Speaker #0Bienvenue dans celle qui, un espace intime où je marche aux côtés des femmes qui m'ont traversé, celles que j'ai aimées, croisées, perdues, rêvées, celles qui ont laissé une empreinte sur ma peau, dans mes souvenirs, dans mes silences, dans ma tête et dans mon cœur, à chaque épisode, une voix, la mienne, posée sur des instants. Des lettres que je n'ai jamais envoyées, des choses que je n'ai jamais osé dire, et d'autres probablement que j'ai beaucoup trop dit. Ce podcast est un passage, un souffle, un endroit pour déposer, ressentir, transmuter. Alors bienvenue, celle que j'ai dit aimer. Je t'écris avec cette voix qui tremble un peu, mais qui veut sortir, parce qu'elle est là depuis longtemps, peut-être même depuis toujours. Cette voix que je garde sous le sternum, la gorge et le cœur, celle qui me serre, celle qui tape doucement, tous les jours, elle toque. Je ne savais pas comment te dire tout ça, ni à l'époque, ni maintenant, alors je le fais ici, pour moi, pour toi. toi, peut-être pour d'autres, je fais partie de celles qui m'ont traversée, je t'ai désirée, dès les premières secondes, c'est ton corps d'abord qui m'a frappée, vivant, tendu, pélins, à ta manière de piller les genoux pour attraper quelque chose au sol, sans jamais casser ton dos, tu restais droite. et moi voyez cette force dans ton acte il savait savait que les parties de ces personnes cette part de ces êtres qu'on approche à peine qu'on effleure si l'on tu te dédois à ma manière je t'ai aimé en secret dans les silents dans mes maladresse dans mes absences aussi je t'aimais sans savoir le dire et toi n'as pas su le voir est ce qu'un jour tu m'as dit c'est marrant je n'ai jamais pensé que tu m'aimais et cette phrase elle a tout écrasé ce poids cette claque, ou mon amour, tout ce que je croyais avoir montré, c'était tu, et peut-être que, je sais pas, t'aimais à voix haute, ou alors peut-être que ma manière de t'aimer, c'était la même que celle de regarder un feu de loin. Avec les yeux grands ouverts, les mains tendues et le cœur brûlant en silence. Ce que j'aimais en toi, j'ai aimé ta rage, ta façon de pouvoir casser les murs, ta lucidité brutale, ton exigence, ta colère contre le monde. Tu disais le monde est malade alors je tape dans le ventre. Et moi je te regardais faire, écrire, hurler, te battre. Et je me disais elle est vivante. Vivante comme peu de gens le sont. C'était tellement inspirant. Tu m'inspirais. Et j'aimais cette tendresse retenue. Surtout quand tu parlais de ton fils. Cette douceur dans ta voix. Il y a du détachement, comme si tu savais que personne ne t'appartiendrait jamais, même pas lui. Et j'aimais ses détails, avec toi, cette façon que tu avais de vapoter, avec ton index dans ta bouche quand tu réfléchissais trop. Tes clémentines, tu mangeais, pleine bouche. Et les mouettes que tu imitais dans la rue, et puis tu faisais aussi le sanglier. C'est ta liberté que j'aimais La façon de dire merde et de vivre, de vivre fort. J'aimais quand on s'embrassait dehors, quand on se tenait la main. Ça me permettait de me dire, oui, je suis avec une femme. Et alors, je me sentais bien. j'ai aimé ça j'ai aimé et puis j'ai fui mais j'ai fui pas toi je fuis c'est moi c'est l'amour c'est ce que ça réveillait la peur d'être rejeté mon vide mon besoin d'être choisi sans oser me montrer Alors je suis partie dans les bois, la Bretagne, dans l'eau, dans le silence, partout où j'allais, je voyais ton prénom. Je me disais, mais je cherchais des signes, comme une ado mystique, tu sais, des panneaux, une rue, des rues, des églises, des hippocampes, oui, même des hippocampes. Comme si le monde me disait, tu la reverras, mais c'était pas ça que je voulais, pas ça que je veux. plus je souhaite, de te dire que je t'ai vu, que je t'ai aimé, pour de vrai, pas comme un objet, pas comme un sujet, pas comme dans les films, pas avec des promesses, juste avec mes tripes, et mes tremblements, et mon besoin de m'en sortir, de vivre, ça a été une saison. Une saison que je n'oublierai pas. Et même si tu ne m'as jamais dit je t'aime, et même si tu ne m'as jamais cru, je l'ai dit. Moi je sais. Oui, moi je sais. T'aimer, tu m'as traversée. Merci d'avoir écouté Selkie. Si ce récit a touché quelque chose en vous, laissez-le résonner, doucement, sans urgence. Vous pouvez le partager, le garder pour vous, ou simplement revenir quand ce sera le moment. Je vous retrouve prochainement, peut-être, pour un prochain épisode. A bientôt !