Speaker #0Un an et demi. C'est le temps qu'il m'a fallu pour faire comprendre à l'URSSAF que je n'étais pas une fraudeuse. Des dizaines de mails, des dizaines d'appels, des nuits à me demander si j'allais devoir fermer ma boîte à cause d'une erreur que je n'avais même pas commise. Aujourd'hui, je te raconte comment le choix d'un cabinet d'expertise comptable a failli me coûter mon entreprise. Pas parce qu'ils ont fait une erreur. Ça, ça arrive, on est tous des humains. Mais parce qu'ils n'ont jamais voulu la réparer. Ça suffit les conneries, le podcast anti-bullshit qui pousse les indépendants à se détacher de toutes les injonctions. Ici, c'est ton business, ta communication, tes règles. Je suis Priscillia, consultante et formatrice en communication, en digitalisation et en podcast. Posons un peu de contexte. Après un an de réflexion, mes chiffres sont ouverts et je me sens enfin prête pour passer de micro-entreprise à société. Je fais les choses bien et dans l'ordre. J'ai d'abord pris une première consultation avec une avocate, justement pour faire le point et me conforter dans mon choix. Puis ensuite, je me suis renseignée sur tout ce qu'il fallait faire pour créer sa propre société. Pour choisir mon cabinet d'expertise comptable, je prends justement les recommandations d'entrepreneuses autour de moi. Un nom de cabinet ressort plusieurs fois. C'est un cabinet dont j'avais déjà entendu parler en bien. Et en plus, j'avais déjà consommé certains de leurs contenus sur YouTube. Je vérifie sur Internet, les informations légales ont l'air clean, tout me semble bien, je me lance. Ce cabinet m'accompagne dans la création donc de ma société. Cette partie-là est déjà fastidieuse. Beaucoup de notions assimilées, beaucoup de choses que je ne comprends pas encore. Je me mets à niveau de mon côté, j'essaie de tout comprendre et poser énormément de questions. Ils sont super patients et pédagogues et me répondent vraiment à tout. Et puis, je fais une demande précise. Je veux une ouverture de ma société au 30 novembre parce qu'il m'avait déconseillé de le faire en décembre. Le timing me convient car ça me laisse le temps de gérer les factures en cours sur ma micro-entreprise, la paperasse nécessaire pour la société et clôturer proprement justement avant de basculer sur un nouveau statut. Et là, l'erreur arrive. La juriste qui traite mon dossier ouvre ma société au 25 octobre, soit un mois plus tôt que prévu. Et là, c'est le drame. Je reçois un courrier de l'URSSAF qui m'indique que je suis en fr... fraude et que je suis exclue du régime de la micro-entreprise. Pourquoi ? Parce que sur le papier, j'ai une micro-entreprise et une société ouvertes en même temps sur la même activité. Et ça en France, c'est complètement interdit. Les conséquences sont immédiates. Mon taux de cotisation est beaucoup plus haut et a doublé parce que j'ai été soumise d'office au régime réel et non plus à celui de la micro-entreprise. Ensuite, j'ai un rappel de cotisation pour l'année précédente alors même que j'étais encore en micro-entreprise. Et mon premier appel à cotisation a lieu en mars, alors que normalement la première année, il n'aurait dû avoir lieu qu'en août. Franchement, quand je reçois le courrier, je perds pied. Je suis complètement perdue et je ne comprends pas du tout ce qui se passe. Ça a été vraiment très très dur à gérer moralement. Une erreur de date, une seule, et derrière, pour moi, ça a représenté un an et demi de bataille pour pouvoir réparer tout ça. Je prends tout de suite contact avec le cabinet d'expertise comptable. Je leur explique la situation, je leur demande de rectifier, ils le font. Ils modifient la date en mettant cette fois-ci la bonne. Par contre, ils ne feront rien d'autre. Au niveau de l'URSSAF, ils n'ont absolument rien géré alors que les conséquences sont totalement de leur faute. Une erreur, comme je le disais, ça peut vraiment arriver. Ce qui ne devrait jamais arriver, c'est qu'on ne la répare pas. Et c'est exactement ce qui s'est passé pour mon cas. Oui, ils ont répondu à mes questions. Oui, une comptable m'a aidé à rédiger un mail pour l'URSSAF. Oui, ils ont fait la démarche pour rectifier la date au greffe. Encore heureux. Mais une fois cette date corrigée sur le papier, pour eux, le dossier était clos. Et ils considéraient avoir fait leur travail. Sauf que pour moi, absolument rien n'était réglé. La correction administrative n'a rien changé aux conséquences concrètes. Les cotisations erronées l'étaient toujours. Le rappel de cotisation était toujours là. Et mon angoisse à chaque interaction avec l'URSSAF, ça, c'était omniprésent. Et tout ça, bien évidemment, c'est resté uniquement sur mes épaules parce qu'il n'y a pas eu de partage à ce niveau-là. L'erreur, elle venait d'eux. Et malgré mes nombreuses demandes, rien n'a été fait. Et pour moi, c'est là qu'on reconnaît vraiment un bon prestataire d'un mauvais. C'est facile d'être bon quand tout va bien. En revanche, là, il y a une problématique et ils n'ont pas su la gérer alors qu'elle est de leur faite. Moi, ce que je me suis demandé, c'est si moi, je fais une erreur, est-ce qu'eux, ils pourront m'orienter et me venir en aide ? À partir de là, j'avais vraiment perdu toute confiance. Pour préparer cet épisode, j'ai voulu objectiver les choses. Alors, j'ai compté. J'ai compté le nombre de mails envoyés à l'URSSAF. J'ai compté le nombre d'appels que j'ai passés, le nombre d'appels que j'ai reçus de la part des gestionnaires de mon dossier. Par contre, je n'ai pas pu compter le nombre d'appels et le nombre d'échanges que j'ai eu avec le cabinet d'expertise comptable parce que ça, ce n'est pas tracé. Donc, depuis le 13 mai 2025, parce que oui, en plus de ça, l'erreur faisait que je n'avais pas de compteur SAF de ma société. Donc, j'ai eu accès que six mois après sa création. Mais bref, depuis le 13 mai... En 2025, j'ai donc passé 26 appels, j'ai eu 4 rendez-vous visuels avec des gestionnaires, j'ai eu 3 rappels de mes gestionnaires et 36 échanges de mails. Je ne compte même pas le nombre de pièces jointes que j'ai dû envoyer et pour certaines, en double ou en triple. Ce décompte n'inclut évidemment pas les litres de larmes versées et le nombre d'heures d'insomnie. Et je trouve vraiment que ce n'est pas normal de devoir mobiliser autant d'énergie pour un sujet pareil, surtout quand on est accompagné. Et là, le sujet en l'occurrence, c'est aussi l'argent. Et un mot aussi lourd que fraude à coller à ton nom, je t'assure que ça ne fait pas rien et que ça laisse des traces. J'avais sincèrement l'impression qu'on allait continuer de me ponctuer de l'argent sans discontinuer et que je n'en verrais pas le bout. C'était vraiment ultra stressant. Et le pire dans tout ça, c'était pas vraiment la charge administrative, c'était la solitude. Je n'avais personne pour me dire, on gère ça ensemble, je me m'occupe avec toi, alors que clairement pour moi, c'est comme ça que devraient se passer les collaborations avec les cabinets d'expertise comptable. ou avec les avocats, ou peu importe les prestataires qu'on a autour de nous. Je ne fais pas cet épisode pour me plaindre, je fais vraiment cet épisode pour raconter. Parce que quand justement j'ai commencé à en parler autour de moi, je me suis rendu compte qu'on était vraiment plein à avoir connu ce type de problématiques, à avoir rencontré ce type de freins, et surtout qu'on n'en parle pas plus que ça. Donc comme d'habitude dans ce podcast, le but est de mettre les pieds dans le plat et d'arrêter de montrer juste quand tout va bien. Il faut aussi savoir dire, ça suffit les conneries. Ce que je retiens, c'est que passer en société m'a vraiment fait... fait perdre des points de vie. Mais si je devais retenir trois choses, ce serait vraiment celle-ci. La première, c'est de bien t'entourer. Même si j'ai vécu cet épisode seule parce que c'est mon entreprise, que c'était mon nom et que les conséquences n'auraient été que pour moi, j'ai eu le soutien vraiment de mes proches pour m'aider à affronter ça. Ils m'ont écouté chouiner sans râler et ont même essayé de m'aider à trouver des solutions. La deuxième chose, c'est bateau, mais c'est que tout passe. L'année dernière, à cette même époque, je croyais que je ne m'en sortirais jamais. Je songeais même à fermer la société parce que c'était bien trop compliqué pour moi. Finalement, aujourd'hui, j'ai enfin été entendue et comprise et les choses vont rentrer dans l'ordre. Normalement, croisons les doigts. Et la troisième chose, c'est qu'à vouloir payer une prestation moins chère, ça m'a fait vraiment perdre du temps et de l'argent. En cumulé, j'étais bien au-delà des 2000 euros hors taxes que certains prestataires m'avaient demandé pour les formalités d'ouverture de l'entreprise. Via ce cabinet, j'ai payé, je crois, entre 500 et 600 euros. Mais du coup, derrière leur saf m'a fonctionné une... bonne partie de ma trésorerie à cause de cette erreur et tout le stress qui a été généré, franchement, c'est inestimable. Pourtant, j'avais fait une saison 2 sur l'éducation financière et dans les personnes interviewées, j'avais justement une avocate, j'avais des personnes qui étaient vraiment spécialisées dans toute cette partie finance. Donc en plus, j'avais de bons interlocuteurs, j'ai reçu les bons conseils et pourtant, j'ai sauté les deux pieds dans une énorme bêtise. Donc c'est aussi pour ça que je fais cet épisode pour pouvoir te le dire à toi. Moi j'étais avertie et pour autant j'ai mis les deux pieds dedans. Donc si toi aussi t'as fait une erreur qui aurait pu te coûter ton business, j'espère vraiment que tu ne culpabilises pas trop, que tu te dis que ça peut vraiment arriver à tout le monde et je pense que vraiment le plus important c'est de réussir à rectifier le tiers. Moi c'est ce que j'ai réussi à faire et je te souhaite vraiment de réussir à faire la même chose. Et cet épisode n'est pas non plus là pour dire « Oh le comptable ! » Non c'est pas ça, parce que là il vient de changer de cabinet d'expertise. Et justement, pour pouvoir choisir un autre prestataire, je suis de nouveau passée par de la recommandation. Et avant de choisir celle que j'ai choisie actuellement, j'ai échangé avec 4 ou 5 comptables qui étaient tous super. Il y a eu un vraiment bon feeling dès le départ et donc je pense que ces personnes-là auraient pris mon dossier au sérieux. J'ai juste choisi un autre prestataire parce que le feeling est encore plus passé. Donc je suis très contente d'avoir changé. Donc le but là, c'est vraiment pas ni de taper sur les cabinets d'expertise comptable, ni de taper sur les entrepreneurs qui ont fait leur business. Je voulais juste la raconter parce que encore une fois, on passe nos temps à entendre des success stories, à entendre des réussites, mais je pense que derrière tout ça, on a tous vécu au moins un épisode comme celui-ci et peut-être même pire. Donc voilà pour ce nouvel épisode de ce hors-série estival. J'espère qu'il t'aura plu et je te dis à la semaine prochaine pour le prochain.