Speaker #0En 1992, Alors que ma ville était encerclée et assiégée, diverses communautés ou clans s'étaient appropriés des quartiers entiers. Dans ma rue constituée d'une quinzaine de maisons, nous avons organisé des patrouilles de cinq hommes armés chaque nuit pour surveiller les gangs ou les ennemis. Nous échangeons des choses entre voisins. A environ un kilomètre et demi de ma rue, il y en avait une autre avec des commerçants organisés, mais c'était trop dangereux d'y aller. Cela ne fonctionnait que la nuit car pendant la journée, c'était une zone de snipers. Et vous aviez plus de chance d'être volé là-bas que de faire du troc. J'ai emprunté cette rue seulement deux fois. Et croyez-moi, uniquement quand j'en avais réellement besoin. La Bosnie possède de nombreuses forêts lorsque vous regardez la carte. Mais j'ai vécu dans une ville plus proche de la frontière croate, plus au sud. Je ne veux pas mentionner le nom de la ville, mais si vous consultez une carte, vous verrez que la partie sud de mon pays, près de la Croatie, est entièrement rocheuse. Nous avions bien quelques arbres dans mon coin, des parcs, des arbres fruitiers... Mais la plus grande partie de la ville est constituée de bâtiments et de maisons. Vous savez, tous les arbres de la ville ont été brûlés très rapidement. Lorsque vous n'avez pas d'électricité pour cuisiner et vous chauffer, tout ce qui vous reste après, ce sont des meubles, des portes, des planchers en bois. Et croyez-moi, ces choses brûlent aussi très rapidement. Presque personne n'utilisait de voiture en ville car la plupart des routes étaient jonchées d'obstacles, des véhicules abandonnés, des maisons détruites, ce genre de choses. Et l'essence valait de l'or. Si je devais aller quelque part, je sortais presque uniquement la nuit. Je ne partais jamais seul, mais pas non plus en grand groupe, deux ou trois personnes en général. Toujours armé, très vif, toujours dans l'ombre, à travers les ruines, rarement à découvert dans la rue. En fait, toujours en se cachant. Nous n'avions pas de banlieue ni d'agriculteurs. Dans les banlieues se trouvait l'armée ennemie. Nous étions encerclés par elle. Et à l'intérieur de la ville, vous ne saviez pas qui était votre ennemi. Il y avait des gangs organisés d'une quinzaine de personnes, parfois même cinquante. Mais il y avait aussi des gens normaux comme vous et moi, des pères, des grands-pères, des gens décents, qui volaient et tuaient. Il n'y avait pas vraiment de bons et de mauvais gars. La plupart d'entre nous étions prêts à tout. n'étions pas préparés à cette situation. Nous ne connaissions pas la préparation. Alors vous pouvez imaginer qu'en quelque sorte, nous sommes revenus à l'âge de pierre, à tout point de vue. Par exemple, j'avais une grosse bouteille de gaz dans mon chauffe-eau et je ne l'utilisais pas pour cuisiner ou me chauffer. C'était trop précieux. J'ai réussi à trafiquer cette bouteille avec mon ami pour pouvoir y attacher un fin tuyau et un embout afin de remplir des briquets jetables. Ils ne sont pas jetables si vous savez comment faire. Ces briquets valaient une petite fortune. Pour faire court, Quelqu'un m'apportait des briquets vides, et je les remplissais de gaz. En général, j'en gardais un pour moi. J'acceptais une bougie ou tout autre objet qu'il pouvait me donner en échange. Un autre exemple, je suis infirmier diplômé. A cette époque, mes connaissances étaient ma monnaie d'échange. Soyez formé et instruit. Dans ces moments-là, savoir réparer des objets est inestimable. Tous vos biens seront épuisés un jour, mais vos connaissances vous permettront de vous nourrir. Mon voisin savait fabriquer une sorte de combustible liquide pour les lampes à huile. Il ne m'a jamais montré comment il fabriquait ce liquide inflammable, mais je pense qu'il utilisait un arbre derrière sa maison et une petite quantité de diesel. Ce n'était pas un film, c'était moche. Nous faisions ce que nous devions faire pour survivre. Personne n'a gagné, nous avons juste survécu, accompagné de nombreux cauchemars. Si j'avais trois mois supplémentaires pour me préparer, eh bien je fuirais probablement à l'étranger. Je plaisante. Désormais j'ai pleinement conscience de la rapidité avec laquelle les choses peuvent mal tourner. Alors j'ai de la nourriture, de l'hygiène, de l'énergie, etc. pour 6 mois. Je vis dans un appartement avec une sécurité renforcée, et j'ai une maison avec un abri dans un village à environ 8 km de mon appartement. Dans cette maison j'ai également des provisions pour 6 mois. La plupart des habitants sont mes proches et sont préparés. Ils ont appris cela de la guerre. Je dispose de 4 armes à feu avec 2000 cartouches pour chacune. J'ai un grand jardin avec cette maison. Bonne connaissance du jardinage et de l'agriculture. Je pense maintenant posséder le savoir nécessaire pour voir arriver les ennuis. Vous savez, quand tout le monde dit que tout ira bien, vous pouvez être sûr que d'une manière ou d'une autre tout va s'effondrer. Je pense avoir la force de faire tout ce qu'il faut pour garder ma famille et moi en vie. Parce que quand tout va mal, soyez assuré que vous allez faire des choses terribles pour sauver votre enfant. Vous ne voulez pas être un héros, vous voulez survivre avec votre famille. Je suis infirmier urgentiste et je suis prêt à apprendre de vous tous. Pour moi, un survivaliste solitaire n'a aucune chance. Peu importe à quel point vous êtes bien armé et préparé, à la fin vous allez mourir. J'en ai été témoin, plusieurs fois. Le mieux est de constituer un groupe familial ou d'amis proches, avec beaucoup de préparation et de connaissances diverses. Eh bien, ça dépend. Si vous ne stockez qu'une seule chose, vous ne survivrez pas, à moins que vous souhaitiez survivre en tant que voleur. Dans ce cas, un pistolet et beaucoup de munitions vous suffiront. Je pense qu'en plus des munitions, de la nourriture, des produits d'hygiène et de stockage d'énergie, vous devez vous concentrer sur de petites choses pour le troc, comme des couteaux de poche, des briquets, des pierres à briquets. Beaucoup d'alcool également, qui peut se conserver longtemps comme le whisky par exemple, peu importe la marque, même le moins cher. C'est un très bon investissement pour le troc en temps de crise critique. Je dois aussi dire que le manque de produits d'hygiène a fait beaucoup de victimes. J'en ai été témoin. Les produits d'hygiène sont peut-être plus importants que la nourriture. Vous pouvez facilement tirer sur un pigeon et profiter de certaines plantes comestibles sur la petite colline la plus proche, mais vous ne pouvez pas chasser de désinfectant pour les mains. Il vous faut des pilules de purification de l'eau, toutes sortes de produits de nettoyage, des désinfectants, beaucoup de savon, de l'eau de Javel, des gants, des masques, tout à usage unique. Prenez le temps de vous former au premier secours. Apprenez comment traiter les petites coupures, les brûlures ou même les blessures par balles, car il n'y aura pas d'hôpital. Et même si vous trouvez un médecin quelque part, il n'aura probablement aucun médicament à vous administrer ou vous n'aurez pas de quoi le payer. Apprenez comment et quand utiliser les antibiotiques et ayez-en en quantité. Croyez-moi, avec une bonne connaissance et une bonne quantité de médicaments, vous serez riche. A propos de l'or et de l'argent, personnellement j'ai donné tout mon or pour des munitions à cette époque, mais ça ne valait pas grand chose. Vous allez avoir besoin d'objets simples, comme des sacs poubelle, beaucoup, beaucoup de sacs poubelle et beaucoup de rubans adhésifs, qui est très utile. Question armes, je porte toujours un Glock 45 avec moi, parce que j'aime ce pistolet, mais ce n'est pas un pistolet et un calibre ordinaire ici, donc j'ai aussi deux pistolets Tokarev russe cachés. Presque tout le monde possède ce pistolet ici, et beaucoup de munitions. Je n'aime pas les Kalachnikov, mais ici on les trouve dans une maison sur trois. La plupart du temps pendant la guerre, je récupérais l'eau de pluie dans 4 grands barils, puis je la faisais bouillir pour la désinfecter. Nous avions aussi une rivière dans cette ville, trop polluée, mais si vous n'avez pas le choix, pour les toilettes, nous avions une petite cour et nous y avons creusé des trous. Nous pensions que c'était temporaire donc les trous étaient petits, mais plus tard nous en avons creusé de plus grands car nous avons réalisé que cela allait durer, que le monde nous avait sans doute oublié. Ce n'était pas agréable, mais au moins nous ne le faisions pas dans la maison comme beaucoup d'autres. La zone a commencé à sentir mauvais de toute façon. L'odeur des cadavres est encore pire. Concernant notre vie familiale, avant la guerre nous étions une société moderne. Mais dès que l'effondrement a eu lieu, les femmes, les enfants et les personnes âgées sont restées principalement à la maison. Ils le souhaitaient, cela s'est fait naturellement. Ils faisaient la lessive, la cuisine, le nettoyage et s'occupaient des malades. Parfois, quand les bombardements étaient un peu moins intenses, Certaines femmes venaient ramasser des herbes ou des rations de combat si l'aide alimentaire arrivait à ce moment-là. Cela ne se produisait que rarement. Nous avions toujours un homme pour protéger le foyer. J'ai vu beaucoup de gens tués, beaucoup de femmes et d'enfants aussi, des civils. Un nombre énorme de personnes ont souffert, ont eu faim et froid et ont été terrifiées durant cette période. Mais je peux compter sur les doigts d'une main les politiciens morts ou affamés à cette époque. Vous savez, à la Bellevie, certains d'entre eux ont même fini par être encore plus riches. Beaucoup d'entre eux sont toujours puissants dans les mêmes parties ou dans des parties différentes. Ils parlent toujours de leur peuple, de cause, de la peur des autres. C'est ainsi que va le monde.