Speaker #0Bienvenue dans Bonbon et Choux de Bruxelles. Ici, on croque dans l'âme. Parfois sucré, parfois amer, chaque bouchée nous nourrit d'une meilleure connaissance de soi. La fierté est une émotion ambiguë. On l'associe parfois à l'arrogance, à l'ego, au fait de se croire supérieur. Et pourtant, on parle aussi de fierté saine, de dignité, de respect de soi. Dire « je suis fier de moi » peut sembler simple, mais pour beaucoup de personnes, c'est une phrase difficile à prononcer. Dans cet épisode, je vous propose de décortiquer la fierté, ce qu'elle est vraiment, ce qu'elle dit de notre rapport à nous-mêmes, des valeurs qu'elle révèle. des traits de caractère qui l'accompagnent et de ce qui la distingue de l'orgueil ou de la vanité. D'abord, qu'est-ce que la fierté ? La fierté, c'est une émotion liée à l'estime de soi. Elle apparaît quand on reconnaît une action, un effort, un chemin parcouru, une cohérence entre ce que l'on fait et ce que l'on est. Contrairement à une idée reçue, la fierté n'est pas forcément tournée vers le regard des autres. Il existe en fait deux formes très différentes. La fierté externe, qui elle, dépend de la reconnaissance, des résultats visibles, de la validation sociale. Et la fierté interne, plus silencieuse, qui naît quand on se respecte soi-même. La fierté saine ne dit pas Je suis meilleur que les autres, mais plutôt, je suis en accord avec moi-même. Si on s'intéresse aux traits de caractère des personnes fières, on remarque que les personnes capables de ressentir une fierté saine présentent souvent certains traits, un sens de la responsabilité. Elles reconnaissent leur part dans ce qu'elles accomplissent. Il y a aussi une solidité intérieure. Leur valeur ne repousse pas uniquement sur l'approbation extérieure. La capacité à reconnaître l'effort, pas seulement le résultat, mais le chemin parcouru. Et puis, une stabilité émotionnelle relative, puisque la fierté aide à traverser les moments de doute. Mais attention, la fierté peut aussi basculer en rigidité. Quand on refuse de reconnaître ses erreurs, en défense de l'ego, quand elle sert à masquer une insécurité profonde, en comparaison permanente, quand elle dépend du fait de faire mieux que les autres. Dans ces cas-là, on n'est plus dans la fierté, mais plus dans une tentative de protection du moi. Quelles sont les valeurs et les émotions liées à la fierté ? La fierté est intimement liée à plusieurs valeurs fondamentales. La dignité, c'est-à-dire le sentiment d'avoir une valeur intrinsèque. Le respect de soi, poser des limites, rester aligné. La cohérence, faire des choix en accord avec ses principes. Et parfois, le courage. Car être fier de soi implique souvent d'avoir osé. Côté émotions, la fierté s'accompagne de satisfaction intérieure, sentiment de légitimité, apaisement, parfois même joie calme non démonstrative. Elle peut aussi cohabiter avec d'autres émotions, comme la peur de décevoir ou le doute, sans les annuler complètement. Qu'est-ce qui s'oppose à la fierté ? À l'opposé de la fierté, on trouve plusieurs postures. La honte, qui attaque directement l'estime de soi. La culpabilité excessive, quand on se définit uniquement par ses erreurs. Le perfectionnisme, qui empêche toute reconnaissance de soi. Et la fausse modestie, qui interdit de se reconnaître de la valeur. Ces opposés ont souvent un point commun. Ils empêchent de s'autoriser à dire ce que j'ai fait à compter. Pour conclure, il faut voir la fierté comme un socle intérieur. En fait, la fierté, ce n'est pas un excès, c'est un socle. Sans fierté, il est difficile de poser des limites, de faire des choix, de se sentir légitime dans sa vie. La fierté saine, elle ne fait pas de bruit, elle ne cherche pas à écraser, elle tient droit. Et parfois, apprendre à être fier de soi, ce n'est pas ajouter quelque chose, c'est tout simplement arrêter de se dévaloriser. Merci d'avoir écouté cet épisode. Je vous invite à vous poser cette question simple. De quoi ? Pourriez-vous être fiers aujourd'hui, même discrètement ? On se retrouve très bientôt pour un nouvel épisode autour de nos émotions et de ce qu'elles disent de nous. À bientôt ! C'était Moum Bou et Chou de Bruxelles. On a croqué dans l'âme, parfois sucrée. parfois amers. Maintenant il est temps de digérer. A la prochaine !