- Speaker #0
À la période des prunes, des figues, dans la région, on a des propriétaires qui arrivent en nous disant « Je comprends pas, je suis inquiet, ça fait trois jours que mon chien il mange pas. » Et on leur pose une question « Est-ce qu'à tout hasard vous avez pas un figuier ? » « Ah ouais, il est toute l'après-midi dessous en train de bouffer des figues. »
- Speaker #1
« Ouais. »
- Speaker #0
« Bon ben fatalement, il a moins de fin après. »
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue sur Brame. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de rencontrer... Pierre, qui est vétérinaire, chasseur, agent. Ensemble, on va parler de son parcours, on va parler de son métier de vétérinaire, on va parler de chasse, on va également parler de chien. Bref, c'est une très grosse émission. Mais avant de commencer, pensez à vous abonner. Bram est disponible en vidéo sur YouTube, mais également sur toutes les plateformes d'écoute, comme Apple Podcasts, Spotify ou encore Deezer. Je pense avoir fait le tour, je vais lancer cette première émission. Vous êtes prêts ? C'est parti ! Salut Pierre !
- Speaker #0
Bonjour !
- Speaker #1
Trop content de te rencontrer, ça fait plaisir.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous dire déjà où nous sommes ici ?
- Speaker #0
Alors, nous sommes dans le deuxième bureau de la Clinique Vétérinaire Saint-Jacques. La Clinique Vétérinaire Saint-Jacques est une des premières cliniques fondées à Agen. C'est la première clinique qui a décidé de ne s'occuper que de chiens et de Ausha dans le Lot-et-Garonne, donc de délaisser l'activité rurale des vaches, etc. pour se concentrer exclusivement sur la médecine canine et on a poursuivi cette évolution aujourd'hui.
- Speaker #1
Quel est ton rôle ici ?
- Speaker #0
Je suis vétérinaire, je suis aussi associé co-gérant, donc je m'occupe d'une partie de la gestion de la clinique et ensuite, bien sûr, je m'occupe de soigner des chiens et des Ausha.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux te présenter, nous expliquer un petit peu d'où tu viens et ce que tu as fait pour en arriver là ?
- Speaker #0
Alors, je ne suis pas vraiment un jeune, moi, puisque je suis né à Marseille en 1985. J'ai fait mes études jusqu'à la fin de la classe préparatoire, donc l'école primaire, le lycée, la classe préparatoire, qui était à l'époque obligatoire pour intégrer une école nationale vétérinaire. Et je suis parti donc en 2006 de Marseille pour rejoindre l'école vétérinaire de Toulouse, où j'ai obtenu mon diplôme. de vétérinaire en 2011. J'avais commencé à travailler à la clinique vétérinaire Saint-Jacques les nuits et week-ends en faisant des gardes. Il y a plein d'étudiants vétérinaires qui commencent leurs exercices quand on a le droit de le faire, en faisant des gardes notamment. C'est comme ça que j'ai mis un premier pied ici. Suite à l'obtention de mon diplôme, je suis monté à Bordeaux dans une grosse clinique dans laquelle j'ai fait... uniquement de la dermatologie pendant un an. Et ensuite, je suis revenu ici en tant que salarié, puis en tant qu'associé.
- Speaker #1
Ok. T'estimes que t'as eu un parcours classique ?
- Speaker #0
Alors à l'époque, oui. C'est-à-dire qu'il n'y avait pas 36 solutions si on voulait être vétérinaire. Il fallait passer par la classe préparatoire et donc réussir le concours d'entrée. C'était comme ça que s'offrait la majorité des places en école nationale vétérinaire. Aujourd'hui, le cursus a un petit peu évolué. et il y a D'autres manières de devenir vétérinaire aujourd'hui, déjà moins de place par la prépa et plus de place par d'autres voies, la fac, les BTS, etc. Et puis ensuite aujourd'hui, comme kiné, comme médecin, comme dentiste, il y a aussi la possibilité d'aller se former à l'étranger, en Espagne, au Portugal, et de revenir en ayant un diplôme de vétérinaire.
- Speaker #1
D'accord, ok. Maintenant, je vais m'intéresser un peu plus à ton enfance, à la personne que tu étais quand tu étais petit. Est-ce que tu peux nous raconter ton enfance et ton adolescence ?
- Speaker #0
Bien sûr, j'ai grandi à Marseille, dans le 12e arrondissement, donc un quartier qui est un peu excentré par rapport au centre-ville de Marseille, où on a eu la chance, du moins dans les années 90, d'avoir encore un quartier tranquille, assez rural en définitive. Et voilà, donc j'ai grandi avec ma maman qui travaillait beaucoup, était avocate à Marseille. C'est elle qui, indéniablement, m'a donné le goût du travail et mes grands-parents qui ont beaucoup participé à mon éducation parce que ma maman travaillait beaucoup. Et c'est eux qui m'ont permis, en me tapant un peu sur les doigts, d'être vétérinaire et de réussir mes études.
- Speaker #1
Quand tu repenses à tes débuts, est-ce que tu referais pareil ?
- Speaker #0
Oui, parce que ce que je fais aujourd'hui me plaît et que je n'ai absolument pas envie de changer quoi que ce soit dans ce que je fais. Les temps ont changé. Quand on est monté à Bordeaux, on travaillait énormément, on n'était pas trop payé. Mais ça faisait partie de comment se formait un vétérinaire à l'époque. Aujourd'hui, les choses sont différentes. Certaines choses ont changé indéniablement en bien. C'est fini d'embaucher des jeunes confrères sans les payer, Dieu merci. Mais je ne changerai rien à ce que j'ai fait, parce que toutes les personnes que j'ai côtoyées, j'en suis très content, j'en suis très reconnaissant. Et c'est eux qui m'ont permis d'être le vétérinaire que je suis aujourd'hui.
- Speaker #1
Justement, tu as des personnes qui t'ont marqué, qui t'ont permis de devenir la personne que tu es aujourd'hui ?
- Speaker #0
Dans le milieu vétérinaire, globalement, mes anciens patrons. Je me suis associé rapidement, donc je n'en ai pas eu énormément. Mais indéniablement, le docteur Didier-Noël Carlotti, qui dans le monde de la dermatologie vétérinaire est mondialement connu, qui était un ponte. Malheureusement, il n'est plus là aujourd'hui. Mais oui, toutes les personnes qui l'ont côtoyé ont eu... La chance d'être marqué de son empreinte et de sa rigueur, c'était un puits de science et de rigueur. Et indéniablement, ça a façonné la personne que je suis aujourd'hui.
- Speaker #1
Toi, tu essaies aujourd'hui de transmettre aussi un petit peu, peut-être, avec des nouvelles personnes ?
- Speaker #0
Tout à fait. Je fais en sorte de prendre beaucoup de stagiaires pour essayer. Alors, sur des stages précoces, en quatrième, troisième, maintenant en seconde. de montrer quand même qu'est-ce que c'est vraiment le métier de vétérinaire, que tout n'est pas rose non plus, et essayer de confirmer leur souhait si c'est ça qu'ils veulent faire. Et ensuite, plus tard, avec des étudiants de l'école vétérinaire, on en a aujourd'hui deux dans les murs, on en aura de nouveau deux en août, on en a tous les week-ends. Et puis, généralement, dès qu'il y en a qui veulent venir, j'essaie de toujours mettre le pied à l'étrier pour qu'ils puissent avancer dans la profession.
- Speaker #1
Quand on est enfant, le métier de vétérinaire, c'est un peu un métier qui fait rêver, un peu comme les pompiers, les policiers vétérinaires. Est-ce que toi, c'est quelque chose que tu as toujours voulu faire depuis ton plus jeune âge ?
- Speaker #0
Alors, mes deux parents étaient dans le droit. Quand j'ai dit à ma mère qu'avocat, notaire, ce n'était pas trop mon truc et que je préférais peut-être être vétérinaire, elle m'a regardé avec un certain étonnement, mais éteinté d'une certaine fierté. Et c'est elle qui m'a permis de faire mon premier stage. en troisième dans un vétérinaire dans mon quartier. Et c'est vrai qu'à la fin de ce stage, j'étais assez persuadé que c'est ça que je voulais faire et je me suis donné le moyen de le devenir.
- Speaker #1
C'est à la suite de ce stage que tu as eu ce déclic ?
- Speaker #0
Je suis déjà intéressé par les animaux. On a grandi jusqu'à ce que j'ai 8 ans en appartement et ensuite en maison, mais je n'ai pas vraiment eu la possibilité jeune d'avoir des animaux. Et du coup, j'ai été quand même... assez intrigué par ce monde. Et oui, ensuite, le monde des soins m'a toujours intéressé. Donc, les deux ensemble, c'était une belle évidence.
- Speaker #1
Dans la préparation de cette émission, tu disais que tu as grandi un petit peu à la campagne, que tu avais des vélos, tu faisais des cabanes, tu accoutoyais le monde rural. Est-ce que ça a joué pour être vétérinaire ?
- Speaker #0
Oui et non, parce que quand même, en étant à Marseille, même si on avait la chance de grandir dans un milieu qui était préservé, qui était relativement rural, où j'avais la chance ensuite d'aller voir d'autres personnes de ma famille qui étaient dans d'autres coins de la France encore plus ruraux, je n'avais pas encore vraiment la vision de cette ruralité, de l'élevage de bovins, etc., qu'on découvre vraiment en arrivant à l'école vétérinaire. Ça m'a confirmé que oui, c'était ça que je voulais faire. Et pourquoi pas, dans un premier temps, essayer de soigner des vaches, ce que j'ai fait pendant que j'étais à l'école vétérinaire.
- Speaker #1
Très simplement, explique-nous ce que c'est l'école vétérinaire. Pour ceux qui ne connaissent rien, qu'est-ce que vous faites ? Qu'est-ce que vous apprenez ?
- Speaker #0
En France, désormais, cinq écoles nationales. Donc, il y a des étudiants qui arrivent un peu de partout en France et qui se retrouvent dans ces écoles. Je parlerai surtout de Toulouse parce que c'est celle que j'ai côtoyée. On a la chance d'avoir un magnifique campus en périphérie de Toulouse. On est relativement isolé, mais c'est super sympa. Il y a des terrains de sport, il y a des zones de rencontres, ça s'appelle le cercle. Et ensuite, il y a bien sûr tout ce qui est dédié à l'éducation. Et on a une partie de cours. une partie de travaux pratiques. Et ensuite, il y a un hôpital vétérinaire qui prend en charge des nouveaux animaux de compagnie, des chevaux, des vaches, des animaux de compagnie, bien sûr. Et on est en rotation dans tous les différents domaines pour apprendre tous les pans. de notre profession avant ensuite de choisir ce vers quoi on a envie de se destiner en dernière année.
- Speaker #1
Tu disais que ça faisait partie en tout cas de tes plus belles années.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est difficile peut-être aussi, mais tu arrives à trouver l'équilibre entre une vie perso et les études ?
- Speaker #0
C'est sûr que les classes préparatoires, c'est particulièrement compliqué. Donc, c'est un rythme de cours et d'apprentissage qui, à mon sens, n'a pas vraiment d'équivalent. à l'heure actuelle. Et une fois qu'on a réussi le concours et qu'on arrive à l'école où le rythme est indéniablement soutenu mais qui n'a plus aucune commune mesure, c'est fou. Donc oui, effectivement, pour beaucoup de vétérinaires, on a coutume de dire que ça fait partie des plus belles années de notre vie parce qu'on découvre plein de gens qui arrivent avec lesquels on partage cette passion des animaux. Plein de belles rencontres et avec, enfin, un peu de temps pour soi.
- Speaker #1
Quel conseil tu pourrais donner à ceux qui nous écoutent et qui seraient intéressés pour s'engager dans des études de vétérinaire ?
- Speaker #0
Alors, déjà, si j'y suis arrivé, c'est que plein de gens peuvent y arriver. Et que, indéniablement, il faut se donner les moyens, dès la seconde, aujourd'hui, pour mettre toutes les chances de son côté, d'avoir un bon dossier, pour pouvoir intégrer. alors maintenant c'est Il y a la classe préparatoire, il y a aussi les prépas intégrés, il y a plein de méthodes pour devenir vétérinaire. Donc si on a envie de s'en donner un peu les moyens, il y a plein de belles histoires à écrire, je pense. Et on a besoin de vétérinaires en France.
- Speaker #1
Tu es fier de ton parcours ?
- Speaker #0
Très, parce que... Donc moi, c'était la fin de la prépa véto, qui ne destinait que aux écoles vétérinaires. Moi, j'ai fait la prépa BCPST, où on avait aussi les écoles d'agro. On était complètement dans l'inconnu, parce que... On ne savait pas combien on allait avoir de place au concours. On ne savait pas quel allait être notre parcours, puisque c'était nouveau et ça n'avait pas vraiment été complètement préparé ni complètement annoncé quand on est rentré en prépa. Mais avec plein de copains que j'ai encore à l'heure actuelle, même des amis, on a réussi cette épreuve. Et ensuite, on s'est suivi à l'école vétérinaire, puis ensuite dans nos vies professionnelles. Donc oui, je suis... Fier de ce que j'ai fait.
- Speaker #1
Est-ce que tu continues d'apprendre aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, la profession vétérinaire, c'est une profession où on a besoin de continuer à apprendre tout le temps. On a une médecine basée sur les preuves, donc on a besoin de continuer à entretenir nos connaissances. Alors que ce soit par des diplômes complémentaires. Moi, j'ai eu la chance de passer le CES des dermatologies, mais ensuite, bien sûr, des congrès. d'autres formes de formation, que ce soit par la lecture, de plus en plus de choses aujourd'hui aussi sur Internet. Il faut absolument qu'on continue à tenir au courant des nouveautés.
- Speaker #1
Tu es papa de deux enfants ? Oui. Félicitations.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Tu as beaucoup travaillé, toi, quand tu étais enfant, tu le disais tout à l'heure. Est-ce que, toi, justement, tu essaies de leur inculquer cette façon de travailler, cette envie d'apprendre ?
- Speaker #0
J'essaye. Ils sont un peu sport, les deux, mais ils sont absolument adorables. Et donc, quand je suis devenu papa, j'ai essayé de modifier mon exercice. C'est-à-dire que d'habitude, on travaillait de 8h à midi. On était fermé entre midi et 2h. On reprenait de 14h à 19h. J'ai fait changer ce mode pour que, dans un premier temps, certains confrères puissent ensuite, maintenant de plus, puisqu'on a la chance d'être entouré de jeunes papas et mamans. Et je veux qu'ils puissent bénéficier des mêmes choses que moi. Donc, on est un certain nombre à finir à 17h pour pouvoir s'occuper le soir de nos enfants. Et on arrive, on a toujours un temps sympa, que ce soit d'allumer le feu, d'aller faire un balou dans la piscine. Mais ensuite, on travaille. Donc, on reprend les devoirs qu'ils ont à l'école, voire même on en fait aussi un peu plus pour leur apprendre. Donc, il faut travailler dans la vie.
- Speaker #1
Pour toi, c'est quoi les compétences indispensables à avoir quand on est véto ?
- Speaker #0
Je pense qu'il ne faut quand même pas être effrayé par le travail. Et ensuite... En tant que vétérinaire, on se doit, c'est une qualité qui, en mon sens, est absolument nécessaire d'être gentil avec les gens.
- Speaker #1
On va désormais se focaliser un peu plus encore sur ton métier. Quelles sont les blessures récurrentes que tu peux avoir ici à la clinique ?
- Speaker #0
On est quand même exposé aux griffures, morsures. On n'a pas vraiment été épargné, malheureusement, cette année, où il y a malheureusement une collaboratrice qui a fait quelques allers-retours à la clinique de la main. Ce n'était pas la première à y être allée. Et puis ensuite, la profession vétérinaire, c'est une profession qui, même si elle est belle, même si tout ça, elle est relativement dure. On fait malheureusement régulièrement l'objet de témoignages sur le burn-out, le suicide, etc. Et on a bien vu malheureusement dernièrement avec des confrères de la région, que ce soit à Colérac ou à Hoche. Donc, on a la chance à la clinique chez moi d'avoir une belle ambiance, etc. mais c'est pas pour autant que le soir des fois on n'est pas un peu éprouvés par Des mots qui nous ont été dits qui ont été un peu durs, des situations qui nous ont blessés, mais... en sorte de revenir le lendemain toujours avec le même engouement et de repartir pour une nouvelle journée.
- Speaker #1
Toi justement, tu as toujours ce même engouement après tant d'années à travailler en tant que vétérinaire ?
- Speaker #0
Tant d'années, je n'ai que 40 ans. Oui, j'ai toujours le même engouement et on a la chance de faire un métier où, même si on fait un peu les mêmes choses, il n'y a pas deux journées qui sont pareilles. Donc oui, j'ai toujours le même engouement à arriver le matin à la clinique, à découvrir mon planning, à discuter, à blaguer avec les gens, etc.
- Speaker #1
J'ai noté que tu faisais beaucoup de sport. J'ai noté de la randonnée, de la chasse, de la chasse sous-marine, du vélo, du ski. Est-ce que tu retrouves des similitudes par rapport aux blessures humaines avec des blessures animales ?
- Speaker #0
Alors oui, puisque notamment au ski, l'année dernière, j'ai fait une belle cascade. Donc on a la chance, grâce aux compétences qu'on a notamment en chirurgie, de prendre en charge des fractures. Voilà, donc... Ma chaîne a été opérée début janvier d'une rupture des ligaments croisés. Et quelques semaines après, c'est moi qui passais sur le billard pour une fracture du tibia, après une belle chute au ski. Donc oui, il y a plein de similitudes, notamment en traumatologie, dans la prise en charge qu'on offre aux animaux de compagnie.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses qu'il y a des pathologies qui sont sous-estimées ou encore mal connues ?
- Speaker #0
Je parlerais notamment de mon exercice. oui en dermatologie il y a beaucoup Plein d'affections sur lesquelles on passe des fois un peu vite, notamment les dermatites allergiques, qui sont pourtant parmi les maladies les plus fréquentes, notamment chez le chien et le chat, et pour lesquelles un certain nombre de propriétaires, même de confrères, mettent un peu un voile parce que ce n'est pas toujours facile à traiter.
- Speaker #1
Raconte-nous une journée type que tu passes ici, comment elle s'organise, à quelle heure tu commences ?
- Speaker #0
Alors... Étant gestionnaire, je fais en sorte d'arriver un petit peu avant l'ouverture, vers 7h30, pour avoir un temps de gestion où je suis calme, où il n'y a pas d'activité dans la clinique et où je peux vraiment me concentrer sur la gestion de la clinique. Ensuite, le matin, j'opère des chirurgies classiques. Donc, j'hospitalise mes animaux, je les garde. Ensuite, je les opère. Après chaque intervention, je prends le temps d'appeler les propriétaires pour les rassurer, leur dire que l'intervention s'est bien passée et prévoir la sortie ensuite, en général, dans l'après-midi. À partir de midi, je migre vers ma salle de consultation pour assurer essentiellement des consultations vaccinales et des consultations de dermatologie, etc.
- Speaker #1
Quel type d'opération vous faites ici ? Qu'est-ce que tu fais toi également ? Pour rentrer un peu plus dans le détail.
- Speaker #0
On réalise tout type d'intervention, mais pas moins. Moi je fais des chirurgies classiques, donc principalement des stérilisations et de la chirurgie classique. Ensuite on a la chance d'avoir un confrère qui fait de la dentisterie à un niveau un peu plus poussé, une consoeur qui fait de l'ophtalmologie à un niveau vraiment sympa, et ensuite un confrère qui a un exercice exclusif en chirurgie et qui lui réalise tout type d'intervention en chirurgie des tissus mous ou en chirurgie orthopédique.
- Speaker #1
Ok. Tout à l'heure, on va voir ensemble les différents dangers que peut rencontrer un chien. Les chiens, les Ausha peuvent avoir des maladies, peuvent avoir des blessures. Mais est-ce que vous soignez et est-ce que ça se fait de travailler également sur le mental ? Un peu comme un humain qui va faire un burn-out ou qui va avoir du stress, est-ce que c'est des choses que l'on peut travailler ?
- Speaker #0
Alors oui, il y a des confrères qui sont spécialisés dans... La psychologie animale, c'est comme ça qu'on l'appelle aujourd'hui. On n'a pas la chance d'en avoir un à la clinique, mais il y en a à Toulouse ou Bordeaux qui peuvent prendre en charge des animaux pour des états dépressifs. On sait notamment que les Ausha qui vivent en appartement dans certaines grandes villes sont surexposés à des maladies liées au stress. Nous, on est un petit peu en campagne, donc on n'en voit pas des masses, moi encore moins, mais oui, c'est quelque chose que les vétérinaires sont amenés à côtoyer.
- Speaker #1
Quand un animal souffre, mais que le maître ne peut pas payer ou ne veut pas payer, comment vous gérez ce genre de situation ?
- Speaker #0
Sans forcément rogner sur le prix de notre travail, on propose des modalités de paiement en plusieurs fois pour essayer de faciliter les prises en charge. C'est même quelque chose qu'on propose spontanément avant même que les propriétaires le demandent pour les mettre à l'aise avec ça. Ensuite, on a la chance d'avoir des associations dans la Genève qui peuvent participer à la prise en charge d'une partie ou de totalité des frais si les gens ont peu ou pas de moyens. Ce sont les mêmes associations qu'on retrouve au niveau national. La SPA nous aide régulièrement sur certains cas compliqués. Et puis ensuite, je pense comme beaucoup de vétérinaires, pour ne pas dire tous, il arrive qu'on ne facture pas vraiment tout ce qu'on fait, ne serait-ce que pour pouvoir aller la prendre en charge correctement l'animal.
- Speaker #1
En préparant l'émission, tu disais la santé humaine est gratuite, mais la santé animale est payante. Est-ce que tu peux un peu plus expliquer cette phrase ?
- Speaker #0
Bien sûr. Alors, la santé humaine n'est pas gratuite. C'est la sécurité sociale qui nous prend en charge. Mais c'est vrai que, hormis une vraiment partie à la marge de notre santé et qui, en général, via la sécurité sociale ou les mutuelles, nous sera remboursée ensuite, on n'a pas vraiment coutume de payer pour les soins qui nous sont prodigués. Donc fatalement, quand on arrive chez le vétérinaire ou... il va falloir payer, ou en plus, s'il y a une TVA à 20% quand même. Donc oui, fatalement, il y a un aspect financier qu'il va falloir évoquer avec les propriétaires. Assez souvent, pour un certain nombre de propriétaires, même de confrères, c'est une discussion qui n'est pas forcément facile à avoir, mais qui est nécessaire pour que d'une part, ils sachent à quoi s'attendre, et ensuite, que si jamais on doit prévoir un étalement des frais ou de différer certains actes, que ce soit fait. dans l'intérêt de tout le monde et notamment de l'animal.
- Speaker #1
Est-ce qu'on doit emmener son chien pour des consultations, même si tout va bien ? Un peu comme un humain, tu sais, où on va avoir des visites médicales pour le travail ou autre ?
- Speaker #0
Alors oui, complètement, ça a un nom, c'est ce qu'on appelle la médecine préventive. Et de plus en plus, que ce soit en dermatologie, en dentisterie, en alimentation, on essaye de plus en plus d'être proactif et d'essayer de mettre en place des soins. quand l'animal va bien, pour que justement il aille bien le plus longtemps possible. Donc oui, une visite par an pour un chien ou pour un chat, qui peut tout à fait être l'occasion de la consultation vaccinale, c'est à mon avis complètement nécessaire.
- Speaker #1
Et nous, pour toutes les personnes qui possèdent des animaux de compagnie, qu'est-ce qu'on peut faire chez nous pour voir si tout va bien avec notre animal ?
- Speaker #0
Déjà, la première chose, bien sûr, c'est d'assurer tous les jours qu'ils mangent et qu'ils boivent correctement. Ça peut paraître trivial, mais des fois, on a des animaux qui nous arrivent en consultation, ils n'ont pas mangé depuis une semaine. C'est sûr que ça peut décontenancer un peu tout le monde. S'assurer qu'ils mangent bien, qu'ils boivent bien, que le pelage soit dans de bonnes conditions, que l'animal ne maigrisse pas, qu'il soit jovial, qu'il ait envie de jouer, qu'il ait envie de venir nous voir, pas qu'il reste prostré. Et puis, de toute manière, si on a la moindre interrogation, ne serait-ce que décrocher le téléphone pour passer un coup de fil à la clinique et savoir si oui ou non, il faut consulter. Ce n'est rien de très compliqué.
- Speaker #1
Est-ce que tu as vu des évolutions par rapport à l'éducation des animaux aujourd'hui ou alors à des nouveaux comportements avec les animaux de compagnie ?
- Speaker #0
Alors déjà, il faut savoir que dans la jeunesse, notamment pendant les périodes du Covid et des confinements, on a eu énormément d'adoptions. et des propriétaires qui ont été quand même très centrés sur la maison, le cercle familial dans lequel l'animal appartient. Donc oui, on a eu des modifications avec des gens qui sont infiniment plus proches de leur animal, plus attentifs, plus précautionneux, et qui du coup viennent nous voir dès que c'est nécessaire.
- Speaker #1
Est-ce que vous avez des animaux qui sont abandonnés ? Quel message tu peux aussi faire passer peut-être à ceux qui nous écoutent ? Personnes qui ont un animal chez eux, mais qui ne s'en sortent plus, ils sont dépassés, au lieu de l'accrocher peut-être à un caddie, il y a peut-être d'autres choses à faire avant ?
- Speaker #0
Bien sûr. L'abandon est un acte qui n'est pas que pénalisable, c'est aussi un acte qui peut des fois être responsable, ne serait-ce parce que pour des situations financières ou familiales compliquées, on ne peut plus correctement s'occuper de son animal. il existe des refuges, des associations qui sont là pour prendre en charge ces animaux. Peut-être que oui, il faudra participer encore un petit peu au moment de l'abandon, mais si derrière, c'est pour lui offrir une belle vie, je pense que c'est tout à fait raisonnable. C'est un acte qui est à la fois courageux, parce que ce n'est pas facile d'abandonner son animal, mais oui, c'est mieux d'aller voir une association ou un refuge et d'essayer de trouver une solution constructive plutôt que d'accrocher un caddie, comme tu viens de le dire.
- Speaker #1
Tu sens également qu'il y a des changements sur la santé, le bien-être animal, des choses qui vont dans le bon sens ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Aujourd'hui, des animaux arrivés en état de maltraitance, on n'en voit plus.
- Speaker #1
Ok. T'en voyais avant ?
- Speaker #0
On en voyait peu. Après, la clinique Saint-Jacques, on a toujours eu la réputation sur la genée. d'être une clinique un peu à la pointe, même si on n'est pas à la pointe de grand-chose. Mais peut-être que ce n'est pas nous qui voyons le plus ces animaux-là dans la genée, mais effectivement, oui, on en voit très très peu. Après, on travaille avec des associations très régulièrement. J'avais encore ce matin deux animaux qui m'ont été apportés par des associations, mais on ne voit plus d'animaux, peu ou pas d'animaux en état de maltraitance. C'est bien d'ailleurs.
- Speaker #1
Ça m'a toujours fasciné. On va chez le médecin. On dit on est malade, on a mal au ventre, on a mal à la tête. Par contre, un vétérinaire, comment il fait pour savoir qu'un animal va mal ? Alors, on va le voir peut-être dans son comportement, mais comment tu fais ton diagnostic ?
- Speaker #0
Alors déjà, il y a une partie non négligeable du travail qui se fait non pas sur la table d'examen, mais au bureau en discutant avec les propriétaires, ce qu'on appelle l'anamnèse et les commémoratifs, et qui, dans un grand nombre de cas, nous orientent quand même pas mal. C'est pour ça qu'on aime bien avoir les propriétaires avec nous lors des consultations, parce qu'il y a encore plein de questions auxquelles ils peuvent répondre et nous avancer pour ensuite, avec notre examen clinique, arriver à poser notre diagnostic.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que le métier de vétérinaire est mal compris ou mal perçu ? On se dit que tout va bien, vous prenez beaucoup de plaisir, alors qu'à l'inverse, il y a peut-être beaucoup de difficultés et vous avez des choix et des décisions à prendre par moments qui sont compliqués également.
- Speaker #0
Alors déjà, ben... Il y a ne serait-ce qu'une activité clinique, oui on aimerait sur tous les animaux faire tout ce qu'on peut tout le temps, mais il y a une contrainte financière qui est tout à fait normale, qu'il faut entendre, qu'il faut appréhender, et avec laquelle il faut, dans un certain nombre de cas, oui effectivement faire tout ce qu'on peut, tout ce qu'on veut, et dans d'autres cas s'adapter pour à la fois prodiguer les meilleurs soins tout en étant raisonnable avec les propriétaires. Ensuite, on en a parlé un tout petit peu tout à l'heure, il y a aussi un mal-être dans la profession lié à des conditions de travail où oui, il nous arrive quand même d'avoir des horaires non négligeables, une charge de travail non négligeable, de devoir faire face à une détresse humaine et animale, fatalement qu'on prend toujours un peu aussi avec nous. et qui ne part pas une fois qu'on a passé la porte de la consultation. Et puis ensuite, quand on devient gestionnaire d'entreprise, j'ai parlé de 13 vétérinaires, mais on a aussi 14 assistantes, donc on est quasiment à une trentaine. 30 histoires personnelles, 30 situations familiales, toutes ces choses-là, il faut aussi s'en occuper, partager les joies, les peines. Et tout ça, le soir, pareil, on ne laisse pas la porte de la clinique. On s'en apporte une partie avec nous. Et puis ensuite, la réalité aussi financière d'une entreprise de 30 personnes. On est sûr qu'on va arriver à payer tout le monde et faire en sorte que tout le monde soit heureux avec nous.
- Speaker #1
Là, tu m'as ouvert plein de portes. J'ai plein de questions. L'aspect économique, justement, pour faire très simple, c'est une entreprise. Il faut que tu aies des entrées d'argent. Comment ça se gère ? Comment ça se travaille ? Comment ça s'anticipe ?
- Speaker #0
C'est une gestion financière. Je ne suis pas vraiment l'impression d'être Bill Gates. En plus, on ne nous l'apprend pas vraiment à l'école vétérinaire. Mais déjà, on a des aides extérieures. Déjà, notre expert comptable, d'autres confrères avec lesquels on partage. Les coups durs, les galères, les bonnes idées. Et puis ensuite, oui, malheureusement, il faut échanger avec les clients de ce que va leur coûter le prix des soins de leur animal et comment, quand il va falloir qu'ils règlent ces soins pour que nous, ensuite, on puisse payer nos fournisseurs, notre personnel et en dernier lieu...
- Speaker #1
Tu peux nous donner des indications de prix pour ceux qui n'ont jamais envoyé leur chien chez le vétérinaire ? Moi, je pense à des copains qui ont fait opérer leur chien, un copain qui a eu une hernie discale sur son chien. C'est tout de suite des très grosses sommes, sans rentrer dans les détails, mais juste bien comprendre un peu de quoi on parle en termes de prix.
- Speaker #0
Alors, un animal qui va bien globalement, il va falloir le nourrir, il va falloir le vacciner une fois par an, il va falloir le déparasiter. Je pense que raisonnablement, oui, c'est quelque chose qui va coûter... Plus d'un millier d'euros par an pour un chien. Et bien sûr, ça montera plus, plus il est de grand gabarit. Ensuite, quand il y a des maladies, oui, certains prix peuvent effectivement monter. Tu évoques le cas d'une hernie discale, il va déjà falloir poser le diagnostic. Donc ça, ça va se faire avec un scanner. On est de l'ordre d'environ 500 euros. Ça n'a pas vraiment de commune mesure avec ce que c'est en médecine humaine, mais c'est déjà une somme. Et ensuite, une intervention, donc d'aller décomprimer la moelle, c'est certes un prix, mais c'est surtout une valeur. Peu de vétérinaires sont capables de le faire. qui plus est de le faire correctement. Si derrière, il va aussi falloir, vraisemblablement, que l'animal reste avec nous hospitalisé quelques jours, le temps de récupérer une locomotion qui lui permette de rentrer à la maison dans de bonnes conditions, on est vraisemblablement au-delà du millier d'euros, à peu près, à tous les coups. Et c'est des choses qui, malheureusement, en plus, par définition, ne sont pas prévues. Il n'y a rien d'iscal. Il n'y a rien et puis d'un seul coup, c'est la catastrophe. Donc, c'est pour ça qu'on est là aussi pour essayer de trouver des solutions d'étalement de règlements. Il y a des partenaires maintenant spécialisés vétérinaires qui nous permettent d'étaler jusqu'en 10 fois pour permettre de prendre en charge ces coups durs.
- Speaker #1
Il y a également des assurances pour les animaux, les compagnies.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Quel est ton point de vue là-dessus ?
- Speaker #0
C'est très bien. C'est une offre qui se développe aussi. Attention que ça ne coûte pas plus cher. que ce que ça peut potentiellement rapporter, c'est toujours une question d'évaluation du risque par rapport à ce que coûte l'assurance en tant que telle. Mais dans plein de cas, ça amène des solutions plus que des problèmes, évidemment.
- Speaker #1
Est-ce que la technologie évolue dans ton métier ? Est-ce que tu as de l'intelligence artificielle qui arrive ? Est-ce que tu peux justement, à l'inverse, travailler sans aucune technologie ?
- Speaker #0
Alors, les vétérinaires de ma génération, on est arrivé avec la démocratisation de l'échographie, puis du scanner. Aujourd'hui, maintenant, ce sont les IRM qui arrivent. Donc aujourd'hui, un vétérinaire qui sort de l'école, travailler juste avec son stéthoscope et son bistouri, non, je ne pense pas que ça botte plus grand monde. On prend l'exemple de ma journée aujourd'hui, j'ai utilisé un bistrot électrique, j'ai utilisé du monitoring en anesthésie, j'ai utilisé un endoscope pour aller regarder dans l'oreille et visualiser un tympan, j'ai utilisé un appareil à fusion tissulaire en chirurgie, après l'interview on utilisera le scanner. Donc oui, la technologie fait partie à part entière de notre exercice. Et oui, l'intelligence artificielle arrive aujourd'hui. Hier, on a reçu un mail pour intégrer l'intelligence artificielle au standard téléphonique. Il y a des technologies qui permettent aujourd'hui de lire certaines lames le microscope toutes seules. Il y a des technologies qui permettent de nous aider sur la lecture des examens radiologiques. Donc oui, c'est quelque chose qui est en train d'arriver. Là, on en est vraiment aux prémices, mais c'est en train d'arriver.
- Speaker #1
Je reviens sur un point que tu as évoqué tout à l'heure, les moments difficiles. Comment tu les gères, tous ces moments d'euthanasie ou des opérations qui se sont mal passées ?
- Speaker #0
Pour ce qui est des euthanasies, c'est d'être gentil avec les gens, de prendre le temps. Et le temps, ça ne s'arrête pas juste quand l'animal est endormi et que les gens sont sortis de notre salle de consultation. C'est assez souvent de rappeler les propriétaires pour s'assurer de savoir comment ils vont. Ce sont des gens qui nous ont fait confiance, qui nous font confiance, qu'on va continuer à avoir. Ce ne sont pas juste des gens qui nous amènent un animal. Mes jeunes collaborateurs ont mis en place d'écrire des lettres de condoléances aux propriétaires. C'est quelque chose qu'on fait. de manière assez naturelle aujourd'hui et qui permet de montrer aux propriétaires que non, ils ne sont pas tout seuls et qu'on partage leurs peines et qu'on est avec eux dans les bons moments, mais aussi dans les moments moins faciles.
- Speaker #1
Et justement, parle-nous de bons moments, des choses que tu as vécues ici à la clinique.
- Speaker #0
Des bons moments, Dieu merci, il y en a tous les jours. Donc, c'est des propriétaires qui arrivent pour nous montrer l'animal qu'ils viennent d'adopter parce qu'ils veulent qu'on soit les premiers à le voir. C'est des gens qui viennent nous partager des bonnes nouvelles, mais pas forcément en lien avec leur animal. J'ai, pas plus tard qu'il n'y a pas longtemps, des gens qui sont venus m'annoncer la naissance de leur bébé. Parce qu'on avait échangé, on avait blagué pendant la grossesse de madame. Et c'est trop sympa de venir me présenter. ce petit bout de chou qui vient d'arriver. Et puis ensuite, bien sûr, des réussites professionnelles. Par exemple, j'ai en tête Cerise, c'est un petit chien qui avait été trouvé, qui m'a été amené par une association, qui avait été abandonné. Il n'y avait pas un poil, il ne ressemblait à rien. Il est reparti, c'est un chien magnifique qui a été adopté. Donc ça, c'est des chouettes réussites qui, le soir, te mettent la banane.
- Speaker #1
Trop bien. Tu es vétérinaire, mais aussi chasseur. Je pense qu'il y a des personnes qui doivent se dire que c'est quelque chose qui est contradictoire. Qu'est-ce que tu peux leur répondre ?
- Speaker #0
Je pense que c'est M. Schrin, président de la Fédération Nationale des Chasseurs, qui a dit, peut-être sur un ton un peu provocateur, mais je ne pense pas vraiment que les chasseurs, assez souvent, ont été les premiers écologistes. Je pense que c'est une réalité. Le fait d'être vétérinaire, ça me donne un attrait pour les chiens, et notamment les chiens de chasse. que je retrouve chez plein de chasseurs qui ne sont pas vraiment vétérinaires. J'ai eu la chance de côtoyer d'autres vétérinaires chasseurs, des éleveurs de chiens de chasse, des chasseurs qui n'étaient ni éleveurs ni vétérinaires et qui partageaient tous cette passion du chien. Donc plus que vraiment le chasseur qui va aller courir après un sanglier toute la journée, moi ce qui m'intéresse surtout c'est le travail du chien. Et en ce sens, c'est absolument pas antinomique avec mon exercice de vétérinaire.
- Speaker #1
Alors là, on va rentrer en plein dedans. Quel type de chien tu as ? Quel type de chasse tu réalises ?
- Speaker #0
Alors moi, j'ai un bras calmant, une Paddy du Rio Parana, qui est absolument superbe, et comme chien de chasse, et comme chien de compagnie, de famille. Elle court tous les mardis avec ma femme, elle est tous les soirs avec mes enfants. J'ai globalement beaucoup plus de photos de Paddy avec mes enfants dessus, en train de jouer, etc. plutôt que de photos de paddy à la chasse. Et ensuite, c'est principalement une chasse aux chiens d'arrêt, faisant perdre eau, et puis surtout la bécasse ensuite dans la région.
- Speaker #1
Tu as d'autres activités, d'autres passions ?
- Speaker #0
Avec mon épouse et mes enfants, on aime tout ce qui a trait à la nature. Donc on aime bien partir en rando, avec la chienne, sans la chienne, suivant là où on est. Je suis marseillais, donc fatalement j'adore la mer. Dès que j'ai l'occasion de rentrer chez ma mère, qui... habite maintenant, on a de la chance au bord de la mer, je ne perds pas une occasion d'aller me mettre à l'eau, que ce soit pour aller voir les poissons, pour aller en attraper un de temps en temps, mais toujours dans le respect et pour respecter l'animal qu'on a prélevé et ensuite le partager autour de mon repas.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des erreurs courantes sur l'observation et l'entretien d'un chien de chasse ? Je pense notamment peut-être à l'emmener tout de suite à la chasse en début de saison, quand il fait chaud.
- Speaker #0
Alors, on le voit d'autant plus depuis 2-3 ans, avec le mois de septembre et le mois d'août, puisqu'on est assez souvent sur des territoires où on a la chance de pouvoir faire les ouvertures anticipées à la caille, où c'est vraiment des périodes où il fait extrêmement chaud. Alors, moi, personnellement, je ne me vois pas aller chasser si les conditions ne sont pas bonnes pour mon chien, s'il n'y a pas d'émanation, s'il n'y a pas un minimum de fraîcheur pour qu'elle puisse correctement... Prendre des pistes, je ne vois pas trop l'intérêt. Et ensuite, bien sûr, il faut qu'il y ait une température qui soit compatible avec un exercice. On n'irait pas courir quand il fait 40 degrés. C'est pareil pour un chien. Donc, on y va tôt le matin et dès que les températures montent, on arrête. On prend le temps d'arrêter le chien pour qu'il boive. Et si on voit qu'il est en train de souffrir de la chaleur, c'est bon. Point de vue qui est... qui est sur terre ou sous l'eau, on ne se met jamais en danger, on ne met jamais en danger son auxiliaire pour aller courir après un oiseau ou un poisson.
- Speaker #1
Justement, ça c'était une question que je m'étais notée. Est-ce que tes connaissances en vétérinaire changent un petit peu ton regard en tant que chasseur ?
- Speaker #0
Oui, parce que... Paddy n'a pas eu de bol la pauvre l'année dernière, elle s'est fait les deux ligaments croisés, donc je suis toujours attentif, parce que c'est... Quelque part, une chienne qui a été convalescente n'a pas de boiterie. S'assurer que son effort est constant et qu'elle n'ait pas de coups de fatigue ou de quoi que ce soit. Et puis, si on a le moindre doute, on arrête, on regarde et on s'adapte.
- Speaker #1
Juste après, on va parler des dangers. général pour les chiens, mais est-ce qu'il y a d'autres blessures à la chasse ? Je pense aux attaques d'animaux ou alors à des blessures causées par des sangliers, des charges. Quels sont tes conseils que tu peux donner ? Il y a les ronces également, les yeux qui peuvent être touchés ?
- Speaker #0
On va dérouler la saison de chasse, début de saison. Attention avec tout ce qui est les graines dans les yeux, dans les oreilles. Ensuite, Bien sûr, attention aux chaleurs en début de saison. Toute la saison, attention aux parasites, notamment les tiques. On est quand même dans une région où on voit encore pas mal de cas de pyroplasmoses tout au cours de l'année. Et ensuite, moi je chasse aux chiens d'arrêt, mais j'ai plein de partenaires qui me font confiance à la clinique et qui chassent le sanglier. La chasse au sanglier, c'est une chasse qui est dangereuse, que ce soit pour les chasseurs ou pour les chiens. Je les encourage beaucoup à chasser avec des harnais de protection parce que ça permet quand même de minimiser la gravité des blessures. C'est toujours plus facile pour un vétérinaire de recoudre une patte plutôt que de recoudre un thorax ou un abdomen.
- Speaker #1
Pierre, je vais te lister une série de dangers par rapport aux chiens qui peuvent être causés. On a fait des recherches sur Internet. L'idée, c'est qu'on puisse un petit peu développer tout ça, que tu puisses rapidement nous donner les bons conseils. La première chose, ce sont les aliments toxiques, tout ce qui est chocolat, oignons. Aïe, que faire si on arrive et que le chien a mangé une tablette de chocolat ?
- Speaker #0
La première chose à faire tout de suite, c'est qu'on appelle le vétérinaire. On a la chance d'avoir, que ce soit à l'école vétérinaire de Nantes ou à l'école vétérinaire de Lyon, ce qu'on appelle des centres anti-poison, avec des vétérinaires qui sont disponibles 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Donc, on garde le propriétaire au téléphone, on prend les informations, que l'animal son son Poids notamment, qu'est-ce qu'il a mangé, en quelle quantité. Et si la réponse ne nous vient pas tout de suite, on connaît tous les seuils toxiques, notamment pour le chocolat, etc. Mais si on a le moindre doute, on peut les appeler. Ils nous conseillent, ils nous disent si oui ou non, il faut faire venir l'animal. Et quelle est la marche à suivre en cas d'intoxication ?
- Speaker #1
Quels sont les éléments toxiques ? Là, je t'ai donné le chocolat, les oignons, l'ail. Dans la région,
- Speaker #0
malheureusement, le plus d'intoxication, c'est encore avec les raticides. Donc attention, quand on en utilise, il y a des boîtes qui sont faites exprès pour faire en sorte que oui, on traite les rongeurs, mais que ce soit sans risque pour nos animaux de compagnie, et notamment le chat qui, malheureusement, s'intoxique régulièrement avec des raticides.
- Speaker #1
Tout ce qui est produits ménagers, bien évidemment, il faut les mettre en hauteur déjà pour nos propres enfants. Mais si il y a un chiot qui vient, qui va ouvrir une gouttille peut-être de Javel ou d'autres produits très toxiques, que faire ?
- Speaker #0
Alors, ce n'est pas des intoxications dans la région qu'on rencontre très régulièrement. Mais encore une fois, la première chose, c'est qu'on appelle le vétérinaire et il nous conseille. Rincez la bouche en gardant la tête du chiot vers le bas, on ne fera jamais d'erreur. Et ensuite, malheureusement, dans la région, les intoxications avec ce genre de produits, enfin du moins avec les produits toxiques c'est assez souvent encore dans des milieux agricoles avec les produits phytosanitaires et les produits de refroidissement qui sont malheureusement très toxiques pour les animaux de compagnie.
- Speaker #1
J'ai listé également des plantes toxiques, est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Alors on a du datura, on a du millepertuis, bref on a pas mal de plantes toxiques dans la région, ce sera plus pour des herbivores. plutôt que pour des animaux de compagnie, chez les chiens et les Ausha, on est en plein dans la période de la plante la plus toxique malheureusement, c'est la folle avoine avec les épillés. En ce moment, on en retire dans les yeux, dans les oreilles, sous la peau, on en retire un peu partout. Donc attention à cette période, un chien qui est ternu, un chien qui secoue la tête, il faut l'amener tout de suite chez le vétérinaire.
- Speaker #1
Oui, ça je l'ai bien noté, les épilés. Encore plus rentrer dans les détails, parce que ça, ça arrive à tout le monde. on va se balader dans un parc, il peut y en avoir.
- Speaker #0
Voilà, donc là où on a commencé l'interview, j'en ai deux qui sont posées devant mon truc que j'ai retiré ce matin. Donc le chien qui était normal et qui se met à se secouer la tête de manière frénétique, le chien qui était normal et qui se met à éternuer de manière incohérencible, ça il faut tout de suite appeler son vétérinaire. Le chien qui a une plaie entre les doigts ou n'importe où ailleurs avec un peu la chournie qui ne passe pas, il est préférable de le monter au vétérinaire pour savoir si oui ou non il y a une suspicion d'un corps étranger. Sous-cutanée.
- Speaker #1
Le laurier rose aussi, c'est une plante toxique ?
- Speaker #0
Alors, j'ai que 40 ans, mais je n'ai jamais vu d'intoxication au laurier rose. Après, des lauriers roses, j'ai essayé d'en planter plein dans mon jardin, ça n'a jamais marché. Alors, j'en ai un.
- Speaker #1
C'est pour ça que je te faisais la question personnellement.
- Speaker #0
Donc, dans mes cours de toxicologie, de ce que je m'en souviens, c'est une toxicité cardiaque, mais je n'ai jamais vu d'intoxication au laurier rose dans la région jusqu'à présent.
- Speaker #1
Ok. Bon, je ne suis plus rassuré, merci. tout ce qui va être objet des jouets, des ficelles Que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Les ficelles, c'est des corps étrangers qui sont particulièrement dangereux, notamment chez le chat. Donc si on fait jouer ces animaux avec... des jouets, il faut faire attention qu'il n'en ingère pas. Et tout animal qui a un comportement digestif anormal, effort de régurgitation, vomissement incohérencible, il est toujours raisonnable de consulter son vétérinaire rapidement, sans attendre, pour voir si oui ou non il y a une suspicion de corps étranger digestif et s'il faut le prendre en charge, notamment en urgence, en chirurgie.
- Speaker #1
Je te le disais, hors interview, j'ai un copain qui a perdu son chien à cause d'une ficelle. Je lui fais un gros bisou derrière la caméra, c'est jamais facile ces moments-là. Tu en parlais justement, tout ce qui va être pesticides, engrais, pour ceux qui ont des potagers également, il y a pas mal de petits produits qu'on peut mettre pour les limaces, etc. Que tu peux nous dire ?
- Speaker #0
D'essayer de privilégier ce qui ne sera pas dangereux pour son animal de compagnie, si on en a, et ou alors de faire en sorte que le potager ne soit pas accessible si jamais on doit en utiliser. Moi, par exemple, je plante mon potager tous les ans. La bouillie bordelaise, on ne va pas faire grand mal à personne. Et ensuite, pour les limaces, moi, personnellement, j'utilise plutôt la cendre. Et voilà, c'est l'occasion de faire un barbecue pour la récupérer. Et ensuite, jusque-là, mes plantes de courgettes ne se portent pas trop mal. Le chien ne risque rien.
- Speaker #1
Gros sujet que tout le monde connaît, les tiques, les puces. Il y a plein de choses qui existent. Je ne sais pas s'il y a une meilleure solution que d'autres. Qu'est-ce que tu conseilles là-dessus ?
- Speaker #0
Alors, dans notre région, avec notre climat, malheureusement, des infestations par les parasites, on en a toute l'année. Donc, de toute manière, il est raisonnable de protéger ces animaux parce que, ce qu'on disait tout à l'heure, on essaie de plus en plus d'être proactif et il vaut mieux mettre un produit sur un animal qui va bien plutôt que de devoir le traiter ensuite pour une maladie, que ce soit une pyroplasmose, dans l'exemple des tiques, ou ensuite... des infections cutanées parce que l'animal a eu des puces ou des tiques. Notamment, on a plein de produits à notre disposition, que ce soit en collier, en pipette, en comprimé, maintenant aussi en injection. N'hésitez pas à demander conseil à votre vétérinaire, il vous conseillera bien en fonction du mode de vie de votre animal. Je ne dis pas qu'il faut traiter tous les animaux toute l'année, mais en fonction du risque qu'ils ont, à des moments, il faudra plutôt recourir à certains produits pour essayer de faire en sorte de le garder en bonne santé.
- Speaker #1
J'ai lu aussi et j'ai également des chenilles processionnaires. Est-ce que tu peux nous donner un peu plus d'informations là-dessus ?
- Speaker #0
Alors ça, effectivement, c'est un danger, en général début d'année, qui est non éligible quand elle rentre en procession et que les animaux les rencontrent. Ça peut être des lésions au niveau des yeux, mais surtout dans la cavité buccale et avec des animaux qui peuvent aller jusqu'à perdre une partie de la langue. Si jamais vous voyez que votre animal a touché des chenilles, la première chose, c'est de faire attention à vous, parce que les poils urticants, vous pouvez aussi, malheureusement, en avoir sur les mains et derrière, avoir malheureusement une envenimation vous-même. Donc, attention. Et ensuite... On ne fait jamais d'erreur en rinçant la bouche de l'animal. Mais quoi qu'il en soit, si vous avez le moindre doute, vous appelez votre vétérinaire et il vous dira si oui ou non, il faut venir. Mais assez souvent, oui, c'est une urgence, il faut voir les animaux.
- Speaker #1
Est-ce que les eaux stagnantes sont dangereuses ? Je suppose que oui, mais ça arrive à tout le monde. On part en balade, le chien, il va boire dans une eau stagnante, il va se baigner peut-être même.
- Speaker #0
Alors, il y a plusieurs risques dans les eaux stagnantes. Il peut y avoir... La leptospirose, qui est une maladie avec une toxicité rénale qui est extrêmement grave chez le chien, on vaccine contre la leptospirose. Donc, bien sûr, nos animaux de compagnie doivent être vaccinés, et les chiens notamment, contre la leptospirose. Et ensuite, dans les eaux stagnantes, dans la genée, on a eu pas mal de communications qui ont été faites sur les cyanobactéries dans certaines retenues d'eau. Donc, rincer son animal à l'eau claire quand il est à l'aise baignée dans une eau un peu croupie, c'est jamais une mauvaise idée non plus.
- Speaker #1
Tout ce qui va être effort brutal. Le chien est à la maison, on le sort, ils sont super excités, souvent ils partent direct courir. Comment gérer ça ? Est-ce que c'est dangereux ?
- Speaker #0
Alors là, avec les grosses chaleurs qu'on a eues ces derniers jours, on a eu la chance de ne pas avoir à prendre d'animaux pour des coups de chaleur. Mais bien sûr, oui, on fait attention. C'est du bon sens, on n'irait pas courir sous une température de 40 et quelques degrés comme on a eu hier avant-hier. Pour son animal de compagnie, c'est la même chose. Si on a envie d'aller se balader, on va plutôt y aller le matin à la fraîche ou le soir. Et entre-temps, s'il veut sortir, on fait en sorte que ce soit sur un effort modéré. On ne va pas le faire jouer alors qu'il fait 42 degrés. Et si on a le moindre doute, on l'abreuve. On voit qu'il récupère une respiration normale. Et si on a le moindre doute, on appelle son vétérinaire.
- Speaker #1
Quelles sont également les maladies vectorielles que l'on peut rencontrer ?
- Speaker #0
Alors, dans notre région, la principale, c'est la pyroplasmose transmise par l'éthique. Donc, c'est pour ça qu'il faut correctement protéger nos animaux contre l'éthique. Avec notre climat, malheureusement, toute l'année, on a quelques cas de lèches magnoses transmises par les moustiques. Donc, ne serait-ce qu'à cause de l'inconfort généré par les piqûres et aussi à cause du risque de transmission de lèches magnoses, ce n'est pas une hérésie que de protéger, notamment nos chiens, contre les moustiques maintenant à la saison.
- Speaker #1
J'ai également des dangers au niveau des douleurs non visibles, tout ce qui va être arthrose. Comment gérer ça ? Comment faire attention à son chien ?
- Speaker #0
Alors, normalement, c'est des questions qu'on doit poser lors de la consultation vaccinale quand les animaux prennent de l'âge, qu'on a un certain nombre de questions. Est-ce que votre animal met plus de temps à se lever le matin ? Est-ce que les premières foulées sont vraiment inconfortables pour un chien ? Est-ce que le chat a plus de mal à sauter sur le canapé, sur le lit, que sais-je ? Et en fonction de ces réponses, on va orienter notre examen clinique pour voir si oui ou non il y a des signes d'arthrose. Ensuite, on peut le confirmer avec des clichés radiographiques. Et ensuite, on a la chance d'avoir des médicaments qui sont absolument très efficaces, sûrs à notre disposition, que ce soit chez le chien ou chez le chat, pour les accompagner dans leur maladie arthrosique. Et c'est assez marrant de voir qu'on a des propriétaires qui, eux aussi, souffrent un peu d'arthrose et qui voient que... On fait notamment une injection à leur chien qui leur permet d'être hyper confortable pendant un mois et qui nous demande « vous ne voulez pas me faire le mien ? » Donc non, on ne peut pas la faire.
- Speaker #1
Justement, c'est imparté, il y a des produits qui sont exactement similaires pour les animaux que pour les humains ?
- Speaker #0
Pour ce qui est des désinfectants usuels, oui. Certains antibiotiques, oui. Mais ensuite, la pharmacie vétérinaire est régie par des lois particulières. Donc même si ça peut paraître être les mêmes molécules. C'est des médicaments qui ont été étudiés pour les chiens et Ausha, donc on est censé respecter ce qu'on appelle la cascade, c'est-à-dire prescrire des médicaments pour chiens et Ausha quand ils sont disponibles.
- Speaker #1
Tout ce qui va être problème dentaire, j'ai aussi pour anecdote le chien de mes parents qui du coup avait sa gamelle à côté du tas de bois et du coup il a eu une écharde dans sa gamelle et qu'il a prise dans la bouche. Comment pallier à tout ça ?
- Speaker #0
Alors la santé buccale, donc Hugo qui s'est brillamment formé en dentisterie, en parlerait beaucoup mieux que moi. Mais dès l'examen clinique général, on regarde qu'il n'y ait pas de tartre, qu'il n'y ait pas de déchaussement des dents, etc. Et si on a le moindre doute, nous, on a la chance, il y a Hugo qui est là, qui reçoit les gens et qui les conseille. Ça peut être sur des tartrages dits préventifs. Tout va bien, juste on nettoie les dents pour qu'on ne soit pas obligé derrière d'en retirer. Ou si malheureusement, c'est un peu plus tard, on retire certaines dents, il vaut mieux enlever une dent. gâter plutôt que de laisser l'animal avec une infection, une douleur, etc.
- Speaker #1
Je vais te donner des petites choses que je fais sur mon chien, mon petit Monsterlander. Volt, tu vas me dire si c'est bien ou pas. Dans son entretien, je lui donne des bâtonnets à mâcher qu'on connaît tous. Il les conseille un par jour. Est-ce que c'est un par jour ? Est-ce que c'est moins ?
- Speaker #0
Alors, le conseil d'un par jour, il est probablement donné par les personnes qui les vendent. C'est pour ça que je le dis. Ils ne sont pas fadas. Alors, sur des chiens de gabarit moyen à grand, ça a peu d'importance parce que ça ne représente pas vraiment une partie importante de leurs apports quotidiens en calories. Mais on sait que certaines lamelles à mâcher sont quand même assez riches. Et sur des animaux de petit gabarit, ça peut amener à une prise de poids. Ensuite, oui, c'est bien. Mais une fois que le tartre est là, à part un bon détartrage et un bon polissage, il n'y a pas grand-chose malheureusement qui permettra d'enlever le tartre.
- Speaker #1
Est-ce que mettre de l'huile de saumon, l'huile de sardine dans les croquettes, c'est bon ?
- Speaker #0
Alors, les huiles de saumon ou de sardine, on en réfère à un apport d'acides gras essentiels. Les acides gras essentiels, on sait que ça participe à une bonne qualité du pelage, mais on ne va pas se mentir, aujourd'hui, ils sont quand même présents dans toutes les croquettes du moment qu'elles sont de bonne qualité, donc ce n'est pas forcément nécessaire. Et attention, là encore, ça peut représenter un apport calorique non négligeable pour l'animal et donc potentiellement un risque de prise de poids si c'est donné en grande quantité tous les jours.
- Speaker #1
Tous les petits déchets qu'on a dans nos assiettes, les petits morceaux de viande, les petits morceaux de gras, est-ce qu'il faut les donner ou pas ? Mes grands-parents sont les spécialistes pour ça, ils gardent les petites croûtes de fromage.
- Speaker #0
Alors, il faut différencier ce qui est donné pour faire plaisir à l'animal. Et ce qui est donné de manière très régulière et qui là pour de bon, oui, est un risque non négligeable pour la prise de poids de l'animal. Après, il y a certains animaux qui ne vont pas vraiment tolérer la diversification alimentaire, notamment si on leur donne des choses qui peuvent être un peu grasses, etc. Bon, si c'est pour lui faire plaisir, mais que deux minutes après, il vomisse, il vaut peut-être mieux juste lui donner des croquettes et de l'eau. Mais moi, c'est les poules qui récupèrent la seule grande chose.
- Speaker #1
Est-ce que les fruits sont bons pour les animaux ? Je pense encore, dans mon cas personnellement, mon chien qui va manger des fraises, des fois, qui va manger des cerises, il faut le laisser ou est-ce qu'il faut l'empêcher ? Alors,
- Speaker #0
des fois, de toute manière, il se bat dans le jardin, on n'a pas forcément le choix. Donc, je sais que chaque année, à la période des prunes, des figues, Dans la région, on a des propriétaires qui arrivent en nous disant « Je ne comprends pas, je suis inquiet, ça fait trois jours que mon chien ne mange pas. » Et on leur pose une question « Est-ce qu'à tout hasard, vous n'avez pas un figuier ? » « Ah ouais, putain, il est toute l'après-midi dessous en train de bouffer des figues. » « Oui. » « Bon, mais fatalement, il a moins faim après. » Donc, tout est une question de quantité. S'il en mange une ou deux par-ci, par-là, ça ne va pas lui faire grand mal. S'il en mange beaucoup, ça peut lui donner des troubles digestifs, type vomissement ou diarrhée, et ensuite faire en sorte qu'il est moins faible pour le reste. Ce n'est pas une alimentation équilibrée, donc s'il en prend une ou deux, ce n'est pas très grave. S'il en prend beaucoup, ça peut venir à poser problème.
- Speaker #1
Quel bon conseil tu peux donner à ceux qui nous écoutent pour choisir des croquettes de chien ? Il y en a partout. Moi, j'ai mis plus d'un an à choisir les miennes. J'ai essayé différentes marques, toujours en respectant les proportions pour changer, bien évidemment. Mais ce n'est pas facile quand même de trouver des bonnes croquettes.
- Speaker #0
Alors, il va falloir différencier l'alimentation. physiologique de l'alimentation thérapeutique. L'alimentation thérapeutique, il y a plein de choses qu'on peut arriver à soigner avec une alimentation dédiée, que ce soit des problèmes de peau, des problèmes d'arthrose, des problèmes urinaires, des problèmes digestifs. Donc ça, c'est vraiment différent et ce sera une discussion avec votre vétérinaire qui vous orientera pour ce qui est de l'alimentation physiologique. Pareil, c'est une question qu'on est censé poser. Que mange votre animal lors de chaque consultation de médecine préventive ? Il y a plein effectivement de croquettes de bonne qualité. Encore une fois, ça va être fonction du mode de vie de l'animal. On va différencier un chat qui vit en appartement, qui est stérilisé, qui a une vie relativement sédentaire avec par exemple un chien de chasse. Ça ne va pas du tout être la même alimentation en termes d'apport et en termes de quantité à donner et aussi au moment de l'année. Donc n'hésitez pas à en discuter. avec la personne qui vous vend les croquettes, que ce soit votre vétérinaire ou un autre, pour adapter en fonction du moment de l'année et de l'activité de votre animal.
- Speaker #1
Pour nettoyer les oreilles de mon chien, j'utilise des petits gants sur le doigt, avec un petit peu de liquide dessus. Est-ce que c'est bien ? Est-ce qu'il faut aller profond ? Je sais qu'il adore ça, quand je gratte les oreilles avec le doigt, mais est-ce que c'est bien ?
- Speaker #0
Alors, il faut nettoyer les oreilles des animaux. Mais en fait, la connaissance sur l'autologie vétérinaire évolue vachement les dernières années. On a eu un congrès à Aix qui était exclusivement dédié à l'autologie des animaux de compagnie il y a quelques années maintenant. Donc une oreille sale, il faut la nettoyer. Une oreille propre, ce n'est pas la peine. Et ensuite, effectivement, oui, il existe des nettoyants auriculaires qui sont faits exprès. Et ensuite, avec un doigtier, avec une feuille de sopalin, avec... n'importe quel tissu en essuie ce qui est remonté, c'est très bien.
- Speaker #1
Pareil, je lui nettoie aussi les yeux avec des petites lingettes, un peu style démaquillant, avec un petit produit dessus. Est-ce que c'est bien ? Est-ce que c'est des bons produits qu'on peut retrouver ?
- Speaker #0
Oui, alors il y a des races pour lesquelles c'est particulièrement important, notamment tous les brachycéphales qui ont des plis marqués, où là, il faut vraiment nettoyer les plis dans lesquels les larmes coulent, parce que ça entretient une macération et ça peut être à l'origine d'une... d'une infection qu'on appelle l'intertrigo. Donc, cela, il faut leur nettoyer régulièrement les yeux. Ensuite, plus généralement, un œil qui coule, un œil qui est sale, un œil qui a des écoulements, il est préférable de nettoyer. Mais comment se nettoierait-on les yeux ?
- Speaker #1
Avec un sérum phi ?
- Speaker #0
Il y a des nettoyants oculaires qui peuvent contenir des antiseptiques ou alors avec du sérum physiologique, c'est aussi très bien en première intention.
- Speaker #1
Comment nettoyer les dents des chiens ? Moi, pareil, j'utilise aussi un produit avec un petit doigtier. Voilà.
- Speaker #0
Donc, il existe des dentifrices qui vont permettre de réguler la plaque dentaire et qu'on utilise soit avec une brosse à dents si l'animal se laisse faire, soit plus facilement avec un doigtier. Et on en revient à ce qu'on disait, la médecine préventive. un animal qu'on a détartré, à qui on a poli les dents, si derrière on arrive à entretenir ça en nettoyant les dents de temps en temps, ça permettra de différer le prochain détartrage. Est-ce qu'il faut brosser tous les jours son chien ? Est-ce qu'il faut l'examiner un petit peu, appuyer sur les coussinets, voir les doigts ?
- Speaker #1
Alors ça dépend du pelage de l'animal. Un chien à poils longs, bien sûr, va avoir besoin d'être brossé plus régulièrement qu'un poil court. Moi par exemple, à 10 cm racalement, je ne la brosse absolument jamais. Mais ça n'empêche pas de regarder qu'il n'y ait pas de plaies, il n'y ait pas de croûtes, il n'y ait pas de parasites. et la moindre doute on n'hésite pas à poser question pour savoir est-ce qu'il faut faire quelque chose.
- Speaker #0
Tout ce qui va être petite pommade pour les coussinets, pour la truffe, est-ce que c'est bien ?
- Speaker #1
Alors, il y a des affections qui sont secondaires à une sécheresse, que ce soit au niveau des coussinets ou aussi au niveau de la truffe, et pour lesquelles, oui, il peut y avoir des bommes qui participent à l'hydratation de ces zones, l'histoire d'éviter que les animaux soient inconfortables. Une peau sèche, c'est une peau qui gratte, on le voit sur nous, donc c'est pareil pour la truffe, notamment des animaux de compagnie.
- Speaker #0
Quel message tu veux faire passer à tous les propriétaires de chiens, justement sur l'entretien de leurs animaux ?
- Speaker #1
Comme les vétérinaires, d'essayer d'évoluer, pour essayer d'être de plus en plus proactifs et de ne pas attendre que les problèmes deviennent importants et que derrière ce soit plus compliqué, lourd pour l'animal, coûteux pour eux. Et les problèmes, plus on les prend tôt, en général, meilleurs sont les résultats et en plus moins chers sont. les frais à mettre pour arriver à les soigner.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses à ne pas faire avec un chien ? On ne saurait peut-être pas, ou des choses que tu vois souvent, en leur disant non, mais ne faites pas ça.
- Speaker #1
On est dans le sud-ouest, on aime tous bien manger, on a quand même un certain nombre d'animaux que j'appelle gabarits sud-ouest.
- Speaker #0
Bien pourtant.
- Speaker #1
Donner une alimentation saine et équilibrée, je pense que c'est déjà le premier bon conseil qu'on peut donner pour éviter de vivre ensuite avec une table basse.
- Speaker #0
À tous ceux qui nous écoutent qui aimeraient avoir un chien, qu'est-ce que tu peux leur dire, toi, en tant que vétérinaire, sur le choix de la race, peut-être, mais également sur le fait qu'on va s'engager quand même sur plusieurs années avec un animal de compagnie ? Quels sont les conseils que tu peux donner à ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Alors, maintenant, avant d'adopter un animal, de toute manière, il y a forcément une période de réflexion qui est nécessaire, qui est réglementaire maintenant, et c'est vraiment une très bonne chose. c'est quand même peut-être effectivement en amont de se questionner correctement sur quelle race on va prendre. Si on est en appartement, on ne va pas prendre un chien de grand gabarit parce que fatalement, ça va être confortable pour personne. Pareil, le niveau d'activité, on a vu qu'il y avait des phénomènes de mode qui sont passés à un certain moment, avec un engouement pour le malinois, un engouement pour le berger australien. Ce sont des chiens qui ont besoin d'énormément d'exercice. Il faut être sûr aussi de soi, d'avoir le temps pour pouvoir... Faire en sorte que l'animal se dépense correctement. Et ensuite, comme je le disais en début d'exercice, d'interview, pardon, un animal, plus il est grand, plus ça coûte cher. Donc si on sait qu'on va être un peu ric-rac côté budget, peut-être pas prévoir de prendre un animal qui va peser au-delà de 40 kilos et qui va déjà coûter une somme non négligeable en nourriture. Et puis ensuite, si jamais il y a quoi que ce soit, en frais vétérinaires.
- Speaker #0
Il y a des races plus difficiles que d'autres ? Ou alors ce sont des a priori et c'est plus la façon d'éduquer ? des personnes ?
- Speaker #1
Globalement, celui qui m'a mordu et qui m'a fait le plus mal jusqu'à présent, c'est officiellement la race la plus gentille. Donc oui, il y a fatalement une question d'éducation. Mais ensuite, on est amené à devoir se méfier de tous les animaux parce qu'ils peuvent être douloureux et avoir des réactions inhabituelles. Et ça, c'est pareil. Ne jamais prendre mal le fait qu'un vétérinaire mette une muselière ou choisisse un mode de contention pour votre chat. Il est encore là pour assurer votre sécurité, la sienne et celle de son personnel, et ne pas faire en sorte que, dans l'intérêt de tout le monde, les soins ne se passent bien.
- Speaker #0
Je reviens un petit peu sur la chasse. Pourquoi est-ce que tu chasses ? Qu'est-ce que tu recherches ? Tu as dit tout à l'heure la chasse pour le chien, mais est-ce qu'il y a d'autres choses ?
- Speaker #1
déjà d'avoir une activité où je vais être dans la nature, où je vais me balader, et où même s'il n'y a pas bien un moment où je vais quand même passer un tout petit peu à la clinique, je vais quand même avoir un moment pour moi dans la nature où je vais un peu faire le vide et où je vais me promener en toute tranquillité. Et puis ensuite, on ne va pas se mentir complètement, l'homme à la base c'est quand même un chasseur-cueilleur, et je trouve personnellement que c'est assez gratifiant. de manger un animal que tu as chassé avec respect, que tu as cuisiné avec respect. pour lequel tu as essayé de faire en sorte de trouver une recette qui ferait plaisir à tous tes convives, que ce soit ta famille ou des amis qui t'invitent. Et ensuite, un poisson pareil, bien sûr. Et ensuite, de te dire que quand tu vas te balader dans la nature, oui, tu as prélevé un animal, mais tu as essayé d'être respectueux, voire même de revenir en ayant ramassé à peu près tous les déchets que tu as croisés, que ce soit sur terre ou sous l'eau. et de faire en sorte d'avoir un impact globalement positif sur la nature.
- Speaker #0
Justement, parlons un peu d'un plat favori que tu as, quelque chose que tu aimes bien préparer quand tu reviens de la chasse.
- Speaker #1
Alors là, depuis deux ans maintenant, mes enfants me demandent des nuggets de faisan.
- Speaker #0
C'est très bon d'ailleurs.
- Speaker #1
Voilà, mais c'est une façon comme une autre de valoriser une grande partie de la viande. Et c'est vraiment un chouette moment quand ils savent qu'il y a des nuggets de faisan, de perdre au carri, en général c'est un bon moment à la maison.
- Speaker #0
Par rapport à ton métier de vétérinaire, qu'est-ce que tu peux donner comme conseil quand on vient de prélever un animal, grand ou petit gibier ? Tu sais, surtout la partie un peu autopsie, je ne sais pas si ça se dit comme ça.
- Speaker #1
Alors, on peut en parler de découpe du gibier. Si on a le moindre doute, de toute manière, on ne se met jamais en danger. On ne va pas manger une viande avariée. De toute manière, dans le cadre de la chasse au grand gibier, toutes les équipes de chasse sont censées avoir... une ou des personnes qui ont été formées à la valorisation de la venaison et à la détection des éventuelles lésions. Et si on a le moindre risque, on ne se met pas en danger, ce n'est pas la peine.
- Speaker #0
Que penses-tu des débats liés à la chasse ? On le voit dans plein d'autres médias. L'objectif de ce média, aussi de Bram, c'est de créer une bonne atmosphère et d'expliquer les choses, comme je le dis souvent, comme il a été souvent dit, la chasse n'a pas besoin d'être défendue, mais seulement besoin d'être... d'être expliqués. Que penses-tu des débats globales ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je pense qu'il faut surtout laisser un débat beaucoup plus général, arriver à vivre à peu près tous correctement ensemble. Dans le cadre de l'activité de la chasse, c'est si on croise des randonneurs, on dit bonjour, on est poli, le temps, le cas échéant, on prend 5 minutes pour discuter, il y a toujours de belles rencontres à faire. Si on nous pose des questions... plutôt que d'être fermé et froid, de prendre le temps d'expliquer. Là où j'ai la chance de partager un territoire de chasse, il est partagé par un sentier de petites randonnées, un sentier de grandes randonnées. On arrive très régulièrement à discuter avec des randonneurs et des pèlerins, puisque c'est au bord du chemin de Saint-Jacques. Et assez souvent, on se rend compte que quand on est souriant, quand on est gentil, quand on prend le temps d'expliquer correctement les choses, les gens ne sont pas fermés à la chasse. Et puis ensuite, comme je le disais tout à l'heure, que ce soit sur terre ou sous l'eau, il n'y a aucun prélèvement qui vaudra une mise en danger. Donc si on n'est pas sûr de quoi que ce soit, ne le fais pas, ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Raconte-nous une petite anecdote qui te vient rapidement à l'esprit par rapport à la chasse. Un beau moment ?
- Speaker #1
La chance de tomber. sur des animaux qu'on voit rarement. L'année dernière, j'ai eu la chance d'arrêter mon premier perron de Bécasse, deux oiseaux ensemble. Bon, c'était tellement beau que j'ai même pas eu la présence d'esprit de le fusil. Ça m'arrive très régulièrement, mais voilà. Mais oui, la chance d'avoir une dame nature qui te gratifie d'une belle présence, il y a un an et demi. Avec un ami, on s'est mis à l'eau. On a eu la chance de voir passer devant nous un dentee qui devait peser peut-être 8 kilos. Je n'avais jamais vu un poisson aussi beau dans l'eau. Pareil, on l'a regardé passer. On n'a même pas levé les fusils.
- Speaker #0
On va parler potager un petit peu. Tu as également un potager. Qu'est-ce que ça t'apporte, du coup, le fait d'avoir ton propre potager ?
- Speaker #1
Alors, encore une fois, la satisfaction de... quelque part de quelque chose que tu as fait toi-même. Tu as retourné ta terre, tu as planté tes pliés potagers, le moment que tu as partagé, parce qu'on les plante en famille, c'est un chouette moment. Ensuite, quand tu vois tes enfants qui reviennent, après être allés se faire les tomates cerises au potager et qui ont la banane jusque derrière les oreilles, tu te dis que c'est chouette, c'est cool. Puis de manger des légumes, moi je sais que les miens, ils ont eu un coup de bouillie bordelaise et c'est tout ce qu'ils auront pour la saison. On les partage avec les poules, on les partage avec les merles, on les partage avec tout le monde, mais ceux qui vont nous laisser, on sait qu'on mangera une alimentation qui est à peu près saine et bio.
- Speaker #0
Tu as réussi à trouver ton équilibre entre ta vie à la nature, ton métier, les animaux, ta vie de famille. Tu arrives à gérer un peu tout ça ?
- Speaker #1
Il y a forcément des moments où l'activité professionnelle occupe une grande partie du temps. Mais on fait en sorte de toujours avoir le temps de faire un tour du jardin, un tour du champ, d'aller se promener un petit coup dans la nature, histoire de remettre... les batteries à niveau et surtout de souffler, de passer à autre chose, de revenir à une atmosphère un peu calme qui permet de recharger le batterie pour le lendemain repartir à la clinique.
- Speaker #0
C'est exactement une question que j'avais écrite, c'est que voilà, est-ce que la chasse ou le fait de passer du moment dans la nature te permet de souffler, de décompresser par rapport à ton métier ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, parce que donc il y a des cas qui sont plus ou moins lourds, plus ou moins compliqués, des animaux où on aura beau mettre en place Tout ce qu'on veut, malheureusement, la maladie sera plus forte, on n'arrivera pas à les sauver. Et comme je le disais tout à l'heure, cette tristesse, on la partage et elle nous suit au-delà des murs de la clinique. Mais c'est vrai que d'aller marcher, de prendre le temps de se concentrer sur regarder la chienne qui court, regarder sa façon de se promener, ses attitudes. Ça permet de mettre un peu tout le reste de côté et de recharger les batteries.
- Speaker #0
L'idée aussi de cette émission, c'est de partager ton expérience, de partager des informations. Mais est-ce que tu as vécu des échecs, des moments un peu difficiles que tu aimerais partager pour que ça serve à d'autres personnes ?
- Speaker #1
Le concours, je l'ai passé deux fois, comme plein de vétérinaires. Donc, si des jeunes confrères, futurs confrères doivent repasser le concours, ne vous inquiétez pas, ça arrive à tout le monde. ensuite Bang Des déconvenues professionnelles, puisque là, certes, on a besoin de vétérinaires, mais il y a certains confrères qui n'ont pas forcément les places dans les cliniques ou pour les formations post-universitaires qu'ils veulent. Ce n'est pas grave, il y aura toujours de la place pour eux. Et puis ensuite, dans le cadre de l'exercice de tous les jours, tomber en face d'un client qui, malheureusement, n'est pas sympathique, un peu énervé, un peu filou, mauvais payeur. C'est des choses où, oui, ça peut un peu décontenancer, mais il y a aussi plein de belles histoires, alors ce n'est pas très grave, on ne peut pas se faire autre chose.
- Speaker #0
Quelle est la chose la plus folle que tu aies vue dans ton métier de vétérinaire ? Une opération peut-être improbable, surprenante ?
- Speaker #1
On a eu la chance pendant des années d'avoir à notre contact un confrère qui est spécialiste en chirurgie. On a retiré une tumeur du cerveau, plusieurs tumeurs du cerveau, deux ou trois de mémoire sur agent. C'est quand même... Un peu dingo. Mais oui, ça fait partie des belles réussites. Et puis ensuite, des animaux arrivés polytraumatisés avec trois ou quatre jambes cassées et qui repartent quelques temps après sur leurs quatre pattes avec les propriétaires qui sont contents. C'est quand même des choses qui remplissent le cœur.
- Speaker #0
Tu aimerais que tes enfants reprennent ta voix ?
- Speaker #1
Avec mon épouse, on est vétérinaires tous les deux. S'ils en ont envie... Avec grand plaisir et on fera tout pour les aider, j'en suis persuadé. S'ils ont envie de faire autre chose, on essaiera de les aider aussi comme on peut. Comme je l'ai dit tout à l'heure, quand j'ai dit à ma mère avocate que j'allais faire un vétérinaire. Mais bon, aujourd'hui, je suis persuadé qu'elle est fière de moi. Et voilà, j'espère que je serai aussi fier de mes enfants plus tard, quoi qu'il fasse.
- Speaker #0
Comment justement tu pourrais être fier d'eux ?
- Speaker #1
Déjà parce qu'ils seront polis. gentil, peu travailleur. Pour moi, c'est trois valeurs qui sont importantes.
- Speaker #0
Ils ont quel âge aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ils ont 9 et 11.
- Speaker #0
Et ils essayent d'apprendre un petit peu sur ton métier ? On peut s'imaginer qu'ils jouent en vétérinaire chez eux ?
- Speaker #1
Alors, ils regardent très régulièrement notre chat, Paddy, les poules. Par la force des choses, il leur est arrivé de devoir venir à la clinique avec nous parce qu'on n'avait personne pour les garder et qu'il y a une intervention en urgence qui tombe. Donc Paul et Marianne, tous les deux, ont déjà assisté à des interventions chirurgicales. Pour l'instant, ça reste plus du milieu de la découverte, et même s'ils savent à peu près qu'est-ce qu'on va faire, mais non, bien sûr, ils n'ont pas encore soigné leurs premiers animaux tout seuls.
- Speaker #0
Il y a quelque chose que j'aime bien demander à nos invités désormais. c'est que s'ils avaient un panneau avec une écriture dessus, qu'est-ce qu'ils mettraient devant leur enseigne ?
- Speaker #1
Venez, vous risquez surtout de tomber sur des gens gentils. On essaye tous, malgré la gravité, les problèmes, tout, d'essayer de toujours rester gentil avec les gens. Et je pense vraiment que dans tous les métiers de soins, c'est vraiment quelque chose qu'on est en droit d'attendre. On voit de plus en plus des gens qui, malheureusement... Ils sont passés aux urgences pour eux, ils ont attendu beaucoup. Les gens qui les ont reçus ont été excédés, ils n'ont pas forcément été très gentils. Moi, je veux que mes équipes soient gentilles et s'orientent avec les gens. Parce que les pauvres, ils viennent, ils sont en stress, ils ont, le cas échéant, vraiment des problèmes importants avec leurs animaux, ne serait-ce que tomber sur quelqu'un qui est gentil.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ?
- Speaker #1
Continuer avec une équipe sympa, mais j'ai de la chance de l'avoir. Des clients qui sont sympas aussi et qui nous font confiance. Et puis ensuite... Une activité qui me permettra de continuer à m'éclater tous les jours jusqu'à 67, voire même plus il paraît maintenant.
- Speaker #0
Un grand merci en tout cas.
- Speaker #1
Un grand plaisir, merci à vous, c'était chouette.
- Speaker #0
Merci de nous avoir accueillis dans ta clinique. T'as pris du plaisir ?
- Speaker #1
Ouais, c'était cool. Comme je le disais quand on a préparé l'interview, je suis marseillais, parler c'est dans ma nature, surtout dire des bêtises. Mais ouais, c'est rigolo.
- Speaker #0
Bon bah top, vraiment merci beaucoup, j'espère que tu as passé beaucoup de messages, beaucoup d'informations. N'hésitez pas à vous abonner, c'est super important. Vous pouvez également commenter cette émission et on se dit à très vite. Ciao !