- Speaker #0
Et bienvenue
- Speaker #1
dans un nouvel épisode de Ce n'est que du cinéma, le podcast qui réunit des amoureux de cinéma au... autour d'une table afin de commenter l'actualité des sorties, vous faire découvrir ou redécouvrir des pépites enfouies dans le passé ainsi que nos coups de cœur du moment. Aujourd'hui, j'ai la chance d'être accompagné de Edouard et Julien. Comment ça va les copains ?
- Speaker #2
Ça va très bien ! Et toi Martin, comment ça va ?
- Speaker #1
Écoute, ça va, ça va. On a sorti notre pelle, on a déterré les films là aujourd'hui.
- Speaker #2
Pas du tout le bruit d'une pelle.
- Speaker #1
C'est quoi en vrai ? Petit ASMR de pelle ?
- Speaker #2
Ping ! Pas mal, pas mal.
- Speaker #1
Ça c'est quand ça touche une pépite d'or.
- Speaker #2
Ah oui, bah hop ! Peut-être que ce sera une pépite, on verra.
- Speaker #1
Top, top, top, on ne dit pas tout. Bon alors les petits amis, juste avant évidemment de vous présenter le programme de la semaine, j'aimerais remercier nos partenaires de ce podcast. Ils sont au nombre de deux en première position. Nous avons Surimpression. Surimpression, c'est la revue belge de cinéma. Elle est disponible gratuitement dans tous les cinémas de Belgique. Vous pourrez découvrir leurs avis sur les dernières sorties, interviews, dossiers, coulisses du cinéma belge et international. Surimpression, c'est 48 pages de plaisir à retrouver toutes les 6 semaines sur papier. et tous les jours sur le web. Ensuite, la spot note liste Sounor. Sounor, c'est LA plateforme de streaming belge conçue par et pour des amoureux de cinéma. On y trouve les films intemporels, les films primés dans les plus grands festivals, les trésors cachés, et même les dernières sorties cinéma à la demande. Et en plus, l'abonnement ne coûte que 7,99€ par mois. Et le premier mois est sans engagement. Alors vous vous rappelez, on va faire un petit peu de pub pour nous aussi, que si vous ne voulez rien rater de nos aventures, foncez vous abonner sur notre Instagram, TikTok, ce n'est que du cinéma. N'hésitez pas à nous mettre 5 étoiles sur Spotify ou Apple ou quelle que soit la plateforme sur laquelle vous nous écoutez, de nous laisser un petit commentaire, ça nous donne toujours un maximum de force pour vous proposer toujours plus de magie cinéma. Alors les amis, cette semaine, eh bien on a sorti notre pelle, comme je le disais, pour vous déterrer les sorties de cette semaine. Alors tout d'abord, Digger avec Tom Cruise. Voilà,
- Speaker #3
film de
- Speaker #1
Iñárritu. Celle-là, je l'ai préparée depuis longtemps, j'en cite.
- Speaker #3
Je suis déjà quotidien. Il l'a dit avec un calme complet.
- Speaker #1
Franchement, voilà. Ce petit film de Digger, par le grand réalisateur Iñárritu. On va un petit peu parler de ce que c'est cette rencontre entre un monstre d'Hollywood avec un très grand réalisateur. Ensuite, on abordera Social Reckoning. C'est un petit peu Social Network numéro 2. on en parlera, on le comparera un petit peu avec son son aîné, réalisé par David Fincher, avec Julien qui l'a vu. Ensuite, nous partirons du côté du cinéma français avec un film de Marc Fitoussi qui s'appelle Ni vu ni connu avec notamment Isabelle Huppert dans le rôle principal. Et puis la petite pépite du passé, c'était le FIF, figurez-vous, que on a eu la chance de faire un petit panel de débats de cinéma et c'était sur le cinéma français et parmi les... Les films qu'on m'a demandé de déterrer pour réétudier, il y avait Amélie. Et je me suis rendu compte que c'était les 25 ans de la sortie du film Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain. Du coup, eh bien, ce sera ma pépite du passé. Et on va pouvoir en parler, ça va être vraiment pas mal. Et puis le tout, sans oublier nos coups de cœur de la semaine. Est-ce que vous êtes prêts, les amis ? Très prêts ! Eh bien,
- Speaker #0
c'est parti !
- Speaker #1
Digger, pour le petit bitch, l'homme le plus puissant du monde se lance dans une mission effrénée pour s'ériger en sauveur de l'humanité, avant que la catastrophe qu'il a lui-même déclenchée Merci. n'anéantissent la planète. Donc voilà, film de Alejandro González-Signaritu, avec donc Tom Cruise, Sandra Hulhurt, trop petit rôle je trouve dans ce film, et Riz Ahmed notamment. Alors les amis, vous connaissez la tradition, petit tour de table rapide en quelques mots, digueur, est-ce qu'on digue ou on digue pas du tout ?
- Speaker #2
Alors moi, je ne digue pas du tout.
- Speaker #1
Ah, ça c'est clair. Et toi, Edouard ?
- Speaker #2
Moi, je suis entre les deux, partagé, j'en parlerai après.
- Speaker #1
Et moi aussi, je digue entre les deux, mais je digue plutôt oui quand même. On est plutôt sur le oui que du non.
- Speaker #3
Moi, je digue tellement profond, je touche le fond, je crois. J'exagère.
- Speaker #1
Les blagues de creusage, non ?
- Speaker #3
Il y a tellement de possibilités avec ces blagues de pelle.
- Speaker #1
Blagues de pelle, très bien. Bon, il y en a à la pelle, en tout cas, des blagues. Très bien, alors du coup, commence par toi, vas-y, lance la charge. Le premier coup de pioche, qu'est-ce qui s'est pas bien passé pour toi avec ce film d'Inaritu ? D'abord, peut-être question préambule, Inaritu, t'aimes bien à la base ou pas trop ? Est-ce que t'attendais ce film ? T'étais curieux ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #3
Alors, Inaritu, j'aime plutôt bien, mais ça fait partie de ces cinéastes que j'ai découvert il y a quand même un moment dans ma cinéphilie. Et donc, ça fait partie des cinéastes que je devrais revoir, je pense, parce que j'ai de très bons souvenirs de Revenant. J'ai un bon souvenir de Birdman aussi, mais ce n'est pas des films... extrêmement frais dans mon esprit. J'étais très curieux de voir Tom Cruise revenir du cinéma d'auteur à gros budget avec en plus un gars un peu mégalomane comme Inaritu parce que Inaritu c'est quand même quelqu'un qui a tendance à faire des démonstrations de force un peu comme Tom Cruise. Du coup on se disait les deux font la paire ça va être... Ça va être une belle rencontre. Mais j'avais eu très peur dans les bonnes annonces quand j'avais vu cette espèce de Merci. de satire XXL des Etats-Unis, de l'impérialisme, etc. Moi, je suis déjà de base pas très client des satires, j'avoue. Que ce soit Don't Look Up ou Mikey 17 ou Eddington, ce genre de films qui tentent de critiquer le réel des Etats-Unis, je trouve qu'en général, ils sont toujours un petit peu en dessous de ce qu'est le réel. En fait, ils sont toujours un peu en retard.
- Speaker #1
Les satires dans le vent.
- Speaker #3
Ouh, pas mal, pas mal.
- Speaker #2
Je réfléchissais à un jeu de mots. Mais oui,
- Speaker #3
tout à fait. Ça tire à blanc. Ça tire en longueur. Mais je trouve qu'en général, ce sont des films qui ne parviennent pas à vraiment encapsuler le réel. Même critiquer ou parodier Donald Trump, je trouve que c'est voué à l'échec. Parce qu'il se ridiculise très bien tout seul. Et on voit bien que ça ne change rien. Donc voilà, le film...
- Speaker #1
évidemment je vais rien spoiler c'est ça que j'allais dire on va faire une partie avec un spoiler après comme on fait souvent c'est des films qui sont difficiles à expliquer c'est vrai que j'aurais dû tout à fait le dire dans un truc si vous nous écoutez encore maintenant il n'y a pas de spoiler dans le premier tour mais on fera une petite 5 minutes un petit peu où on plonge dans le pitch parce que c'est un film à pitch et que la bande annonce ne révèle pas d'ailleurs elle fait d'ailleurs très bien de ne pas le révéler elle fait bien de ne pas le révéler c'est ça que je dirais que le film est quand même un peu plus intéressant que ce que je craignais parce que ce n'est pas juste une satire on
- Speaker #3
peut le dire comme ça Mais moi, je retrouve un peu ce que je n'aime pas dans les satires, c'est-à-dire que c'est très poussif. Tous les curseurs sont mis au maximum, à tel point qu'au final, le film me paraît très, très loin du réel, etc. Je trouve que le film n'est pas drôle, ce qui est quand même un problème. Je trouve que l'humour ne fonctionne pas, etc. Je trouve que tout le monde est en sur-régime. Les comédiens, la mise en scène, la direction artistique, les costumes. Ce qui donne un film un peu bruyant, un peu pénible, où en fait... Peu de choses ressortent parce que tout est toujours au max. Moi, je ne suis pas très client de ça. Je pense que pour entrer plus dans le détail, il faut évidemment spoiler. Mais oui, en tout cas, c'est un film qui est un peu surprenant, mais qui est surtout très pénible, je pense.
- Speaker #1
Ok, et toi, mon bon Edouard Digger ?
- Speaker #2
Moi, en fait, j'avoue que j'ai dit que j'étais entre les deux et c'est parce qu'en fait, je l'ai adoré autant que je l'ai détesté. Ça veut dire que sur plein d'aspects, je le trouve super, notamment sur les décors. J'aime bien dans quoi ils nous mettent, et surtout le fait de ne pas montrer l'extérieur. On en parlera après. Donc il y a plein de bonnes choses, il y a des acteurs formidables dont on ne parle pas trop d'ailleurs, comme John Goodman, qui est incroyable, comme Jesse Plemons aussi.
- Speaker #1
Qui joue le président des Etats-Unis.
- Speaker #2
Qui joue le président, bien sûr. Jesse Plemons. John Goodman, oui.
- Speaker #1
Qui apparaît un peu plus tard.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Et donc, en vrai, génial ce genre de rôle. Mais, comment dire, en fait, comme tu le disais, c'est très bruyant. Et en fait, moi, j'irais même jusqu'à dire grotesque. Et c'est un truc que... Quand tu veux faire une satire, en fait, pour qu'on y croit, il faut que ça soit pas une blague. Et du coup, là, ils essaient de faire passer ça pour une blague. Et du coup, en fait, ça invalide le propos que ça veut faire passer. Du coup, par... Enfin, en fait, je sais pas. C'est brouillon, en fait. Et c'est dommage parce qu'on avait un beau sujet. Il y a des films, du coup... En fait, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup, beaucoup de... Plein de films. Presque rentré au forcing. J'ai retrouvé du Astéroïde City. Il y a un peu de Wes Anderson là-dedans. Je suis tout à fait d'accord avec ça. Un peu très décor. Il y a un peu de Finish and Scheme aussi. Il y a du Roy Anderson par certains moments où tu as des plans qui ne bougent pas. Roy Anderson, c'est un réalisateur suédois qui fait beaucoup de films avec des plans qui ne bougent jamais. Et tout se passe dans le plan.
- Speaker #3
Je suis tout à fait d'accord pour l'influence Roy Anderson. Et je dirais qu'on le sent aussi dans le maquillage des comédiens qui est très blême, très blanc. C'est ça, exactement. C'est vraiment ça, c'est du p... pure Anderson.
- Speaker #2
C'est pour ça que ça me fait penser à ça aussi. Il y a un peu un Birdman, en vrai de vrai.
- Speaker #3
Ouais,
- Speaker #2
quand même. Tu l'as dit, il y a du Mickey 17, il y a aussi un peu du Cinecdoc New York. Il y a énormément de films qui sont régurgités là-dedans. À tort, j'ai l'impression. Et surtout, artistiquement parlant, le fait d'utiliser tout le temps des grands angles contre-plongés, on a compris, franchement, très vite, on a compris. Après, ça met une sorte de distance entre les deux réalités. On va le dire comme ça sans spoiler. Ça m'a beaucoup frustré. Il y a beaucoup de moments où j'ai regardé beaucoup de fait à mon téléphone pour voir... commence à avancer parce que je trouve que le rythme est vraiment pas bon. C'est ça presque ce que je dirais de plus. Et en fait, il y a une histoire en dehors de l'histoire dont on en a plus ou moins rien à foutre. Je vous en dirai plus un peu plus tard, mais je trouve ça quand même un peu... C'est dommage. Vraiment, ça aurait pu être extraordinaire. Je pense qu'on se rappellera de la performance de Tom Cruise parce que c'est vraiment une super performance. Mais à part ça, il va pas m'en rester grand-chose. Enfin, Iris Ahmed aussi, bien sûr, mais à part ça, c'est trop...
- Speaker #1
c'est trop en fait franchement c'est juste trop si je veux le résumer bien comme ça et ouais dommage dommage franchement dommage c'est pas ce que t'en penses mais non mais je propose qu'on aille directement dans les spoilers parce que je me rends compte que franchement vous avez tout dit et que si moi je dois donner mon avis c'est plutôt un avis sur le fond et en fait il faut absolument parler du twist et bah donc voilà les amis à partir de maintenant si vous n'avez pas encore vu le film vous pouvez skipper au timecode qui sera indiqué sur la description du podcast mais donc là dans les 5... 10 prochaines minutes, on va un petit peu spoiler parce que c'est un film qui mérite qu'on parle un petit peu du plot twist, évidemment.
- Speaker #2
Mais par contre, c'est bien de le voir en en sachant le moins. Clairement, clairement.
- Speaker #1
Ok, vous êtes prévenus, c'est parti. Donc oui, après 30 minutes se passe un plot twist. Voilà, on se rend compte que tout n'est que décor, qu'en fait, on assiste à une répétition de pièces de théâtre sans comprendre exactement comment cette réalité est un petit peu ancrée dans le vrai monde. On va découvrir au fur et à mesure du film que c'est en fait les 25 ans... de l'anniversaire d'un événement absolument un cataclysme vraiment au niveau planétaire au niveau environnemental et que il y a plein de gens qui ont survécu, même s'il y en a plein qui sont morts par millions, des millions de millions d'humains sont morts mais que ceux qui ont survécu vivent dans un environnement tout pourri tout pollué mais continuent d'aller voir d'une pièce qui plus ou moins permet de décompresser un peu, permet de détester les méchants tout en les admirant quelque part, avec quelque chose d'un petit peu sordide un peu. Donc on découvre un petit peu tout ça dans le truc.
- Speaker #2
Mais attends, ce qui est drôle, c'est que tu découvres l'environnement à la dernière minute du film.
- Speaker #1
Ceci dit, heureusement qu'il y a cette scène, l'arrivée de Jesse Plymouth, j'ai envie de dire le reveal de Jesse Plymouth, je trouve que ça redonne un petit peu de peps au film, parce que sinon, après ça, ça faisait un moment qu'on était... Je ne sais pas vous, mais moi, tout la sidequest sur la fille de Tom Cruise dans la vraie vie, c'est pénible. Tous ces calls à distance avec sa femme et tout, ça tire en longueur et ce n'est pas super.
- Speaker #3
Moi, je pense que c'est pénible, mais je comprends pourquoi c'est là.
- Speaker #1
dans ce qu'il veut faire mais vas-y c'est très à la Birdman c'est très entre deux prises tu le vois dans sa loge en train de gérer des trucs en fait perso c'est très le petit souffle avant les répliques et les monologues c'est cette espèce de rythme à la Inheritou mais là où Birdman c'est le sujet là c'est pas du tout le sujet c'est ça qui est très bizarre tu vois je trouve au début on comprend pas trop ouais c'est ça franchement quoi et du coup on assiste à des acteurs qui sont même des acteurs qui jouent un rôle donc on est dans Inception d'acteurs un petit peu et ouais c'est intéressant mais Amen.
- Speaker #2
Moi, je trouve pas. Par exemple, dans la Star Wars City, ils ont fait exactement ça. C'était raté. Et là, je trouve que c'est raté encore parce que c'est pas le sujet, quoi. Je sais pas. En fait, moi, je me demande pas si j'aurais préféré voir le film de la pièce, en fait, tout simplement. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Vas-y, mon bon. Oui,
- Speaker #3
pardon. Non, mais là où je trouve le twist malin, quand même, de cette idée de, en fait, ce qu'on voit, c'est une pièce de théâtre satirique, clownesque, qui vient rejouer un événement réel, c'est que ce que je disais au début, que les satires sont inefficaces, etc. Le film en est conscient. Parce que du coup, ce qu'il nous montre, c'est une satire qui a lieu 25 ans après que la Terre se soit effondrée et que des gens voient ça alors que c'est complètement apostériorisé et que la Terre est quand même foutue et tout. Non seulement les gens vont voir ça alors que c'est foutu, mais en plus, ils vont voir des comédiens qui utilisent, du coup, Jesse Plemons qui est un descendant de Digger Rockwell. Qui est le neveu. C'est ça, qui est le neveu, voilà. Et que ces comédiens, en fait, font complètement partie du système parce qu'ils vont utiliser ce neveu, enfin, Tom Cruise va utiliser ce neveu pour sauver, retrouver sa fille. Voilà, j'ai plus tous les détails de l'intrigue et tout. Et du coup, le film te montre vraiment que, non seulement les satires servent à rien parce qu'elles ont lieu bien après les catastrophes, mais en plus, les gens qui font les satires sont encore dans le système et sont encore privilégiés par rapport au reste du monde.
- Speaker #1
On pourrait même pousser que, de la part de Jesse Piemonte, c'est de la... propagande de la part des puissants. C'est de remettre au goût du jour son oncle qui était... Un mec odieux, monstrueux, qui a vraiment largement contribué à faire ce cataclysme-là. Qui utilise encore l'argent hérité de cette famille pour continuer de faire... Parce qu'on voit bien que le théâtre, c'est un des trucs les plus luxueux qui reste dans cette ville. C'est ultra luxe et c'est le top du top du top des 1% des gens qui... peuvent se permettre d'aller là. Et ils ont tous des masques, on le voit hyper dernier cri et tout. Ça, c'est un peu la bonne idée de la fin. Et ça, j'ai envie de voir ce film-là. Le film, il commence à la dernière scène. Je veux voir ce film avec le tank et tout, les drones. J'ai envie de voir ça.
- Speaker #2
C'est là où, en fait, je trouve que la pièce de théâtre ne sert pas à rien. Moi, je trouve que c'est ce qu'il y a en dehors qui sert à rien. C'est ce truc-là avec Safi et tout. Je comprends pourquoi, parce que du coup, ça utilise comme tu disais, ça le met dans le système, tout simplement, beaucoup plus clairement, aussi clairement que possible. Mais en fait, moi, j'aurais préféré que ça soit révélé beaucoup plus tard. Ça arrive beaucoup trop tôt, en fait. Je pense que j'aurais vraiment été surpris si, imaginons, après sa scène de gros monologue à l'Assemblée européenne, je ne sais pas quoi,
- Speaker #1
là, tu sors,
- Speaker #2
là, c'est fou parce que tu te le prends en plein... Tu t'es déjà pris une scène de fou en pleine tronche. Et si tu te reprends la deuxième lecture ou le fait qu'on est dans une pièce de théâtre, c'est fou, ça, tu vois. Et même la suite, ça aurait été incroyable. Mais bon, malheureusement, ça arrive trop tôt, selon moi.
- Speaker #1
Oui, ça regarde à découper, Julien.
- Speaker #3
mais ce que je trouve aussi fou c'est que malgré tout ça donc comme tu le dis moi je suis très d'accord avec toi Edouard on nous révèle très vite que tout ça n'est qu'une pièce de théâtre mais pourtant on continue de nous l'imposer un long moment et moi j'ai l'impression que Inaritu il veut un peu c'est comme s'il voulait gagner sur les deux tableaux d'un côté il veut faire sa satire et du coup il nous l'impose de longs minutes et c'est quand même pas très drôle tout ce cirque et en plus il veut montrer qu'il est plus malin et qu'il sait que ça ne sert à rien du coup je trouve que le film est un peu intéressant mais il est surtout très cynique et surtout je pense que le même film aurait pu avoir lieu en étant drôle tout simplement avec de l'humour qui va pas toujours au max parce que là c'est vrai que l'humour du film, enfin l'humour c'est subjectif etc mais moi j'ai quand même trouvé ça assez pénible quoi,
- Speaker #1
globalement il y a peu de choses qui m'ont fait rire ça fait penser un peu à Don't Look Up aussi dans un truc et en même temps c'est vrai qu'on rigolait plus dans Don't Look Up mais en même temps Don't Look Up c'était un peu léger aussi, je trouve que c'est un peu la version hardcore corps et sans filtre de Don't Look Up c'est plus noir cette version-ci et dans ce sens-là en vrai c'est un peu plus péchu, c'est un peu punchy sur ce que ça raconte parce que fondamentalement ça raconte la même chose en tout cas en un Z2K tu survis moins mais...
- Speaker #3
Je pense que dans Don't Look Up Adam McKee pense quand même qu'il critique le système et il essaie de prévenir les gens comme ses personnages n'arrivent pas à prévenir les personnages du film de la catastrophe alors que Digger pour moi c'est un film plus cynique quoi. C'est un film qui sait très bien que ce qu'il fait ne sert à rien.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #2
mais est-ce que...
- Speaker #1
Est-ce qu'il ne fait pas justement ce film-là parce qu'il a compris qu'en fait, ça ne servait à rien, qu'on a déjà fait mille films d'anticipation et qu'en fait, les humains, ils continuent d'aller droit dans le mur. Et du coup, il fait un film, pour la première fois, qui est un simili de ce genre-là, mais qui n'en est pas un, parce que c'est presque une satire de la satire.
- Speaker #3
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Du coup, voilà, c'est un exercice intellectuel qu'on peut apprécier ou pas, mais je pense que c'est ça le truc. Lui, il a compris que ça ne servait à rien. Et cette scène centrale du monologue dans le... Conseil Européen, je sais pas exactement ce que c'est ce truc c'est ça en fait mais oui c'est un peu vain en fait c'est un peu déprimant en fait mais je crois que c'est ça qu'il essaie de faire il est un peu plus malin que tout le monde il y a un petit côté petit malin qui fait pas super plaisir à regarder quand tu vois le film quoi oui et puis aussi j'ai l'impression qu'on essaye souvent de comment
- Speaker #2
dire, d'expliquer au spectateur exactement bien ce qui se passe alors que franchement ça va gros on est pas cons enfin je veux dire je pense qu'il y a rien de plus frustrant qu'un film qui te prend pour un con en tant que spectateur je trouve pas que c'est le film qui te prend le plus pour un con que pas pour un autre bien sûr mais quand même ça tient beaucoup par là il appuie bien le progrès oui oui voilà on a vite compris quand même on le sent quand même un peu fier de lui je trouve il y a des petits moments après c'est inarrêtable mais depuis Birdman il est mais
- Speaker #3
c'est vrai que quand il y a le premier twist je le vois jubilé de nous avoir arnaqué que l'abondance vendait pas ça après bon voilà sacré Alejandro un film qui va être par contre il faut peut-être le dire qui s'annonce comme un flop incroyable.
- Speaker #1
J'ai encore été voir le box-office aujourd'hui. C'est déjà annoncé qu'il n'y a aucune chance qu'il se rembourse. Et maintenant, c'est plutôt de voir quelle est l'ampleur du trou du déficit qu'il va creuser.
- Speaker #2
C'est là les belles 7 pirouettes. C'est vrai, je crois qu'ils ont fait 8 millions. 20 dans le monde. Ils sont à 150 millions de retards sur les précisions. C'est une catastrophe.
- Speaker #1
Après, ce n'est pas impossible que le film ait quand même une vie après. c'est à dire qu'il a un potentiel redécouverte, culte, soit il va disparaître complètement, soit il va avoir un statut un peu plus culte il a un potentiel VHS il a un potentiel un peu pour ceux qui aiment ce genre je pense que ça peut être quand même mais c'est pas sûr je pourrais pas parier sur quel est l'avenir de ce film après coup. Ce qui est sûr, c'est qu'il va se crasher au niveau du cinéma, mais derrière, je ne sais pas.
- Speaker #2
En vrai, c'est un peu fou. J'ai été le voir dimanche soir, dimanche soir, 22h, ce qui est un peu tard, c'est vrai, mais dans la salle Prestige, la grande salle de Toison d'Or, et on était je crois 6.
- Speaker #1
Moi, dans la mienne, il y avait un peu plus de monde, mais c'était vite. On devait être peut-être 30 sur une grande salle. C'était fou. Et c'était le jour de la sortie. Moi, j'ai vu le mercredi de la sortie. C'était censé ne pas avoir un ticket ce jour-là. C'est comme Tom Cruise. Comme quoi les gens ne sont pas prêts pour voir du Tom Cruise quand il n'est pas en train de faire des cascades.
- Speaker #2
Moi je pense qu'ils ont trop marketé ça justement. Ils ont trop marketé Tom Cruise dans un rôle... Je pense qu'ils ont... Je crois que le marketing a raté sa cible, j'ai l'impression. On ne sait jamais vraiment à quoi c'est dû total, mais j'ai l'impression qu'on a raté un peu la cible.
- Speaker #3
En tout cas, moi je crois que les gens ont vu la bande-annonce et se sont dit qu'ils n'avaient pas envie de voir ça. tout simplement
- Speaker #1
Tom Cruise vieux une histoire de pétrole avec des grosses prothèses et tout vous avez vu le même parce que Tom Cruise dans la vraie vie il a 64 ans et donc le même qui dit passer 6 heures de make-up pour faire ressembler à un homme de 64 ans 65 ans tu vois c'était là genre waouh c'est drôle elle est pas mal et alors tu vois il y a une interview où tu vois que l'intervieweur lui sort le même et tu vois qu'il fait le faussement flatté genre oh vraiment oh yeah yeah it's really funny le mec c'est ça qui... Il sait qu'il est beau quand même ça, 64 ans là le beau gosse.
- Speaker #2
En même temps il a fait du sport au Salah, il sait bien. Il ne boit pas,
- Speaker #1
il gêne de fou. Très bien. Bon alors les amis, on a beaucoup trop parlé de ce film Digger, mais qui nous a quand même divisé. Je pense que malgré tout il y a quand même un mot sur lequel on peut se mettre d'accord, c'est perplexe. Ça nous a quand même laissé un peu perplexe. Je pense que c'est un film qui se digère quand même. Et puis en tout cas nous on est curieux de savoir, vous auditeurs, auditrices, ce que vous aurez pensé de ce Digger. Est-ce que vous le diguez ou pas ? Nous on réfléchit encore. On vous revient après le bip sonore. Alors, deuxième film de notre sélection,
- Speaker #4
on va passer sans plus attendre à The Social Reckoning.
- Speaker #1
Vous l'aurez lu dans votre déclin d'ouverture, qui va passer pour le moment, c'est une session séparée. Et nous allons passer à la question de la witness. plaît pour ce film de Aaron Sorkin, avec Mike Madison notamment, Jeremy Allen White et Jeremy Strong. Qu'est-ce que toi t'as pensé ? T'es le seul à l'avoir vu autour du micro. Bon, Julien, qu'est-ce que t'en as pensé ?
- Speaker #3
Pas un grand bien, malheureusement. Souvenez-vous, à la fin de Social Network, la réplique qui terminait le film, c'était l'avocate qui parlait à Mark Zuckerberg, qui lui disait « Tu n'es pas un connard, t'essayes simplement d'en être un » . Quinze ans plus tard, bon, je pense que le statut de Mark Zuckerberg a un peu évolué. Et je pense que c'est ça qui a poussé Aaron Sorkin à faire un nouveau film, parce qu'on sait que Facebook, qui est devenu méta entre-temps, est passé par plein de déboires, et que notamment Zuckerberg s'est agenouillé auprès de Donald Trump, etc. Tout ça, on le sait. Et donc, on a un film qui est moins tendre à l'égard de Mark Zuckerberg, ce qui me paraissait inévitable et logique, mais qui reste, à mon sens, pas assez en colère. En fait, c'est ça que je vais retenir du film, c'est que c'est un film qui n'est pas assez en colère par rapport à son sujet, et qui, en plus de ça... simplifie trop. Et ça, c'est un souci que j'ai souvent avec l'écriture d'Aaron Sorkin. Je pense que ça peut être un très grand scénariste quand il est élevé par un metteur en scène qui a une vision un peu plus... qui va plus loin que lui. Mais quand il est là et qu'il est à la fois au scénario et à la réalisation, il est un peu trop... Il manque un peu d'ouverture sur le monde, vraiment. C'est ce que j'ai senti. Parce que dans le film, je me suis souvent dit...
- Speaker #0
Ce qui est absurde, mais je me suis souvent dit, ça ne s'est pas passé comme ça. Et donc, évidemment, c'est un film, ce n'est pas censé raconter les choses telles qu'elles se sont passées, il n'en est pas capable. Mais il y a une naïveté dans l'écriture de tous les personnages qui m'a fait me dire à chaque fois, ça ne s'est pas passé comme ça. Ce n'est pas juste à cause de Facebook que les gens se radicalisent. Ce n'est pas juste à cause de Facebook qu'il y a eu le capitole avec Donald Trump. Ce n'est pas juste grâce à deux personnes que les Facebook Files sont sortis. Et en fait, toutes ces petites simplifications que fait Aaron Sorkin dans son scénario fait qu'au final je trouve que le film il ne parvient pas à vraiment traiter son sujet ou en tout cas il en apporte une vision qui me paraît tellement simplifiée qui n'est juste pas à la hauteur du monde dans lequel on vit je dirais tout simplement alors voilà il fait son petit thriller d'investigation comme il sait le faire c'est pas un film déplaisant mais c'est un film que moi j'ai trouvé vraiment assez plat pas du tout euh... Pas du tout assez énervé et assez riche par rapport à son sujet. Je trouve que ça se ressent même dans les choix de casting. Je trouve que Jeremy Strong, il est un peu caricatural. En Mark Zuckerberg, il est un peu trop naïf. Je trouve que Mikey Madison, elle joue plutôt bien, mais elle est censée jouer une informaticienne asociale et on a du mal un peu à y croire. Elle-même, elle est peut-être un peu trop... Elle ressemble un peu trop à une star, en fait, pour ça, tout simplement. Et voilà, en termes de réalisation, c'est vraiment le plus classique qu'on peut faire. Après, c'est Aaron Sorkin, mais bon, du coup, mise en scène qui est très standardisée. Et oui, j'en ressors avec bien peu de choses. Et j'espère que le film va au moins permettre aux gens de mieux connaître cette histoire qui est quand même importante. Mais en tant que film, je trouve qu'il est assez faible. Et alors, un dernier truc, c'est que le Frank Capra est cité dans le film, dans les dialogues, à un moment. Et je pense qu'Aaron Sorkin pense faire ça. C'est-à-dire un film politisé, un peu naïf, mais avec bon cœur. Mais je pense qu'en fait, il ne se rend pas compte que le monde est... a tellement évolué que c'est devenu complètement inopérant.
- Speaker #1
Heureusement que c'est juste Franck Capra.
- Speaker #0
Oui, mais il est cité en plusieurs de ses films. Et je me suis dit, tiens, là, parce que le film, vous le verrez, il a ce truc un peu naïf. Il a ce truc aussi de vouloir transformer cette affaire en une victoire. Même si à la fin, tu as un carton qui te dit, depuis, Meta ne vérifie plus aucun de ses contenus. Super, alors ce n'est pas du tout. Ça a été révélé, mais le réseau social continue de s'effondrer. donc Donc voilà.
- Speaker #2
Oui, Jérémy Strong, je l'avais vu la dernière fois comme mentor de Trump dans le film The Apprentice.
- Speaker #0
Ali Abazi, tout à fait.
- Speaker #2
Trump était campé par notre ami Sébastien Stan. Et oui, il est peut-être resté dans le même jeu un peu cabotin de ce truc-là, parce qu'il l'était déjà dans ce film-là. Et là, il est resté à fond.
- Speaker #1
Après, c'est difficile de ne pas faire pâle figure face à Jesse Eisenberg, qui avait magnifiquement bien interprété avant, et qui a refusé.
- Speaker #2
et qui, on le redira toujours, est ton réalisateur et acteur préféré.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #2
Il y a bientôt un film de lui qui sort. Oui, bien sûr. Avec Julianne Moore.
- Speaker #1
Avec Paul Giamatti.
- Speaker #2
Paul Giamatti, exactement. Sur le théâtre.
- Speaker #1
Absolument, très très hâte de voir ça.
- Speaker #2
C'est très bien.
- Speaker #1
Vas-y, Julien, pardon.
- Speaker #0
Un dernier truc, vous parliez de Trump. Pour moi, quelque chose qui est représentatif du film et de sa timidité, Trump n'est pas cité dans le film. Le président, il a tweeté ça, on comprend, à quelques vagues moments. Je suis en mode, mais... C'est un film anti-Trump, c'est un film qui se veut énervé. Dites juste le mot Trump. Après, peut-être qu'ils ont eu peur, etc. Mais en tout cas, ça donne un film qui essaye de planter le système avec des couteaux en mousse.
- Speaker #1
Sorkin n'est pas le genre à aller faire des manifs dans la rue, je crois. Monsieur, je prends 10 douches par jour quand j'écris. Super. Je l'aime beaucoup en tant que scénariste, mais en tant que réalisateur, apparemment, ça a l'air... de pas trouver de ça et puis non c'est vrai que quand j'ai su que Jesse Eisenberg refusait le rôle il avait l'air d'être vraiment sûr de ses positions en mode je ne le ferai pas parce que je suis pas ok avec le scénar donc bon nez visiblement lui je pense c'est le genre de gars qui va pas se prostituer pour faire n'importe quel film et qui reprendra pas le rôle parce qu'il doit reprendre le rôle à mon avis on a dû lui proposer à mon avis une belle somme j'imagine mais quand bien même il s'est dit vas-y Je suis pas d'accord avec ça.
- Speaker #2
Il est sur autre chose en ce moment. Franchement, il est en train de trouver sa voie en tant que réel. C'est vraiment fantastique ce qu'il fait pour le moment.
- Speaker #1
C'est ça qui l'intéresse. C'était déjà un signe un peu alarmiste. Je l'ai pas vu, on ira le voir.
- Speaker #2
Justement, je voulais te demander par rapport au magnifique film de David Fincher qui était The Social Network. Ça fait pas le figure absolue. On est vraiment sur un petit frère malade.
- Speaker #0
Oui, je pense. Déjà en termes de réalisation, la différence entre la rigueur de Fincher et celle d'Aaron Sorkin se voit dès le premier plan. Et justement, chez Fincher, la direction d'acteur, la richesse des dialogues étaient transcendées par la mise en scène. Mais on croyait à tous ces personnages, à ce personnage de Mark Zuckerberg qui était un jeune premier ultra arrogant, mais qui s'était plus ou moins fait tout seul. On y croyait. Alors qu'ici, moi, je me suis tout le temps dit que je ne croyais à rien.
- Speaker #1
ça paraît logique en même temps j'ai l'impression que niveau casting Hollywood ça a du mal pourtant pour le moment c'est grave c'est-à-dire que bon après c'est pas non plus les lecteurs qu'on voit le plus quoiqu'on les voit beaucoup quand même c'est vrai moi je suis content d'avoir Mickey Madison ceci dit
- Speaker #2
Est-ce qu'elle avait déjà bien refait quelque chose depuis ?
- Speaker #1
Anora ?
- Speaker #2
Justement, on se demandait un peu où elle était. Parce qu'elle a quand même eu l'Oscar de la meilleure actrice. Rappelez-vous, c'était quand même un braquage. Elle s'envole, ouais. Face à Demi-Mort, c'était quand même un gros braquage.
- Speaker #0
C'était de Substance, mais en vrai.
- Speaker #2
C'était le vrai scénario de Substance. Ça me rend encore triste. Ça c'est un braquage, franchement. Mais donc, content de la revoir. Mais c'est tout, quoi.
- Speaker #1
On aime toujours bien Jeremy Allen White.
- Speaker #0
C'est celui qui s'en sort le mieux. J'imagine. Lui, j'y crois davantage. Même si, encore une fois, je trouve qu'Aaron Sorkin, on sait que c'est quelqu'un qui est technophobe, un peu Horowitz. Mais là, dans le film, il est exagérément technophobe. Il ne sait pas manier un GPS. Tout le film a la main si lourde. Mais c'est de loin le personnage que j'ai préféré.
- Speaker #2
Tu ne recommandes pas pas vraiment de payer un ticket de cinéma pour aller voir ce film-là. Non,
- Speaker #0
pas tout à fait.
- Speaker #2
Ça se regarde peut-être un dimanche à la maison, si vous êtes intéressé par le sujet méta et l'évolution des réseaux sociaux.
- Speaker #0
Voilà. Pour l'affaire, et puis c'est pas un film ennuyeux, c'est pas ce que je dis, mais c'est un film qui n'est pas à la hauteur de l'histoire et de son prédécesseur. Voilà, je vais y arriver.
- Speaker #2
Tout à fait, de son héritage.
- Speaker #0
C'est dur,
- Speaker #1
comment tu veux passer après ça ?
- Speaker #0
C'est dur,
- Speaker #2
c'est dur. Très bien. Les amis, on va passer. au troisième film de notre sélection. On va passer à Ni vu ni connu.
- Speaker #3
Je voudrais que tu m'en dises plus sur ton jeu, sur toi aussi, je veux apprendre à te connaître. Corinne, une copine. C'est comment ton prénom déjà ? Corinne, Corinne Maclou. Comme les moquettes Saint-Maclou ? Oui. T'as pas choisi la facilité toi.
- Speaker #2
Ni vu ni connu, alors pour le petit pitch, on va suivre Corinne Maclou. Elle est figurante et elle enchaîne les tournages avec l'espoir d'être remarquée et de décrocher enfin un vrai rôle. Mais lorsque son chemin croise celui de Sandrine Kimberlin, et qu'une relation commence à se nouer entre les deux, Corinne espère concrétiser son rêve. Mais la célèbre actrice va-t-elle vraiment l'aider à se faire une place au sein de la grande famille du cinéma ? Donc, film de Marc Fitoussi, avec Isabelle Huppert dans le rôle de Corinne Macleod, Sandrine Kiberlin, vous l'avez compris, et puis toute une flopée d'acteurs, actrices, Diane Kruger passe une tête par là, il y en a plein, c'est assez chouette d'ailleurs de voir ça. Petit tour de table, à nouveau, en quelques mots, qu'est-ce qu'on a pensé de ce Niveau Inconnu ? Et je tourne dans l'autre sens, Edouard.
- Speaker #1
Pour moi, c'est un grand oui.
- Speaker #2
Excellent. Et toi, mon bon Julien ?
- Speaker #1
Moi aussi, j'ai trouvé ça très bien.
- Speaker #2
Eh bien, moi aussi. Voilà, c'est un strike. C'est un strike absolu.
- Speaker #1
Il en fallait bien un dans cet épisode.
- Speaker #2
Oui, parce que franchement, le niveau n'était pas très haut jusqu'à présent des films. C'était un peu difficile. Semaine qu'à t'as. On sent qu'on entre dans l'automne. Il fait froid. C'est quelque chose qui ne va pas. Vivement Halloween. Pour qu'on fasse un gros truc bien d'horreur. Très bien. Alors, qui veut commencer plus sur ce ni vu ni connu ? Peut-être toi, Edouard. Tu me disais en off que tu n'attendais pas grand-chose du film et que tu as été cueilli.
- Speaker #1
Exactement, on s'imagine un film français classique, je m'attendais à un 6 sur 10, un truc OK. Et en fait, j'aurais dû me douter, Elisabeth Lupert est probablement la meilleure actrice française de l'histoire, si pas au moins celle en activité encore. Et Sandrine Quiborlin, j'adore, formidable. Et en fait, ça m'a touché, vraiment, plein pot. Parce que ça parle de plein de trucs qui me touchent. Non seulement, ça met à l'écran littéralement mon travail depuis quelques années, à savoir la gestion de figurants, etc. Alors sachez que nous, on est très gentils, contrairement aux gens qui sont horribles dans le film. Le film pousse un peu les potards. Oui, c'est un peu horrible. Par contre, le fait de demander de l'eau, etc. Bref, il y a beaucoup de choses qui me rappellent vraiment le travail.
- Speaker #2
Les figurants n'ont pas le droit à la table des acteurs, donc ils n'ont pas la droite de la table de régie avec les bons petits choux. Les bouquettes et les fruits, ils ont juste... Ça dépend.
- Speaker #1
Ils ont juste les madeleines en plastique. Voilà, ça c'est dans les mauvaises productions. Et nous, on s'arrange pour ça. Du coup, ça parle de mon travail. Et notamment, du coup, de gens qui, comme Corinne, le personnage d'Isabelle Huppert, existent réellement. Et les réactions qui se passent dans le film, c'est un peu ça. C'est très proche de la réalité. C'est ça qui m'a troublé, moi. Et non seulement c'est bien interprété, mais l'histoire... va de ce point-là où on a envie de lui dire mais arrête tu vois enfin en fait le film nous met dans la peau de quelqu'un qui aimerait bien être en face d'elle pour lui dire ses quatre vérités en gros et très vite le personnage de Vincent Daudienne du coup qui aussi joue dedans à un moment on lui fait une petite révélation et là ça part direct et c'est fou parce que c'est tellement proche du réel et c'est tellement bien fait que moi ça m'a touché vraiment et aussi c'est comment dire
- Speaker #2
c'est bien plus complexe que ça m'en a l'air ouais c'est du très bon travail franchement beaucoup de nuances dans les personnages moi c'est ça qui m'a touché je ne sais pas si on doit les aimer les détester la vérité est au milieu elle est à la fois hyper touchante et insupportable la Corine McClou c'est juste trop bien franchement c'est très humain vraiment mais du coup toi Julien
- Speaker #0
Moi, je suis tout à fait d'accord avec vous. J'ai trouvé ça vraiment très, très bien aussi. Et moi, ce qui m'a surpris, comme vous, je m'attendais à une comédie française un peu banale, peut-être réussie, mais en tout cas, somme toute, assez banale, avec cet entre-soi français.
- Speaker #2
Oui, où le cinéma se regarde le nombril pour montrer comment on fait du cinéma.
- Speaker #0
Alors que là, c'est plutôt le cinéma se regarde en face, dans toute sa mauvaise facette. Et c'est un film qui a, moi, j'ai été surpris, c'est vraiment le truc qui m'a le plus surpris, qui est très conscient de la lutte des classes qui a lieu sur un plat de tournage, dans le milieu du cinéma. On a du coup Corinne la figurante, Sandrine qui est Borlin la vedette. Mais on a aussi Anne-Marie Wynne qui est entre les deux, qui est un espèce de stade de célébrité intermédiaire. On a aussi cette jeune assistante que Corinne parle à un moment qui elle ne va même pas au Maroc. Et du coup le film crée comme ça toute une série de portraits et décline un peu différentes catégories de l'actrice. Qu'est-ce qu'une actrice dans le cinéma français ? Il y a plein de possibilités entre guillemets. Et alors moi je trouve que Isabelle Huppert en figurante c'est quand même un petit coup de génie Mais oui,
- Speaker #2
c'est à la fois la pire et la meilleure idée mais surtout la meilleure idée, c'est-à-dire que pendant un moment de l'émission, je me suis vraiment posé la question est-ce que prendre une actrice comme ça qui tellement crève l'écran par son aura son magnétisme et tout, est-ce que tu crois au rôle qu'elle a, c'est-à-dire d'être une figurante et en même temps si c'est brillant de prendre l'actrice numéro 1 comme tu disais Edouard du cinéma français pour venir la mettre dans ses chaussures là
- Speaker #1
c'est trop fort en fait non seulement du cinéma français mais aussi du cinéma international les américains se l'arrachent aussi la collection de réels avec laquelle elle a bossé c'est fou, personne n'a sa carrière personne ne peut s'asseoir à sa table jamais de la vie moi c'est ça vraiment qui m'a touché,
- Speaker #2
je le disais un peu en off à Julien c'est cette hiérarchie qui est montrée en permanence le film n'est quasi que scène de hiérarchie et c'est très très fort parce que ça te met en perspective à chaque fois, c'est à dire tu penses Le film va jouer de façon assez maligne avec ta perception de la place qu'occupe le personnage que tu suis. C'est-à-dire que tu suis un personnage qui te dit quelque chose et tu as a priori tendance à être d'accord avec cette personne. Tu suis d'abord Corinne Maclou mais à un moment donné on va suivre aussi d'autres figurants ou d'autres techniciens, techniciennes. Notamment sur le tournage au Maroc, il y a à un moment donné une scène de complainte où elles sont en train de râler d'être là dans un hôtel qui n'est pas le super hôtel où les stars sont etc. Et pendant qu'elles se plaignent, tout d'un coup, clac, rupture. Pendant qu'elle se plaint, elle demande à un serveur marocain de lui filer du thé et tout, elle le regarde à peine, et puis après elle prend la température de l'eau en disant « Ouh c'est froid l'eau de la piscine ! » Tu te rends compte de la relativité en permanence de où tu te trouves, c'est-à-dire qu'eux se plaignent mais ils sont déjà là, sur tournage au Maroc, c'est-à-dire qu'ils ont eu des avions, des trucs, des chambres, ils ont des domestiques si tu veux, ils ont une piscine, tu vois de quoi on parle, mais eux se plaignent et vraiment pètent un câble. Et même la star, je trouve qu'Anna a un rôle super intéressant, la star au milieu, et qui est à la fois connue, mais par les séries. Donc, elle est connue pour des séries de merde, en fait. Voilà, en gros, elle dit, moi, je bosse pour TF1. En plus, ça balance des noms qui sont des vrais noms. Dans le film, ça balance tous les noms, des vrais trucs. Genre, et anatomie d'une chute, tu m'avais dit de ne pas le faire. Et les dardennes ne veulent pas de moi. Mais alors, tu sais, en même temps, elle dit, moi, je ne vais pas à Gare du Nord. Oui, mais Gare du Nord, c'est le train qui va à Liège, OK ? C'est trop bien. Il y a plein de moments super succulents. Et c'est vrai que c'est très ancré dans le réel. Je trouve que le film prend un malin plaisir à vraiment te déstabiliser dans ton échelle de valeur, en fait, en tant que qu'est-ce que c'est la réussite. Qu'est-ce que c'est d'être au bon endroit, d'avoir réussi ? Et c'est assez fou. Il y a un moment donné où le personnage, je ne vais pas le révéler, mais face à un dilemme, il a deux chemins qui se font face à elle. Et franchement, en tant que spectateur, je me dis, clairement, on serait dans un film américain. Ça court au ralenti, ça fait des tours et ça fait des trucs. Et là, pas. Et j'étais genre, ah ouais, cool, intéressant, tac, Et le film, finalement, super inattendu aussi sur plein de choses. Et les personnages, il y a des fois, tu te dis, en fait, il y a des scènes, elles sont tellement... over the top en termes de dispute tu dis après ça plus jamais je lui parle et en fait tu te rends compte aussi que ça t'explique que dans le cinéma tout le monde doit continuer de se fréquenter alors qu'il se lâche des dingueries mais des dingueries en vrai que ce soit dans les soirées cocktail ou sur le plateau comment ces humains travaillent ensemble c'est assez fou je
- Speaker #1
vais le répéter encore tout ce que j'ai vu dans ce film je l'ai déjà vu en vrai que ce soit sur les plateaux ou un peu en off, tu vois, quand t'es à l'hôtel, etc. C'est vraiment ça, tu vois, c'est littéralement ça. Donc c'est-à-dire que, non seulement c'est quelqu'un qui est très au courant du milieu dans lequel il travaille, le réalisateur, tu vois. Marc Fitoussi, ouais. Marc Fitoussi, ouais. Et en fait, c'est tellement juste que je trouve ça dingue d'avoir réussi à faire un truc comme ça. Parce que tout, genre, même le matériel de location, etc. Moi, je le reconnais parce que c'est mon travail, tu vois, mais d'un autre côté, tout ce qui a été vécu, tout ce qui est montré, tout ce qui est fait c'est très proche de la réalité en mettant ce petit grain en plus qui est, on aurait peut-être aimé que ça aille là tu vois par exemple, genre notamment le personnage de Vincent Dodienne dit ses 4 vérités au personnage de J.P.R. à un moment du film, très rapidement et ça, ça n'arrive jamais cette séquence-là n'arrive pas mais des fois t'as envie qu'elle arrive cette semaine on en rêve donc du coup c'est là que c'est bien c'est là que prend la fiction selon moi il y a ce petit truc en plus où on aimerait bien que Et comme tu le disais, dans un film américain, c'est vrai que l'or est fait de mythos, 100%. Et donc, même nous, en tant que spectateurs, on se dit, mais attends, pourquoi tu... C'est la chance de ta vie, tu vois, pourquoi tu passes à côté ? Et en fait... La scène de fin arrive.
- Speaker #2
Ouais. Oh mon dieu,
- Speaker #1
les larmes que j'ai lâchées moi.
- Speaker #2
J'avais des vibes de, je sais pas, de patient anglais, de Laurence d'Arabie, de grande scène d'Hollywood incroyable. De l'excellence. Avec ce phrasé un peu à l'ancienne et tout. Qu'est-ce qu'elle parle bien. Elle a un phrasé Isabelle Huppert qui est démentiel. Tu comprends tout ce qu'elle dit, l'intention, les yeux, elle est trop forte. Vraiment,
- Speaker #1
c'est très fort. La dernière, cette petite séquence-là à la fin.
- Speaker #2
Oh là là.
- Speaker #1
c'est exceptionnel et en fait moi je l'ai senti arriver à un moment quand on me donne une petite info je me suis dit ah oui c'est ça qu'elle va faire mais je l'ai su avant la scène donc juste avant la scène tu vois donc c'est ça que c'est bien c'est que ça ne révèle pas ce qui va se passer tu vois tu te la prends normalement tu vas te la prendre cette scène là et ouais c'est formidable et même du coup je trouve que le personnage de Sandrine Kiborlin est génial aussi parce que du coup elle est vraiment ultra privilégiée et d'un autre côté elle veut bien faire Et d'un autre côté, elle est un peu tout le monde. Elle est un peu toutes les réactions qu'un humain aimerait avoir face à ce genre de choses. Autant les négatives que les positives. Et du coup, c'est un personnage que tu peux aimer et que tu peux détester. Et c'est là où le film est très fort. C'est que tu aimes et tu détestes ces personnages en même temps. Et tu les prends pour des vrais humains. Ils ont des qualités que tu reconnais et ils ont des défauts que tu reconnais. Et donc, c'est pour ça que ça le rend tellement réaliste et tellement réel. Il y a plein de petits détails qui te montrent ce genre de choses. C'est fou.
- Speaker #2
Encore quelque chose à dire, mon bon
- Speaker #0
Julien ? Un dernier truc, peut-être. Moi, ce que j'ai beaucoup aimé dans le film aussi, c'est qu'il dénonce pas mal le milieu du cinéma, mais par contre, il a vraiment un très beau regard sur le cinéma, sur ce qu'il fabrique. Et on le voit, il y a une scène où il y a Emmanuel Bercot, qui est dans le film, qui dirige. C'est une scène superbe. Et je trouve que le film, Marc Fitoussi, a vraiment bien ce regard de le cinéma, ce qu'il produit, c'est merveilleux. Mais la manière dans laquelle il est produit, c'est là que se dérogent les problèmes, les injustices, etc.
- Speaker #2
Oui, dans cette scène, ce qui me bouleverse aussi, c'est le moment où elle comprend que même dans un autre pays, c'est exactement la même situation. Il y a quelque chose d'universel et d'international, potentiellement même d'encore pire, quelque part, encore dans certains autres coins du monde, dans la façon de produire le film. Et je trouve que ce truc qui, tout d'un coup, la lutte prend une dimension internationale. Je trouve ça super touchant. Le film est plein de petits détails comme ça. C'est un autre détail, ça plutôt positif, mais comme tu dis, pour souligner l'amour du cinéma, au moment où les chèvres débarquent, ça c'est un truc qui est vrai aussi. Sur les tournages, parfois, t'as des coups de bol en fait.
- Speaker #0
C'est comme ça,
- Speaker #2
quelque chose qui est plus vrai que nature qui apparaît. Et elle est là. La réalisatrice, elle remercie les dieux de mettre ça parce que tout d'un coup, t'as un truc et le cinéma est bourré de scènes qui sont en fait des séquences plus ou moins non prévues ou avec des petites choses en plus. Un arc-en-ciel, des choses comme ça qui apparaissent dans les films qui n'étaient pas prévues. ça c'est bien vu de la part de l'avoir laissé dire mais putain faut toujours qu'on coupe ça fait chier mais c'est un peu ce que c'est il y a vraiment cette réaction de je me dis ah oui mais j'aimerais trop avoir bossé pour une réale ou un réalité comme ça parce que c'est ça et en même temps hyper bien écrit parce que cette scène elle sert au moins deux buts et c'est comme ça qu'on fait du cinéma parce qu'en fait elle place déjà le physique Chekhov de c'est parce que c'est une réale qui ne coupe pas qu'on va pouvoir avoir l'espace pour la scène de let's go et ça c'est du cinéma ça me plaît C'est bien.
- Speaker #1
tous les plantés sont récoltés tous les pay-in sont pay-off tous les plantés sont récoltés voilà vraiment mais c'est comme ça qu'on appelle ça un planté récolté dans le scénario et tout est récolté donc c'est ça aussi que c'est bon c'est pour ça que le film est bien fait dans le sens où rien n'a été laissé au hasard c'est à dire que tout se répond tu vois notamment cette scène de l'eau qui est vraiment l'intro et vraiment presque à la fin et voilà quoi il n'y a pas de miracle c'est vraiment bien fait de A à Z chapeau et je pense que c'est j'adore les films qui parlent de films et je pense pas avoir vu plus juste de ma vie, je pense. Alors pourtant, il y a plein de cinémas sur le cinéma, mais celui-là est pour moi de loin le plus juste et le plus précis en tout cas de ce qu'on vit nous ici.
- Speaker #2
Eh bien, vous l'avez compris, ce film ni vu ni connu, il mérite absolument d'être vu et d'être connu. Donc foncez au cinéma, rattrapez ce film qui sort le jour où vous nous écoutez, le mercredi 7. Très très bien les amis, alors on va passer à la pépite du passé. On va pouvoir se plonger dans le destin d'Amélie Poulain.
- Speaker #4
Alien la résurrection Vos films de Jean-Pierre Jeunet Le destin d'Amélie Poulard Et si elle changeait votre vie ? Il est Didi
- Speaker #0
Je croyais qu'ils vont faire la même chose pour Lady Di.
- Speaker #1
Alors, Le Destin d'Amélie Poulain, Pourquoi c'est ma pépite ? Donc, film sorti en 2001, qui avait coûté quand même 10 millions à l'époque, mais qui en avait rapporté... beaucoup beaucoup plus parce que c'est un film qui s'est exporté très très bien à l'international c'est presque un peu le film tu sais quand on passe au cinéma français et quand on n'est pas français on se dit oh yeah it's Amélie I know Amélie it's amazing tu vois c'est un peu les gens américains qui aiment la France c'est Amélie et Émilie et tu crois que la France c'est ça c'est la France c'est Amélie et Émilie Paris yes yes I like c'est un peu ça ceci dit voilà film de Jean-Pierre Jeunet avec Audrey Tautou dans le rôle principal Mathieu Kassovitz notamment il y a même une petite de tête de jamais debout. J'avais quand même oublié qu'il était là, c'est juste génial. Donc pour le petit bûche, pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas le fabuleux destin d'un mini-poulain, on va suivre Amélie, qui est une jeune serveuse dans un bar de Montmartre. Et elle passe son temps à observer les gens et à laisser son imagination vagabonder. Elle s'est fixée un but, faire le bien de ceux qui l'entourent. Elle invente donc des stratagèmes pour intervenir incognito dans leur existence. Voilà, et donc pépite, c'est vrai que c'était un film que j'avais vu il y a longtemps, que j'avais quand même pas vu au moment où ça sort, donc j'avais redécouvert sur le tard quand même, moi je l'avais dit dans le petit débat qu'on avait eu au FIF, que mon premier film de Jean-Pierre Jeunet, c'était Délicatessen, dix ans avant, ça aurait pu être les 35 ans de Délicatessen, on a hésité lequel des deux on prenait, on s'est dit qu'il y en avait qui sentait un peu trop la boucherie, qu'on allait rester sur un truc un peu plus léger. Il est plus genre. Et donc voilà, c'est un film absolument merveilleux, c'est d'une... Poésie sans nom, c'est bouleversant rien que au niveau du cadre. Bon voilà, Jean-Pierre Jeunet s'est signé vous savez tout de suite que vous êtes dans un film de Jean-Pierre Jeunet à part Alien 4, c'est moins évident que vous êtes dedans C'est très évident Il a eu moins la liberté de faire des trucs par rapport au cadre et des couleurs et des objets Il s'est battu C'est juste trop trop bien On suit ce personnage qui est épreinte de liberté mais qui a pas de pouvoir a peur en même temps, qui n'ose pas s'engager, qui se cache, qui préfère faire le bien dans l'ombre. C'est bourré de symboles. À chaque fois qu'elle fait un petit stratagème, c'est à chaque fois le chat qui est présent, la malice du chat. Son nom déjà, Amélie, ça veut dire courage, l'origine du nom. Poulain, c'est le petit du cheval, donc le cheval symbole ultime de la liberté. Mais Poulain, le cheval qui veut de la liberté, mais qui a peur encore d'aller gambader. Et donc c'est très très fort. Il y a plein de symboles, c'est un puzzle, comme souvent dans les films de Jean-Pierre Jeunet, il y a plein d'objets. C'est le genre de film que vous pourriez arrêter. sur images et détecter les objets qui sont présents dans le cadre, parce que c'est des indices de plein de choses qui se passent. Les personnages sont tous vraiment adorables, à part l'épicier qu'on a vraiment finalement envoyé. Mais Jamel est juste merveilleux dedans aussi. Donc voilà, vous, ce petit Amélie, vous l'avez vu. Quand est-ce que vous l'aviez vu la première fois ? Edouard, tu connaissais ce film ?
- Speaker #2
Oui, bah écoute, moi dans mon cas, il y a beaucoup de réalisateurs. Jean-Pierre Jeunet arrive en numéro 2, juste après Wes Anderson. c'est mon réel français préféré donc j'ai vu tout de lui je crois je pense que j'ai tout vu il a fait des trucs un peu obscurs sur Netflix récemment c'est pas fifou t'enlèves Big Bug et la carrière est hallucinante l'un de mes films préférés c'est La Cité des Enfants Perdus qui est dans les 4 et donc tous les autres films de Jean-Pierre Jeunesse un long dimanche de fiançailles probablement son meilleur des caméli ça dépend de ta sensibilité mais c'est un film qui est super coloré et qui est reconnaissable entre tous, tous les rôles sont exceptionnels l'histoire se suit et c'est un gros puzzle c'est une aventure je pense que c'est un film que tu ne peux pas trop pitcher c'est très difficile de pitcher ce film là il faut le vivre froid, franchement honnêtement c'est cool,
- Speaker #1
ça va, on a quand même encore un petit peu le temps même si on doit bientôt sortir de ce studio comme ça vous saurez tous les auditeurs et auditrices et toi Julien, ce Amélie
- Speaker #3
Moi, je l'aime beaucoup. Je l'avais vu quand j'étais adolescent, où je connaissais déjà les autres films de Jean-Pierre Jeunet. C'était un peu étonnant de savoir que c'était Amélie Poulin et Alien 4, c'était le même réalisateur. Moi, je me rappelle que quand j'étais adolescent, ça m'avait un peu troublé. Moi, j'aime beaucoup le film pour toutes les raisons que vous avez évoquées. Je suis un petit peu moins attaché parce que je pense que moi, je préfère le Jeunet un peu sale, un peu méchant des débuts. Et je pense qu'Amélie Poulin, c'est le premier pas vers sa reconnaissance. grand public total, on va dire. Mais du coup, les films d'après, ils sont un tout petit peu plus classiques. Alors que moi, La Cité des Enfants Perdus et Delicatessen, j'adore. Et même Alien 4, j'aime beaucoup. Et du coup, je pense qu'Amélie Poulain, c'est exceptionnel dans ce que ça fait. Et c'est sans doute un des meilleurs jeuners. Mais c'est le premier vers, en tout cas, vers un petit assagissement, on va dire, tu vois. Mais moi, ce que j'aime aussi, c'est aussi toutes ces références à la bande dessinée, ce ton qui ne ressemble qu'à lui, sa façon de déformer les visages. Et qui, du coup, pour la première fois, il usait de tous ses outils pas pour nous faire peur ou nous faire entrer dans un univers bizarre et glauque, mais pour aller vers l'empathie, vers la candeur, vers le merveilleux on pourrait dire, même s'il y a déjà un petit peu de merveilleux dans La Cité des Enfants Perdus mais oui, c'est un très très beau film en tout cas, on aurait aimé qu'il y ait plein d'autres jeunets qui naissent un peu dans le cinéma français suite à ce film, mais en fait il n'y en a pas beaucoup eu, il y a peut-être les derniers films de Dupontel qui ont Faut un peu l'héritage de ça, mais sinon, moi, je ne vois pas beaucoup d'héritiers à ce cinéma-là. Non,
- Speaker #1
pas vraiment, j'avoue. Des petits films qui arrivent sur Terre et qui se disent je nais.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Ok, bon. Oui, c'est la fin.
- Speaker #1
Très bien, on y va. Non, non, et en plus, musique de Yann Thiersen, on ne l'a pas dit. Je vais en verrer un petit peu comment notre monteur Achille mettra la musique, s'il y a un petit extrait de Yann Thiersen. Après, non, ne le faites pas parce que j'ai découvert que c'était un des gars qui était le plus chiant sur ses droits d'auteur. Donc, pour le moment, tu mets deux notes de Thiersen sur les réseaux sociaux, t'es direct flagué, ta vidéo, elle est direct enlevée. Donc, non, mais c'est vrai que c'est très enchanteur aussi cette musique-là. Moi ce que j'adore c'est aussi La langue française est hyper bien maniée C'est un film aussi qui va traiter des lettres Il y a beaucoup d'écriture, il y a beaucoup de choses Il y a une phrase La chance c'est comme le tour de France On l'attend pendant longtemps et puis ça passe trop vite C'est très juste Il ne faut pas avoir peur de se lancer dans la vie Vous êtes amoureux, foncez Amélie est amoureuse, allez-y À un moment donné elle dit aussi Les émotions d'aujourd'hui ne seront que la peau morte Des émotions d'autrefois
- Speaker #2
C'est beau ça, j'avais oublié Merci.
- Speaker #1
il y en a beaucoup dans ce film c'est vraiment très très bien ce petit Amélie, quand je me suis rendu compte que c'était les 25 ans de ce film, je me disais soit vous l'avez déjà vu, auditeur, auditrice et du coup, revoyez-le, parce que c'est un film qui je trouve se voit très bien quand on est jeune et se voit aussi très bien quand on est un peu moins jeune, du coup quand on prend un petit peu de bouteille, on va dire ça comme ça et si vous l'avez jamais vu, alors qu'est-ce que vous faites encore autour de ce podcast ? Les amis, foncez, regardez toute la film, toute la film, il faut tout voir vous voyez tout Très très bien les amis, on arrive à la fin de cet épisode. Mais pas avant de vous avoir parlé de nos coups de cœur de la semaine.
- Speaker #3
Du coup ? Mon coup de cœur de la semaine, c'est Silent Friend de Ildiko Egnedi, une réalisatrice hongroise. J'espère que je prononce bien son prénom. Du coup, c'est un film allemand et hongrois qui nous place dans la peau d'un arbre. Parce que le Silent Friend du titre, c'est un arbre. Et en gros, on va suivre trois histoires, une en 1970 et une pendant le Covid, en 2020, avec Tony Leung, je tiens à le dire. Et en fait, ce qui rassemble ces trois histoires, c'est qu'on va les suivre du point de vue d'un arbre. qui est dans une université en Allemagne. Et c'est un film qui nous invite à nous décentrer de l'humain. C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de plans qui sont mis avec les plantes en amorce, du point de vue des branches, de filmer de très très loin comme s'ils étaient observés par la végétation. Et vraiment, c'est un film qui a vraiment un propos de se détacher de l'anthropocentriste. Évidemment, on va aussi suivre ces différentes histoires de scientifiques qui sont en train de faire des études très spéciales. Mais le film, en tout cas, a vraiment une entreprise de filmer tout ça du point de vue des plantes. Et rien que pour cette originalité-là, je pense qu'il mérite d'être salué, en plus de l'appréciation de Tony Leung. Et il est disponible sur Suneur.
- Speaker #4
Vous êtes tous les descendants d'une femme née en 1873,
- Speaker #5
Adèle Meunier, née Vermillard.
- Speaker #0
Je sais pas, on est quand même une famille, je connais même pas, c'est bizarre, non ?
- Speaker #5
La maison est restée fermée depuis 1944.
- Speaker #1
Eh bien, quant à moi, ça va être une pépite où je fais l'appel à un ami. L'appel à un ami, l'ami Edouard. Edouard, es-tu là ? Non, je rigole parce qu'en fait, j'ai enfin vu le film qui était son film numéro 1 de 2025. J'ai nommé L'Avenue de l'Avenir de Cédric Clapiche. Et ça a été si doux, si beau. si magnifique, si merveilleux et je lui envoyais des messages en direct en regardant le film en disant voilà, Edouard t'avais raison parce qu'il avait insisté, j'avais pas réussi à le voir à l'époque l'année passée comme quoi parfois, avec un petit temps de décalage, on rattrape quand même les choses et on se rend compte qu'on aurait mieux fait de le voir instantanément et de le voir au cinéma c'était si doux, voilà, la venue de l'avenir de suivre... c'était trop bien, on suit tous ces personnages pour le petit pitch, on commence dans une scène de réunion avec une notaire qui rassemble un peu tout le monde pour dire voilà, vous êtes tous les descendants de Adèle, qui était une femme en 1870, quelque chose comme ça Et elle avait une maison. On n'a pas le droit de l'ouvrir, mais si vous donnez une autorisation, vous pouvez ouvrir cette maison, on peut voir ce qu'il y a dedans. Et on va sélectionner quatre d'entre vous pour représenter un petit peu toutes les branches de cet arbre. Je te le fais très court. Mais du coup, ça, c'est le pitch de base qui permet à ces gens de se mettre ensemble. Mais surtout, ça va déboucher vers une histoire humaine absolument merveilleuse, à la fois dans la temporalité moderne, où on suit les descendants, mais aussi des flashbacks d'époque. Ils ont mis les moyens, c'est quand même un film qui a coûté 16 millions, ce qui est un beau petit budget pour un film français. d'époque pour suivre un petit peu le parcours, l'arrivée vers Paris et puis son rapport avec la campagne, d'où elle venait, les gens qu'elle va rencontrer, un peintre un petit peu connu, juste vite fait connu, qu'elle va rencontrer à ce moment-là à Paris. C'est beau, c'est beau de ouf, c'est hyper doux, c'est hyper beau. Je n'ai pas vraiment les mots, mais il faut le voir, parce que la piche, c'est souvent quand même une très bonne recette, c'est rarement planté. Mais là, vraiment, c'est bonheur. Est-ce que... L'appel à un ami, Edouard ?
- Speaker #2
Je vous l'ai dit, je vous le redis, et je vous le redirai encore. Allez le voir à l'avenir, c'est formidable. Et tous les films de Clapiche, d'ailleurs. On parle de réalisateurs que j'adore aujourd'hui. Regardez tout Jean-Pierre Jaunet, regardez tout Clapiche, ça vaut vachement le coup. Tous, tous, tous. Tout ce qu'ils ont fait, ces deux-là, c'est formidable. Sauf Big Bug. Et voilà.
- Speaker #1
Il y a toujours un petit raté.
- Speaker #2
Il y en a toujours un. Mais bon, là, je ne vois pas trop chez Clapiche. En tout cas, ça donne envie de le revoir d'ailleurs. Quand tu m'en as parlé, je vais peut-être me le refaire, mais bon, je l'avais déjà vu quatre fois au cinéma à l'époque.
- Speaker #1
T'es allé le lendemain, je me souviens.
- Speaker #2
Oui, c'est ça, tout à fait. Ben voilà, c'est génial. Donc merci d'en parler, ça fait plaisir.
- Speaker #1
Merci à toutes et à tous de nous avoir écouté pour cet épisode. On espère que ça vous a plu. En tout cas, nous, on s'est bien marrés. Ça partait mal avec des films qui ne nous ont pas super plu. Mais on a remonté le niveau grâce à des réalisateurs vraiment exceptionnels. Vous l'avez compris. N'hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé des différents films dont on a parlé. Merci à Sooner. Merci à la revue Surimpression disponible dans tous les cinémas. Vous n'avez pas d'excuses pour ne pas en attraper un en sortant de salle. Et puis, nous, on se retrouve très bientôt, les amis. A tchao tchao, les copains. A très bientôt.
- Speaker #3
Et tchao tchao.