- Speaker #0
J'entends beaucoup de chasseurs qui disent que la balle monte. Je pense que tu l'as déjà entendu. Le meilleur tireur du monde, avec même le meilleur équipement du monde, il ne va pas mettre 10 balles dans le même trou à 1000 mètres. Quand tu vas tirer, ton percuteur va taper l'amorce, il va créer une étincelle, il va embraser la poudre. La poudre brûle, elle n'explose pas, c'est une combustion. Le canon va libérer du stress, c'est-à-dire qu'il y a des contrats dans la microstructure de l'acier.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue sur Bram. Aujourd'hui j'ai le plaisir de recevoir Jérémy qui est un copain qui est chef de produit chez Soloniak, tireur sportif et également créateur de contenu. Vous pouvez d'ailleurs retrouver sa chaîne qui est les armes et la science by Jérémy. Tous les liens sont dans la description. Ensemble on va parler de son parcours, on va parler de balistique, on va parler de TLD de tir longue distance, on va parler de rechargement, on va parler de la communication en général sur les réseaux sociaux par rapport à cette discipline. Mais avant de commencer, s'il vous plaît, abonnez-vous, c'est super important. Mettez un commentaire, lâchez un pouce bleu et partagez. Bram est disponible en vidéo sur YouTube, mais aussi sur toutes les plateformes d'écoute, comme Apple Podcasts, Spotify ou encore Deezer. Pour toute demande de partenariat, n'hésitez pas à nous contacter par mail à contact-bram-media.com. Je pense avoir tout dit, vous êtes prêts pour cette nouvelle émission, c'est parti. Salut Jerem.
- Speaker #0
Salut Nico.
- Speaker #1
Ça va ?
- Speaker #0
Ouais, ça va bien, ça faisait longtemps.
- Speaker #1
Ben ouais, grave ! Je te remercie pour l'accueil, je te remercie également, est-ce que tu te souviens, il y a 6 ans, 7 ans, que tu m'avais hébergé chez toi ?
- Speaker #0
Oui, c'était très court.
- Speaker #1
Ouais, tu étais le premier à m'avoir un peu tendu la main quand j'étais arrivé chez Soloniak, et du coup je te remercie encore devant tout le monde. Ça fait plaisir. Comme je te l'ai dit, du coup tu es chef de produit chez Soloniak, auparavant tu étais ingénieur munitions.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Tu pratiques le tir sportif, on va parler de tout ça, on va rentrer un peu plus dans les détails. Mais avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #0
Oui, alors Jérémy, j'ai 32 ans, je suis originaire du Pas-de-Calais, j'ai maintenant un G-Ronde. Je suis tireur à longue distance, donc c'est une discipline qui consiste à tirer des cibles à des distances éloignées. Je fais du rechargement, j'ai une chaîne YouTube qui traite de thématiques autour du rechargement et du tir à longue distance. Je suis chef de produit chez Soloniak, développement de produits orientés autour de la chasse et du tir sportif. et milieu des armes. Et jeune papa d'un petit jeu de 18 mois.
- Speaker #1
Par quoi tout ça, ça a commencé ? Comment tu es rentré dans ce milieu ?
- Speaker #0
Ça a commencé très très jeune. Je pense que si on rembobine la ficelle jusqu'au début, tout gamin déjà à 7-8 ans, quand j'allais faire les courses avec maman, c'était aller chercher le fusil à billes, le petit jouet, etc. Et papa râlait à chaque fois que je revenais avec un nouveau jouet. Et puis de fil en aiguille, arrivé à 11-12 ans, mon grand-père m'a acheté ma première carabine à plomb. À 14-15 ans, je me suis payé ma première 22. Et puis, de fil en aiguille, après, c'est parti un petit peu en cacahuète quand j'ai commencé à avoir mes premiers salaires, où tout passait là-dedans. Mais donc, c'est vraiment petit à petit crescendo, en commençant un peu comme tout le monde, avec une carabine à plomb et une 22.
- Speaker #1
Est-ce que tu te souviens, justement, de ce moment où tu as tiré pour la première fois avec cette arme, avec cette petite carabine à plomb ?
- Speaker #0
Oui, c'était chez mes grands-parents. La 22, un peu moins, parce que je ne me rappelle plus trop quand on avait fait les premiers essais. Mais oui, c'est vraiment mon grand-père qui m'a tout appris. sur le maniement des armes, la sécurité autour des armes, la bonne utilisation, le réglage des lunettes de carabine. Donc, tout ça, c'est commencé par lui. Quelle est ton approche justement par rapport aux armes et les enfants ? Parce que tu disais que tu avais 11 ans et tu étais déjà en train de tirer un peu à la carabine.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça peut t'apporter à l'âge-là ?
- Speaker #0
Beaucoup de concentration, de respect du matériel. On m'a toujours appris le fait que les règles basiques de sécurité n'en pointent jamais. l'arme vers quelque chose qu'on ne veut pas toucher, tout simplement. Donc, pas d'animaux, pas de personnes. Le fait de donner un peu de responsabilité parce qu'en fait, très rapidement, ils m'ont laissé très autonome avec la carabine, avec le fait que... Je vais dire, une fois que je l'avais pris, je demandais l'autorisation pour avoir la carabine. On me donnait le go, ils me filaient les plombs et ensuite, ils me faisaient confiance à les tirer dans le jardin. Il n'y a jamais eu d'incident. Et d'ailleurs, je te remercie pour ça parce qu'aujourd'hui, c'est sûrement grâce à... Cette éducation que j'ai eu autour des armes qui fait que j'en suis là aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu as un parcours d'ingénieur, justement. Est-ce que tu peux nous expliquer quelle formation tu as fait ? Comment tu es arrivé à ton poste aujourd'hui ?
- Speaker #0
J'ai fait un bac S. Sorti de mon bac S, j'ai fait deux années en licence de physique. La physique, ça me plaisait. C'était vraiment mon dada. Simplement, je voyais difficilement des métiers qui me plaisaient, à part finir prof de physique ou physicien ou un truc comme ça. Ça ne me beautait pas trop. J'ai rebondi sur une école d'ingénieur qui est Polytech Lille, où j'ai fait trois années en... conception mécanique, où du coup j'avais plutôt comme idée de finir ingénieur dans la conception, dans les voitures, dans l'automobile, dans... l'aviation, le train, il y a plein de sujets qui embauchent beaucoup en ce moment là-dessus. Et puis en fait, j'avais toujours le week-end, pendant mes études, la carabine, c'était la 22 plutôt quand j'étais étudiant. Et puis à la fin de mes études, je me suis dit, wow, finalement, est-ce que j'ai vraiment envie de bosser dans le monde d'automobile ? Est-ce que j'ai vraiment envie de bosser dans tout ça, d'avoir un job entre guillemets alimentaire, ce qui n'est pas vraiment ta passion ? Je me suis dit, allez, vas-y, on va essayer de faire tout ce qu'on peut pour que finalement, on bosse dans le milieu des armes. J'étais passionné de ça. J'ai fait un diplôme en gestion de projet pour pouvoir gérer des projets. projets d'ingénierie et avoir plutôt le côté plus ouvert à d'autres thématiques qu'uniquement la conception mécanique. Et puis suite à ça, j'ai postulé chez Soloniak. J'ai envoyé une candidature spontanée. Il y avait un job qui était ingénieur dans la conception pour les accessoires d'études sportives et un autre job qui était ingénieur en munitions, pour le développement des munitions. Donc j'ai fait le déplacement, j'ai passé les deux interviews le jour même. J'ai été embauché sur les deux. Ils m'ont dit, tu choisis. J'ai pris les munitions.
- Speaker #1
Trop bien ! Qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans ton parcours ? Quel moment tu te souviens par rapport à une prise de décision, quelque chose de difficile à prendre à travers tout ton parcours ?
- Speaker #0
Oui, je vois bien. En fait, quand j'ai terminé mes études, j'avais fait 2 bacs plus 5, j'avais un petit peu ras-le-bol des études et je ne me sentais pas forcément prêt à tout de suite voler sur le premier job qui volait à ma porte, entre guillemets. J'ai dit à mon père, à ma mère, écoutez, je vais prendre 6 mois. je ne ferai pas une charge financière, je vais gérer les finances, ne vous inquiétez pas, j'en aurai des cours de maths, des trucs comme ça pour financer, mais je lance ma chaîne YouTube autour des armes et des munitions. Ils vont tous regarder et dire, mais tu fais quoi YouTube ? Pourquoi dans ce domaine ? Donc il a fallu que j'argumente beaucoup, ils m'ont fait confiance en disant, écoute, tu es grand, tu te gères, tu prends tes propres risques, tu te débrouilles. J'ai lancé ma chaîne, en quelques mois, on a atteint près de 10 000 abonnés. si en contactant ensuite Solonia qui du coup avec Solonia ce background de youtubeur dans le monde de l'arme, de la munition avec déjà quelques vidéos à mon actif ça aussi je pense beaucoup faciliter à mon recrutement en disant bon il a l'air de tenir la route le mec, ça a été un moins gros risque pour eux pour m'embaucher ensuite. Donc en fait finalement c'était une prise de risque positive parce que ça permet d'avoir un CV qui est plutôt sympa pour le futur recruteur.
- Speaker #1
C'est à ce moment là qu'on s'est rencontré aussi quand je suis arrivé chez Soloniak un peu pareil parce que moi j'étais dans l'influence le marketing d'influence avec les réseaux sociaux et les influenceurs chasse et j'ai été pris aussi par rapport à ça des profils similaires tous les deux exactement et on s'est lancé sur les réseaux sociaux à peu près au même moment dans deux thématiques un peu différentes mais on a beaucoup de similitudes qu'est-ce qui te passionne le plus dans ton métier aujourd'hui ?
- Speaker #0
aujourd'hui tu es chef de produit chez Solonia qu'est-ce qui te passionne le plus ? pour moi le métier de chef de produit c'est le challenge de trouver des solutions à des problématiques c'est dans ta pratique quels sont les... pain points, quels sont les éléments qui parfois peuvent te gêner dans ta pratique où tu te dis si seulement je pouvais corriger ce problème-là. Donc c'est de bien les identifier, trouver des solutions techniques, ça peut être par des produits, par des améliorations de produits, par des services, pour simplement que ton expérience soit fluidifiée, simplifiée et qui est moins accro. Ça va passer du coup par ensuite une mission d'un beau cahier des charges, où du coup, quand on définit ce produit qui répond à ces problématiques, une bonne rédaction claire du cahier des charges pour ensuite... driver l'équipe d'ingénieurs et de designers qui vont ensuite designer le produit qui va répondre au cahier des charges initial. Ça, c'est l'objectif. Des fois, dans la pratique, il faut être agile parce qu'il y a des petites surprises qu'on n'attendait pas. Mais voilà, c'est ce côté identifier les problèmes et puis ensuite, le fait de driver une équipe tout au long de la conception d'un produit. Je suis un concepteur de base. Initialement, j'étais plutôt censé être le mec derrière l'ordinateur à faire les plans, etc. Là, le fait que ce soit un petit peu le métier de chef d'orchestre sur ce métier de chef de produit qui me passionne.
- Speaker #1
Donc, tu es passionné de tir. D'armes, est-ce que ton entourage comprend ta passion ? Comment tu as pu leur expliquer ?
- Speaker #0
Répondre oui, parce qu'ils se sont bien rendu compte que c'était un truc qui me drive au quotidien. Après, je ne la partageais pas forcément. Je suis le seul tireur de ma famille, je suis le seul chasseur de ma famille. Il n'y a que mon grand-père qui avait un peu le désir des armes, mais encore assez limité quand même. Je suis le seul tireur sportif, le seul chasseur de mon entourage. En tout cas, le mandatoire de ma famille. Ils te suivent un petit peu sur ce que tu fais avec les réseaux ? Alors, je ne crois pas trop. Je ne pense pas que ma mère et mon père me suivent trop là-dessus. Ma compagne, oui, pas mal. C'est mon grand-père qui me suivait, par contre, plus beaucoup dans la presse spécialisée. J'écris dans Tirmag, dans Connaissance de la chasse ou Arme de chasse, des magazines. Et lui, à chaque fois qu'il y a un nouveau numéro, achetait le magazine. Et c'était le premier à dire, j'ai lu ton dernier rac. Ça me faisait plaisir.
- Speaker #1
On va rentrer plus en détail sur le TLD,
- Speaker #0
le tir à longue distance. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est ? Le tir à longue distance, c'est une discipline qui consiste à tirer des cibles éloignées. Ces cibles éloignées peuvent être des distances très variables. On va dire que le tir longue distance commence à partir de 400-500 mètres environ. Pour aller jusqu'à des distances très éloignées, il y a des personnes qui sont capables de toucher des cibles à 2-3 kilomètres, voire plus. Bien sûr, ce sont des cibles qui sont de taille assez importante à ces distances. On va diviser ça en deux catégories. On a la partie tir sur cible métallique, on appelle ça dans le communément des gongs, parce que ça fait le bruit d'une cloche quand tu la touches avec une balle. Ensuite, il y a du tir sur cible, où là c'est des cibles papier, on va compter les points. En France, en tout cas, 99... 19 de la pratique du tel des et sur gong sur des plaques métalliques et les distances standard de tir longue distance ça va être entre 600 et 1000 mètres en france même si on trouve de plus en plus de pas de tir qui vont jusqu'au one miles comme disait américain qui environ 1600 m voilà par exemple on est dans une région qui est très sympa pour ça parce que en gironde on a quatre pas de tir qui vont à plus de 1600 m donc là je fais moins d'une heure de route en partant de la maison et j'ai quatre possibilités de tir à 1600 m qu'est ce qui te plaît justement dans cette de passion.
- Speaker #1
passionne le plus ?
- Speaker #0
En fait, il n'y a pas de limite. C'est-à-dire qu'on peut tirer toujours plus loin et avec toujours plus de précision sur des cibles de plus en plus petites. Il n'y a pas vraiment de limite. Et donc, c'est finalement un peu une enquête scientifique qui drive au quotidien, qui est quel élément je peux améliorer pour améliorer ma compabilité de coup au but. Donc, en fait, moi, je vois vraiment ça comme le prisme de l'ingénieur qui, en fait, a un certain nombre de paramètres. Toutes nos munitions ne sortent pas à la même vitesse. Toutes nos munitions ne tombent pas dans le même trou à 100 mètres. il y a des dispersions naturelles de nos groupements. on tire des projectiles qui sont plus ou moins réguliers. Et tout ça crée une gerbe à longue distance. Le meilleur tireur du monde, avec même le meilleur équipement du monde, il ne va pas mettre 10 balles dans le même trou à 1000 mètres. Ça n'existe pas en fait. Donc comment on est capable d'isoler certains paramètres pour essayer de voir en fait quels paramètres te donnent l'effet le plus néfaste sur ta probabilité de coup au but. Et donc comment je l'améliore ? Comment j'améliore la régularité des vitesses de mes milices ? Comment j'améliore la régularité de mes projectiles ? Parce qu'il y a des moyens pour soit changer... projectiles, ou soit retravailler les projectiles pour qu'ils soient plus efficients. C'est cette enquête au quotidien qui n'a pas vraiment de limite parce qu'on peut toujours tirer plus loin, on peut toujours tirer plus précisément. Donc c'est un travail d'amélioration sans cesse.
- Speaker #1
Ça paraît être une activité vachement scientifique, très fermée. Tu vois, tu as un parcours d'ingénieur pour pouvoir la pratiquer, mais est-ce que c'est aussi fermé que ce que l'on pense ?
- Speaker #0
En fait, non, je ne pense pas. Quand on fait du tir tel des loisirs, Il n'y a pas vraiment besoin d'avoir un background d'ingénieur ou de scientifique plus que ça. Il y a quelques petites notions à avoir, quelques notions assez basiques de mathématiques. Je pense que toute personne qui a été jusqu'en troisième est capable de suivre pour ça. C'est par contre quand tu arrives à un certain niveau, tu veux devenir performant dans le monde de la compétition. Il y arrive un moment où ça devient un petit peu comme de la F1 entre guillemets. Il y arrive un moment où il y a des besoins de régularité mécanique, de régularité de performance que tu... tient pas un petit background scientifique. Quelles sont les clés, selon toi, justement,
- Speaker #1
pour bien progresser ? C'est la recherche, c'est le côté scientifique, le côté test, le côté...
- Speaker #0
C'est de ne pas griller les étapes. Moi, je vois énormément de personnes qui veulent se mettre au tir à longue distance, qui voient les compétiteurs tirer avec des gros calibres Magnum, des munitions extrêmement performantes, mais en fait, c'est beaucoup trop à apprendre quand on commence par ça. Je fais souvent une analogie avec le fait de commencer à apprendre à conduire. À ta première séance à l'auto-école, ils te filent d'abord le volant, puis après, ils te filent le pédalier pour éviter qu'à la première séance, tu aies la voiture, tu as tout en même temps. C'est très compliqué. En fait, quand tu commences avec des gros calibres Magnum, tu dois tout apprendre d'un coup. Donc, tu dois apprendre à gérer le recul, tu dois apprendre à développer des munitions performantes parce que les calibres Magnum coûtent excessivement cher à tirer et à alimenter. Donc, tu es obligé de recharger, sinon simplement pas suivre. Donc du coup, tu dois apprendre... tout un tas d'éléments en même temps, et donc du coup t'as du mal à identifier dans toute cette chaîne, dans tout ce maillage, quel est l'élément qui te bride en fait. Et donc ils passent un temps fou, un pognon monstre, à essayer de comprendre ce qui va pas, alors que s'ils avaient fait les étapes classiques qui sont je commence avec du tir à la 22 long riff, pour avoir les fondamentaux, tu peux apprendre la balistique, il y a énormément de personnes qui font du TLD à la 22. Énormément, c'est la grosse moelle en ce moment, avec une 22 long riff on peut tirer des cibles jusqu'à 500 mètres, même plus que ça. Une cible qui fait 30 par 30 à 500 mètres, maintenant, les compétiteurs, ce n'est plus un souci pour eux. Comme ça, ça permet d'avoir une très bonne école. Ensuite, on passe sur un calibre intermédiaire, un 308, un 6.5, une mort, quelque chose qui est performant, mais pas non plus hyper complexe à maîtriser. Après, si l'objectif, c'est vraiment d'aller chercher à très longue distance, on termine par un magnum. Il y a beaucoup trop de personnes qui font un short cut, vraiment un coupe. Ils vont trop vite tout de suite sur le magnum, alors là, ils se cassent les dents. Est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est une séance de TLD ? Tout à l'heure, tu le disais, tu prends ta voiture, tu pars au stand de tir, tu as quasiment une heure de route pour avoir quatre stands de tir différents. Qu'est-ce qui se passe après ? Qu'est-ce que tu vas rechercher également dans cette séance ? En fait, tout dépend de l'objectif de ta séance. Il y a plusieurs types de séances de TLD. Tu vas avoir une séance qui va être une formation de courbe balistique. C'est-à-dire qu'en fait, sur le papier, pour corriger ta trajectoire, tu vas utiliser un calculateur balistique. Tu vas rentrer des données dans ce calculateur balistique. La vitesse, la pression atmosphérique, la température, l'humidité, le coefficient balistique de ton projectile. Ce coefficient balistique, notamment, il est communiqué par les fabricants, mais c'est une valeur qui est moyennisante. C'est-à-dire que cette valeur doit être extrêmement précise pour parfaitement matcher la courbe de ton projectile à toi, dans ton canon à toi. Donc, tu as pas mal de tests à faire pour très légèrement modifier ce coefficient balistique pour que le calculateur te dit que tu l'as vraiment dans la vraie vie. Et donc ça, ça va être une séance, par exemple, où on va mettre des cibles à différentes distances. On va regarder ce que ça donne en correction. On va appliquer cette correction. On va tirer sur le bon. Et là, on va voir, je suis plutôt bas. OK. Donc, le calculateur s'est un peu trompé. On fait ça sur tout un tas de cibles. Et puis, à la fin, on compute les données. Il faut essayer d'avoir toutes les données. Et ensuite, on modifie le calculateur balistique pour qu'il nous donne ce qu'on a vraiment vu dans la vraie vie. Donc ça, ça va être plutôt des séances pour, on va dire, apprendre à ton calculateur balistique à te donner les bonnes valeurs. Et puis après, tu vas avoir des séances qui vont être plutôt sur l'entraînement, sur la lecture du vent. Donc là, généralement, on essaye d'attendre quand il y a des petites tempêtes, des moments où est-ce qu'il y a vraiment le vent souffle. Parce qu'en fait, dans des conditions calmes, presque tout le monde a chance égale. Parce qu'en fait, quand tu n'as pas beaucoup de vent, à partir du moment où tu connais tes corrections de hausse, tout le monde est capable de toucher. Par contre, quand il commence à y avoir du vent, lisez le vent jusqu'à 1000 mètres. en fonction du relief, en fonction de est-ce qu'il y a un bosquet qui me couvre à un endroit est-ce que j'ai un système de vallon qui fait que mon projectile va être tout poussé vers le bas vers le haut, vers la gauche c'est cet élément là qui en fait fait la différence entre des bons tireurs et des excellents tireurs et pour ça en fait il faut pratiquer dans des conditions difficiles donc là souvent on dit entraînement difficile, compétition facile une guerre facile là c'est un peu le même principe où du coup on va essayer de tirer dans des conditions un peu difficiles pour apprendre cette lecture du vent qui est vraiment l'élément le plus complexe de notre discipline. Il y a un jargon américain qui dit « Elevation is science » , donc le fait de pouvoir corriger la hauteur, c'est juste de la science. « Windage is vaudou » , vraiment la correction latérale, c'est un peu de la sorcellerie. Et ça, c'est vraiment bien résumé.
- Speaker #1
Quels sont justement les facteurs environnementaux que tu peux rencontrer quand tu tires comme ça ? Là, tu nous as parlé du vent, tu parlais du relief, est-ce qu'il y a la température ? En fait,
- Speaker #0
tu peux imaginer que le projectile... il rencontre une masse d'air. C'est cette masse d'air qui va le freiner. C'est cette masse d'air qui va faire qu'il va tomber plus ou moins vite. On a besoin de connaître la densité de cette masse d'air pour savoir à quel point notre projectile va freiner. La densité de cette masse d'air dépend d'un certain nombre de paramètres. La température. C'est pour ça que l'air chaud monte, parce qu'il est moins dense. C'est l'effet d'alchimètre. Plus la pression est importante, plus l'air est dense, plus la balle va freiner. C'est pour ça qu'en haute altitude, souvent, il y a moins de pression. L'hygrométrie va jouer. mais dans le mauvais sens qu'on le pense. Beaucoup pensent que plus il y a d'humidité, plus l'air est dense. C'est faux. L'humidité va remplacer des molécules de l'air par des molécules qui sont plus petites. Donc plus il y a d'humidité, moins l'air est dense. Ensuite, tu vas avoir un dernier élément. Là, on a vraiment tout ce qui concerne la densité de l'air. Après, tu vas aussi avoir des phénomènes plutôt visuels qui vont te tromper. On appelle ça le mirage. Quand tu regardes une route qui est très chaude et que des fois tu vois comme des flaques sur la route, c'est la lumière qui se réverbère sur cette différence de chaleur et qui monte le ciel. C'est pour ça que tu as l'impression que c'est une flasque, mais en fait, c'est le ciel. Et en fait, tu peux avoir ce même phénomène, tu vois la cible à un endroit, mais elle n'est pas à cet endroit-là. Parce qu'en fait, les différences, ce qu'on appelle les gradients de température, donc les différences de température entre le sol et l'air, va faire que la lumière, au lieu de prendre une parfaite ligne droite, elle va prendre une trajectoire courbe. Et donc, tu penses viser la cible à un endroit, mais elle n'est pas là. Tu la vois là, mais en réalité, physiquement, elle n'est pas à cet endroit-là. C'est ce qu'on appelle les phénomènes sol chaud ou sol froid. Et donc, on a un peu des abats quand on sait que quand on a telle condition météo... en fait, on va mettre deux clics de plus ou deux clics de moins pour compenser cet effet de mirage, parce que notre cible, elle n'est pas l'endroit où est-ce qu'on pense.
- Speaker #1
À partir de quelle distance on va avoir un impact sur son tir, justement ? Parce que là, tu nous parlais de tout ça, mais il y a peut-être des chasseurs qui nous écoutent. À partir de quelle distance, vraiment, on peut vraiment avoir un fort impact sur son tir ? On prend en compte ces facteurs.
- Speaker #0
Alors, sur les facteurs environnementaux, on va dire pression atmosphérique, etc., c'est vraiment au-delà de 300, 400, 500 mètres que vraiment c'est important. en dessous, qu'il fasse très chaud ou très froid, forte pression ou basse pression à moins de 300-400 mètres, la différence va jouer à quelques millimètres. Normalement, il faut bien comprendre qu'une balle, dès qu'elle quitte le canon, elle chute. Donc, c'est important de connaître absolument la vitesse initiale de son projectile. Plus ta vitesse est importante, plus tu vas avoir une trajectoire qui va être plutôt rectiligne, qui va plus s'approcher d'un laser, entre guillemets, pour ensuite chuter. Plus tu as une balle qui est lente, et plus tout de suite elle est vraiment une cloche importante. Il y a un... mes connaissances sur la balistique surtout sur le niveau de la chasse où beaucoup tu entends beaucoup de chasseurs qui disent la balle elle monte Je pense que tu l'as déjà entendu. C'est une de mes questions. Juste après, j'allais te dire, casse-moi ce mythe de la balle qui monte et qui redescend. Explose-moi ça, là. En fait, ce qui se passe, c'est que les seules forces qui s'appliquent à un projectile, c'est sa résistance aérodynamique, donc c'est vraiment l'air qui le freine, et son poids. Il n'y a aucune force qui va vers le haut. Déjà, le projectile, quand il quitte le canon, automatiquement, il ralentit et il chute. Physiquement, il n'y a pas d'autre force. Par contre, les chasseurs pensent qu'elles montent pour un phénomène optique. Ce qui se passe, c'est que ta lunette et ton canon, ta lunette, elle est au-dessus de ton canon. Donc en fait, ce qui se passe, c'est qu'on dit qu'une lunette de carabine est réglée. Quand l'axe entre ton oeil et le réticule, tu le continues jusqu'à par exemple 100 mètres, et à 100 mètres, ton canon, la courbe magistrique de ton projectile va venir croiser cet axe optique. Donc tu as une convergence, tu as bien ta lunette qui pointe au même endroit que ta balle finie à 100 mètres. Ça, c'est un fait, c'est un réglage. On se règle comme ça. Si tu tires plus loin, tu vas... continuer à viser à un endroit, et puis là, tu vas voir ta balle qui impacte au-dessus de là où tu visais. Tu fais, mince, comment ça se fait, ma balle, elle monte. Comment ça se fait qu'elle monte ? Elle ne monte pas. C'est simplement comme tu as une différence de hauteur à cause de ton montage optique, en fait, même si elle chute, c'est comme si une trajectoire courbe, elle va couper ta trajectoire à deux endroits. Mais c'est juste simplement, ta lunette étant inclinée, c'est un phénomène optique. Et en fait, il faut toujours imaginer, même si tu vises à un point, ton canon est toujours légèrement orienté vers le haut. et ça je tiens à faire un petit qui distinguent au niveau sécurité. Quand on tire une cible à 1000 mètres, la correction qu'on va mettre entre un tir à 100 mètres et un tir à 1000 mètres, c'est de l'ordre de 10 milliradiants. Un milliradiant, c'est égal à 1 mètre à 1000 mètres. Donc grosso modo, en moyenne, sur tous les calibres, on corrige à peu près de 10 mètres à 1000 mètres. Comme si tu visais ta cible, tu pointes ton réticule 10 mètres au-dessus de la cible et elle va finir dans la cible à 1000 mètres. Environ, en caricature. Mais si on réfléchit en termes d'angle, c'est rien du tout en termes d'angle. C'est de l'ordre grosso modo... c'est moins d'un degré. Donc vous mettez votre carabine, vous la levez d'à peine un degré, votre balle, elle va finir à un kilomètre. Et ça, c'est hyper important d'un point de vue sécuritaire pour les chasseurs ou quoi que ce soit. C'est pour ça qu'on demande toujours de faire des tirs fichants. Parce que rien qu'un degré vers le haut, vous tirez à un kilomètre, même avec une balle de chasse, un calque de charge, c'est normal. c'est ce qui est fascinant autour des caravines mais c'est aussi ce qui est dangereux autour des caravines bon merci pour cette précision, parce que le débat de la balle qui monte, qui redescend, je l'ai eu plein de fois. Est-ce qu'il y a d'autres mythes, comme ça, que tu peux venir débunker ? D'autres mythes ? Alors, il y a plutôt des mauvaises habitudes, plutôt. Je ne sais pas si c'est le côté mythe, mais en fait, tu as beaucoup de personnes qui vont dire, quand ils font un réglage de carabine, notamment les chasseurs, surtout s'intéressant aux chasseurs, tu vas tirer sur un carton, par exemple, à 100 mètres, tu vas tirer une balle, deux balles. trois balles, et tu vas dire, voilà, mon réglage, il est fait. Mais ce qui se passe, en fait, il faut comprendre que nos armes ne se comportent pas du tout de la même manière entre la première balle, ce qu'on appelle le coup canon froid, et les coups d'après. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce qui se passe lors du premier coup, tu vas avoir ce qu'on appelle du... Alors, désolé, j'ai beaucoup de termes américains parce qu'il faut avouer que les américains sont bien en avance par rapport à nous sur tout ça. On appelle ça du stress relief, c'est-à-dire le canon va libérer du stress, c'est-à-dire qu'en fait, il y a des contraintes contraintes dans la microstructure de l'acier. Ce qu'il fait lors du premier coup, le canon va un peu se déformer. Il va travailler, il va se mettre en place. Et en fait, ce qui se passe, c'est que souvent, ton premier coup à froid n'a pas du tout le même comportement que les coups d'après. Il va généralement ne pas aller au même endroit que les balles d'après. Et surtout, il ne va pas sortir non plus à la même vitesse que les coups d'après. Et donc, pour un chasseur qui veut, par exemple, régler sa carabine pour dire d'avoir un coup éthique à la chasse, donc sur un canon froid, on ne fait pas un coup de semence avant de faire le premier coup, donc on tire toujours avec des canons froids, ce serait plutôt de se dire je ne tire que des coups de canon froid et c'est compliqué de tirer que des coups de canon froid parce que ça veut dire une sacrée logistique il faut y aller plusieurs jours et parce qu'en fait je vais te donner un exemple parce que moi je suis chasseur aussi je chasse avec une carabine en 6.5 percée une Bergara, entre mon coup de canon froid et mon coup de canon chaud à 100 mètres j'ai environ 3 cm d'écart ce que j'ai fait, comme je vais au stand 2 fois par semaine je prends ma carabine de chasse je tire une balle en début de chaque séance J'ai fait une dizaine de balles de coups froids, ça m'a fait un groupement. Je utilisais toujours la même cible. Ensuite, j'ai fait toujours mes deuxièmes coups dans une autre cible. En fait, je fais deux groupements. Mon groupement canon froid, il est là. Mon groupement canon chaud, il est là. Sauf que quand tu règles ta carabine directement avec trois ou quatre coups d'affilée, là, tu règles sur les canons chauds. La chasse, tu ne feras jamais un coup canon chaud. Sur certaines armes, c'est beaucoup plus violent que sur d'autres. C'est pour ça, notamment, que tu payes certaines armes beaucoup plus cher. ça va plutôt dans la méthode de fabrication des canons Donc tu as des canons qui sont déstressés, comme disaient les fabricants, c'est-à-dire qu'il y a un traitement thermique suite à la fabrication du canon qui va libérer de manière définitive toutes ces contraintes qu'il y a dans l'acier, ce qui fait que souvent ton premier coup à froid va dans le même groupement que les canons coup à chaud. C'est généralement sur des canons assez haut de gamme, c'est généralement pas les carabines de monsieur et madame tout le monde qui n'ont pas trop de budget. même s'il y a des fabricants qui le font qui restent accessibles, TICA par exemple TICA c'est des excellents canons c'est des canons qui sont forgés à froid et à la fin on a un déstressage du canon qui fait qu'en fait le coup canon froid il est quasiment identique au coup canon chaud mais pour 90% des marques de carabines qu'on a dans le monde de la chasse,
- Speaker #1
on n'a pas ce traitement à la fin et qui fait que c'est intéressant de regarder comment se caractérise ton coup à froid donc ça veut dire que pour des personnes qui vont aller tirer un animal par exemple en montagne
- Speaker #0
à 200 mètres admettons avec des réglages sur canon chaud du coup quand ils vont tirer plus de balles on peut quand même avoir des différences de quelle ordre à peu près dis-toi regarde ma Bergara c'était 3 cm à 100 mètres c'est proportionnel donc à 300 mètres ça va faire 9 cm ouais plus tous les facteurs environnementaux qui vont venir impacter ton tir dessus quoi donc 9 cm c'est la différence entre une bonne balle et une mauvaise balle tu penses que les chasseurs sont formés et éduqués là-dessus justement ?
- Speaker #1
pas du tout
- Speaker #0
Je pense que c'est une particularité française. J'ai la chance de pouvoir discuter avec pas mal de chasseurs dans d'autres pays et de tireurs dans d'autres pays. Je pense notamment à l'Allemagne. Un chasseur en Allemagne va monter sa lunette de carabine, va régler sa lunette de carabine, va pratiquer.
- Speaker #1
Alors qu'ici, en France... Alors qu'ici,
- Speaker #0
la plupart ne savent pas monter une lunette de carabine, ne savent pas régler une carabine, vont une fois par an, et encore c'est les meilleurs, régler la carabine avant la saison. En fait, c'est vraiment un gros manque de... Je ne sais pas dire, c'est presque d'investissement, en fait. Je trouve que c'est... Je trouve ça dommage, en fait. On a quand même la vie d'un animal au bout de la carabine. C'est important pour moi de faire un tir éthique. Moi, je tire quand je suis certain que je vais faire une belle balle. Et pour ça, en fait, je m'oblige à m'entraîner. Je m'oblige à tirer beaucoup de balles. Je m'oblige à ce que mon matériel soit parfait. Parce que c'est ma conscience qui veut ça. Et je trouve ça dommage, en fait, qu'il y ait beaucoup de personnes qui laissent ça dans les mains de l'armurier, parce que la plupart des tirs en France, c'est quand même des tirs de battu où du coup, on a un animal qui est en train de courir et il faut quand même s'entraîner pour avoir ce swing. Je trouve que vraiment, il y a trop peu d'implication à l'entraînement, à la chasse en France. C'est vraiment une singularité française.
- Speaker #1
Moi, je complète ce que tu dis aussi. C'est le message aussi que je dis souvent à travers les épisodes ou à travers d'autres réseaux sociaux. C'est de vouloir tirer vite. En fait, j'ai l'impression qu'en France, notamment en battu, il faut envoyer de la balle, de la balle, de la balle. les gens ne s'appliquent pas sur leur première balle. Et là, tu viens aussi compléter tout ce que je pense aussi, parce que les gens n'ont pas cette connaissance balistique et ils vont laisser à l'armurier. L'armurier va mettre 4-5 balles, il va griller 4-5 cartouches pour régler la carabine à chaud. Donc, on est totalement à l'inverse de ce qu'on devrait faire.
- Speaker #0
Ouais, et puis après, tu rajoutes aussi le fait qu'on a des particularités françaises. Tu vois, la fameuse Browning Bar, en France, c'est l'une des carabines les plus utilisées en battue. Et elle n'est presque vendue qu'en France, parce qu'il n'y a qu'en France qu'on pratique comme ça. Avec des calibres Magnum, comme le 300 Winchester Magnum, un calibre Magnum qui, normalement, nécessite des très grosses longueurs de canon pour pouvoir s'exprimer, sauf que là, on est dans des canons de 51, à la performance d'un 308, en fait, d'un 306 dans ta Carallon semi-auto. Et puis, voilà, ce fait de vouloir enchaîner trois coups rapidement, il n'y a pour ainsi dire qu'en France qu'on a ça.
- Speaker #1
Ok, c'est super intéressant, en tout cas, de pouvoir échanger sur ce sujet-là. Justement, tout à l'heure, tu nous parlais de calculateurs balistiques.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous parler un peu des outils que tu utilises ? Il y a plusieurs outils qui sont indispensables aux tireurs à longue distance. Le calculateur balistique en est un. Aujourd'hui, on a de la chance, c'est que les calculateurs balistiques sont des applications sur téléphone. Tu télécharges ton application, il y en a plein. Souvent, c'est les fabricants de munitions qui t'en proposent. Pour ne pas les citer, tu as Ornady, Lapua, Applied Balistique, etc. Il y en a des dizaines aujourd'hui des calculateurs balistiques qui fonctionnent avec les mêmes mathématiques. Les mathématiques, la physique qu'il y a derrière, c'est le même. C'est simplement plutôt la partie ergonomie d'usage où certains calculateurs sont plus simples, plus intuitifs que d'autres. Ensuite, on va avoir besoin d'une station météo. On appelle ça un Kestrel. C'est un petit appareil qui va te permettre d'avoir la température, la pression atmosphérique, l'humidité. Ça te permet d'avoir tes données en vie neurone mentale. Et ensuite, on a besoin d'un télémètre. Alors ça, ce n'est pas forcément obligatoire parce que les personnes qui pratiquent dans des pas de tir qui sont bien installés, quand tu arrives à ton pas de tir, on te donne une feuille. Et donc, tu as l'identification de chaque cible avec chaque distance. on va dire la cible numéro 1 elle est à 434 mètres, donc t'es pas obligé d'avoir un télémètre. Par contre, des fois, c'est quand même intéressant, quand on change de pas de tir, quand le pas de tir bouge ou quoi que ce soit, d'avoir un télémètre pour vérifier les distances. Une erreur est vite arrivée. Notamment, l'utilisation des télémètres, il y a une grosse méconnaissance autour de l'utilisation des télémètres. On pense qu'on vise la cible en plein centre, on clique dessus et il nous donne la distance de la cible. C'est pas si simple que ça. Un télémètre, ça envoie un rayon. Ce rayon, il a un cône, en fait. Ce cône va venir frapper ça fait un écho, donc l'onde lumineuse revient vers le capteur qu'il y a sur le télémètre, et c'est l'écho le plus fort qui va donner la distance. Sauf que si ta cible est grosse comme ça, et que derrière tu as une énorme butte de terre, l'écho le plus fort, c'est la butte de terre. Donc en fait, le télémètre va te donner la distance de la butte de terre alors que tu as télémétré. Donc il y a plein de petites astuces comme ça, où parfois, il faut réussir à juger d'expérience pour savoir est-ce qu'il m'a vraiment pris ma cible ou est-ce qu'il m'a pris la butte de terre. Et c'est valable aussi dans le monde de la chasse. Au monde de la chasse, nombre de fois, je me suis fait avoir où je pense télémétrer le chevreuil, mais en fait je vais télémettre la forêt qui est derrière ou quelque chose comme ça. parce que l'animal est un petit peu lointain et que je n'ai pas fait un télémétrage parfait. C'est pour ça qu'il y a une certaine manipulation à avoir sur le télémètre pour garantir qu'on ne se fait pas avoir.
- Speaker #1
Quelle est justement la limite matérielle que tu peux avoir sur le tir à longue distance ? Parce que là, tu nous parlais un petit peu des défauts par rapport au télémètre, mais est-ce qu'on peut tirer de plus en plus loin ou alors il y a vraiment une limite ?
- Speaker #0
Non, il n'y a pas de limite. Il n'y a pas de limite. Aujourd'hui, en plus de ça, la France, on peut dire... ce qu'on veut sur les armes, mais on est plutôt bien logé. Aujourd'hui, énormément de très gros calibres sont disponibles en catégorie C. Il n'y a pas besoin de permis spécifiques. Je vais prendre des calibres comme le 375 Shakedag, le 416 Barrette. C'est des monstres. Ça développe 13 000, 14 000 joules. C'est capable de tirer les cibles à 3, 4 kilomètres. Aujourd'hui, notre principale limite, ça va être, en France, trouver les pas de tir. Pour trouver un pas de tir, où est-ce qu'on peut tirer à 3 ou 4 kilomètres ? Il n'y en a pas 36 en France. Vraiment, aujourd'hui, j'ai envie de dire, le matériel a tellement évolué en une dizaine d'années. Il y a dix ans, toucher une cible à 1600 mètres, c'était un truc de dingue. Aujourd'hui, tirer une cible à 1600 mètres et la toucher, je ne peux pas dire que c'est à la portée de tout le monde, mais en tout cas, c'est deux à trois fois plus accessible que ça ne l'était il y a dix ans. Et je pense que ça ne va nous faire qu'augmenter. Et donc, comme on n'a pas des distances incroyables non plus de disponibles enfants, je pense que plutôt la taille des cibles va de plus en plus diminuer. pour contrecarrer cette facilité croissante, on va dire.
- Speaker #1
En préparant l'émission, j'ai découvert que du coup, le plus long tir qui a été effectué, c'est 3,54 kilomètres.
- Speaker #0
Tire létal.
- Speaker #1
Voilà, tout à fait réalisé par du coup un Canadien en 2017.
- Speaker #0
Ça a été battu.
- Speaker #1
Ça a été battu du coup, justement ?
- Speaker #0
Oui, il y a un Ukrainien qui a tiré, je crois, 4 320.
- Speaker #1
Alors voilà, c'était la question que je voulais te poser, c'est est-ce que ça a évolué par rapport à la guerre, etc., qu'il y a en Ukraine ? est-ce que du coup le recherche et développement de l'armée et les tirs comme ça sur la partie longue distance évolue et que ces records du coup se dépassent de plus en plus oui c'est énorme 3,5 mètres c'est énorme je pense que c'est quand même un coup de bol monumental parce qu'il faut avouer qu'à ces distances là le meilleur tireur du monde avec la meilleure arme du monde avec la meilleure munition du monde il reste avec une dispersion qui doit être un peu près d'une cible 1,5 mètre
- Speaker #0
carré, tu vois, 2 mètres carrés, donc t'as quand même encore 30-40% de chance de toucher la cible. Il a eu de la chance, il est rentré, tant mieux pour lui. Mais du coup, aujourd'hui, on a surtout l'arrivée de nouveaux calibres, l'arrivée de nouveaux projectiles, les armes de tir sportif qui commencent à un peu déborder sur le monde du militaire. Aujourd'hui, en fait, on ne demande pas du tout la même chose à une arme de tir sportif et à une arme militaire. Les militaires veulent un peu de portabilité, de la résistance aux conditions climatiques. à la saleté. Donc en fait, tu as tout un tas de jeux de fonctionnement qui est induit par leur cahier des charges. Nous, les tireurs à longue distance français, je sors bêtement la carabine de mon coffre, je fais 20 mètres, je la pose et je ne bouge plus. Donc on n'a pas du tout les mêmes contraintes d'encombrement, de longueur, de poids, etc. Donc on est capable vraiment de pousser les performances à des extrêmes, où aujourd'hui, beaucoup d'armes de civils sont plus performantes que des armes de militaires, très clairement. Alors moi, je suis un tireur sur cible, sur gong. C'est de la partie militaire, je m'y intéresse de loin, simplement pour voir un peu les tendances et l'évolution, parce qu'il y a quand même des parallèles à faire entre ces deux thématiques, qui est le tir sportif et le monde militaire. Je pense qu'en ce moment, il y a beaucoup d'éléments militaires qui sont pompés dans le monde civil. Je vais te donner un exemple, il y a une compétition aux Etats-Unis qui s'appelle le King of Two Miles, qui est une compétition américaine où la dernière cible est à Two Miles, donc ça fait 3200 et quelques mètres, je crois. Il y a 5-6 ans, je crois qu'il n'y a personne qui l'a touché. Un an après, deux personnes le touchent. à Noël. près deux ou trois personnes touchent. Et là, je crois qu'il y a eu cinq ou six touches sur la dernière compétition. On voit qu'on a vraiment une énorme amélioration des performances. Et ce qui se passe, du coup, c'est que toutes les recherches et toutes les combinaisons possibles, combinaisons de longueur de canon, de pas de rayures, de projectiles, de poudre, il y a des milliers, des millions de combinaisons. Et plutôt que l'armée le fasse elle-même, en fait, un côté laboratoire à ciel ouvert qui est fait par les civils, Et l'armée gère un petit peu de mal en regardant, tiens, qu'est-ce qui se passe ? Ces éléments-là, tiens, ils ont l'air quand même de bien performer, on va s'y intéresser. Je pense qu'aujourd'hui, il y a quand même beaucoup de calibres conditionnellement développés pour le tir à longue distance sportif qui, maintenant, vont dans le monde armé.
- Speaker #1
C'est fou ce que tu dis, parce qu'habituellement, c'est l'inverse. C'est plus des énormes budgets, des milliards qui sont mis dans la R&D de l'armée, justement. et après ça arrive dans le civil, et là tu nous dis un petit peu l'inverse.
- Speaker #0
Les deux avancent en parallèle, mais en tout cas je pense que le côté preuve de fonctionnement et preuve de performance est plutôt validé sur du tir sportif, sur du tir sur gong, etc. Pour une fois que tout a été bien validé, ça part plutôt dans les forces spéciales, etc. Alors c'est pas dupliqué dans toute l'armée américaine ou toute l'armée française. Il y a quelques sections maintenant en France de tireurs d'élite dans les forces spéciales qui sont équipées maintenant en Kalipshaï Tak, par exemple. Le calibre Cheytax, c'est un calibre qui est assez récent. C'est un calibre qui a une quinzaine d'années à peu près, peut-être un poil plus maintenant, mais qui a des performances balistiques incroyables. Et voilà, c'est typiquement le genre de calibre qui sont reconnus et trouvés maintenant dans les compétitions de tir très longue distance.
- Speaker #1
Et c'est fou parce que là, du coup, tu disais qu'on peut tirer à 3500, 4000 mètres, 4000 kilomètres.
- Speaker #0
C'est du matériel incroyable.
- Speaker #1
Ouais, pour du tir létal. Est-ce que c'est quelque chose qui va être amené à se développer ? Ça veut dire aussi que du coup, c'est facile peut-être de mettre une balle à 2 km ?
- Speaker #0
Alors facile, pas forcément facile facile. En tout cas, le matériel le rend de plus en plus simple. Il y a quand même besoin d'un sacré niveau de compétence, de travail, de qualification de la munition, de tout un tas d'éléments. C'est clair que ça n'a jamais été aussi facile entre guillemets qu'en 2025 de mettre une balle à 2 km. C'est en train de se faciliter entre guillemets. Après c'est quand même du matériel de... pointe. Ce n'est pas avec la carabine de chasse standard et la lunette de chasse standard. Mais il faut avouer que c'est quand même de plus en plus accessible, de plus en plus courant. Aujourd'hui, en France, c'est la même catégorie que les armes de chasse. Donc, aucun problème à l'achat et la détention par n'importe qui. Ouais, en tout cas, c'est sur un trend d'une plus grande performance, très largement, oui.
- Speaker #1
Quel est le record, du coup, sur une cible touchée ?
- Speaker #0
Eh bien, je n'ai pas le chiffre exact, mais je crois que c'est 6 milliards. Donc, ça fait 5 400 mètres. C'est Paul Phillips, un tireur américain qui a d'ailleurs gagné le King of Two Miles, la compétition dont je te parlais tout à l'heure. Je crois que le temps de vol pour tirer à ces distances, c'était un truc comme 12 ou 13 secondes. Donc tu tires, tu as le temps de boire ton petit expresso, tu te remets derrière la lunette et là, tu vois la balle arriver.
- Speaker #1
Plus longtemps, en plus, le temps qu'elle revienne, ça doit être encore plus long.
- Speaker #0
Ça doit être encore plus long parce que du coup, t'imagines, la vitesse du son, c'est 340 mètres par seconde. Donc même si tu tapes le gong à 5 kilomètres, il va lui falloir encore 12 ou 13 secondes pour que le son revienne. Donc entre le coup et l'écho. 30 secondes c'est énorme et c'est des balles qui montent à 150-200 mètres d'altitude c'est oui là c'est de la démesure et dis-toi qu'en fait le canon est tellement orienté haut vers le ciel qu'ils peuvent pas avoir une lunette standard parce que sinon si t'as une lunette standard en fait tu voles ton canon dans la lunette donc ils utilisent maintenant des systèmes qu'on appelle des périscopes en fait c'est comme t'as un prisme au bout de la lunette qui fait un renvoi d'angle et qui te permet de regarder à côté Parce que sinon, en fait, tu n'es pas capable de prendre ta visée parce que tu vois le coup de ton cadavre.
- Speaker #1
Et toi, le tir dont tu es le plus fier, c'est lequel ?
- Speaker #0
Ma distance maxi, c'est 2200 mètres. Je n'ai jamais eu l'occasion de tirer plus loin que ça. Avec un 338, la plus à Magnum. On en a fait 2 sur 3 sur un gond qui faisait 80 cm par 80 cm. Donc, j'étais plutôt fier ce jour-là. Après, globalement, c'est certains résultats en compétition où j'ai réussi à faire des deuxièmes places assis avec le rang.
- Speaker #1
Je n'ai pas encore gagné. Mais j'ai fait pas mal de deuxièmes places à chaque fois. que ça se joue à ça. Mais ouais, dernièrement, je fais des belles performances complètes, on va essayer de continuer comme ça. Est-ce que tu peux nous parler de la balistique ? Qu'est-ce que la balistique ? Et de quoi on parle quand on dit de la balistique ?
- Speaker #0
Il y a trois types de balistique.
- Speaker #1
La balistique intérieure,
- Speaker #0
extérieure, terminale. Intérieure, c'est toute l'étude et toute la partie pression qui se dégage à l'intérieur du canon. C'est grosso modo, la balistique intérieure, c'est tant que la balle n'a pas quitté le canon c'est de la maléthique interne donc là ça va être plutôt l'étude des taux de combustion des poudres, les pressions développées dans les munitions, les frottements, la stabilisation du projectile parce que ce sont des canons rayés. Toute cette partie-là, c'est la balistique intérieure. C'est plutôt la balistique des ingénieurs qui bossent dans les différentes marques de fabrication de munitions ou les rechargeurs qui fabriquent leurs munitions et qui ont besoin d'avoir des connaissances dans ce milieu-là. Ensuite, il y a la balistique extérieure qui est l'étude de la trajectoire du projectile, de sa conservation d'énergie avec la distance, de... comment il est influencé par la densité de l'air. Ensuite, il y a la ballistique terminale. La ballistique terminale, c'est plutôt l'étude de l'énergie dissipée en cible. C'est plutôt, grosso modo, l'étude de la létalité des munitions. Comment va se déformer le projectile ? Comment le projectile va abîmer les tissus ? Comment le projectile va pénétrer dans la cible ? On a des ballistiques complètement différentes. Si on utilise une munition de tir ou une munition de chasse, les munitions de tir sont faites pour vraiment fendre. parfaitement l'air, donc avoir une balistique externe hyper efficace, mais nous la balistique terminale on s'en fiche. C'est soit faire un trou dans un carton, soit d'exploser la surface d'un gong. Donc nous, la balistique terminale, ce n'est pas un sujet en tant que tireur à longue distance. Par contre, les chasseurs, c'est plutôt leur sujet, parce qu'il faut tirer éthiquement et avoir beaucoup d'énergie qui est dissipée dans l'animal pour avoir une grosse centralité. Donc là, tu as vraiment toute une étude qui va être autour de l'architecture des projectiles, comment les projectiles sont constitués intérieurement pour pouvoir avoir une belle performance de libération d'énergie. Je vais faire un parallèle assez simple pour rendre ça facile. Si tu as une balle qui rentre avec une énergie cinétique, par exemple, on va faire des chiffres simples pour que ça soit simple. Deux, mille joules. et qu'elle passe à travers l'animal et qu'elle sort de l'animal et qu'elle a encore 900 joules à la sortie. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. Elle a perdu 100 joules dans l'animal, c'est-à-dire 10%, c'est rien du tout. Ça, c'est une munition plutôt FMJ, c'est-à-dire des balles blindées qui ne se déforment pas, qui ne freinent pas dans l'animal, ils passent comme une aiguille à travers l'animal. Ça, c'est interdit à la chasse, les balles FMJ. Ce qu'on va chercher, c'est plutôt des balles qui vont du coup se déformer. en se déformant, elles vont avoir une surface ontale qui va être plus importante, donc elles vont freiner. Ce qui dit freiner, dit dissipation d'énergie. Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. L'énergie qu'elle perd, elle le transforme en une énergie de déformation dans les tissus. C'est ça qui va créer les hémorragies, c'est ça qui tue finalement. Donc ce qu'on cherche sur une bonne balle de chasse, c'est plutôt d'avoir un comportement de freiner le projectile, donc le projectile se déforme, et en plus de ça, alors c'est très technique, on ne va pas aller à fond dans le sujet là-dedans, mais il faut aussi qu'elle dissipe l'énergie au bon endroit. C'est-à-dire qu'on va prendre deux extrêmes. Il y a des balles qui sont dites très fragiles, plutôt pour la régulation des nuisibles, le renard, les petits animaux, etc. Elles ont un caractère assez explosif, c'est-à-dire qu'elles sont très fragiles, donc à l'impact, elles explosent dans des milliers de fragments. Mais sur un renard ou des petits animaux, c'est pas grave, l'animal n'est pas très épais, les organes vitaux sont vraiment très proches, ça fait le job. Cette même balle sur un sanglier, vous allez avoir ça de pénétration et vous n'allez pas toucher les organes vitaux. Donc vous n'allez forcément pas lui faire du bien, mais ce n'est pas un tir très éthique. A l'inverse, des balles de grande chasse vont plutôt avoir tendance à... à se déformer, à garder de la masse pour garder de la pénétration, pour aller chercher les organes vitaux qui sont loin dans l'animal, qui sont assez profonds. Et donc sur un animal de petite taille, en fait, on passera à travers presque sans libérer d'énergie. C'est pour ça qu'il faut bien choisir sa bonne balle pour son bon gibier.
- Speaker #1
De quoi se compose justement une munition ? Et quelles sont les différentes étapes d'un rechargement ?
- Speaker #0
Une munition, c'est un étui, une amorce, de la poudre, un projectile. C'est assez simple. Quand tu vas tirer, ton percuteur va taper l'amorce, qui va créer une étincelle, qui va embraser la poudre, qui va libérer des gaz, qui va faire augmenter la pression, et qui va propulser le projectile au bout du canon. Quand tu as terminé ton tir, tu extrais l'étui, donc il te reste l'étui et l'amorce qui a été percutée. Donc l'objectif du rechargeur, c'est de redonner la géométrie de l'étui, parce qu'il faut comprendre que sous 4000 bar de pression, l'étui a gonflé, il s'est dilaté. Donc on va faire ce qu'on appelle un recalibrage, pour redonner la géométrie initiale de la munition. Le fait de faire un recalibrage, ça permet de pouvoir rechambrer facilement, mais ça permet aussi de redonner de la tension, si on remet le projectile, que le projectile tienne. Si tu ne fais pas ça, tu prends une balle et elle tombe au bout de l'étui, elle tombe en bas de l'étui, elle n'est plus tenue. Sauf que cette étape qui est le recalibrage, comme on vient resserrer la matière, on appelle ça faire aussi du fluage, puisqu'en fait, quand tu resserres la matière, elle veut s'enfuir, elle remonte. Donc on doit recouper l'étui, sinon il y a trop l'eau. Donc on recoupe l'étui, on fait un petit chanfrein au bout du collet. pour faciliter l'introduction du projectile. Une fois que tu as fait ce recalibrage, cette recoupe, ce chanfras, extérieurement, ton étui est prêt. Tu vas composer ta munition, c'est-à-dire que tu vas mettre une amorce, mettre de la poudre et siéger ton projectile. Tu as plein de compositions de différents types de poudre, différents types de projectiles. C'est toi qui fais ta recette de cuisine.
- Speaker #1
Quel est le paramètre le plus difficile à maîtriser ?
- Speaker #0
Il n'y a pas tant de paramètres difficiles à maîtriser. C'est simplement qu'il y a tellement de... de combinaisons possibles. Des fois, on est un peu noyé sous le nombre de combinaisons possibles et donc on a un peu du mal à se décider de quel type de poudre, quel projectile. Il y a tellement de combinaisons que c'est des fois un peu difficile de se fixer sur une combinaison à choisir, à essayer. C'est plutôt la capacité à faire ses bons choix qui est parfois un peu compliquée.
- Speaker #1
Donc toi, tu fais du rechargement. À quelle quantité ? Quelle fréquence ?
- Speaker #0
Un peu trop à mon goût. J'ai une consommation annuelle entre 4 à 5 000 balles de carabine. énorme. Donc ça fait beaucoup de temps à passer sur les tables de rechargement, ça fait beaucoup de canons à changer, parce qu'il ne faut pas oublier que les canons, ça reste des consommables. Donc moi, je suis en moyenne à deux canons par an, je tire avec sept caravines. J'ai un petit roulement, et c'est justement pour ça que j'ai autant de caravines, c'est parce que souvent il y en a qui vont chez l'armurier pour changer le canon et que tu es bloqué pendant six mois, huit mois, dix mois, le temps qu'ils te changent le canon, qu'ils repassent au banc d'épreuve. Donc si tu n'as pas un petit peu drôlement et un peu d'avance, tu peux vite l'avoir dans l'os.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler un peu plus en détail de la... poudre qu'on retrouve dans une munition ?
- Speaker #0
Le composé principal, c'est de la nitrocellulose. Donc la nitrocellulose. C'est du coton qui a été imbibé d'une matière. Cette matière, ensuite, on va la mettre dans une vis où on va venir comprimer cette matière contre une grille, contre un tamis, comme si on faisait des pâtes. Il y a une ailette qui va venir couper et qui va ensuite créer des petits granulés. En fonction de la taille du granulé, tu vas avoir des poudres qui vont être plus ou moins vives, c'est-à-dire qui vont se brûler plus ou moins rapidement. Si on prend l'exemple du bois de cheminée, quand tu veux faire beaucoup de chaleur très vite, tu fais quoi ? Tu mets du petit bois dans la cheminée, ça va brûler. intensément, très rapidement, mais très vite, ce sera éteint. À l'inverse, une grosse bûche, ça va être très long à brûler, mais ça va faire une chaleur diffuse. C'est la même chose avec la poudre. Plus tu as des gros granulés, plus ils vont être longs à brûler, plus ils vont faire une pression qui va être diffuse dans la longueur du canon, et plus tu vas éviter d'avoir un pic de pression. C'est pour ça que les gros calibres magnum utilisent plutôt des poudres dites lentes, donc des gros granulés, et les petits calibres utilisent plutôt des poudres vives, donc des petits bâtonnets. On peut rajouter un élément, il y a certaines poudres qui sont un peu plus énergétiques que d'autres. C'est-à-dire qu'en fait, quand tu as un enrobage en nitroglycérine, tu viens rajouter un élément supérieur dans ta poudre qui va apporter un peu plus d'énergie, ce qui fait que ce sont des poudres qui sont un peu plus énergétiques, qui vont créer un peu plus d'énergie à la bouche. Par contre, leur inconvénient, c'est que ces poudres qui sont dites double base, double base, c'est-à-dire nitroglycérine et nitrocellulose, vont avoir tendance à créer plus de chaleur. plus rapidement faire une érosion du canon et elles sont moins stables à la température. En fait, ce qui se passe, c'est que c'est une combustion chimique. Et donc, le problème, c'est que comme toutes les combustions chimiques, il y a des catalyseurs extérieurs qui vont faire que la réaction va être plus ou moins rapide. Et la chaleur est un élément important comme catalyseur d'une réaction de combustion. Et donc, quand il fait très chaud, et d'ailleurs, j'ai eu un cas il n'y a pas longtemps, d'ailleurs, chez Soloniak. Tiens, on va en parler. on a de temps en temps des incidents munitions, c'est-à-dire des personnes qui ont des problèmes avec des munitions et puis qui nous contactent et nous demandent qu'est-ce qui se passe, vos munitions ne marchent pas, il y a quelque chose qui ne va pas. Sauf que beaucoup de personnes ne savent pas que la chaleur, c'est un élément hyper important à prendre en compte lorsqu'on fait du tir et de la chasse, parce que quand ta munition monte à très haute température, tu vas accélérer la combustion et donc tu vas créer plus de pression. Et donc là, souvent en été, c'est marrant. Tous les étés, c'est pareil, on a souvent plein de personnes qui me disent « la douille est restée collée dans la chambre » . on n'arrive pas à la sortir, ou j'ai une douille qui a eu un souci ou quoi que ce soit. Et c'est toujours tous les étés. Et en fait, souvent, quand on appelle les personnes, elles nous disent, bah oui, j'avais des douilles dans la voiture, puis après j'ai été faire un sanglier courant dix minutes après, et j'ai eu ce problème à ce moment-là. Sauf qu'en fait, dans la voiture en plein soleil, il faisait 60 degrés. Et les munitions, elles étaient à 60 degrés. Et les munitions à 60 degrés, c'est dangereux. Faut pas les utiliser. Merci pour ce point de sécurité. Vraiment pas. C'est pas une bonne idée.
- Speaker #1
Ça, on ne s'en rend pas spécialement compte en plus. C'est vrai que quand on n'est pas informé sur ça, du coup, on ne peut pas spécialement le savoir non plus.
- Speaker #0
C'est un problème d'éducation. Personne ne le dit, personne n'en parle, et pourtant, on sait le cas. Et c'est pour ça que généralement, tu verras sur les boîtes à chaque fois, mis 21 degrés et 50% d'humidité. Ça, c'est les paramètres à lesquels la CIP fait ses tests. Elle confirme que les munitions sont conformes à la norme en termes de pression, etc. à 21°C et 50% d'humidité. Mais il n'y a rien qui te dit qu'à 30°C, 35°C, 50°C, 60°C, elle développe plus de pression qu'elle ne devrait. Ça, il n'y a aucun texte et aucune formalisation officielle à le faire. Les fabricants le font de bonne foi, parce que l'idée, ce n'est pas de mettre en danger les clients, forcément. Mais il arrive un moment, si la munition fait des surpressions à 60°C, c'est normal, en fait. Tu n'es pas censé avoir des munitions qui montent à 60°C. C'est un problème d'utilisation.
- Speaker #1
Tu parlais de la CIP. Est-ce que tu peux nous expliquer rapidement ce que c'est ?
- Speaker #0
La CIP, c'est un organisme... qui est un peu plus qu'européen maintenant, ça inclut aussi d'autres pays en dehors de l'Europe, qui vise à avoir une parfaite conformité entre les armes et les munitions d'un même calibre. Ce qu'il faut imaginer, c'est qu'il y a des fabricants de munitions dans le monde entier, des fabricants d'armes dans le monde entier, et il faut que la munition de n'importe quel fabricant rentre dans la carabine de n'importe quel fabricant. Donc il faut donner un cadre légal de dimension à ne pas dépasser, que ce soit la munition et la chambre de la carabine. Donc pour faire simple, la CIP assure que la munition la plus grosse de la norme... va rentrer dans la chambre la plus petite possible par la norme. Donc tu es sûr que n'importe quelle munition rentrera dans n'importe quel carabine. Et après, elle assure également la sécurité de l'utilisateur pour s'assurer que les pressions de fonctionnement de la munition ne dépasseront pas un certain seuil et que comme toutes les armes sont éprouvées à des seuils avec un coefficient de sécurité, tu t'assures que n'importe quelle munition est safe dans n'importe quelle arme.
- Speaker #1
Ok. À quel point la cohérence entre le canon, la poudre et le projectile est importante ?
- Speaker #0
On va faire un cas qui va d'ailleurs toucher beaucoup de monde. On va parler de stabilité du projectile. En fait, une balle, quand tu la tires, elle va prendre les rayures et elle va se mettre à tourner sur elle-même. Elle va tourner sur elle-même pour se stabiliser. Plus une balle est longue, plus elle a besoin de tourner vite pour être stabilisée. Le problème étant qu'aujourd'hui, on est dans une étape intermédiaire. On tire des projectiles aujourd'hui en cuivre et en plomb. Comme le plomb est très dense, ça fait qu'on a des projectiles qui sont relativement courts. Mais demain, si on nous interdit le plomb, on pourra passer à des projectiles uniquement faits de cuivre. Le cuivre est beaucoup moins dense. Et donc, pour un même plomb, on aura des projectiles beaucoup plus longs. Ce qui veut dire qu'on va devoir les faire tourner plus vite pour les stabiliser. Sauf qu'il se passe qu'aujourd'hui, il y a pas mal de carabines dont les canons étaient pensés autour des projectiles en plomb. demain quand on va attirer des balles monométalliques uniquement faites d'alliage de cuivre, on aura des habitudes à changer. La fameuse 180 grains par exemple qu'on a toujours en plomb en 300 windmiles, la 180 grains en cuivre dans certains canons elle ne sera pas stabilisée. Elle va arriver en cible, elle va arriver complètement de côté, elle va faire un trou de serrure parce qu'en fait simplement elle n'a pas tourné assez vite sur elle-même pour être stabilisée. Et après, un deuxième point, tu disais le canon sur la poudre. Il faut aussi se dire que... En fait, c'est important d'utiliser des poudres adaptées à la longueur de ton canon pour éviter d'avoir une combustion qui est incomplète. C'est-à-dire que toute la poudre n'a pas brûlé dans ton canon et tu as un flash de bouche. On voit souvent sur les 300 willmags en Browning Bar, c'est un classique, il y a un lance-flamme au bout du canon, tout simplement parce que la combustion est incomplète et donc quand tu arrives au bout du canon, la combustion se termine dans l'air. Ça, c'est problématique pour deux éléments. Un, le rendement de la munition. Tu as plein d'énergie qui ne sert à rien à part faire un beau lance-flamme au bout du canon. Et donc le deuxième élément que tu vas voir, le deuxième problème, ça va être aussi sur la précision de tes tirs. En fait, le fait d'avoir une combustion qui termine au bout du canon, on s'est rendu compte qu'en fait, ça avait tendance à déstabiliser le projectile, et c'était donc beaucoup plus compliqué d'avoir des beaux groupements, d'avoir une belle régularité, quand tu as une combustion qui est incomplète. Donc généralement, quand tu as un flash de bouche, généralement tu n'es pas très précis et tu n'as pas un très bon rendement de ta munition, tu gaspilles beaucoup d'énergie.
- Speaker #1
Admettons qu'on a tous les deux deux armes à verrou. On a tous les deux des armes classiques à verrou. On doit tirer à 300 mètres de manière très précise. Tu as 500 euros de budget. On a la même optique, on va dire, une 3.12, 5.6. Sur quoi tu investirais ces 500 euros ? Tout de suite.
- Speaker #0
On a déjà la carbine, on a déjà la lunette.
- Speaker #1
Oui, on a déjà 500 euros.
- Speaker #0
Déjà, je prendrais un télémètre à 200 balles ou un truc du genre pour être certain que ma cible est vraiment à 300 mètres.
- Speaker #1
Je t'en fais cadeau, elle est à 300 mètres.
- Speaker #0
Parce qu'il faut vraiment être sûr. Parce que sinon, si tu bases sur une donnée qui est fausse, rien que de 5 ou 10 mètres. Allez à 300 mètres Ok donc tu me garantis que c'est à 300 mètres Bon si tu me garantis que c'est à 300 mètres Bah j'aurais tendance à essayer 2, 3, 4 références de balles Parce qu'en fait aujourd'hui Pour quelqu'un qui tire des munitions manufacturées Y'a rien qui garantit que la munition qu'il va acheter Va bien fonctionner dans son canon Et donc avant de faire Beaucoup d'essais, à gaspiller beaucoup de munitions Avant je passerais quand même pas mal de temps A essayer de prouver quelle munition passe le mieux dans mon canon Donc ça serait pas forcément à 300 mètres, ça serait plutôt à 100 mètres pour vérifier la taille des groupements, vérifier la régularité des vitesses, si on a la chance d'avoir un chronographe. Maintenant, il y a beaucoup de centres de tir qui sont équipés de chrono, donc on peut le louer, l'emprunter pour voir les vitesses des projectiles. Et une fois que j'ai fait ça, après, pour tirer à 300 mètres, après c'est facile. En rendant le calculateur balistique, il te donne le nombre de clics, tu mets le nombre de clics, tu tires à 300 mètres. Si tu es ça au-dessus ou ça en dessous, c'est le bout du monde, normalement, si tu as bien fait le boulot.
- Speaker #1
donc ça c'est super important, tu viens de me tendre une belle perche on t'en souvent dire de bien choisir ses munitions tu peux dire là-dessus, justement. Parce que des fois, les gens, ils vont dire, tiens, j'ai un 30-06, je prends la première boîte et zou, je pars à la chasse, je vais régler. Ce n'est pas la bonne démarche.
- Speaker #0
Ce n'est pas la bonne démarche. Alors après, je peux comprendre parce que c'est vite des coûts qui s'additionnent. Le fait d'essayer un certain nombre de boîtes de mules, on ne peut pas acheter cinq mules pour essayer. On achète la boîte de 20 à chaque fois. Donc sur certains calibres, ça peut vite faire des douloureuses quand on passe à la caisse. mais en fait néanmoins il faut quand même se rendre compte que euh S'il y a autant de marques de munitions, autant de références de munitions, c'est aussi parce qu'elles vendent toutes. Elles vendent toutes pourquoi ? Parce qu'en fait, certaines munitions vont passer mieux dans certains canons que d'autres. Et ça, avant de l'essayer, on n'est pas capable de le savoir. Et c'est aussi l'un des avantages du rechargement, c'est que plutôt que d'adapter et de chercher plein de munitions à celles qui vont bien à ton arme, nous c'est l'inverse. Nous on adapte notre munition en changeant des paramètres pour qu'elle fonctionne bien dans notre arme. On va changer la charge de poudre, on va changer la référence de poudre, on va changer Le projectile, l'enfoncement de projectile, on fait ce qu'on veut en fait. On a beaucoup plus de latitude que quelqu'un qui va acheter des munitions toutes faites et qui du coup se voit obligé de croiser les doigts en espérant qu'une des trois boîtes qu'il a achetées va bien passer dans son cadre.
- Speaker #1
Quel budget pour faire du rechargement ? Là par exemple, quelqu'un qui nous écoute, qui dit « Ouais, moi j'ai envie de m'intéresser à ça » . Quel budget pour commencer et quels conseils tu pourrais donner pour découvrir ça tranquillement et progresser ? Aujourd'hui, pour 700-800 euros, on peut commencer à avoir des setups. qui te permettent de recharger des munitions.
- Speaker #0
Tu ne seras pas hyper rapide parce qu'il y a beaucoup d'éléments d'opération qui seront manuels pour gagner des coups. Après, si tu veux rendre ça... un petit peu plus des gros volumes, il faut tout de suite passer sur 1 200, 1 500 euros. Un chasseur, je pense que pour 700 euros, il en a largement assez vu sa consommation de munitions. Un tireur sportif, je pense qu'il faut plutôt partir sur 1 200, 1 500 euros de budget.
- Speaker #1
On va désormais parler un petit peu de ta chaîne YouTube. J'aimerais m'intéresser à ça et toute la partie communication. Comment t'es arrivé l'idée de créer cette chaîne justement ?
- Speaker #0
Assez simplement, moi-même en brossé dans le tier 1 de licence, je me suis rendu compte qu'il y avait très peu d'informations présentes en France. en tout cas dans la langue francophone, énormément d'informations aux Etats-Unis. Et je me suis dit qu'il y avait peut-être un truc à rendre accessible cette information aux francophones. Donc j'ai essayé de baser ma communication autour de la découverte du tir de longue distance, l'approche scientifique, parce qu'avec mon background d'ingénieur, ça a aidé à essayer de rendre plus accessibles certains éléments qui sont un peu techniques. Et vraiment, l'idée, c'était, je me suis rendu compte qu'il y avait un trou, entre guillemets, dans la communauté occidentale du tir, pas vraiment de force-parole du TLD. Je me suis dit que ce serait l'occasion d'en devenir un. Tu t'adresses à quel public ? Toutes les personnes qui s'intéressent aux armes de précision. Donc, ça va être aussi bien du tireur sportif, du chasseur. J'ai même aussi des personnes qui ne sont pas du tout dans le milieu des armes, mais qui finalement s'intéressent à ce truc-là dans une vue d'investir. j'ai beaucoup beaucoup de personnes qui aujourd'hui font du tir à la carabine à plomb ou à la 22, comme moi j'ai commencé pendant des années et des années. Et en fait, ils se forment petit à petit en se disant, le jour où j'aurai l'opportunité, je dois déjà les compétences techniques pour le faire.
- Speaker #1
Quels sont les sujets qu'on peut retrouver un petit peu sur ta chaîne ? Tu parles de quoi ?
- Speaker #0
Il y a un peu de tout. Tu vas voir des tutos sur comment bien régler une lunette de carabine, comment bien faire le montage, comment valider ses courbes balistiques. Beaucoup vraiment de tutos how-to, comme disent les Américains. Après, tu vas avoir pas mal de tests de matériel. parce qu'il faut avouer que c'est quand même une passion qui peut vite coûter très cher. Donc, il faut investir son argent assez intelligemment pour éviter de se faire avoir par le marketing de tout un tas de marques. Donc, comme j'ai la chance de pouvoir, pour mon activité personnelle, faire l'acquisition de plein de matos, d'armes, de lunettes, etc. Généralement, je déteste les malépreuves et je fais un feedback très neutre pour dire si je vous conseille ou pas de l'acheter parce que des fois, il y a de mauvaises surprises. Et puis après, tu vas aussi avoir des vidéos sur... Ça va aller. Tu vas aussi avoir des vidéos sur les parties compétitions, où est-ce que... J'ai fait pas mal de compètes dernièrement, donc un feedback des compétitions, me suivre dans les compètes, des rétextes de qu'est-ce qui s'est bien passé, mal passé, pourquoi j'ai touché là ou pas touché là. Voici aussi de mon temps en compétence, et de... Je suis encore qu'un étudiant, moi aussi je suis encore en plein apprentissage de plein de trucs. Donc c'est formateur pour moi, et du coup aussi pour les autres.
- Speaker #1
Quelle vidéo, toi... t'as le plus marqué ? Qu'est-ce que t'as apporté ta chaîne justement YouTube ?
- Speaker #0
Moi, la vidéo qui m'a le plus marqué, ça a été la première que j'ai faite. En fait, la première que j'ai faite, j'ai peut-être passé 15 jours, 3 semaines à la réfléchir, à la peaufiner, à la rendre accessible. Et en fait, c'était grosso modo ma logique sur comment choisir son futur calibre de tir à longue distance. Parce que choisir le calibre, c'est un élément hyper important. Et à l'époque, c'était la première vidéo, zéro abonné. Je me suis dit qu'il va falloir que j'ai une approche un peu particulière. J'ai eu de la chance, c'est que quand j'ai posté la vidéo, j'ai tout de suite eu un gros groupe Facebook de tirs longue distance qui m'a partagé la vidéo et ça m'a vraiment catapulté assez rapidement. Je pense que c'est vraiment ce côté approche scientifique, méthodique, logigramme étape par étape dans mes choix et dans ma caractérisation du bon calibre pour votre usage qui m'a marqué parce que je me suis dit que je tiens à un truc, ça a l'air de plaire. et puis c'est moi en fait je suis très cartésien,
- Speaker #1
très carré et je ne vais pas faire des vidéos juste lifestyle etc moi je mets vraiment la poche scientifique Que dis-tu aux gens qui ont un mauvais rapport avec les armes et tu peux le comprendre je pense aussi des gens qui ont un peu peur des armes qu'est-ce que tu peux leur dire et quelles sont les difficultés que tu as aussi à communiquer sur ce sujet sur cette thématique Merci.
- Speaker #0
Alors la difficulté c'est plutôt principalement à cause des algorithmes, notamment de Facebook, un peu de YouTube mais surtout Facebook où dès qu'il y a une arme, généralement on a un strike, on a un rappel à l'ordre entre guillemets par Facebook, on peut même des fois être bloqué un mois, j'en ai reçu un ce matin d'ailleurs, c'est marrant. Donc voilà, c'est assez compliqué parce que les algorithmes sont un peu bêtes, pour eux ils voient une arme et même si c'est pas une promotion pour vendre une arme, pour eux c'est dans la même catégorie donc ils te mettent un strike. Le côté avoir peur des armes et être un peu... Je ne pense pas qu'il y ait finalement beaucoup de personnes anti-armes. Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont un peu peur des armes parce que manque de connaissances, pas de proximité, pas une éducation. Je pense que c'est vraiment un gros sujet d'éducation. Moi je vais bientôt avoir un challenge à relever avec le petit Gilles de 18 mois où est-ce qu'il va falloir réussir à apprendre ça en toute sécurité et à impliquer les bonnes valeurs. Mais voilà, je pense que c'est vraiment une méconnaissance simplement de l'arme qui fait peur. C'est l'objet qui fait peur.
- Speaker #1
Tu arrives à dégager un revenu, un peu, par rapport à ça et la monétisation sur les vidéos YouTube ?
- Speaker #0
Alors, les revenus publicitaires sont très limités. J'ai changé un peu de mindset en proposant maintenant des vidéos exclusives pour des personnes qui payent des abonnements mensuels. L'idée étant d'avoir des analyses qui sont plus poussées, avec vraiment des aides au chaud qui peuvent parfois faire économiser énormément d'argent. Donc en fait, c'est une contribution de 3 euros mensuel qui me permet de financer une partie des vidéos que je fais. et qui rend le système à peu près neutre financièrement. Il faut imaginer que toutes les carabines, toutes les munitions, toutes les lunettes, je paye tout. Je pense que j'ai un budget annuel autour de mes armes et de mes munitions qui tourne autour de 20 000-25 000 euros. Donc ce n'est pas tout le monde qui peut se payer ça. C'est une passion qui coûte cher. Et c'est clairement pas YouTube qui ne finance pas. Donc merci une partie de Decathlon pour ça. Parce qu'on tape dans le salaire, on n'a pas trop le choix.
- Speaker #1
J'ai une grosse question pour toi. Ne penses-tu pas aider des gens qui seraient mal intentionnés pour peut-être effectuer une tentative ou autre, justement par rapport à toutes les informations que tu peux transmettre ? Est-ce que tu as déjà réfléchi à ça ?
- Speaker #0
J'y ai déjà un petit peu pensé, mais en fait il y a déjà tellement d'informations qui sont présentes partout que vraiment une personne mal attentionnée qui veut utiliser entre guillemets le TND à de mauvaises fins trouvera dans tous les cas déjà les informations partout en ligne. Il suffit que la personne parle un peu. tout petit peu anglais, alors là il y a une quantité incroyable d'informations et puis je pense qu'aujourd'hui c'est pas trop le mindset de ces personnes, en tout cas on n'a pas encore entendu et je touche du bois, le tabouret est en bois, de personnes mal attentionnées pratiquant le TLD. Aujourd'hui c'est un peu plus des voitures, les camions, les couteaux. On a de la chance pour l'instant, on n'a pas encore été touché par un drame, je croise les doigts pour qu'on n'ait pas un jour quelqu'un de mal attentionné qui est dans la communauté de tirs à longue distance et qui fasse quelque chose de mal avec une arme de TLD à longue distance, parce que là je pense que ça ferait énormément de mal à notre communauté, à notre sport, parce que ça allégiférerait à tout va, et que du coup on serait peut-être privé de notre pratique à cause d'une énergie humaine.
- Speaker #1
Quelle est la législation pour faire très simple, quelle est la législation sur les armes comme ça pour le TLD ?
- Speaker #0
C'est une arme de catégorie C, elle tombe dans la même catégorie que les armes de chasse, donc Donc, soit une licence de tir,
- Speaker #1
soit un permis de chasse sans cours de validité. C'est ces catégories-là. Tu es très présent sur les réseaux sociaux, sur YouTube, avec ta chaîne, mais est-ce que tu t'investis aussi dans les communautés de tireurs ? Tu le disais aussi que tu rédiges des articles dans des magazines. Est-ce qu'il y a des clubs de tir, des associations dans lesquelles on peut se retrouver ? Oui,
- Speaker #0
alors tu vas trouver des clubs de tir FFTir qui vont te permettre du coup de pratiquer à 50, 100, 200 mètres. Moi, je tire pas très loin de chez moi. Après, tu vas aussi avoir des associations privées plutôt dans le cadre des terrains de tir longue distance. Voilà, on va dire que j'ai un petit groupe de copains dans mon pas de tir TLD où du coup, on a plutôt tendance à s'entraider entre potes. Et puis après, je ne m'investis pas vraiment dans des associations à Ausha droite. Je trouve que déjà, toute la partie sur YouTube, etc., me prend suffisamment de temps. Sinon, je ne m'en sortirais plus.
- Speaker #1
Comment tu vois l'évolution de ta chaîne ? Est-ce que tu as des projets qui vont arriver ?
- Speaker #0
Oui, il y a des gros projets qui arrivent. Je pense qu'aujourd'hui j'arrive à un stade où la chaîne est relativement mature. Il faut être assez franc sur ses possibilités. Il y a 250 000 tueurs sportifs en France, 50 000 abonnés. Ça fait déjà grosso modo une personne sur cinq qui me suit. Je n'aurai pas une croissance exponentielle. Ça ne fera jamais le million d'abonnés et ce n'est pas l'objectif. les personnes historiquement qui me suivent pour le côté scientifique, etc. Donc oui, il y a quelques projets dans l'étude, je ne peux pas forcément tout dire, mais il y aura des trucs sympas qui arriveront, surtout en 2026.
- Speaker #1
Tu as aussi un projet de fabrication d'études culasse ? Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu ?
- Speaker #0
Oui, donc je fais quelques accessoires pour notamment la pratique du tir sportif. Des petits accessoires qui sont faits en impression 3D, qui permettent de résoudre quelques problématiques que les tireurs sportifs peuvent avoir, notamment des supports de munitions, des études pour protéger les culasses lors du transport, pour la sécurité et pour éviter que le ressort ne s'abîme. C'est une activité qui me permet d'arrondir les familles et aussi de financer cette consommation de munitions avec tous les frais liés à YouTube. On va dire que c'est la petite cerise sur le gâteau qui permet de rendre tout ça faisable.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler un petit peu de l'entretien du matériel ? Comment bien entretenir son matériel pour la chasse mais aussi pour le tir sportif ?
- Speaker #0
Vaste sujet !
- Speaker #1
C'est pour ça que j'ai dit simplement !
- Speaker #0
Vaste sujet ! Pour faire simple, l'entretien d'une arme n'est pas du tout la même pour un chasseur qu'un tireur. Un chasseur va plutôt avoir un entretien esthétique extérieurement pour éviter que l'arme rouille etc. L'intérieur du canon est souvent mal fait ou très rapidement fait. parce qu'en fait quand tu tires t'as un dépôt de carbone et un dépôt de cuivre et vraiment ce carbone il est déposé à plus de 4000 bar de pression donc en fait il est aussi dur que le diamant donc croire qu'on va l'enlever avec une petite corde de nettoyage c'est on nettoie son esprit entre guillemets mais on nettoie pas le canon non en fait pour le monde de la chasse y'a pas vraiment d'avoir besoin d'un entretien très particulier du canon, il arrive simplement sur certains calibres qui sont plutôt des calibres qu'on va dire overbore, alors désolé c'est un terme un peu technique mais c'est des calibres qui qui ont beaucoup de volume de poudre sur une petite taille de projectile, exemple le 300 Hitchester Magnum, tu vas arriver à un moment où tu vas avoir un risque sécuritaire si tu fais un mauvais entretien de ton arme. C'est très peu connu, je pense que un chasseur sur 100 en France le sait, il existe un phénomène qu'on appelle le carbon ring, donc l'anneau de carbone. Quand tu vas tirer, tu vas déposer du carbone partout dans le canon et également au niveau de la partie de la chambre qui accepte le collet. Et en fait ce carbone va s'accumuler, s'accumuler, s'accumuler, jusqu'au moment où tu vas avoir tellement de carbone qu'il va venir combler les jeux de fonctionnement. Et donc quand tu vas venir rentrer ta munition, la munition va pour ainsi dire pas pouvoir s'expandre parce qu'elle est bridée par les dépôts de carbone K. Et donc le projectile va avoir beaucoup de mal à partir parce que l'étui ne peut pas se dilater pour lâcher la balle. Tu as des montants en pression qui vont se caractériser par des étuis qui sont de plus en plus durs à enlever jusqu'à même parfois des amorces qui percent ou pire. Et donc ça c'est vraiment un très gros manque d'entretien de la carabine. Les tirs en sportif c'est différent l'aspect extérieur... s'y intéressent mais pas tant que ça. Nous, en fait, on fait des nettoyages de canon pour préserver les performances de nos munitions et de notre arme. Et donc là, on va plutôt faire des entretiens préventifs. On n'attend pas qu'il soit trop tard et que l'arme soit trop crâne pour le faire. Et c'est simplement pour garder une cohérence sur la taille de tes groupements, la régularité de tes vitesses et que finalement on s'embête à faire par exemple du rechargement des munitions qui sont toujours les mêmes. Mais il faut se dire qu'on a un canon qui évolue. Il s'en crasse au fur et à mesure. Donc on essaye de garder ce canon le plus constant possible avec des procédures de nettoyage qui sont assez régulières pour arriver dans des cas de trop gros encrassements qui peuvent diminuer les performances de l'ensemble.
- Speaker #1
Quel est ton setup parfait ou dans lequel du moins tu es le plus à l'aise ? Fais-toi plaisir, tu peux envoyer des termes techniques.
- Speaker #0
En fait je pratique plein de disciplines donc c'est aussi pour ça que j'ai autant d'armes en fait. Pour moi une arme c'est un outil. Donc cet outil il est fait pour remplir un cahier des charges. Et donc, que ce soit pour faire de la chasse, du tir longue distance à 600 000 ou 1600 mètres, je n'ai pas les mêmes systèmes. Donc il n'y a pas vraiment de système miracle aujourd'hui. Je ne connais pas d'arme qui soit capable de tout faire absolument parfaitement. Simplement, à chaque fois, c'est des bons compromis en essayant de bien connaître quels sont les objectifs, quelles sont les contraintes, quel est le budget ? Oui, moi je suis un adorateur du 300 WSM. En fait, je vais tourner ta question différemment. Je vais plutôt te dire, si je devais tirer qu'un seul calibre jusqu'à la fin de ma vie, quelle calibre je tirerais ? Je tirerais un 300 WSM. Ok. Pourquoi ? Parce qu'en fait le 300 WSM, je trouve que c'est le calibre aujourd'hui le plus versatile. Tu peux le charger de plein de manières différentes. Tu peux le charger pour faire du tir sur cible en le chargeant de manière très light. Tu peux faire de la chasse avec parce que ça va être très performant à la chasse. Tu peux faire du tir longue distance avec. Sauf que c'est le calibre le plus polyvalent qu'on a aujourd'hui sur le marché. Donc ce sera une carabine en 312 SMG. Comment tu documentes et comment tu conserves un petit peu les résultats que tu as lors du TLD ? J'ai tout dans des classeurs. En fait, j'ai un classeur par arme. Dans chaque classeur, tu vas voir l'historique de l'arme avec son nombre de coups, tous les essais de rechargement, toutes les cibles qui ont été tirées à 100 mètres. Et puis après, toutes mes notes, mes prises de notes manuscrites sur mes séances de TLD, avec quelles étaient les conditions météo, quelle était la licence de la scie, où j'ai touché, où j'ai loupé. Et j'essaye d'avoir vraiment un classeur par arme qui va suivre toute la vie de l'arme. Quand je me sépare de l'arme, le nouvel acquéreur a la chance d'obtenir ce classeur avec. Il a tout l'historique, le nombre de coups, les essais de rechargement, tout avec. Il a tout l'historique.
- Speaker #1
C'est une vraie plus-value là. Ah ouais.
- Speaker #0
Et puis, quand tu recharges beaucoup de calibres différents... il arrive un moment, on n'a pas une mémoire illimitée donc se rappeler de quelle charge quel enfoncement, quel machin c'est impossible donc si t'as pas une bonne prise de note simple, claire, concise tu t'en sors pas.
- Speaker #1
As-tu une anecdote un peu drôle ou un peu surprenante que t'as eu lors d'un tir, lors d'une séance ?
- Speaker #0
Bah ouais mon premier rechargement j'ai eu qu'un seul accident de rechargement et c'était mon tout premier C'était une question que j'avais après Ouais en fait jeune rechargeur Mon oncle qui avait une carabine en 300 Winchester Magnum m'a dit : "Tiens, un taux de rythme au rechargement." J'avais une 222 mais du coup je voulais commencer avec sa carabine. Je ne sais pas ce qu'il m'avait passé par la tête à l'époque. Première munition à recharger en 300 Win Mag, je regarde les tables et je vois que ça fait beaucoup de poudre quand même ! Je vais en mettre un petit peu moins que ce qu'ils disent parce que j'ai quand même peur. Donc je charge les munitions un petit peu en dessous du minimum de la table. Et en fait au premier tir, comme il n'y avait pas assez de pression dans la cartouche, j'ai eu un gros retour de gaz. Parce qu'en fait, il faut bien imaginer que dans le rechargement, tu as un minimum et un maximum sur la table. Il ne faut pas aller sous le minimum. Beaucoup de personnes se disent « je vais aller sous le minimum pour prendre la sécurité et être en sécurité » , mais en fait, tu fais le contraire. Tu ne fais pas assez de pression dans la chambre, donc tu ne fais pas d'échantillons. Et quand tu ne fais pas d'étanché, si tu descends sous la table et que tu n'as pas assez de pression, tu n'auras pas d'étanchéité, donc tu auras un retour de gaz, donc tu te mets en danger. À l'inverse, si tu vas au-dessus de la table… Tu auras trop de pression.
- Speaker #1
Là, on a parlé énormément de matériel, de technique, mais est-ce que le mental va jouer aussi sur le dire ?
- Speaker #0
Oui, clairement. Clairement, le côté concentration, le côté faire le vide et ne penser qu'à ça, oui, c'est important. Par exemple, j'ai donné une anecdote, mais souvent ton premier cours de la journée ou le premier coup d'une compétition est très important parce que ça va te permettre de donner un peu la tendance du vent, etc., Et si tu passes après des personnes qui ont déjà tiré sur le bong, le bong est déjà criblé d'impact. Donc c'est important d'avoir cette image mentale du bong, où sont ces impacts, pour toi quand tu vas tirer ton premier coup, voir parmi tous ces impacts lequel est en plus. Parfois c'est très compliqué. Et si t'as pas cette photo mentale, cette concentration mentale, la journée va être très longue et tu risques d'avoir beaucoup de problématiques pour la suite, surtout en compétition, où ce premier coup est hyper important pour la suite. et vraiment d'être concentré, cette image mentale du premier coup est vraiment hyper importante.
- Speaker #1
Tu travailles ce stress,
- Speaker #0
cette émotion ? J'essaye, c'est mon point faible, en plus moi je me rajoute une double pression parce que chaque fois je filme tout, et donc du coup forcément quand il y a des compétitions j'ai la pression de la compétition, et après la pression de potentiellement me foirer et de passer pour un con sur la vidéo YouTube, donc ça me rajoute une pression un peu malsaine qui m'a joué beaucoup de tort dans le passé, là je commence à prendre un peu plus de recul et De toute façon, c'est bon. Ça va aller, ça vient se passer. Mais oui, c'était vraiment un de mes points faibles. Techniquement, je suis très bon sur le côté rechargement. Je suis très bon dans des conditions calmes où il n'y a pas de pression. Dès qu'il y a le côté pression, compète, etc., je suis beaucoup moins bon. C'est vraiment un point à travailler.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ta passion t'apporte dans ta vie au quotidien ?
- Speaker #0
Une organisation très particulière ? Ah tu m'étonnes ! C'est un timing, les soirées à faire du rechargement ou bien me lever plus tôt pour finir les rechargements pour aller tirer le week-end. C'est toute une organisation sur le matériel à préparer, l'entretien des armes. J'ai un emploi du temps qui est millimétré on va dire, donc ça m'oblige entre guillemets à être très organisé au quotidien et pas de laisser vraiment de place au hasard. Je ne sais pas si c'est très positif, parce que parfois tout étant tellement timé, il n'y a plus vraiment de place aux imprévus du quotidien. Maintenant que je suis jeune père de famille, c'est plus compliqué. C'est assez dur à manager au quotidien, d'être fourré au moulin.
- Speaker #1
Quelle est selon toi la principale qualité pour être un bon tireur sportif comme ça,
- Speaker #0
pour pratiquer l'UTLD ? Être consciencieux, surtout rester humble. Mon Dieu, mon Dieu. Beaucoup de personnes qu'on voit à peine débuter se prendre pour des champions du monde. Et en fait, on peut toujours rentrer dans des conditions où on ne comprend pas ce qui se passe, où il n'y a pas une munition qui veut rentrer de la journée. En toute honnêteté, ça m'est arrivé à une compétition il y a six mois. Il y a six mois, je me suis complètement tollé dans une compétition. Et en fait, des fois, ça fait du bien parce que tu te dis j'ai encore plein de choses à apprendre. Ça permet de rester humble en me disant... cette configuration là je ne l'avais jamais vécu et je l'ai vécu pour la première fois lors d'un concours et ça s'est pas très bien passé je pense que le fait de toujours se remettre en cause de jamais rester basé sur ses acquis et de prendre le temps d'analyser de ne pas rusher vers une solution un peu hâtive à partir du moment où on est consciencieux qu'on prend le temps d'analyser, qu'on grille pas les étapes qu'on est méthodique ça va bien se passer
- Speaker #1
Quel message tu aimerais me faire passer ? Quel message je te voudrais faire passer dans cette émission ? Ceux qui souhaitent découvrir le monde du tir à longue distance.
- Speaker #0
Que c'est un sport en forte croissance, qu'il y a de plus en plus de pas de tir qui sont en train d'ouvrir aux quatre coins de la France, même si la partie sud de la France est quand même nettement privilégiée par rapport au nord de la France. Aujourd'hui, 90% du travail d'un tir à longue distance se passe à 100 mètres. Entre les développements de munitions, réglages de lunettes, etc., 90% du job, on peut le faire dans un pas de tir conventionnel. Et que finalement, le TLD, ce n'est qu'une conversion, c'est les 10 derniers pourcents de la pratique et du travail. Et qu'aujourd'hui, avec toute la littérature qu'on a autour de ça, les pas de tir, les armes, les munitions de plus en plus performantes, aujourd'hui, c'est vraiment à la portée de tout le monde. et qu'il n'y a plus besoin de claquer des dizaines de milliers d'euros pour être performant. Quand on est compétiteur, oui, parce que forcément il faut se passer à la pointe de la flèche, entre guillemets. Mais pour quelqu'un qui veut faire ça de manière ludique et découvrir la discipline, je pense qu'aujourd'hui avec 1000-1500 euros, on peut mettre un sacré pied à l'étrier.
- Speaker #1
Tu as le papa, tu as une maison, tu as un boulot dans un grand groupe, tu as ta passion du TLD. Qu'est-ce qui te rend le plus fier parmi tout ça ?
- Speaker #0
Sacrée question, qu'est-ce qui me rend le plus fier aujourd'hui ? C'est de réussir à trouver l'équilibre entre tout ça. Ce n'est pas facile parce que du coup on peut vite se faire aspirer par le boulot dans un sens ou dans un autre. Donc essayer de maintenir cet équilibre entre toutes ces différentes activités. C'est un jeu d'équilibriste où j'ai l'impression que ça fait 7-8 ans que je fais ça et je ne m'en sors pas trop trop mal. On va essayer de continuer comme ça. Mais c'est vraiment d'essayer de trouver le juste dosage dans tout ça. Même si parfois... Ma femme me le rappelle, je déborde sur certains trucs. C'est vraiment d'essayer de trouver ce juste équilibre qui n'est pas facile et qui me challenge le plus.
- Speaker #1
Elle arrive à comprendre ta passion et à s'y intéresser ?
- Speaker #0
Alors oui, elle s'y intéresse. Un peu moins depuis qu'on est parents parce qu'on a beaucoup moins le temps. À une époque, on tire ensemble. Aujourd'hui, on ne peut plus le faire parce que simplement, quand tous les deux on tire, qui garde le petit ? Donc c'est simplement plus faisable. Oui, elle s'y était pas mal intéressée. après elle faisait plutôt ça je pense pour me faire plaisir et pour passer du temps ensemble parce que beaucoup de mes week-ends j'ai passé sur les pas de tir donc c'était aussi un moyen de passer plus de temps ensemble donc c'est une belle preuve d'amour de venir faire ça pour moi quoi
- Speaker #1
Tu es un petit garçon ? Également donc c'est pour ça si vous voyez des fois des petits bruits ou des petits changements de lumière c'est normal il est avec nous Qu'est-ce que tu aimerais lui transmettre ?
- Speaker #0
Eh bien bonne question euh... Alors ça, je le tiens un peu de mon père, c'est le côté perfectionniste. C'est-à-dire que c'est un mal pour un bien, mais je suis rarement très content de ce que j'accomplis. C'est très rare. Je prends toujours beaucoup de recul en me disant « J'aurais pu faire ça mieux. » « Ça, ça aurait pu être mieux. » « Ça, c'est pas bien. » Même si c'est au résultat une belle performance, mais ça me pousse toujours à essayer de me dépasser, de toujours chercher plus loin, de jamais me baser sur mes acquis, de ne pas me reposer sur mes lauriers. Et ça, c'est quelque chose que j'ai appris par mon père. Il m'a appris pas mal de choses, dont le côté travail, la force du travail, la force de s'investir dans les choses. Je pense que c'est un des points que j'aimerais lui transmettre. Le côté perfectionniste, la force du travail et puis qu'on n'a rien sans rien et que ça ne tombe pas du ciel et qu'il faut se sortir les doigts.
- Speaker #1
On termine un peu là-dessus. Merci Jérém. t'as aimé ? Ouais très bien. T'as pris du plaisir ? Ouais c'était chouette. Bon je te remercie, trop cool n'hésitez pas à vous abonner c'est super important, tous les liens de Jerem sont dans la description, je remercie également le partenaire de cette vidéo et moi je vous dis à très vite pour un prochain épisode Ciao !