- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de l'émission dédiée au burn-out du club des burn-outés et des bienveilleurs.
- Speaker #1
Bonjour Marc.
- Speaker #0
Bonjour Christophe.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui, nous avons une jeune femme qui nous a contacté sur notre site il y a quelques mois et on est très très heureux de la recevoir en fin de notre podcast. C'est Juliane. Bonjour Juliane.
- Speaker #2
Bonjour Marc. Bonjour Christophe. Bonjour Juliane.
- Speaker #1
Je suis ravie d'être là. Nous sommes ravis d'être avec toi.
- Speaker #0
Voilà, ravi de te recevoir aussi. Alors effectivement, Julien, tu nous as contactés, c'était déjà il y a quelques temps, c'était en décembre. Tu nous as contactés à partir du formulaire de contact de notre site. Et en fait, tu nous as fait part de ta volonté de raconter ton burn-out. Et puis aussi de partager l'analyse que tu as pu en faire a posteriori, parce que tu as beaucoup travaillé là-dessus. Mais avant de développer tout ça, on souhaiterait mieux te connaître. Et comme on le fait à chaque fois que l'on démarre un épisode de notre podcast, on invite la personne qui nous a rejoints à se présenter. Alors Juliane, est-ce que tu peux nous dire qui tu es et d'où tu viens ?
- Speaker #2
Oui, je suis née dans le Var il y a environ 55 ans. Moi j'aime l'humour beaucoup, j'aime la nature, j'aime les sciences. les gens passionnés. Et je suis née dans un milieu ouvrier. Et avec des études, j'ai pu avoir un diplôme d'ingénieur, j'ai un DEA. Et ensuite, j'ai orienté ma carrière en étant responsable de projet. J'ai toujours été responsable de projet. Alors, en deux temps, j'ai fait ça en deux temps, il y a une première partie dans l'informatique. J'ai travaillé dans des sociétés de services en informatique, des SS2I, comme on disait avant. Et donc, j'étais responsable de projet informatique jusqu'à rentrer au service informatique dans la société dans laquelle je suis restée 22 ans. Donc, en gros, je suis une responsable de projet qui aime beaucoup d'autres choses autour. Et non pas, j'aime les sciences, mais j'aime aussi plein, plein d'autres choses. En vrai, tu sais ce que j'aime aussi, c'est les gens qui sont juste passionnés. J'adore les écouter, les gens qui n'ont pas d'arrière-pensée. J'aime beaucoup, tu vois. Je suis assez directe, assez nature, moi, comme ça.
- Speaker #1
Juliane, en 2022, tu as vécu un burn-out sévère qui a été diagnostiqué par la médecine du travail. Tu peux nous en parler un petit peu, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Oui. Oui, tout à fait. Je revenais de vacances et j'avais un rendez-vous une nouvelle fois avec la médecin du travail. Alors c'était un rendez-vous de routine et ce n'était pas juste un rendez-vous de routine. On avait fait plusieurs rendez-vous parce qu'elle m'avait demandé des analyses, elle m'avait fait faire des tests, etc. Et moi, je n'avais pas trop compris. Je sentais qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas. sans plus. Et donc je pars en vacances, je reviens et j'arrive le lundi, le vendredi je suis chez la médecin du travail et elle me dit, après analyse des derniers résultats et des tests, elle me dit vous êtes en burn-out. Alors là je lui dis forcément c'est impossible, c'est impossible que moi je sois en burn-out. Donc non, je suis dans le déni total et puis elle me dit « Si, si, vous êtes en burn-out. » Donc, elle me montre les résultats. Là, il y avait des valeurs, des résultats de tests qui étaient vraiment très explicites. Et elle me dit « Vous allez vous soigner. » Et ça prendra le temps que ça prendra, mais vous allez vous soigner. Et là, je m'effondre. Je m'effondre totalement. Je commence à pleurer. Et parce que dans mon imaginaire, dans ce que je voyais, c'était là, j'étais aux portes de l'asile. J'étais à deux doigts, je me suis dit, il va falloir que ma famille vienne me voir dans une chambre enfermée, dans un lieu que je ne connais pas. Je ne sais pas, je vais y rester tout le reste de ma vie. J'ai commencé à me faire un film, parce que je ne connaissais absolument rien du burn-out. J'étais à 200 milieux de penser que moi, j'étais en train d'en faire un. Et donc, elle me dit ça. Elle me dit, non, non, là, vous rentrez chez vous. Vous allez commencer par un mois d'arrêt. Vous consultez le psychiatre ou un médecin. Mais là, je ne peux pas vous mettre apte. Et donc, après l'effondrement devant la médecin du travail, je rentre au boulot, je croise un collègue et là, je ne fais que lui répéter, je dis, je ne sais pas ce qui se passe, je ne comprends pas. J'essaie de la convaincre qu'elle disait n'importe quoi, que ce n'était pas possible, mais je vois bien que ça ne va pas. Et puis, j'étais là en train de boucler, Et je suis rentrée chez moi. J'étais dans un état de fatigue tellement extrême qu'il fallait que je dorme tout le temps. Le matin, je me réveillais, je dormais. Le soir, à 20h, j'étais au bout de ma vie, il fallait que je m'endorme. Entre deux réunions, je dormais. Ou j'allais dans les toilettes de la société pour essayer de m'allonger. Donc j'essayais de me reprendre en permanence. Je me disais, il y a quelque chose, mon corps me lâche, mais je ne sais pas pourquoi. Je mettais un temps immense à faire le moindre bout de fichier Excel. Alors qu'avant, ça me demandait deux secondes. Je mettais un temps infini à faire des tas de choses. Je n'arrivais plus à décider de quoi que ce soit. Tout prenait. des dimensions hyper importantes sur des décisions simples, même de la vie quotidienne. Et puis je m'évanouissais, je m'évanouissais très souvent, je faisais un malaise vagal sur un malaise vagal, et tout était sujet à un malaise, c'est-à-dire que je voyais une voiture arriver dans la rue, et c'était trop de stimulation, j'étais en crise de panique et je me sentais défaillir. Donc j'avais le cœur à 40, mais réellement tout le temps, j'étais à 40. Qu'est-ce que je faisais ? Je ne pouvais plus conduire, par exemple, parce que à chaque fois que je conduisais, j'étais en crise de panique et j'étais au bord du malaise, voire... Bon, je n'ai jamais eu de malaise vagal en conduisant, mais... Il a fallu que plusieurs fois je m'arrête sur le bord parce que je sentais que j'allais pas bien. Je me disais mon corps me lâche, mon corps il n'y arrive pas. Ça doit être un coup où je me disais il fait trop chaud, après il fait trop froid. Après oui alors j'ai fait un week-end, je suis sortie mais voilà. Après je trouvais des tas d'explications qui semblaient possibles. Je n'avais pas compris qu'il y avait quelque chose de très chronique, de quelque chose de répétitif. Et donc je prenais des compléments alimentaires, j'essayais de méditer, je faisais des tas de choses comme ça pour essayer d'aller mieux. Enfin de me dire, il faut que je surmonte tous ces petits passages, j'avais l'impression de les prendre. un par un et de faire et de faire des petits passages j'ai pas compris j'avais pas vu cette vision d'ensemble qu'il y avait quelque chose qui allait pas était vraiment dans un vrai vrai vrai déni quoi oui oui mais alors il y avait aussi quelque chose que j'ai pas précisé dans au début quand je me suis présenté finalement c'est que moi moi je suis hyper lambda tu vois je suis Au boulot, je ne travaillais pas forcément. Je travaillais, mais je n'étais pas au travail non-stop. Je dirais que je n'ai pas de profil. Je mangeais équilibré, je sortais, je voyais des amis, j'ai une famille. Je n'avais pas l'impression d'être à risque. C'est une personne lambda qui n'a pas vu tous ces signes comme étant quelque chose de... de problématiques. Et je me suis éteinte à petit feu dans ce pernaut jusqu'à ne plus pouvoir fonctionner du tout correctement. Et en tout cas, suffisamment pas pour qu'on soit obligé de m'arrêter lors de la visite de routine chez la médecin du travail.
- Speaker #0
Tu as pu trouver les causes de tout ça ? Ce qui t'a éteint petit à petit ?
- Speaker #2
Quelqu'un m'a posé une question un jour. Il m'a dit « sais-tu… » à quel moment ça a commencé ? La première réaction, je me suis dit, c'était le premier plan social dans la société. Ça a été ma première réaction et tout de suite après, je me suis dit, qu'est-ce que je raconte ? C'était il y a dix ans, c'est pas possible. Et en fait, on m'a dit... C'est très très important en fait que tu identifies à quel moment et quoi, qu'est-ce qui s'est passé pour que tu en arrives là. Et là, j'ai commencé à lister l'ensemble des choses qui me gênaient dans la société. Et j'ai commencé, voilà, les plans sociaux, il y en a eu quatre en huit ans. Oui les open space moi ça me gênait, on ne pouvait plus réfléchir, on était sollicités tout le temps. Ça s'appelle les réunions à rallonge, à rallonge, puis tout le temps, toute la journée, du matin au soir il y avait des réunions et puis il y avait des réunions parallèles. J'essayais de tout faire, je sortais de réunion, j'étais entre deux teams en train de faire des réunions, de dire un mot dans une, un mot dans l'autre. Puis après je me suis dit, il y avait aussi finalement des organisations dans lesquelles on ne comprenait rien. Il n'y a pas eu un événement particulier, mais il y a eu une montée en puissance de tas de choses qui étaient gênantes et de plus en plus gênantes. Tu ne pouvais plus évoluer dans la société parce que... Tout était bloqué, tu ne pouvais plus être formé parce que dès que tu faisais une formation sur la sécurité, le budget était limité. Donc j'avais l'impression de ne plus du tout évoluer. Avant, j'étais responsable de projet de bout en bout, mais les projets sont devenus tellement importants que finalement, tu n'avais plus que des petits morceaux de projet. Et là, tu ne voyais plus le tenant, les aboutissants et tout ça n'avait plus aucun sens en fait. On te donnait de moins en moins d'informations parce qu'on considérait qu'il n'y avait pas besoin de te donner de l'information. Donc pas de formation, pas d'informations, des choses où tu ne comprends plus rien. Toi, là-dedans, tu ne sais plus ce que tu fais, ce que tu es. Et tout ça, j'ai commencé à faire un catalogue de tout ce qui me gênait et qui m'impactait. Et je pense que ça m'a impacté beaucoup plus que ce qu'on pense. Parce que derrière ça, derrière les plans, derrière par exemple les évaluations de fin d'année, on vient juste te reprocher des trucs anecdotiques dans l'année, il s'est passé un petit truc, il te sort ça du contexte et il te reproche quelque chose. Je me dis mais qu'est-ce qu'on s'en fout ? C'est ridicule. Alors tu es là et tu commences à avoir des doutes. Je crois que la peur, la honte et le doute, c'est le terreau pour que tout le reste, tu ne puisses plus réagir et tu ne puisses plus être en capacité d'être toi-même finalement et de te défendre par rapport à tout ce qui est vraiment important. Donc on arrive à créer un environnement qui est incompatible, on va dire, avec les personnes humaines. Donc oui, j'ai lissé un ensemble de choses. Ce qui me gênait beaucoup, c'était que ce n'était pas quelque chose de bien précis. Mais mis bout à bout, c'était suffisamment important pour que finalement, ça génère alors un burn-out chez moi, mais aussi chez un ensemble de personnes qui sont tombées autour de moi dans la société. Il y a des gens qui sont... partis sans qu'on sache où ils disparaissent. Ils sont en arrêt. Ah, il n'est plus là. Ah, au bout d'un mois, les gens l'ont presque oublié. Et puis, on continue les projets avec d'autres personnes. Et puis, les gens disparaissent de l'organisation. En fait, il y a eu des personnes qui sont parties la tête basse, comme ça, de l'organisation. Il y a des gens qui se sont écroulés au boulot. mais on s'est dit elle se repose un peu et puis ça ira mieux et personne n'avait rien compris et puis quand j'étais en arrêt au bout d'environ un mois et demi il y a une collègue de boulot avec qui je travaillais qui travaille sur le même projet sur lequel j'étais un projet qui était le plus problématique de la société qui était le projet de RP de la société et c'est ce projet là qui... qui envoyait en l'air pas mal de gens. Et elle aussi était en arrêt avec moi. J'avais une copine de Burnout, qui était dans la société depuis presque aussi longtemps que moi. Et donc on a remonté la pente ensemble. Mais en tout cas, une fois que j'allais mieux, j'ai commencé à identifier les causes. que je partageais totalement avec les personnes avec qui je pouvais discuter. Et j'ai dézoomé de moi-même, et je pense que c'était important de voir l'ensemble de la situation. C'est pas moi... J'ai compris à ce moment-là que c'était pas moi toute seule qui dysfonctionnait, même si j'ai cru pendant très très longtemps, même pendant la période de guérison, mais c'était plus large que ça. Il y avait un... Il y avait un... une problématique plus générale. Quand après, alors en fait, j'ai pas, j'ai été guérie et j'ai pas repris le travail. On m'a pas permis de reprendre le travail. J'ai été licenciée pour inaptitude parce qu'une fois que tu reviens, j'avais travaillé en amont avec la médecin du travail pour faire des préconisations de reprise. pour expliquer à la société que je pouvais travailler sur des projets moins exposés, en mi-temps thérapeutique, tout en restant en équipe, et avec une pression temporelle qui était un petit peu plus faible que ce qui se passait avant, enfin sur certains projets. Et la société, le DRH m'a dit... J'ai pu avoir une conversation avec le DRH qui m'a dit « Non, non, tu ne peux pas reprendre ton poste, c'est trop stressant pour toi, donc il vaut mieux que tu rentres chez toi et puis tu iras voir la médecin du travail. » Et en fait, c'était juste pour me dire que la médecin du travail déclare une inaptitude sans même avoir essayé de reprendre dans la société. Et quand j'ai commencé à lui parler de burn-out ou de risques psychosociaux dans l'entreprise, il m'a regardé droit dans les yeux comme si je parlais une langue étrangère. Et là, je me suis dit, ce n'est pas possible. On ne peut pas avoir une organisation qui rend les individus inaptes et considérer que ça va continuer comme ça, comme si de rien n'était. Et donc, c'est là où j'ai décidé. de faire un livre.
- Speaker #0
Comment tu es revenue progressivement de ce burn-out ? Quelles sont les ressources que tu as utilisées ?
- Speaker #2
Alors, au début, je ne faisais que dormir. Pendant 3-4 mois, j'étais dans mon lit, dans ma grotte. Je ne pouvais plus sortir, je ne pouvais plus faire les choses du quotidien, faire des courses, c'était insurmontable. Je ne sais à peine si je faisais à manger, j'avais du mal. Je sortais quand je pouvais sortir, j'essayais de sortir voir de la nature. La première fois, je suis allée voir des arbres, une forêt. C'était par hasard, il fallait que j'accompagne ma fille quelque part avec mon mari dans une colonie où il y avait des arbres. J'ai vu les arbres comme ça et j'ai dit, t'es là, j'en ai besoin, je sens que j'ai besoin des... de la nature, il faut que je reste avec la nature pour remonter. Et puis en même temps, je voyais un psychologue, un psychiatre, j'essayais de faire tout ce qui était en mon pouvoir, de voir acupuncteur, énergéticien, il y avait une personne qui faisait des fleurs de Bac, qui a une herboristerie pas loin de chez moi, des choses très très bien qui étaient à l'écoute, qui me faisaient des conversations avec elle, et elle me faisait des élixirs personnalisés différents chaque mois. Et je crois que tout ça, tout cet ensemble de choses, ont permis de faire remonter le physique, au moins le physique, qui était sous antidépresseur pendant deux ans. Jusqu'à un certain moment, ça contenait assez bien. Puis après, à un moment donné, j'ai dû changer de... de psychiatre parce que j'avais l'impression de flotter et je suis tombée sur finalement une personne qui a une sorte de cador sur Nice il me dit mais quel médicament vous prenez donc je lui dis et puis j'ai fait ah ouais mais ça ça maintient entre deux eaux c'est ça c'est ça c'est exactement ça ça allait mieux mais là je suis entre deux eaux c'est ça je je et j'ai l'impression que vais pas pouvoir m'en sortir je ai il m'a dit en effet on peut rester des années entre deux os si on n'est pas bien pris en charge correctement. Et ça, ça m'a fait extrêmement peur. Je me suis dit, mais quelle chance j'ai eu de pouvoir réagir. Je ne sais pas ce qui m'a pris de pouvoir réagir, de trouver le médecin qui finalement m'a changé de traitement. Il m'a déjà expliqué les choses clairement. C'était une problématique de l'environnement. Il y avait à remonter la psychologie, à remonter le corps à quelque chose de chimique. Et il fallait que tout ça agisse en même temps. Mais il y avait les bonnes explications. Et petit à petit, j'ai pu refaire des choses du quotidien. Je ne voyais plus personne parce que c'était trop de stimulation pour moi. Je ne pouvais plus voir personne pendant un bon moment. Et fort mesure, on a pu revoir des amis, etc. Pour moi, c'était très compliqué. Je me sentais très coupable parce que je... Pour ma famille aussi, elle était à l'isolement, on va dire. Et c'était pour moi impossible, et en même temps je culpabilisais énormément, de ne pas pouvoir partir ni en congé, ni voir des amis comme on aurait voulu. Je me suis rendue compte aussi, pendant cette période où je me guérissais, que je m'étais déconnectée totalement de mes émotions. Je ne sentais plus rien, en fait, je ne sentais plus rien du tout, totalement en mode robot. Et je suis revenue petit à petit. Et je voyais bien à chaque fois que j'essayais de faire quelque chose, donc je n'y arrivais pas. J'ai dû devenir beaucoup plus humble, accepter de se faire aider. Et en fait, j'ai compris que c'était plus fort que moi. Que le corps me donnait des messages que je n'ai pas compris et que ça allait être un autre temps. le temps n'est plus le même du tout, comme une cicatrice qui doit guérir. Et c'est le temps que prend le corps pour guérir la cicatrice. Et ça dépend de la taille et la profondeur de la cicatrice. Ça prendra le temps que ça prend. Et c'est exactement ce que m'a dit la médecin du travail au départ. Ça prendra le temps que ça prend.
- Speaker #1
Aujourd'hui, déjà aujourd'hui, tu témoignes. Je crois que c'est presque la première fois, si je ne dis pas de bêtises.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Donc, bravo. Le pas à pas, la patience et l'humilité sont payés. Tu as aussi écrit un livre, le Burning System, où tu veux en parler. Déjà, c'est le Burning System dans la fabrique du Burnout. Ça vous met un petit peu le cadre. Je pense que ça a dû te faire énormément bien de l'écrire parce que tu ne vas pas avec le dos de la cuillère, mais ça a dû être cathartique incroyablement.
- Speaker #2
Oui, alors j'ai fait ça. Au début, c'était le catalogue. Au début, je me suis dit, je fais un catalogue. Et puis finalement, je me suis dit, c'est la recette. C'est la recette du burn-out. Ils voudraient faire exprès, ils ne s'y prendraient pas autrement. Et là, je me suis dit, il faut que j'organise différemment. Donc, je vais faire une recette en huit piliers. Donc, j'ai rassemblé des piliers ensemble parce qu'ils allaient de pair sur les sentiments que... ou ce que ça pouvait impliquer. Donc j'ai fait huit piliers, la recette, et j'ai pris ça comme si je m'adressais à une entreprise pour dire comment il faut faire, que faut-il faire pour créer un burn-out. Et ensuite j'ai voulu que ce soit le plus simple possible, donc j'ai fait une page, une idée, pour que ce soit le plus synthétique et le plus simple possible. On retrouve Viviane, son parcours, sa traversée du burn-out avec le crash, l'arrêt par la médecin du travail, les signaux qu'elle n'a pas vus, tous les signaux, tout ce qui se passe pendant cet arrêt maladie. Et toute cette recette, comment l'entreprise a pu créer finalement tout cet... tous ces burn-out, quelle était la recette de l'entreprise. Et j'ai présenté chaque fiche, chaque feuille, avec une note d'humour pour que ce soit finalement facile à lire, parce qu'une fois que je l'ai sortie de moi-même, l'idée juste après c'était que ça puisse être partagé avec d'autres. aborder tous les thèmes de façon très simplifiée parce que moi je suis pas médecin, je suis pas coach, je suis pas thérapeute, je suis je suis l'un dedans, comme on disait, et je suis juste un témoin et je voulais pouvoir m'adresser à la personne que j'étais il y a cinq ans. C'est-à-dire quand je ne savais pas ce que c'était un burn-out, quand je ne savais pas aider la collègue qui était tombée, quand je ne savais pas la différence entre un psychiatre et un psychologue, parce que j'en étais là de mon niveau de compréhension de la maladie, et j'avais envie aussi de briser le tableau. d'en parler, d'en parler, d'en parler, parce que c'est comme ça dédramatiser le truc et ne pas croire qu'on va aller à l'asile, forcément à l'asile, même si ça peut arriver, mais clarifier des idées préconçues sur le sujet. Et surtout, par-dessus tout, ce qui m'apportait le plus, c'était que ce n'était pas, au final, l'individu qui était responsable, mais c'est un ensemble de choses. Et l'environnement, sans environnement toxique, il n'y a pas de burn-out. L'organisation du travail, dix ans avant, ce n'était pas la même. Tout ça n'existait pas. Tout ce que j'ai décrit dans la recette du burn-out, c'est des choses qui n'existaient pas avant. Avant, tu ne venais pas au boulot dans un flex office pour trouver une place. Et dans le même temps, l'entreprise s'est mise à avoir des valeurs. Elle affiche des valeurs, elle affiche des visions. L'entreprise s'est mise à avoir des... coupe de fruits à l'étage, le baby-foot au septième, et même un psychologue dans son frise. Donc en fait, l'entreprise agit sur le bien-être, en même temps met en place des conditions qui permettent pas à l'humain de travailler correctement. Ça, j'ai envie de le partager, j'ai envie de parler, de pouvoir éviter des burn-out, et faire de la prévention, peut-être, que j'espère, grâce à ce livre, pour que les gens...
- Speaker #1
sache de quoi on parle et tombe pas dans le panneau merci pour cet échange merci beaucoup c'était vraiment très très riche et puis je sais qu'on aura l'occasion de continuer la discussion et puis d'enchaîner sur d'autres discussions annexes parce qu'effectivement il faut en parler en tout cas un grand merci à toi merci beaucoup merci à tous les deux merci Marc,
- Speaker #2
merci Christophe et à très vite quant à nous,
- Speaker #0
nous nous retrouverons bientôt pour un nouveau podcast sur la chaîne du club des Burnoutés et des Bienveilleurs.