- Speaker #0
J'espère que c'est pas un test de culture générale, les gars, j'ai que mon bac. J'ai pas fait d'études. Est-ce qu'il t'arrive d'écrire entre les lignes ? Il faut que je réponde à cette question.
- Speaker #1
Elle est trop dure, les questions.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'arrive d'écrire entre les lignes ? Alors, c'est à moi d'interpréter cette question, parce que ça peut être plein de réponses différentes. Ah, ça peut être plein de choses. Alors,
- Speaker #1
par rapport à toi, qu'est-ce que tu dirais ?
- Speaker #0
Écrire entre les lignes... Non, attends, il faut que je prenne un temps de réflexion. Est-ce qu'il t'arrive d'écrire entre les lignes ? Est-ce que, moi je le prends un peu, est-ce que je fais des messages un peu cachés ? Est-ce que j'ai des choses à dire ?
- Speaker #1
Ça peut être ça, ouais.
- Speaker #0
D'une manière implicite. Est-ce que j'ai des désirs dans mon écriture ?
- Speaker #1
Ouais. Quand tu sors Les Vieux, par exemple. Est-ce qu'il y a quelque chose entre les lignes ?
- Speaker #0
Entre les lignes, c'est une histoire... En fait, une chanson, j'ai l'impression qu'elle a le sens qu'on veut lui donner et que le... qu'on aimerait que le public comprenne. Et c'est marrant parce qu'on a l'impression de maîtriser ce truc-là, alors qu'en fait, des fois, tu peux écrire une chanson qui parle d'un truc très précis, tu sais exactement de quoi ça parle, et en fait, le public le reçoit d'une manière complètement différente.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ça, c'est trop beau, c'est la seconde vie, donc il faut lâcher le bébé. Là,
- Speaker #1
on est entre les lignes, du coup.
- Speaker #0
Oui, on est entre les lignes. Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
On a trouvé.
- Speaker #0
Donc oui, mais du coup, on ne maîtrise pas forcément ce entre-lignes. Donc sans le vouloir parfois oui on peut écrire entre les lignes mais du coup c'est pas moi qui l'écris, c'est celui qui écoute.
- Speaker #1
C'est ça, on en vient là. Finalement on a trouvé la réponse et elle était belle cette réponse en fait.
- Speaker #0
Trop chou.
- Speaker #1
Et bien allez, on lance le jingle, c'est parti. Bonjour Lise.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Et bien ça va, je suis arrivée de Marseille ce matin, j'ai bu trois cafés donc ça va très bien.
- Speaker #1
T'as vu trois cafés ? Bon, ça va alors.
- Speaker #0
Je suis censée être en forme.
- Speaker #1
Ouais, je pense que là, avec la caféine, tout va bien. Oui,
- Speaker #0
peut-être un peu trop.
- Speaker #1
Un peu trop ? Bon, on va démarrer le concept de Caridas. Il est simple. T'as pu le voir déjà avec une première question derrière une carte juste avant. Tu vas avoir des cartes avec des personnages dessus. Des fois, t'auras le choix. Des fois, t'auras pas le choix.
- Speaker #0
Tout à l'heure,
- Speaker #1
t'avais pas le choix. Là, dans un petit moment, t'auras le choix. Ouais. T'as un joker qui se cache juste là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu pourras le prendre quand tu veux. Celui-ci, en fait, il est là pour couper l'interview. Pas forcément pour une question que tu sais pas répondre. C'est juste tout d'un coup, t'as envie de casser le truc, hop on prend le joker.
- Speaker #0
Ok, ça marche.
- Speaker #1
Voilà, juste ça, il y a un petit truc un peu plus fun derrière, c'est tout.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, le roi jaune je te dirais quand le prendre tout à l'heure, et on a le cupidon, pareil, je te dirais quand le récupérer.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu as devant toi le roi rouge et le roi bleu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Les deux là. On part sur lequel pour commencer ?
- Speaker #0
Le roi bleu.
- Speaker #1
Eh ben vas-y, je te laisse prendre la carte et répondre à la question qui est derrière. La lire aussi.
- Speaker #0
Ça fait quelle sensation quand au fond de toi ça explose ? Eh ben, ça s'effondre.
- Speaker #1
Effectivement, c'est pas bon quand ça explose. Parce que l'explosion,
- Speaker #0
ça part très en haut, mais après il faut que les morceaux qui éclatent en haut retombent sur terre à un moment.
- Speaker #1
Ah ça, il y a pas le choix.
- Speaker #0
Après, ça dépend dans quel contexte.
- Speaker #1
Je vais aller chercher dans un de tes textes.
- Speaker #0
Ah, au fond de moi, ça explose.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est dans le folle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Eh ben, qu'est-ce que ça fait quand ça explose ? Mais... Il y a beaucoup d'appréhension, là en l'occurrence ça fait référence à une chanson que j'ai sortie qui s'appelle Folle et qui parle de la limite qui est fine entre la raison et la folie et c'est vrai que j'ai parfois des moments où ça explose et j'ai une peur viscérale de perdre ce qu'on appelle la raison même si c'est difficile de définir ce que c'est la raison, en tout cas quand on n'est pas psy ni psychiatre
- Speaker #1
Mais qu'est-ce que c'est la raison ?
- Speaker #0
Justement, c'est Ça se rapproche à un visage social, ça se rapproche à un comportement social qui est socialement accepté. Et puis quand on en sort, c'est plutôt chez nous. Moi par exemple, j'essaye quand je suis en société, comme la plupart d'entre nous, de me faire accepter. Donc forcément je réponds à des normes sociales. Mais quand je suis chez moi, je me prends parfois à m'inquiéter sur ma raison et sur l'équilibre de mon mental. Et d'où l'écriture de cette chanson.
- Speaker #1
De cette chanson. Et là, si on rentre sur ta personnalité, comment tu te définirais ? T'as l'air toute joyeuse là, t'as l'air toute...
- Speaker #0
De ce que j'en connais pour l'instant. Parce que je pense que la description que j'avais de moi-même il y a deux ans n'est pas la même que celle que j'ai aujourd'hui. Et j'espère que dans quatre ans, je me définirais autrement encore. Parce que j'espère grandir et pas devenir une vieille conne.
- Speaker #1
C'est pas l'objectif.
- Speaker #0
C'est pas l'objectif. Mais je me définirais comme une personne constamment en recherche de qui elle est, constamment en recherche du bonheur, comme je pense la plupart d'entre nous, et d'un but qui me rendrait heureuse. Donc des fois je suis heureuse, des fois je ne le suis pas, des fois je suis folle, des fois je ne le suis pas. Je pense que je suis un peu instable. mais qu'éco-socialement je tiens la barre donc c'est cool.
- Speaker #1
Et si on rentre un peu plus à l'intérieur de toi, comment est ton enfant intérieur ?
- Speaker #0
Oulala, il y a un enfant... Mon enfant intérieur je crois qu'il est bien présent et je crois que c'est du fait du métier que je fais, j'ai la chance d'être artiste et je crois que cet enfant intérieur, pour moi l'enfant intérieur je définirais comme une curiosité. Une ouverture au monde que parfois l'adulte perd. Je parlais de la vieille conne tout à l'heure. La vieille conne, je trouve, c'est quand on laisse l'enfant intérieur s'étouffer, ne plus être curieux et se dire, j'ai compris des choses, j'ai plein de principes et mes idées n'évolueront plus. Et donc j'espère encore être un enfant là-dessus.
- Speaker #1
Donc en fait, pour ne pas être cette vieille conne, comme tu dis depuis tout à l'heure, il faut rester un enfant.
- Speaker #0
Oui, je pense. Et avoir une ouverture au monde et une curiosité.
- Speaker #1
Et l'enfant que tu étais ? Il est toujours là à l'intérieur de toi ?
- Speaker #0
Oui je pense.
- Speaker #1
Il était comment cet enfant ?
- Speaker #0
L'enfant il était très hors-sol. Je me rappelle avoir compris les traits dans la lune. Je me rappelle quand j'étais petite j'avais peu de notions rationnelles. J'ai compris très tard la notion de l'espace, la notion du temps. Je ne comprenais pas pourquoi j'étais sur Terre. Une de mes plus grosses questions, c'était je ne comprenais pas la raison de la vie. Alors, je n'exprimais pas de cette manière-là. Je n'étais pas une enceinte prodige. Mais du moins, je ne comprenais pas ma présence dans le monde. Et c'était quelque chose de terrible pour moi.
- Speaker #1
Comment tu as compris tout ça, du coup ?
- Speaker #0
Je ne l'ai toujours pas compris. Et je pense que ce qui aide, c'est le fait d'accepter de ne pas savoir pourquoi on est là.
- Speaker #1
Et si l'ise-enfant se mettait à côté de toi ? Tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
Je lui dirais qu'être adulte c'est une tannée, donc qu'elle profite de son statut d'enfant et qu'elle ne surestime pas les adultes.
- Speaker #1
Pourquoi c'est une tannée d'être adulte ?
- Speaker #0
C'est des responsabilités qu'on ne comprend pas, en tout cas moi que je ne comprends pas forcément. Il y a plein de responsabilités que j'ai du mal à saisir et des enjeux que j'ai du mal à saisir en tant qu'adulte. C'est bête mais je parle de l'administratif, je parle de... Trouver un but de vivre. Quand on est enfant, on n'a pas de but. On profite du présent, on est profondément dans le présent, on se projette très peu dans le futur. Même si on répète qu'on a trop envie d'être grande, qu'on a trop envie d'être... On a tous des métiers et des rêves et des choses, mais on idéalise tout ça, c'est pas concret. Quand on est enfant, l'adulte c'est une autre espèce. Moi je me rappelle quand j'étais enfant, les adultes ils faisaient pas partie de mon espèce. Mon papa, ma maman certes, mon grand-père, ma grand-mère, mais pour moi on ne faisait pas partie du même monde. Du coup, l'adulte, j'ai un peu perdu le fil, mais ouais, c'est une tannée.
- Speaker #1
Par rapport à cette tannée d'adulte, est-ce que l'insouciance de l'enfance te manque du coup ?
- Speaker #0
Ouais, beaucoup.
- Speaker #1
T'essaies de le mettre dans ta musique tout ça ? Pas forcément l'enfance, mais ce côté insouciance, ce côté...
- Speaker #0
Ça dépend les sujets traités. Ça dépend les sujets traités. Mais dans mes chansons, oui, parce qu'il y a une curiosité de comprendre. En vrai, quand j'aborde un sujet dans mes titres, généralement, quand je sais de quoi je veux parler, le fait d'écrire la chanson me permet de comprendre la chose dont je veux parler. Par exemple, La Folie, quand j'ai écrit cette chanson sur La Folie, qui est une chanson très simple, sans prétention, je l'aime beaucoup, mais du moins j'ai voulu parler de ça, mais je ne savais pas ce que c'était. C'est en écrivant cette chanson que j'ai commencé à comprendre certaines choses, je me pense sur quelque chose. Donc dans le processus artistique, il y a une curiosité qui est due à l'enfant. Donc l'enfant est toujours là quand il écrit une chanson parce qu'on est curieux de découvrir des choses.
- Speaker #1
Et entre cette chanson, tu parles de Folles, il y en avait eu d'autres avant. Comment tu vois cette évolution entre ces premières chansons que tu as pu faire et les vieux que tu as sortis dernièrement ?
- Speaker #0
Peut-être.
- Speaker #1
Parce qu'il y a du changement quand même.
- Speaker #0
Oui, il y a du changement de sujet parce que je suis partie d'un truc qui était auto-centré, où je parlais de moi, où j'étais dans l'introspection. Et là, les vieux, je parle de quelqu'un d'autre que moi-même. Donc il y a une évolution dans ce sens-là.
- Speaker #1
Il y a une différence ? Sur la suite, il y aura aussi ce genre de choses ou ça va reparler de toi du coup ?
- Speaker #0
On parle toujours un peu de soi. Un peu, hein ? Toujours. Après, c'est difficile d'être objectif. Je pense que quelqu'un d'extérieur saura mieux répondre à cette question. C'est difficile d'être objectif sur son propre travail.
- Speaker #1
Ah tiens, on va parler d'amour avec le Cupidon.
- Speaker #0
Oh my god.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous voulez savoir mes échecs ?
- Speaker #1
Ah, il y en a des échecs ?
- Speaker #0
Ouh là là. Que veut dire l'amour pour toi ? L'amour c'est une dépendance aux autres C'est paradoxal parce que je fuis la dépendance Parce que je trouve que la dépendance Alors l'amour ça peut être l'amitié Là je parle de l'amour couple Je fuis la dépendance dans le couple Parce que je trouve que c'est malsain Mais en même temps on a besoin de l'autre Et on a besoin d'amour pour vivre Donc c'est chercher l'indépendance dans la dépendance C'est compliqué C'est un peu compliqué là par contre C'est ça Oui. Donc l'amour, c'est un casse-tête.
- Speaker #1
C'est un casse-tête.
- Speaker #0
C'est indispensable,
- Speaker #1
mais c'est un casse-tête. Voilà. Beau résumé, belle définition. On va passer à la reine qui se regarde dans le miroir pour terminer cette première partie.
- Speaker #0
Ok. Mais finalement, qui es-tu ? Je suis une jeune femme qui cherche sa place dans le monde, qui cherche une utilité aussi, dans le monde. Et voilà
- Speaker #1
Il y a eu la réponse tout de suite A la question Finalement qui es-tu, la réponse elle est arrivée tout de suite J'ai d'autres invités à chaque fois ils réfléchissent Mais finalement, qui je suis Et là toi direct
- Speaker #0
Même quand on meurt on sait pas Qui on est jusqu'au bout Parce qu'on est tellement plein de choses On est ce que les gens disent de nous On est ce qu'on voudrait être mais qu'on est pas On est plein de choses différentes Et je pense que le but de la vie C'est de trouver qui on est Merci. Et en fait, à mon petit âge, je ne peux pas, c'est difficile de répondre hyper précisément, je trouverais ça même bizarre qu'au d'un coup je te décrive exactement qui je suis. Voilà,
- Speaker #1
je suis, voilà.
- Speaker #0
J'espère que je serai une personne différente dans deux ans.
- Speaker #1
C'est possible.
- Speaker #0
Ouais. Donc je suis en recherche.
- Speaker #1
Eh ben, en recherche. On va passer du coup maintenant à une partie où on va parler beaucoup plus de ta musique, même si dans ta personnalité il y a ta musique aussi, avec la reine jaune ou la reine rouge ?
- Speaker #0
La reine rouge.
- Speaker #1
Ah, allons-y. Ah, tout à l'heure t'as pris le bleu. Oui. Ouais.
- Speaker #0
J'adore le bleu. Comment c'était d'avoir tout le temps du monde ? En fait, je suis censée encore l'avoir tout le temps du monde, mais du coup, on revient à l'enfant. Comment c'était d'avoir tout le temps du monde ? C'était beaucoup moins dangereux, c'était beaucoup moins stressant. C'est quand je considérais que j'avais tout le temps devant moi pour construire les choses, pour vivre la vie comme elle est, pour m'amuser. Ça faisait du bien.
- Speaker #1
Mais du coup, t'en as encore plein du temps.
- Speaker #0
Ben oui, il faut que je me dise ça. Et c'est vrai que j'ai toujours très peur du temps qui passe. J'ai pas peur de vieillir, parce que je trouve que c'est un privilège de vieillir.
- Speaker #1
Et pourquoi t'as écrit ça dans les vieux ? Parce que ça vient de la chanson Les Vieux
- Speaker #0
Je demande à un vieux dans la chanson Comment c'était d'avoir tout le temps du monde Je demande à quelqu'un à qui il reste peu de temps à vivre C'est un peu le concept de la chanson Je lui demande comment c'était quand t'avais tout le temps de vivre devant toi Donc sous-entendu c'est comment c'est aujourd'hui Quand il te reste peu de temps à vivre Parce qu'en fait on demande rarement ça aux vieux Je trouve qu'il y a la... La mort est un tabou, beaucoup, dans le monde occidental.
- Speaker #1
Et avant d'écrire ça, tu t'es renseignée un peu ou pas ?
- Speaker #0
Sur la notion du temps qui passe ?
- Speaker #1
Du temps qui passe, peut-être en allant discuter avec des personnes âgées ou je ne sais pas.
- Speaker #0
Non, je me suis peu... Après, j'ai la chance d'être très proche de mes grands-parents.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et en fait, ce qui a... Je l'expliquais tout à l'heure, ce qui a... Ce qui a provoqué, inspiré cette chanson et cette question aussi forcément, c'est avant d'écrire Lévi, en fait ce qui a provoqué cette chanson, c'est que je me baladais dans Marseille et j'étais très pressée, j'étais très stressée, je me posais plein de questions sur ma carrière, est-ce que je vais réussir, est-ce que j'ai le temps pour tout faire, est-ce que ça va marcher pour moi, etc. Et j'étais très stressée alors que c'était un jour off où j'avais aucune responsabilité. Hormis me poser des questions sereinement. Et je tombe devant l'Opéra de Marseille sur une petite placette où il y a des vieux, des très vieilles personnes qui dansent le tango. Et elles avaient l'air hyper heureuses, elles avaient l'air beaucoup plus jeunes dans l'attitude que moi. Et elles avaient l'air très insouciantes et elles dansaient, elles se comportaient comme s'il leur restait des années et des années à vivre devant elles alors qu'elles étaient très vieilles encore. En fait, concrètement, elles avaient moins de temps à vivre que moi. Et je me suis rendue compte que j'étais beaucoup plus pressée et que j'avais moins en tête l'instant présent et la sérénité qu'elles. Et ça m'a fait un peu réfléchir.
- Speaker #1
Et aujourd'hui, est-ce que tu as le temps ?
- Speaker #0
Je suis censée l'avoir, mais je n'arrive pas à me convaincre.
- Speaker #1
Mais pourquoi tu n'arrives pas à te le convaincre ?
- Speaker #0
Il y a plein de stress et de choses qui provoquent cette angoisse. Est-ce que la première c'est quand on veut réussir dans l'industrie musicale, on se dit vaut mieux avoir 18 ans, j'ai plus 18 ans. Je suis pas vieille mais c'est ce stress là, je suis une femme dans l'industrie, est-ce que je vais être périmée un jour ? Est-ce qu'il faut que je sorte un banger ? dans un mois et si je ne sors pas dans un mois, je ne vais jamais réussir. Je suis toujours pressée par le temps. J'ai toujours envie que des choses se passent et je pense que la plupart des artistes c'est ça. Du coup j'ai l'impression de ne pas avoir de temps alors qu'en réalité j'en ai.
- Speaker #1
Oui, mais aujourd'hui tu le prends le temps de faire de la musique ?
- Speaker #0
Oui, je le prends.
- Speaker #1
Parce que tu sors quand même des belles chansons, donc c'est que tu as le temps de le faire.
- Speaker #0
C'est gentil, oui.
- Speaker #1
C'est gentil, c'est vrai ?
- Speaker #0
C'est vrai, je sors des chansons.
- Speaker #1
Tu n'es pas toujours toute seule sur scène aussi ?
- Speaker #0
Oui, j'ai un guitariste incroyable qui s'appelle Raphaël Berrien.
- Speaker #1
Je parle aussi d'un violon.
- Speaker #0
Ah pardon. Mais non mais j'en parle aussi. Oui, parce que ce sont les musiciens dont on est rien les chanteurs. Oui, j'ai un violon sur scène. Parce que de base, moi je ne suis pas chanteuse du tout. J'ai commencé par le violon avec mon grand-père.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et il m'a beaucoup... C'est le violon et mon grand-père qui m'ont fait monter sur scène. On revient sur les vieux, du coup. On revient sur les vieux. Parce que la chanson parle aussi de ce grand-père-là que j'ai perdu il y a un an maintenant. Et la chanson parle de ça aussi. Et elle parle du questionnement envers cette personne très importante dans ma vie.
- Speaker #1
T'avais besoin d'en parler ?
- Speaker #0
Je sais pas si c'était un besoin, c'était... Plus une évidence. Généralement, quand on écrit une chanson, c'est un sujet qui nous travaille et qui est omniprésent. Et du coup, c'est l'inspiration facile et qui fait du bien.
- Speaker #1
Je voyais le besoin aussi pour le besoin de s'exprimer et de parler, du coup. De le dire, de le chanter.
- Speaker #0
C'est ce besoin-là. Ça part toujours d'un besoin, je crois. Même les sujets... Parce que là, du coup, c'est un sujet grave pour moi et important pour moi. Et donc forcément, c'est un besoin. Mais après, même quand je parle de sujets beaucoup plus légers, ça reste un besoin aussi. Tout le monde a besoin de parler. Et là, il se trouve que j'ai le privilège énorme de pouvoir... M'exprimer à travers des chansons et qu'en plus les gens m'écoutent, en vrai c'est un truc de dingue.
- Speaker #1
Mais c'est ça qui est trop bien. Bah oui, et heureusement qu'ils t'écoutent.
- Speaker #0
Mais c'est fou en vrai.
- Speaker #1
Bah oui. Comment c'est de voir changer le monde ?
- Speaker #0
De voir changer le monde ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que je pense que tu le vois aussi. Bah ça fait du bien, et des fois ça fait peur. Parce qu'il y a des avancées.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et ça c'est merveilleux. Et puis il y a des... Le monde parfois change pas comme on le voudrait, donc ça fait peur.
- Speaker #1
Et t'as une certaine sensibilité, le monde il te fait pas peur du coup ? Avec ta douceur ?
- Speaker #0
Je crois pas. Je crois pas qu'il me fasse peur. Je suis stressée, mais paradoxalement, j'ai une grande confiance au monde. Il a pu m'arriver des choses tristes, mais comme tout le monde. Mais je suis encore là, je suis vivante. avec le sourire ça fait grandir c'est ce qu'il faut au fond de toi ça explose toujours ça explose toujours ça explose il t'arrive de ressembler à qui tu aimes ? je vais aller chercher ça dans le fol aussi oui je crois ouais parce que quand j'ai forcément des exemples de personnes que j'aime comme Et forcément on a envie de ressembler à ces exemples, c'est le principe d'un exemple.
- Speaker #1
C'est normal.
- Speaker #0
Donc oui ça m'arrive de ressembler à des personnes que j'aime et des choses que j'aime.
- Speaker #1
Et une autre de tes chansons que j'avais mis de côté, que j'ai bien aimé, et si je te dis es-tu une reine ? Ben oui !
- Speaker #0
On est nos propres reines.
- Speaker #1
Pourquoi tu es une reine alors ?
- Speaker #0
Parce que je règne sur mon royaume. Mon modeste royaume.
- Speaker #1
Ton royaume à toi ?
- Speaker #0
Je suis actrice de ma vie. Je l'essaye du moins.
- Speaker #1
Et il se passe quoi dans ton royaume du coup ?
- Speaker #0
Il se passe...
- Speaker #1
Beaucoup de choses.
- Speaker #0
Oui, ben oui. Pas plus qu'un autre je crois. On a tous nos enjeux, nos histoires.
- Speaker #1
Ah quand même !
- Speaker #0
Oh si, il se passe plein de trucs !
- Speaker #1
On passe à la reine jaune qui est la salle à tiens. C'est une exception, normalement on prend pas les deux mais allez, j'ai envie.
- Speaker #0
T'as vu comment tu t'énerves ? Eh ben j'ai un rapport avec la colère qui est assez particulier. C'est très rare que je me mette en colère.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ah bah pour le coup j'ai peur de la colère.
- Speaker #1
T'as peur de la colère ?
- Speaker #0
Ouais, j'ai peur de la colère.
- Speaker #1
Pourquoi tu as vu comment tu t'énerves ? Tu t'adresses à quelqu'un ?
- Speaker #0
Oui, c'est t'as vu comment tu t'énerves, comment tu réagis aux choses, t'as vu comme t'es pressée, comme t'as envie d'extrême, alors qu'en fait, il y a la simplicité qui est là et qui peut te rendre heureuse. C'est un peu ça le sous-titre.
- Speaker #1
Mais comment tu la gères ta colère ? Parce qu'il doit t'arriver d'être en colère.
- Speaker #0
En fait, c'est bizarre parce que ça m'arrive d'être très en colère. Mais en fait du moment où je me rends compte que je suis en colère, c'est comme si je l'intellectualisais et du coup l'émotion descend, c'est l'intellect qui prend le dessus. Et du coup c'est comme si je faisais un choix à un moment de laisser aller cette colère ou de rentrer dans le rationnel. Alors il y a des fois où j'y arrive pas, mais c'est très rare. Pour me faire sortir de mes gonds c'est très rare. Ça m'est arrivé.
- Speaker #1
Il faudrait quoi ?
- Speaker #0
Je ne sais pas si vous pouvez trouver un exemple pour le faire. De l'absurdité, de la bêtise extrême. De l'injustice de ouf ou une provocation. Et puis aussi, il y a les hormones. C'est vrai qu'en SPM, je m'énerve bien plus rapidement. Mais c'est bien aussi. Ça remet en lumière des choses que souvent on étouffe. Et c'est bien parfois de laisser exploser les choses. Mais il m'en faut beaucoup.
- Speaker #1
On ne va pas dire qu'une femme s'énerve plus souvent quand même.
- Speaker #0
Non. Mais puis l'avantage quand on a des changements d'humeur et quand les hormones nous font travailler, c'est qu'on est obligé d'avoir une certaine introspection. Donc en effet, ça nous crée une instabilité, mais qui nous oblige à nous analyser et à nous maîtriser. Ce qui fait que potentiellement on s'énerve moins parce qu'on est obligé d'être dans l'introspection et on est obligé d'apprendre à se connaître. Et ça, je trouve que c'est un avantage d'être une femme pour ça. L'instabilité est un réel avantage parce que ça provoque l'intelligence aussi.
- Speaker #1
J'écoute attentivement. On va passer aux as.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Le bleu ou le rouge ?
- Speaker #0
Le bleu.
- Speaker #1
On repasse sur le bleu. Oui. Et bien allez.
- Speaker #0
T'es téléportée dans une autre époque, laquelle ? Un de mes plus grands fantasmes, c'est de revenir, et vraiment j'adore m'imaginer des scènes tout le temps, je parle grave toute seule très souvent, et un de mes trucs qui me revient, que j'adore, c'est que je m'imagine revenir au collège.
- Speaker #1
Au collège ?
- Speaker #0
Ouais, genre ou petite école, avec mon cerveau d'aujourd'hui, mon expérience d'aujourd'hui, c'est comme si vraiment demain matin je me réveillais et que j'ai 12 ans et je suis au collège, mais avec mon moi d'aujourd'hui.
- Speaker #1
C'était une bonne époque ?
- Speaker #0
Non, mais du coup, c'est justement un peu la revenge. C'est avec le cerveau et ce que j'ai compris aujourd'hui et le recul que j'ai aujourd'hui Comment je ferais ? Je parlerais trop mal aux profs, je leur dirais j'en ai rien à foutre Et tous vont faire foutre
- Speaker #1
Parce que t'étais gentille à l'école ?
- Speaker #0
Ouais j'étais très sage, j'étais une très bonne élève Du coup là tu voudrais faire le contraire en fait Bah oui parce que j'aurais beaucoup moins peur Parce que j'étais pas bonne élève par passion Ce que j'apprenais me passionnait pas, j'avais 12 ans j'en avais rien à foutre Aujourd'hui je pense que j'aurais plus de passion de suivre les cours de collège que quand j'avais 12 ans Mais j'apprenais par peur de l'autorité. Je n'apprenais pas par plaisir.
- Speaker #1
C'est pour ça que le bac ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce qu'après, c'était trop...
- Speaker #0
Parce que j'ai un peu pété un câble. Non, je voulais me lancer dans des études d'art appliqué. De base. J'avais été prise dans une prépa. Et c'est juste qu'à un moment donné, j'ai pété un boulard. Et je suis partie en caravane. Dans une compagnie itinérante sous un chapiteau. Et j'étais saletain banque pendant quelques années.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc j'ai un peu tout lâché.
- Speaker #1
C'est bien aussi.
- Speaker #0
C'était grave cool. Je le referai pas mais c'était grave cool.
- Speaker #1
Et la musique elle est arrivée quand dans tout ça du coup ?
- Speaker #0
Elle a toujours été présente. Toujours été là ? Toujours ouais. En fait j'ai commencé tôt, j'avais 7 ans, quand j'ai demandé à mon grand-père de m'apprendre le violon. Et après c'est lui qui m'a amenée sur ma première scène dans le néo-folk, le trad. Et je joue avec lui, avec des petits vieux de 70 ans.
- Speaker #1
Encore des vieux ?
- Speaker #0
Encore des vieux. Mais les vieux nous apprennent beaucoup. De leur plein gré, ou malgré eux, ils nous apprennent beaucoup. Et donc ça a toujours guidé mes pas, quoi. Tout le temps. Et après, dans la compagnie, je faisais de la musique aussi. J'ai beaucoup joué dans la rue. J'ai eu un groupe uniquement d'instrumentales qui m'a fait beaucoup voyager. J'ai toujours été dictée par la musique.
- Speaker #1
Et ça t'a fait du bien ?
- Speaker #0
Ah ouais, c'est peut-être extrême de dire ça un peu ouin ouin, mais ça m'a sauvé de ouf. Ça m'a sauvé de ouf, ça m'a donné un but. Un but et une raison d'être là, quoi.
- Speaker #1
C'est trop bien. Bah oui. Tiens, t'as pas pris le joker. Moi, je comprends.
- Speaker #0
Alors, oh my god. Acapela.
- Speaker #1
Est-ce que t'en es capable ?
- Speaker #0
Ben oui, je suis censée en tout cas.
- Speaker #2
Je suis censée en être capable. Qu'est-ce que je pourrais chanter ?
- Speaker #1
Ce que tu veux.
- Speaker #2
Puisque t'es vieux, tu as sur ton visage mis le chemin d'avant, vestige d'un autre temps. Puisque tu peux parler avec tes yeux D'un monde où je n'étais pas Apprends-moi, t'étais là-bas Comment c'était d'avoir tout le temps du monde ? Est-ce que t'étais comme moi quand tes Ausha se comptent ? Et je te vois danser comme s'il restait mi- mille ans encore pour exister bien avant de virer de bord le temps file si on le laisse partir sans nous malhabile qui se presse tu as tout ton temps tout ton temps
- Speaker #1
Magnifique ! Merci beaucoup !
- Speaker #0
Merci à toi !
- Speaker #1
Donc les vieux faut aller l'écouter alors ?
- Speaker #0
Ça me ferait trop plaisir que vous alliez l'écouter !
- Speaker #1
Il y a un bel extrait donc il faut aller l'écouter !
- Speaker #0
Elle m'appartient plus du tout cette chanson !
- Speaker #1
Toujours quand même !
- Speaker #0
Ouais, elle essaie bien de lâcher.
- Speaker #1
On passe à l'avant-dernière carte ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ils sont tous réunis dessus. Voici la famille.
- Speaker #0
La famille.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors, oulala. C'est hyper deep comme question. Peux-tu faire un bilan de toi du passé ? passé et que dirais-tu au toit du futur ? Ça, il faut que je fasse un bilan psy pour répondre à cette question.
- Speaker #1
C'est le but, c'est gratuit.
- Speaker #0
Peux-tu faire un bilan de toi au passé ? Je vois une jeune fille et une jeune femme qui se frotte aux extrêmes absolument tout le temps, qui a besoin de vivre des choses fortes pour se sentir vivante. Et puis, ce que je pourrais dire à ma moi du futur, c'est plutôt une question, c'est s'il te plaît, comment on fait ? S'il te plaît, dis-moi que tu as trouvé une stabilité. Dis-moi que tu as réussi. S'il te plaît, dis-moi que tu vas bien.
- Speaker #1
Le beau résumé. Vraiment. Et tiens, avant de passer à la toute dernière carte, est-ce que tu es fière de toi ?
- Speaker #0
Ouais, grave. Je suis très fière de moi. Vraiment. Ça c'est bien,
- Speaker #1
avec le grand sourire, ça c'est trop bien.
- Speaker #0
Il y a plein de choses que j'ai mal fait, mais globalement je suis très fière de moi.
- Speaker #1
Et bien passons au roi jaune qui est juste dans le coin, c'est le dernier.
- Speaker #0
Bilan de l'épisode en trois mots. Et bien c'était un jeu de cartes dont les règles étaient plutôt simples à comprendre.
- Speaker #1
Ça va alors.
- Speaker #0
Et un jeu de cartes dont les règles... Je sais pas ce que je peux dire de plus. Les questions sont intéressantes. En tout cas, c'était très chouette de répondre à ce genre de questions qui sont peu posées. Et j'ai beaucoup aimé. J'ai beaucoup aimé.
- Speaker #1
C'était des phrases, mais ça m'allait très bien. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
A suivre avec les vieux qui sont là, disponibles, et toute la suite qui va arriver.