- Speaker #0
Bienvenue dans Bienvu la déco. Bonsoir ! Salut ! Ça va ? Ça va et vous ? Ça va. Je suis Flora Gressard, directrice artistique et fondatrice du bureau Bienvu. Et j'accompagne les marques dans la conception de leurs espaces. Je vous en prie, rentrez, rentrez. On va se mettre dans le showroom. C'est par là ? Oui, c'est par là. Ben installez-vous. On est au complet ? Non, on est au complet. On est au complet, tout le monde est là. Bienvenue. Le mois de septembre, c'est aussi un peu la rentrée des classes pour le design. Entre Maison et Objet et la Design Week, Paris devient pendant plusieurs jours un immense terrain de jeu pour découvrir de nouvelles pièces, de nouveaux designers, de nouveaux éditeurs et s'intéresser d'un peu plus près à ce domaine. Mais au fond, c'est quoi le design ? Et qu'est-ce qui fait d'un meuble une pièce de design ? Est-ce une question de dessin, de matière, de fabrication, d'usage, d'histoire ? Et surtout, faut-il forcément s'y connaître pour bien acheter ? Pour en parler, j'ai réuni trois regards très différents. Celui de Sarah Sanchez, de Maison Jean Jules, qui raconte et décrypte le design avec beaucoup d'humour, et surtout sans jamais le rendre intimidant. Bonjour ! Celui de Manon Dessirier de Chaise au Carré qui avec son associé Clémence chine des assises en France puis les restaure et les personnalise dans leur atelier de Pantin.
- Speaker #1
Bonsoir ! Et celui de Betty Kafouni de Kasbah Studio venu de Bruxelles qui chine et sélectionne du mobilier vintage, travaille comme set designer et édite également ses propres pièces. Bonsoir !
- Speaker #0
Aujourd'hui, petite exception à la règle, je ne suis pas invitée chez l'une de mes invitées. On enregistre chez Delpra Relations Press. l'agence dans laquelle j'ai la chance de louer un bureau. Et ce lieu n'est pas tout à fait comme les autres, puisqu'il abritait autrefois Radionova. Un endroit assez mythique, qui a vu passer beaucoup de voix avant les nôtres. On va donc essayer de profiter de toutes ces bonnes ondes. Comme d'habitude, j'ai envie de commencer par mettre les pieds dans le plat. Est-ce qu'il y a des icônes du design que vous trouvez complètement surcotées ?
- Speaker #2
Moi, je dirais les chaises de Marcel Breuer en canette. Je trouve que c'est un peu le produit... Elle est très belle, cette chaise. mais alors le canage, t'as des enfants, ils se mettent dessus, ça ne dure pas dans le temps. Donc je dirais que c'est un peu la chaise que je trouve surcotée. Même si je la trouve très belle, c'est vraiment pour moi pas une chaise avec laquelle vivre, mais plutôt une chaise, oui, à regarder, à poser quelque part, mais je trouve qu'elle est surcotée.
- Speaker #3
Complètement d'accord. Et nous, on la propose à nos clients, mais pas en canage. Justement, on retapisse l'assise parce que c'est pas du tout fait pour un usage intensif. Et en fait, même chez un particulier, t'as raison, ça ne tient pas. Donc, ouais, je suis d'accord avec Betty pour le coup.
- Speaker #0
Sarah, toi, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #1
Sur le côté, j'aurais du mal à dire quelque chose, puisque finalement, même si un objet ne me plaît pas forcément de prime abord, si on va un peu chercher sur qui l'a dessiné ou l'histoire, les choses comme ça, on a toujours à trouver un peu des éléments, finalement, qui intéressent. Mais voilà, du coup, je ne vois pas. Et j'ai des chaises. C'est ce qu'a de par celles brouillard, mais je les ai en bois.
- Speaker #2
Non, mais je les trouve très belles ces chaises. Mais c'est vrai que celles en canard, je ne les trouve pas du tout pratiques.
- Speaker #0
Effectivement, en bois, ça fonctionne. Sarah, justement, avec Maison Jean-Jules, sur ton blog et sur LinkedIn, tu racontes beaucoup l'histoire des pièces, des designers, mais toujours de manière hyper accessible. Donc, j'ai envie de te poser la question la plus basique et pourtant la plus compliquée. C'est quoi finalement une pièce design ? Est-ce qu'il suffit qu'un meuble ait été dessiné par un designer pour qu'il devienne design ? Est-ce que c'est forcément parce qu'il était révolutionnaire à sa sortie, parce qu'il est particulièrement bien dessiné ? Ou est-ce que l'histoire, les éditeurs, les magazines, les collectionneurs ont aussi leur rôle à jouer ? Vous savez, deux heures.
- Speaker #1
Oui, il y a quatre points. Premier point, déjà, le terme design, c'est vrai qu'on l'utilise parfois de façon un peu galvaudée pour parler d'une pièce qui est... épuré, avec un style contemporain, etc. Alors qu'à la base, le design, c'est plutôt une démarche de conception, répondre à un usage ou à un besoin. Il y a plein de domaines dans lesquels le design intervient. Il y a des personnes qui designent des démarches administratives. On ne peut parler pas des produits Décathlon, où les objets sont sans cesse améliorés, etc. Mais ça veut... Pas dire que l'aspect esthétique n'est pas intéressant et que ce n'est pas un bonus. En fait, ça fait partie aussi de l'expérience de la pièce. Donc voilà, une pièce design, c'est une pièce qui a été conçue pour répondre à un besoin, un peu dans son ensemble. Après, il n'est pas nécessaire qu'une pièce soit conçue par un designer. En tant que bourguignonne, je vais prendre par exemple l'exemple de la chaise A-Tolix, cette chaise métallique qu'on connaît bien, qui est sur les terrasses de café, etc. et qui a été conçue par un couvreur zingueur dans les années 30, qui faisait des tests sur la galvanisation. Il s'est renseigné tout seul, ce n'était pas très répandu à l'époque, etc. Il a créé un objet qui a cartonné. Des années plus tard, c'était sur toutes les terrasses de café. Et c'est par exemple revenu beaucoup à la mode dans les années 90, quand il y a eu le design industriel. Enfin voilà, c'était la mode.
- Speaker #0
Parce qu'elles ont été conçues à quelle époque ?
- Speaker #1
Dans les années 30.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
Voilà. Et je crois qu'il est mort dans les années 50, et c'était un carton. Et c'est Terence Conran d'Habitat qui a un peu remis sur le devant de la scène la chaise Tolix. Et aujourd'hui, elle est exposée à Pompidou, au MoMA. C'est une chaise qui est devenue une pièce design. Et à la base, elle n'a pas été créée par un designer en tant que tel, en termes qu'on entend aujourd'hui.
- Speaker #0
Et je pense aussi au mobilier tubulaire des années 50-70, qui est très en vogue en ce moment. Souvent, c'est du mobilier qui n'est absolument pas signé, mais qui est quand même très joli, bien dessiné, qu'on achète pour sa forme, pour ses proportions. Ça va avec ce que tu dis exactement. En fait, il y a du design non signé qui a quand même tout son intérêt parce qu'il a été bien pensé. Je pense aussi au mobilier vernaculaire, les chaises paillées, les tabourets tripodes. Ça, c'est pareil, c'est absolument pas signé. Et en plus, c'est des objets, pour le coup, dont la forme découle vraiment d'un usage.
- Speaker #1
Alors après, sur le mobilier tubulaire, ça descend quand même, enfin, il y a quand même une histoire. Ça, ça a quand même été le travail de Marcel Breuer, d'Eleen Grey aussi un peu plus tard. En fait, même s'il n'est pas signé, il a quand même une histoire. Il puise quand même ses racines, on va dire, dans le travail de designer. Et ça,
- Speaker #0
c'est hyper intéressant parce que c'était la question que je voulais te poser. Est-ce que connaître l'histoire d'une pièce, ça peut complètement changer notre regard sur elle ? Pour ma part, oui, en tout cas. Qu'est-ce que vous en pensez, vous, Manon et Betty ?
- Speaker #2
Je trouve que complètement. En fait, une fois qu'on rentre dans l'histoire d'une pièce, dans l'histoire d'un architecte, d'un designer, on se rend compte du pourquoi, du comment, on comprend les proportions, on en comprend l'usage, et on comprend aussi toute la mécanique qu'il y a pu y avoir derrière et la difficulté à créer une pièce qui reste un icône, je ne sais pas, à 20, 30, 40, 50 ans plus tard. Aujourd'hui, il y a encore des designers. de design industriel qui vont puiser chez des architectes des années 40, 30, 60, 50, tellement ça a eu un impact sur la manière dont on a conçu le design plus tard. Tout le travail aussi qu'il y a autour de la vannerie, le fait de comprendre comment c'est fait, c'est aussi comme ça qu'on peut chérir une pièce et l'entretenir aussi. Si on comprend comment elle a été faite, on peut aussi comprendre comment la faire perdurer dans le temps.
- Speaker #0
Écoute, merci parce que c'est ma transition parfaite. parce que justement C'est exactement là où je voulais en venir. Si ces pièces sont encore là aujourd'hui, ce n'est pas seulement parce qu'elles sont entrées dans l'histoire, c'est aussi parce qu'elles ont résisté dans le temps. Et donc là, je me tourne vers Manon de Chasse au Carré. C'est quelque chose, je pense, que vous observez très concrètement au quotidien, puisque vous restaurez des assises qui ont parfois déjà plusieurs décennies. Quels sont les détails que vous regardez avec Clémence ? Assemblage, structure, matériaux ?
- Speaker #3
C'est principalement... l'assemblage et la matière. En fait, on voit très clairement aujourd'hui les chaises neuves ne sont pas du tout conçues pour être restaurées, réparées, elles sont thermocollées.
- Speaker #0
Tu peux peut-être, pardon, expliquer ce que ça veut dire, thermocollée ?
- Speaker #3
Ça veut dire collée.
- Speaker #0
Collée de la chaleur.
- Speaker #3
Collée de façon thermique. Donc on ne peut pas séparer le tissu de la mousse et la mousse de la structure. de la chaise. Tout est complètement compacté, collé, chauffé. Du coup, tu ne peux rien désassembler. Tu ne peux pas retapisser. Et ça, c'est le gros problème du neuf. Alors que dans les années 50, 60, 70, c'était fait pour être réparé et duré. On n'avait pas du tout la même approche du mobilier. C'était fait pour rester… Tu ne jetais pas. Voilà, exactement. Tu ne jetais pas. C'était fait pour que ça reste 30 ans, 40 ans dans les maisons. Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Donc, du coup, tu le vois dans l'assemblage des pièces.
- Speaker #0
Et le confort, parce que ça, c'est quand même important. On a commencé un peu à en parler au début. Est-ce qu'une chaise, elle peut être... formidablement dessinée, mais être une mauvaise chaise.
- Speaker #2
Mais ça dépend de l'utilité. Moi, je trouve qu'il y a des chaises qui sont vraiment faites pour être regardées. Je pense à des chaises de chez McIntosh. Je ne pense pas que je passerai ma journée sur une chaise de chez McIntosh. Est-ce que tu peux les décrire ? Oui, alors tu as un modèle qui est très connu, qui est hyper grand, et l'assise est hyper basse, donc vraiment un tabouret bas. Et donc la chaise, je ne sais pas, elle fait, je dirais, 1m52 haut, si tu prends vraiment du bas en haut. Et par contre, l'assise, je crois qu'elle est à 30-35 cm. plus bas qu'un tabouret. Ce n'est pas une chaise confortable. Par contre, c'est une très belle pièce de design. Tout comme on l'expose dans un vase, on expose cette chaise et je trouve qu'elle est sublime contre un mur. Là où tu mettrais peut-être un pot de plantes, tu mets cette chaise et tu disposes des livres dessus et ça devient une table d'appoint. Dans le fait, du coup, j'ai l'impression que ça dépend aussi de la volonté de l'architecte. Il y avait des architectes qui avaient des visions très radicales. Et qui était là, en fait, plus pour monter, enfin, pas monter en courant, mais pour exprimer, en fait, une vision.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Et il y a des mouvements comme ça, comme le Bose, qui sont peut-être venus, tu vois, genre, transformer la vision du design. Oui, c'est sûr. C'était pas du tout compris. Et c'était très radical. Et en fait, ça, c'est une période, tu vois, genre, qui est aussi liée à l'histoire, tu vois, genre, de l'Allemagne. Et je trouve que c'est intéressant. Après, ça en fait peut-être pas les objets les plus usuels. Mais je pense que tout n'a pas vocation non plus à être utilisé. des choses qui sont belles juste à voir
- Speaker #0
Sarah, toi t'es d'accord avec ça ? sur le confort oui, et le fait que finalement, parce qu'on a un peu défini le design avec toi au début en disant que c'était à la fois le dessin mais aussi l'usage et est-ce que est-ce qu'il y a du design qui est juste fait pour être exposé comme des œuvres d'art en fait finalement et là on s'éloigne pour le coup du confort et de l'usage un peu du coup après,
- Speaker #1
est-ce que c'est pas justement presque un parti pris artistique, au lieu de l'aspect design, de dire je vais créer une chaise, l'objectif c'est quand même que les personnes s'assoient dedans de façon confortable. Si on écarte un peu le besoin primaire de l'objet, je pense qu'on s'écarte un peu aussi de l'aspect design, et on peut prendre le parti, faire un parti pris artistique sur la ligne, sur la matière, une matière qui soit inconfortable, après il y a aussi des pièces de design qui ne sont pas... forcément super confortable non plus. Mais oui, après, il y a aussi du design qui peut même être critique, où on va créer des objets volontairement inconfortables. Encore une fois, c'est du parti pris.
- Speaker #0
Oui. Et je reviens à toi, Manon, et à Chèze à Carré. Est-ce qu'à l'inverse, ils vous arrivent de récupérer de très belles pièces, mais que vous découvrez finalement impossibles ou pas intéressantes à restaurer ? Ou est-ce que vous avez toujours un objectif, un cahier des charges ?
- Speaker #3
On a toujours un cahier des charges. En fait, si on achète une pièce qu'on ne peut pas restaurer, c'est qu'elle est déjà dans un bon état pour être revalorisée en l'état.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Après, on achète sinon des chaises qui ont un beau potentiel de restauration. Mais le plus compliqué, du coup, c'est d'amener le client à se projeter sur ce que peut devenir la chaise.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu entends par là, par beau potentiel ? C'est quoi exactement ?
- Speaker #3
C'est la structure, la carcasse.
- Speaker #0
Que tu vas repeindre, que tu vas...
- Speaker #3
Que tu peux repeindre, que tu peux retapisser, que tu peux retransformer en un truc plus actuel et moins désuet.
- Speaker #0
Du coup,
- Speaker #1
il y a des matières que vous interdisez. Par exemple, le plastique, c'est... On ne prend pas le plastique.
- Speaker #3
Le plastique, tu ne peux rien faire. On ne travaille que le métal, le bois.
- Speaker #0
le tissu et cuir que des matières que tu peux retravailler relaqué repart retalés externe le passé donc vous toi finalement tu penses quand même qu'un bon design c'est un design qu'on peut réparer qui est fait pour durer ouais et faire durer un homme c'est aussi réussir à lui trouver une place quand même dans nos intérieurs d'aujourd'hui parce que Vivre avec du design vintage, ça ne veut pas forcément dire transformer son salon en musée du XXe siècle.
- Speaker #3
Dans Brocante.
- Speaker #0
Oui, ça c'est toujours quand même le petit souci. Betty, c'est justement ce que j'aime dans ton travail. Tu fais cohabiter très librement des pièces d'époque différentes, des meubles signées ou plus anonymes. Et même tes propres créations, on va y revenir. Est-ce que dans ton travail de set designer, et si tu veux bien, j'aimerais bien que tu le définisses en intro, Et ce qui t'arrive justement d'ajouter... Quelque chose de plus banal, de plus bizarre, pour que l'ensemble fonctionne mieux. Pour pas que ça ressemble justement à un musée du XXe siècle.
- Speaker #2
Complètement. Dans ma manière de chigner, en tout cas, je fonctionne vraiment à l'instant. C'est-à-dire que si j'aime une pièce et si je trouve qu'elle a un potentiel, je vais pouvoir la chigner. C'est pour ça que je peux avoir des pièces des années 90.
- Speaker #0
Tu peux parler en belge. On adore.
- Speaker #2
non mais après je suis française mais c'est vrai que ça fait tellement longtemps que j'habite en Belgique que j'ai certains réflexes désolée mais du coup je peux avoir des pièces des années 90 tout comme des pièces des années 60 je peux avoir des pièces signées comme non signées et puis parfois je fais des bonnes découvertes ça m'est déjà arrivé de chiner des pièces que je trouvais très brutalistes et intéressantes alors je suis set designer aussi donc en gros des marques ou des architectes m'appellent pour créer des univers soit des univers de marques donc je vais créer des sets Par exemple, comme aujourd'hui pour Petit Bateau, je vais avoir trois chambres autour d'un brief qui mettra en avant trois différents pyjamas. Et donc je vais devoir créer trois personas, trois chambres différentes sur trois thématiques différentes. Pour ça, je vais devoir aller chiner, mais je vais aussi devoir aller acheter du mobilier pour recréer vraiment tout un univers. Et puis après, sur la partie architecture, là, c'est des architectes ou architectes d'intérieur. qui ont un projet et qui ont envie d'avoir un regard extérieur sur leur projet et qui vont venir me demander de le mettre en lumière. Je vais arriver un peu avec ma patte et je vais aller signer des objets et les mettre en scène dans une maison. Je m'autorise autant du designer contemporain, du collectible, que du designer en scène, que des objets ils m'ont signé. L'endroit où je préfère aller et où je vais généralement le matin, quand je vais à Bruxelles, c'est la place du jeu de balle. Et là, c'est très rare de trouver. Bon alors je sais pas, je suis pas chanceuse, mais c'est très rare de trouver des pièces signées, parce qu'il y a déjà tous les brocanteurs du coin qui sont en bise-bise avec tous les revendeurs qui sont là, mais par contre il y a de très beaux objets, et j'adore ça, fouiller dans des caisses, trouver la petite boîte, le petit vase, le petit soliflore, et du coup j'ai l'impression que... C'est vraiment personnel de créer un style et après on fait appel à toi parce que t'as un style et qu'on a envie de ça. Mais moi par exemple, quand on fait appel à moi pour des missions de décoration intérieure, j'aime bien d'abord avoir un gros entretien, limite comme un podcast, où j'essaie de comprendre qui est la personne, puisque je dis que c'est important de, une fois que t'arrives chez la personne, que ça sente que c'est chez elle et pas chez moi. Et après quand je crée mes univers, j'essaie vraiment de me créer des histoires. C'est vraiment ça que je fais. je me mets dans un mood et j'imagine un film j'imagine un homme une femme, j'aime beaucoup ce côté cinématographique donc je vais me faire tout un film et je vais essayer d'imaginer chaque scène il se passerait où le dîner, il se passerait où le moment où juste tu regardes la télé il se passerait où le moment où en fait tu flannes chez toi, où tu t'ennuies, comment ça se passe où tu cuisines, quand tu reçois des amis où est-ce que tu te places et je vais essayer comme ça d'avoir des images et comme un tableau où je vais commencer à piner toutes les pièces que j'aimerais Et alors après, j'ai pas très peur de la faute de goût. C'est peut-être ça le secret.
- Speaker #3
Ouais, je trouve qu'en fait c'est quelque chose de très subjectif.
- Speaker #0
Manon, je t'ai pu réagir, t'étais d'accord avec ça ? Oui, je suis d'accord, parce que je pense qu'il y en a pour tous les goûts,
- Speaker #3
partout, et que c'est pas notre style qui est celui de tout le monde et le bon à avoir, et heureusement. Et ça se voit vachement dans les pièces design, il y en a pour tout.
- Speaker #2
et aussi tous les budgets je trouve que ça aussi c'est important parce que parfois on est inondé de pièces qui sont onéreuses pas un truc que tu t'achètes tous les 4 matins et en réalité il y a plein de belles pièces qui ne te coûtent rien il faut peut-être se lever tôt le matin être
- Speaker #0
dans les premiers arrivants primois arrivants quand tu as une brocante et il y a une autre facette de ton travail qui m'intéresse tu ne fais pas que chiner et mettre en scène des meubles tu en édites aussi Merci. Et du coup, toi qui passes tes journées entourée de pièces qui existent déjà, qu'est-ce qui te donne encore envie d'en créer des nouvelles ?
- Speaker #2
Alors ça, c'est vraiment un side project. Donc en gros, j'habite à Bruxelles. Et quand je suis arrivée à Bruxelles, j'ai rencontré plusieurs architectes de la Cambre, dont un ami, Paul Pascal. Lui a ses projets, j'ai mis le projet et on l'a lancé à deux. C'est vrai que l'application a bien fonctionné. Oui,
- Speaker #0
parce que c'est des luminaires, du coup, pour expliquer. Oui, c'est des luminaires.
- Speaker #2
Et donc, du coup, la première applique, c'était une applique cone chromée, donc très simple, qui sort à un prix très correct, on va dire, pour le B2C, le B2B. Et en fait, je pense que c'était un peu... Enfin, j'ai un peu agi en... OK, qu'est-ce qui, aujourd'hui, n'est pas encore fait, qui pourrait être simple, facile à envoyer. Oui, facile à envoyer et facile à créer. Et en fait, j'aime beaucoup les formes géométriques. Je trouve que, genre, c'est toujours fun. J'ai plein de formes modernistes, tu vois, genre des triangles, des ronds en bois que des tourneurs ont fait. Je sais pas, je filme ça sur des marchés et puis j'ai une espèce de petite collection que je trouve intéressante dans mon atelier. Et en fait, j'étais là, ok, aujourd'hui, si j'ai envie de dessiner une appli, qu'est-ce que ce serait chez moi ? Et donc, je suis partie sur cette idée de cône, parce que j'avais envie que ce soit quelque chose d'intemporel et qui fonctionne dans tous les univers. Et donc j'ai testé plusieurs choses. Franchement au début j'ai juste pris une feuille de papier et puis j'étais là ok à quoi mon cône pourrait ressembler. Et en fait je trouvais ça fun parce que genre je sais pas le cône c'est un peu tu vois genre le cône où tu mettais frites en Belgique mais tu vois t'as aussi le cône à glace et donc j'étais là ok comment on peut rendre ça un peu genre beau design mais pareil toujours dans cette idée d'avoir un design accessible. Parce qu'en réalité quand on a lancé ça on s'est juste dit en fait si demain un architecte peut faire appel à nous En fait, on sait comment faire, tu vois, genre si une personne veut produire en série pour un projet, un hôtel ou autre. Et parce que c'était facile, parce que je ne voulais pas ajouter cette corde-là forcément à mon arc au début. Parce que de nouveau, au début, c'était un projet qui ne devait pas prendre de temps. Et puis après, j'étais là, ah oui, mais en fait, il faut envoyer des colis et puis il faut envoyer une facture. Et puis en fait, il faut des certificats pour vendre des luminaires en Europe. Il faut être sûre que tu vois.
- Speaker #0
Je vois Manon qui hoche la tête.
- Speaker #2
Non, mais voilà. Et donc en fait, bon, après, c'est de l'admin. Et une fois que tu le fais, tu l'appliques à tous les produits. Mais après, tu vois, c'était là. Ah oui, et puis en fait, il faut déclarer ça aux douanes. Et en fait, j'étais là, moi qui déteste l'admin et qui est vraiment en angoisse de ça. Genre, je suis là, mais en fait, ça me fait des angoisses. Donc quoi, je me suis fourrée. Oui, donc quoi, je me suis fourrée. Mais après, tu vois, ce qui est chouette, c'est que je vois plus comme un terrain de jeu de me dire, je ne sais pas, en ce moment, j'ai plusieurs restaurants en Belgique qui me demandent des tabourets à 65 cm en vintage. Trouver des tabourets à 65 cm, c'est impossible. Et en même temps, quand tu regardes l'offre aussi de tabourets, finalement, elle n'est pas si développée que ça. Et du coup j'étais là, bon ben en fait tu vois peut-être que l'idée, voilà j'ai fait les luminaires, peut-être que l'idée maintenant c'est de dire, ok en fait quel est le tabouret qui pourrait être confond, parce qu'il y en a chez Werner Panton et tout, mais tu vois genre ils sont assez, ils sont triangulaires, enfin avec une base ronde avec plus un cône genre qui descend vers le bas, et en fait pour le coup le tubulaire est super fin. Donc en fait, il faut quelque chose qui tienne dans le temps et quelque chose qui ne soit pas forcément déboulonnable, quelque chose qui vient vraiment tenir. Et aussi, il y a cette question du confort, c'est-à-dire qu'un restaurant, quand tu manges au comptoir, tu restes potentiellement deux, trois heures. En tout cas, à Bruxelles, sur le deuxième service, tu peux rester deux, trois heures.
- Speaker #0
Ça change que les manches d'eau.
- Speaker #2
Les loyers ne sont pas les mêmes.
- Speaker #0
45 minutes, c'est temps.
- Speaker #2
Les loyers ne sont pas les mêmes. Mais vraiment, on peut rester deux, trois heures dans certains restos. pas tous, en réalité pas tous maintenant il commence à y avoir comme à Paris genre de service en tout cas en fonction de si t'es la semaine, le week-end c'est différent mais du coup oui, là par exemple on me dit, prochain truc que j'aimerais designer c'est un tabouret, mais c'est plus parce que je travaille avec le B2B et que je me dis ah mais ça ça manque, en fait quand je chine je me dis, tiens j'arrive pas à trouver ça du coup j'ai envie de le faire j'ai envie de le faire, après c'est pas un client qu'on me demande, c'est quand il y a plusieurs clients parce qu'il n'y a que...
- Speaker #3
je sais pas peut-être que tu vas me dire la même chose il y a des vagues comme ça les tabourets chez nous c'est un vrai sujet parce qu'effectivement ils mettent tous des hauteurs à 65 et ça n'existe pas en seconde main et donc nous notre solution c'est de prendre les tabourets bistrot et de couper les pieds pour être à 65 mais ça change le design de ton tabouret parce qu'en fait le repose-pied il est descendu donc t'as plus la même ergonomie Et sur la robustesse, j'avais le cas d'un client ce matin qui prend le tabouret bistrot et qui fait « ça branle balle » . Oui, ça branle balle, c'est sûr. Effectivement, ça bouge. Après, ça ne va jamais se casser, jamais tomber. C'est fait pour l'usage intensif. Mais c'est sûr que tu as l'impression que tu tiens un truc tout frêle et qu'il ne va pas tenir la route, alors que ce n'est pas le cas. Et à contrario, nous, maintenant, ce qu'on vend aussi pas mal, c'est les tabourets brunorés de Vintage, qui sont étabourés en... Comme les chaises rééditées par A.I. de Brunoré, qui sont les chaises faites par Diethecker dans les années 70, il y a le format tabouret, c'est du bois massif. Donc, c'est très lourd. Donc, là, c'est sûr que tu t'assoies, ton truc, il ne bouge pas. Et en plus, ton repose-pied, il est en métal, en tubulaire métal. Donc, tu as vraiment une très bonne assise et tout. Mais c'est extrêmement compliqué à trouver en seconde main. Et ça coûte quasiment aussi cher que la réédition de Hay. Donc, du coup, c'est bien pour les clients B2B qui ont un bon budget et qui, surtout, nous laissent le temps de les trouver. Mais c'est sûr que tu passes du Hay en bois massif super résistant au bistrot Thonet Baumann. complètement branlant et qui fait très brasserie au final.
- Speaker #1
Oui, c'était créé effectivement pour les restaurants, les brasseries, avec du bois. C'est un peu le précurseur du bois cerclé aussi. Ce sont des matières qui durent, mais peut-être aussi justement pour les clients, il y a peut-être aussi aujourd'hui la perception. On a une perception un peu, déjà, peut-être, d'objet. Enfin, voilà, dans la tête des personnes, ça fait un objet un peu daté, un objet qui soit moins quali. Donc, suivant l'image que le restaurateur veut donner aussi de son établissement, j'imagine que c'est des choses qui entrent en compte aussi, quoi.
- Speaker #0
Tu veux dire que c'est trop daté, Toné ? Oui, voilà,
- Speaker #1
c'est peut-être pas dans le... Enfin, voilà, on ne veut pas, si on va avoir une perception d'un établissement... contemporain, un peu premium, quelque chose comme ça, on n'a pas forcément envie, on se dit que ça ne va peut-être pas matcher, alors que peut-être qu'associé à d'autres choses, ça matche carrément.
- Speaker #0
Je reviens là-dessus parce que j'ai mes petites notes, moi aussi, historiques. On n'a pas de notes,
- Speaker #1
nous.
- Speaker #0
C'est normal, je suis l'animatrice, je fais droit à mes notes. Ce que je ne savais pas, qui est hyper intéressant, c'est que Thonet, dont tu parlais, il avait mis au point une technique permettant de... courber du bois massif grâce à la vapeur et surtout, ça je savais mais en fait les éléments pouvaient être emballés à plat, expédiés puis assemblés sur place, donc j'ai vu des photos de caisses où vraiment ça je pense que tu dois le savoir Manon mais tout était désassemblé et ça rentrait le principe c'était vraiment que ça rentre dans une caisse pour pouvoir les expédier et avant le meuble donc ça c'est quand même hyper intéressant parce qu'on parle de 1913 Oui, oui. Oui,
- Speaker #3
parce qu'il y en a partout des tonnées. Il y en a autant aux Etats-Unis qu'en France. Et partout dans le monde. Oui, je pense que pour le coup, ils étaient worldwide bien avant l'heure.
- Speaker #0
Et c'est des pièces qui sont moins chères aujourd'hui ?
- Speaker #3
Non, parce que ça a été réédité aussi. Et c'est toujours bien coté. On en vend énormément en B2B. On nous en demande beaucoup, des chaises en bois courbé, tonnées, beaucoup pour les RIE, les restaurants d'entreprise.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
Parce que ça a quand même cet aspect qualitatif et robuste dans la tête des clients. Oui. Ça date de 1900, donc ça peut encore fonctionner aujourd'hui. Ce modèle-là, dans la tête des clients, c'est incassable.
- Speaker #0
C'est intéressant. Et on en a un petit peu parlé tout à l'heure avec toi, Betty. Tu as commencé à évoquer tout ça, l'aspect prix. Est-ce qu'une pièce de design est forcément chère ou est-ce qu'un prix élevé est forcément le signe d'un meuble de qualité ?
- Speaker #2
Moi, je ne pense pas que le prix soit l'indicateur du beau, déjà. Ça, c'est une réalité.
- Speaker #0
Et de la qualité, oui. Non,
- Speaker #2
et de la qualité, pas, parce que franchement, ça nous aide déjà. tous arriver de faire des bonnes affaires. Parce que parfois, les gens se fourvoient sur combien on achète les pièces. J'ai pu des fois dépenser 1 500 euros dans une pièce. Après, je savais qu'elle avait un potentiel derrière d'une marge de 2 ou 3. Donc je l'ai fait, je l'ai vendu. Donc le prix peut exprimer la rareté, parfois. Je vais penser à des gens royaires ou quoi. C'est un travail que je trouve magnifique. C'est un paysage.
- Speaker #0
Qu'est-ce que c'est ? Tu peux décrire ?
- Speaker #2
Du coup, la famille a repris, il me semble, la maison ici à Paris. Et du coup, c'est du mobilier art déco qui était fait à l'époque. Et c'est des canapés très ronds, des chaises. C'est très, très, très beau. En fait, en réalité, c'est hyper contemporain. Alors que tu vois, c'est assez vieux. Et j'adore son travail. Je trouve que c'est très beau. Après, il peut y avoir du travail de Pierre Garrige que j'aime bien. Selon les pièces, elles peuvent avoir un certain prix. Et de nouveau, je peux comprendre. C'est la rareté. C'est français. Il y en a plus au marché. Oui, c'est ça. Après, est-ce qu'il faut absolument dépenser autant d'argent ? Je pense que c'est un peu comme une personne qui veut s'acheter une Rolex. Une Ferrari, c'est aussi ton kiff. Et je l'entends. Par exemple, les maisons que je préfère, en général, c'est les maisons de famille. Et ce n'est pas les pièces les plus design. qu'on peut y trouver,
- Speaker #3
mais je trouve que c'est des maisons qui généralement ont une âme et qui ont traversé des époques, des histoires, des souvenirs.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a deux ou trois choses qu'il faut vraiment regarder avant d'acheter, vous pensez, Manon et Sarah ?
- Speaker #3
Moi, je pense qu'il ne faut pas acheter les pièces qui sont à la mode. Parce que du coup, c'est surcoté et vous allez payer beaucoup trop cher. Et ça a été le cas de la broueur dont on a parlé au début. En fait, c'est marrant, cette chaise. Avant le Covid, ça ne valait rien. Tout le monde s'en foutait, elle était partout. Elle était chez les gens et personne ne la regardait. Et après le Covid, c'est devenu... la pièce à avoir et du coup tu la trouvais pas en dessous de 200 300 euros alors qu'avant tu l'acheter à 50 euros en fait faut pas regarder ce qui se fait il faut regarder ce que vous aimez
- Speaker #0
Et avoir votre propre style pour trouver les pièces qui vous font vibrer. Donc,
- Speaker #1
il ne faut pas forcément s'y connaître pour bien acheter, tu penses ?
- Speaker #0
Non, je pense qu'il faut vraiment écouter son style et acheter ce qu'on aime, nous.
- Speaker #2
Sarah, toi, tu es d'accord ? Oui, en fait, ce n'est pas facile de dire qu'il faut avoir son style, définir son propre style. Même essayer de définir son propre style, ce serait un peu difficile. Donc oui, il faut un peu, je pense, rechercher des choses qui nous plaisent, qui nous parlent. Ou alors si on a... C'est ça, ou par exemple, il m'arrive d'avoir des obsessions. Une obsession pour le chrome, une obsession pour le rouge. Et du coup, dès que je vois un objet, quelque chose de rouge, ça va m'attirer, je vais chiner. J'avais aussi une catégorie de verre bien précise dans ma tête pendant un moment, et j'ai acheté pas mal de trucs.
- Speaker #1
C'est ton fil conducteur.
- Speaker #2
De ce verre. En fait, je suis un peu sur des obsessions. fleurs et de matières. Et finalement, quand on part avec ça, j'aime bien les trucs rouges, par exemple, c'est plus facile finalement de trouver des objets quand on a un critère qui reste assez vague, assez vaste, et en même temps qui permet de trouver des choses un peu différentes.
- Speaker #3
En réalité, j'adore signer des pièces non signées. Quand tu ne peux pas les retrouver, j'ai l'impression vraiment d'avoir trouvé un trésor et je suis là, ah, mais ça, je veux trop le garder parce que je ne le retrouverai plus jamais. Et du coup, je trouve que c'est ça aussi qui est chouette quand tu te balades et quand tu as des coups de cœur, que ce soit dans ta ville, dans ta destination de vacances, dans un autre pays. C'est vraiment d'aller regarder un peu dans les coins un peu perdus et de voir ce que tu peux y trouver.
- Speaker #1
Et j'ai un petit jeu. Si je vous donne 500 euros pour acheter un meuble, est-ce que vous préférez une pièce neuve d'un jeune designer, une pièce vintage signée ou une pièce anonyme sur laquelle vous avez un énorme coup de cœur ? Bon, on a commencé. Allez, réponds, mais quand même, je suis intéressée.
- Speaker #2
Moi, je pars sur une pièce vintage aussi, je pense.
- Speaker #1
Ah oui ? OK. Je vois... Avec 500 euros.
- Speaker #2
Ouais. Quand j'achète des objets immobiliers vintage, pour moi, c'est quelque chose qui va garder de la valeur, en fait. C'est pas quand on s'achète des chaises, une paire de chaises toutes neuves. Et voilà, l'an prochain, dans deux ans, ça ne vaudra plus rien. Enfin, on ne pourra rien en faire. Ou peut-être après, dans 20 ans, on ne sait pas. Et finalement, au même prix, on va pouvoir acheter quelque chose d'ancien, de vintage, peut-être d'un peu plus quali. Et puis, peut-être qu'il y a aussi une histoire et que ça ne va pas perdre sa valeur.
- Speaker #0
C'est notre éternel combat de dire que la différence entre du neuf et du vintage, c'est que Ton vintage, tu l'achètes demain, tu le revends. Ça a soit pris, soit gardé la valeur de ce que toi, tu as dépensé. Alors qu'une chaise neuve, tu l'achètes demain, tu la vends sur mon coin, à la paire du 15 mois. Tu la vends très mal. Et ça, c'est ce qu'il faut faire rentrer dans la tête des gens.
- Speaker #3
Je préfère aller dépenser 80 euros sur la place du jeu de balle et trouver deux chaises paillées pour 40 euros une. Je sais qu'elles vont traverser les époques. Parce qu'en fait, elles le font parce que... Après, il y a les goûts, les couleurs, bien évidemment, mais il y a aussi des projets et des architectes qui ont réussi à remettre au goût du jour certaines pièces qui étaient complètement mises de côté parce qu'elles étaient dans un environnement très particulier.
- Speaker #1
Je pense notamment à la chauffeuse qu'on a...
- Speaker #0
La chauffeuse Argos de Baumann. Oui,
- Speaker #1
qu'on a mise dans l'hôtel...
- Speaker #0
Qui est du mobilier français des années 90. 90.
- Speaker #1
Ouais, fin 80, début 90, et ça vraiment, c'est la chauffeuse... Bon, alors en plus, il faut dire que souvent, elles ont des... Elles sont tapissées avec des tissus quand même assez affreux des années 90, mais moi, je trouve le dessin absolument génial, mais ça renvoie quand même à des chauffeuses de salles d'attente, très datées, un peu hôpitales, mais en fait, en vrai, avec le travail que vous faites, notamment chez Chaise au Carré, le fait de les repeindre, le fait de les re-tapisser... Ça change tout. C'est vraiment un bon exemple parce que, encore une fois, avec son tissu moche et sa couleur, par exemple, un peu verte, datée, moi, j'avais fait un peu l'exercice sur Instagram quand je travaillais sur ce projet d'hôtel. J'avais fait exprès de mettre la vieille photo, de la poster en story, etc. Et de dire, voilà, ça, c'est la base. Et puis ensuite, c'est... ce qu'on fait avec Chaise au Carré, et c'est vrai que les réactions, c'était « Oh, c'est quoi ce truc ? » Ah oui,
- Speaker #0
ça n'a rien à voir. Mais c'est pour ça que le design, c'est pas forcément cher, parce qu'une chauffeuse Baumann, ça coûte pas cher en l'état. Il suffit juste, effectivement, de la transformer pour qu'elle prenne de la valeur. Mais c'est une chauffeuse qui n'est pas à la mode, donc forcément, décotée et donc pas chère. Mais c'est un éternel recommencement. Je veux dire, en fait, la fortune, c'est d'aller chiner tout... les pièces de toutes les époques d'avoir un énorme hangar et d'attendre que la mode et à l'église que de toute façon à la bonne à l'ébou quand on s'est chaise au carré c'était La chaise scandinave, par excellence, la farce-trop, qu'on voyait partout et tout. Après, ça a été la breur. Après, ça a été la brunorée. Après, ça a été la baumane-luge. Et en fait, tout ça, ça est à l'ornatonée, c'est un ordre temporel. Après, tu as celles qui restent, qui sont toujours là dans tes commandes.
- Speaker #1
Et pourquoi tu penses alors ? Pourquoi elles restent, celles-ci ?
- Speaker #0
Parce que je pense qu'on l'a vu, toujours vu. En fait, je pense que cette chaise, elle a toujours fait partie de notre décor.
- Speaker #1
on parle de la tonnelle ouais et donc du coup elle n'a pas de raison de partir tout le monde l'a connue tout le monde l'a vue dans un bistrot exactement et elle est encore là je suis allée à New York cet été il y avait beaucoup beaucoup de tonnelles c'est vrai c'est marrant et plutôt dans des endroits hype pour le monde mais tu les vois dans les films et tout parce que maintenant que je fais des chaises avant
- Speaker #0
on n'avait rien à faire alors maintenant au début dans tous les films je regardais alors ils sont assis sur moi et Et... Dans les films américains, t'as toujours des tonnées. Où qu'ils rentrent, c'est marrant en fait. Tu dis que les chaises, ça voyage. Je me serais jamais posé la question en temps normal, mais tu te dis, ouais, c'est ouf. Pour moi, la tonnée, c'est français. Tu vois ça que dans nos bistrots et tout. Et en fait, dès que tu regardes la télé et tout, tu vois qu'en fait, il y en a dans tous les pays.
- Speaker #1
En même temps, avec ce mois de septembre, on va avoir encore énormément de nouveautés. Donc, je pense à... Design Week, la Maison FG, etc. Qu'est-ce qui, selon vous, fait qu'une nouvelle pièce a une chance de ne pas simplement devenir la tendance des six prochains mois ? Est-ce qu'on revient toujours à cette histoire de dessin, à cette histoire de matière, d'assemblage ? Qu'est-ce qui compte vraiment ?
- Speaker #3
Je pense à des femmes comme Violaine D'Harcourt, dont j'aime beaucoup les luminaires. Je trouve qu'elle est vraiment arrivée sourde. pour par exemple le marché, si on peut dire ça, avec de nouveau un objet qui est très... En fait, c'est plus qu'une applique. C'est plus une sculpture que tu mets au mur. Et du moins, tu l'achètes vraiment pour habiller ton mur. Comme un objet d'art,
- Speaker #1
un peu.
- Speaker #3
Oui, en fait, au-delà d'éclairer ta pièce, tu as un objet de design chez toi, et ça vient habiller ton mur. Et je trouve que c'est de l'art utile, et c'est quelque chose de beau. Je pense aussi aux appliques d'Ovette Madani, moi, que j'adore, celle en bois. Pareil, je trouve qu'en fait, c'est un ornement. Celle-ci, pour le coup, je les place en tant qu'ornement. Je trouve que c'est vraiment de très belles pièces qui sont fabriquées en France. Violaine, je pense que c'est fabriqué au Portugal, il me semble. Et tu sens qu'il y a vraiment une volonté derrière de créer un ornement plus qu'un luminaire.
- Speaker #1
Donc une pièce design.
- Speaker #3
Oui, oui, oui. On revient à ça. Exactement, je les compare vraiment à des bijoux, ces pièces-là. Je trouve qu'elles ont vraiment vocation à être, vraiment à venir sublimer un élément. Je trouve que ça, c'est assez intéressant aujourd'hui de voir ces pièces qui émergent et qui ne remplissent plus juste une fonction. Qui sont vraiment là pour se placer comme une œuvre d'art, un tableau, une photo que tu viens de rencader. Ça, c'est ma vision du collectible design.
- Speaker #1
Tu peux définir du coup Collectible Design ?
- Speaker #3
Collectible Design, alors qui suis-je pour ça ? J'ai ma version. Non mais expliquez, parce que je pense qu'il y a ça. En gros, jeunesse contemporaine, designer contemporain, plutôt en auto-édition. Et du coup, Collectible Design veut aussi dire des prix abordables. Alors abordables, c'est... Oui, c'est pas de la phase déco. Non, c'est pas de la phase déco. On s'entend parce que certains vont dire, oui j'ai été sur son site, comment on peut dire qu'une appli coûte... 800 euros, mais en réalité, pour un jeune designer, avec une production qui n'est pas industrielle, ce n'est pas déconnant non plus. Oui, je suis d'accord. Ce n'est pas déconnant non plus parce qu'il y a son temps de création, ses produits en quantité limitée, tu dois attendre. Je ne sais pas, moi, par exemple, les appliques de Léa Zeroil, je les ai commandées mi-juin. Je les reçois là maintenant, c'est très chouette. Après, il était fermé et tout, je ne vais pas lui faire de la mauvaise pub. Il était fermé en été. C'était les vacances. Non, mais c'est aussi accepter ce genre de choses. C'est aussi accepter que pendant trois semaines, ça ferme. Et qu'en fait, tu ne reçois pas le lendemain. Tu as fait 48 heures, tu as ta pièce. Et ça, je pense que c'est important. Et c'est respecter aussi le travail du designer derrière. Et aussi derrière, il y a une démarche. En fait, il y a une démarche, il y a une vision, il y a un univers, des univers très forts. très personnelles et c'est des personnes qui créent des tendances dont des marques de fast fashion justement vont s'inspirer et vont refaire à leur manière voire sensiblement la même chose donc je trouve que c'est aussi important tu vois genre de de mettre en valeur tout ça c'est très chouette de chigner mais je trouve que c'est très chouette aussi tu vois genre de soutenir justement tu vois genre toute cette création complètement et comme tu disais c'est vraiment genre les pièces qu'on va chigner enfin que nos enfants ou autres tu vois genre se mettront à chigner en se disant, mais pourquoi à l'époque t'as pas acheté ça ?
- Speaker #0
Ça valait rien !
- Speaker #2
Sarah, toi tu penses à une marque, ou des marques en particulier ? Alors, ça me fait penser, en fait, qu'il n'y a pas si longtemps, finalement, il y a quand même eu le travail de Constance Guisset, par exemple, avec la suspension Vertigo,
- Speaker #1
qui a été copiée, collée,
- Speaker #2
elle a une quinzaine d'années, je crois, donc voilà, elle a été repérée, et en fait, voilà, c'est une construction... Elle voulait travailler sur... C'était un projet d'étude, elle travaillait sur le thème de la cabane, elle l'a construite avec des rubans, en fait, on pense qu'elle est métallique, mais en fait non. Et elle a été éditée par Petite Friture et c'est devenu un carton plein. Et c'est aujourd'hui quand même une pièce... de design qui va perdurer en fait et qui aussi a d'ailleurs largement été copiée. Copiée,
- Speaker #1
c'est fou le nombre de copies. Oui,
- Speaker #2
mais on sait que celle-ci, elle va marquer l'histoire du design en fait.
- Speaker #3
Mais je pense qu'en fait, c'est des visions très radicales, tu vois, c'est des choix très affirmés dans toutes ces propositions, justement, de design.
- Speaker #1
Et du dessin, c'est ce que tu disais aussi, là, quand tu parlais de toutes ces pièces, elles sont très dessinées.
- Speaker #3
Ouais, elles sont très dessinées, et je pense qu'il y avait vraiment, tu vois, genre, un projet, à chaque fois, j'ai l'impression que ça émerge d'un projet en particulier, tu vois, et en fait, ça devient un hit un peu, parce que les architectes, en tout cas, designers, c'était l'ordre de projet, tu vois, genre, qui était commissionné, et en fait, bah, pareil, en fait, ils étaient dans cette démarche de dire, en fait, j'ai envie de mettre ça, mais... Je ne le trouve pas sur le marché, donc en fait, je vais essayer de le créer, je vais essayer de le dessiner, je vais essayer de le produire.
- Speaker #1
Les architectes qui produisent, enfin, qui dessinent leurs propres pièces et qui, du coup, les font éditer. On arrive déjà à la fin de cet épisode. Est-ce qu'il y a quelque chose que vous aimeriez ajouter ?
- Speaker #0
Non, je pense que le super important, et là, on se rejoint tous, c'est que je pense qu'il faut vraiment acheter des pièces de seconde main versus des pièces neuves pour pour l'histoire, pour la durabilité des produits, pour l'écologie, pour garder une trace de tout ça.
- Speaker #2
Sarah, tu veux rebondir ? Oui, il y a quelque chose qu'on a survolé. C'est un peu aussi la contrefaçon, en fait. On l'a dit un peu avec Constance Guisset. Aujourd'hui, je pense aussi qu'avant, on ne croisait pas forcément autant de pièces design chez les amis, dans la famille, dans les magasins. Aujourd'hui, avec Internet, avec Instagram, on voit beaucoup de... de pièce design et forcément ça fait un peu monter la désirée le fait que ce soit désirable et par exemple on le voit sur par exemple les Togos c'est un bel exemple qui sortent des chauffeuses qui ressemblent quand même assez étrangement à des Togos, les lampes flowerpot de Panton qu'on voit dans tous les magasins etc Et alors... En même temps, il ne faut pas être snob non plus en disant si on a envie d'avoir une lampe comme ça et que ça nous plaît, pourquoi pas. Mais effectivement, je préfère mettre mes 15 euros dans une lampe Vintage. Pour moi, ça aura quand même plus de sens. Et je me dis que je ne tomberai pas dans ce côté fast déco. Parce qu'aujourd'hui, le design, effectivement, il alimente tout ce qui est fast déco. Et pourtant,
- Speaker #1
le design est censé être accessible. Donc c'est un peu le serpent qui se rend la queue quand même. Parce que c'était, en tout cas, c'était toute l'idée au départ, dans les années 20, de rendre le design accessible avec l'industrialisation, etc. Et du coup, je pensais à Monoprix. Oui, forcément. Monoprix édite des pièces de designers, mais à des prix raisonnables et accessibles.
- Speaker #3
Moi, ça ne me dérange pas du tout, parce que je trouve que le marketing produit cette demande aussi, et c'est hyper frustrant pour certaines personnes d'être inondées d'images, de magazines, de décorations, où tu te dis, je ne pourrai jamais me permettre ça. Et puis après, tu as un Monoprix qui vient sortir ses pièces. En fait, tu peux comprendre, mais ce n'est pas Monoprix qui fait ça, mais par contre... pour revenir à la contrefaçon, je trouve qu'en fait, la contrefaçon, ça dessert toutes ces pièces, tu vois. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je vais pas dire que ça devient vulgaire d'avoir un Togo, ce serait vraiment mentir de dire ça, mais en fait, je trouve que ça dessert cette pièce. Ça dessert cette pièce parce qu'en fait, t'as l'impression de l'avoir partout, alors que le design... C'est un problème, ça. Pour moi, ça peut l'être parce que du coup, tu vois, genre, t'as une espèce d'uniformisation de la déco, tu peux aller sur Pinterest et genre, trouver... 30 000 fois les mêmes univers, genre cette cuisine chrome, avec l'étagère chrome, avec le même poivrier, et puis la même chaise, et une table en verre, et le Togo beige à côté. Par contre, Monoprix, je trouve ça intéressant, et c'est dans l'histoire de Prisunic, d'avoir créé cette histoire de design accessible,
- Speaker #2
et je trouve ça très chouette, qui continue à... Oui, à faire perdurer ça.
- Speaker #1
À faire perdurer l'histoire. C'était quoi le slogan ?
- Speaker #2
C'était le beau au prix du laid. Le beau au prix du laid. Le slogan de Prisunic. La marque a développé derrière tous les objets de toute la vie quotidienne. Même si vous regardez un peu l'histoire de Prisunic, les packagings, c'était une dinguerie. C'était magnifique. Et après, il y a eu un peu tout ce qui touchait la vie quotidienne. Et à un moment, ils ont eu l'idée de lancer le mobilier, mais en faisant travailler des designers. Donc, ça a commencé avec Terence Conran, toujours Habitat, ouvrait son premier magasin. Tu feras un podcast sur l'échange à l'ocade.
- Speaker #3
Oui, avec toi.
- Speaker #2
Je vais l'aviser quand même. Et puis après, il y a eu de nombreux designers. Il y avait une femme aussi derrière tout ça. Alors, à l'initiative, c'est Denise Fayolle qui est un peu la tête pensante du projet, qui derrière après est partie pour créer une agence de com, etc. Mais c'est une femme qui s'est beaucoup investie justement dans... qui est pour beaucoup dans l'image de Prisunic, le fait que ça soit vraiment démarqué. Mais après, il y a eu Gaë Aulenti, il y a eu Guariche, Paulin, Marc Elve. Mais il y avait quand même une volonté aussi, effectivement, de démocratiser le mobilier. En réalité, la volonté, c'était vraiment de démocratiser le mobilier, de passer par des catalogues. Enfin voilà, c'était de la vente par correspondante. Donc les magasins pouvaient tous potentiellement te vendre ce mobilier. Mais dans les faits, après études, en fait, ils se sont rendus compte que ça restait quand même une population parisienne, urbaine, dans les beaux quartiers. Je pense qu'en Bourgogne, par exemple, j'avais mandat ma mère d'ailleurs, mais il y a... Prise unique, vous n'achetiez pas des meubles, on ne savait même pas qu'ils vont venir. Mais à l'époque, en gros, ça n'a pas touché vraiment toute la population. Mais effectivement, c'était une démarche assez... Voilà, l'idée de rendre le design accessible. Le design aussi, ils avaient même édité des œuvres d'art. Ah oui, c'est vrai,
- Speaker #1
tu l'avais raconté sur LinkedIn.
- Speaker #2
Avant même de commencer le mobilier, ils avaient déjà fait...
- Speaker #1
qui roulaient, c'est ça ?
- Speaker #2
C'était positionné dans des tubes. Ils vendaient ça à 100 euros et c'était des œuvres...
- Speaker #1
Sans francs ?
- Speaker #2
Sans francs, juste trop jeune. Mais oui, c'était sans francs, l'œuvre d'art.
- Speaker #1
C'est fou, ça, comme idée aussi.
- Speaker #2
C'était assez révolutionnaire. Après, on a évoqué Ikea aussi tout à l'heure et Ikea aussi, il fait quand même de façon historique. Il a toujours travaillé avec des designers. Oui, bien sûr. Et même le fait que dans les magasins, il y a la petite photo et le nom du designer. J'adore, ça, c'est super. Et là, pareil, ça, c'est des pièces. Voilà, tout. On ne va pas forcément, si on aime Ikea, on aime pas Ikea. Mais il y a quand même des choses en design qui sont quand même super intéressantes. Et ils sont aussi super précurseurs. Et le Ikea Vintage, c'est vraiment une dinguerie.
- Speaker #3
C'est revenu beaucoup, là. Oui,
- Speaker #2
et je vous invite à regarder. Je crois que c'est sur le site Ikea Museum. Merci à tous. tous les catalogues de l'histoire d'Ikea qui sont en ligne. Je ne savais pas. Tu regardes les années 50, 60, tu remontes tout, tu peux tous les feuilleter. Il y a des mises en scène qui sont très drôles, les messieurs en peignoir, les cigarettes, les petits verres de vin. Ça vaut le coup de regarder les premiers catalogues. Et pour les pièces, on se dit on voit bien acheter les pièces de 1960, on les verra bien dans notre intérieur.
- Speaker #1
Bon, pour conclure, comme d'habitude, j'aimerais que vous partagiez chacune une inspiration. Quel est votre meilleur bon plan pour acheter du mobilier design ?
- Speaker #0
Moi, j'avais répondu le bon coin. Parce que pour moi, c'est la première source de mobilier design. C'est les vies de maison, c'est le truc que tu n'as plus envie chez toi, mais qui fera envie à quelqu'un d'autre. Pour moi, c'est le meilleur plan, c'est le bon coin.
- Speaker #1
Toi,
- Speaker #2
Sarah ? Moi aussi, c'est chiner. Ce sera effectivement Emmaüs ou Le Bon Coin, le fait de chiner une pièce vintage. S'il y a une pièce design rééditée qui me fait vraiment envie, on va regarder sur Internet. Mais je ne m'achète pas des lampes à 2 000 euros. Hélas, je ne peux pas m'en acheter. Donc, je m'achète mes lampes à 10 euros chez Emmaüs. Et toi, Betty ? C'est quoi ton bon plan ?
- Speaker #3
Quand je suis arrivée à Bruxelles et ce qui m'a donné envie d'aller chigner, c'est vraiment la place du jeu de balle. Je trouve que c'est les meilleurs week-ends, des week-ends ensoleillés comme le week-end dernier. C'est le meilleur endroit.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous expliquer un peu ce que c'est ?
- Speaker #3
La place du jeu de balle, c'est une place dans les maraudes à Bruxelles. Vous jouez à la balle. Et tous les jours, sauf, je crois, le 21 juillet qui est la fête nationale parce qu'il y a le balle sur la place,
- Speaker #2
il y a un marché au plus. Tous les jours, toute la semaine ?
- Speaker #3
Oui. toutes les jours de toute la semaine toute la journée et donc la semaine les gars arrivent plutôt vers 8h 7h, 8h c'est des tentes et jusque 13h, 14h genre le week-end et c'est des étalages avec différents vendeurs il y en a où il y a une curation il y en a d'autres pas et t'arrives toujours à trouver ta petite toste et c'est vraiment un point de rendez-vous avec des amis qui sont passionnés ou pas de brocante qui qui... ne font pas du tout ça comme métier. On va se retrouver là, chacun fait son petit tour et puis il y a un petit café et il n'y a que des petits bistrots. Vraiment des petits bistrots, tu vois, genre, je ne sais pas, le Marseillais, c'est vraiment un truc de paye, tu vois, c'est le muche et tout et on va se retrouver là et c'est trop sympa. Enfin, c'est trop, trop sympa et je trouve que c'est vraiment encore un endroit où déjà, un, tu peux sentir la ville, Bruxelles, où c'est cosmopolite et où je trouve que tu peux faire des bonnes affaires avec un petit budget.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toutes les trois pour cet échange. On profite pour dire que toutes les références, les designers dont on a parlé, les adresses, etc. sont à retrouver sur mon site www.bureau-bienvu.com Merci à vous qui nous écoutez. On se retrouve très vite pour un prochain épisode.