- Speaker #0
On a mis trois valeurs qui nous ressemblent très fort, c'est la famille, la qualité et l'entrepreneuriat qui vivent énormément chez nous. Et on a décidé d'en mettre une quatrième qui est la valeur de la responsabilité qu'on a définie comme avoir un impact positif sur notre communauté. et sur l'environnement. Ce qui est très gai quand tu mets les valeurs comme ça en place, c'est que du coup, tu commences aussi, toi chez nous on recrute sur les valeurs comme plein de personnes. Du coup on recrutait sur les trois valeurs qui nous ressemblaient, mais on recrutait aussi des gens qui se retrouvaient dans la quatrième. Donc en fait, c'est ça qui change tout. On produit et on vend 100 000 hectolitres. Ça représente 30 millions de verres de bière. C'est comme si chaque belge dégustait 3 bières par an qui venaient de chez nous.
- Speaker #1
Et si votre business pouvait changer le monde ? Je suis Stéphanie Fellen, fondatrice de Smart2Circle, agence de conseil en stratégie durable. Business Impact, c'est un podcast dans lequel j'interview des personnalités inspirantes qui, à leur échelle, changent le monde grâce à leur business. Alors, dans l'épisode du jour, on va... plongé au cœur d'une brasserie familiale belge qui a fait de la durabilité sa quête d'excellence. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Vincent Coulier, qui est le CEO de la brasserie. Après avoir repris les rênes de l'entreprise familiale à seulement 24 ans, il en a fait une des brasseries les plus dynamiques. et engagé de Belgique. Alors Vincent, c'est l'histoire d'une jeune génération qui reprend une affaire familiale avec une vision. Brasser du bon, du vrai, du durable. Sous sa direction, la brasserie est passée d'une équipe de 5 personnes à une centaine de collaborateurs aujourd'hui et fait figure de modèle d'innovation responsable dans un secteur qui est hyper concurrentiel. Avec Vincent, on a parlé de son parcours, donc comment on fait pour reprendre une brasserie familiale à seulement 24 ans. Quels ont été ses premiers défis, ses moteurs ? De leur vision, 2030, pourquoi il s'est fixé comme ambition de devenir... la meilleure et la plus durable brasserie de Belgique, de l'approvisionnement local régénératif aussi, donc comment ils accompagnent les fournisseurs agricoles vers une transition durable, de l'énergie, de l'eau, quelles sont les innovations concrètes qu'ils ont pu mettre en place pour réduire l'empreinte environnementale de la brasserie. On a parlé aussi du marketing face aux géants. brasserie familiale peut résister face au budget colossaux des grands groupes et des événements aussi qui rassemblent pourquoi l'expérience client et le lien humain reste au coeur de sa stratégie j'ai adoré cette conversation parce qu'elle prouve que durabilité et rentabilité ne sont absolument seulement pas incompatibles. Comme toujours, j'espère que cet épisode vous plaira. Si c'est le cas, dites-le-moi et puis surtout, surtout, partagez ce contenu autour de vous. C'est le meilleur moyen d'inspirer un maximum de personnes à changer le monde grâce à leur business. Je vous laisse découvrir notre conversation. Très bonne écoute. Vincent,
- Speaker #0
salut,
- Speaker #1
bienvenue, content de te retrouver sur ce podcast ici chez toi, enfin chez toi, pas vraiment chez toi, tu n'habites pas dans la brasserie ? Non,
- Speaker #0
pas encore,
- Speaker #1
pas encore, bientôt on verra un lit dans les bureaux, non non donc on est dans la brasserie, j'ai vu sur les magnifiques cuves qui sont toujours tellement belles, tellement propres, c'est normal que ce soit propre, tu vas me dire, mais en tout cas c'est tellement toujours clean On en prend soin,
- Speaker #0
on fait de notre mieux pour en prendre soin Oui,
- Speaker #1
ça se voit en tout cas, donc merci de m'inquiéter chez vous Merci à toi. Vincent, tu es le CEO de la Brasserie Collier. Est-ce que tu peux nous dire qui tu es, en quelques lignes ?
- Speaker #0
Oui, je m'appelle Vincent, comme tu l'as dit. J'ai 39 ans. Je suis marié et j'ai deux petits garçons, 9 ans et 2 ans, bientôt. Et puis voilà, je dirige la Brasserie Collier, donc une brasserie familiale. qui a été créée par mes parents il y a 30 ans cette année. C'est une année magnifique pour pouvoir parler ensemble à ce qu'on fête nos 30 ans. Et voilà, je fais ça avec mes deux frères et mes parents qui sont toujours actifs.
- Speaker #1
Ok, tes parents sont toujours actifs. Et toi, tu es dans la brasserie depuis combien de temps ? Moi,
- Speaker #0
j'ai rejoint la brasserie en 2012. J'avais 24 ans en 2012. Et en fait, mon parcours à moi, c'était plutôt des... J'ai fait des études en fait en... en gestion d'entreprise, je ne suis pas brasseur de formation.
- Speaker #1
Tu as étudié où ?
- Speaker #0
Louvain ? J'ai commencé à l'internat, j'étais à l'internat ici dans la région du Hainaut, donc la brasserie d'estu entre Tournai et Mons et mon internat était là-bas aussi.
- Speaker #1
Nous sommes donc à Pérouet.
- Speaker #0
Pérouet, 7600, entre Tournai et Mons. J'étais dans un internat ici, en fait pas très loin d'ici, et il y avait beaucoup de... Il y a beaucoup de personnes qui venaient de Bruxelles à l'époque, dans l'internat. Et moi j'étais toujours passionné, je crois, je suis un peu tombé dedans quand j'étais petit, par le monde de l'entreprise, etc. Assez vite j'ai eu envie d'étudier là-dedans. Je suis parti à Bruxelles parce qu'en fait j'avais plein d'amis de Bruxelles, donc je suis parti à l'ICHEC. J'étais diplômé juste avant ou juste pendant la crise financière de 2008-2009, comme toi. Et là, à ce moment-là, je me suis dit en fait c'est peut-être le moment, plutôt que d'aller bosser maintenant, c'est peut-être le moment de continuer encore à faire un an d'études. Et là je suis parti en Flandre, je suis parti à Leuven pour continuer, c'était trop gai. Et voilà, puis j'ai commencé ma carrière professionnelle en 2010. J'ai commencé à la FEB.
- Speaker #1
Ah oui, donc tu n'as pas commencé tout de suite dans la brasserie ?
- Speaker #0
Non, je suis même arrivé à la brasserie assez vite, mais j'ai commencé à la FEB. Je ne sais pas si tu connais la FEB ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
La Fédération des entreprises de Belgique. Oui. J'avais un boulot que j'adorais. En fait, j'étais responsable de la cellule Relations Internationales. Et en fait, ça me permettait de jongler avec trois passions, qui étaient le voyage, l'occasion de voyager beaucoup, découvrir d'autres cultures. Évidemment, l'entreprise avec un grand hub. J'étais en contact tout le temps avec plein d'entrepreneurs, plein de boîtes, comme toi d'ailleurs, c'était trop gai. Et la troisième passion qui était un peu l'objet social ou la politique ou sociétal. Et donc, c'était aussi intéressant parce qu'à l'FEB, on devait... On devait défendre les entreprises au niveau de la législation. Donc c'était très très gai, je m'amusais beaucoup. Mais je suis revenu à la brasserie un peu plus tôt que je le pensais.
- Speaker #1
Mais donc du coup tu n'as bossé pas longtemps à la FEB ?
- Speaker #0
Non, je m'éclatais très fort, mais j'ai bossé deux ans. Je pense trop peu, je crois que ce n'est pas ça que je recommanderais aux plus jeunes. Mais après chacun a son parcours. Et nous, il y avait un peu un momentum à la brasserie. en 2012, qui connaissait des difficultés financières assez importantes. Et donc, il y avait un peu un choix de faire, soit on va donner un coup de main à la famille maintenant, ou peut-être qu'on n'aura jamais l'occasion de le faire. Donc, je crois que ça m'a pris 2-3 mois pour en discuter avec la famille, etc. Et puis, assez vite, on s'est dit, ok, c'est pas grave. On avance. En fait, une personne qui m'a beaucoup aidé, d'une part, c'est ma femme, mais c'est aussi mon ancien patron qui me disait que je serais un mauvais patron de l'AFB si je n'encourageais pas les jeunes à aller essayer de donner un coup de main. Donc voilà, ça s'est passé un peu comme ça. Et puis, il s'est passé beaucoup de choses. On aura l'occasion, j'imagine, d'en parler. Oui,
- Speaker #1
on va en discuter. Mais donc, du coup, quand toi, tu as rejoint la brasserie, donc c'est ton frère et soeur ? J'ai deux frères. Ah non, pardon,
- Speaker #0
deux frères. Deux frères plus âgés, oui. Qui étaient déjà dans la brasserie,
- Speaker #1
tu les as rejoints.
- Speaker #0
Oui, et mes parents. Et donc, voilà, je pense que dans ma tête, je crois que quand on est en entreprise familiale, les petits, je crois que ça trotte toujours dans la tête. Je crois qu'on se dit toujours... On est un peu vacciné quand même, donc on dirait que ça suscite l'intérêt bien évidemment. Je crois que je m'étais toujours dit que ce serait chouette si un jour, je, je pense que j'aurais, dans d'autres circonstances, je pense que j'aurais fait un autre parcours plus longtemps à l'extérieur. Mais comme je disais, chaque parcours est unique, chaque parcours est différent. Et je regrette absolument. Absolument rien, il y avait des gros défis à relever, un peu de relance de l'activité.
- Speaker #1
Que visiblement vous avez relevé.
- Speaker #0
Et oui, on s'est gai.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
Je ne changeais rien.
- Speaker #1
Et tu, donc au moment où tu arrives... La situation est difficile financièrement. Pourquoi ?
- Speaker #0
Ce ne sont pas des questions faciles à répondre parce qu'en fait, quand une entreprise va un peu moins bien, c'est rare qu'il y ait vraiment une cause bien précise. Sinon, c'est un peu trop facile. facile. Oui,
- Speaker #1
c'est un ensemble évidemment.
- Speaker #0
Je crois que ça faisait quelques années que c'était compliqué. En fait, il y a un peu des cercles vicieux de... C'est un peu plus difficile. On a du difficile à recruter les bonnes personnes. Et donc, on a investi un peu moins bien, qui a été un peu moins bonne. En fait, c'est ce qu'il faut surtout réussir à faire. En tout cas, ce sur quoi nous, on s'est attelés, c'est un peu à sortir de ce cercle-là qui est compliqué. On l'a fait notamment en recapitalisant Merci. la société.
- Speaker #1
Ce que tu as fait en arrivant.
- Speaker #0
On a ouvert 50% du capital, on a attiré des personnes de l'extérieur pour vraiment ressortir. On a écrit un plan. On s'est reconcentré aussi très fort sur notre core business.
- Speaker #1
Vous faisiez d'autres choses ?
- Speaker #0
On avait quelques activités sur le côté. On s'est dit que notre métier, c'est... On est des brasseurs, on va faire des bières de qualité et on veut les vendre dans l'horeca. Et on a aussi arrêté l'export. Je trouve que c'est quelque chose qui est un peu plus à la mode maintenant. notamment pour des raisons de durabilité. Nous, on l'a arrêté pour des raisons de contrôle. notre réseau de distribution. La brasserie, on l'a exporté beaucoup. Et on a fait le choix, déjà en 2012, de construire des marques. Et on va aller en Belgique et dans les pays limitrophes. Nos trois marchés actuels, c'est toujours Belgique, France, Pays-Bas. Pour 99% de notre chiffre d'affaires. Alors que nos concurrents sont souvent un peu aux quatre coins du monde. Donc voilà, c'était recapitaliser, redévelopper une vision. Et puis après, s'y affairer à fond et rester dans le plan et puis on a eu la chance de sortir Pédieux
- Speaker #1
Oui, j'allais dire pour ceux et celles qui peut-être ne connaissent pas la brasserie Collier, mais connaissent peut-être les marques tu peux les citer ?
- Speaker #0
Donc on a trois marques celle qu'on a vraiment lancée en 2012 mais qui est maintenant de loin un peu le fer de lance c'est une marque qui s'appelle Pédieux qui est un peu une bière d'exception bien pour les pour les bonnes occasions. On a la Bon Secours, qui est en fait issue du... C'est le nom du village natif de la famille. Donc, on a un grand-père et de Bon Secours, mon grand-père, mes parents, tous de Bon Secours. Et ça, c'est une bière qui célèbre le bon. Donc, c'est la bonne recette, les bons gestes, à déguster pour les bons moments, avec les bonnes personnes. Et puis, on a la Stut, qui est notre troisième marque. qui là célèbre l'innovation et le droit à l'erreur. Stud, je ne sais pas si tu sais, mais c'est un belgicisme pour un petit problème. Oui,
- Speaker #1
à la liégeoise on dit « oh stud » .
- Speaker #0
On célèbre les problèmes avec la bière stud. Et donc en fait on dit, on fait des brassins éphémères qui peuvent se planter, c'est bien, et peut-être que ça peut réussir, c'est chouette aussi, et donc ça donne beaucoup d'espace en fait de créativité. Donc quand on sait qu'on a le droit à l'erreur, souvent c'est plus... plus facile d'être créatif. Et donc, c'est un programme qui est commencé par bière éphémère. Maintenant, on a aussi des bières fixes. Et c'est souvent des bières un petit peu plus jeunes, un peu plus tendance, des IPA, etc.
- Speaker #1
Ok. Et donc, du coup, quand tu reprends la brasserie, tu intègres la brasserie, tes deux frères sont déjà là, ainsi que tes deux parents.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ok. Et comment ça se passe de bosser à cinq ?
- Speaker #0
Ça se passe bien, d'autant qu'à l'époque, on était huit. Donc, il y avait nous cinq et trois personnes en plus. Donc, on était une toute petite équipe.
- Speaker #1
Oui, mais parce qu'on ne l'a pas précisé, mais vous êtes une petite centaine là aujourd'hui. Oui,
- Speaker #0
oui. Donc, on était huit personnes, dont cinq de la famille. Donc, tu vois, plus d'entreprises familiales que ça. Oui, tu meurs. Non, ce qui était gai, en fait, c'était que... On était un peu face au mur, tu vois. C'était compliqué, ça n'allait pas tenir comme ça encore très longtemps. En fait, c'était génial, c'était le moment que j'ai géré, parce qu'on était tous à fond. Il n'y a pas de retour en arrière, on avance. Ma famille avait investi déjà beaucoup de temps pour la brasserie. Moi j'avais quitté un beau job, etc. à une chouette carrière, moi je voulais partir à l'étranger, etc. J'avais aussi fait des... renoncer à certaines choses pour revenir. On a mis trop de choses là-dedans. Puis c'est de la liberté familiale, etc. Donc non, on a... En fait, c'était très gai. On s'est bien répartis les rôles. et puis on n'a pas le temps, on n'a pas vraiment trop de temps à perdre, à co-décider ou à faire tout en même temps donc on s'est bien répartis les rôles et puis on est parti, ça s'est vite très bien passé en fait.
- Speaker #1
C'est super et aujourd'hui tes parents sont toujours dans l'aventure au quotidien ?
- Speaker #0
Alors ma maman un tout petit peu moins mais elle en a fait beaucoup, mon papa est toujours aussi aussi actifs commercialement surtout. C'est un visage important de la brasserie auprès de nos clients. Et mes deux frères sont aussi hyper actifs. Et c'est quoi vos rôles alors ? Moi, je m'occupe de la brasserie en tant que CEO. C'est le rôle que j'ai pris quand je suis arrivé en 2012, il y a 15 ans maintenant. Mes deux frères ont eu chacun des rôles différents parce que c'est dans les petites structures, on doit savoir faire de tout. Merci. Et actuellement, j'ai l'aîné qui s'appelle Laurent qui s'occupe de B2C et de tourisme brassicole. On croit beaucoup, beaucoup en fait dans le fait d'avoir des visiteurs sur le site. comme moyen marketing le meilleur. On veut avoir un maximum de personnes sur le site et on veut que chaque personne qui vient ici soit tatouée. Et donc, on a plein de trucs, si tu veux, je peux t'en parler, mais ça, ça va prendre des heures par contre. Il y a mille activités troguées sur le site à faire, des visites, des ateliers pico-brasseries. Il y a plein de choses qu'on veut. rassembler les gens autour de la bière. Voilà, ça c'est ce que fait Laurent. Et Bertrand, lui, parce qu'entre-temps, on aura peut-être l'occasion d'en parler aussi, mais le site a bien grandi. On a dû racheter des voisins, pousser un peu tous les murs, etc. Maintenant c'est un temps plein, et j'ai un de mes frères qui s'occupe de l'ensemble du patrimoine immobilier, de l'entretien des bâtiments avec une équipe, des investissements dans les nouveaux bâtiments. Il y a du boulot.
- Speaker #1
D'ailleurs, l'éventuel bruit de fond que vous entendez, je ne sais pas si on l'entend ou pas, mais ce sont les travaux juste à côté qui... C'est la vie,
- Speaker #0
ça fait 12 ans qu'on est en travaux.
- Speaker #1
Ah oui ? Ça fait 2 ans ? 12 ans,
- Speaker #0
15 ans, je ne sais pas.
- Speaker #1
Oui, mais là à côté, l'extension avec le bruit comme ça ?
- Speaker #0
Alors le bruit comme ça, là, c'est juste quelques jours, mais on est quand même dans le bruit de manière globale. Puis oui, les vrais gros travaux ici, ça a démarré en 2022.
- Speaker #1
Et il y a le gros projet de grosse extension, on va en parler après. Donc désolé, chers auditeurs, chers auditrices, si vous entendez un petit peu de bruit de travaux, c'est l'extension de la brasserie. Tout le monde aura l'expérience brasserie. Voilà, c'est l'expérience brasserie. Attends, j'avais d'autres questions qui me venaient, mais elles vont revenir. Donc là, tu as la direction de la brasserie, c'est toujours le cas. Alors, on va quand même parler de durabilité. C'est quand même le sujet. avec des tas d'autres choses bien entendu mais quand je discutais tout à l'heure est-ce que c'était avec toi ? Guillaume, bref, peu importe que la vision de la brasserie à 2030 et même après, c'est d'être la brasserie la plus la meilleure et la plus durable la meilleure bière et la plus durable c'est juste, tu vois Voilà, j'ai perdu.
- Speaker #0
C'est d'être la brasserie la plus durable de Belgique.
- Speaker #1
La plus durable de Belgique, voilà. Alors, nous, on a commencé à travailler ensemble, je pense, il y a trois ans, quelque chose comme ça, avec le bilan carbone, je dirais. Et puis, on a poursuivi avec vos stratégies de durabilité, etc. Mais ce n'est pas à ce moment-là, ce n'est pas il y a trois ans que la durabilité a commencé à couler dans tes veines, j'ai envie de dire. Est-ce que quand tu as intégré la brasserie il y a 15 ans, 14 ans, 15 ans, la durabilité, elle était déjà présente ? Ou est-ce que c'est toi qui l'as amenée ? Ou est-ce que tu l'as amenée plus tard ? Est-ce que toi, tu as eu un déclic dans ta vie ? Ou est-ce que depuis tout petit, tu sais que tu veux faire quelque chose dans le durable ? Est-ce qu'il s'est passé quelque chose ? Voilà.
- Speaker #0
Il y a eu un déclic et je vais t'en parler tout de suite. C'est vrai qu'historiquement... Notre brasserie, et je pense les brasseries artisanales de manière générale, ont toujours eu la durabilité au centre. Alors je ne pense pas qu'on appelait ça durabilité à l'époque, mais effectivement ça faisait partie du projet d'entreprise d'avoir des producteurs locaux, d'essayer de vendre les bières autour de la brasserie, de faire attention à ce qu'on faisait, de bien en acheter, de faire des bons produits. Donc je crois que ça s'est avivé dans le secteur de manière générale et aussi chez mes parents. On a eu un vrai déclic, je dirais, vers 2018-2019, qui est le moment où on a écrit nos valeurs sur papier.
- Speaker #1
18-19, ok, donc peu avant le Covid.
- Speaker #0
Un peu avant le Covid. Et en fait, il y avait quelqu'un qui m'avait donné un conseil que moi j'avais bien aimé, qui était de dire que quand vous écrivez vos valeurs, vous devez évidemment mettre des mots sur ce qui vous représente le plus, ce que les gens pourraient dire à la limite. de manière automatique en rentrant chez vous. Mais c'est aussi permis d'en mettre une où vous ne vous sentez peut-être pas tout à fait exemplaire, qui n'est peut-être pas encore exactement qui vous êtes, mais qui, par contre, vibre un peu chez vous. Et moi, j'avais adoré ce conseil. Je trouvais ça chouette, j'avais envie d'essayer. Et donc, en fait, on a mis trois valeurs qui nous ressemblent très fort. C'est la famille, la qualité et l'entrepreneuriat qui vivent énormément chez nous. Et on a décidé d'en mettre une quatrième. qui est la valeur de la responsabilité qu'on a définie comme avoir un impact positif sur notre communauté et sur l'environnement. Et ça en fait ça a été le déclic. Pourquoi on a mis ce mot-là dans les valeurs ? Parce que je crois qu'à ce moment-là, moi j'avais pas mal besoin de sens aussi dans ce qu'on était en train de faire. Moi j'étais revenu pour aider la famille à développer une brasserie et à la faire grandir et à faire en sorte qu'elle perdure. Et voilà, 2018-2019, on avait un peu l'impression que le gros du travail était fait, même si c'est jamais bien suracquis, mais on était sortis de la zone difficile, ça allait bien, on avait une belle croissance, un produit qui plaisait. Là, il y avait une autre question qui était de dire, ok, si le sens de tout ce qu'on fait, c'est plus de survivre ou d'essayer de faire perdurer quelque chose, ou d'éviter que ça s'arrête, pourquoi est-ce qu'on fait tout ça ? Et en fait, assez vite, le thème de la durabilité s'est révélé comme... évidente en fait. En fait, ce qui est très gai quand tu mets les valeurs comme ça en place, c'est que du coup, tu commences aussi, toi chez nous, on recrute sur les valeurs, comme plein de personnes. Donc le processus de recrutement, on a un cadre à valeurs, on essaie de recruter là-dessus. Du coup, on recrutait sur les trois valeurs qui nous ressemblaient, mais on recrutait aussi des gens qui se retrouvaient dans la quatrième. Et donc en fait, c'est ça qui change tout. C'est que d'une part, c'est écrit, d'autre part... T'as recruté des gens chez qui ça vit, et puis après tu fais plus marche arrière.
- Speaker #1
Et tes parents, tes frères, ça a été fluide d'intégrer la durabilité ? Evident ?
- Speaker #0
Evident, très facile.
- Speaker #1
Mais c'est ce que je disais, chez vous j'ai vraiment le sentiment que c'est quelque chose qui coule assez naturellement. Puis même on voit la manière dont vous investissez, on en discutera après, mais la manière dont tu veux construire le bâtiment, un côté... Les bilans carbone que vous avez fait, vous n'êtes pas obligé de le faire. Toutes vos stratégies de durabilité, vous n'êtes pas obligé de le faire non plus. Vous investissez quand même beaucoup dans tout ça, sans forcément le communiquer. J'ai juste vu là que sur le site, vous aviez mis la page durabilité. On l'avait avec Guillaume tout à l'heure. Super d'ailleurs. Deux, trois petites choses à rajouter. Qui sont dommages de ne pas les partager, le bilan carbone, etc. Pour ceux et celles qui nous écoutent, allez voir sur le site. Il y a tout le rapport, il y a tout dans l'onglet durabilité. Mais je m'écarte. Je m'écarte, j'ai vraiment le sentiment que ça coule. Et finalement, depuis longtemps, il fallait juste y mettre une forme. Et comme tu dis, peut-être avoir des personnes qui rentrent dans ce moule aussi. Et alors le fait que... dans ton recrutement, que ça coule aussi dans leurs veines. Qu'est-ce que tu peux voir concrètement qui est différent depuis que tu as écrit ça dans ces valeurs ?
- Speaker #0
Il y a des attentes, en fait. Je crois que c'est ça qui est génial. Il y a des attentes, en disant que c'est écrit. Tu n'as pas envie de te mettre en porte-à-faux. Chez nous, les valeurs, ça vit beaucoup. Quand c'est écrit, c'est écrit, tu n'as pas de mettre en porte-à-faux. Je crois qu'on aurait tous beaucoup de gêne à ce que... Quelqu'un nous dit, pourquoi vous faites ça comme ça et pas comme ça, alors que ça ne veut pas dire qu'il faut être parfait, ça je pense qu'on en reviendra tout à l'heure parce que c'est quelque chose qui est important aussi. Ce que ça change, c'est qu'il y a des attentes. Pour moi, ça change tout.
- Speaker #1
Et ça vous challenge.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Avant d'aller sur la brasserie, j'ai une question. Est-ce que je peux dire que tu es brasseur ? Oui, on dit que tu es brasseur. Tu brasses en fait. Tu ne brasses pas forcément au quotidien. Moi, j'adore ça.
- Speaker #0
Quand je croise des gens dans la rue, je ne dirige pas une PME. Je suis brasseur. C'est pour ça que je fais de la bière. La bière est hyper centrale chez nous. Le produit est super central. On se sent tous brasseurs.
- Speaker #1
Si tu n'étais pas brasseur, tu ferais quoi ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Ça fait 15 ans que je fais ça. Je ne me pose pas souvent la question.
- Speaker #1
On va imaginer les films avec les mondes parallèles. Ou tu choisis une voie et puis l'autre imagine que tu as une vie parallèle.
- Speaker #0
Je suis assez convaincu que je serai en PME. Parce que moi, la PME, je crois à mort dans la PME pour le futur.
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Je ne crois pas dans le reste. Je pense que c'est vraiment la plus belle plateforme pour faire bouger les choses. Donc ça je pense que je suis assez sûr de ça. J'ai pris beaucoup goût à la transformation et à la production. Donc oui, je pense que si je n'étais pas brasseur, je ne serais pas trop loin.
- Speaker #1
Tu serais brasseur en fait. Tu es en train de me dire que...
- Speaker #0
Je ne serais pas trop loin. Tu prédégoffres. En tout cas le monde de la PME.
- Speaker #1
Tu ne serais pas chanteur en tout cas.
- Speaker #0
Non, non.
- Speaker #1
Water, pompier.
- Speaker #0
Je suis convaincu que si on arrive à investir dans le tissu de PME, on peut faire des choses extraordinaires.
- Speaker #1
Oh oui.
- Speaker #0
Moi j'adore, ma femme est flamande, je passe beaucoup de temps aussi en Flandre et je trouve ça, ce qu'ils ont fait ces 30 dernières années sur le tissu de paix, c'est phénoménal. Et je trouve que c'est vraiment ça le moteur de la Flandre et pour la durabilité je pense que c'est vraiment le meilleur vecteur possible.
- Speaker #1
Je te rejoins. Alors on va justement maintenant aller sur la brasserie. Donc on en a déjà parlé un petit peu. Donc la brasserie c'est, si tu dois dire, imagine quelqu'un qui ne connaît pas la brasserie, en quelques chiffres... On a déjà parlé des quelques centaines de personnes, peut-être, tu vois, vous faites combien de litres, il y a combien de mètres carrés, il y a combien de... Enfin bref, ce que tu as en tête de chiffres intéressants pour...
- Speaker #0
C'est un mètre carré, ça je ne l'ai pas vraiment...
- Speaker #1
Non mais je trouve ça intéressant, tu vois, de se dire, on n'est pas dans un petit truc quoi, ici, tu vois, votre cafétaria c'est 4 fois ma maison quoi, par exemple. On n'imagine pas. Mais je ferai des photos, j'ai des photos, je les mettrai en ligne.
- Speaker #0
Donc la brasserie, elle existe pour rassembler les gens et pour brasser du lien. C'est ça qui nous anime profondément ici à la brasserie. Et on a trouvé depuis 30 ans un lien. Depuis 30 ans, on a trouvé un... Une manière fantastique de faire ça, c'est de créer des bonnes bières, des bières de qualité, qui sont la meilleure excuse pour créer ce lien, pour passer du temps ensemble. Et on est fiers et hyper convaincus qu'au plus les gens seront ensemble, au mieux ça ira pour tout le monde. Et donc, vu que tu me demandes quelques chiffres, tu vas être dans le mec, grand plaisir. On a trois marques, on en a parlé. Pédieux, Bon Secours et Stut. On est une belle PME de plus ou moins 100 personnes. Je crois juste un tout petit peu moins. On est une brasserie maintenant 100% familiale. Parce que je t'avais dit qu'on avait ouvert le Capital il y a 15 ans. Mais en fait, on l'a repris pendant la période Covid. Donc on a une brasserie maintenant qui est vraiment 100% familiale. On en est aussi très heureux. On a une équipe qui est composée à 100% de personnes incroyables, super fun et hyper... hyper malines et avec des valeurs super fortes ça on en est très fiers aussi on fait 30 millions d'euros de chiffre d'affaires Plus ou moins Et on produit et on vend 100 000 hectolitres. Chez nous, on parle en hectolitres. Ça ne parle souvent pas beaucoup au grand public.
- Speaker #1
Je veux plus l'habitude avec votre bilan carbone. C'est à l'hectolitre,
- Speaker #0
Nous, les hectos, il n'y a pas une seconde.
- Speaker #1
Redis le chiffre.
- Speaker #0
On vend 100 000 hectos.
- Speaker #1
Par an. 100 000 hectolitres par an.
- Speaker #0
100 000. Ça représente 30 millions de verres de bière.
- Speaker #1
30 millions de verres de bière.
- Speaker #0
C'est comme si chaque Belge dégustait trois bières par an qui venaient de chez nous.
- Speaker #1
OK. Enfant compris. Parce qu'on est 10 millions, mais... C'est 100 000 hecto. 100 000 hecto. 100 000 hecto. Et 100 000 hecto, ce serait combien de...
- Speaker #0
Tu vois ce que je veux dire ? En volume, si on doit remplir 100 000 hectolitres, ça fait quoi ? Ça fait... Je voudrais demander à Lya peut-être. Est-ce qu'on irait jusqu'à la...
- Speaker #1
Je crois que la meilleure réflexion...
- Speaker #0
Si tu fais un tuyau comme ça, tu vois, de mes bras, est-ce que le tuyau va jusqu'à la Lune et t'as 100 000 hectolitres ?
- Speaker #1
On pourrait réfléchir à une image comme ça, mais je trouve que l'image de savoir que chaque personne va boire... Ça fait 30 millions de verres.
- Speaker #0
Ouais, 30 millions de verres. 30 millions de verres, c'est beaucoup quand même.
- Speaker #1
Et des produits, on en parlera j'espère un peu plus tard, mais des produits 100% naturels. Oui bien sûr, on va en parler. Voilà, et comme je te disais, on est présent dans trois pays, Belgique, France, Pays-Bas.
- Speaker #0
Ok, et t'as combien de mètres carrés ici ?
- Speaker #1
Écoute, ce sont pas vraiment des métriques qu'on utilise beaucoup, mais j'estime, à mon avis, le site s'étend sur 3 hectares. Parce qu'on vient de l'agrandir d'un hectare et demi, je pense qu'on a plus ou moins doublé la taille, donc on doit être là en deux et demi, trois.
- Speaker #0
Ah oui, quand même.
- Speaker #1
Ça prend de la place de faire de la bière, d'autant qu'on a des processus de répliqués qui sont très longs, donc on a aussi beaucoup de stocks. Ça prend trois mois pour faire une bière chez nous.
- Speaker #0
Trois mois. Donc le moment où la matière première arrive, vous transformez et puis elle est vendable. Ok. Et ça peut se stocker combien de temps une bière ?
- Speaker #1
Tu veux dire la durée de conservation pour les consommateurs ?
- Speaker #0
Oui, à grosse longueur.
- Speaker #1
Alors, une bonne bière comme les autres, ça ne devient jamais vraiment mauvais. Nous, en tout cas, on garantit que le goût ne changera pas pendant deux ans. C'est des produits qui sont vivants, qui ne sont pas pasteurisés. Et donc après, ça évolue. Et ce ne sera pas exactement la même chose. Mais il y a des gens qui aiment bien boire des bières qui sont un peu trop vieilles. Donc en soi, ce n'est pas un problème de santé. Mais voilà, pendant deux ans, tu peux avoir une bonne expérience de dégustation.
- Speaker #0
OK. Et là, l'extension que vous êtes en train de faire construire, pour laquelle on entend du bruit, ça, c'est pour du stockage ?
- Speaker #1
Alors là, c'est la deuxième phase de nos plans d'investissement.
- Speaker #0
Justement, ça rejoint ma prochaine question. Si tu veux enchaîner, comment est-ce que tu as modernisé la brasserie depuis ta reprise ?
- Speaker #1
Je crois que le plus visible, c'est l'outil de production. Même si évidemment, on essaie de tout moderniser tout le temps. Je crois que c'est normal aussi de l'outil de production. Ce qui est chouette, en plus pour rebondir sur ta question, c'est qu'on n'a absolument rien fait au processus de production. Par contre, on l'a énormément modernisé dans la capacité et dans différents outils, peut-être encore plus qualitatifs, mais le processus de fabrication est resté tout à fait identique. Et ce qui est assez unique en fait dans notre secteur, on est passé de 3000 hectares... à 100 000 hecto en un peu plus de 10 ans. Donc on a énormément investi. Mais on l'a fait toujours de manière assez facile. On n'a pas de fleurs à se jeter. Mais pour nous, c'était facile de comprendre que nos investissements... ne devait pas dénaturer le produit qui nous permet de faire ces investissements. Et je pense que souvent, dans des brasseries plus grandes, ou je crois dans d'autres secteurs aussi, quand ce processus-là est étalé sur deux générations, trois générations, c'est plus facile de dire, ça, on va faciliter le travail, comme ça, je crois qu'on dénature facilement. Nous, maintenant, on a un outil qui est assez unique. en Belgique, parce qu'il permet d'avoir des bières 100% naturelles avec des cadences quand même assez importantes. Donc on est la dernière brasserie, je pense, ou une des dernières à ne pas pasteuriser nos produits.
- Speaker #0
C'est pour ça que tu dis naturelle. Tu peux expliquer pourquoi tu dis naturelle pour ceux qui, comme moi, qui sont peut-être, je bois de la bière bien entendu, mais ils sont peut-être moins experts sur la production.
- Speaker #1
Côté naturel des produits, on pourrait aussi en parler pendant longtemps, mais pour essayer de simplifier, il y a trois éléments principaux, je crois, qui rentrent en... On compte, le premier élément c'est la qualité des matières premières. On ne change pas notre eau par exemple, on ne va pas rajouter de colorant, on ne va pas rajouter d'arôme. On a des matières, tout ce qui est plus simple, tout ce qui est plus naturel. Le deuxième élément c'est la refermentation en bouteille. Pour nos produits Pédiou Bon Secours, on crée la saturation du produit, donc tu vois, les bulles que tu as dans ta bière, la pétillance du produit, la mousse, on crée ça. Non seulement en rajoutant du CO2, ça c'est comme la différence entre l'eau plate et l'eau pétillante. En fait, on le fait en travaillant un champignon qui s'appelle la levure et qui a la magnifique particularité de transformer le sucre en alcool. Et c'est une digestion naturelle, donc il relâche du CO2. Et ce CO2-là, on va le garder dans la bouteille, ce qui fait que la pétillance sera naturellement formée. C'est un peu la méthode champenoise. Et le troisième élément, c'est la non-pasteurisation. Donc, on ne pasteurise pas nos produits. Donc, la pasteurisation, ça, tu connais bien, c'est chauffer un produit pour enlever certains microbes, etc., qui fait qu'en fait, le produit reste méga stable pendant très longtemps. C'est ce qui a permis aux fromagers français, il y a longtemps, de commencer à vendre leur fromage aux quatre coins de la France. Donc, c'est une révolution en termes d'hygiène, etc. Nous, on arrive à avoir des produits magnifiques, mais qui sont non pasteurisés, donc qui gardent 100% de leur propriété nutritive. Je ne suis pas du tout en train de dire que la bière est bonne pour la santé, puisque l'alcool, c'est de toute façon toujours à consommer avec modération, mais il y a des minéraux et des vitamines dans un produit qui partent quand tu pasteurises, et que tu peux garder.
- Speaker #0
Ok, c'était ma question, parce que je ne suis pas une experte de la pasteurisation. Je me disais, qu'est-ce que ça change ? que ce soit pasteurisé ou pas.
- Speaker #1
Donc tu gardes des propriétés nutritives. Et puis en fait, tu as aussi un process quand même en moins qui utilise beaucoup d'eau.
- Speaker #0
Et de l'énergie.
- Speaker #1
Qui utilise beaucoup d'énergie, on y reviendra plus tard. Donc ça permet aussi... Mais voilà, mais ça demande beaucoup de sacrifices.
- Speaker #0
Comme quoi, par exemple ?
- Speaker #1
Ça veut dire qu'il faut être parfait dans ce que tu fais à la brasserie. Ça veut dire que tu n'as pas le droit à l'erreur en production. Que si tu fais un truc de travers, tu peux jeter beaucoup de produits. Ah oui, bah oui. Mais ça nous permet de s'imposer une énorme rigueur et un niveau de qualité extrêmement important à la brasserie.
- Speaker #0
Et vous êtes la seule ?
- Speaker #1
Non, mais en notre taille, typiquement, c'est des instruments qui coûtent cher et qui sont très chouettes à utiliser quand tu es grand. Et donc, tous les plus petits brasseurs, il n'y a personne qui pasteurise. C'est ce qui fait le charme des microbrasseries. Quand tu passes un stade en termes de volume, je crois que ça se compte, on ne doit pas être très nombreux, peut-être 2 ou 3. Je crois qu'il y a encore un ou deux trapistes qui font ça. Mais c'est rare.
- Speaker #0
Justement, parlons des boîtes de différentes tailles. Il y a beaucoup de microbrasseries, bien entendu. Puis après, il y a les géants, juste pour avoir des ordres de grandeur. Vous, vous faites 100 000 hectolitres. C'est juste ? Tu me regardais avec gros yeux.
- Speaker #1
C'est correct, t'as bien compris.
- Speaker #0
100 000. Une microbrasserie, elle va faire combien ?
- Speaker #1
Ça peut commencer, il y a une brasserie qui tourne souvent avec une personne, tu vois, ça commence à 1
- Speaker #0
000. 1 000, ok. Et un géant,
- Speaker #1
ça fait combien ? Ça se compte en dizaines ou centaines de millions.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord. Alors justement, comment vous... C'est bien une question. Comment vous vous positionnez par rapport aux géants surtout ? Parce que bon, j'imagine que vous positionnez une bière plutôt locale, artisanale, etc. Mais comment sur le marché vous arrivez à vous faire votre place ? Peut-être justement aussi face aux géants qui inondent le marché et peut-être les plus petits qui sont, je pense, aussi nombreux en Belgique.
- Speaker #1
C'est une super question. qui nous anime beaucoup. J'imagine. Parce qu'on est en fait entre les petits et les grands. Commencer au mieux. Souvent, ce n'est pas la position, tu vois, en termes de stratégie d'entreprise, etc. Ce n'est pas souvent ce que les gens recherchent.
- Speaker #0
C'est comme quand tu es trois dans une fratrie, celui du milieu. Tu es celui du milieu, toi ?
- Speaker #1
Commencer au mieux. Non, moi, je suis plus petit. Quand c'est au mieux, ce n'est pas une position facile. Et donc nous, ce qu'on essaye de se répéter sans cesse, c'est que ça peut être une position magique si on arrive à garder les points positifs des petits et les points positifs des grands. Et si on fait l'inverse, alors on est mort. Et donc, pour être plus spécifique, ce qu'on essaye de garder des petits, dont on fait aussi partie d'ailleurs, mais des plus petits.
- Speaker #0
Dans les grands, des petits ? Oui, enfin tout est relatif, mais effectivement,
- Speaker #1
si on considère qu'on est au milieu, on prend les plus petits. C'est quoi ? C'est la proximité avec... Le brasseur ou le chef d'entreprise ou la famille derrière, etc. Proximité pour les gens qui bossent, proximité pour les clients surtout, proximité pour les fournisseurs, etc. Donc ça c'est quelque chose qu'on chérit beaucoup. Qu'est-ce qu'on va aussi prendre au plus petit ? Évidemment c'est les méthodes de fabrication. où on va mettre la qualité au maximum, où on ne va pas lésiner sur les méthodes de fabrication. On va aussi bosser sur des produits, des bières qui ont des histoires. On va essayer de venir avec des bouteilles un peu différenciées. C'est plus facile d'avoir un packaging différent, compliqué quand tu es plus petit que quand tu fais des millions d'hectos, tu as envie que tout soit standard, etc. Tu vois, nous, on a encore des bouchons mécaniques, des casiers en bois. Tous ces codes-là, des histoires fortes autour de nos produits qui viennent du cœur et qui n'ont pas été inventés par une agence lambda. Ça, c'est ce qu'on veut garder absolument, des codes des plus petits. Et puis, ce qu'on veut aller chercher chez les grands, c'est essayer d'avoir une vision claire, d'être pro dans ce qu'on fait, d'attirer... D'attirer les meilleurs talents, développer des marques et mettre les budgets nécessaires pour que notre marque soit visible, soit connue, d'avoir de la communication. On investit dans tout ça et je crois qu'aussi longtemps qu'on arrivera à prendre le bon côté des deux, on sera très heureux au mieux, mais ce n'est pas toujours très confortable.
- Speaker #0
Oui, j'imagine. Justement, quand tu expliquais ça, je me disais quand tu penses au budget, budget com et marketing des géants qui sont partout. Les grands panneaux, le sponsoring dans les stades de foot. Ça doit être monstrueux comme budget marketing. Vous, vous investissez beaucoup aussi ?
- Speaker #1
Tout est relatif. En euros, évidemment pas. Je crois qu'en pourcentage des chiffres d'affaires, on est loin aussi des budgets les plus grands. Mais on essaye de le faire de nouveau par rapport aux plus petites brasseries où là, c'est vraiment très compliqué. Ça fait partie de notre modèle. Donc, on sait qu'on doit le faire. On sait que c'est important. Et donc, on a une équipe, je crois, de quatre personnes. en marketing chez nous et on a quatre personnes qui font de l'événement. C'est aussi quelque chose d'assez unique chez nous, qui est aussi lié un peu à notre mission de rassembler les gens, c'est qu'on crée nous-mêmes des événements. pour rassembler les gens, pour les mettre en contact avec nos produits. Et de nouveau, comme je te le disais tout à l'heure, pour les tatouer. Ce qu'on veut, c'est qu'un maximum de personnes, soit ils viennent à la brasserie, mais on peut maintenant les inviter dans des événements qu'on fait à l'extérieur de la brasserie. ou dans des magasins pop-up qu'on fait aussi on en a fait à Lille, à Paris et ça ça pour nous c'est génial et tu vois c'est de nouveau les codes aller chercher chez les plus petits, c'est la proximité avec les gens et donc nous on a un pop-up où à Lille ou à Paris il y a des gens qui peuvent aller dans un endroit et rencontrer les gens qui bossent à la brasserie et qui sont en fait les meilleures personnes pour refléter la culture pour transmettre en fait qui on est et ça c'est super et quand tu dis que vous faites des événements,
- Speaker #0
vous faites quoi comme événement par exemple ?
- Speaker #1
ouais donc on organise des fêtes, c'est toujours gai oui ici,
- Speaker #0
dans la région,
- Speaker #1
partout ? ouais, ici et la région la dernière la dernière chose qu'on a faite c'était il y a deux deux semaines on a fait une soirée bingo chez un client à nous, donc il y avait 150 personnes qui sont venues pour déguster nos produits, jouer au bingo. C'était trop bien. On organise aussi des magasins éphémères, on trouve ça super. Une de nos grandes fiertés par exemple, c'est que l'année passée à Noël, On a 25 000 personnes qui ont acheté un coffret cadeau. pour mettre sous le sapin à Noël. Tu vois, avec notre marque, avec ça, là, on trouve qu'on a vraiment gagné. Donc, oui, c'est chouette. Et puis, à la brasserie, bien sûr, on essaie de faire plein de choses. Et au mois d'octobre de cette année, on va organiser aussi plein de trucs autour de nos 30 ans.
- Speaker #0
Oui, il y a les 30 ans.
- Speaker #1
Donc, c'est les familles, les jeunes, les moins jeunes. Être ici, passer un bon moment, découvrir ce qui fait qu'on est différent des autres. Et repartir à la maison en disant, il se passe un truc là.
- Speaker #0
Ok. Alors, je vais rester dans cette optique des petits et des géants sur des questions un petit peu plus stratégiques et on va aborder aussi le sujet peut-être un peu plus politique du moment.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, je commence par le sujet, je pense, le plus important, c'est les matières premières.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On ira après sur l'énergie.
- Speaker #1
Super.
- Speaker #0
Parce que sans matière première, tu ne sais pas faire de bière. Je crois que tu as raison.
- Speaker #1
C'est une des grandes chances qu'on a, nous, je crois, en tant que brasseurs, de se mettre, tu vois, on parlait tout à l'heure, de se mettre en mouvement. Je crois que c'est plus facile, vraiment, pour un brasseur de se mettre en mouvement. Parce qu'en fait, nous, tu vois, s'il n'y a plus d'eau, on peut tous changer de métier. S'il n'y a plus de fermier, on peut changer de métier aussi, tu vois. C'est facile. Je crois qu'il y a plein d'autres secteurs où c'est moins tangible. Nous, on sait très bien que si on n'a pas une agriculture prospère, qui gagne bien sa vie, qui fait des bons produits, qui livre à temps, il ne se passe plus rien. C'est aussi simple que ça.
- Speaker #0
Alors, en termes d'approvisionnement en matière première, comment ça se passe aujourd'hui chez vous en matière de sourcing ? Ça vient de loin, ça vient de pas loin ? Est-ce que vous avez des stress en matière d'approvisionnement ? Est-ce que tu vois des risques ? sur la disponibilité matière, sur l'augmentation des prix, comment ça se passe aujourd'hui pour toi ?
- Speaker #1
Tu poses beaucoup de questions en une.
- Speaker #0
Je jette. Je les jette. C'est vraiment sympa. Et tu les prends au vol.
- Speaker #1
Donc, les achats de matières premières, c'est essentiel chez nous. Si on n'a pas les matières premières, on ne sait rien faire. On a la chance d'en avoir peu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
De nouveau, on fait des produits naturels, on n'a pas besoin de...
- Speaker #0
Il y a combien d'agrédents dans une bière ?
- Speaker #1
Merci. Alors il y en a 6.
- Speaker #0
J'allais dire 4.
- Speaker #1
Mais tu as raison, il y en a 4 principaux. Il y a l'eau, il y a les céréales, chez nous c'est de l'orge mais il y en a peut-être un peu d'autres. Il y a le sucre. Parce qu'en Belgique, on aime bien ça. Il y a d'autres pays où on ne boit pas de sucre dans la bière, mais en Belgique, on a la tradition de mettre un peu de sucre. C'est pour ça qu'on a les bières souvent un peu plus fortes. On a du houblon. Ça, c'est des espèces de grandes plantes vertes qui poussent sur des hauts poteaux de 15 à 20 mètres de haut. Ça, c'est le cinquième, pardon, c'est la levure, qui est notre champignon qu'on adore ici, qui est méga essentiel et qui va transformer le sucre en alcool. Et puis après, le sixième ingrédient, j'aime toujours bien le mentionner, même si c'est tous les autres ingrédients, c'est-à-dire que tu vas dans le vin, tu prends du raisin, tu fais ton vin. Un bière. Tu as des céréales et de l'eau, tu as des mélanges, etc. En fait, dans la bière, tu peux tout rajouter. Si tu as envie de rajouter des... C'est un peu comme quand tu fais de la tarte. Si tu as envie de rajouter des fruits, tu peux rajouter des fruits. Si tu veux rajouter des épices, tu peux rajouter des épices, de la coriandre, etc. Ça veut dire de racheter des plantes.
- Speaker #0
Oui, comme la bière aux piments de ce midi.
- Speaker #1
Ce midi, on a goûté une bière aux piments d'un brasseur chez nous. Et donc, en fait, c'est ça qui est gai. Mais en termes de sourcing, c'est plus marginal. Donc le sourcing, tu as raison, il est constitué des cinq éléments principaux. Alors l'élevure, ça, c'est un organisme vivant qui se développe ici à la brasserie. C'est facile. Le sucre vient de la betterave. Donc, en fait, on est dans une région où c'est facile. Ce n'est pas transformé. L'eau, ça, c'est un vrai sujet. Je pense qu'on pourra en parler après ou on peut en parler maintenant. L'eau, c'est un vrai sujet parce qu'on va manquer d'eau. Et donc, on fait énormément d'efforts à la brasserie pour essayer de diminuer la quantité d'eau qu'on utilise par litre de bière. Donc on puise notre eau ici, on a une eau magnifique, on va à 50-60 mètres et on puise notre propre eau dans la nature. Une brasserie de notre taille, normalement, va utiliser 7-8 litres d'eau par litre de bière finie.
- Speaker #0
Donc vous, vous pompez ici ?
- Speaker #1
On pompe tout ici. Et en fait, nous, ça fait 4 ans, je crois, qu'on bosse à... fonds sur le process pour essayer vraiment de tout diminuer. Et donc là, on est maintenant à 5 litres, 5 d'eau utilisée par litre d'ébière.
- Speaker #0
Et c'est quoi le minimum que tu penses que tu peux atteindre ?
- Speaker #1
Alors là, on est en train...
- Speaker #0
Parce qu'à un moment donné, tu peux pas...
- Speaker #1
Dans les travaux qu'on a ici, je crois qu'en termes d'optimisation de process, on peut peut-être aller jusqu'à 5, mais après, ce sera fini. Et donc la prochaine étape, mais qui est en construction ici, c'est qu'on est en train de construire notre propre station d'épuration. Et en fait, une station d'opération, c'est quoi ? Je prends l'eau de ma vaisselle, qui est sale. et je la rends suffisamment propre que pour que je puisse l'acheter dans un ruisseau. La station d'opération publique, c'est ça qu'elle fait, elle prend ton eau de ta vaisselle, elle est sale, il y a des produits dedans et elle rend suffisamment propre que pour mettre dans une rivière. Et nous en fait ce qu'on va faire ici à la brasserie c'est qu'on va la nettoyer ici sur le site en fait on va la re-potabiliser, donc on va la nettoyer tellement bien qu'on pourrait la boire. Alors on va pas l'utiliser pour faire de la bière mais par contre Parce qu'en fait, elle a perdu beaucoup, beaucoup. beaucoup de vitamines et plein d'éléments très importants qui sont dans l'eau. Mais par contre, ce serait une eau superbe pour nettoyer nos cuves, nettoyer nos bouteilles. Et en fait, c'est là qu'on dépense beaucoup d'eau. Donc avec cet investissement-là, qui est unique en Wallonie, on va en fait passer, notre objectif, c'est de passer à 2 litres. Donc 1 litre de bière égale 2 litres d'eau.
- Speaker #0
Ok, oui, donc quand tu parles de 5 litres ou 2 litres, c'est à la fois pour le produit... Mais aussi pour le nettoyage des cuves.
- Speaker #1
C'est la consommation d'eau par litre de bioproduit. Ce qu'ils consomment beaucoup, c'est nos bouteilles. Laver nos bouteilles, laver nos cuves. Donc ça c'est pour l'eau, c'est une ressource très importante, qui est magnifique parce qu'elle est dans le sol, mais dont il faut prendre soin, et on va investir 3 millions d'euros pour prendre soin de cette ressource-là.
- Speaker #0
Est-ce que tu constates déjà, juste pour rester sur l'eau avant d'aller sur les autres matières premières, est-ce que vous constatez déjà une baisse de la disponibilité de l'eau ? Non. Ok, parce que j'entendais, je ne sais pas comment ça se passe ici... Tout à l'heure, en voiture, à la radio, au Chili, des agriculteurs qui doivent quitter leur terre parce que, je pensais Google et autres, bref, qui ont installé leur serveur pour l'IA. Et ils pompent, alors ils ont dit les chiffres mais je les ai oubliés, des milliers de litres d'eau chaque jour pour l'IA, ce qui fait qu'il n'y a plus de ressources pour les agriculteurs, ils partent. Est-ce que toi aujourd'hui, tu constates une baisse de la dispo ou pas encore ?
- Speaker #1
Non, la situation aujourd'hui a perrué, c'est qu'il n'y a pas de problème.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais...
- Speaker #0
Il y a des études pour l'avenir ou quoi ?
- Speaker #1
On n'a pas nous-mêmes en tout cas réalisé l'étude. Mais en tout cas, de toute façon, on part du principe que c'est notre responsabilité.
- Speaker #0
Ah ben oui !
- Speaker #1
de faire ce qu'on peut. Et on sera très fiers de faire partie des entreprises ou des brasseries qui utilisent le moins d'eau. Donc on a parlé de levure, de sucre qui vient des betteraves, on a parlé de l'eau, et alors la dernière, c'est la céréale. La céréale, c'est super important. C'est vraiment la base. La bière, c'est un jus de céréale. En Chine, on va faire des bières au riz. En Afrique, on va faire des bières au sorgho. Aux Etats-Unis, ils font beaucoup de bières de maïs. Et nous, dans nos contrées, dans nos magnifiques pays d'Europe occidentale, on fait de la bière d'orge. Ça, c'est ce que nous, on fait. La grande chance qu'on a, c'est qu'en fait la France, tu sais que de l'endroit où on fait ce podcast, on voit la frontière française, elle est juste à quelques mètres. Donc la France est le plus grand producteur d'orges de qualité, donc d'orges brassicoles au monde.
- Speaker #0
Je ne savais pas.
- Speaker #1
On a beaucoup parlé d'orge au début de la crise en Ukraine, parce qu'on parlait de l'Ukraine comme le grenier de l'Europe, je crois que c'est l'expression qu'on a utilisée. Eux, ils font beaucoup d'orge aussi, de l'orge pour le bétail. Et en France, c'est le premier producteur mondial d'orge. Quand tu descends la France et que tu fais des kilomètres et des kilomètres d'énormes champs, dans le centre de la France, en fait, tout l'orge vient du centre de la France. Donc ça, c'est génial parce que notre matière première, elle est juste à côté de chez nous. Ce sur quoi on a envie de bosser à la brasserie, c'est évidemment les pratiques agricoles pour cultiver cette terrienne. Donc le choix que nous, on fait à la brasserie, c'est de travailler sur l'orge qu'on appelle régénératif. Je ne sais pas si je pense que tu as entendu parler. Oui,
- Speaker #0
l'agriculture régénérative comme chez Maison d'Ordois, ils sont là dedans aussi.
- Speaker #1
Le principe, c'est d'avoir des pratiques agricoles qui permettent au sol de se régénérer.
- Speaker #0
Et pas de l'appauvrir.
- Speaker #1
et pas de l'appauvrir. Et donc, ça a deux impacts principaux. Le premier, c'est la biodiversité. Et l'autre, c'est en fait que les sols vont pouvoir absorber beaucoup plus l'eau. Et donc, ça, ça a des quantités très importantes davantage. Ça évite les inondations, notamment. Et donc, en fait, on travaille maintenant avec nos fournisseurs. où en fait on les aide à...
- Speaker #0
à effectuer la transition de leurs propres agriculteurs d'une agriculture traditionnelle à une agriculture régénérative en leur garantissant des volumes. Donc nous on leur dit voilà, nous on va vous acheter autant de tonnes d'orge cette année ou même sur le tout. Les trois prochaines années, on a vraiment des contrats à long terme. Parce que pour transformer une terre en terre régénérative, il faut trois ans. Donc nous, en fait, on s'engage pour avoir les premières bonnes...
- Speaker #1
Non, mais j'ai...
- Speaker #0
Ça va encore. C'est tout à fait acceptable. Et donc nous, en fait, on a maintenant des contrats à long terme où on s'engage sur des volumes, où on s'engage sur des prix qui sont plus élevés. que l'agriculture traditionnelle, pour les aider à demander ça aux agriculteurs. Donc en fait, nous on achète ça à des malteurs, et les malteurs sont souvent des entreprises qui sont la propriété de coopératives agricoles. Comme pour le vin ? Oui. Et donc, on revenait un peu sur la mission de rassembler. Souvent, quand on dit qu'on veut rassembler les gens, on pense à mettre deux personnes autour d'un verre. Et c'est évidemment ça. Mais c'est aussi, c'est ça que moi j'adore dans notre métier. Parce qu'en fait, on est là pour... pour créer des produits, créer des marques. Donc, on doit vendre ça aux consommateurs. Mais si on arrive à vendre ça aux consommateurs correctement, alors on a vraiment des leviers géniaux pour pouvoir aider à la transition en amont. Et on adore, en fait, être ce pont entre le consommateur et les producteurs de matières premières. Et donc, notre ambition, on est déjà, je pense, à 85 % aujourd'hui. Notre volonté, c'est de faire 100%. d'orge régénérative le plus vite possible. C'est surtout maintenant une question de faire en sorte que nos fournisseurs puissent s'adapter aussi, parce qu'il ne suffit pas de demander quelque chose pour l'avoir non plus. On veut les aider à avoir le plus de possible chez nous,
- Speaker #1
100%. Vous n'avez pas dû changer de fournisseur A pour le fournisseur B en disant que le B, il est régénératif, le A, pas, et donc tu switches. Non, c'est plutôt un accompagnement des existants vers du régénératif.
- Speaker #0
Oui, alors il y a une... Une coopérative cultivée en Wallonie avec qui on bosse qui était assez nouveau. Mais nous, ce qu'on aime, notre espoir, notre rêve, c'est de pouvoir essayer d'avoir un impact. C'est pour ça qu'on veut grandir. Les gens sont ouverts. Les malteurs dont je te parlais, ils ont envie. Alors ça reste marginal pour eux, parce qu'il y a très peu d'entreprises de malte. Donc c'est les grosses coopératives agricoles qui ont des malteries partout dans le monde. Les français sont forts, c'est le plus grand producteur d'orge au monde. Donc ils livrent leur orge partout dans le monde. Mais ils ne sont pas du tout insensibles. Et quand on accepte de jouer le jeu en payant un peu plus cher, eux, ils voient ça comme une manière d'apporter de la valeur à leur business. Les lignes sont en train de bouger et je pense que ça va aller vite. Je pense que dès qu'on sera quelques brasseurs à l'avoir fait le pas, je pense qu'assez vite, ça va devenir quelque chose de normal. En tout cas, c'est notre espoir et c'est pour ça qu'on le fait. On veut que ça devienne normal et on ne voudrait pas juste changer pour aller chercher... d'autres fournisseurs. L'idée, c'est d'avoir des partenariats forts avec nos fournisseurs. Nous, on a des convictions et on veut avoir un impact sur eux pour qu'ils bougent. Je pense que c'est là qu'on a beaucoup de force.
- Speaker #1
Est-ce qu'eux voient déjà des effets du changement climatique sur leur production ?
- Speaker #0
Oui, on est partis visiter. On a eu beaucoup de chance. On a fait un barbecue. On aime bien la convivialité chez nous. On a fait un barbecue. On a été invités par Cultivate. La coopérative qui justement aide les agriculteurs à faire cette transition. Et donc on était là avec le Malteur, avec la coopérative et avec les agriculteurs. Et ça c'était génial parce que c'était un moment de fête. Mais eux ils venaient aussi pour témoigner de ce que ça voulait dire pour eux d'avoir changé. C'était formidable. Et donc on a fait évidemment ça dans les champs. Ils avaient beaucoup de fierté à nous montrer la manière dont leurs terres n'étaient pas rigides, étaient pleines de vides, qu'ils ont voyé qu'il y avait plein d'animaux. On a eu des retours et c'était très positif.
- Speaker #1
Et donc c'est ça par rapport au changement climatique et les effets sur la production. Eux voient les effets positifs par rapport à d'autres qui n'ont pas.
- Speaker #0
Bien évidemment.
- Speaker #1
Ils peuvent en témoigner quoi. Alors, le deuxième sujet chez vous, ça va être l'énergie, évidemment. Ça représente quoi comme énergie pour fabriquer une bière ?
- Speaker #0
En termes de ?
- Speaker #1
En termes de consommation, à la grosse louche.
- Speaker #0
Je ne connais pas les sujets.
- Speaker #1
Tu ne sais pas. En tout cas, pour faire comprendre, pour faire de la bière, il faut de l'électricité, il faut chauffer. En fait, il faut chauffer. Il faut de l'énergie, il faut chauffer. C'est juste.
- Speaker #0
Exact. Donc, on a besoin de deux sources d'énergie, plus ou moins à 50-50. On a besoin de gaz qu'on utilise pour chauffer. On porte notre produit à ébullition dans le processus de fabrication, par exemple. La refermentation dont je te parlais tout à l'heure, ça se passe dans des chambres qui sont chauffées à 24 degrés toute l'année. Il y a l'activité de chauffe par le gaz et il y a l'activité de mettre en mouvement par l'électricité. Les machines, les moteurs, etc. C'est pour mettre en mouvement l'électricité. Tout d'abord, il y a un point un peu de frustration, c'est qu'on manque d'électricité en Wallonie. Je ne sais pas si on a déjà pu témoigner de tout ça. Je sais. Oui,
- Speaker #1
On n'a pas de capacité.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Enfin, non, on n'a pas de capacité.
- Speaker #0
Donc ça, c'est embêtant.
- Speaker #1
Vous manquez de capacité ?
- Speaker #0
Ben oui, on est en train de construire, de doubler notre capacité de production. Et on ne reçoit pas le... Ben bon.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est un peu comme en demi-ouest, on n'est pas les seuls. Après on aime bien, on est deux morts, on va trouver des solutions. Et nous comme d'autres, c'est toujours dans l'adversité qu'on est les plus créatifs. On va trouver des solutions, ça ne sert à rien de s'en plaindre. Du coup, on est très content d'avoir pu installer le panneau solaire. Je crois qu'on doit en avoir un peu plus de 1000 ici sur le site. et on est en train de digitaliser tout ici à la brasserie pour pouvoir suivre nos consommations minute par minute et vraiment d'essayer de comprendre comment d'une part on peut lisser et d'autre part comment on peut diminuer le travail est en cours ça c'est le point positif Le fait qu'on n'ait pas d'électricité, il y a quand même des drames économiques. Quand tu vois qu'une usine ne peut pas grandir parce qu'elle n'a pas d'électricité, c'est quand même fou. Mais ça nous oblige à trouver des solutions. Et typiquement, je ne pense pas qu'on aurait commencé à digitaliser toutes nos consommations si on n'y appartenait pas. Il y a parfois des mauvaises nouvelles qui sont bonnes aussi dans un principe d'électricité. Ce qui est juste embêtant, c'est que tu vois, on aimerait beaucoup être aussi pionnier sur avoir moins de gaz et plus d'électricité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et là, par contre, c'est compliqué d'avoir envie d'être créatif là-dessus, si on sait qu'à terme, on n'a pas d'électricité. Donc ça, c'est un peu sur le long terme par rapport à ça. Ici, on bosse à fond sur 10 000 électricités. Le gaz, pour la chauffe, on a eu 30% par les taux de consommation de gaz en moins. Il y a plein de choses qui existent, c'est ça qui est chouette, on n'a pas rien inventé la roue là-dedans, mais typiquement par exemple, un truc qui est le plus chouette à raconter, c'est que notre cuve d'ébullition... On porte notre produit à ébullition. Évidemment, ça crée de la vapeur. Et donc, on utilise ça pour chauffer nos chambres chaudes. Donc, en fait, les chambres à 25 degrés toute l'année, ça consomme quasi rien parce que c'est de la récupération d'énergie à 100%. Donc, on a plein de choses comme ça, évidemment. On teste tout ce qui se passe. Et alors, ça, par contre, ce sera aussi tout à fait unique en Wallonie pour une brasserie. C'est qu'à côté de la station... dont je te parlais. Donc on va nettoyer nos eaux. Nettoyer nos eaux, ça veut dire qu'on va retirer les déchets. Donc on va séparer l'eau propre des déchets. Nos déchets chez nous, ce sont des déchets organiques. Donc c'est des restes de levure, des restes de houblon, des matières premières agricoles souvent. Et donc en fait, ces déchets organiques, on est en train d'installer ici aussi pour ces travaux. Elle sera prête en septembre. Une unité de biométallisation. Et donc, en fait, on va réinjecter, on va faire notre propre gaz. Et donc, à terme, on pense d'ici un an ou deux, 20% de notre consommation de gaz sera issue de circularité. Quand on aura fait ça, on sera déjà à plus de la moitié en moins de consommation de gaz. Je pense que le reste, ça va devoir venir de processus d'électrification. Ça, maintenant, on attend d'être assuré sur ce qui va se passer. Je ne dis pas qu'on change notre cuve d'ébullition pour passer à l'électrique. C'est après qu'on ne sait plus l'utiliser.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, en électricité, vous êtes autonome à combien de pourcents ?
- Speaker #0
On produit sur le site de la brasserie, je dirais presque 40% de nos besoins en électricité.
- Speaker #1
Est-ce que tu as peur, tu as des craintes par rapport au contexte géopolitique qu'on connaît aujourd'hui ? Donc on enregistre ce podcast, on est mi-avril 2026, donc dans un contexte de guerre, pas chinois. Tu as des craintes par rapport au prix de l'énergie, par rapport à ce que ça peut représenter dans tes coûts ? Bien sûr. sur une échelle de 1 à 10 tu as le trouillomètre à combien ?
- Speaker #0
c'est jamais très haut on se crase à la bière c'est ça on en a connu d'autres le trouillomètre n'est pas très haut, mais de nouveau, on trouverait des solutions. Mais ça nous traquasse. Ça nous traquasse parce que on est aussi dans un contexte où le pouvoir d'achat, c'est compliqué. Et nous, on a des produits qui sont faits pour des gens qui bossent, mais qui n'ont pas non plus des revenus infinis. Et on a des produits qui sont... qui sont positionnés haut parce que...
- Speaker #1
C'est plus cher votre bière ?
- Speaker #0
On a des produits hyper qualitatifs qui sont un peu plus chers. C'est pas déconnant. Mais on n'a pas envie. On trouve que nos prix sont bons. On ne veut pas continuer encore à augmenter parce que ceci augmente ou ceci augmente.
- Speaker #1
Donc on attend.
- Speaker #0
Donc on attend et on espère que ça se passera. On doit trouver des solutions de toute façon pour diminuer notre consommation, pour faire en sorte que ça ne va pas répercuter sur nos prix de vente.
- Speaker #1
Ceci dit, le fait que vous ayez fait tout ça depuis des années, vous rend certainement plus résilient que d'autres ?
- Speaker #0
Mais absolument. Absolument.
- Speaker #1
Il faut le vivre pour le croire, mais vous en êtes la preuve vivante.
- Speaker #0
Absolument. et je pense que... c'est un point excellent que tu mets sur la table qui est de dire il y a des gens qui avancent en durabilité par conviction et en fait tout le monde doit bouger parce que moi je ne me sens pas du tout l'âme d'un idéaliste alors oui on a des rêves on a envie d'avoir un impact positif on a envie de faire quelque chose de bien autour de nous évidemment mais on n'est pas non plus des idéalistes c'est pour ça que moi je crois comme toi beaucoup dans la PME aussi. Évidemment que ça joue beaucoup sur la résilience d'une organisation et je sais si c'est important.
- Speaker #1
C'est clair. Tu vois d'autres sujets à amener ? Moi, j'avais en tête l'agriculture. l'énergie, peut-être l'emballage ? Parce que c'est qu'un gros sujet, ça reste un sujet, l'emballage. Enfin, l'emballage, la canette et la bouteille, quoi.
- Speaker #0
C'est lié au bilan carbone qu'on a la chance de faire avec tes équipes depuis quelques temps. Donc nous, on vend notre bière dans des bouteilles qui sont super belles. Elles ont un joli bouchon mécanique, etc. Ce sont des bouteilles assez lourdes qui sont, ça de nouveau on ne l'a pas inventé nous-mêmes, mais parfois on oublie que c'est unique aussi en Belgique, qui sont des bouteilles retournables. C'est génial. En Belgique, les gens trouvent ça normal et chouette d'acheter un bac de bière ou de boisson, de consommer à la maison. Et puis, toutes les études montrent que, en tout cas dans un rayon, je crois que les études, c'est quelques centaines de kilomètres. Pour nos pays, à nous, c'est très bien. C'est le meilleur moyen pour avoir un impact le moins négatif possible sur les émissions de CO2. Mais évidemment, ces bouteilles, elles consomment beaucoup d'énergie pour être créées. Donc ça, ça pèse beaucoup. Donc nous, ce sur quoi on joue et l'indicateur qu'on suit et le levier qu'on a envie d'utiliser, c'est le pourcentage de produits qui sont vendus dans des emballages renouvelables. Et ça, en fait, ça fait chuter. C'est un vrai levier de diminution de CO2 chez nous. Et donc actuellement, on est à 73% parce qu'on a la chance qu'en Belgique, c'est déjà bien implémenté. parce que... On a la chance de ne pas exporter beaucoup, de ne pas exporter du tout, donc c'est un retournable. Ce sont des choix stratégiques qu'on a faits, parce qu'on a fait le choix aussi d'être très présent en fût dans les bars, et le fût c'est aussi du retournable. Mais voilà, il y a encore un quart à aller chercher, et ce quart-là c'est par exemple la grande distribution française, où là on espère qu'on fera partie aussi des acteurs. On a des discussions tout le temps avec eux. En France, malheureusement, et c'est ce qu'ils nous disent toujours, on n'a pas la chaîne logistique pour blabla, mais en fait en Belgique ils le font, donc il n'y a pas de raison que ce ne soit pas possible. On est aussi chez Jumbo. en Hollande, dans la grande distribution. Là non plus, on n'est pas dans le retournable. On a encore des clients à convaincre. Tout seul, on n'y arrivera pas. Mais s'il y a plusieurs personnes comme nous, je suis sûr qu'à un moment, ça va changer. Il faut que ça change. Notre objectif, c'est d'avoir 100% de produits qui sont mis dans des bouteilles ou des fûts qui vont revenir. Chez nous, une bouteille revient 7 fois.
- Speaker #1
Puis au-delà, t'as quand même des gains économiques à ne pas racheter une bouteille. Parce que t'as le coût du lavage et du transport. Mais j'imagine que c'est quand même bien moindre que de devoir la racheter.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Donc la consigne, l'agriculture, l'énergie. C'est quoi les projets les plus fous ? Que tu aimerais tester ici ? Que tu n'as pas encore testé, bien entendu. Tu as des idées un peu sottes ?
- Speaker #0
Pour rester dans le registre un peu de de durabilité et d'environnement. Alors, c'est pas tout à fait so, parce que en gros, ça existe déjà. C'est toujours la même chose qui est comment on peut adapter ça, nous, à notre niveau. C'est toujours là-dedans, en fait, qu'on a, je trouve, le plus d'impact. C'est la récupération du CO2. Donc je t'ai expliqué, refermentation, ça veut dire que notre levure, elle transforme le sucre en alcool, elle relâche du CO2, c'est de la digestion, et elle le relâche dans la bouteille. Ça c'est la refermentation. Avant ça dans le process, on a un process de fermentation. C'est là où on va faire l'alcool. Mais là, C'est le process de la fermentation, mais puissance 100, parce qu'on ne va pas lui demander d'aller chercher un dixième de pourcentage d'alcool, mais on va passer de 0 à 7, 8, 9% d'alcool. Donc au plus on demande de mettre de l'alcool, au plus on fait de l'activité de la levure, on lui en demande beaucoup, et au plus il va relâcher du CO2. Ce CO2-là, on ne peut pas le laisser dans le produit ou dans les cubes, parce que sinon la cube explose. Et donc, pour le moment, c'est rejeté, comme tous les brasseurs.
- Speaker #1
Tout simplement. Mais,
- Speaker #0
alors on en réutilise une partie, mais la plus grande partie, on n'en fait rien. Et ça, en fait, c'est un des derniers grands sortants, un des derniers grands éléments qui part à la brasserie, qui n'est pas réutilisé. Tu vois, les bouteilles sont réutilisées, la vapeur est utilisée, les matières premières qui sortent du process partent dans les fermes pour le bétail. Tout est hyper circulaire. Et ça, c'est le dernier grand objectif qu'on a, qui est de dire, OK, mais comment est-ce qu'on pourrait réutiliser ça ? Et soit de le revendre, parce que le CO2, ça s'achète aussi pour déplacer des... Il y a plein d'industries qui... Soit de le vendre, de le réutiliser dans notre process. Il faut le capturer. Il faut le capturer, il faut le stocker. Alors, on ne doit pas inventer la technologie, parce que ça existe. Il faut qu'on arrive à trouver quelque chose qui fonctionne pour une brasserie et qui fonctionne pour une brasserie de notre taille. Et alors, c'est ça qui est génial, c'est qu'il y a plein de freins techniques. Et évidemment, les fournisseurs ne sont pas toujours enclins à vouloir nous aider là-dedans parce qu'ils voient un danger potentiel pour leur business, etc. C'est un vrai dossier sur lequel on a bossé à fond sur la station d'épuration. C'est en train d'être construit. Et on aimerait bien être ça, et on aimerait bien faire partie des... Et de nouveau, c'est une technologie qui est hors de portée d'un brasseur, tu vois, où ils sont à deux ou à trois. Et ça, ça fait partie des éléments qui nous aident à apprécier la taille qu'on a. C'est-à-dire qu'en fait, une fois qu'on arrive à passer une certaine taille, on arrive à pouvoir avoir les ressources nécessaires, à pouvoir investir dans ce type de... de projet là. Ça, on trouverait ça super excitant. Et si tu me poses la question pour quelque chose de moins industriel, dans les projets fous où on n'a pas encore les idées, les choses qu'on aimerait un peu regarder, c'est, tu vois, je te l'ai expliqué, notre mission, c'est de rassembler les gens. On le fait en brassant des bonnes bières. Je t'ai déjà expliqué qu'on avait un peu des événements dans lesquels on fait ça un peu. Mais on aimerait bien développer d'autres choses autour de ce thème de rassembler les gens. Je pense qu'il est tellement gai. tellement large, qui doit avoir plein de trucs super gais à faire.
- Speaker #1
Tu as des idées derrière la tête.
- Speaker #0
Oui, mais ce n'est pas pour aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu ne peux pas en parler ? Tu préfères les garder ? J'ai quelques idées qui me viennent. Est-ce que ça a déjà été dans vos plans d'avoir vos propres terres ?
- Speaker #0
Pour cultiver les... Non, alors on va construire ici un champ de houblons à côté. On a récupéré des terres.
- Speaker #1
Tu dis non, mais oui.
- Speaker #0
Oui, parce que ça reste anecdotique. Moi, j'aimerais bien être... En fait, en tant que brasseur, on se sent très proche de la Terre dans la transformation. On adore ça. Mais c'est un autre métier. Et donc nous on veut être à côté d'eux, on veut les aider, on veut réfléchir avec eux, mais c'est un autre métier. Donc on ne va pas se lancer dans, ce n'est pas une extension stratégique, chacun son métier. Et c'est un métier difficile qui demande beaucoup, beaucoup de connaissances, beaucoup, beaucoup de travail, qui est en pleine transformation. Et donc on préfère les aider. de notre modeste manière, plutôt que de le faire à leur place.
- Speaker #1
Si tu devais citer tes priorités, quelques prios, si tu as une ou deux prios. Non, allez, une prio. Je te ferais en faire une prio pour les trois prochaines années. La prio des trois prochaines années.
- Speaker #0
On est en train d'écrire une vision stratégique 2030. Et ce qu'on veut faire, c'est de devenir la brasserie belge la plus durable. Et donc, notre priorité, pas qu'à moi, mais à toute l'équipe ici, ce sera de définir ce que ça veut dire pour nous, encore plus que ce qu'on a fait maintenant, et de bosser à fond là-dessus. C'est hyper excitant.
- Speaker #1
J'imagine. Vos ambitions pour demain ? Être la bière la plus belge, la plus durable. Alors toi, c'est quoi ta bière préférée dans votre gamme ?
- Speaker #0
Il y a deux, trois jours, j'ai posé une question un peu similaire à quelqu'un. J'ai adoré la réponse, donc je vais la recopier. Je posais aussi, c'est quoi ton blabla préféré ? Et je me suis à fond retrouvé dans sa réponse. Il me disait, moi, c'est évidemment le dernier projet. Et en fait j'ai adoré sa réponse, donc je vais te répondre la même chose. Ma bière favorite c'est la dernière qu'on a faite. Parce qu'en fait on est tellement excité de créer des choses, de réfléchir en équipe, qu'est-ce qu'on pourrait faire. Et puis après quand tu as le produit dans ta main la première fois, après avoir bossé là-dessus pendant un an, c'est hyper excitant. Évidemment que ma bière préférée c'est la dernière bière qu'on a faite. Et la dernière bière qu'on a faite c'est une bière qu'on a en train de faire. train de mettre sur le marché là juste maintenant, qui s'appelle la Bon Secours Blonde. Bon Secours, c'est la bière du bon sens, du bon moment, brassée avec bon cœur. Et on a fait un produit un peu moins fort, à 5-6 degrés, qui touche un peu à ce qu'on appelle chez nous des bières de saison. C'est des bières avec beaucoup de céréales et une amertume assez légère, mais qui est excellente pour étancher la soif. C'est très facilement buvable. dégustables et on adore le produit. Mais évidemment, on les aime un peu, c'est tous nos bébés. Il n'y en a pas une que tu n'aimes pas ?
- Speaker #1
Non. C'est une super question.
- Speaker #0
C'est une super question. On fait des bières comme nous, on aime bien. Donc oui, notre métier, ce n'est pas de créer exactement... On fait des bières qu'on aime.
- Speaker #1
Donc tu les aimes toutes ?
- Speaker #0
Toutes.
- Speaker #1
Tu bois de la bière tous les jours ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
C'est bien. De quoi tu es le plus fier depuis que tu diriges la brasserie ?
- Speaker #0
Ça je pense que c'est la question la plus facile. C'est évidemment les équipes.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
j'étais sûre que t'allais dire ça.
- Speaker #1
Et quelque chose auquel tu ne t'attendais pas du tout ? Si je dis là, tu fermes les yeux, tu repenses aux 15 dernières années, tu dis « Waouh, ça, j'avais pas prévu » .
- Speaker #0
Ce qu'on n'avait pas prévu, c'était la force de la marque qu'on avait créée avec Piedieux, notamment, qui continue à nous épater, en fait. On se sent tellement privilégié d'avoir une entreprise avec un bien de consommation. C'est hyper gai. En plus, on a créé un petit magasin ici en face de la brasserie. Quand c'est un peu plus dur, quand une journée est un peu plus compliquée, on repasse par le magasin avant de rentrer à la maison. deux minutes pour voir quelqu'un qui vient acheter une bière en disant ce soir c'est l'anniversaire de mon beau-fils et il adore vos produits et donc on voulait que ce soit un peu spécial et donc plutôt que d'aller acheter une grande bière dans un grand supermarché, je viens chez vous et je sais que je pourrais avoir un format un peu spécial et ça c'est juste trogué, donc ça je pense que je ne m'étais pas attendu je crois qu'on croyait dur comme fer qu'on allait réussir à s'en sortir à développer des produits qui allaient être appréciés à faire notre trou Mais la force qu'on voit là, je te parlais tout à l'heure des 25 000 coffrets cadeaux. Nous-mêmes, on en rigole ici, on n'en revient pas. On est super fiers de ça et ça nous étonne beaucoup.
- Speaker #1
Et c'est quoi le sujet le plus compliqué pour toi ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui t'empêche de dormir aujourd'hui ?
- Speaker #0
Alors, je dors... Je te remercie de poser la question. Je dors très bien. C'est bien. Bien, maintenant, ce qui m'empêche de dormir à la nuit, c'est surtout mon fils d'un an et demi, deux ans. Je rigole, c'est en train d'aller mieux. Donc, en fait, je dors très bien. On n'a pas vraiment de problème. On parlait tout à l'heure des problèmes d'accès à l'électricité. Ça, par contre... Tu vois, alors, ça ne m'empêche pas de dormir à la nuit. Mais c'est un type de problème qui est vraiment bagué. Parce qu'en fait, on n'a pas d'impact. Alors oui, on va trouver des solutions, on va diminuer ceci, etc. Mais quand on te l'annonce, ça, c'est des types de problèmes où on se dit... C'est frustrant parce qu'on voudrait et on trouve des solutions, on s'intéresse aux problèmes. On dit mais pourquoi vous n'avez pas mis ça en place ? Il y a tel pays où ça marche mieux, etc. Et donc on essaie de comprendre la place et tout le monde te dit, oui, tu as bien compris l'essence du problème.
- Speaker #1
Mais tu es complètement impuissant.
- Speaker #0
Mais oui, mais en fait, pour telle et telle raison, c'est compliqué. Ça, c'est frustrant. Mais c'est aussi pour ça que j'aime la PME. Parce que c'est très rare des problèmes comme ça. Il y en a quand il y a des grands problèmes un peu macro. Les prix de l'énergie augmentent, les prix de l'énergie augmentent. Je ne peux pas y faire grand-chose. En fait, il y en a très peu. La plupart des problèmes qu'on a, on sait qu'on va faire les choses différemment et ça va aller mieux après.
- Speaker #1
Alors, j'ai deux, trois questions sur le futur. Je vais te demander de sortir ta boule de cristal. Comment tu vois, toi, la brasserie dans 10 ans ? Si je reviens ici dans 10 ans, ça ressemble à quoi ?
- Speaker #0
Je... Je ne peux pas te dire exactement ce qu'on fera. Ce que je peux te dire par contre, c'est que je suis sûr et certain que nos valeurs continueront à être méga importantes et à se sentir et à régir les décisions qu'on prendra. Je serais extrêmement étonné que ça ne sente pas la bière quand tu arrives ici. Parce qu'on est tellement passionné par ce qu'on fait. Mais il y a un élément de réponse que toi tu m'as inspiré quand tu es venue une fois faire une présentation ici aux équipes. C'est un truc que j'ai toujours gardé. je parle plusieurs fois autour de moi, c'est l'idée de, tu vois, quand tu es en PME, tu as envie de faire plus en durabilité. Ce que tu dois faire, c'est mettre tout ton énergie pour faire des super produits, des produits dingues, qui seront demandés par les consommateurs et qui seront voulus par les consommateurs, qui se vendront facilement parce que la machine est bien huilée. Et puis après, derrière, tu feras... Tes objectifs de durabilité, tu feras en sorte de bouger les lignes, de t'améliorer comme tu peux à gauche et à droite. Mais le focus c'est de faire des produits dingues qui sont demandés, des services. Et donc voilà, dans 10 ans, si on est encore là, c'est parce qu'on continuera à faire des produits dingues et que derrière on fera de la durabilité.
- Speaker #1
Combien d'hectolitres dans 10 ans ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, ça, ce n'est pas tellement important. Ce qui est important, c'est de... Moi, je voulais avoir une taille critique pour avoir des trucs pros, pour pouvoir investir, pour avoir des gens hyper talentus autour de moi. Ça, c'était un palier énorme qu'on a franchi il y a quelques années. Et maintenant, on fait notre chemin avec eux. On a envie de continuer à grandir parce qu'on adore les projets. et que ça permet d'agrandir les équipes. On adore ça, qu'on continue à agrandir. Après, à quel rythme ? Honnêtement, ce n'est pas ça qui est très important. Ce qu'on veut, c'est continuer à être une des brasseries, disons, majeures en Belgique. Parce que si on veut être la brasserie la plus durable, il faut qu'on ait une taille qui permette d'avoir de l'impact. Mais ce sera parfois 5 ou 10, ça restera des croissances. Il y a eu de la croissance maîtrisée aussi, qui vit de plus en plus chez nous. On a eu des gros taux de croissance ces dernières années.
- Speaker #1
On dit passer de 8 à 100 en 15 ans, c'est beaucoup.
- Speaker #0
Surtout au début, tu fais des plus 40, plus 50%. Ça fait 15 ans que ces dernières années, ça reste des croissances à deux chiffres. Donc c'est quand même déjà très rapide. Et on est très... Je crois que parfois, certaines personnes disent un peu trop. Je pense que ce n'est jamais trop, mais on est très attaché à notre ADN, à la qualité de nos produits. Et donc, on a souvent des freins internes. croissance, malgré qu'on a quand même une belle croissance mais souvent le frein à la croissance il vient de chez nous en disant attention parce que si on fait ça alors est-ce que ça va venir questionner nos valeurs est-ce que ça va venir questionner notre ADN est-ce que ça va venir questionner ce qui nous rend unique ça c'est des questions qui nous qui nous qui nous animent beaucoup et qui sont de plus en plus importants et qui sont de plus en plus difficiles à répondre avec la croissance aussi donc voilà la maîtrise de la croissance c'est un truc qui est important pour nous je crois qu'il le sera de plus en plus à l'avenir voilà
- Speaker #1
Tu es optimiste pour l'avenir ?
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
à fond. Je m'en doute. Pour tous les enjeux.
- Speaker #0
Oui, oui. Réaliste, bien entendu. Je crois que la vie est trop courte pour être pessimiste.
- Speaker #1
Je n'ai pas eu une seule personne dans ce podcast. Tu dois être aux alentours du centième qui m'a dit être pessimiste. Mais les entrepreneurs ne sont pas pessimistes.
- Speaker #0
Non, Je crois que c'est notre rôle aussi de savoir faire parfois la part des choses. De nouveau, je ne me sens pas idéaliste et je ne suis pas optimiste pour le plaisir d'être optimiste. Ce qui m'anime dans l'optimisme, c'est le fait que la vie est trop courte pour être pessimiste. Et je crois, enfin, je ne peux pas parler à ta place, mais je crois comme peut-être souvent plein de personnes qui écoutent, on a tous des moments durs et des moments de stress, etc. Et je crois qu'en fait, l'optimisme permet simplement d'essayer de minimiser ces effets-là un maximum. Je crois que je ne peux pas me permettre d'être pessimiste non plus, parce que sinon, je crois que les moments de stress seraient trop compliqués. Je suis optimiste, je crois, de nature, mais aussi de manière très pragmatique. Je me suis aussi entraîné à l'être et maintenant ça fait partie de qui on est.
- Speaker #1
Alors si t'avais une baguette magique, là tout de suite je te la donne, tu deviens Harry Potter, t'en fais quoi ?
- Speaker #0
Si j'avais une baguette magique, je pense quand même qu'on essaierait de... J'essaierai de toucher quelque chose de beaucoup plus large que moi ou que la brasserie ou que notre petit environnement à nous. Moi ce qui me... Tu parlais tout à l'heure de ne pas dormir à la nuit, etc. Alors de nouveau, ça ne m'empêche pas de dormir parce que je dors bien. Mais je trouve que ce qui attaque mon optimisme beaucoup ces dernières années, c'est le... Le monde de gagnant-perdant dans lequel on vit depuis quelques années, qui sont hyper exacerbés par tout ce qu'on entend aux Etats-Unis, on a toujours l'impression qu'il y a un gagnant et un perdant. celui qui fait bien donc on a tout le temps l'impression que si je dois être si je veux être mieux dans ma vie financièrement ça doit toujours être à l'encontre de quelqu'un je dois gagner je suis le gentil, t'es le méchant la polarité en fait en tout cas moi je suis très sensible et je la trouve très bouffante ces dernières années Moi, si je pouvais changer quelque chose, je voudrais un monde où, en fait, c'est plus normal de se dire « je peux gagner, toi aussi » . Et voilà, ça revient sur l'idée de rassembler, de bosser ensemble, de réussir ensemble, de foirer ensemble. Mon feeling, c'est que si c'était plus partagé, il y a pas mal de choses qui seraient peut-être plus faciles et que le monde serait, en tout cas pour ce qui me concerne, un peu plus agréable.
- Speaker #1
Alors, j'ai deux dernières questions que je pose toujours. La première, ce serait au conseil. Un conseil pour celles et ceux qui nous écoutent.
- Speaker #0
Pour faire quoi ?
- Speaker #1
Soit pour rendre leur boîte plus durable, soit un conseil de vie. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur partager, tous ceux et toutes celles qui t'écoutent aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je ne me sens pas toujours très légitime de donner des conseils.
- Speaker #1
Je pense que tu peux.
- Speaker #0
On parle de durabilité, donc tu es très stent sur ce registre-là. Et pour prendre l'exemple de la brasserie aussi. Nous, ce qui nous a beaucoup aidé pour avancer sur la durabilité, je t'avais parlé de la valeur-responsabilité qu'on avait écrite, mais c'est en fait d'exprimer une intention, ouvertement. Et moi, dans ma personnalité à moi, c'est toujours quelque chose qui est un peu difficile, parce que tu vois, quand je dis quelque chose, c'est important pour moi que ce soit fait derrière, que ce soit bien fait, et je n'aime pas dire des trucs. à faire. Et donc, c'est compliqué pour moi de dire on veut être plus durable ou on veut être responsable, etc. Mais en fait, je crois que c'est une leçon que j'ai apprise, c'est que c'est OK de le dire, de l'exprimer et en disant à tout le monde que c'est ce qu'on a envie de faire et que ça se passera peut-être, ça ne se passera peut-être pas, mais qu'en tout cas, on a envie de le faire. Je crois qu'à partir du moment où on dit publiquement, il y a un déclic quelque part qui se passe dans la tête, qui fait que les choses ne sont plus possibles, sont davantage possibles. Et ça rejoint l'idée aussi de, quand tu recrutes quelqu'un avec certaines valeurs, derrière tu te sentiras un peu obligé, tu te sentiras porté par le vent. Et donc le conseil ce serait d'accepter que ce ne soit pas parfait, et que toute petite contribution est déjà bien, et que c'est bien de mentionner l'intention. et que ce n'est pas grave et que je pense qu'on ne reporte ça à personne d'avoir essayé et que ça n'a pas fonctionné.
- Speaker #1
Alors est-ce que tu aurais un livre ou peut-être un podcast que tu écoutes sur le sujet ou pas ? À part le tien, tu m'aides. À part le tien, bien évidemment, que je sais que tu écoutes. Ou une vidéo, que sais-je, quelque chose qui t'a marqué récemment, qui t'a aidé dans ta réflexion, que tu pourrais nous partager ?
- Speaker #0
j'en ai plein mais ça me fait penser à ma femme qui se moque toujours de moi parce que j'ai toujours deux bouquins avec moi qui sont toujours les mêmes elle m'a dit mais tu ne vas pas encore lire ça pour la cinquième fois deux bouquins qui me suivent le premier c'est un bouquin qu'on m'a offert il y a quelques temps qui s'appelle Small Giants tu le connais ce bouquin ? Adoré.
- Speaker #1
Oui, je l'ai presque fini.
- Speaker #0
Je l'ai adoré. Il date quand même ce livre. Pardon ?
- Speaker #1
Il date.
- Speaker #0
Il date ?
- Speaker #1
Non, il a été écrit il y a un petit temps.
- Speaker #0
Tu penses combien d'années ? Moi, je l'ai adoré.
- Speaker #1
Je ne sais pas.
- Speaker #0
Ce que j'adore là-dedans, c'est qu'en fait, il parle de comment est-ce qu'on peut... Il parle des entreprises dans lesquelles tu rentres, il y a ce qu'il appelle le mojo, donc c'est il y a un truc différent des autres, une énergie positive, une boîte vivante. Et en fait il dit c'est normal, on ne sait pas définir ça, mais tout le monde sait quand tu rentres quelque part qu'il y a un truc différent. Et donc ils expliquent en donnant des exemples, c'est très cartésien, de comment certains ont réussi à grandir sans toucher à ça. Ça c'est un truc hyper important pour nous. Et l'autre je crois que c'est un bouquin qui est assez connu qui est Let My People Go Surfing du gars de chez Pandagonia et à chaque fois je me dis je trouve ça génial qu'il ait fait l'effort de mettre ça sur écrit et je suis hyper inspiré par la façon dont il l'a écrit donc il parle de philosophie de distribution philosophie de communication, philosophie de etc et donc ce que je trouve génial dans ce bouquin c'est pour ça que je le réouvre souvent c'est qu'en fait tu peux te dire tiens, si je dois un peu réfléchir à une vision sur la logistique Tu peux aller lire une vingtaine de pages, c'est toujours hyper bien écrit. C'est disponible en français aussi.
- Speaker #1
Confession d'un entrepreneur pas comme les autres.
- Speaker #0
Et le titre est comment alors en français ?
- Speaker #1
C'est Confession d'un entrepreneur pas comme les autres.
- Speaker #0
C'est à recommander.
- Speaker #1
Oui, je l'ai lu aussi, il est vraiment chouette.
- Speaker #0
Très agréable. Et en fait, tu peux le réouvrir de temps en temps et ça ne vieillit jamais en fait.
- Speaker #1
Donc il y a ces deux livres-là. T'en as d'autres à balancer ? Non, c'est déjà bien.
- Speaker #0
C'est déjà bien ?
- Speaker #1
Allez. Eh bien Vincent, on a fini pour aujourd'hui. Je te remercie pour toutes ces heures. d'infos.
- Speaker #0
Merci à toi pour les chouettes questions.
- Speaker #1
Est-ce que t'es d'accord de me réinviter, ou je te réinvite dans dix ans pour voir où en est la brasserie ?
- Speaker #0
T'es à la maison et si j'espère que t'en a pas dix ans pour revenir à mon dos. Oui, oui, oui,
- Speaker #1
non évidemment. Mais oui,
- Speaker #0
un truc, oui bien sûr, on pourra se réécouter alors.
- Speaker #1
Et on verra si tout ce que tu as prédit, peut-être ta baguette magique, peut-être que l'univers aura écouté tes souhaits.
- Speaker #0
Moins de polarité.
- Speaker #1
Oui. Moi, je demande ça à chaque fois, tu vois, parce que je suis un petit peu dans cette croyance que l'univers entend les attentions. Donc, si tu donnes une baguette magique à quelqu'un, jamais personne ne va avoir de mauvaises attentions avec une baguette magique. Forcément, tu ne peux que faire le bien. Donc, à un moment donné, ça se matérialisera.
- Speaker #0
Et c'est lié à ce que je t'ai misé. C'est ma croyance. Il faut le dire et au plus on le dit, au plus on a de chance. Voilà, et au plus ça se fait.
- Speaker #1
Donc, Vincent, un tout grand merci pour ton accueil.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Pour ceux et celles qui nous écoutent, désolée, je ne sais pas... Dans quelle mesure vous allez entendre les travaux d'à côté. Mais voilà, c'est l'avis d'une brasserie en extension. Si on veut te contacter, alors évidemment, si on veut des infos sur la brasserie, il y a le site internet Brasserie Collier. On tape, je pense,
- Speaker #0
.com. .com.
- Speaker #1
Oui, .com. Il y a aussi l'onglet durabilité. Vous pouvez aller voir. Il y a pas mal d'infos. Il y a tout le rapport de durabilité aussi. Et alors... si on veut trouver de la bière on en trouve partout en fait de la paix Dieu je pense et les autres aussi et si vous n'en trouvez pas demandez à votre magasin ou à votre bar d'en avoir c'est toujours la meilleure manière et alors Si peut-être on veut te contacter ou prendre contact. Moi,
- Speaker #0
j'adore rencontrer des gens. Donc, je crois que le plus simple, c'est via LinkedIn. Oui, via LinkedIn.
- Speaker #1
Je mettrai le lien vers ton profil.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Je suis toujours heureux de rentrer en contact avec des gens inspirants comme toi. Merci,
- Speaker #1
Vincent. Eh bien, on se revoit bientôt. Merci beaucoup pour ton partage et pour ce beau moment de convivialité.
- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Sur ce que vous aimez dans le podcast, ça m'aidera à remonter dans les suggestions d'Apple et puis surtout de faire connaître davantage le podcast. Alors aussi, si vous allez sur le site de smarttoussorcle.com et que vous me laissez votre adresse mail, vous recevrez une semaine sur deux une newsletter avec le dernier épisode du podcast et puis du contenu informatif et aspirant de Smarttoussorcle. Et puis pour finir, n'hésitez surtout pas à me contacter. Je suis active sur LinkedIn et puis un petit peu sur Instagram. Il suffit de chercher Stéphanie Féline. Et si vous avez des besoins d'accompagnement pour votre entreprise, l'équipe de Smart2Circle se fera plaisir de vous rencontrer. Je vous embrasse. A très bientôt.