toi, tu t'interdirais d'être authentique par peur de déplaire ? Tu sais ce qui se passe quand tu arrêtes de jouer un personnage pour plaire aux autres ? Au début, c'est vrai que c'est déstabilisant. Certaines personnes vont effectivement être surprises. Peut-être même être dérangé. Mais d'autres, celles qui t'aiment vraiment pour qui tu es, vont se rapprocher de toi. Tes relations vont devenir plus authentiques, plus profondes et plus nourrissantes. Et surtout, tu vas retrouver cette énergie que tu gaspillais à maintenir ton personnage. Cette énergie, tu pourras enfin l'utiliser pour vivre ta vraie vie. C'est la fin de la première partie du Courage d'être imparfaite. Découvrez la suite de ce podcast dans la deuxième partie.