Speaker #0Je tombe sur un contenu, et là je comprends en deux secondes. Elle a choisi un autre prestataire que moi. Pas une personne inconnue, quelqu'un à qui j'avais déjà parlé plusieurs fois, quelqu'un à qui j'avais donné des conseils, avec qui j'échange régulièrement. Et à ce moment-là, je suis tellement déçue. Rassure-moi, ça t'est aussi déjà arrivé ? Ça suffit les conneries, le podcast anti-bullshit qui pousse les indépendants à se détacher de toutes les injonctions. Ici, c'est ton business, ta communication, tes règles. Je suis Priscillia, consultante et formatrice en communication, en digitalisation et en podcast. Aujourd'hui, je te raconte comment ne pas avoir de positionnement clair m'a fait entretenir des relations pendant des mois, voire des années avec des gens qui, au moment de signer, sont simplement allés voir ailleurs. Et sur le coup... coup, ça fait vraiment mal. Tu te demandes ce que tu as loupé et tu as un peu ce sentiment d'avoir été utilisé quand même. Mais en réalité, la problématique est allée ailleurs et il faut tourner le sujet autrement. Pourquoi, alors même que tu donnais des conseils pertinents que la personne a pu même appliquer, pourquoi elle a été signée ailleurs ? Déjà, on va mettre un petit peu de contexte. Aujourd'hui, avec les réseaux sociaux, certaines relations pro ne commencent jamais par un rendez-vous commercial en bonne et due forme. Ça peut commencer par un échange informel, un message privé via LinkedIn, via Instagram, via un thread, un café visuel aussi ou parfois un événement où on se croise, on se recroise. Bref, les possibilités sont assez infinies et le cadre n'est pas tout de suite posé. On va parler de son projet, on va parler du mien et à un moment donné, elle va me poser des questions sur sa com. Moi naturellement, je vais répondre déjà parce que je suis super fiplette et aussi parce que la communication, c'est un sujet qui me passionne et je peux vraiment en parler des heures. Donc dès qu'on va me poser une question, moi naturellement je vais y répondre. Et puis ça va se reproduire. Semaine après semaine, mois après mois, elle va me tenir au courant de l'avancée de son projet. Je lui glisse un conseil comme ça de temps en temps. On dirait presque qu'on travaille déjà ensemble, sauf qu'il n'y a jamais eu de mission, jamais eu de facture, jamais eu de cadre et jamais eu de contrat. Et c'est là l'erreur finalement. Je pensais vraiment... que cette proximité-là, ça suffisait pour construire une relation de confiance qui finirait par se transformer en collaboration. Que le jour où elle serait prête, qu'elle aurait le budget, que ce serait le bon moment pour elle, elle pensera à moi. Ça me paraissait tellement logique. On se connaît, on s'apprécie. Lorsque je donne des conseils, ils sont appliqués. Elle arrive à améliorer sa communication grâce à ça. Je l'ai déjà aidée plusieurs fois. Pour moi, c'est super logique qu'au bout d'un moment, elle pensera à moi dès lors que ce sera le bon moment pour elle. Sauf que... pas du tout. Ce qui va vraiment jouer lors de ces échanges informels, c'est que moi, je suis jamais devenue, dans son esprit en tout cas, la professionnelle qu'on paye pour un problème précis. Je suis restée la copine qui s'y connaît en com. Utile, sympa, disponible, mais pas du tout identifiée comme la personne vers qui on se tourne au moment de sortir sa carte bleue. Et ça, c'est vraiment un problème. Parce que moi, je n'ai jamais posé de cadre. Je n'ai jamais dit exactement ce que je faisais. Je n'ai jamais dit exactement avec qui je travaillais, pour qui je le faisais et à quel prix. C'est resté un petit peu comme ça dans le flou en se disant que voilà, je travaille dans la com. Je suis community manager. Je suis social media manager. Je vais aider les entrepreneurs à avoir une meilleure communication. Je vais aider les entrepreneurs à ne plus se prendre la tête justement avec leur communication. On va ajuster ensemble leur stratégie pour que les résultats soient à la hauteur. de l'investissement qu'il donne. Mais pour autant, dès lors qu'il fallait payer justement cette personne-là, bah ce n'était pas dans ma poche que les sous tombaient. Donc en fait, je pense que je suis trop restée dans le flou et à ce moment-là, je pensais vraiment que le flou, c'était de la gentillesse. On me pose une question, j'ai la réponse, bon bah je la donne, je voyais pas trop où était le problème. Mais finalement, quand le moment de choisir un prestataire arrive, bah il n'y a pas de raison particulière de me choisir moi puisque aujourd'hui, on est déjà dans cet échange-là. sans qu'il y ait de transaction d'argent. Et donc, c'est comme ça qu'à chaque fois, je découvrais que c'était un autre prestataire que moi qui avait été choisi. Elle a choisi quelqu'un dont le métier, la spécialité, même l'offre peut-être, était vraiment très clair pour elle. Quelqu'un qui, en une phrase, savait dire ce qu'il faisait. Ce que moi, je ne savais absolument pas faire à l'époque. Moi, je donnais des conseils, voilà, depuis des mois. L'autre personne, elle, elle a vendu une solution clé en main et qu'elle a pu en plus facturer. Donc, elle a tout gagné. Ce que ça m'a coûté de faire ça, c'est que ça m'a fait perdre tout simplement des clients. Aujourd'hui j'en parle parce que évidemment que ça ne m'est pas arrivé qu'une seule fois. Ça arrivait suffisamment de fois pour que je finisse par remarquer le schéma. Des relations qui vont être longues, qui vont bien se passer, qui vont être chaleureuses, généreuses de mon côté, mais qui ne débouchaient jamais sur rien de concret. surtout qui se terminaient tout le temps de la même manière, parce que moi j'apprenais vraiment à chaque fois par un post ou par une story que la personne elle avait signé ailleurs, c'est-à-dire que c'est même pas quelque chose que la personne finissait par me dire, c'est vraiment je le découvrais un petit peu par hasard, et à chaque fois ça me faisait quand même un sacré pincement. Et une fois j'en parlais à une copine justement parce que j'étais déçue, parce que je me sentais mal, parce que je me dis mais je comprends pas, à chaque fois ça m'arrive, c'est pas possible en fait que ça se répète comme ça, et donc il faut que ça s'arrête. Et j'ai une copine qui m'avait dit mais est-ce que toi dans ces échanges tu lui as clairement dit justement que c'était ton métier et que tu pouvais le faire pour elle ? Et en fait je m'aperçois que pas du tout parce que comme cette relation elle était un petit peu biaisée entre pro, amical, je savais pas trop sur quel pied danser, évidemment que j'ai pas mis de cadre et j'ai pas non plus dit concrètement quelles prestations je pouvais proposer. Et en fait sur le coup ça m'a bien piqué mais c'était complètement vrai. Donc en fait, avec le temps, j'ai complètement changé mon fusil d'épaule et j'ai tout simplement... arrêter de confondre cette question de proximité justement avec le positionnement. Aujourd'hui, quand on a une relation informelle qui s'installe et que je sens qu'il y a un vrai besoin derrière, je vais le nommer, je vais le dire, je vais dire, tu vois, par exemple, c'est exactement ce que je fais avec mes clientes, donc si tu veux qu'on en parle plus longuement, plus sérieusement, ce sera vraiment avec plaisir que je t'accompagnerai là-dessus. Et au début, ça me paraissait hyper inconfortable de faire ça, j'avais l'impression de passer un petit peu pour une marchande de tapis. presque de commercialiser aussi une amitié naissante, de casser quelque chose de spontané. Mais sauf qu'il faut vraiment qu'on se remette dans le contexte. Là, on n'est pas dans le cadre où on va se chercher des amis. On est vraiment dans le cadre où moi, je suis prestataire, je vais rechercher des clients et où lui, le prospect ou le client potentiel a un besoin et qu'il a besoin que ce besoin, cette problématique soit réglée. Donc en fait, c'était vraiment un mélange de ma part entre des relations qu'on peut avoir dans le quotidien sur le plan amical vs des relations vraiment purement professionnelles. Et en fait, au début, je restais vraiment dans cette espèce de flou parce que je n'étais pas sûre de moi, je n'avais pas confiance en moi, en mes services. Et donc, c'était bien plus confortable de rester un petit peu caché comme ça plutôt que d'assumer pleinement qui j'étais, ce que je faisais en tant que professionnel. Mais du coup, ce n'était pas forcément plus respectueux pour la relation, notamment de mon côté. Et en fait, le fait de faire ça, C'était juste m'assurer de ne jamais être identifiée comme une option sérieuse le jour où c'était le bon moment justement pour la personne avec qui j'échangeais. Et encore, moi j'ai eu de la chance parce que je ne pense pas être tombée sur des personnes qui abusent. Je suis quand même tombée sur des personnes qui étaient plutôt sympathiques. Mais si tu tombes sur des personnes qui ont tendance justement à toujours grappiller, à toujours aller plus loin, à qui tu donnes un doigt et qui t'arrachent le bras, c'est vraiment des situations du coup qui peuvent être très inconfortables et dans lesquelles tu vas te faire pleinement avoir. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, je tire un petit peu la sonnette d'alarme. Ce que je retiens de tout ça, c'est que moi, j'ai jamais clarifié mon positionnement dans ces relations-là, les plus proches, et que ça m'a fait perdre justement du chiffre d'affaires des clientes, alors que je pensais vraiment que c'était une formalité, que le jour où elles auraient besoin, elles penseraient à moi. Pas du tout. Mais si je devais vraiment retenir trois choses, ce serait que la première, la proximité, ça ne remplace jamais la clarté. On peut apprécier quelqu'un, l'aider, échanger pendant des mois, même plus, et rester complètement invisible professionnellement si on ne nomme jamais ce qu'on fait et si on n'est pas clair aussi dans ses intentions. La deuxième chose, c'est qu'un conseil gratuit répété dans le temps, ça ne construit pas automatiquement une intention d'achat. Ça construit de la sympathie et c'est pas du tout la même chose et c'est ce que j'ai mis le plus de temps à comprendre. Et la troisième et dernière chose, c'est que la déception que je ressentais à chaque fois, elle n'était pas dirigée contre ces personnes. Parce que ces personnes-là, j'avais rien à leur reprocher. Elle ne m'avait rien demandé, enfin voilà, c'était vraiment quelque chose d'assez sous-jacent. En revanche, la déception, je la ressentais énormément contre moi-même parce que j'avais l'impression de m'être laissée systématiquement dans une position où je ne pouvais que perdre. Voilà pour l'une de mes pires erreurs business. J'ai eu envie de la raconter parce que je pense que beaucoup d'entre vous entretiennent là maintenant ce genre de relation avec quelqu'un en se disant que la confiance, ça suffira le moment venu. Je ne dis pas du tout qu'il faut arrêter d'être généreux, qu'il faut arrêter de donner avant de recevoir, non. Je dis simplement que le cadre doit être clair parce que comme ça, toi, tu ne seras pas surprise ou déçue le jour où tu apprendras que la personne avec qui tu pensais travailler est finalement partie signée ailleurs. J'espère que cet épisode t'aura plu. J'espère qu'il ne résonne pas en toi parce que sinon, ce n'est pas forcément une bonne chose. Mais voilà, je trouvais important d'en parler parce que c'est bien de raconter quand tout va bien, mais c'est bien aussi de raconter ces petites anecdotes qui ont fait que notre chiffre d'affaires aurait pu être bien meilleur à certains moments. de notre voyage entrepreneurial. À bientôt !