Speaker #1Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Carpe Diem ICO, le pouvoir des mots. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un slam que j'ai écrit très récemment et qui s'appelle Lali. Ce texte a été écrit en une vingtaine de minutes à peine, un soir, en pensant à Grand Corps Malade. J'avais une certaine musicalité dans la tête, une façon anti-rythme, ces phrases. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est arrivé comme ça. Et la première phrase, comme un cri poétique, j'avais dans la tête de son passé décomposé à son futur imparfait. Donc je partais de quelque chose de triste pour moi. Et avec un avenir qui n'était pas forcément serein non plus. Et là, tout s'est enchaîné. Donc c'est ça parfois le pouvoir des mots. Franchement, ils ne demandent pas la permission, ils écrivent tout seuls en fait. Ils débarquent comme ça, ils s'imposent. Et moi, je les écris. Et là, Ali est arrivé comme un cri. Le prénom est arrivé quand j'ai eu besoin d'une rime. C'est vraiment une voix parmi tant d'autres. Une jeune fille en haut d'une tour, dans un quartier qu'on regarde souvent du haut. sans jamais y poser les pieds. Une élève sérieuse, parfois invisible, une ado qui doute, mais une ado qui se bat.
Speaker #1les résultats du bac vont bientôt tomber. Parcoursup s'est passé, et c'est ce que vivent certains jeunes aujourd'hui. C'est à la fois l'espoir d'une porte qui s'ouvre, et puis aussi la violence de celles qui se referment. C'est ça, Parcoursup. Franchement, ça peut être... terriblement génial comme terriblement violent. Moi, j'ai eu deux enfants, j'ai connu que des refus pour le premier, avec des places qui se sont libérées ensuite. Et là, plusieurs acceptations pour ma seconde. Donc, c'est vraiment le hasard. Je ne sais pas quels sont exactement les critères qui sont pris en compte. Je sais quand même que le dossier scolaire, ça compte quand il est bon, quand les appréciations sont bonnes. Et puis, du coup, je me suis aussi un petit peu inspirée d'une histoire personnelle. Et la liée est arrivée comme ça. Comme j'ai fait une fille des quartiers, je me suis dit qu'elle allait avoir la sorbonne. Je ne sais pas, dans ma tête, ça sonnait comme une évidence, en fait. Et puis pour elle, c'était un début. Le fait qu'elle ait la sorbonne, ça ne lui permettait pas de sortir complètement de son quartier. Mais quand même un petit peu, en fait. Elle pouvait s'évader quelques heures par jour et montrer que ce n'était pas une fin en soi d'habiter dans un quartier. Ce n'était pas une fin en soi de manquer d'argent. Ça n'empêchait pas de continuer et d'essayer d'atteindre vos rêves. Donc ce slam, c'est vraiment un hommage à la ténacité, à dire que ceux qui travaillent, même dans l'ombre, ceux qui ne sont pas pistonnés, ceux qui ont... pas de réseau, ce qu'on pense parfois un peu moins bien né que certaines autres personnes, peuvent y arriver et peuvent s'accrocher. C'est vraiment ça que j'avais... C'est ça que j'avais envie d'écrire en fait et j'espère que c'est ça que j'ai réussi à transcrire à travers ce slam. Quand vous m'écoutez aujourd'hui, s'il y a quelqu'un d'entre vous qui a eu cette impression d'avoir été un oublié de Parcoursup, il faut aussi savoir une chose, c'est que votre avenir n'est pas défini par cette plateforme. Il y a mille chemins, mille manières de réussir. Tout le monde peut tracer le sien, j'allais dire le chien, pas du tout le sien. Et encore une fois, ce n'est pas une fatalité. On est vraiment dans un système où c'est le bac et après, Parcoursup décide pour nous. Mais on dit bien que tous les chemins mènent à Rome. Ça veut dire que si on se donne les moyens, on peut y arriver. Et on n'a pas non plus besoin d'avoir un parcours scolaire ultra brillant pour réussir. Ça, c'est un autre point sur lequel je voulais insister. C'est-à-dire que c'est vrai qu'on parle du bac, qu'on parle des grandes écoles, mais vous pouvez très bien réussir en ayant pris une filière technologique, en ayant fait un CAP, faire un métier, ce qu'on appelait avant les vrais métiers, mais un métier de vos mains, les métiers artisanaux, qui à mon sens ne sont pas assez valorisés. Et là, je bifurque un petit peu, mais vous savez, pour ceux qui me suivent sur mon autre podcast qui s'appelle Innovart Business, La multipotentialité au cœur de l'entrepreneuriat. Vous savez combien l'entrepreneuriat me tient à cœur. Et c'est là qu'on voit, moi j'ai une association de femmes entrepreneurs, et on voit la force de toutes ces personnes qu'elles mettent dans leur entreprise. Et ce n'est pas le parcours qu'elles ont pris au départ. C'est souvent une cassure qui a été faite autour des 35 ou 40 ans. Donc c'est un premier parcours, le parcours sup, les études, c'est un premier parcours. Ça ne veut pas dire que vous serez enfermé dans cette vie-là pour toujours. Donc, si vous avez les études que vous avez envie, tant mieux. Si vous ne les avez pas, eh bien, l'année n'est pas perdue. Vous pouvez aussi faire une année de césure, par exemple, prendre le temps de réfléchir, faire autre chose, commencer une autre formation et vous repositionner l'année prochaine. Généralement, vous êtes encore jeune et rien n'est perdu. Donc, c'était ça, ce texte Lali qui est arrivé. Peut-être cette envie d'expliquer un petit peu ce que quelqu'un peut ressentir. Et puis, vous dire que parfois, on ne réfléchit pas. C'est-à-dire que moi, les mots se sont vraiment alignés. Ils ont coulé. Je n'ai pas eu le temps, mais je crois sincèrement qu'il faudrait que je me filme, en fait, quand ça vient comme ça. Parce que la première phrase était évidente. et c'est comme si mon... Mon stylo écrivait tout seul. Ça peut paraître un petit peu bizarre de dire ça. J'ai fait un retrait créatif, un stage d'écriture avec l'auteur Karen Ponte il y a quelques temps. Et elle disait une phrase qui est très très juste. Elle disait quelque chose, c'était que parfois ces personnages vivent leur propre histoire. Comme si les personnages décidaient eux-mêmes de ce qu'ils allaient faire. Donc, ça peut vous paraître bizarre en disant, ben non, il y a un écrivain derrière, c'est l'écrivain qui décide. Mais je suis assez d'accord avec elle. Quand j'écris un livre, parfois, il y a une caractéristique qui s'impose, il y a un chemin de vie qui s'impose. Et ben là, c'est pareil. En fait, tout s'est imposé, tout a coulé. Et c'est pour ça que je trouve que c'est intéressant de parler de la genèse du texte, parce que là, je n'ai pas eu le temps de réfléchir. Parfois il y a un peu de mal. thème, j'emploie, je prends des mots, je cherche un champ lexical. Pas du tout. J'avais une phrase, encore une fois, je vous le dis, j'entendais, je ne sais pas pourquoi, mais la voix de grand corps malade dans ma tête. Et c'est parti. Et ça a été très rapide. Je trouve que c'est magique. C'est ça aussi, la beauté des mots. Donc, c'est tout pour aujourd'hui. Je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Bonne journée.