- Speaker #0
Parce qu'il y a beaucoup, par exemple, qui vont dire, non, je n'ai pas les moyens, ou je vais faire mon logo avec ChurchGPT, etc.
- Speaker #1
Les banques d'images proposent déjà des visuels de logotypes, où on peut dire, tiens, j'ai un exemple, mais vraiment concret.
- Speaker #0
Les IA ne font que générer et ne créent rien de nouveau. Donc, elles génèrent à partir de tout ce qui existe sur le web. Du coup Valérie, concrètement, un commerce ou une structure locale qui veut avoir une identité visuelle forte et qui veut la décliner, c'est quoi tes conseils ? Comment faire ?
- Speaker #1
C'est de faire appel à un professionnel. Le graphiste ne commence pas par dessiner, il va commencer par écouter la personne, comprendre qui elle est, comprendre son activité surtout, parce que ça ne suffit pas de comprendre la personne. Quelle activité elle a ? Pour qui ? Quels sont ses clients ? Parce que la personne qui a le commerce a une clientèle et une clientèle ne ressemble pas toujours à soi. Donc, il faut aussi communiquer, savoir vers qui on doit communiquer. donc adapter à la fois l'identité en à son activité et qu'elle soit réceptive par la clientèle visée et souhaitée. Donc ça, c'est un échange. Moi, je dois comprendre, par exemple, quand j'ai un nouveau client, je dois comprendre son fonctionnement, je dois comprendre son activité, je dois me rendre sur place pour voir son environnement. Et tout ça, c'est une relation avec la personne qui ne peut pas être remplacée. Et à partir de là, c'est aussi lui expliquer qu'une identité visuelle forte, ça va permettre de l'identifier, c'est-à-dire que sur tous ces supports de communication, que ce soit du numérique, du print ou autre, il faut que cette identité soit cohérente. pour qu'on puisse reconnaître l'émetteur de ces supports de communication. Donc, je dirais qu'une identité visuelle, ça ne s'arrête pas au logo, au simple logo, parce qu'on peut être tenté de dire, j'ai un logo, je suis tranquille. Si le logo est posé sur des supports disparates, où on change de style à chaque support, le logo va être noyé, on ne le verra plus, et on a payé un logo, on a un logo, mais en fait, on l'utilise mal. Donc, il faut que ce logo soit sorti d'une identité visuelle qui va se décliner. Si on utilise de la photo, que les photos soient en accord avec le logo, qu'elle soit en accord d'un support à l'autre, qu'on ne change pas de style de photo à chaque support, que les couleurs, on ait une palette de couleurs qui soit utilisée, qu'on ne rajoute pas des couleurs, qu'on ne change pas les couleurs. Essayer de maintenir cette identité sur le long terme, sur tous les supports, ce qui va renforcer le positionnement et quand les gens reçoivent les informations, ils se disent, ah oui, c'est telle personne.
- Speaker #0
On arrive à bien l'identifier.
- Speaker #1
C'est important.
- Speaker #0
Parce que là, on a parlé un peu des affiches, mais il n'y a pas que ça. Ça va être, on envoie une newsletter.
- Speaker #1
La fiche est un support de communication, ce n'est pas une identité visuelle. Oui, Non, mais c'est comment tu décris ? Donc, en fait, on part du logo quand même, parce que, voilà, mais autour de ce logo, on va construire une identité, voir sur certaines, alors, voilà, les petites... structures n'ont pas toujours les moyens de développer une grande charte graphique mais j'ai fait des chartes graphiques où on a tous les codes de l'utilisation de l'identité visuelle sur les différents supports avec les typographies utilisées donc on n'en utilise pas 50 on a une typo principale et une typo d'accompagnement, alors une typo qui peut être un peu fantaisiste qui va renforcer l'identité Merci. et une typo d'accompagnement qui va être pour les textes courants, qui ne va pas surcharger les documents. On va avoir, comme je disais, une palette de couleurs. L'utilisation du logo, c'est-à-dire que le logo, on ne le met pas sur n'importe quoi. Si on met le logo sur une image très chargée, il va disparaître. Donc, il faut gérer l'utilisation du logo sur différents fonds. Tout ça peut être charté. Voilà, moi je peux rendre à la personne son identité visuelle et je dirais une petite charte de principe pour qu'elle puisse se débrouiller avec ça. Ou si elle veut faire un panneau chez un enseigniste, elle peut donner la charte à l'enseigniste qui peut lui s'appuyer là-dessus pour perdurer l'identité visuelle, pour avoir une continuité, une cohérence dans tous les supports. Parce que je ne fais pas toujours tout. À un moment donné, le client va avoir peut-être la tentation d'aller faire quelque chose chez un enseigniste, chez un véhicule ou je ne sais pas quoi. Et il n'a pas toujours l'idée de revenir ou pas forcément les moyens de revenir chez moi. Ce n'est pas une histoire de moyens, mais ça on peut y revenir. Voilà, c'est avoir en main les codes pour utiliser son identité visuelle.
- Speaker #0
Je trouve que là où ça peut plus se diluer, l'identité, c'est que parce que tu vois, tu peux faire appel à un graphiste pour le logo, l'identité, que tu vas décliner sur peut-être un panneau, si tu es une structure qui accueille du public, ça va être sur tes véhicules. Et là où je trouve que ça va plus se diluer, c'est peut-être sur les réseaux sociaux. justement, ou après on va vouloir faire des publications et là ça peut partir après dans tous les sens.
- Speaker #1
Alors oui parce que j'ai fait beaucoup aussi de templates et c'est toujours le danger alors moi je suis pas pour lâcher les supports comme ça dans la nature parce qu'il y a un moment où ça bug, il y a un moment où la personne elle va vouloir utiliser des ombres partout rajouter des petits trucs de travers, parce que ça, ça marche bien. Parce que c'est visible, quand on met en biais, forcément c'est bien.
- Speaker #0
Les gens adorent mettre les choses en biais.
- Speaker #1
Voilà. Alors, pourquoi pas ? Mais j'en ai mis d'ailleurs, je dis ça, mais dans la fiche précédente, j'ai mis des choses en biais. je dirais qu'il y a des petits des... des réflexes par mes connaissances, par... Voilà. Et les templates, ils tiennent, allez, si on est sur une newsletter, ils vont tenir trois numéros. Au bout du troisième numéro, la personne s'accapare le support. Forcément, alors on fait des templates pour que ça soit cohérent, mais à un moment donné, elle va trouver que c'est toujours pareil. Elle va vouloir changer, mettre un petit truc, parce que là, ce n'est pas pareil. Sauf que voilà. on rajoute, on rajoute, et puis au bout de dix numéros, le template a explosé, et on n'est plus du tout, les couleurs ont changé, parce que on en avait marre des couleurs de la charte. Alors, une charte, c'est pour garder les couleurs. Pourquoi pas changer les couleurs ? Je ne sais pas, au bout de sept, huit ans d'utilisation de l'identité visuelle, on peut avoir envie d'évoluer, et puis le graphisme évolue aussi. Mais il faut toujours évoluer dans la cohérence aussi.
- Speaker #0
Et installer les choses, de ne pas vouloir changer tous les quatre matins.
- Speaker #1
Voilà, alors c'est sûr qu'une charte graphique, ça peut être contraignant pour certaines choses. Ça peut être rassurant pour certaines personnes qui ne sont pas à l'aise. Voilà, tout est une histoire d'équilibre.
- Speaker #0
Tu peux nous présenter un de tes projets ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Concrètement, ce que tu as déjà mis en place pour un client et comment tu as découvert ça ?
- Speaker #1
Alors, mes clients sont très variés. J'ai des collectivités territoriales, des entreprises, des commerçants, des restaurants. J'ai travaillé beaucoup dans l'agroalimentaire parce que je fais de la photo culinaire. Les sujets sont là. En fait, c'est ce qui est intéressant quand on est freelance, c'est qu'on passe du coq à l'âne, je dirais. que... On passe d'une problématique d'urbanisme à une problématique de recettes pour, par exemple, le gruyère que tu connais très bien. Et donc, ce n'est pas du tout le même sujet. Et à chaque fois, il faut se replonger dans le sujet. Moi, quand j'ai commencé le gruyère, je me suis renseignée comment on faisait le gruyère. Donc voilà, c'est intéressant pour ça. Et j'ai aussi fait pas mal de chambres d'hôtes où les gens... Alors, on est pas mal dans le domaine de la personnalisation dans la chambre d'hôte parce que la personne qui fait sa chambre d'hôte, il met beaucoup de cœur, elle y met beaucoup de soi et elle veut que la maison lui ressemble. Donc, c'est des thématiques qui sont particulières parce que quand on crée une identité visuelle, euh Pour ce domaine-là, il faut que la personne se sente bien avec son identité visuelle. On n'est plus sur un magasin qui doit avoir une enseigne. On est vraiment au cœur des choses et de la personne qui crée sa chambre d'eau. Donc, il y a de longues discussions pour comprendre la personne et voir ce qu'elle veut. Donc, j'ai eu la chance de travailler... sur une chambre d'hôte dans les Monts d'Or vers Lyon, une personne qui a une grande propriété avec un château et qui a réhabilité la maison du jardinier pour en faire une chambre d'hôte. Donc là, on partait de zéro et elle m'a demandé, comme point de départ, il fallait que je m'appuie sur cette maison. sur les couleurs qu'elle a utilisées pour que l'identité visuelle soit en harmonie avec la maison. Donc, tout s'est fait à distance. Je ne suis pas allée sur place parce que ça fait quand même un gros déplacement. On a fait des visios, j'ai vu, elle m'a envoyé les plans, les photos. On a beaucoup échangé, on a beaucoup parlé. Et on est parti sur quelque chose de très fleuri parce qu'elle a un grand jardin, elle adore les fleurs et elle voulait dans son logo les fleurs de son jardin. Donc, j'ai fait quelques autres propositions par rapport à des détails d'architecture, etc. Je lui ai fait 4-5 propositions très différentes parce que le but, ce n'est pas de décliner une proposition en rouge, en bleu, une autre type. C'est vraiment de partir sur des axes différents, qu'elle puisse évacuer ce qui ne lui plaît pas, garder ce qui lui plaît, retravailler parfois. et arriver à une solution finale qui soit en adéquation avec ses envies. Donc, on est arrivé à un logo qui, après, a donné suite à toute la charte graphique, puisque le motif à fleurs a été repris en fond. Je lui avais même proposé de faire une tapisserie pour ses chambres d'hôtes. Ça a été décliné sur des cartes commerciales. des petits supports chemises dans lesquelles elles glissaient les tarifs et quelques des feuilles où elles notaient tout ce qu'il y avait à faire autour de la chambre d'hôte donc dans chaque chambre il y avait une chemise avec l'identité visuelle, des petits marque-pages des cartes postales et après tout ça se décline à l'infini tant peu qu'on ait un peu de moyens pour faire des supports de communication humeur C'est un point important de départ dans sa communication. C'est comme un fromager, il va être obligé d'acheter un banc réfrigéré. C'est un coût, mais c'est essentiel. Et je pense que l'identité visuelle peut avoir un coût, mais si elle est bien faite, on s'y retrouve.
- Speaker #0
Il y a aussi une chose très importante. Peut-être à préciser pour les auditeurs, mais c'est que ce que tu produis sur IA, parce qu'il y a beaucoup, par exemple, qui vont dire, non, je n'ai pas les moyens ou je vais faire mon logo avec ChatGPT, etc. Mais ce qu'il faut aussi se dire, c'est que ChatGPT ne vous garantit absolument pas que le logo soit unique et ne soit pas similaire justement à quelque chose qui existe déjà. Puisque de toute manière, de base, les IA ne font que générer et ne créent rien de nouveau. Donc, elle génère à partir de tout ce qui existe sur le web.
- Speaker #1
C'est pour ça que...
- Speaker #0
Concrètement, pour un logo, le risque, c'est d'avoir un logo qui ressemble à... Alors,
- Speaker #1
je ne sais pas ce qui existe déjà. L'IA ne génère jamais deux fois la même chose. Donc, on va être ressemblant, mais jamais pareil. Oui,
- Speaker #0
alors pas identique à 100%, mais ça peut être très ressemblant. Et le risque, c'est que tu parles...
- Speaker #1
Par rapport à ça, il n'y a pas que l'IA qui générait ce genre de problème. Les banques d'images proposent déjà des visuels de logotypes où on peut dire tiens, j'ai un exemple mais vraiment concret. La personne chez qui je vais acheter mon poulet, un jour me donne une carte, elle a fait son logo. Un poulet avec une cuisse rouge. La cuisse qui ressort en rouge, le poulet était noir avec poulet rapido poulet ou je ne sais plus le nom. Bon. Ok, il s'est débrouillé, il vend des poulets, il n'a pas besoin de... Je vois passer un camion avec le logo, j'imagine que c'est lui, sauf que le poulet est rouge et la cuisse est noire. Et David Poulet. Je me dis, tiens, il a une deuxième entité quelque part. Et je lui demande, je lui dis, mais est-ce que c'est vous David Poulet ? Ah non, non, ce n'est pas moi du tout. Donc, ils se retrouvent dans la même, alors pas forcément vide, mais dans la même agglomération, à avoir les deux le même poulet en logo, un en rouge et noir, enfin un avec la cuisse rouge, l'autre avec la cuisse noire, mais c'est le même logo. Donc, il n'y a même pas besoin de l'IA pour ce genre de truc. C'est qu'aujourd'hui... typiquement, si un graphiste lui fait son logo, il va avoir quelque chose de très personnel qu'on ne retrouvera pas ailleurs, sauf si le graphiste s'appuie sur des banques d'images, ce qui arrive aussi. Parce qu'il y a... Oui, il y a tout chez les graphistes. Je ne vais pas... Je me positionne moi, je me positionne moi, mais voilà, il y a de tout chez les graphistes, et certains vont puiser dans les banques d'images. pour faire des logos, ce qui aussi explique qu'il y a des logos qui coûtent très très peu cher. Parce que prendre une image, mettre un texte en dessous, c'est cinq minutes. Il n'y a pas de travail par rapport à ça. Donc, pour en revenir à l'IA, l'IA ne génère jamais deux fois la même image. Il y aura toujours une petite différence. Mais on voit bien dans les affiches, dans le propos qu'on a eu tout à l'heure, que tout se ressemble. et elle va... créer des logos avec des courbes, des gradés. C'est plus sur l'aspect graphique que sur la forme graphique. Ça va être pareil. Et on va retrouver les mêmes stigmates que dans les affiches qui s'uniformisent. Les logos vont aussi s'uniformiser par des ombres, des reliefs qui vont au final... Les affiches, il n'y en a pas deux pareilles, mais elles se ressemblent toutes. Là, les logos, en fait, c'est le même schéma.
- Speaker #0
Ils sont en train de standardiser. Et ? Et le pire,
- Speaker #1
c'est que j'ai des clients qui vont me dire « Oui, mais ça ne ressemble pas à l'IA ce que vous faites. »
- Speaker #0
Oui, alors on a une anecdote par rapport à ça.
- Speaker #1
Mais ça, on va me dire « Mais vous n'êtes pas dans le move parce que vous faites des choses qui ne ressemblent pas à l'IA. » Ça, j'ai déjà entendu. Donc là, je me dis « Après, tout le monde ne peut pas être mes clients. » C'est à moi aussi de mettre des limites, dire voilà, à un moment, je dis stop, et je choisis mes clients pour faire ce qui me parle. Je ne vais pas commencer à faire de l'IA. C'est sûr qu'un logo qui est créé dans l'IA, il n'est pas vectoriel, il n'est pas utilisable partout, il n'est pas modifiable, il n'est pas... C'est très compliqué. Et voilà, on n'a pas un support technique. liables. Donc moi, c'est à moi aussi de mettre des limites. Après, les gens, ils font ce qu'ils veulent. S'ils veulent faire leur logo dans l'IA, il n'y a pas de souci. Ça ne me convient pas. Chacun se positionne là où il veut. Donc moi, j'essaie de travailler avec des gens qui ont une demande qui correspond à ce que je peux faire.