Description
CéréMONIe, le podcast où on parle avec sincérité des défis de l'entrepreneuriat.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




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CéréMONIe, le podcast où on parle avec sincérité des défis de l'entrepreneuriat.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Les amis, on est dans Cérémonie, vous commencez à connaître la routine. Un entrepreneur ou une entrepreneuse, aujourd'hui une entrepreneuse. On parle d'entrepreneuriat de manière chill et surtout, surtout ce qu'il y a derrière l'entrepreneuriat, derrière la personne qu'il y a derrière. Et aujourd'hui, on va parler de Archimede et on a Armandine avec nous. Bonjour, comment tu vas ?
Ça va super bien, merci. Et toi ?
Franchement, ça va bien. Je me rends compte que j'aime beaucoup avoir des entrepreneurs et des entrepreneurs devant moi et discuter parce que moi je le suis. Et mine de rien, c'est toujours très... J'ai oublié le mot. Il est tard. Stimulant. de parler des entreprises, stimulant. Est-ce que tu peux commencer ? On va commencer par une question assez simple. Qui tu es ? Ton âge, ton origine ? Qui est Archimede ? Qu'est-ce que ta boîte fait ? Et ensuite, on rentrera un peu dans les détails.
On commence par ça ? Moi, je suis Armandine Kondok, j'ai 31 ans, maman d'une petite fille de 5 ans et je viens du Cameroun. Je suis arrivée au Cameroun en étant étudiante étrangère, donc en 2011. Ensuite, j'ai fait un parcours normal jusqu'à un master. Et à la suite d'une expérience personnelle, j'ai décidé de créer Archimède, qui en gros facilite l'accès au logement avec des loyers d'avance qu'on met pour vraiment rassurer le propriétaire et sécuriser le rapport locatif pour les locataires.
Ok. On va parler d'Archimède, mais tu m'as dit une phrase intéressante. Tu as dit à la suite d'une expérience personnelle. Donc, tu fais partie de ces entrepreneurs qui créent quelque chose parce qu'ils ont vécu quelque chose.
Oui. Parce qu'ils ont surtout vécu quelque chose et que ça s'applique à beaucoup de personnes. Parce que c'est aussi ça, on peut vivre quelque chose personnellement. Et finalement, la preuve du marché n'y est pas. Mais là, on s'est rendu compte que non seulement ça ne touchait pas que moi personnellement, mais aussi une autre catégorie de personnes qu'on détaillera plus tard. Mais c'était par rapport au logement. Donc, par rapport au logement, je suis arrivé en France en étant étudiante étrangère. Et pour ceux qui ne savent pas, quand on arrive en étant étudiante étrangère, en fait, il y a des conditions qu'on remplit avant d'obtenir son visa. Et dans ces conditions, il faut avoir un logement. Imaginez-vous au Cameroun, en train de chercher un logement sur le Boncoin avec un propriétaire en France. Je pense qu'on voit déjà un petit peu le portrait. Et donc, par le biais d'hôtels, d'amis, on a réussi à me faire venir, mais sur place. Même chose, il fallait trouver un logement. Mon père, gagnant sa vie au Cameroun, ne pouvait pas justifier en France, en CFA. Sauf que parallèlement, j'avais les fonds, j'avais de l'argent, j'avais le soutien de ma famille. J'avais 17 ans, j'étais une étudiante et mes parents se portaient garant, mais on ne pouvait pas prouver qu'on est capable de payer son loyer. Et donc, ça m'est venu sur ma carrière, sur ma vie étudiante et entrepreneuriale plusieurs fois. en étant étudiante étrangère et en étant entrepreneur. Parce que bien évidemment, on n'a pas de fiche de paye. Et donc, j'ai dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Comment on fait pour trouver des solutions ou alors pour facilement entrer dans un logement ? Et donc, l'idée à chaque fois, en fait, c'était de se dire qu'est-ce qui se rapprochait ? Quelle était la similarité entre ces deux cas ? En fait, c'est que j'avais l'argent en épargne. Et je me suis dit, mais pourquoi on n'avance pas juste les loyers et puis on rassure le propriétaire sur un montant de 6, 9 mois, 12 mois, si on peut, pour vraiment... permettre aux propriétaires d'être assurés. Et c'est de là où est venue l'idée de pouvoir faciliter l'accès au logement.
Tu n'aurais pas eu cette expérience de vie, est-ce que tu penses que tu aurais eu l'idée d'arche-maille ?
Oui.
Ok. Oui. Parce que tu aurais entendu ce problème-là. Oui. Donc ça veut dire que tu es... Est-ce que tu as toujours voulu être entrepreneuse ?
Ah oui. Oui. Depuis que j'étais toute petite.
Ok. De quel âge toute petite ?
Euh oui, quand j'avais 5 ans, je voulais être... Boss. C'est vraiment l'idée où on est boss, on a encore le côté où... On dit ce qu'on doit faire à tout le monde, mais sauf que ce n'est pas la réalité. On est vraiment loin de ça. Mais j'avais cette idée de dire que je veux être mon propre boss, je veux gérer des personnes et je veux faire plein d'argent dans l'immobilier. C'était très, très précis.
C'est précis, hein ?
C'était très précis. Parce qu'à l'époque, je voyais... Comment ça s'appelle ? Les Hilton Hotel, je me suis dit, il me faut des bâtiments comme ça. Et c'était à l'époque de... Comment il s'appelle ? Paris Hilton. Ça chauffait un petit peu pas mal. Et son nom était partout. Je me suis dit, non, il faut que j'ai ça. Et bizarrement, on s'y rapproche. Je ne suis pas encore à ça, à Hilton, mais on y est arrivé.
Est-ce que tu es issue d'une famille d'entrepreneurs ?
Oui, une famille d'entrepreneurs. Oui et non. Oui, parce que ma mère, elle a entrepris. C'est chez elle que je pense que j'ai pris cet ADN. Même si aujourd'hui, elle est... Elle entreprend toujours mais d'une autre façon. Mais du côté de mon père, avec qui j'ai le plus vécu, non. Mon père c'est un fonctionnaire de la vieille école qui a fait 40 ans dans son service et qui n'a pas l'esprit entrepreneurial.
Est-ce que quand tu as commencé à vouloir devenir entrepreneuse, tu as été soutenue dans ta famille ou tu étais un peu seule ?
J'étais un peu seule, j'étais même très seule. Je pense qu'aujourd'hui, on le prend au sérieux parce qu'on me voit voyager, mais au début, j'étais toute seule. On se disait, mais qu'est-ce qu'elle fait ? J'ai cet adage qui dit toujours que si on est entrepreneur, on est un peu un fou qui ne se connaît pas. Un fou en tant qu'entrepreneur. C'est comme ça qu'on me voyait, comme une personne qui cherche la difficulté alors qu'elle peut tout simplement... Trouver un emploi et rester tranquille comme tout le monde. Donc non, je n'étais pas forcément soutenue au début. Oui,
ce n'est pas forcément facile. J'ai eu un peu le même profil, sauf que c'était en toi. Tu as 5 ans, donc tu dois apprendre. Donc tu as appris toute seule ?
Oui.
Tu as fait une école de commerce ?
J'ai quand même fait une licence en stratégie et décision économique. Je suis quelqu'un de très stratégiste et je le vois tous les jours. Ensuite j'ai fait un master en entrepreneuriat et management des projets. Ce qui m'a back-upped, enfin back-upped je pense que tout le monde comprend, mais qui m'a permis d'avoir les compétences nécessaires pour savoir un petit peu qu'est-ce que c'est qu'un bilan, qu'est-ce que c'est qu'un prévisionnel, comment anticiper, voilà enfin toutes ces notions qu'on apprend dans ces modules-là.
Archimède, c'est ta première société ?
On va dire que c'est ma première société, mais ce ne sont pas mes premières entreprises. Parce que vous savez, vous avez toujours des petits business que vous faites pour tester le marché. Ce où il n'y a pas de cabisse. Exactement.
On connaît, on connaît.
Mais oui, vraiment, c'est ma première société officielle.
Tu l'as montée toute seule ou est-ce que tu as été avec des gens ?
Toute seule.
L'idée, tu l'as eue seule et tu as créé une structure seule.
Exactement.
Il y a combien de temps que tu as créé la structure ?
Il y a six ans.
Il y a six ans ?
En 2019.
Ok, un peu avant le Covid.
Oui, exactement.
est-ce que ta... Tu as eu l'idée, tu t'es lancé tout de suite. Est-ce que ton projet, il est plus technologique ou plus relationnel ? Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
Oui, il est plus relationnel. C'est une innovation sociale. On va dire une innovation sociale qui s'appuie sur du numérique pour répondre à une problématique sociétale. Ok.
Est-ce qu'aujourd'hui, tu considères que, par rapport à ce que tu avais comme plan il y a six ans, tu es là où tu voudrais être ? Est-ce que tu es contente ?
Je suis contente, je suis contente, mais j'espère toujours comme un bon entrepreneur. On veut toujours plus, mais je suis déjà très, très contente.
Il n'y a pas encore les huit tonnes, mais on arrive.
On n'est pas encore là, mais ça, on arrive.
J'étais regardé dans une interview que tu avais faite, le chiffre m'a un peu choqué. Il y a 40% des dossiers qui sont falsifiés dans la demande de logement. Est-ce que ça t'a renforcé, tu t'es dit quand tu as vu ce chiffre-là, tu te dis je suis dans le bon endroit ou est-ce que tu t'es dit Est-ce que c'est pas impossible entre guillemets à structurer ? Parce qu'il y a un truc un peu légal dans la garantie locative. Est-ce que tu t'es dit l'État va m'embêter en lançant le projet ?
Non, ça m'a renforcé parce que vous imaginez vous êtes propriétaire. Parce que ce qui est assez intéressant dans notre activité, on ne prend pas de parti pris. On est là pour sécuriser le rapport locatif. présence juste envers le locataire et envers le propriétaire. Autant en tant que propriétaire, vous vous dites que vous recevez un dossier et que c'est falsifié parce qu'on n'a juste pas la capacité ou l'honnêteté de dire que moi je suis en CDD, mais j'ai tel montant d'argent sur mon compte qui va me permettre de pouvoir payer. Et aussi envers le locataire, que je comprends aussi tout à fait, parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas postuler à un logement sans pouvoir avoir un CDI. C'est... Le marché évolue et aujourd'hui, le CDI ne veut plus rien dire. Je veux dire, entre griffes, ça veut dire que c'est bien, mais ce n'est plus ça. Tout le monde ne tend plus au CDI. Il faut pouvoir s'adapter au marché. Et donc, du coup, quand j'ai vu ces chiffres, je me suis dit, waouh, parce que des gens falsifient des dossiers pour juste avoir un 8 pour entrer, pour se loger. Alors que pour la plupart, certains ont de l'épargne. Donc, quand j'ai vu ça, je me suis dit, oui, il y a vraiment un intérêt à avoir ce type de solution. d'autant plus que ça se fait partout, mais pourquoi pas en France.
Partout dans le monde ?
Oui, je veux dire, la plupart des pays où j'ai voyagé, déjà l'idée m'est venue du Cameroun. Si vous voulez louer, la plupart du temps, même en Afrique, vous avancez les loyers. Le propriétaire, il ne se casse pas la tête à savoir si vous êtes comment, voilà. Vous avancez vos loyers, ça peut être six mois, un an, d'autres même deux ans. Chacun met ce qui lui permet d'être rassuré. Je suis partie à Dubaï pareil, je suis partie aux Etats-Unis pareil, en Angleterre on le fait. Je me dis, mais pourquoi il n'y a pas cette possibilité en France ? C'est juste ça.
Ok. Tu avais des a priori sur les locataires, les propriétaires avant de te lancer ?
Non.
Tu n'avais pas de cliché en tête ?
Non, parce que comme je dis, après je suis quelqu'un de très pragmatique. Je me vois mal aujourd'hui acheter un appartement. et quelqu'un ne paye pas, et je ne peux pas le mettre dehors. C'est aberrant. Moi, je viens d'un pays où, dès qu'il y a le moins de soucis, c'est dehors. Donc, pour moi... Il n'y a pas d'entrée viverne à l'Occitanie. Ah non, non, il n'y a pas d'entrée viverne. C'est fini, c'est fini. Il n'y a pas d'entre-octobre et mars. Non, on n'a pas ça. Donc, pour moi, je n'avais pas de cliché sur le propriétaire qui demande juste à être payé. Après, tout le parcours, en plus, pour acheter en France, où c'est quand même très compliqué, on va se le dire. Et toutes les lois sont les critiquées. Donc, je n'avais pas d'a priori. C'est normal d'être payé.
pour voir son loyer. Vu que tu vois la structure de la société, comment elle évolue, j'ai l'impression que tu auras de plus en plus de clients. Parce qu'il y a de moins en moins de CDI. Parce que les entreprises, elles ont des visions beaucoup plus difficiles à cause des innovations technologiques. Et même les jeunes, moi je vois la génération, la nouvelle génération, nous, j'ai 40 ans bientôt, c'était, il fallait signer un CDI. Là, les jeunes, ils s'en fichent littéralement de ça. Ils veulent voyager, ils veulent être entrepreneurs. Il y a de nouveau, le freelance, C'est un truc qui existait pas forcément avant, mais qui se développent de plus en plus. Donc, cette situation du gars ou de la fille qui veut louer un appartement, parce que tout le monde voudrait toujours louer des appartements, ça va augmenter. Ok, donc, belle intuition.
Oui, on a un temps sur ce marché, pour être très honnête, les locataires, ça ne manque pas. On a toujours des gens qui cherchent un logement. Mais c'est juste encore, on va dire, que les propriétaires ont un petit peu une... mentalité plus hargneuse qu'on essaie de décortiquer, d'éduquer. Mais ça vient aussi naturellement parce que le marché propose de plus en plus de garanties locatives différentes que le garant physique. On a bien compris que le garant physique, c'est plus seulement ça. Parce que vous vous portez garant que si j'ai un impayé, je vais être payé.
C'est vrai que vous avez récupéré l'argent du garant ? Ah non. C'est pas genre parce qu'il a juste mis son nom Moi j'ai mis mon pote garant d'un appartement Je me dis il a jamais payé pour moi Il a jamais payé pour moi Non non
De plus en plus ça vaut plus Grand chose Donc après il y a d'autres garanties qui se sont mises en place Comme l'ancienne Assurance qui existe depuis DELUS Qui est la GLI Sauf que ça s'appelle garantie loyer payée Qui est mis en place mais payée par le propriétaire Voilà pour pouvoir avoir son loyer. Mais même ce modèle-là, ça a un coût en fait. Imaginez un propriétaire qui paye juste pour être payé. Donc, de plus en plus des nouveaux modèles de garantie qui font payer le locataire pour lui son risque. Il commence à venir sur le marché. Donc oui, on tend vers quelque chose de plus favorable pour la garantie locative.
À quel moment de ton parcours, il y a l'idée dans l'entrepreneuriat ? Il y a l'idée, qui est pour moi quasiment la plus importante, la motivation. de transformer ton idée en entreprise, c'est là où on perd le plus de gens, parce que les idées, c'est la richesse du pauvre. Moi, j'ai une idée. Transforme ton idée en réalité, c'est ça le plus difficile. Est-ce que tu t'es dit que tu as un frein financier ou un frein de réseau quand tu as commencé ? Est-ce que tu as eu de l'aide ? À quel moment ? Qu'est-ce qui t'a aidé à passer de l'idée ? Les gens, ils ont eu l'air à trouver des appartements. Par quoi je commence ? Par quoi tu as commencé ?
C'est une très très bonne question et c'est là où je pense que le réseau est quelque chose d'important. Déjà, j'ai vraiment eu la chance et la grâce d'avoir ce back-up, ces compétences entrepreneuriales. Je savais déjà d'où je pars pour pouvoir avancer. Mon master m'a permis de structurer mon entreprise. Parce que ce master est très particulier. Parce que quand vous êtes en master 2, vous avez soit... vous travaillez, vous conseillez, donc vous conseillez dans les incubateurs et tout ça, soit vous créez votre propre entreprise. Donc imaginez un prof, notre prof, un responsable de formation qui devait accepter que ses étudiants bossent sur leur idée. Je peux vous dire qu'il fallait vraiment montrer qu'on est sérieux. Parce que c'est en plus l'IAE, l'IAE de Bordeaux, il fallait passer des tests, il fallait montrer qu'on avance. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidé. Et en plus, de plus en plus, les écoles ont amené des incubateurs dans les universités, dans les écoles, ce qui permet aux étudiants d'être simulés de plus en plus. Donc moi, j'ai eu cette progression à la fac tout doucement qui m'a amené de bout en bout à structurer mon idée. Parce qu'après, je n'ai même pas parlé de ça, mais on reviendra de comment vraiment l'idée m'est venue à ce moment-là. Mais j'ai pu structurer dans mon parcours académique, et je remercie vraiment l'Université de Bordeaux pour ça, parce que ça permet aux étudiants d'avoir cette idée, de le maturer, de le transformer, de savoir comment écrire son business plan, son plan d'affaires, par où commencer. Donc, je dirais que c'est ça. Et j'ai gagné des prix. Et vraiment, c'est un concours de bonnes personnes au bon moment. Je me dis, peut-être qu'il faut que je pousse encore cette porte. Et ensuite, une fois que les portes sont poussées, en fait, on est lancé. On ne peut plus dire, oui, mais je ne savais pas. On est engagé. Je me suis retrouvé dans un incubateur. J'avais des rendez-vous mensuels. Il fallait bouger. Et en plus, j'avais le 8 de la 10 quand je vais chercher le financement. Ça, on en reparlera aussi après.
Oui, tu as vraiment, en fait, tu as été… C'est comme si tu étais en surentraînement avant même de commencer. Exactement. Quand tu arrives, ceux qui ont dit que l'entraînement est plus dur que le match.
Effectivement.
Quand tu es en… Tu fais, oh, en fait, c'est plus facile. J'avais jamais vu ça comme ça, mais c'est vraiment... Dans un bon bolzette, il y a une chose qui s'appelle la salle du temps. Il rentre dans une salle, ça dure 24 heures, et en fait, c'est comme s'il était un an à l'extérieur. Il s'entraîne avec des poils lourds, et c'est dur. Et quand il sort, le compagnon fait, c'est facile en fait. Je pense que tu as un peu vécu ça. Parce que c'est dur, tu as les concurrents, entre guillemets. Tu as l'image des autres élèves, tu as les profs. Donc tu as beaucoup de gens qui peuvent te dire, c'est pas fou. donc si tu arrives à passer ça Après, c'est plus simple.
C'est une très bonne question parce que je me rends compte qu'effectivement, c'est le concours de toute cette préparation qui m'a permis d'être prête à lancer et à faire les choses.
Quand tu fais ton business plan, on connaît le business plan. Tu fais un business plan sur 3, 5, 10 ans. Quel chiffre il te faut pour lancer ton business ?
Alors, il me faut d'abord 7 millions. Il me faut d'abord 7 millions. Parce qu'à l'époque, je voulais devenir une assurance. Et moi, tout doucement, je vais voir mon conseiller d'incubateur qui nous accompagne. Et je lui dis, ben voilà, j'ai fait mon plan. Je sais comment les argents vont entrer. Et nous, on veut être la première assurance pour les étudiants étrangers. Il me regarde et il me dit, une assurance. Je lui dis, oui. Il me dit, il te faut 7 millions d'euros de fonds de garantie. Je lui dis, ok. Je reviens. Je dis je reviens. Et là, je repars sur mon business, je module. Parce qu'après, c'est ça, c'est vraiment, on a un obstacle. Soit on abandonne, soit on essaye de surmonter l'obstacle. C'est-à-dire qu'à chaque fois, l'entreprenariat, c'est ça. Et moi, quand j'ai construit mon business model où je vois que j'ai 7 millions à réunir, il faut que je trouve le moyen de proposer la solution autrement. Et donc, en trouvant le moyen de le proposer. j'arrive à un besoin à 30 000 finalement. Donc j'ai dit, mais non, finalement, je ne vais pas être une assurance maintenant. Je vais essayer de faire les choses de ce moyen qui me permet toujours aussi de répondre à la problématique et ainsi de suite.
C'est intéressant parce que, pour tous ceux qui nous regardent, tu avais une idée à la base et la réalité du terrain t'a fait modifier l'idée. Et ça, c'est l'entrepreneuriat. C'est qu'on ne peut pas dire si c'est ça que je veux faire. la vie avec Menji ah frôlé par là d'abord non non et ce qui s'est passé ce qui s'est passé t'as réadapté en fonction du toujours je suis en plein enfin aujourd'hui c'est même mon jeu c'est à dire en fait il y a ton why c'est ton pourquoi qui te suit bien sûr et il y a cette idée qu'on a de toi parce que c'est
vrai qu'il faut s'adapter mais il faut garder une ligne conductive bien sûr évidemment quand on me voit on sait que ah oui mais c'est Armandine qui facilite l'accès au logement exactement même si aujourd'hui la manière dont on y répond divers, différents de quand on a commencé au départ. Mais il y a une ligne conductrice. Ce qui est sûr, c'est que la manière dont on délivre les canaux de distribution ou le produit en lui-même, il doit s'adapter. Ah oui, sinon, on ferme.
7 millions, 30 000.
Oui, quand même.
C'est quand même un chiffre...
Je me suis adaptée.
C'est un chiffre différent, mais quand même, si tu ne les as pas, c'est un petit chiffre. Est-ce que... Comment tu as réussi à les avoir ? Est-ce que tu t'es dit, combien de temps, quand tu as fait ton business plan, tu t'es dit, il me fallait, pour être rentable, combien de temps ou combien de clients, si tu te souviens un petit peu ?
Combien de temps ? Je pense que j'ai commencé à facturer avant même de... Moi, je viens de Cameroun, c'est système D, c'est-à-dire on commence, on prend le petit, on avance, on propose quelque chose et on évolue. Et donc, moi, quand j'ai commencé, c'était vraiment... directement à la sortie de mes études. Donc, il s'est passé, on va dire, à peu près six mois. Six mois, le temps que j'ai mon business plan, que je me fasse suivre, que je trouve la structure. Parce que oui, il y avait des noms, des banques qui me regardaient. En plus, oui, j'ai oublié de le dire, j'étais enceinte de huit mois. Donc, quand j'allais voir les banques pour le financement... On me dit non madame, je pense que vous avez notre entrepreneuriat à gérer. Et donc j'ai essuyé plein de portes qui me sont fermées au nez. Et finalement, il s'est passé six mois, le temps que je puisse revenir. Tous les fonds dont j'avais besoin, acheter tel logiciel, acheter ci, ça, un ordinateur, des clients. Et le premier client, en fait, il était déjà venu avant. On avait déjà commencé à faire des petites prestations de recherche de logement, de facilitation d'accès au logement. Enfin, on avait une offre de base pour avoir un petit peu de sous. Parce que dans tous les cas, vous n'allez pas vous faire financer si vous ne montrez pas que vous avez des engagements.
Preuve tout.
C'est du proof of concept.
Preuve de concept. Ça veut dire que c'est quoi tes premiers clients ? Ton premier client, c'est un locataire qui cherche un appartement, un propriétaire qui est un peu hésitant. Oui, très hésitant. Ça, c'est ta matrice. Et toi, tu es là. Ça va se passer entre les deux. Oui,
c'est ça.
Qui est ce premier locataire ? Qui est ce premier propriétaire ?
Alors, le premier locataire, c'est une jeune fille qui venait d'Angola et qui avait besoin d'un logement et qui a payé six mois. Et la propriétaire était très... Oh là là, j'ai dû me batailler. Elle était très hésitante. Elle était très hésitante. Et il fallait que je lui prouve tous les documents sur la terre qui prouvent qu'on est une vraie entreprise.
Ah, donc tu le fais. Montrer que le locataire n'était pas à sa halle et qu'en plus toi tu prouves que toi ça allait.
Généralement c'est ça. Bon avec le temps maintenant, j'envoie quelques presses, essayer de voir l'actualité, on est là. Mais c'est vrai qu'au début il fallait et rassurer la jeune fille et prouver qu'elle est bien, et aussi nous prouver qu'on est bien. C'était une bataille de ça mais finalement elle a pu entrer. Et ça je me suis dit waouh.
Cool. Dans quelle ville ?
C'est Bordeaux. Bordeaux, ok. Et là, je me suis dit, ça marche. Ça marche, ce truc.
Parce qu'à chaque fois que tu fais des connexions, tu as toujours ce, ça marche.
Ah oui, parce que le logement, c'est humain. Ça fait partie de la pyramide Maslow, c'est humain. Et j'ai toujours ce même truc où je me dis, oui, franchement, on a réussi. Parce qu'en plus, c'est des rapports à vie. C'est-à-dire que j'ai des personnes qui sont parties des logements et qui... qui m'écrivent et qui me disent, oui, j'ai trouvé un logement grâce à elle. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas enlever. Pour moi, c'est vraiment la chose qui a le plus de valeur pour moi, au final.
Tu sais, j'aime bien quand tu me racontes ça, des histoires comme ça, parce que souvent, on pense, les entrepreneurs, on pense capitalisme, on pense genre de droite, il y a plein de stéréotypes sur le truc. Mais je pense qu'on oublie qu'à la base, c'est souvent une personne qui a une idée et qui essaye de... Des gens qui ont des problèmes et on essaie de régler le problème des gens. C'est beaucoup ça.
J'ai même une anecdote. Je me souviens, on avait une propriétaire française, je dis ça parce que c'est important, âgée de 85 ans. Et on avait un couple qui cherchait un logement. Moi, j'ai fait... Parce que quand on prend un logement, on fait passer les gens, on propose des dossiers. Et on avait un couple nigérien. Je disais qu'il ne parlait pas un mot de français. Et la femme venait d'accoucher, donc ils travaillaient pour une boîte à l'étranger, au Canada, et l'autre en Angleterre, donc les fiches de paie, autant dire que c'était mort pour les traduire. Mais moi je parle anglais, donc je pouvais communiquer avec eux, leur expliquer. Et finalement, je retiens leur dossier. Et la dame, la propriétaire, elle avait très très peur. Elle, vraiment, elle avait très peur. Vous savez, c'est aussi ça, c'est pour rebondir là-dessus, c'est qu'on traduit les rapports. On parle, on explique. On enlève cette peur auprès du propriétaire. On traduit aussi cette même peur auprès du locataire pour qu'il soit conscient de l'enjeu et de l'engagement que c'est. Et elle me disait, est-ce que vous êtes sûr qu'il va payer ? Je disais, mais oui, il va payer, ne vous inquiétez pas. Donc, je traduis ça en plus en français aussi. Et donc, à la sortie de la visite, ils prennent le logement. Le temps de descendre, il avait viré au moins six mois de loyer. Aujourd'hui, ça fait quatre ans. Quand il est entré dans le logement, il a fait un an, elle m'a envoyé des chocolats. Et je me suis dit, ça, c'est notre travail. C'est-à-dire que deux personnes qui n'auraient pas pu se calculer de toute leur vie, on a pu, grâce à la communication, grâce à l'explication et cette ouverture d'esprit, leur mettre et jamais,
jamais d'un pays de lois. Le racisme derrière ça, on le sait, on a la même couleur de peau, on connaît, on connaît. Et donc ouais, ce travail de rassurer, il n'y a pas beaucoup d'entreprises. Le fond, c'est que tu fais du travail social en faisant du business.
Exactement.
Je trouve ça intéressant dans le pari de mettre des gens de profil en avant. Est-ce que, aujourd'hui, dans Archimède, est-ce que c'est toi qui parles avec le locataire d'abord, d'ailleurs tu acceptes les dossiers, ou il y a des propriétaires qui viennent à toi ? Il y a toujours le locataire ?
Plus le locataire. C'est les propriétaires qui sont toujours réticents, c'est le plus dur.
Ok.
Par contre, les locataires, on en a beaucoup qui sont en demande. Et quand on reçoit les dossiers, en fonction, puisqu'il faut quand même le dire, il faut avoir de l'épargne. Il faut quand même être préparé financièrement. Donc, en fonction des dossiers, parce que l'idée aussi, c'est de mettre des personnes qui ont un vrai projet. On prend chaque dossier comme un projet de vie et pas juste un numéro qu'on a balancé par-ci, par-là. On les étudie. Et on se rassure que c'est des personnes actives, c'est des personnes qui vraiment ont un certain profit.
Comment ? Vous avez une matrice de documents ? Ou tu les mets devant toi et tu regardes leurs yeux vraiment ? Non,
on discute, c'est comme un entretien. Parce qu'il faut aussi... Je passe souvent ce message aussi aux locataires. Le problème, c'est qu'on a un bien aujourd'hui, on veut le louer. Personne n'aimerait louer à quelqu'un qui ne fait rien.
Bien sûr, évidemment. Voilà.
Donc, à partir de ça, quand vous le prenez de manière humaine, vous trouvez facilement, vous pouvez détecter qui... qui va être un peu dérangeant ou quelqu'un qui ne va pas coller, parce que ça reste aussi du matching. Et sur un logement, vous allez avoir 10 visites pour juste choisir une personne. Donc autant filtrer et savoir qui on met, qui on ne met pas. Donc on a déjà notre standard, c'est des personnes qui sont actives, qui ont un projet, ou elles peuvent ne pas être actives, mais qu'il y a une justification. On est plus dans la recherche du motif, et pas qu'un logement juste pour prendre un logement. Parce qu'au final, c'est une seule personne qu'on va mettre dans le logement. Donc, ça se fait facilement. Vous envoyez votre dossier locatif. On étudie. On essaie de comprendre pourquoi. Qu'est-ce que vous avez. Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est que nous, on est très, très direct. Puisqu'il faut avoir de l'épargne.
C'est le principe.
Donc, déjà, si vous avez de l'épargne, maintenant, on est déjà fixé là-dessus. Et on parle maintenant…
Tu me refais si les gens ont de l'épargne. On peut demander des comptes ?
Ah oui ! Nous, on demande directement. combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? Il n'y a pas de...
Ok, d'accord.
Oui, combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? D'ailleurs, même il y a une loi en France qui permet, ça les gens ne le savent pas, qui permet de demander 12 mois de loyer, un an de loyer, mais en fait, la limite de cette loi, c'est que vous ne pouvez pas prendre de dépôt de garantie. C'est juste ça. Mais ce qu'on fait, c'est ce qui se faisait aussi avant, c'était ce qu'on appelait communément la caution bancaire. Oui, bien sûr. La banque, quand elle prenait vos 12 mois de loyer, elle est bloquée et il fallait encore payer votre loyer. Nous, on a juste réinventé ce même principe en disant, si quelqu'un met 6 mois, 1 an, il ne va pas encore payer à côté. Donc voilà, ça fait beaucoup. C'est le même principe qu'on applique. Et donc, quand on reçoit les dossiers... La première chose, c'est est-ce que vous avez les loyers d'avance ? Vous avez de l'épargne ? Si oui, non, sinon on ne peut pas vous accompagner parce qu'on ne pourra rien faire. Si vous avez un garant physique qui peut se porter garant, allez vers une agence classique. Parce que nous, ce qu'on va mettre en avant quand on va démarcher le propriétaire, c'est de lui dire qu'il y a déjà physiquement, je ne sais pas, un an de loyer qui sont prêts.
Est-ce que vous faites des locations court terme ou long terme ?
Non, plutôt long terme. On évite les courts termes, tout ça. On peut avoir des mobilités by, c'est neuf mois pour les étudiants, mais on ne fait pas vraiment de la courte durée. L'idée, c'est de faciliter l'accès au logement dans des logements classiques. Voilà, exactement.
Combien de clients aujourd'hui ?
Aujourd'hui, c'est à peu près 300 clients intégrés.
Dans le sud-ouest, Bordeaux ?
Non, pas que Bordeaux, on est aussi à Lyon et à Paris. On a des propriétaires un petit peu partout aussi, même en Angleterre. Et on gère à peu près une cinquantaine de places. D'ailleurs, quand je dis gérer des places, c'est que la plupart des propriétaires maintenant nous confient leurs biens pour pouvoir mettre des personnes parce qu'on fait de la gestion locative inclusive.
Est-ce que c'était prévu à la base ? Non.
On commence à se rapprocher de l'élite.
En fait, en faisant un pas, ça t'ouvre un autre truc.
Exactement.
Ça me rappelle, j'ai eu un autre invité, il s'appelait Franck, qui est dans la musique. Et à la base, il voulait créer une plateforme type Spotify en Afrique. Après, il s'est rendu compte qu'en fait, son business, c'était que tous les artistes, ils ne savaient pas comment mettre sa musique. Donc, il est devenu plus proche des artistes.
Et ça reste dans la même ligne. C'est ça, c'est pareil.
C'est important l'adaptabilité dans nos milieux. Combien de personnes aujourd'hui sur Archimède ? Tu bosses avec combien de personnes ?
Je bosse avec 4 personnes. Il y a des personnes qui vont plutôt faire la recherche de propriétaires, d'autres qui vont gérer les visites comme une...
Comme une agence classique, il y a d'autres personnes qui vont gérer la communication, les demandes d'appel à projet, tout ça, tout ça, une petite équipe.
La com' elle est importante. La com' elle ne doit pas être facile, facile, parce que moi je m'y mets à la place d'un étudiant togolais. Il veut venir trouver un appartement en France, il va taper appartement, le sologer.com Paris, à quel moment, comment il va finir par tomber ?
Honnêtement, nos clients viennent sur internet parce qu'ils vont généralement taper... D'ailleurs, je ne sais pas, le mot-clé c'est... Il faut avoir un bon budget as. Non, pas forcément, c'est organique. Et on a beaucoup de bouches à oreilles, de recommandations. On a aussi les assos étudiantes qui nous envoient... Enfin, je veux dire, vraiment la recherche de logements, on en a plus que les propriétaires. Donc on est plus à la recherche des propriétaires qui, eux, sont vraiment difficiles. Mais ce qui va marcher, c'est du bouche à oreille. Parce que généralement, on connaît un propriétaire qui loue. Et puis, ça se met en marche. On a de plus en plus de propriétaires comme ça.
Est-ce que vous pensez élargir... Parce que, initialement, c'est la recherche de locataires inclusifs, donc étudiants étrangers. Parce que c'est un problème que je pense qu'il n'y a pas que les étudiants étrangers. Ah oui, non, mais là, aujourd'hui,
on répond... En bref,
est-ce que vous faites pour les Blancs ?
Oui. On répond à tout le monde. Tout le monde. On fait de la recherche de logement pour tout le monde. C'est-à-dire que quand on a commencé à lancer, c'était à la base pour les étudiants étrangers. Mais finalement, on s'est rendu compte qu'il y avait des intérimaires, des entrepreneurs, des CDD, des personnes qui n'ont pas trois fois le montant du loyer, qui touchent deux fois huit, des personnes qui sont en freelance. On est ouvert à tous. Il y avait juste une particularité d'avance de loyer. D'ailleurs, on a même des personnes en CDI qui viennent nous voir pour mettre. des loyers d'avance pour renforcer leur dossier. Donc aujourd'hui, on s'adresse à tout le monde.
Ok. C'est quoi les perspectives d'évolution ? D'avoir de plus en plus de locataires, j'ai l'impression que ce n'est pas trop difficile.
Non, ce n'est pas difficile.
Et propriétaires ?
Oui.
Est-ce qu'il y a une manière, est-ce que c'est quoi ta stratégie ? Parce que tu dis que tu es une stratégiste à la base. C'est quoi ta stratégie pour que plus de propriétaires passent par toi ?
Ma stratégie c'est que, en fait, déjà le service est gratuit pour les propriétaires. Donc on les attire comme ça, on teste avec eux, on fait aussi ce qu'on appelle de la sous-location professionnelle. C'est-à-dire qu'on va récupérer un bien, on va le louer et on va le mettre à la disposition du locataire. C'est-à-dire qu'on porte juste le risque.
C'est-à-dire que vous louez ?
Oui, c'est pour ça qu'on a des places, on gère des biens.
D'accord, ok.
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on loue directement le bien si le propriétaire a tellement... peur. On se rapproche du Hilton,
là.
Ah oui !
C'est-à-dire qu'il y a 50 lieux. C'est ça que vous disiez, place que vous louez vous-même avec la structure.
Et on remet à des personnes qui ne vont pas trouver facilement le logement.
Est-ce que c'était pensé comme ça, nécessairement ? Non,
rien n'était pensé comme ça.
C'est intéressant. Et les propriétaires le savent ? Oui.
Ils commencent à savoir. On a aussi une stratégie, c'est de travailler avec des institutions. Comme l'a dit, on est en train de mettre en place, ce n'est pas encore officiel, mais on est en train de voir comment on va faciliter l'accès au logement pour les entrepreneurs. Parce qu'à la base, en fait, il faut avoir des fonds, mais il y a des personnes qui n'ont pas de fonds. Mais on veut permettre aux personnes de pouvoir prêter ces loyers d'avance qu'on va utiliser comme socle pour sécuriser les logements. Donc, il y a pas mal de stratégies qui ne sont pas encore officielles, dont on verra de plus en plus, comme une avec Adi, sur laquelle on est en train de travailler pour les entrepreneurs. de permettre aux entrepreneurs d'avoir des loyers d'avance qui sont prêtés par la DIP pour pouvoir accéder facilement à leur logement. Vraiment, ces taxes-là s'inscrivent pour le bien-être de l'entrepreneur. Parce que la plupart des personnes qui entreprennent le logement, ça fait partie de l'équilibre mental. Et donc, on est aussi en train de voir avec une autre banque qu'on démarche actuellement, enfin avec qui on est en discussion, pour voir s'ils peuvent prêter à d'autres profils. Et donc... Avec ces stratégies et ces partenaires institutionnels, on veut aller chercher encore plus de crédibilité pour pouvoir travailler avec de plus en plus de propriétaires. Parce que, par exemple, l'ADI, c'est plusieurs bureaux en France. Et puis, on peut compter sur ces relais pour pouvoir diffuser notre initiative.
Oui, être associé à des marques connues. dans la place, ça permet de crédibiliser encore plus la structure. Effectivement,
et d'atteindre plus facilement.
Est-ce que toi, en tant qu'entrepreneur, tu as bénéficié de la DIT ?
Oui, la DIT, c'est la première structure à m'avoir dit oui, avec laquelle je travaille toujours, même aujourd'hui, mais sur d'autres thématiques, en fait. Puisque quand on se fait, on part dans une banque traditionnelle, On est étudiante étrangère, on n'a pas de CDI encore, on vient juste de finir les études, on est enceinte de 8 mois. Comment vous dire que ce n'est même pas possible, même en ref, même si on a toute la volonté du monde, ce n'était pas possible. Et du coup, moi j'avais eu la chance d'avoir un intervenant de l'ADI qui intervenait dans mon master et qui avait parlé de l'ADI et donc j'avais découvert l'initiative. Et je suis allée tout simplement prendre rendez-vous avec eux, avec un conseiller qui m'a dit oui. et avec qui on a monté, voilà, comme tu posais la question de savoir comment je suis passée aussi de l'idée à l'acte. C'était aussi avec une démarche d'accompagnement de l'ADI pour vraiment appuyer, parce qu'en plus c'est eux qui te financent, mais qui t'apportent aussi cette vision vraiment technique et opérationnelle de ta structure. Donc après plusieurs échanges, j'avais finalement ce oui, et puis c'était vraiment là où tout a commencé.
T'as levé des fonds après ?
Non, plutôt des prêts manquaires et tout ça après Ok,
tu lèves des fonds, t'as une boîte qui te donne 5 millions, qui te donne les 7 millions que t'avais comme idée à la base T'en fais quoi aujourd'hui avec la structure que t'as actuellement ?
Alors, si j'ai 7 millions qu'est-ce que je ferais ? En fait, tout d'abord je louerais tous les biens tous les biens disponibles, je les loue et je les sécurise pour Archimède j'avance les premiers dépôts de garantie et je les reloue Merci. Parce qu'on fait notre marge de trois façons. On a des commissions sur les loyers versés. On a aussi, puisque finalement, quand on les reloue, on est comme une agence classique. On a des honoraires comme une agence classique. Et on a aussi une marge sur les loyers qu'on met en place. C'est-à-dire qu'on va augmenter le loyer de peut-être de 30 à 100 euros, voire 150 en fonction de la position géographique du bien. je loue tous les biens et puis je les remets en location et puis voir acheter même certains biens.
Oui, parce que l'idée d'acheter, c'est une expertise que vous êtes en train d'avoir. Être capable de sourcer les personnes qui sont entrepreneurs, étudiants étrangers, dans des situations avec des finances quand même assez « stables » , enfin en tout cas ils ont un matelas. et repérer, parce qu'il y a quand même un truc humain dans lequel tu repères avec l'expérience. Comme la séduction, plus tu dragues, plus tu sais draguer. C'est un peu pareil. Plus tu vois les menteurs. Il y a un peu de ça. Le gars qui est à RH, il n'y a pas à se faire avoir par le gars qui dit qu'est-ce que vous voulez dans ce vacan. On s'est très bien avec lui, il va travailler trois mois, il va arrêter après. C'est par un quali comme compétence. Donc effectivement, si vous avez... Ah oui,
on loue tout. On crée une association de propriétaires parce que les propriétaires sont aujourd'hui très stigmatisés, on leur dit « Venez chez nous, on va les dynamiser, créer une association de propriétaires et on travaille avec eux. » Et pour même aller plus loin, pourquoi ne pas aussi créer cette assurance du départ ?
En même temps, tu réponds à un besoin qui est intemporel et qui va même s'exacerber. Est-ce que vous pensez à sortir de la France ? Parce que tu dis que tu vas dans d'autres pays.
Pas encore. On va d'abord se concentrer sur la France parce que les autres pays, c'est un petit peu différent parce qu'ils n'ont pas cette problématique.
Pas les mêmes lois aussi.
On n'a pas le même pain point pour l'instant. Pain point ? Pain point. Alors, pain point, c'est justement nos clients qui souffrent. Le pain point, c'est le point où tu trouves ton client. Ah, le point de douleur. Oui, le point de douleur. Bon, j'utilise des anglicismes, c'est parce qu'on en a partout dans le truc. Mais oui, c'est vraiment quand on trouve nos clients, ils ont vraiment besoin de ce service. C'est vraiment des personnes qui sont à la rue, qui sont… Airbnb, enfin vraiment c'est là où ça marche en fait.
Tu réponds vraiment à un besoin.
Oui, très concrètement.
Ok, donc là quatre personnes. Vos locaux sont où d'ailleurs ?
À Darwin, donc à Bordeaux.
La structure aujourd'hui c'est une SA, une SAS, une SS. Donc il y a plusieurs associés. Une SAS U.
J'oublie toujours le U.
Société Anonyme. Non, Société Anonyme. Action simplifiée. J'en ai une également. Donc, tu es seule dedans.
C'est moi qui dirige. C'est moi la moche.
Les personnes avec qui tu travailles, ce sont des salariés ? Oui,
il y a une partie salariée, une partie stagiaire, une partie... Alternant ? Oui, alternant. C'est le mot que je cherchais.
Est-ce que tu penses apprendre de nouveaux associés ? Est-ce que c'est un truc qui t'est venu à l'esprit ?
Oui, oui. Si je trouve... Après, c'est comme le mariage. Il faut trouver...
C'est quoi les qualités pour toi d'un associé ? Est-ce que tu as plus besoin de compétences techniques, d'argent, d'ouverture de réseau ? C'est quoi le... Si tu dois faire qui veut être mon associé ? Tu connais l'émission ?
Bien sûr. Je connais très, très bien. Si je ferais qui veut être mon associé, je dirais... Réseau, encore plus de réseau, financier aussi et plutôt quelqu'un qui est plutôt mon contraire, qui va être sur l'opérationnel. Parce que moi je suis une bonne CEO mais je ne suis pas une bonne manager. En plus je parlais de ça tout à l'heure. Donc je ne suis pas un bon manager forcément. Voilà donc quelqu'un qui peut être plus sur l'opérationnel et qui peut diriger une équipe. Et moi j'ai plutôt stratégie, vision, grandes lignes.
Aujourd'hui, ça fait 6 ans, ta famille qui n'est pas une famille d'entrepreneurs, qui te regardait un peu comme une folle, c'est toujours le cas aujourd'hui ?
Non, non, aujourd'hui quand je m'assois tout le monde dit oui.
Madame, la bosse ! Ce que je vais te donner après c'est littéralement pour toi, tu vas voir après, tu vas comprendre pourquoi, c'est littéralement.
Non, aujourd'hui, de toute façon dans ma famille j'ai toujours été celle qu'on ne comprend pas.
T'as des frères et soeurs ?
Oui, des frères et sœurs, des mi-frères et sœurs, oui. Mais avec qui je ne suis pas proche, mais j'ai plutôt grandi toute seule. Donc aujourd'hui, oui, quand mon père me voit, lui qui est très métier à vocation, il ne comprend toujours rien. Mais il est sûr d'une chose, que je vais réussir. C'est tout ce qu'il me dit. C'est déjà pas mal. C'est déjà bien. Et puis bon, ma mère, elle savait. Elle m'a dit, bon, c'est toi. Oui, je pense qu'aujourd'hui, je ne cherchais pas non plus, mais je pense que quand je parle, ou alors tout ce... Pourquoi on ne la comprend pas ? On comprend maintenant que c'était l'entreprenariat. Voilà, c'est son truc, c'est comme ça.
Ça apaise un peu l'esprit de savoir que les tiens sont apaisés parce qu'en fait, c'est une source de stress pour eux. Ils ne connaissent pas, c'est une source de stress. Est-ce que ça t'apaise un peu ?
Alors oui, bien sûr que c'est toujours apaisant parce que quand tu es dans un écosystème, enfin je dis écosystème, famille.
Famille.
J'ai tellement écosystème dans ma tête. Quand tu es dans un écosystème, non, une famille, pardon, pardon, pardon, je vais y arriver.
Sachez qu'elle nous voit comme un écosystème, Armandine.
Quand tu es dans une famille où tu dois tout le temps batailler, surtout quand tu as une vision. Je suis quelqu'un qui est visionnaire. pense court terme et que tu essaies, tu vois, c'est une bataille tout le temps. C'est bien après qu'ils comprennent. C'est vrai que ça économise. Là, aujourd'hui, mon père, même s'il comprend rien, il est plutôt tranquille. Je n'ai plus à batailler pour lui expliquer que voici, machin, je préfère ça parce que bien sûr que c'est toujours apaisant.
C'est un vrai challenge de l'entrepreneur quand tu as un entourage qui ne comprend pas ce que tu fais. Déjà, tu dois te battre avec le marché, avec les administrations, tout ceci, cela. Et en plus, si ton cercle, il te... Bon, si tu te pousses pas c'est pas grave, mais si en plus il faut te battre avec ce cercle là, il y a un côté un peu...
Oui.
Qui peut être un peu fatiguant, ça dépend de ta personnalité mais...
Après j'ai aussi eu beaucoup de soutien de mon compagnon qui, je le dis toujours, est mon associé caché. Ouais. Parce qu'après on a une famille donc je voyage énormément.
Ouais.
Et il faut bien quelqu'un qui reste, qui assure donc on peut pas faire tout ça tout seul. Et on me dit toujours quel est ton secret, j'ai dit j'ai un associé caché qui est à la maison et lui qui m'apporte justement cette sérénité et qui m'a toujours comprise et m'a accompagnée dans tout. Et je pense que oui, grâce à ça aussi, ça a permis d'être focalisée en fait sur ce que je fais.
Ta fille, elle a 5 ans. Est-ce que c'est une bosse ?
Je pense qu'elle aime même pire que moi.
Ah là là, les Ausha font pas des chiens.
Ah non, elle parle beaucoup et puis elle est... Je dis toujours qu'Archimède c'est son grand frère parce que moi j'ai créé en novembre, elle est née en janvier de l'année qui suivait et c'est comme un ordre. Donc elle sait que quand je parle d'Archimède, de la boîte, elle doit se tenir à l'aise. Mais c'est quelqu'un que je pense, oui, c'est une mini-bosse parce que je... Entre femmes entrepreneurs noires, on n'a pas beaucoup de modèles. Moi je n'ai pas grandi forcément avec des modèles inspirants d'entrepreneuriat. Et moi, c'est ce que j'essaie de donner à ma fille. Parce que quand je sors dans la presse, je lui montre que c'est possible. Quand je dois aller pitcher, je l'amène. Quand il y a des possibilités où elle peut être dans le public, elle voit que c'est possible de le faire. Et donc, oui, je mets cette petite graine et j'essaie de l'arroser pour qu'elle puisse comprendre que c'est hyper important d'être une femme et que le monde est à toi. Donc, oui, oui, oui, elle est dedans.
Elle sera, entre guillemets, plus... facile entre guillemets parce qu'elle comprendra l'écosystème beaucoup plus tôt et ça c'est un truc qui est très important avant même l'argent avant même quand tu as l'entourage qui te... tu es dans une famille d'entrepreneurs ou tu connais des entrepreneurs c'est beaucoup plus facile c'est tellement un métier qui s'apprend toi pour moi je suis entrepreneur je suis papa également c'est... je compare pas les deux évidemment c'est des choses différentes mais les deux ça s'apprend en fait c'est pas naturel non Une entreprise, comme tu dis, t'as changé plein de trucs. Plein de trucs. Ça s'apprend. Et comme tes parents, tu fais avec ton enfant qui grandit comme ça. C'est ça. Et ce qui compte le plus, j'ai l'impression, c'est la confiance que t'as en toi. Oui. Qui fait que tu vas être OK. Ça, ça va pas comme ça. Il faut que j'aille comme ça, dans cette direction-là. Quand tu dis que t'as une vision, d'ailleurs, tu disais que t'es visionnaire, tu l'as dit plusieurs fois. Donc, il faut que t'assumes ce que tu dis.
J'assume toujours.
En 2025.
Oui.
En 2050.
Oui.
Archimède, il est où ? En 2050... Est-ce que c'est un garçon ou une fille d'Archimède ?
C'est un garçon.
Ok. Ah oui, tu l'as dit tout à l'heure.
Oui, c'est un garçon. C'est son grand frère. Je ne sais pas, mais c'est comme ça. Archimède 2050, ça sera la première. Entreprise qui apporte une garantie locative mais qui faut aussi de l'acquisition immobilière.
Ok.
Ça sera la première.
Il fait les deux ?
Ouais, il fait les deux.
Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Un peu CBRE ? Ce genre de société ?
Oui.
Qui achète beaucoup de trucs et qui… Oui,
FCPI, voilà. Ouais, permettre aux gens de…
Là, t'es en France, est-ce qu'il y a un marché qui t'attire, qui correspond aux besoins ? Tu connais l'Asie, je ne sais pas.
Alors, ce qui est assez intéressant, c'est que j'ai participé à un programme l'année dernière. Ça s'appelle le White Tilly, un programme d'État américain où j'ai été sélectionnée pour représenter la France aux États-Unis. J'étais basée à Chicago où j'ai bossé pendant six semaines. Et ça m'a ouvert un réseau énorme, énormissime, où en fait, je me suis rendu compte qu'il y a des personnes qui veulent investir en France, mais qui ne savent pas parce que... Personne ne parle anglais, bon du coup à Paris, vous êtes à Paris, ça va, mais à Bordeaux, les gens ne parlent pas beaucoup anglais. Et je me suis dit, mais pourquoi ne pas juste aussi lancer prochainement aussi l'acquisition de biens ? Et je suis partie aussi récemment à Dubaï où je me suis fait aussi un réseau. Et donc l'idée c'est demain, Archimède, entre toujours répondre à cette facilité d'accès au logement et être l'assurance pour ces gens-là, mais aussi de permettre aux gens d'investir en France pour...
justement le logement toujours et faciliter toujours l'accès au logement c'est marrant le mot assurance il est vraiment rassurant si t'es une assurance ça rassure le mot il correspond à ce qu'il fait c'est ça c'est ça j'avais la vision j'avais la vision est-ce que donc là t'es en France pour le moment la fin d'année elle est dans pas très longtemps est-ce que t'as l'impression qu'il y a comment dire Comment je pourrais dire ça ? Je reprends mes mots. Pas deux secondes, je suis assoiffé. Ouais, parfait. C'est trop intéressant, hein ? Regardez !
C'est vrai !
La prochaine idée. Nous, on se régale, hein ? Ok, c'est fait. Tu m'as dit dans 2050, tu vois première société de contrat locatif,
de garantie locatif et d'acquisition immobilière.
Je sens que Archisamette ne sera pas ta seule boîte.
Non.
On le sait. Non, je ne le sais pas. Moi, je le sais. Ils le savent aussi. Ils le savent aussi. C'est quoi la prochaine ? Il y a quel secteur qui t'intéresse ?
Alors, pour l'instant, ce qui m'intéresse, à part l'immobilier que je fais, c'est... La cause des femmes et l'entrepreneuriat, c'est de pouvoir mutualiser un incubateur qui permet aux personnes de se révéler. Je sais que c'est du vu et déjà entendu, mais je pense que miser aussi sur le potentiel des personnes qui ne sont pas forcément attendues, puisque ça a été le cas pour moi, peut apporter encore plus de valeur à ce qu'on fait. Donc on a besoin d'une diversité pour pouvoir évoluer. C'est un must aujourd'hui. Et c'est ce que j'ai appris de mes nombreux voyages, où ce qui les rend forts ou alors hyper innovants, c'est la diversité. C'est pour ça que tout à l'heure, quand tu as posé la question de savoir quel type d'associé, je dis tout le contraire de moi. Parce que si on se ressemble, on a les mêmes compétences, on n'avance pas. Et pour être innovant, il faut avoir la diversité. Et moi aujourd'hui j'ai cette envie là parce que moi je dis pas que j'ai pas vécu ça mais enfin que j'ai vécu ça mais c'était c'était un peu fallait que je sorte de moi même aujourd'hui quand je regarde en arrière je me demande toujours comment j'ai fait moi j'étais séduite, croyante mais voilà mais mais je me dis c'est pas tout le monde et je me rends compte que tout le monde n'a pas cette capacité ou alors tout le monde n'a pas cette personne qui peut puisse lui dire c'est possible J'entends beaucoup ce discours. Et là, je me dis, en fait, il y a des personnes qui savent faire ça, mais qu'est-ce qui manque ? Un manque de motivation, toute une atmosphère qui ne leur permet pas de faire. Et moi, ma prochaine boîte, ça sera la finesse. C'est comme ça que je vais l'appeler.
La finesse ?
Oui.
Pourquoi tu as déjà le nom ?
Parce qu'en fait, on a un petit groupe où on s'est retrouvés parce qu'on a fait plein de programmes. On venait de tous les bords du pays, là à Bordeaux, et on s'est appelé La Finesse. Et j'ai toujours dit que quand je vais ouvrir ma prochaine boîte dans un incubateur, ça va s'appeler La Finesse.
Ok.
Ouais.
Ça, ce que tu dis, c'est que là, en fait, tu me parles de ta prochaine boîte, c'est déjà le cas de la première avec une visée sociétale, parce que dépendamment du business. c'est une visée sociétale puisque tu aides, tu réponds à un besoin social. Là, c'est tu partages. C'est ce que tu as acquis, tu le partages. Et est-ce que tu as toujours eu ça en toi de vouloir partager, de vouloir... Est-ce que tu t'es dit, OK, je vais là où je vais, ensuite, mon travail, ce serait de partager ?
Non, j'ai toujours eu envie d'amener les gens avec moi. Je ne suis pas... Je suis plutôt celle qui va être avec une personne et qui va la motiver aussi au même niveau. Parce que je pense que... Pour moi c'est personnel mais je veux dire rester avec quelqu'un qui n'évolue pas ne te fait pas évoluer.
Bien sûr évidemment.
Donc si moi comme je veux évoluer et que je vais évoluer, tu évolues aussi sinon on va avoir à un moment un décalage. Et donc oui le partage se fait même là, je donne du temps, je fais des choses parce que je veux que les gens puissent savoir que cet enseignement de personnes qui m'ont aidé, ils peuvent le trouver là quelque part. Et si c'est moi je suis ravie d'être cette personne là. Parce que moi, c'est une succession d'aides.
Bien sûr.
J'ai juste attrapé. Mais si ces gens-là ne savent pas que ça existe, parce que moi, je ne le fais pas, un arrêt, je n'aurais pas pu aussi avoir ces aides.
Bien sûr, on ne peut pas faire tout seul. On ne peut pas entreprendre tout seul. On ne peut pas faire tout seul. Et ça, c'est vrai qu'il faut le comprendre et l'intégrer. C'est qu'on a besoin de personnes. Et déjà, je pense que la première étape de l'entrepreneur, c'est son ouverture à se dire que, même si depuis que tu as 5 ans, tu sais que tu es de la bosse, dont on pourrait être la bosse. besoin de gens pour y arriver il y a une phrase qui disait sur la chance quand les gens réussissent t'as réussi parce que tu gagnes de l'argent t'as réussi parce que t'es aligné avec toi même je recite quelqu'un que j'ai interviewé t'as l'air aligné parfaitement ça se sent, ça se voit t'as monté ta boîte alors que t'étais enceinte on pourrait dire que c'est contre C'est l'inverse, on va le dire. Sauf que toi, non, je pense. Non. T'as fait un bébé, t'as fait deux bébés en fait.
Exactement.
T'as fait deux bébés. Oui. Donc, c'est un alignement. Je pense que tu t'es dit, ta fille, tu veux qu'elle ait une mère entrepreneuse et tu t'as fait en sorte que la mère, elle corresponde à ce que tu voulais être.
Ah oui, totalement. Parce que tous ceux qui me connaissent savent que ce que je fais, ils ne sont pas étonnés par rapport à la personnalité que j'avais. Donc, je suis totalement alignée. ma fille. J'ai pas forcément d'appréhension avec elle parce que je me dis que le fait que j'ai confiance en moi, elle le sent, elle le sait. Donc elle est hyper carrée aussi, hyper droite. Et je pense qu'elle fera son chemin, où, comment. Mais je sais que les bases qu'on lui donne lui permettra de se dire qu'elle peut faire tout. Mais je lui dis toujours que si tu veux faire quelque chose, fais-le très bien. Par contre, tu peux pas décider de faire de la cuisine ou danser ou être chimiste ou machin. et tu le fais de manière approximative. Ça, par contre, je ne peux pas accepter. C'est juste ça qu'on lui dit.
Surtout que j'ai l'impression que la société est de plus en plus compétitive, parce que le monde est de plus en plus connecté. Je pense qu'entrepreneur, en tout cas, si tu n'es pas à fond dans ton projet, je ne sais pas comment il peut tenir. Moi, j'ai vu des gens millionnaires perdre beaucoup d'argent qui pensaient que juste leur argent suffirait.
Non, ça ne suffit pas. Je pense que c'est même le dernier.
Oui, c'est la dernière chose. Moi, j'en suis persuadé. Je sais que c'est des phrases faciles mais aujourd'hui je pense qu'on a un peu d'expérience dans le temps derrière L'argent c'est pas le premier truc Moi j'ai monté au premier business, j'avais 23 ans, j'avais un restaurant sur les grands boulevards Ça a coûté 350 000 euros, pas d'argent du tout Et mes potes, on voulait lancer le truc et tout Mais on a pas d'argent, on pensera à ça plus tard Viens on fait un truc stylé, un business plan On pense, on trouve un local, on trouve de la confiance Et on a fini par avoir cet argent Et c'est de levier, un peu comme l'a dit Et à la fin il me semble qu'on a ouvert le resto Il a fait faillite entre temps. Mais ce n'est pas grave, c'est le chemin de la vie. Aujourd'hui, je ne serais pas là. On s'est dit, putain, il n'avait pas dosé, mais il est quand même là, le projet. Parce qu'en fait, l'argent, ça vient. C'est juste un outil parmi...
On appelle ça le processus d'effectuation. Moi, je suis une fan du processus de méthodologie. On finira sur ça. Le processus d'effectuation, c'est de faire avec ce que tu as pour avancer. Et non d'anticiper ce que tu penses avoir pour commencer. Donc en fait, c'est vraiment contre le prévisionnel, si je peux résumer. C'est que tu commences avec ce que tu as, si tu veux atteindre ce but, tu commences avec ça pour te diriger vers ce but et ainsi tu trouves les ressources étape par étape. Moi, c'est ça.
Et comment tu le dis, le mot ?
Effectuation.
Effectuation, je ne connaissais pas. Tous les entrepreneurs, entrepreneurs de processus d'effectuation, faites avec ce que vous avez et construis. En plus, ça construit une base beaucoup plus solide puisque tu as construit un pas après pas. Ton corps, c'est musclé pour un truc. Non,
c'est musclé.
Tu t'es musclé.
Tu connais de A à Z.
J'aime beaucoup. Armandine, je vais te donner un petit truc avant de partir. C'est un petit... C'est rien. Il n'y a pas 7 millions. D'accord.
On ne sait jamais.
C'est... En fait, entrepreneur, c'est dur. Je trouve que c'est un métier... Enfin, c'est un métier, mais pas ce que c'est un métier. C'est une partie des gens qui, dans la société, qui sont en difficulté. On est seul, tu vois. Tu as une SASU. Le U, c'est unipersonnel. Unipersonnel. Je suis... C'est un peu pareil pour moi. Et des fois, on doute. On accepte qu'on doute. Des fois, on a peur.
Ah oui.
Des fois, on croit qu'on ne va pas y arriver. Et là, je vais t'offrir le cabos. tous les entrepreneurs ils ont un cabis quand tu es créateur d'entreprise le cabos c'est le cabis des boss des entrepreneurs qui travaillent dur et qui bossent je te dis que tu as 5 ans tu veux être une boss je suis trop content de te remettre ton cabos c'était fait exprès c'était genre que non c'était pas fait exprès il est à toi merci que parfois tu douteras tu le regarderas tu te dis je suis une boss j'ai un cabis mais ça suffit pas merci Armandine d'avoir échangé Archimede je ne connaissais pas cette société incroyable et la bosse qui est derrière elle est encore plus incroyable c'était Cérémonie cet épisode était comme les autres très stylé regardez les suivants merci à tous et c'est propulsé par Ladie qui a aidé d'ailleurs Amandine à un moment de sa carrière et par Moni donc vraiment merci de suivre et à très bientôt à tous
Description
CéréMONIe, le podcast où on parle avec sincérité des défis de l'entrepreneuriat.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Les amis, on est dans Cérémonie, vous commencez à connaître la routine. Un entrepreneur ou une entrepreneuse, aujourd'hui une entrepreneuse. On parle d'entrepreneuriat de manière chill et surtout, surtout ce qu'il y a derrière l'entrepreneuriat, derrière la personne qu'il y a derrière. Et aujourd'hui, on va parler de Archimede et on a Armandine avec nous. Bonjour, comment tu vas ?
Ça va super bien, merci. Et toi ?
Franchement, ça va bien. Je me rends compte que j'aime beaucoup avoir des entrepreneurs et des entrepreneurs devant moi et discuter parce que moi je le suis. Et mine de rien, c'est toujours très... J'ai oublié le mot. Il est tard. Stimulant. de parler des entreprises, stimulant. Est-ce que tu peux commencer ? On va commencer par une question assez simple. Qui tu es ? Ton âge, ton origine ? Qui est Archimede ? Qu'est-ce que ta boîte fait ? Et ensuite, on rentrera un peu dans les détails.
On commence par ça ? Moi, je suis Armandine Kondok, j'ai 31 ans, maman d'une petite fille de 5 ans et je viens du Cameroun. Je suis arrivée au Cameroun en étant étudiante étrangère, donc en 2011. Ensuite, j'ai fait un parcours normal jusqu'à un master. Et à la suite d'une expérience personnelle, j'ai décidé de créer Archimède, qui en gros facilite l'accès au logement avec des loyers d'avance qu'on met pour vraiment rassurer le propriétaire et sécuriser le rapport locatif pour les locataires.
Ok. On va parler d'Archimède, mais tu m'as dit une phrase intéressante. Tu as dit à la suite d'une expérience personnelle. Donc, tu fais partie de ces entrepreneurs qui créent quelque chose parce qu'ils ont vécu quelque chose.
Oui. Parce qu'ils ont surtout vécu quelque chose et que ça s'applique à beaucoup de personnes. Parce que c'est aussi ça, on peut vivre quelque chose personnellement. Et finalement, la preuve du marché n'y est pas. Mais là, on s'est rendu compte que non seulement ça ne touchait pas que moi personnellement, mais aussi une autre catégorie de personnes qu'on détaillera plus tard. Mais c'était par rapport au logement. Donc, par rapport au logement, je suis arrivé en France en étant étudiante étrangère. Et pour ceux qui ne savent pas, quand on arrive en étant étudiante étrangère, en fait, il y a des conditions qu'on remplit avant d'obtenir son visa. Et dans ces conditions, il faut avoir un logement. Imaginez-vous au Cameroun, en train de chercher un logement sur le Boncoin avec un propriétaire en France. Je pense qu'on voit déjà un petit peu le portrait. Et donc, par le biais d'hôtels, d'amis, on a réussi à me faire venir, mais sur place. Même chose, il fallait trouver un logement. Mon père, gagnant sa vie au Cameroun, ne pouvait pas justifier en France, en CFA. Sauf que parallèlement, j'avais les fonds, j'avais de l'argent, j'avais le soutien de ma famille. J'avais 17 ans, j'étais une étudiante et mes parents se portaient garant, mais on ne pouvait pas prouver qu'on est capable de payer son loyer. Et donc, ça m'est venu sur ma carrière, sur ma vie étudiante et entrepreneuriale plusieurs fois. en étant étudiante étrangère et en étant entrepreneur. Parce que bien évidemment, on n'a pas de fiche de paye. Et donc, j'ai dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Comment on fait pour trouver des solutions ou alors pour facilement entrer dans un logement ? Et donc, l'idée à chaque fois, en fait, c'était de se dire qu'est-ce qui se rapprochait ? Quelle était la similarité entre ces deux cas ? En fait, c'est que j'avais l'argent en épargne. Et je me suis dit, mais pourquoi on n'avance pas juste les loyers et puis on rassure le propriétaire sur un montant de 6, 9 mois, 12 mois, si on peut, pour vraiment... permettre aux propriétaires d'être assurés. Et c'est de là où est venue l'idée de pouvoir faciliter l'accès au logement.
Tu n'aurais pas eu cette expérience de vie, est-ce que tu penses que tu aurais eu l'idée d'arche-maille ?
Oui.
Ok. Oui. Parce que tu aurais entendu ce problème-là. Oui. Donc ça veut dire que tu es... Est-ce que tu as toujours voulu être entrepreneuse ?
Ah oui. Oui. Depuis que j'étais toute petite.
Ok. De quel âge toute petite ?
Euh oui, quand j'avais 5 ans, je voulais être... Boss. C'est vraiment l'idée où on est boss, on a encore le côté où... On dit ce qu'on doit faire à tout le monde, mais sauf que ce n'est pas la réalité. On est vraiment loin de ça. Mais j'avais cette idée de dire que je veux être mon propre boss, je veux gérer des personnes et je veux faire plein d'argent dans l'immobilier. C'était très, très précis.
C'est précis, hein ?
C'était très précis. Parce qu'à l'époque, je voyais... Comment ça s'appelle ? Les Hilton Hotel, je me suis dit, il me faut des bâtiments comme ça. Et c'était à l'époque de... Comment il s'appelle ? Paris Hilton. Ça chauffait un petit peu pas mal. Et son nom était partout. Je me suis dit, non, il faut que j'ai ça. Et bizarrement, on s'y rapproche. Je ne suis pas encore à ça, à Hilton, mais on y est arrivé.
Est-ce que tu es issue d'une famille d'entrepreneurs ?
Oui, une famille d'entrepreneurs. Oui et non. Oui, parce que ma mère, elle a entrepris. C'est chez elle que je pense que j'ai pris cet ADN. Même si aujourd'hui, elle est... Elle entreprend toujours mais d'une autre façon. Mais du côté de mon père, avec qui j'ai le plus vécu, non. Mon père c'est un fonctionnaire de la vieille école qui a fait 40 ans dans son service et qui n'a pas l'esprit entrepreneurial.
Est-ce que quand tu as commencé à vouloir devenir entrepreneuse, tu as été soutenue dans ta famille ou tu étais un peu seule ?
J'étais un peu seule, j'étais même très seule. Je pense qu'aujourd'hui, on le prend au sérieux parce qu'on me voit voyager, mais au début, j'étais toute seule. On se disait, mais qu'est-ce qu'elle fait ? J'ai cet adage qui dit toujours que si on est entrepreneur, on est un peu un fou qui ne se connaît pas. Un fou en tant qu'entrepreneur. C'est comme ça qu'on me voyait, comme une personne qui cherche la difficulté alors qu'elle peut tout simplement... Trouver un emploi et rester tranquille comme tout le monde. Donc non, je n'étais pas forcément soutenue au début. Oui,
ce n'est pas forcément facile. J'ai eu un peu le même profil, sauf que c'était en toi. Tu as 5 ans, donc tu dois apprendre. Donc tu as appris toute seule ?
Oui.
Tu as fait une école de commerce ?
J'ai quand même fait une licence en stratégie et décision économique. Je suis quelqu'un de très stratégiste et je le vois tous les jours. Ensuite j'ai fait un master en entrepreneuriat et management des projets. Ce qui m'a back-upped, enfin back-upped je pense que tout le monde comprend, mais qui m'a permis d'avoir les compétences nécessaires pour savoir un petit peu qu'est-ce que c'est qu'un bilan, qu'est-ce que c'est qu'un prévisionnel, comment anticiper, voilà enfin toutes ces notions qu'on apprend dans ces modules-là.
Archimède, c'est ta première société ?
On va dire que c'est ma première société, mais ce ne sont pas mes premières entreprises. Parce que vous savez, vous avez toujours des petits business que vous faites pour tester le marché. Ce où il n'y a pas de cabisse. Exactement.
On connaît, on connaît.
Mais oui, vraiment, c'est ma première société officielle.
Tu l'as montée toute seule ou est-ce que tu as été avec des gens ?
Toute seule.
L'idée, tu l'as eue seule et tu as créé une structure seule.
Exactement.
Il y a combien de temps que tu as créé la structure ?
Il y a six ans.
Il y a six ans ?
En 2019.
Ok, un peu avant le Covid.
Oui, exactement.
est-ce que ta... Tu as eu l'idée, tu t'es lancé tout de suite. Est-ce que ton projet, il est plus technologique ou plus relationnel ? Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
Oui, il est plus relationnel. C'est une innovation sociale. On va dire une innovation sociale qui s'appuie sur du numérique pour répondre à une problématique sociétale. Ok.
Est-ce qu'aujourd'hui, tu considères que, par rapport à ce que tu avais comme plan il y a six ans, tu es là où tu voudrais être ? Est-ce que tu es contente ?
Je suis contente, je suis contente, mais j'espère toujours comme un bon entrepreneur. On veut toujours plus, mais je suis déjà très, très contente.
Il n'y a pas encore les huit tonnes, mais on arrive.
On n'est pas encore là, mais ça, on arrive.
J'étais regardé dans une interview que tu avais faite, le chiffre m'a un peu choqué. Il y a 40% des dossiers qui sont falsifiés dans la demande de logement. Est-ce que ça t'a renforcé, tu t'es dit quand tu as vu ce chiffre-là, tu te dis je suis dans le bon endroit ou est-ce que tu t'es dit Est-ce que c'est pas impossible entre guillemets à structurer ? Parce qu'il y a un truc un peu légal dans la garantie locative. Est-ce que tu t'es dit l'État va m'embêter en lançant le projet ?
Non, ça m'a renforcé parce que vous imaginez vous êtes propriétaire. Parce que ce qui est assez intéressant dans notre activité, on ne prend pas de parti pris. On est là pour sécuriser le rapport locatif. présence juste envers le locataire et envers le propriétaire. Autant en tant que propriétaire, vous vous dites que vous recevez un dossier et que c'est falsifié parce qu'on n'a juste pas la capacité ou l'honnêteté de dire que moi je suis en CDD, mais j'ai tel montant d'argent sur mon compte qui va me permettre de pouvoir payer. Et aussi envers le locataire, que je comprends aussi tout à fait, parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas postuler à un logement sans pouvoir avoir un CDI. C'est... Le marché évolue et aujourd'hui, le CDI ne veut plus rien dire. Je veux dire, entre griffes, ça veut dire que c'est bien, mais ce n'est plus ça. Tout le monde ne tend plus au CDI. Il faut pouvoir s'adapter au marché. Et donc, du coup, quand j'ai vu ces chiffres, je me suis dit, waouh, parce que des gens falsifient des dossiers pour juste avoir un 8 pour entrer, pour se loger. Alors que pour la plupart, certains ont de l'épargne. Donc, quand j'ai vu ça, je me suis dit, oui, il y a vraiment un intérêt à avoir ce type de solution. d'autant plus que ça se fait partout, mais pourquoi pas en France.
Partout dans le monde ?
Oui, je veux dire, la plupart des pays où j'ai voyagé, déjà l'idée m'est venue du Cameroun. Si vous voulez louer, la plupart du temps, même en Afrique, vous avancez les loyers. Le propriétaire, il ne se casse pas la tête à savoir si vous êtes comment, voilà. Vous avancez vos loyers, ça peut être six mois, un an, d'autres même deux ans. Chacun met ce qui lui permet d'être rassuré. Je suis partie à Dubaï pareil, je suis partie aux Etats-Unis pareil, en Angleterre on le fait. Je me dis, mais pourquoi il n'y a pas cette possibilité en France ? C'est juste ça.
Ok. Tu avais des a priori sur les locataires, les propriétaires avant de te lancer ?
Non.
Tu n'avais pas de cliché en tête ?
Non, parce que comme je dis, après je suis quelqu'un de très pragmatique. Je me vois mal aujourd'hui acheter un appartement. et quelqu'un ne paye pas, et je ne peux pas le mettre dehors. C'est aberrant. Moi, je viens d'un pays où, dès qu'il y a le moins de soucis, c'est dehors. Donc, pour moi... Il n'y a pas d'entrée viverne à l'Occitanie. Ah non, non, il n'y a pas d'entrée viverne. C'est fini, c'est fini. Il n'y a pas d'entre-octobre et mars. Non, on n'a pas ça. Donc, pour moi, je n'avais pas de cliché sur le propriétaire qui demande juste à être payé. Après, tout le parcours, en plus, pour acheter en France, où c'est quand même très compliqué, on va se le dire. Et toutes les lois sont les critiquées. Donc, je n'avais pas d'a priori. C'est normal d'être payé.
pour voir son loyer. Vu que tu vois la structure de la société, comment elle évolue, j'ai l'impression que tu auras de plus en plus de clients. Parce qu'il y a de moins en moins de CDI. Parce que les entreprises, elles ont des visions beaucoup plus difficiles à cause des innovations technologiques. Et même les jeunes, moi je vois la génération, la nouvelle génération, nous, j'ai 40 ans bientôt, c'était, il fallait signer un CDI. Là, les jeunes, ils s'en fichent littéralement de ça. Ils veulent voyager, ils veulent être entrepreneurs. Il y a de nouveau, le freelance, C'est un truc qui existait pas forcément avant, mais qui se développent de plus en plus. Donc, cette situation du gars ou de la fille qui veut louer un appartement, parce que tout le monde voudrait toujours louer des appartements, ça va augmenter. Ok, donc, belle intuition.
Oui, on a un temps sur ce marché, pour être très honnête, les locataires, ça ne manque pas. On a toujours des gens qui cherchent un logement. Mais c'est juste encore, on va dire, que les propriétaires ont un petit peu une... mentalité plus hargneuse qu'on essaie de décortiquer, d'éduquer. Mais ça vient aussi naturellement parce que le marché propose de plus en plus de garanties locatives différentes que le garant physique. On a bien compris que le garant physique, c'est plus seulement ça. Parce que vous vous portez garant que si j'ai un impayé, je vais être payé.
C'est vrai que vous avez récupéré l'argent du garant ? Ah non. C'est pas genre parce qu'il a juste mis son nom Moi j'ai mis mon pote garant d'un appartement Je me dis il a jamais payé pour moi Il a jamais payé pour moi Non non
De plus en plus ça vaut plus Grand chose Donc après il y a d'autres garanties qui se sont mises en place Comme l'ancienne Assurance qui existe depuis DELUS Qui est la GLI Sauf que ça s'appelle garantie loyer payée Qui est mis en place mais payée par le propriétaire Voilà pour pouvoir avoir son loyer. Mais même ce modèle-là, ça a un coût en fait. Imaginez un propriétaire qui paye juste pour être payé. Donc, de plus en plus des nouveaux modèles de garantie qui font payer le locataire pour lui son risque. Il commence à venir sur le marché. Donc oui, on tend vers quelque chose de plus favorable pour la garantie locative.
À quel moment de ton parcours, il y a l'idée dans l'entrepreneuriat ? Il y a l'idée, qui est pour moi quasiment la plus importante, la motivation. de transformer ton idée en entreprise, c'est là où on perd le plus de gens, parce que les idées, c'est la richesse du pauvre. Moi, j'ai une idée. Transforme ton idée en réalité, c'est ça le plus difficile. Est-ce que tu t'es dit que tu as un frein financier ou un frein de réseau quand tu as commencé ? Est-ce que tu as eu de l'aide ? À quel moment ? Qu'est-ce qui t'a aidé à passer de l'idée ? Les gens, ils ont eu l'air à trouver des appartements. Par quoi je commence ? Par quoi tu as commencé ?
C'est une très très bonne question et c'est là où je pense que le réseau est quelque chose d'important. Déjà, j'ai vraiment eu la chance et la grâce d'avoir ce back-up, ces compétences entrepreneuriales. Je savais déjà d'où je pars pour pouvoir avancer. Mon master m'a permis de structurer mon entreprise. Parce que ce master est très particulier. Parce que quand vous êtes en master 2, vous avez soit... vous travaillez, vous conseillez, donc vous conseillez dans les incubateurs et tout ça, soit vous créez votre propre entreprise. Donc imaginez un prof, notre prof, un responsable de formation qui devait accepter que ses étudiants bossent sur leur idée. Je peux vous dire qu'il fallait vraiment montrer qu'on est sérieux. Parce que c'est en plus l'IAE, l'IAE de Bordeaux, il fallait passer des tests, il fallait montrer qu'on avance. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidé. Et en plus, de plus en plus, les écoles ont amené des incubateurs dans les universités, dans les écoles, ce qui permet aux étudiants d'être simulés de plus en plus. Donc moi, j'ai eu cette progression à la fac tout doucement qui m'a amené de bout en bout à structurer mon idée. Parce qu'après, je n'ai même pas parlé de ça, mais on reviendra de comment vraiment l'idée m'est venue à ce moment-là. Mais j'ai pu structurer dans mon parcours académique, et je remercie vraiment l'Université de Bordeaux pour ça, parce que ça permet aux étudiants d'avoir cette idée, de le maturer, de le transformer, de savoir comment écrire son business plan, son plan d'affaires, par où commencer. Donc, je dirais que c'est ça. Et j'ai gagné des prix. Et vraiment, c'est un concours de bonnes personnes au bon moment. Je me dis, peut-être qu'il faut que je pousse encore cette porte. Et ensuite, une fois que les portes sont poussées, en fait, on est lancé. On ne peut plus dire, oui, mais je ne savais pas. On est engagé. Je me suis retrouvé dans un incubateur. J'avais des rendez-vous mensuels. Il fallait bouger. Et en plus, j'avais le 8 de la 10 quand je vais chercher le financement. Ça, on en reparlera aussi après.
Oui, tu as vraiment, en fait, tu as été… C'est comme si tu étais en surentraînement avant même de commencer. Exactement. Quand tu arrives, ceux qui ont dit que l'entraînement est plus dur que le match.
Effectivement.
Quand tu es en… Tu fais, oh, en fait, c'est plus facile. J'avais jamais vu ça comme ça, mais c'est vraiment... Dans un bon bolzette, il y a une chose qui s'appelle la salle du temps. Il rentre dans une salle, ça dure 24 heures, et en fait, c'est comme s'il était un an à l'extérieur. Il s'entraîne avec des poils lourds, et c'est dur. Et quand il sort, le compagnon fait, c'est facile en fait. Je pense que tu as un peu vécu ça. Parce que c'est dur, tu as les concurrents, entre guillemets. Tu as l'image des autres élèves, tu as les profs. Donc tu as beaucoup de gens qui peuvent te dire, c'est pas fou. donc si tu arrives à passer ça Après, c'est plus simple.
C'est une très bonne question parce que je me rends compte qu'effectivement, c'est le concours de toute cette préparation qui m'a permis d'être prête à lancer et à faire les choses.
Quand tu fais ton business plan, on connaît le business plan. Tu fais un business plan sur 3, 5, 10 ans. Quel chiffre il te faut pour lancer ton business ?
Alors, il me faut d'abord 7 millions. Il me faut d'abord 7 millions. Parce qu'à l'époque, je voulais devenir une assurance. Et moi, tout doucement, je vais voir mon conseiller d'incubateur qui nous accompagne. Et je lui dis, ben voilà, j'ai fait mon plan. Je sais comment les argents vont entrer. Et nous, on veut être la première assurance pour les étudiants étrangers. Il me regarde et il me dit, une assurance. Je lui dis, oui. Il me dit, il te faut 7 millions d'euros de fonds de garantie. Je lui dis, ok. Je reviens. Je dis je reviens. Et là, je repars sur mon business, je module. Parce qu'après, c'est ça, c'est vraiment, on a un obstacle. Soit on abandonne, soit on essaye de surmonter l'obstacle. C'est-à-dire qu'à chaque fois, l'entreprenariat, c'est ça. Et moi, quand j'ai construit mon business model où je vois que j'ai 7 millions à réunir, il faut que je trouve le moyen de proposer la solution autrement. Et donc, en trouvant le moyen de le proposer. j'arrive à un besoin à 30 000 finalement. Donc j'ai dit, mais non, finalement, je ne vais pas être une assurance maintenant. Je vais essayer de faire les choses de ce moyen qui me permet toujours aussi de répondre à la problématique et ainsi de suite.
C'est intéressant parce que, pour tous ceux qui nous regardent, tu avais une idée à la base et la réalité du terrain t'a fait modifier l'idée. Et ça, c'est l'entrepreneuriat. C'est qu'on ne peut pas dire si c'est ça que je veux faire. la vie avec Menji ah frôlé par là d'abord non non et ce qui s'est passé ce qui s'est passé t'as réadapté en fonction du toujours je suis en plein enfin aujourd'hui c'est même mon jeu c'est à dire en fait il y a ton why c'est ton pourquoi qui te suit bien sûr et il y a cette idée qu'on a de toi parce que c'est
vrai qu'il faut s'adapter mais il faut garder une ligne conductive bien sûr évidemment quand on me voit on sait que ah oui mais c'est Armandine qui facilite l'accès au logement exactement même si aujourd'hui la manière dont on y répond divers, différents de quand on a commencé au départ. Mais il y a une ligne conductrice. Ce qui est sûr, c'est que la manière dont on délivre les canaux de distribution ou le produit en lui-même, il doit s'adapter. Ah oui, sinon, on ferme.
7 millions, 30 000.
Oui, quand même.
C'est quand même un chiffre...
Je me suis adaptée.
C'est un chiffre différent, mais quand même, si tu ne les as pas, c'est un petit chiffre. Est-ce que... Comment tu as réussi à les avoir ? Est-ce que tu t'es dit, combien de temps, quand tu as fait ton business plan, tu t'es dit, il me fallait, pour être rentable, combien de temps ou combien de clients, si tu te souviens un petit peu ?
Combien de temps ? Je pense que j'ai commencé à facturer avant même de... Moi, je viens de Cameroun, c'est système D, c'est-à-dire on commence, on prend le petit, on avance, on propose quelque chose et on évolue. Et donc, moi, quand j'ai commencé, c'était vraiment... directement à la sortie de mes études. Donc, il s'est passé, on va dire, à peu près six mois. Six mois, le temps que j'ai mon business plan, que je me fasse suivre, que je trouve la structure. Parce que oui, il y avait des noms, des banques qui me regardaient. En plus, oui, j'ai oublié de le dire, j'étais enceinte de huit mois. Donc, quand j'allais voir les banques pour le financement... On me dit non madame, je pense que vous avez notre entrepreneuriat à gérer. Et donc j'ai essuyé plein de portes qui me sont fermées au nez. Et finalement, il s'est passé six mois, le temps que je puisse revenir. Tous les fonds dont j'avais besoin, acheter tel logiciel, acheter ci, ça, un ordinateur, des clients. Et le premier client, en fait, il était déjà venu avant. On avait déjà commencé à faire des petites prestations de recherche de logement, de facilitation d'accès au logement. Enfin, on avait une offre de base pour avoir un petit peu de sous. Parce que dans tous les cas, vous n'allez pas vous faire financer si vous ne montrez pas que vous avez des engagements.
Preuve tout.
C'est du proof of concept.
Preuve de concept. Ça veut dire que c'est quoi tes premiers clients ? Ton premier client, c'est un locataire qui cherche un appartement, un propriétaire qui est un peu hésitant. Oui, très hésitant. Ça, c'est ta matrice. Et toi, tu es là. Ça va se passer entre les deux. Oui,
c'est ça.
Qui est ce premier locataire ? Qui est ce premier propriétaire ?
Alors, le premier locataire, c'est une jeune fille qui venait d'Angola et qui avait besoin d'un logement et qui a payé six mois. Et la propriétaire était très... Oh là là, j'ai dû me batailler. Elle était très hésitante. Elle était très hésitante. Et il fallait que je lui prouve tous les documents sur la terre qui prouvent qu'on est une vraie entreprise.
Ah, donc tu le fais. Montrer que le locataire n'était pas à sa halle et qu'en plus toi tu prouves que toi ça allait.
Généralement c'est ça. Bon avec le temps maintenant, j'envoie quelques presses, essayer de voir l'actualité, on est là. Mais c'est vrai qu'au début il fallait et rassurer la jeune fille et prouver qu'elle est bien, et aussi nous prouver qu'on est bien. C'était une bataille de ça mais finalement elle a pu entrer. Et ça je me suis dit waouh.
Cool. Dans quelle ville ?
C'est Bordeaux. Bordeaux, ok. Et là, je me suis dit, ça marche. Ça marche, ce truc.
Parce qu'à chaque fois que tu fais des connexions, tu as toujours ce, ça marche.
Ah oui, parce que le logement, c'est humain. Ça fait partie de la pyramide Maslow, c'est humain. Et j'ai toujours ce même truc où je me dis, oui, franchement, on a réussi. Parce qu'en plus, c'est des rapports à vie. C'est-à-dire que j'ai des personnes qui sont parties des logements et qui... qui m'écrivent et qui me disent, oui, j'ai trouvé un logement grâce à elle. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas enlever. Pour moi, c'est vraiment la chose qui a le plus de valeur pour moi, au final.
Tu sais, j'aime bien quand tu me racontes ça, des histoires comme ça, parce que souvent, on pense, les entrepreneurs, on pense capitalisme, on pense genre de droite, il y a plein de stéréotypes sur le truc. Mais je pense qu'on oublie qu'à la base, c'est souvent une personne qui a une idée et qui essaye de... Des gens qui ont des problèmes et on essaie de régler le problème des gens. C'est beaucoup ça.
J'ai même une anecdote. Je me souviens, on avait une propriétaire française, je dis ça parce que c'est important, âgée de 85 ans. Et on avait un couple qui cherchait un logement. Moi, j'ai fait... Parce que quand on prend un logement, on fait passer les gens, on propose des dossiers. Et on avait un couple nigérien. Je disais qu'il ne parlait pas un mot de français. Et la femme venait d'accoucher, donc ils travaillaient pour une boîte à l'étranger, au Canada, et l'autre en Angleterre, donc les fiches de paie, autant dire que c'était mort pour les traduire. Mais moi je parle anglais, donc je pouvais communiquer avec eux, leur expliquer. Et finalement, je retiens leur dossier. Et la dame, la propriétaire, elle avait très très peur. Elle, vraiment, elle avait très peur. Vous savez, c'est aussi ça, c'est pour rebondir là-dessus, c'est qu'on traduit les rapports. On parle, on explique. On enlève cette peur auprès du propriétaire. On traduit aussi cette même peur auprès du locataire pour qu'il soit conscient de l'enjeu et de l'engagement que c'est. Et elle me disait, est-ce que vous êtes sûr qu'il va payer ? Je disais, mais oui, il va payer, ne vous inquiétez pas. Donc, je traduis ça en plus en français aussi. Et donc, à la sortie de la visite, ils prennent le logement. Le temps de descendre, il avait viré au moins six mois de loyer. Aujourd'hui, ça fait quatre ans. Quand il est entré dans le logement, il a fait un an, elle m'a envoyé des chocolats. Et je me suis dit, ça, c'est notre travail. C'est-à-dire que deux personnes qui n'auraient pas pu se calculer de toute leur vie, on a pu, grâce à la communication, grâce à l'explication et cette ouverture d'esprit, leur mettre et jamais,
jamais d'un pays de lois. Le racisme derrière ça, on le sait, on a la même couleur de peau, on connaît, on connaît. Et donc ouais, ce travail de rassurer, il n'y a pas beaucoup d'entreprises. Le fond, c'est que tu fais du travail social en faisant du business.
Exactement.
Je trouve ça intéressant dans le pari de mettre des gens de profil en avant. Est-ce que, aujourd'hui, dans Archimède, est-ce que c'est toi qui parles avec le locataire d'abord, d'ailleurs tu acceptes les dossiers, ou il y a des propriétaires qui viennent à toi ? Il y a toujours le locataire ?
Plus le locataire. C'est les propriétaires qui sont toujours réticents, c'est le plus dur.
Ok.
Par contre, les locataires, on en a beaucoup qui sont en demande. Et quand on reçoit les dossiers, en fonction, puisqu'il faut quand même le dire, il faut avoir de l'épargne. Il faut quand même être préparé financièrement. Donc, en fonction des dossiers, parce que l'idée aussi, c'est de mettre des personnes qui ont un vrai projet. On prend chaque dossier comme un projet de vie et pas juste un numéro qu'on a balancé par-ci, par-là. On les étudie. Et on se rassure que c'est des personnes actives, c'est des personnes qui vraiment ont un certain profit.
Comment ? Vous avez une matrice de documents ? Ou tu les mets devant toi et tu regardes leurs yeux vraiment ? Non,
on discute, c'est comme un entretien. Parce qu'il faut aussi... Je passe souvent ce message aussi aux locataires. Le problème, c'est qu'on a un bien aujourd'hui, on veut le louer. Personne n'aimerait louer à quelqu'un qui ne fait rien.
Bien sûr, évidemment. Voilà.
Donc, à partir de ça, quand vous le prenez de manière humaine, vous trouvez facilement, vous pouvez détecter qui... qui va être un peu dérangeant ou quelqu'un qui ne va pas coller, parce que ça reste aussi du matching. Et sur un logement, vous allez avoir 10 visites pour juste choisir une personne. Donc autant filtrer et savoir qui on met, qui on ne met pas. Donc on a déjà notre standard, c'est des personnes qui sont actives, qui ont un projet, ou elles peuvent ne pas être actives, mais qu'il y a une justification. On est plus dans la recherche du motif, et pas qu'un logement juste pour prendre un logement. Parce qu'au final, c'est une seule personne qu'on va mettre dans le logement. Donc, ça se fait facilement. Vous envoyez votre dossier locatif. On étudie. On essaie de comprendre pourquoi. Qu'est-ce que vous avez. Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est que nous, on est très, très direct. Puisqu'il faut avoir de l'épargne.
C'est le principe.
Donc, déjà, si vous avez de l'épargne, maintenant, on est déjà fixé là-dessus. Et on parle maintenant…
Tu me refais si les gens ont de l'épargne. On peut demander des comptes ?
Ah oui ! Nous, on demande directement. combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? Il n'y a pas de...
Ok, d'accord.
Oui, combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? D'ailleurs, même il y a une loi en France qui permet, ça les gens ne le savent pas, qui permet de demander 12 mois de loyer, un an de loyer, mais en fait, la limite de cette loi, c'est que vous ne pouvez pas prendre de dépôt de garantie. C'est juste ça. Mais ce qu'on fait, c'est ce qui se faisait aussi avant, c'était ce qu'on appelait communément la caution bancaire. Oui, bien sûr. La banque, quand elle prenait vos 12 mois de loyer, elle est bloquée et il fallait encore payer votre loyer. Nous, on a juste réinventé ce même principe en disant, si quelqu'un met 6 mois, 1 an, il ne va pas encore payer à côté. Donc voilà, ça fait beaucoup. C'est le même principe qu'on applique. Et donc, quand on reçoit les dossiers... La première chose, c'est est-ce que vous avez les loyers d'avance ? Vous avez de l'épargne ? Si oui, non, sinon on ne peut pas vous accompagner parce qu'on ne pourra rien faire. Si vous avez un garant physique qui peut se porter garant, allez vers une agence classique. Parce que nous, ce qu'on va mettre en avant quand on va démarcher le propriétaire, c'est de lui dire qu'il y a déjà physiquement, je ne sais pas, un an de loyer qui sont prêts.
Est-ce que vous faites des locations court terme ou long terme ?
Non, plutôt long terme. On évite les courts termes, tout ça. On peut avoir des mobilités by, c'est neuf mois pour les étudiants, mais on ne fait pas vraiment de la courte durée. L'idée, c'est de faciliter l'accès au logement dans des logements classiques. Voilà, exactement.
Combien de clients aujourd'hui ?
Aujourd'hui, c'est à peu près 300 clients intégrés.
Dans le sud-ouest, Bordeaux ?
Non, pas que Bordeaux, on est aussi à Lyon et à Paris. On a des propriétaires un petit peu partout aussi, même en Angleterre. Et on gère à peu près une cinquantaine de places. D'ailleurs, quand je dis gérer des places, c'est que la plupart des propriétaires maintenant nous confient leurs biens pour pouvoir mettre des personnes parce qu'on fait de la gestion locative inclusive.
Est-ce que c'était prévu à la base ? Non.
On commence à se rapprocher de l'élite.
En fait, en faisant un pas, ça t'ouvre un autre truc.
Exactement.
Ça me rappelle, j'ai eu un autre invité, il s'appelait Franck, qui est dans la musique. Et à la base, il voulait créer une plateforme type Spotify en Afrique. Après, il s'est rendu compte qu'en fait, son business, c'était que tous les artistes, ils ne savaient pas comment mettre sa musique. Donc, il est devenu plus proche des artistes.
Et ça reste dans la même ligne. C'est ça, c'est pareil.
C'est important l'adaptabilité dans nos milieux. Combien de personnes aujourd'hui sur Archimède ? Tu bosses avec combien de personnes ?
Je bosse avec 4 personnes. Il y a des personnes qui vont plutôt faire la recherche de propriétaires, d'autres qui vont gérer les visites comme une...
Comme une agence classique, il y a d'autres personnes qui vont gérer la communication, les demandes d'appel à projet, tout ça, tout ça, une petite équipe.
La com' elle est importante. La com' elle ne doit pas être facile, facile, parce que moi je m'y mets à la place d'un étudiant togolais. Il veut venir trouver un appartement en France, il va taper appartement, le sologer.com Paris, à quel moment, comment il va finir par tomber ?
Honnêtement, nos clients viennent sur internet parce qu'ils vont généralement taper... D'ailleurs, je ne sais pas, le mot-clé c'est... Il faut avoir un bon budget as. Non, pas forcément, c'est organique. Et on a beaucoup de bouches à oreilles, de recommandations. On a aussi les assos étudiantes qui nous envoient... Enfin, je veux dire, vraiment la recherche de logements, on en a plus que les propriétaires. Donc on est plus à la recherche des propriétaires qui, eux, sont vraiment difficiles. Mais ce qui va marcher, c'est du bouche à oreille. Parce que généralement, on connaît un propriétaire qui loue. Et puis, ça se met en marche. On a de plus en plus de propriétaires comme ça.
Est-ce que vous pensez élargir... Parce que, initialement, c'est la recherche de locataires inclusifs, donc étudiants étrangers. Parce que c'est un problème que je pense qu'il n'y a pas que les étudiants étrangers. Ah oui, non, mais là, aujourd'hui,
on répond... En bref,
est-ce que vous faites pour les Blancs ?
Oui. On répond à tout le monde. Tout le monde. On fait de la recherche de logement pour tout le monde. C'est-à-dire que quand on a commencé à lancer, c'était à la base pour les étudiants étrangers. Mais finalement, on s'est rendu compte qu'il y avait des intérimaires, des entrepreneurs, des CDD, des personnes qui n'ont pas trois fois le montant du loyer, qui touchent deux fois huit, des personnes qui sont en freelance. On est ouvert à tous. Il y avait juste une particularité d'avance de loyer. D'ailleurs, on a même des personnes en CDI qui viennent nous voir pour mettre. des loyers d'avance pour renforcer leur dossier. Donc aujourd'hui, on s'adresse à tout le monde.
Ok. C'est quoi les perspectives d'évolution ? D'avoir de plus en plus de locataires, j'ai l'impression que ce n'est pas trop difficile.
Non, ce n'est pas difficile.
Et propriétaires ?
Oui.
Est-ce qu'il y a une manière, est-ce que c'est quoi ta stratégie ? Parce que tu dis que tu es une stratégiste à la base. C'est quoi ta stratégie pour que plus de propriétaires passent par toi ?
Ma stratégie c'est que, en fait, déjà le service est gratuit pour les propriétaires. Donc on les attire comme ça, on teste avec eux, on fait aussi ce qu'on appelle de la sous-location professionnelle. C'est-à-dire qu'on va récupérer un bien, on va le louer et on va le mettre à la disposition du locataire. C'est-à-dire qu'on porte juste le risque.
C'est-à-dire que vous louez ?
Oui, c'est pour ça qu'on a des places, on gère des biens.
D'accord, ok.
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on loue directement le bien si le propriétaire a tellement... peur. On se rapproche du Hilton,
là.
Ah oui !
C'est-à-dire qu'il y a 50 lieux. C'est ça que vous disiez, place que vous louez vous-même avec la structure.
Et on remet à des personnes qui ne vont pas trouver facilement le logement.
Est-ce que c'était pensé comme ça, nécessairement ? Non,
rien n'était pensé comme ça.
C'est intéressant. Et les propriétaires le savent ? Oui.
Ils commencent à savoir. On a aussi une stratégie, c'est de travailler avec des institutions. Comme l'a dit, on est en train de mettre en place, ce n'est pas encore officiel, mais on est en train de voir comment on va faciliter l'accès au logement pour les entrepreneurs. Parce qu'à la base, en fait, il faut avoir des fonds, mais il y a des personnes qui n'ont pas de fonds. Mais on veut permettre aux personnes de pouvoir prêter ces loyers d'avance qu'on va utiliser comme socle pour sécuriser les logements. Donc, il y a pas mal de stratégies qui ne sont pas encore officielles, dont on verra de plus en plus, comme une avec Adi, sur laquelle on est en train de travailler pour les entrepreneurs. de permettre aux entrepreneurs d'avoir des loyers d'avance qui sont prêtés par la DIP pour pouvoir accéder facilement à leur logement. Vraiment, ces taxes-là s'inscrivent pour le bien-être de l'entrepreneur. Parce que la plupart des personnes qui entreprennent le logement, ça fait partie de l'équilibre mental. Et donc, on est aussi en train de voir avec une autre banque qu'on démarche actuellement, enfin avec qui on est en discussion, pour voir s'ils peuvent prêter à d'autres profils. Et donc... Avec ces stratégies et ces partenaires institutionnels, on veut aller chercher encore plus de crédibilité pour pouvoir travailler avec de plus en plus de propriétaires. Parce que, par exemple, l'ADI, c'est plusieurs bureaux en France. Et puis, on peut compter sur ces relais pour pouvoir diffuser notre initiative.
Oui, être associé à des marques connues. dans la place, ça permet de crédibiliser encore plus la structure. Effectivement,
et d'atteindre plus facilement.
Est-ce que toi, en tant qu'entrepreneur, tu as bénéficié de la DIT ?
Oui, la DIT, c'est la première structure à m'avoir dit oui, avec laquelle je travaille toujours, même aujourd'hui, mais sur d'autres thématiques, en fait. Puisque quand on se fait, on part dans une banque traditionnelle, On est étudiante étrangère, on n'a pas de CDI encore, on vient juste de finir les études, on est enceinte de 8 mois. Comment vous dire que ce n'est même pas possible, même en ref, même si on a toute la volonté du monde, ce n'était pas possible. Et du coup, moi j'avais eu la chance d'avoir un intervenant de l'ADI qui intervenait dans mon master et qui avait parlé de l'ADI et donc j'avais découvert l'initiative. Et je suis allée tout simplement prendre rendez-vous avec eux, avec un conseiller qui m'a dit oui. et avec qui on a monté, voilà, comme tu posais la question de savoir comment je suis passée aussi de l'idée à l'acte. C'était aussi avec une démarche d'accompagnement de l'ADI pour vraiment appuyer, parce qu'en plus c'est eux qui te financent, mais qui t'apportent aussi cette vision vraiment technique et opérationnelle de ta structure. Donc après plusieurs échanges, j'avais finalement ce oui, et puis c'était vraiment là où tout a commencé.
T'as levé des fonds après ?
Non, plutôt des prêts manquaires et tout ça après Ok,
tu lèves des fonds, t'as une boîte qui te donne 5 millions, qui te donne les 7 millions que t'avais comme idée à la base T'en fais quoi aujourd'hui avec la structure que t'as actuellement ?
Alors, si j'ai 7 millions qu'est-ce que je ferais ? En fait, tout d'abord je louerais tous les biens tous les biens disponibles, je les loue et je les sécurise pour Archimède j'avance les premiers dépôts de garantie et je les reloue Merci. Parce qu'on fait notre marge de trois façons. On a des commissions sur les loyers versés. On a aussi, puisque finalement, quand on les reloue, on est comme une agence classique. On a des honoraires comme une agence classique. Et on a aussi une marge sur les loyers qu'on met en place. C'est-à-dire qu'on va augmenter le loyer de peut-être de 30 à 100 euros, voire 150 en fonction de la position géographique du bien. je loue tous les biens et puis je les remets en location et puis voir acheter même certains biens.
Oui, parce que l'idée d'acheter, c'est une expertise que vous êtes en train d'avoir. Être capable de sourcer les personnes qui sont entrepreneurs, étudiants étrangers, dans des situations avec des finances quand même assez « stables » , enfin en tout cas ils ont un matelas. et repérer, parce qu'il y a quand même un truc humain dans lequel tu repères avec l'expérience. Comme la séduction, plus tu dragues, plus tu sais draguer. C'est un peu pareil. Plus tu vois les menteurs. Il y a un peu de ça. Le gars qui est à RH, il n'y a pas à se faire avoir par le gars qui dit qu'est-ce que vous voulez dans ce vacan. On s'est très bien avec lui, il va travailler trois mois, il va arrêter après. C'est par un quali comme compétence. Donc effectivement, si vous avez... Ah oui,
on loue tout. On crée une association de propriétaires parce que les propriétaires sont aujourd'hui très stigmatisés, on leur dit « Venez chez nous, on va les dynamiser, créer une association de propriétaires et on travaille avec eux. » Et pour même aller plus loin, pourquoi ne pas aussi créer cette assurance du départ ?
En même temps, tu réponds à un besoin qui est intemporel et qui va même s'exacerber. Est-ce que vous pensez à sortir de la France ? Parce que tu dis que tu vas dans d'autres pays.
Pas encore. On va d'abord se concentrer sur la France parce que les autres pays, c'est un petit peu différent parce qu'ils n'ont pas cette problématique.
Pas les mêmes lois aussi.
On n'a pas le même pain point pour l'instant. Pain point ? Pain point. Alors, pain point, c'est justement nos clients qui souffrent. Le pain point, c'est le point où tu trouves ton client. Ah, le point de douleur. Oui, le point de douleur. Bon, j'utilise des anglicismes, c'est parce qu'on en a partout dans le truc. Mais oui, c'est vraiment quand on trouve nos clients, ils ont vraiment besoin de ce service. C'est vraiment des personnes qui sont à la rue, qui sont… Airbnb, enfin vraiment c'est là où ça marche en fait.
Tu réponds vraiment à un besoin.
Oui, très concrètement.
Ok, donc là quatre personnes. Vos locaux sont où d'ailleurs ?
À Darwin, donc à Bordeaux.
La structure aujourd'hui c'est une SA, une SAS, une SS. Donc il y a plusieurs associés. Une SAS U.
J'oublie toujours le U.
Société Anonyme. Non, Société Anonyme. Action simplifiée. J'en ai une également. Donc, tu es seule dedans.
C'est moi qui dirige. C'est moi la moche.
Les personnes avec qui tu travailles, ce sont des salariés ? Oui,
il y a une partie salariée, une partie stagiaire, une partie... Alternant ? Oui, alternant. C'est le mot que je cherchais.
Est-ce que tu penses apprendre de nouveaux associés ? Est-ce que c'est un truc qui t'est venu à l'esprit ?
Oui, oui. Si je trouve... Après, c'est comme le mariage. Il faut trouver...
C'est quoi les qualités pour toi d'un associé ? Est-ce que tu as plus besoin de compétences techniques, d'argent, d'ouverture de réseau ? C'est quoi le... Si tu dois faire qui veut être mon associé ? Tu connais l'émission ?
Bien sûr. Je connais très, très bien. Si je ferais qui veut être mon associé, je dirais... Réseau, encore plus de réseau, financier aussi et plutôt quelqu'un qui est plutôt mon contraire, qui va être sur l'opérationnel. Parce que moi je suis une bonne CEO mais je ne suis pas une bonne manager. En plus je parlais de ça tout à l'heure. Donc je ne suis pas un bon manager forcément. Voilà donc quelqu'un qui peut être plus sur l'opérationnel et qui peut diriger une équipe. Et moi j'ai plutôt stratégie, vision, grandes lignes.
Aujourd'hui, ça fait 6 ans, ta famille qui n'est pas une famille d'entrepreneurs, qui te regardait un peu comme une folle, c'est toujours le cas aujourd'hui ?
Non, non, aujourd'hui quand je m'assois tout le monde dit oui.
Madame, la bosse ! Ce que je vais te donner après c'est littéralement pour toi, tu vas voir après, tu vas comprendre pourquoi, c'est littéralement.
Non, aujourd'hui, de toute façon dans ma famille j'ai toujours été celle qu'on ne comprend pas.
T'as des frères et soeurs ?
Oui, des frères et sœurs, des mi-frères et sœurs, oui. Mais avec qui je ne suis pas proche, mais j'ai plutôt grandi toute seule. Donc aujourd'hui, oui, quand mon père me voit, lui qui est très métier à vocation, il ne comprend toujours rien. Mais il est sûr d'une chose, que je vais réussir. C'est tout ce qu'il me dit. C'est déjà pas mal. C'est déjà bien. Et puis bon, ma mère, elle savait. Elle m'a dit, bon, c'est toi. Oui, je pense qu'aujourd'hui, je ne cherchais pas non plus, mais je pense que quand je parle, ou alors tout ce... Pourquoi on ne la comprend pas ? On comprend maintenant que c'était l'entreprenariat. Voilà, c'est son truc, c'est comme ça.
Ça apaise un peu l'esprit de savoir que les tiens sont apaisés parce qu'en fait, c'est une source de stress pour eux. Ils ne connaissent pas, c'est une source de stress. Est-ce que ça t'apaise un peu ?
Alors oui, bien sûr que c'est toujours apaisant parce que quand tu es dans un écosystème, enfin je dis écosystème, famille.
Famille.
J'ai tellement écosystème dans ma tête. Quand tu es dans un écosystème, non, une famille, pardon, pardon, pardon, je vais y arriver.
Sachez qu'elle nous voit comme un écosystème, Armandine.
Quand tu es dans une famille où tu dois tout le temps batailler, surtout quand tu as une vision. Je suis quelqu'un qui est visionnaire. pense court terme et que tu essaies, tu vois, c'est une bataille tout le temps. C'est bien après qu'ils comprennent. C'est vrai que ça économise. Là, aujourd'hui, mon père, même s'il comprend rien, il est plutôt tranquille. Je n'ai plus à batailler pour lui expliquer que voici, machin, je préfère ça parce que bien sûr que c'est toujours apaisant.
C'est un vrai challenge de l'entrepreneur quand tu as un entourage qui ne comprend pas ce que tu fais. Déjà, tu dois te battre avec le marché, avec les administrations, tout ceci, cela. Et en plus, si ton cercle, il te... Bon, si tu te pousses pas c'est pas grave, mais si en plus il faut te battre avec ce cercle là, il y a un côté un peu...
Oui.
Qui peut être un peu fatiguant, ça dépend de ta personnalité mais...
Après j'ai aussi eu beaucoup de soutien de mon compagnon qui, je le dis toujours, est mon associé caché. Ouais. Parce qu'après on a une famille donc je voyage énormément.
Ouais.
Et il faut bien quelqu'un qui reste, qui assure donc on peut pas faire tout ça tout seul. Et on me dit toujours quel est ton secret, j'ai dit j'ai un associé caché qui est à la maison et lui qui m'apporte justement cette sérénité et qui m'a toujours comprise et m'a accompagnée dans tout. Et je pense que oui, grâce à ça aussi, ça a permis d'être focalisée en fait sur ce que je fais.
Ta fille, elle a 5 ans. Est-ce que c'est une bosse ?
Je pense qu'elle aime même pire que moi.
Ah là là, les Ausha font pas des chiens.
Ah non, elle parle beaucoup et puis elle est... Je dis toujours qu'Archimède c'est son grand frère parce que moi j'ai créé en novembre, elle est née en janvier de l'année qui suivait et c'est comme un ordre. Donc elle sait que quand je parle d'Archimède, de la boîte, elle doit se tenir à l'aise. Mais c'est quelqu'un que je pense, oui, c'est une mini-bosse parce que je... Entre femmes entrepreneurs noires, on n'a pas beaucoup de modèles. Moi je n'ai pas grandi forcément avec des modèles inspirants d'entrepreneuriat. Et moi, c'est ce que j'essaie de donner à ma fille. Parce que quand je sors dans la presse, je lui montre que c'est possible. Quand je dois aller pitcher, je l'amène. Quand il y a des possibilités où elle peut être dans le public, elle voit que c'est possible de le faire. Et donc, oui, je mets cette petite graine et j'essaie de l'arroser pour qu'elle puisse comprendre que c'est hyper important d'être une femme et que le monde est à toi. Donc, oui, oui, oui, elle est dedans.
Elle sera, entre guillemets, plus... facile entre guillemets parce qu'elle comprendra l'écosystème beaucoup plus tôt et ça c'est un truc qui est très important avant même l'argent avant même quand tu as l'entourage qui te... tu es dans une famille d'entrepreneurs ou tu connais des entrepreneurs c'est beaucoup plus facile c'est tellement un métier qui s'apprend toi pour moi je suis entrepreneur je suis papa également c'est... je compare pas les deux évidemment c'est des choses différentes mais les deux ça s'apprend en fait c'est pas naturel non Une entreprise, comme tu dis, t'as changé plein de trucs. Plein de trucs. Ça s'apprend. Et comme tes parents, tu fais avec ton enfant qui grandit comme ça. C'est ça. Et ce qui compte le plus, j'ai l'impression, c'est la confiance que t'as en toi. Oui. Qui fait que tu vas être OK. Ça, ça va pas comme ça. Il faut que j'aille comme ça, dans cette direction-là. Quand tu dis que t'as une vision, d'ailleurs, tu disais que t'es visionnaire, tu l'as dit plusieurs fois. Donc, il faut que t'assumes ce que tu dis.
J'assume toujours.
En 2025.
Oui.
En 2050.
Oui.
Archimède, il est où ? En 2050... Est-ce que c'est un garçon ou une fille d'Archimède ?
C'est un garçon.
Ok. Ah oui, tu l'as dit tout à l'heure.
Oui, c'est un garçon. C'est son grand frère. Je ne sais pas, mais c'est comme ça. Archimède 2050, ça sera la première. Entreprise qui apporte une garantie locative mais qui faut aussi de l'acquisition immobilière.
Ok.
Ça sera la première.
Il fait les deux ?
Ouais, il fait les deux.
Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Un peu CBRE ? Ce genre de société ?
Oui.
Qui achète beaucoup de trucs et qui… Oui,
FCPI, voilà. Ouais, permettre aux gens de…
Là, t'es en France, est-ce qu'il y a un marché qui t'attire, qui correspond aux besoins ? Tu connais l'Asie, je ne sais pas.
Alors, ce qui est assez intéressant, c'est que j'ai participé à un programme l'année dernière. Ça s'appelle le White Tilly, un programme d'État américain où j'ai été sélectionnée pour représenter la France aux États-Unis. J'étais basée à Chicago où j'ai bossé pendant six semaines. Et ça m'a ouvert un réseau énorme, énormissime, où en fait, je me suis rendu compte qu'il y a des personnes qui veulent investir en France, mais qui ne savent pas parce que... Personne ne parle anglais, bon du coup à Paris, vous êtes à Paris, ça va, mais à Bordeaux, les gens ne parlent pas beaucoup anglais. Et je me suis dit, mais pourquoi ne pas juste aussi lancer prochainement aussi l'acquisition de biens ? Et je suis partie aussi récemment à Dubaï où je me suis fait aussi un réseau. Et donc l'idée c'est demain, Archimède, entre toujours répondre à cette facilité d'accès au logement et être l'assurance pour ces gens-là, mais aussi de permettre aux gens d'investir en France pour...
justement le logement toujours et faciliter toujours l'accès au logement c'est marrant le mot assurance il est vraiment rassurant si t'es une assurance ça rassure le mot il correspond à ce qu'il fait c'est ça c'est ça j'avais la vision j'avais la vision est-ce que donc là t'es en France pour le moment la fin d'année elle est dans pas très longtemps est-ce que t'as l'impression qu'il y a comment dire Comment je pourrais dire ça ? Je reprends mes mots. Pas deux secondes, je suis assoiffé. Ouais, parfait. C'est trop intéressant, hein ? Regardez !
C'est vrai !
La prochaine idée. Nous, on se régale, hein ? Ok, c'est fait. Tu m'as dit dans 2050, tu vois première société de contrat locatif,
de garantie locatif et d'acquisition immobilière.
Je sens que Archisamette ne sera pas ta seule boîte.
Non.
On le sait. Non, je ne le sais pas. Moi, je le sais. Ils le savent aussi. Ils le savent aussi. C'est quoi la prochaine ? Il y a quel secteur qui t'intéresse ?
Alors, pour l'instant, ce qui m'intéresse, à part l'immobilier que je fais, c'est... La cause des femmes et l'entrepreneuriat, c'est de pouvoir mutualiser un incubateur qui permet aux personnes de se révéler. Je sais que c'est du vu et déjà entendu, mais je pense que miser aussi sur le potentiel des personnes qui ne sont pas forcément attendues, puisque ça a été le cas pour moi, peut apporter encore plus de valeur à ce qu'on fait. Donc on a besoin d'une diversité pour pouvoir évoluer. C'est un must aujourd'hui. Et c'est ce que j'ai appris de mes nombreux voyages, où ce qui les rend forts ou alors hyper innovants, c'est la diversité. C'est pour ça que tout à l'heure, quand tu as posé la question de savoir quel type d'associé, je dis tout le contraire de moi. Parce que si on se ressemble, on a les mêmes compétences, on n'avance pas. Et pour être innovant, il faut avoir la diversité. Et moi aujourd'hui j'ai cette envie là parce que moi je dis pas que j'ai pas vécu ça mais enfin que j'ai vécu ça mais c'était c'était un peu fallait que je sorte de moi même aujourd'hui quand je regarde en arrière je me demande toujours comment j'ai fait moi j'étais séduite, croyante mais voilà mais mais je me dis c'est pas tout le monde et je me rends compte que tout le monde n'a pas cette capacité ou alors tout le monde n'a pas cette personne qui peut puisse lui dire c'est possible J'entends beaucoup ce discours. Et là, je me dis, en fait, il y a des personnes qui savent faire ça, mais qu'est-ce qui manque ? Un manque de motivation, toute une atmosphère qui ne leur permet pas de faire. Et moi, ma prochaine boîte, ça sera la finesse. C'est comme ça que je vais l'appeler.
La finesse ?
Oui.
Pourquoi tu as déjà le nom ?
Parce qu'en fait, on a un petit groupe où on s'est retrouvés parce qu'on a fait plein de programmes. On venait de tous les bords du pays, là à Bordeaux, et on s'est appelé La Finesse. Et j'ai toujours dit que quand je vais ouvrir ma prochaine boîte dans un incubateur, ça va s'appeler La Finesse.
Ok.
Ouais.
Ça, ce que tu dis, c'est que là, en fait, tu me parles de ta prochaine boîte, c'est déjà le cas de la première avec une visée sociétale, parce que dépendamment du business. c'est une visée sociétale puisque tu aides, tu réponds à un besoin social. Là, c'est tu partages. C'est ce que tu as acquis, tu le partages. Et est-ce que tu as toujours eu ça en toi de vouloir partager, de vouloir... Est-ce que tu t'es dit, OK, je vais là où je vais, ensuite, mon travail, ce serait de partager ?
Non, j'ai toujours eu envie d'amener les gens avec moi. Je ne suis pas... Je suis plutôt celle qui va être avec une personne et qui va la motiver aussi au même niveau. Parce que je pense que... Pour moi c'est personnel mais je veux dire rester avec quelqu'un qui n'évolue pas ne te fait pas évoluer.
Bien sûr évidemment.
Donc si moi comme je veux évoluer et que je vais évoluer, tu évolues aussi sinon on va avoir à un moment un décalage. Et donc oui le partage se fait même là, je donne du temps, je fais des choses parce que je veux que les gens puissent savoir que cet enseignement de personnes qui m'ont aidé, ils peuvent le trouver là quelque part. Et si c'est moi je suis ravie d'être cette personne là. Parce que moi, c'est une succession d'aides.
Bien sûr.
J'ai juste attrapé. Mais si ces gens-là ne savent pas que ça existe, parce que moi, je ne le fais pas, un arrêt, je n'aurais pas pu aussi avoir ces aides.
Bien sûr, on ne peut pas faire tout seul. On ne peut pas entreprendre tout seul. On ne peut pas faire tout seul. Et ça, c'est vrai qu'il faut le comprendre et l'intégrer. C'est qu'on a besoin de personnes. Et déjà, je pense que la première étape de l'entrepreneur, c'est son ouverture à se dire que, même si depuis que tu as 5 ans, tu sais que tu es de la bosse, dont on pourrait être la bosse. besoin de gens pour y arriver il y a une phrase qui disait sur la chance quand les gens réussissent t'as réussi parce que tu gagnes de l'argent t'as réussi parce que t'es aligné avec toi même je recite quelqu'un que j'ai interviewé t'as l'air aligné parfaitement ça se sent, ça se voit t'as monté ta boîte alors que t'étais enceinte on pourrait dire que c'est contre C'est l'inverse, on va le dire. Sauf que toi, non, je pense. Non. T'as fait un bébé, t'as fait deux bébés en fait.
Exactement.
T'as fait deux bébés. Oui. Donc, c'est un alignement. Je pense que tu t'es dit, ta fille, tu veux qu'elle ait une mère entrepreneuse et tu t'as fait en sorte que la mère, elle corresponde à ce que tu voulais être.
Ah oui, totalement. Parce que tous ceux qui me connaissent savent que ce que je fais, ils ne sont pas étonnés par rapport à la personnalité que j'avais. Donc, je suis totalement alignée. ma fille. J'ai pas forcément d'appréhension avec elle parce que je me dis que le fait que j'ai confiance en moi, elle le sent, elle le sait. Donc elle est hyper carrée aussi, hyper droite. Et je pense qu'elle fera son chemin, où, comment. Mais je sais que les bases qu'on lui donne lui permettra de se dire qu'elle peut faire tout. Mais je lui dis toujours que si tu veux faire quelque chose, fais-le très bien. Par contre, tu peux pas décider de faire de la cuisine ou danser ou être chimiste ou machin. et tu le fais de manière approximative. Ça, par contre, je ne peux pas accepter. C'est juste ça qu'on lui dit.
Surtout que j'ai l'impression que la société est de plus en plus compétitive, parce que le monde est de plus en plus connecté. Je pense qu'entrepreneur, en tout cas, si tu n'es pas à fond dans ton projet, je ne sais pas comment il peut tenir. Moi, j'ai vu des gens millionnaires perdre beaucoup d'argent qui pensaient que juste leur argent suffirait.
Non, ça ne suffit pas. Je pense que c'est même le dernier.
Oui, c'est la dernière chose. Moi, j'en suis persuadé. Je sais que c'est des phrases faciles mais aujourd'hui je pense qu'on a un peu d'expérience dans le temps derrière L'argent c'est pas le premier truc Moi j'ai monté au premier business, j'avais 23 ans, j'avais un restaurant sur les grands boulevards Ça a coûté 350 000 euros, pas d'argent du tout Et mes potes, on voulait lancer le truc et tout Mais on a pas d'argent, on pensera à ça plus tard Viens on fait un truc stylé, un business plan On pense, on trouve un local, on trouve de la confiance Et on a fini par avoir cet argent Et c'est de levier, un peu comme l'a dit Et à la fin il me semble qu'on a ouvert le resto Il a fait faillite entre temps. Mais ce n'est pas grave, c'est le chemin de la vie. Aujourd'hui, je ne serais pas là. On s'est dit, putain, il n'avait pas dosé, mais il est quand même là, le projet. Parce qu'en fait, l'argent, ça vient. C'est juste un outil parmi...
On appelle ça le processus d'effectuation. Moi, je suis une fan du processus de méthodologie. On finira sur ça. Le processus d'effectuation, c'est de faire avec ce que tu as pour avancer. Et non d'anticiper ce que tu penses avoir pour commencer. Donc en fait, c'est vraiment contre le prévisionnel, si je peux résumer. C'est que tu commences avec ce que tu as, si tu veux atteindre ce but, tu commences avec ça pour te diriger vers ce but et ainsi tu trouves les ressources étape par étape. Moi, c'est ça.
Et comment tu le dis, le mot ?
Effectuation.
Effectuation, je ne connaissais pas. Tous les entrepreneurs, entrepreneurs de processus d'effectuation, faites avec ce que vous avez et construis. En plus, ça construit une base beaucoup plus solide puisque tu as construit un pas après pas. Ton corps, c'est musclé pour un truc. Non,
c'est musclé.
Tu t'es musclé.
Tu connais de A à Z.
J'aime beaucoup. Armandine, je vais te donner un petit truc avant de partir. C'est un petit... C'est rien. Il n'y a pas 7 millions. D'accord.
On ne sait jamais.
C'est... En fait, entrepreneur, c'est dur. Je trouve que c'est un métier... Enfin, c'est un métier, mais pas ce que c'est un métier. C'est une partie des gens qui, dans la société, qui sont en difficulté. On est seul, tu vois. Tu as une SASU. Le U, c'est unipersonnel. Unipersonnel. Je suis... C'est un peu pareil pour moi. Et des fois, on doute. On accepte qu'on doute. Des fois, on a peur.
Ah oui.
Des fois, on croit qu'on ne va pas y arriver. Et là, je vais t'offrir le cabos. tous les entrepreneurs ils ont un cabis quand tu es créateur d'entreprise le cabos c'est le cabis des boss des entrepreneurs qui travaillent dur et qui bossent je te dis que tu as 5 ans tu veux être une boss je suis trop content de te remettre ton cabos c'était fait exprès c'était genre que non c'était pas fait exprès il est à toi merci que parfois tu douteras tu le regarderas tu te dis je suis une boss j'ai un cabis mais ça suffit pas merci Armandine d'avoir échangé Archimede je ne connaissais pas cette société incroyable et la bosse qui est derrière elle est encore plus incroyable c'était Cérémonie cet épisode était comme les autres très stylé regardez les suivants merci à tous et c'est propulsé par Ladie qui a aidé d'ailleurs Amandine à un moment de sa carrière et par Moni donc vraiment merci de suivre et à très bientôt à tous
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Description
CéréMONIe, le podcast où on parle avec sincérité des défis de l'entrepreneuriat.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Les amis, on est dans Cérémonie, vous commencez à connaître la routine. Un entrepreneur ou une entrepreneuse, aujourd'hui une entrepreneuse. On parle d'entrepreneuriat de manière chill et surtout, surtout ce qu'il y a derrière l'entrepreneuriat, derrière la personne qu'il y a derrière. Et aujourd'hui, on va parler de Archimede et on a Armandine avec nous. Bonjour, comment tu vas ?
Ça va super bien, merci. Et toi ?
Franchement, ça va bien. Je me rends compte que j'aime beaucoup avoir des entrepreneurs et des entrepreneurs devant moi et discuter parce que moi je le suis. Et mine de rien, c'est toujours très... J'ai oublié le mot. Il est tard. Stimulant. de parler des entreprises, stimulant. Est-ce que tu peux commencer ? On va commencer par une question assez simple. Qui tu es ? Ton âge, ton origine ? Qui est Archimede ? Qu'est-ce que ta boîte fait ? Et ensuite, on rentrera un peu dans les détails.
On commence par ça ? Moi, je suis Armandine Kondok, j'ai 31 ans, maman d'une petite fille de 5 ans et je viens du Cameroun. Je suis arrivée au Cameroun en étant étudiante étrangère, donc en 2011. Ensuite, j'ai fait un parcours normal jusqu'à un master. Et à la suite d'une expérience personnelle, j'ai décidé de créer Archimède, qui en gros facilite l'accès au logement avec des loyers d'avance qu'on met pour vraiment rassurer le propriétaire et sécuriser le rapport locatif pour les locataires.
Ok. On va parler d'Archimède, mais tu m'as dit une phrase intéressante. Tu as dit à la suite d'une expérience personnelle. Donc, tu fais partie de ces entrepreneurs qui créent quelque chose parce qu'ils ont vécu quelque chose.
Oui. Parce qu'ils ont surtout vécu quelque chose et que ça s'applique à beaucoup de personnes. Parce que c'est aussi ça, on peut vivre quelque chose personnellement. Et finalement, la preuve du marché n'y est pas. Mais là, on s'est rendu compte que non seulement ça ne touchait pas que moi personnellement, mais aussi une autre catégorie de personnes qu'on détaillera plus tard. Mais c'était par rapport au logement. Donc, par rapport au logement, je suis arrivé en France en étant étudiante étrangère. Et pour ceux qui ne savent pas, quand on arrive en étant étudiante étrangère, en fait, il y a des conditions qu'on remplit avant d'obtenir son visa. Et dans ces conditions, il faut avoir un logement. Imaginez-vous au Cameroun, en train de chercher un logement sur le Boncoin avec un propriétaire en France. Je pense qu'on voit déjà un petit peu le portrait. Et donc, par le biais d'hôtels, d'amis, on a réussi à me faire venir, mais sur place. Même chose, il fallait trouver un logement. Mon père, gagnant sa vie au Cameroun, ne pouvait pas justifier en France, en CFA. Sauf que parallèlement, j'avais les fonds, j'avais de l'argent, j'avais le soutien de ma famille. J'avais 17 ans, j'étais une étudiante et mes parents se portaient garant, mais on ne pouvait pas prouver qu'on est capable de payer son loyer. Et donc, ça m'est venu sur ma carrière, sur ma vie étudiante et entrepreneuriale plusieurs fois. en étant étudiante étrangère et en étant entrepreneur. Parce que bien évidemment, on n'a pas de fiche de paye. Et donc, j'ai dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Comment on fait pour trouver des solutions ou alors pour facilement entrer dans un logement ? Et donc, l'idée à chaque fois, en fait, c'était de se dire qu'est-ce qui se rapprochait ? Quelle était la similarité entre ces deux cas ? En fait, c'est que j'avais l'argent en épargne. Et je me suis dit, mais pourquoi on n'avance pas juste les loyers et puis on rassure le propriétaire sur un montant de 6, 9 mois, 12 mois, si on peut, pour vraiment... permettre aux propriétaires d'être assurés. Et c'est de là où est venue l'idée de pouvoir faciliter l'accès au logement.
Tu n'aurais pas eu cette expérience de vie, est-ce que tu penses que tu aurais eu l'idée d'arche-maille ?
Oui.
Ok. Oui. Parce que tu aurais entendu ce problème-là. Oui. Donc ça veut dire que tu es... Est-ce que tu as toujours voulu être entrepreneuse ?
Ah oui. Oui. Depuis que j'étais toute petite.
Ok. De quel âge toute petite ?
Euh oui, quand j'avais 5 ans, je voulais être... Boss. C'est vraiment l'idée où on est boss, on a encore le côté où... On dit ce qu'on doit faire à tout le monde, mais sauf que ce n'est pas la réalité. On est vraiment loin de ça. Mais j'avais cette idée de dire que je veux être mon propre boss, je veux gérer des personnes et je veux faire plein d'argent dans l'immobilier. C'était très, très précis.
C'est précis, hein ?
C'était très précis. Parce qu'à l'époque, je voyais... Comment ça s'appelle ? Les Hilton Hotel, je me suis dit, il me faut des bâtiments comme ça. Et c'était à l'époque de... Comment il s'appelle ? Paris Hilton. Ça chauffait un petit peu pas mal. Et son nom était partout. Je me suis dit, non, il faut que j'ai ça. Et bizarrement, on s'y rapproche. Je ne suis pas encore à ça, à Hilton, mais on y est arrivé.
Est-ce que tu es issue d'une famille d'entrepreneurs ?
Oui, une famille d'entrepreneurs. Oui et non. Oui, parce que ma mère, elle a entrepris. C'est chez elle que je pense que j'ai pris cet ADN. Même si aujourd'hui, elle est... Elle entreprend toujours mais d'une autre façon. Mais du côté de mon père, avec qui j'ai le plus vécu, non. Mon père c'est un fonctionnaire de la vieille école qui a fait 40 ans dans son service et qui n'a pas l'esprit entrepreneurial.
Est-ce que quand tu as commencé à vouloir devenir entrepreneuse, tu as été soutenue dans ta famille ou tu étais un peu seule ?
J'étais un peu seule, j'étais même très seule. Je pense qu'aujourd'hui, on le prend au sérieux parce qu'on me voit voyager, mais au début, j'étais toute seule. On se disait, mais qu'est-ce qu'elle fait ? J'ai cet adage qui dit toujours que si on est entrepreneur, on est un peu un fou qui ne se connaît pas. Un fou en tant qu'entrepreneur. C'est comme ça qu'on me voyait, comme une personne qui cherche la difficulté alors qu'elle peut tout simplement... Trouver un emploi et rester tranquille comme tout le monde. Donc non, je n'étais pas forcément soutenue au début. Oui,
ce n'est pas forcément facile. J'ai eu un peu le même profil, sauf que c'était en toi. Tu as 5 ans, donc tu dois apprendre. Donc tu as appris toute seule ?
Oui.
Tu as fait une école de commerce ?
J'ai quand même fait une licence en stratégie et décision économique. Je suis quelqu'un de très stratégiste et je le vois tous les jours. Ensuite j'ai fait un master en entrepreneuriat et management des projets. Ce qui m'a back-upped, enfin back-upped je pense que tout le monde comprend, mais qui m'a permis d'avoir les compétences nécessaires pour savoir un petit peu qu'est-ce que c'est qu'un bilan, qu'est-ce que c'est qu'un prévisionnel, comment anticiper, voilà enfin toutes ces notions qu'on apprend dans ces modules-là.
Archimède, c'est ta première société ?
On va dire que c'est ma première société, mais ce ne sont pas mes premières entreprises. Parce que vous savez, vous avez toujours des petits business que vous faites pour tester le marché. Ce où il n'y a pas de cabisse. Exactement.
On connaît, on connaît.
Mais oui, vraiment, c'est ma première société officielle.
Tu l'as montée toute seule ou est-ce que tu as été avec des gens ?
Toute seule.
L'idée, tu l'as eue seule et tu as créé une structure seule.
Exactement.
Il y a combien de temps que tu as créé la structure ?
Il y a six ans.
Il y a six ans ?
En 2019.
Ok, un peu avant le Covid.
Oui, exactement.
est-ce que ta... Tu as eu l'idée, tu t'es lancé tout de suite. Est-ce que ton projet, il est plus technologique ou plus relationnel ? Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
Oui, il est plus relationnel. C'est une innovation sociale. On va dire une innovation sociale qui s'appuie sur du numérique pour répondre à une problématique sociétale. Ok.
Est-ce qu'aujourd'hui, tu considères que, par rapport à ce que tu avais comme plan il y a six ans, tu es là où tu voudrais être ? Est-ce que tu es contente ?
Je suis contente, je suis contente, mais j'espère toujours comme un bon entrepreneur. On veut toujours plus, mais je suis déjà très, très contente.
Il n'y a pas encore les huit tonnes, mais on arrive.
On n'est pas encore là, mais ça, on arrive.
J'étais regardé dans une interview que tu avais faite, le chiffre m'a un peu choqué. Il y a 40% des dossiers qui sont falsifiés dans la demande de logement. Est-ce que ça t'a renforcé, tu t'es dit quand tu as vu ce chiffre-là, tu te dis je suis dans le bon endroit ou est-ce que tu t'es dit Est-ce que c'est pas impossible entre guillemets à structurer ? Parce qu'il y a un truc un peu légal dans la garantie locative. Est-ce que tu t'es dit l'État va m'embêter en lançant le projet ?
Non, ça m'a renforcé parce que vous imaginez vous êtes propriétaire. Parce que ce qui est assez intéressant dans notre activité, on ne prend pas de parti pris. On est là pour sécuriser le rapport locatif. présence juste envers le locataire et envers le propriétaire. Autant en tant que propriétaire, vous vous dites que vous recevez un dossier et que c'est falsifié parce qu'on n'a juste pas la capacité ou l'honnêteté de dire que moi je suis en CDD, mais j'ai tel montant d'argent sur mon compte qui va me permettre de pouvoir payer. Et aussi envers le locataire, que je comprends aussi tout à fait, parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas postuler à un logement sans pouvoir avoir un CDI. C'est... Le marché évolue et aujourd'hui, le CDI ne veut plus rien dire. Je veux dire, entre griffes, ça veut dire que c'est bien, mais ce n'est plus ça. Tout le monde ne tend plus au CDI. Il faut pouvoir s'adapter au marché. Et donc, du coup, quand j'ai vu ces chiffres, je me suis dit, waouh, parce que des gens falsifient des dossiers pour juste avoir un 8 pour entrer, pour se loger. Alors que pour la plupart, certains ont de l'épargne. Donc, quand j'ai vu ça, je me suis dit, oui, il y a vraiment un intérêt à avoir ce type de solution. d'autant plus que ça se fait partout, mais pourquoi pas en France.
Partout dans le monde ?
Oui, je veux dire, la plupart des pays où j'ai voyagé, déjà l'idée m'est venue du Cameroun. Si vous voulez louer, la plupart du temps, même en Afrique, vous avancez les loyers. Le propriétaire, il ne se casse pas la tête à savoir si vous êtes comment, voilà. Vous avancez vos loyers, ça peut être six mois, un an, d'autres même deux ans. Chacun met ce qui lui permet d'être rassuré. Je suis partie à Dubaï pareil, je suis partie aux Etats-Unis pareil, en Angleterre on le fait. Je me dis, mais pourquoi il n'y a pas cette possibilité en France ? C'est juste ça.
Ok. Tu avais des a priori sur les locataires, les propriétaires avant de te lancer ?
Non.
Tu n'avais pas de cliché en tête ?
Non, parce que comme je dis, après je suis quelqu'un de très pragmatique. Je me vois mal aujourd'hui acheter un appartement. et quelqu'un ne paye pas, et je ne peux pas le mettre dehors. C'est aberrant. Moi, je viens d'un pays où, dès qu'il y a le moins de soucis, c'est dehors. Donc, pour moi... Il n'y a pas d'entrée viverne à l'Occitanie. Ah non, non, il n'y a pas d'entrée viverne. C'est fini, c'est fini. Il n'y a pas d'entre-octobre et mars. Non, on n'a pas ça. Donc, pour moi, je n'avais pas de cliché sur le propriétaire qui demande juste à être payé. Après, tout le parcours, en plus, pour acheter en France, où c'est quand même très compliqué, on va se le dire. Et toutes les lois sont les critiquées. Donc, je n'avais pas d'a priori. C'est normal d'être payé.
pour voir son loyer. Vu que tu vois la structure de la société, comment elle évolue, j'ai l'impression que tu auras de plus en plus de clients. Parce qu'il y a de moins en moins de CDI. Parce que les entreprises, elles ont des visions beaucoup plus difficiles à cause des innovations technologiques. Et même les jeunes, moi je vois la génération, la nouvelle génération, nous, j'ai 40 ans bientôt, c'était, il fallait signer un CDI. Là, les jeunes, ils s'en fichent littéralement de ça. Ils veulent voyager, ils veulent être entrepreneurs. Il y a de nouveau, le freelance, C'est un truc qui existait pas forcément avant, mais qui se développent de plus en plus. Donc, cette situation du gars ou de la fille qui veut louer un appartement, parce que tout le monde voudrait toujours louer des appartements, ça va augmenter. Ok, donc, belle intuition.
Oui, on a un temps sur ce marché, pour être très honnête, les locataires, ça ne manque pas. On a toujours des gens qui cherchent un logement. Mais c'est juste encore, on va dire, que les propriétaires ont un petit peu une... mentalité plus hargneuse qu'on essaie de décortiquer, d'éduquer. Mais ça vient aussi naturellement parce que le marché propose de plus en plus de garanties locatives différentes que le garant physique. On a bien compris que le garant physique, c'est plus seulement ça. Parce que vous vous portez garant que si j'ai un impayé, je vais être payé.
C'est vrai que vous avez récupéré l'argent du garant ? Ah non. C'est pas genre parce qu'il a juste mis son nom Moi j'ai mis mon pote garant d'un appartement Je me dis il a jamais payé pour moi Il a jamais payé pour moi Non non
De plus en plus ça vaut plus Grand chose Donc après il y a d'autres garanties qui se sont mises en place Comme l'ancienne Assurance qui existe depuis DELUS Qui est la GLI Sauf que ça s'appelle garantie loyer payée Qui est mis en place mais payée par le propriétaire Voilà pour pouvoir avoir son loyer. Mais même ce modèle-là, ça a un coût en fait. Imaginez un propriétaire qui paye juste pour être payé. Donc, de plus en plus des nouveaux modèles de garantie qui font payer le locataire pour lui son risque. Il commence à venir sur le marché. Donc oui, on tend vers quelque chose de plus favorable pour la garantie locative.
À quel moment de ton parcours, il y a l'idée dans l'entrepreneuriat ? Il y a l'idée, qui est pour moi quasiment la plus importante, la motivation. de transformer ton idée en entreprise, c'est là où on perd le plus de gens, parce que les idées, c'est la richesse du pauvre. Moi, j'ai une idée. Transforme ton idée en réalité, c'est ça le plus difficile. Est-ce que tu t'es dit que tu as un frein financier ou un frein de réseau quand tu as commencé ? Est-ce que tu as eu de l'aide ? À quel moment ? Qu'est-ce qui t'a aidé à passer de l'idée ? Les gens, ils ont eu l'air à trouver des appartements. Par quoi je commence ? Par quoi tu as commencé ?
C'est une très très bonne question et c'est là où je pense que le réseau est quelque chose d'important. Déjà, j'ai vraiment eu la chance et la grâce d'avoir ce back-up, ces compétences entrepreneuriales. Je savais déjà d'où je pars pour pouvoir avancer. Mon master m'a permis de structurer mon entreprise. Parce que ce master est très particulier. Parce que quand vous êtes en master 2, vous avez soit... vous travaillez, vous conseillez, donc vous conseillez dans les incubateurs et tout ça, soit vous créez votre propre entreprise. Donc imaginez un prof, notre prof, un responsable de formation qui devait accepter que ses étudiants bossent sur leur idée. Je peux vous dire qu'il fallait vraiment montrer qu'on est sérieux. Parce que c'est en plus l'IAE, l'IAE de Bordeaux, il fallait passer des tests, il fallait montrer qu'on avance. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidé. Et en plus, de plus en plus, les écoles ont amené des incubateurs dans les universités, dans les écoles, ce qui permet aux étudiants d'être simulés de plus en plus. Donc moi, j'ai eu cette progression à la fac tout doucement qui m'a amené de bout en bout à structurer mon idée. Parce qu'après, je n'ai même pas parlé de ça, mais on reviendra de comment vraiment l'idée m'est venue à ce moment-là. Mais j'ai pu structurer dans mon parcours académique, et je remercie vraiment l'Université de Bordeaux pour ça, parce que ça permet aux étudiants d'avoir cette idée, de le maturer, de le transformer, de savoir comment écrire son business plan, son plan d'affaires, par où commencer. Donc, je dirais que c'est ça. Et j'ai gagné des prix. Et vraiment, c'est un concours de bonnes personnes au bon moment. Je me dis, peut-être qu'il faut que je pousse encore cette porte. Et ensuite, une fois que les portes sont poussées, en fait, on est lancé. On ne peut plus dire, oui, mais je ne savais pas. On est engagé. Je me suis retrouvé dans un incubateur. J'avais des rendez-vous mensuels. Il fallait bouger. Et en plus, j'avais le 8 de la 10 quand je vais chercher le financement. Ça, on en reparlera aussi après.
Oui, tu as vraiment, en fait, tu as été… C'est comme si tu étais en surentraînement avant même de commencer. Exactement. Quand tu arrives, ceux qui ont dit que l'entraînement est plus dur que le match.
Effectivement.
Quand tu es en… Tu fais, oh, en fait, c'est plus facile. J'avais jamais vu ça comme ça, mais c'est vraiment... Dans un bon bolzette, il y a une chose qui s'appelle la salle du temps. Il rentre dans une salle, ça dure 24 heures, et en fait, c'est comme s'il était un an à l'extérieur. Il s'entraîne avec des poils lourds, et c'est dur. Et quand il sort, le compagnon fait, c'est facile en fait. Je pense que tu as un peu vécu ça. Parce que c'est dur, tu as les concurrents, entre guillemets. Tu as l'image des autres élèves, tu as les profs. Donc tu as beaucoup de gens qui peuvent te dire, c'est pas fou. donc si tu arrives à passer ça Après, c'est plus simple.
C'est une très bonne question parce que je me rends compte qu'effectivement, c'est le concours de toute cette préparation qui m'a permis d'être prête à lancer et à faire les choses.
Quand tu fais ton business plan, on connaît le business plan. Tu fais un business plan sur 3, 5, 10 ans. Quel chiffre il te faut pour lancer ton business ?
Alors, il me faut d'abord 7 millions. Il me faut d'abord 7 millions. Parce qu'à l'époque, je voulais devenir une assurance. Et moi, tout doucement, je vais voir mon conseiller d'incubateur qui nous accompagne. Et je lui dis, ben voilà, j'ai fait mon plan. Je sais comment les argents vont entrer. Et nous, on veut être la première assurance pour les étudiants étrangers. Il me regarde et il me dit, une assurance. Je lui dis, oui. Il me dit, il te faut 7 millions d'euros de fonds de garantie. Je lui dis, ok. Je reviens. Je dis je reviens. Et là, je repars sur mon business, je module. Parce qu'après, c'est ça, c'est vraiment, on a un obstacle. Soit on abandonne, soit on essaye de surmonter l'obstacle. C'est-à-dire qu'à chaque fois, l'entreprenariat, c'est ça. Et moi, quand j'ai construit mon business model où je vois que j'ai 7 millions à réunir, il faut que je trouve le moyen de proposer la solution autrement. Et donc, en trouvant le moyen de le proposer. j'arrive à un besoin à 30 000 finalement. Donc j'ai dit, mais non, finalement, je ne vais pas être une assurance maintenant. Je vais essayer de faire les choses de ce moyen qui me permet toujours aussi de répondre à la problématique et ainsi de suite.
C'est intéressant parce que, pour tous ceux qui nous regardent, tu avais une idée à la base et la réalité du terrain t'a fait modifier l'idée. Et ça, c'est l'entrepreneuriat. C'est qu'on ne peut pas dire si c'est ça que je veux faire. la vie avec Menji ah frôlé par là d'abord non non et ce qui s'est passé ce qui s'est passé t'as réadapté en fonction du toujours je suis en plein enfin aujourd'hui c'est même mon jeu c'est à dire en fait il y a ton why c'est ton pourquoi qui te suit bien sûr et il y a cette idée qu'on a de toi parce que c'est
vrai qu'il faut s'adapter mais il faut garder une ligne conductive bien sûr évidemment quand on me voit on sait que ah oui mais c'est Armandine qui facilite l'accès au logement exactement même si aujourd'hui la manière dont on y répond divers, différents de quand on a commencé au départ. Mais il y a une ligne conductrice. Ce qui est sûr, c'est que la manière dont on délivre les canaux de distribution ou le produit en lui-même, il doit s'adapter. Ah oui, sinon, on ferme.
7 millions, 30 000.
Oui, quand même.
C'est quand même un chiffre...
Je me suis adaptée.
C'est un chiffre différent, mais quand même, si tu ne les as pas, c'est un petit chiffre. Est-ce que... Comment tu as réussi à les avoir ? Est-ce que tu t'es dit, combien de temps, quand tu as fait ton business plan, tu t'es dit, il me fallait, pour être rentable, combien de temps ou combien de clients, si tu te souviens un petit peu ?
Combien de temps ? Je pense que j'ai commencé à facturer avant même de... Moi, je viens de Cameroun, c'est système D, c'est-à-dire on commence, on prend le petit, on avance, on propose quelque chose et on évolue. Et donc, moi, quand j'ai commencé, c'était vraiment... directement à la sortie de mes études. Donc, il s'est passé, on va dire, à peu près six mois. Six mois, le temps que j'ai mon business plan, que je me fasse suivre, que je trouve la structure. Parce que oui, il y avait des noms, des banques qui me regardaient. En plus, oui, j'ai oublié de le dire, j'étais enceinte de huit mois. Donc, quand j'allais voir les banques pour le financement... On me dit non madame, je pense que vous avez notre entrepreneuriat à gérer. Et donc j'ai essuyé plein de portes qui me sont fermées au nez. Et finalement, il s'est passé six mois, le temps que je puisse revenir. Tous les fonds dont j'avais besoin, acheter tel logiciel, acheter ci, ça, un ordinateur, des clients. Et le premier client, en fait, il était déjà venu avant. On avait déjà commencé à faire des petites prestations de recherche de logement, de facilitation d'accès au logement. Enfin, on avait une offre de base pour avoir un petit peu de sous. Parce que dans tous les cas, vous n'allez pas vous faire financer si vous ne montrez pas que vous avez des engagements.
Preuve tout.
C'est du proof of concept.
Preuve de concept. Ça veut dire que c'est quoi tes premiers clients ? Ton premier client, c'est un locataire qui cherche un appartement, un propriétaire qui est un peu hésitant. Oui, très hésitant. Ça, c'est ta matrice. Et toi, tu es là. Ça va se passer entre les deux. Oui,
c'est ça.
Qui est ce premier locataire ? Qui est ce premier propriétaire ?
Alors, le premier locataire, c'est une jeune fille qui venait d'Angola et qui avait besoin d'un logement et qui a payé six mois. Et la propriétaire était très... Oh là là, j'ai dû me batailler. Elle était très hésitante. Elle était très hésitante. Et il fallait que je lui prouve tous les documents sur la terre qui prouvent qu'on est une vraie entreprise.
Ah, donc tu le fais. Montrer que le locataire n'était pas à sa halle et qu'en plus toi tu prouves que toi ça allait.
Généralement c'est ça. Bon avec le temps maintenant, j'envoie quelques presses, essayer de voir l'actualité, on est là. Mais c'est vrai qu'au début il fallait et rassurer la jeune fille et prouver qu'elle est bien, et aussi nous prouver qu'on est bien. C'était une bataille de ça mais finalement elle a pu entrer. Et ça je me suis dit waouh.
Cool. Dans quelle ville ?
C'est Bordeaux. Bordeaux, ok. Et là, je me suis dit, ça marche. Ça marche, ce truc.
Parce qu'à chaque fois que tu fais des connexions, tu as toujours ce, ça marche.
Ah oui, parce que le logement, c'est humain. Ça fait partie de la pyramide Maslow, c'est humain. Et j'ai toujours ce même truc où je me dis, oui, franchement, on a réussi. Parce qu'en plus, c'est des rapports à vie. C'est-à-dire que j'ai des personnes qui sont parties des logements et qui... qui m'écrivent et qui me disent, oui, j'ai trouvé un logement grâce à elle. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas enlever. Pour moi, c'est vraiment la chose qui a le plus de valeur pour moi, au final.
Tu sais, j'aime bien quand tu me racontes ça, des histoires comme ça, parce que souvent, on pense, les entrepreneurs, on pense capitalisme, on pense genre de droite, il y a plein de stéréotypes sur le truc. Mais je pense qu'on oublie qu'à la base, c'est souvent une personne qui a une idée et qui essaye de... Des gens qui ont des problèmes et on essaie de régler le problème des gens. C'est beaucoup ça.
J'ai même une anecdote. Je me souviens, on avait une propriétaire française, je dis ça parce que c'est important, âgée de 85 ans. Et on avait un couple qui cherchait un logement. Moi, j'ai fait... Parce que quand on prend un logement, on fait passer les gens, on propose des dossiers. Et on avait un couple nigérien. Je disais qu'il ne parlait pas un mot de français. Et la femme venait d'accoucher, donc ils travaillaient pour une boîte à l'étranger, au Canada, et l'autre en Angleterre, donc les fiches de paie, autant dire que c'était mort pour les traduire. Mais moi je parle anglais, donc je pouvais communiquer avec eux, leur expliquer. Et finalement, je retiens leur dossier. Et la dame, la propriétaire, elle avait très très peur. Elle, vraiment, elle avait très peur. Vous savez, c'est aussi ça, c'est pour rebondir là-dessus, c'est qu'on traduit les rapports. On parle, on explique. On enlève cette peur auprès du propriétaire. On traduit aussi cette même peur auprès du locataire pour qu'il soit conscient de l'enjeu et de l'engagement que c'est. Et elle me disait, est-ce que vous êtes sûr qu'il va payer ? Je disais, mais oui, il va payer, ne vous inquiétez pas. Donc, je traduis ça en plus en français aussi. Et donc, à la sortie de la visite, ils prennent le logement. Le temps de descendre, il avait viré au moins six mois de loyer. Aujourd'hui, ça fait quatre ans. Quand il est entré dans le logement, il a fait un an, elle m'a envoyé des chocolats. Et je me suis dit, ça, c'est notre travail. C'est-à-dire que deux personnes qui n'auraient pas pu se calculer de toute leur vie, on a pu, grâce à la communication, grâce à l'explication et cette ouverture d'esprit, leur mettre et jamais,
jamais d'un pays de lois. Le racisme derrière ça, on le sait, on a la même couleur de peau, on connaît, on connaît. Et donc ouais, ce travail de rassurer, il n'y a pas beaucoup d'entreprises. Le fond, c'est que tu fais du travail social en faisant du business.
Exactement.
Je trouve ça intéressant dans le pari de mettre des gens de profil en avant. Est-ce que, aujourd'hui, dans Archimède, est-ce que c'est toi qui parles avec le locataire d'abord, d'ailleurs tu acceptes les dossiers, ou il y a des propriétaires qui viennent à toi ? Il y a toujours le locataire ?
Plus le locataire. C'est les propriétaires qui sont toujours réticents, c'est le plus dur.
Ok.
Par contre, les locataires, on en a beaucoup qui sont en demande. Et quand on reçoit les dossiers, en fonction, puisqu'il faut quand même le dire, il faut avoir de l'épargne. Il faut quand même être préparé financièrement. Donc, en fonction des dossiers, parce que l'idée aussi, c'est de mettre des personnes qui ont un vrai projet. On prend chaque dossier comme un projet de vie et pas juste un numéro qu'on a balancé par-ci, par-là. On les étudie. Et on se rassure que c'est des personnes actives, c'est des personnes qui vraiment ont un certain profit.
Comment ? Vous avez une matrice de documents ? Ou tu les mets devant toi et tu regardes leurs yeux vraiment ? Non,
on discute, c'est comme un entretien. Parce qu'il faut aussi... Je passe souvent ce message aussi aux locataires. Le problème, c'est qu'on a un bien aujourd'hui, on veut le louer. Personne n'aimerait louer à quelqu'un qui ne fait rien.
Bien sûr, évidemment. Voilà.
Donc, à partir de ça, quand vous le prenez de manière humaine, vous trouvez facilement, vous pouvez détecter qui... qui va être un peu dérangeant ou quelqu'un qui ne va pas coller, parce que ça reste aussi du matching. Et sur un logement, vous allez avoir 10 visites pour juste choisir une personne. Donc autant filtrer et savoir qui on met, qui on ne met pas. Donc on a déjà notre standard, c'est des personnes qui sont actives, qui ont un projet, ou elles peuvent ne pas être actives, mais qu'il y a une justification. On est plus dans la recherche du motif, et pas qu'un logement juste pour prendre un logement. Parce qu'au final, c'est une seule personne qu'on va mettre dans le logement. Donc, ça se fait facilement. Vous envoyez votre dossier locatif. On étudie. On essaie de comprendre pourquoi. Qu'est-ce que vous avez. Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est que nous, on est très, très direct. Puisqu'il faut avoir de l'épargne.
C'est le principe.
Donc, déjà, si vous avez de l'épargne, maintenant, on est déjà fixé là-dessus. Et on parle maintenant…
Tu me refais si les gens ont de l'épargne. On peut demander des comptes ?
Ah oui ! Nous, on demande directement. combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? Il n'y a pas de...
Ok, d'accord.
Oui, combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? D'ailleurs, même il y a une loi en France qui permet, ça les gens ne le savent pas, qui permet de demander 12 mois de loyer, un an de loyer, mais en fait, la limite de cette loi, c'est que vous ne pouvez pas prendre de dépôt de garantie. C'est juste ça. Mais ce qu'on fait, c'est ce qui se faisait aussi avant, c'était ce qu'on appelait communément la caution bancaire. Oui, bien sûr. La banque, quand elle prenait vos 12 mois de loyer, elle est bloquée et il fallait encore payer votre loyer. Nous, on a juste réinventé ce même principe en disant, si quelqu'un met 6 mois, 1 an, il ne va pas encore payer à côté. Donc voilà, ça fait beaucoup. C'est le même principe qu'on applique. Et donc, quand on reçoit les dossiers... La première chose, c'est est-ce que vous avez les loyers d'avance ? Vous avez de l'épargne ? Si oui, non, sinon on ne peut pas vous accompagner parce qu'on ne pourra rien faire. Si vous avez un garant physique qui peut se porter garant, allez vers une agence classique. Parce que nous, ce qu'on va mettre en avant quand on va démarcher le propriétaire, c'est de lui dire qu'il y a déjà physiquement, je ne sais pas, un an de loyer qui sont prêts.
Est-ce que vous faites des locations court terme ou long terme ?
Non, plutôt long terme. On évite les courts termes, tout ça. On peut avoir des mobilités by, c'est neuf mois pour les étudiants, mais on ne fait pas vraiment de la courte durée. L'idée, c'est de faciliter l'accès au logement dans des logements classiques. Voilà, exactement.
Combien de clients aujourd'hui ?
Aujourd'hui, c'est à peu près 300 clients intégrés.
Dans le sud-ouest, Bordeaux ?
Non, pas que Bordeaux, on est aussi à Lyon et à Paris. On a des propriétaires un petit peu partout aussi, même en Angleterre. Et on gère à peu près une cinquantaine de places. D'ailleurs, quand je dis gérer des places, c'est que la plupart des propriétaires maintenant nous confient leurs biens pour pouvoir mettre des personnes parce qu'on fait de la gestion locative inclusive.
Est-ce que c'était prévu à la base ? Non.
On commence à se rapprocher de l'élite.
En fait, en faisant un pas, ça t'ouvre un autre truc.
Exactement.
Ça me rappelle, j'ai eu un autre invité, il s'appelait Franck, qui est dans la musique. Et à la base, il voulait créer une plateforme type Spotify en Afrique. Après, il s'est rendu compte qu'en fait, son business, c'était que tous les artistes, ils ne savaient pas comment mettre sa musique. Donc, il est devenu plus proche des artistes.
Et ça reste dans la même ligne. C'est ça, c'est pareil.
C'est important l'adaptabilité dans nos milieux. Combien de personnes aujourd'hui sur Archimède ? Tu bosses avec combien de personnes ?
Je bosse avec 4 personnes. Il y a des personnes qui vont plutôt faire la recherche de propriétaires, d'autres qui vont gérer les visites comme une...
Comme une agence classique, il y a d'autres personnes qui vont gérer la communication, les demandes d'appel à projet, tout ça, tout ça, une petite équipe.
La com' elle est importante. La com' elle ne doit pas être facile, facile, parce que moi je m'y mets à la place d'un étudiant togolais. Il veut venir trouver un appartement en France, il va taper appartement, le sologer.com Paris, à quel moment, comment il va finir par tomber ?
Honnêtement, nos clients viennent sur internet parce qu'ils vont généralement taper... D'ailleurs, je ne sais pas, le mot-clé c'est... Il faut avoir un bon budget as. Non, pas forcément, c'est organique. Et on a beaucoup de bouches à oreilles, de recommandations. On a aussi les assos étudiantes qui nous envoient... Enfin, je veux dire, vraiment la recherche de logements, on en a plus que les propriétaires. Donc on est plus à la recherche des propriétaires qui, eux, sont vraiment difficiles. Mais ce qui va marcher, c'est du bouche à oreille. Parce que généralement, on connaît un propriétaire qui loue. Et puis, ça se met en marche. On a de plus en plus de propriétaires comme ça.
Est-ce que vous pensez élargir... Parce que, initialement, c'est la recherche de locataires inclusifs, donc étudiants étrangers. Parce que c'est un problème que je pense qu'il n'y a pas que les étudiants étrangers. Ah oui, non, mais là, aujourd'hui,
on répond... En bref,
est-ce que vous faites pour les Blancs ?
Oui. On répond à tout le monde. Tout le monde. On fait de la recherche de logement pour tout le monde. C'est-à-dire que quand on a commencé à lancer, c'était à la base pour les étudiants étrangers. Mais finalement, on s'est rendu compte qu'il y avait des intérimaires, des entrepreneurs, des CDD, des personnes qui n'ont pas trois fois le montant du loyer, qui touchent deux fois huit, des personnes qui sont en freelance. On est ouvert à tous. Il y avait juste une particularité d'avance de loyer. D'ailleurs, on a même des personnes en CDI qui viennent nous voir pour mettre. des loyers d'avance pour renforcer leur dossier. Donc aujourd'hui, on s'adresse à tout le monde.
Ok. C'est quoi les perspectives d'évolution ? D'avoir de plus en plus de locataires, j'ai l'impression que ce n'est pas trop difficile.
Non, ce n'est pas difficile.
Et propriétaires ?
Oui.
Est-ce qu'il y a une manière, est-ce que c'est quoi ta stratégie ? Parce que tu dis que tu es une stratégiste à la base. C'est quoi ta stratégie pour que plus de propriétaires passent par toi ?
Ma stratégie c'est que, en fait, déjà le service est gratuit pour les propriétaires. Donc on les attire comme ça, on teste avec eux, on fait aussi ce qu'on appelle de la sous-location professionnelle. C'est-à-dire qu'on va récupérer un bien, on va le louer et on va le mettre à la disposition du locataire. C'est-à-dire qu'on porte juste le risque.
C'est-à-dire que vous louez ?
Oui, c'est pour ça qu'on a des places, on gère des biens.
D'accord, ok.
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on loue directement le bien si le propriétaire a tellement... peur. On se rapproche du Hilton,
là.
Ah oui !
C'est-à-dire qu'il y a 50 lieux. C'est ça que vous disiez, place que vous louez vous-même avec la structure.
Et on remet à des personnes qui ne vont pas trouver facilement le logement.
Est-ce que c'était pensé comme ça, nécessairement ? Non,
rien n'était pensé comme ça.
C'est intéressant. Et les propriétaires le savent ? Oui.
Ils commencent à savoir. On a aussi une stratégie, c'est de travailler avec des institutions. Comme l'a dit, on est en train de mettre en place, ce n'est pas encore officiel, mais on est en train de voir comment on va faciliter l'accès au logement pour les entrepreneurs. Parce qu'à la base, en fait, il faut avoir des fonds, mais il y a des personnes qui n'ont pas de fonds. Mais on veut permettre aux personnes de pouvoir prêter ces loyers d'avance qu'on va utiliser comme socle pour sécuriser les logements. Donc, il y a pas mal de stratégies qui ne sont pas encore officielles, dont on verra de plus en plus, comme une avec Adi, sur laquelle on est en train de travailler pour les entrepreneurs. de permettre aux entrepreneurs d'avoir des loyers d'avance qui sont prêtés par la DIP pour pouvoir accéder facilement à leur logement. Vraiment, ces taxes-là s'inscrivent pour le bien-être de l'entrepreneur. Parce que la plupart des personnes qui entreprennent le logement, ça fait partie de l'équilibre mental. Et donc, on est aussi en train de voir avec une autre banque qu'on démarche actuellement, enfin avec qui on est en discussion, pour voir s'ils peuvent prêter à d'autres profils. Et donc... Avec ces stratégies et ces partenaires institutionnels, on veut aller chercher encore plus de crédibilité pour pouvoir travailler avec de plus en plus de propriétaires. Parce que, par exemple, l'ADI, c'est plusieurs bureaux en France. Et puis, on peut compter sur ces relais pour pouvoir diffuser notre initiative.
Oui, être associé à des marques connues. dans la place, ça permet de crédibiliser encore plus la structure. Effectivement,
et d'atteindre plus facilement.
Est-ce que toi, en tant qu'entrepreneur, tu as bénéficié de la DIT ?
Oui, la DIT, c'est la première structure à m'avoir dit oui, avec laquelle je travaille toujours, même aujourd'hui, mais sur d'autres thématiques, en fait. Puisque quand on se fait, on part dans une banque traditionnelle, On est étudiante étrangère, on n'a pas de CDI encore, on vient juste de finir les études, on est enceinte de 8 mois. Comment vous dire que ce n'est même pas possible, même en ref, même si on a toute la volonté du monde, ce n'était pas possible. Et du coup, moi j'avais eu la chance d'avoir un intervenant de l'ADI qui intervenait dans mon master et qui avait parlé de l'ADI et donc j'avais découvert l'initiative. Et je suis allée tout simplement prendre rendez-vous avec eux, avec un conseiller qui m'a dit oui. et avec qui on a monté, voilà, comme tu posais la question de savoir comment je suis passée aussi de l'idée à l'acte. C'était aussi avec une démarche d'accompagnement de l'ADI pour vraiment appuyer, parce qu'en plus c'est eux qui te financent, mais qui t'apportent aussi cette vision vraiment technique et opérationnelle de ta structure. Donc après plusieurs échanges, j'avais finalement ce oui, et puis c'était vraiment là où tout a commencé.
T'as levé des fonds après ?
Non, plutôt des prêts manquaires et tout ça après Ok,
tu lèves des fonds, t'as une boîte qui te donne 5 millions, qui te donne les 7 millions que t'avais comme idée à la base T'en fais quoi aujourd'hui avec la structure que t'as actuellement ?
Alors, si j'ai 7 millions qu'est-ce que je ferais ? En fait, tout d'abord je louerais tous les biens tous les biens disponibles, je les loue et je les sécurise pour Archimède j'avance les premiers dépôts de garantie et je les reloue Merci. Parce qu'on fait notre marge de trois façons. On a des commissions sur les loyers versés. On a aussi, puisque finalement, quand on les reloue, on est comme une agence classique. On a des honoraires comme une agence classique. Et on a aussi une marge sur les loyers qu'on met en place. C'est-à-dire qu'on va augmenter le loyer de peut-être de 30 à 100 euros, voire 150 en fonction de la position géographique du bien. je loue tous les biens et puis je les remets en location et puis voir acheter même certains biens.
Oui, parce que l'idée d'acheter, c'est une expertise que vous êtes en train d'avoir. Être capable de sourcer les personnes qui sont entrepreneurs, étudiants étrangers, dans des situations avec des finances quand même assez « stables » , enfin en tout cas ils ont un matelas. et repérer, parce qu'il y a quand même un truc humain dans lequel tu repères avec l'expérience. Comme la séduction, plus tu dragues, plus tu sais draguer. C'est un peu pareil. Plus tu vois les menteurs. Il y a un peu de ça. Le gars qui est à RH, il n'y a pas à se faire avoir par le gars qui dit qu'est-ce que vous voulez dans ce vacan. On s'est très bien avec lui, il va travailler trois mois, il va arrêter après. C'est par un quali comme compétence. Donc effectivement, si vous avez... Ah oui,
on loue tout. On crée une association de propriétaires parce que les propriétaires sont aujourd'hui très stigmatisés, on leur dit « Venez chez nous, on va les dynamiser, créer une association de propriétaires et on travaille avec eux. » Et pour même aller plus loin, pourquoi ne pas aussi créer cette assurance du départ ?
En même temps, tu réponds à un besoin qui est intemporel et qui va même s'exacerber. Est-ce que vous pensez à sortir de la France ? Parce que tu dis que tu vas dans d'autres pays.
Pas encore. On va d'abord se concentrer sur la France parce que les autres pays, c'est un petit peu différent parce qu'ils n'ont pas cette problématique.
Pas les mêmes lois aussi.
On n'a pas le même pain point pour l'instant. Pain point ? Pain point. Alors, pain point, c'est justement nos clients qui souffrent. Le pain point, c'est le point où tu trouves ton client. Ah, le point de douleur. Oui, le point de douleur. Bon, j'utilise des anglicismes, c'est parce qu'on en a partout dans le truc. Mais oui, c'est vraiment quand on trouve nos clients, ils ont vraiment besoin de ce service. C'est vraiment des personnes qui sont à la rue, qui sont… Airbnb, enfin vraiment c'est là où ça marche en fait.
Tu réponds vraiment à un besoin.
Oui, très concrètement.
Ok, donc là quatre personnes. Vos locaux sont où d'ailleurs ?
À Darwin, donc à Bordeaux.
La structure aujourd'hui c'est une SA, une SAS, une SS. Donc il y a plusieurs associés. Une SAS U.
J'oublie toujours le U.
Société Anonyme. Non, Société Anonyme. Action simplifiée. J'en ai une également. Donc, tu es seule dedans.
C'est moi qui dirige. C'est moi la moche.
Les personnes avec qui tu travailles, ce sont des salariés ? Oui,
il y a une partie salariée, une partie stagiaire, une partie... Alternant ? Oui, alternant. C'est le mot que je cherchais.
Est-ce que tu penses apprendre de nouveaux associés ? Est-ce que c'est un truc qui t'est venu à l'esprit ?
Oui, oui. Si je trouve... Après, c'est comme le mariage. Il faut trouver...
C'est quoi les qualités pour toi d'un associé ? Est-ce que tu as plus besoin de compétences techniques, d'argent, d'ouverture de réseau ? C'est quoi le... Si tu dois faire qui veut être mon associé ? Tu connais l'émission ?
Bien sûr. Je connais très, très bien. Si je ferais qui veut être mon associé, je dirais... Réseau, encore plus de réseau, financier aussi et plutôt quelqu'un qui est plutôt mon contraire, qui va être sur l'opérationnel. Parce que moi je suis une bonne CEO mais je ne suis pas une bonne manager. En plus je parlais de ça tout à l'heure. Donc je ne suis pas un bon manager forcément. Voilà donc quelqu'un qui peut être plus sur l'opérationnel et qui peut diriger une équipe. Et moi j'ai plutôt stratégie, vision, grandes lignes.
Aujourd'hui, ça fait 6 ans, ta famille qui n'est pas une famille d'entrepreneurs, qui te regardait un peu comme une folle, c'est toujours le cas aujourd'hui ?
Non, non, aujourd'hui quand je m'assois tout le monde dit oui.
Madame, la bosse ! Ce que je vais te donner après c'est littéralement pour toi, tu vas voir après, tu vas comprendre pourquoi, c'est littéralement.
Non, aujourd'hui, de toute façon dans ma famille j'ai toujours été celle qu'on ne comprend pas.
T'as des frères et soeurs ?
Oui, des frères et sœurs, des mi-frères et sœurs, oui. Mais avec qui je ne suis pas proche, mais j'ai plutôt grandi toute seule. Donc aujourd'hui, oui, quand mon père me voit, lui qui est très métier à vocation, il ne comprend toujours rien. Mais il est sûr d'une chose, que je vais réussir. C'est tout ce qu'il me dit. C'est déjà pas mal. C'est déjà bien. Et puis bon, ma mère, elle savait. Elle m'a dit, bon, c'est toi. Oui, je pense qu'aujourd'hui, je ne cherchais pas non plus, mais je pense que quand je parle, ou alors tout ce... Pourquoi on ne la comprend pas ? On comprend maintenant que c'était l'entreprenariat. Voilà, c'est son truc, c'est comme ça.
Ça apaise un peu l'esprit de savoir que les tiens sont apaisés parce qu'en fait, c'est une source de stress pour eux. Ils ne connaissent pas, c'est une source de stress. Est-ce que ça t'apaise un peu ?
Alors oui, bien sûr que c'est toujours apaisant parce que quand tu es dans un écosystème, enfin je dis écosystème, famille.
Famille.
J'ai tellement écosystème dans ma tête. Quand tu es dans un écosystème, non, une famille, pardon, pardon, pardon, je vais y arriver.
Sachez qu'elle nous voit comme un écosystème, Armandine.
Quand tu es dans une famille où tu dois tout le temps batailler, surtout quand tu as une vision. Je suis quelqu'un qui est visionnaire. pense court terme et que tu essaies, tu vois, c'est une bataille tout le temps. C'est bien après qu'ils comprennent. C'est vrai que ça économise. Là, aujourd'hui, mon père, même s'il comprend rien, il est plutôt tranquille. Je n'ai plus à batailler pour lui expliquer que voici, machin, je préfère ça parce que bien sûr que c'est toujours apaisant.
C'est un vrai challenge de l'entrepreneur quand tu as un entourage qui ne comprend pas ce que tu fais. Déjà, tu dois te battre avec le marché, avec les administrations, tout ceci, cela. Et en plus, si ton cercle, il te... Bon, si tu te pousses pas c'est pas grave, mais si en plus il faut te battre avec ce cercle là, il y a un côté un peu...
Oui.
Qui peut être un peu fatiguant, ça dépend de ta personnalité mais...
Après j'ai aussi eu beaucoup de soutien de mon compagnon qui, je le dis toujours, est mon associé caché. Ouais. Parce qu'après on a une famille donc je voyage énormément.
Ouais.
Et il faut bien quelqu'un qui reste, qui assure donc on peut pas faire tout ça tout seul. Et on me dit toujours quel est ton secret, j'ai dit j'ai un associé caché qui est à la maison et lui qui m'apporte justement cette sérénité et qui m'a toujours comprise et m'a accompagnée dans tout. Et je pense que oui, grâce à ça aussi, ça a permis d'être focalisée en fait sur ce que je fais.
Ta fille, elle a 5 ans. Est-ce que c'est une bosse ?
Je pense qu'elle aime même pire que moi.
Ah là là, les Ausha font pas des chiens.
Ah non, elle parle beaucoup et puis elle est... Je dis toujours qu'Archimède c'est son grand frère parce que moi j'ai créé en novembre, elle est née en janvier de l'année qui suivait et c'est comme un ordre. Donc elle sait que quand je parle d'Archimède, de la boîte, elle doit se tenir à l'aise. Mais c'est quelqu'un que je pense, oui, c'est une mini-bosse parce que je... Entre femmes entrepreneurs noires, on n'a pas beaucoup de modèles. Moi je n'ai pas grandi forcément avec des modèles inspirants d'entrepreneuriat. Et moi, c'est ce que j'essaie de donner à ma fille. Parce que quand je sors dans la presse, je lui montre que c'est possible. Quand je dois aller pitcher, je l'amène. Quand il y a des possibilités où elle peut être dans le public, elle voit que c'est possible de le faire. Et donc, oui, je mets cette petite graine et j'essaie de l'arroser pour qu'elle puisse comprendre que c'est hyper important d'être une femme et que le monde est à toi. Donc, oui, oui, oui, elle est dedans.
Elle sera, entre guillemets, plus... facile entre guillemets parce qu'elle comprendra l'écosystème beaucoup plus tôt et ça c'est un truc qui est très important avant même l'argent avant même quand tu as l'entourage qui te... tu es dans une famille d'entrepreneurs ou tu connais des entrepreneurs c'est beaucoup plus facile c'est tellement un métier qui s'apprend toi pour moi je suis entrepreneur je suis papa également c'est... je compare pas les deux évidemment c'est des choses différentes mais les deux ça s'apprend en fait c'est pas naturel non Une entreprise, comme tu dis, t'as changé plein de trucs. Plein de trucs. Ça s'apprend. Et comme tes parents, tu fais avec ton enfant qui grandit comme ça. C'est ça. Et ce qui compte le plus, j'ai l'impression, c'est la confiance que t'as en toi. Oui. Qui fait que tu vas être OK. Ça, ça va pas comme ça. Il faut que j'aille comme ça, dans cette direction-là. Quand tu dis que t'as une vision, d'ailleurs, tu disais que t'es visionnaire, tu l'as dit plusieurs fois. Donc, il faut que t'assumes ce que tu dis.
J'assume toujours.
En 2025.
Oui.
En 2050.
Oui.
Archimède, il est où ? En 2050... Est-ce que c'est un garçon ou une fille d'Archimède ?
C'est un garçon.
Ok. Ah oui, tu l'as dit tout à l'heure.
Oui, c'est un garçon. C'est son grand frère. Je ne sais pas, mais c'est comme ça. Archimède 2050, ça sera la première. Entreprise qui apporte une garantie locative mais qui faut aussi de l'acquisition immobilière.
Ok.
Ça sera la première.
Il fait les deux ?
Ouais, il fait les deux.
Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Un peu CBRE ? Ce genre de société ?
Oui.
Qui achète beaucoup de trucs et qui… Oui,
FCPI, voilà. Ouais, permettre aux gens de…
Là, t'es en France, est-ce qu'il y a un marché qui t'attire, qui correspond aux besoins ? Tu connais l'Asie, je ne sais pas.
Alors, ce qui est assez intéressant, c'est que j'ai participé à un programme l'année dernière. Ça s'appelle le White Tilly, un programme d'État américain où j'ai été sélectionnée pour représenter la France aux États-Unis. J'étais basée à Chicago où j'ai bossé pendant six semaines. Et ça m'a ouvert un réseau énorme, énormissime, où en fait, je me suis rendu compte qu'il y a des personnes qui veulent investir en France, mais qui ne savent pas parce que... Personne ne parle anglais, bon du coup à Paris, vous êtes à Paris, ça va, mais à Bordeaux, les gens ne parlent pas beaucoup anglais. Et je me suis dit, mais pourquoi ne pas juste aussi lancer prochainement aussi l'acquisition de biens ? Et je suis partie aussi récemment à Dubaï où je me suis fait aussi un réseau. Et donc l'idée c'est demain, Archimède, entre toujours répondre à cette facilité d'accès au logement et être l'assurance pour ces gens-là, mais aussi de permettre aux gens d'investir en France pour...
justement le logement toujours et faciliter toujours l'accès au logement c'est marrant le mot assurance il est vraiment rassurant si t'es une assurance ça rassure le mot il correspond à ce qu'il fait c'est ça c'est ça j'avais la vision j'avais la vision est-ce que donc là t'es en France pour le moment la fin d'année elle est dans pas très longtemps est-ce que t'as l'impression qu'il y a comment dire Comment je pourrais dire ça ? Je reprends mes mots. Pas deux secondes, je suis assoiffé. Ouais, parfait. C'est trop intéressant, hein ? Regardez !
C'est vrai !
La prochaine idée. Nous, on se régale, hein ? Ok, c'est fait. Tu m'as dit dans 2050, tu vois première société de contrat locatif,
de garantie locatif et d'acquisition immobilière.
Je sens que Archisamette ne sera pas ta seule boîte.
Non.
On le sait. Non, je ne le sais pas. Moi, je le sais. Ils le savent aussi. Ils le savent aussi. C'est quoi la prochaine ? Il y a quel secteur qui t'intéresse ?
Alors, pour l'instant, ce qui m'intéresse, à part l'immobilier que je fais, c'est... La cause des femmes et l'entrepreneuriat, c'est de pouvoir mutualiser un incubateur qui permet aux personnes de se révéler. Je sais que c'est du vu et déjà entendu, mais je pense que miser aussi sur le potentiel des personnes qui ne sont pas forcément attendues, puisque ça a été le cas pour moi, peut apporter encore plus de valeur à ce qu'on fait. Donc on a besoin d'une diversité pour pouvoir évoluer. C'est un must aujourd'hui. Et c'est ce que j'ai appris de mes nombreux voyages, où ce qui les rend forts ou alors hyper innovants, c'est la diversité. C'est pour ça que tout à l'heure, quand tu as posé la question de savoir quel type d'associé, je dis tout le contraire de moi. Parce que si on se ressemble, on a les mêmes compétences, on n'avance pas. Et pour être innovant, il faut avoir la diversité. Et moi aujourd'hui j'ai cette envie là parce que moi je dis pas que j'ai pas vécu ça mais enfin que j'ai vécu ça mais c'était c'était un peu fallait que je sorte de moi même aujourd'hui quand je regarde en arrière je me demande toujours comment j'ai fait moi j'étais séduite, croyante mais voilà mais mais je me dis c'est pas tout le monde et je me rends compte que tout le monde n'a pas cette capacité ou alors tout le monde n'a pas cette personne qui peut puisse lui dire c'est possible J'entends beaucoup ce discours. Et là, je me dis, en fait, il y a des personnes qui savent faire ça, mais qu'est-ce qui manque ? Un manque de motivation, toute une atmosphère qui ne leur permet pas de faire. Et moi, ma prochaine boîte, ça sera la finesse. C'est comme ça que je vais l'appeler.
La finesse ?
Oui.
Pourquoi tu as déjà le nom ?
Parce qu'en fait, on a un petit groupe où on s'est retrouvés parce qu'on a fait plein de programmes. On venait de tous les bords du pays, là à Bordeaux, et on s'est appelé La Finesse. Et j'ai toujours dit que quand je vais ouvrir ma prochaine boîte dans un incubateur, ça va s'appeler La Finesse.
Ok.
Ouais.
Ça, ce que tu dis, c'est que là, en fait, tu me parles de ta prochaine boîte, c'est déjà le cas de la première avec une visée sociétale, parce que dépendamment du business. c'est une visée sociétale puisque tu aides, tu réponds à un besoin social. Là, c'est tu partages. C'est ce que tu as acquis, tu le partages. Et est-ce que tu as toujours eu ça en toi de vouloir partager, de vouloir... Est-ce que tu t'es dit, OK, je vais là où je vais, ensuite, mon travail, ce serait de partager ?
Non, j'ai toujours eu envie d'amener les gens avec moi. Je ne suis pas... Je suis plutôt celle qui va être avec une personne et qui va la motiver aussi au même niveau. Parce que je pense que... Pour moi c'est personnel mais je veux dire rester avec quelqu'un qui n'évolue pas ne te fait pas évoluer.
Bien sûr évidemment.
Donc si moi comme je veux évoluer et que je vais évoluer, tu évolues aussi sinon on va avoir à un moment un décalage. Et donc oui le partage se fait même là, je donne du temps, je fais des choses parce que je veux que les gens puissent savoir que cet enseignement de personnes qui m'ont aidé, ils peuvent le trouver là quelque part. Et si c'est moi je suis ravie d'être cette personne là. Parce que moi, c'est une succession d'aides.
Bien sûr.
J'ai juste attrapé. Mais si ces gens-là ne savent pas que ça existe, parce que moi, je ne le fais pas, un arrêt, je n'aurais pas pu aussi avoir ces aides.
Bien sûr, on ne peut pas faire tout seul. On ne peut pas entreprendre tout seul. On ne peut pas faire tout seul. Et ça, c'est vrai qu'il faut le comprendre et l'intégrer. C'est qu'on a besoin de personnes. Et déjà, je pense que la première étape de l'entrepreneur, c'est son ouverture à se dire que, même si depuis que tu as 5 ans, tu sais que tu es de la bosse, dont on pourrait être la bosse. besoin de gens pour y arriver il y a une phrase qui disait sur la chance quand les gens réussissent t'as réussi parce que tu gagnes de l'argent t'as réussi parce que t'es aligné avec toi même je recite quelqu'un que j'ai interviewé t'as l'air aligné parfaitement ça se sent, ça se voit t'as monté ta boîte alors que t'étais enceinte on pourrait dire que c'est contre C'est l'inverse, on va le dire. Sauf que toi, non, je pense. Non. T'as fait un bébé, t'as fait deux bébés en fait.
Exactement.
T'as fait deux bébés. Oui. Donc, c'est un alignement. Je pense que tu t'es dit, ta fille, tu veux qu'elle ait une mère entrepreneuse et tu t'as fait en sorte que la mère, elle corresponde à ce que tu voulais être.
Ah oui, totalement. Parce que tous ceux qui me connaissent savent que ce que je fais, ils ne sont pas étonnés par rapport à la personnalité que j'avais. Donc, je suis totalement alignée. ma fille. J'ai pas forcément d'appréhension avec elle parce que je me dis que le fait que j'ai confiance en moi, elle le sent, elle le sait. Donc elle est hyper carrée aussi, hyper droite. Et je pense qu'elle fera son chemin, où, comment. Mais je sais que les bases qu'on lui donne lui permettra de se dire qu'elle peut faire tout. Mais je lui dis toujours que si tu veux faire quelque chose, fais-le très bien. Par contre, tu peux pas décider de faire de la cuisine ou danser ou être chimiste ou machin. et tu le fais de manière approximative. Ça, par contre, je ne peux pas accepter. C'est juste ça qu'on lui dit.
Surtout que j'ai l'impression que la société est de plus en plus compétitive, parce que le monde est de plus en plus connecté. Je pense qu'entrepreneur, en tout cas, si tu n'es pas à fond dans ton projet, je ne sais pas comment il peut tenir. Moi, j'ai vu des gens millionnaires perdre beaucoup d'argent qui pensaient que juste leur argent suffirait.
Non, ça ne suffit pas. Je pense que c'est même le dernier.
Oui, c'est la dernière chose. Moi, j'en suis persuadé. Je sais que c'est des phrases faciles mais aujourd'hui je pense qu'on a un peu d'expérience dans le temps derrière L'argent c'est pas le premier truc Moi j'ai monté au premier business, j'avais 23 ans, j'avais un restaurant sur les grands boulevards Ça a coûté 350 000 euros, pas d'argent du tout Et mes potes, on voulait lancer le truc et tout Mais on a pas d'argent, on pensera à ça plus tard Viens on fait un truc stylé, un business plan On pense, on trouve un local, on trouve de la confiance Et on a fini par avoir cet argent Et c'est de levier, un peu comme l'a dit Et à la fin il me semble qu'on a ouvert le resto Il a fait faillite entre temps. Mais ce n'est pas grave, c'est le chemin de la vie. Aujourd'hui, je ne serais pas là. On s'est dit, putain, il n'avait pas dosé, mais il est quand même là, le projet. Parce qu'en fait, l'argent, ça vient. C'est juste un outil parmi...
On appelle ça le processus d'effectuation. Moi, je suis une fan du processus de méthodologie. On finira sur ça. Le processus d'effectuation, c'est de faire avec ce que tu as pour avancer. Et non d'anticiper ce que tu penses avoir pour commencer. Donc en fait, c'est vraiment contre le prévisionnel, si je peux résumer. C'est que tu commences avec ce que tu as, si tu veux atteindre ce but, tu commences avec ça pour te diriger vers ce but et ainsi tu trouves les ressources étape par étape. Moi, c'est ça.
Et comment tu le dis, le mot ?
Effectuation.
Effectuation, je ne connaissais pas. Tous les entrepreneurs, entrepreneurs de processus d'effectuation, faites avec ce que vous avez et construis. En plus, ça construit une base beaucoup plus solide puisque tu as construit un pas après pas. Ton corps, c'est musclé pour un truc. Non,
c'est musclé.
Tu t'es musclé.
Tu connais de A à Z.
J'aime beaucoup. Armandine, je vais te donner un petit truc avant de partir. C'est un petit... C'est rien. Il n'y a pas 7 millions. D'accord.
On ne sait jamais.
C'est... En fait, entrepreneur, c'est dur. Je trouve que c'est un métier... Enfin, c'est un métier, mais pas ce que c'est un métier. C'est une partie des gens qui, dans la société, qui sont en difficulté. On est seul, tu vois. Tu as une SASU. Le U, c'est unipersonnel. Unipersonnel. Je suis... C'est un peu pareil pour moi. Et des fois, on doute. On accepte qu'on doute. Des fois, on a peur.
Ah oui.
Des fois, on croit qu'on ne va pas y arriver. Et là, je vais t'offrir le cabos. tous les entrepreneurs ils ont un cabis quand tu es créateur d'entreprise le cabos c'est le cabis des boss des entrepreneurs qui travaillent dur et qui bossent je te dis que tu as 5 ans tu veux être une boss je suis trop content de te remettre ton cabos c'était fait exprès c'était genre que non c'était pas fait exprès il est à toi merci que parfois tu douteras tu le regarderas tu te dis je suis une boss j'ai un cabis mais ça suffit pas merci Armandine d'avoir échangé Archimede je ne connaissais pas cette société incroyable et la bosse qui est derrière elle est encore plus incroyable c'était Cérémonie cet épisode était comme les autres très stylé regardez les suivants merci à tous et c'est propulsé par Ladie qui a aidé d'ailleurs Amandine à un moment de sa carrière et par Moni donc vraiment merci de suivre et à très bientôt à tous
Description
CéréMONIe, le podcast où on parle avec sincérité des défis de l'entrepreneuriat.
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
Les amis, on est dans Cérémonie, vous commencez à connaître la routine. Un entrepreneur ou une entrepreneuse, aujourd'hui une entrepreneuse. On parle d'entrepreneuriat de manière chill et surtout, surtout ce qu'il y a derrière l'entrepreneuriat, derrière la personne qu'il y a derrière. Et aujourd'hui, on va parler de Archimede et on a Armandine avec nous. Bonjour, comment tu vas ?
Ça va super bien, merci. Et toi ?
Franchement, ça va bien. Je me rends compte que j'aime beaucoup avoir des entrepreneurs et des entrepreneurs devant moi et discuter parce que moi je le suis. Et mine de rien, c'est toujours très... J'ai oublié le mot. Il est tard. Stimulant. de parler des entreprises, stimulant. Est-ce que tu peux commencer ? On va commencer par une question assez simple. Qui tu es ? Ton âge, ton origine ? Qui est Archimede ? Qu'est-ce que ta boîte fait ? Et ensuite, on rentrera un peu dans les détails.
On commence par ça ? Moi, je suis Armandine Kondok, j'ai 31 ans, maman d'une petite fille de 5 ans et je viens du Cameroun. Je suis arrivée au Cameroun en étant étudiante étrangère, donc en 2011. Ensuite, j'ai fait un parcours normal jusqu'à un master. Et à la suite d'une expérience personnelle, j'ai décidé de créer Archimède, qui en gros facilite l'accès au logement avec des loyers d'avance qu'on met pour vraiment rassurer le propriétaire et sécuriser le rapport locatif pour les locataires.
Ok. On va parler d'Archimède, mais tu m'as dit une phrase intéressante. Tu as dit à la suite d'une expérience personnelle. Donc, tu fais partie de ces entrepreneurs qui créent quelque chose parce qu'ils ont vécu quelque chose.
Oui. Parce qu'ils ont surtout vécu quelque chose et que ça s'applique à beaucoup de personnes. Parce que c'est aussi ça, on peut vivre quelque chose personnellement. Et finalement, la preuve du marché n'y est pas. Mais là, on s'est rendu compte que non seulement ça ne touchait pas que moi personnellement, mais aussi une autre catégorie de personnes qu'on détaillera plus tard. Mais c'était par rapport au logement. Donc, par rapport au logement, je suis arrivé en France en étant étudiante étrangère. Et pour ceux qui ne savent pas, quand on arrive en étant étudiante étrangère, en fait, il y a des conditions qu'on remplit avant d'obtenir son visa. Et dans ces conditions, il faut avoir un logement. Imaginez-vous au Cameroun, en train de chercher un logement sur le Boncoin avec un propriétaire en France. Je pense qu'on voit déjà un petit peu le portrait. Et donc, par le biais d'hôtels, d'amis, on a réussi à me faire venir, mais sur place. Même chose, il fallait trouver un logement. Mon père, gagnant sa vie au Cameroun, ne pouvait pas justifier en France, en CFA. Sauf que parallèlement, j'avais les fonds, j'avais de l'argent, j'avais le soutien de ma famille. J'avais 17 ans, j'étais une étudiante et mes parents se portaient garant, mais on ne pouvait pas prouver qu'on est capable de payer son loyer. Et donc, ça m'est venu sur ma carrière, sur ma vie étudiante et entrepreneuriale plusieurs fois. en étant étudiante étrangère et en étant entrepreneur. Parce que bien évidemment, on n'a pas de fiche de paye. Et donc, j'ai dit, mais qu'est-ce qui se passe ? Comment on fait pour trouver des solutions ou alors pour facilement entrer dans un logement ? Et donc, l'idée à chaque fois, en fait, c'était de se dire qu'est-ce qui se rapprochait ? Quelle était la similarité entre ces deux cas ? En fait, c'est que j'avais l'argent en épargne. Et je me suis dit, mais pourquoi on n'avance pas juste les loyers et puis on rassure le propriétaire sur un montant de 6, 9 mois, 12 mois, si on peut, pour vraiment... permettre aux propriétaires d'être assurés. Et c'est de là où est venue l'idée de pouvoir faciliter l'accès au logement.
Tu n'aurais pas eu cette expérience de vie, est-ce que tu penses que tu aurais eu l'idée d'arche-maille ?
Oui.
Ok. Oui. Parce que tu aurais entendu ce problème-là. Oui. Donc ça veut dire que tu es... Est-ce que tu as toujours voulu être entrepreneuse ?
Ah oui. Oui. Depuis que j'étais toute petite.
Ok. De quel âge toute petite ?
Euh oui, quand j'avais 5 ans, je voulais être... Boss. C'est vraiment l'idée où on est boss, on a encore le côté où... On dit ce qu'on doit faire à tout le monde, mais sauf que ce n'est pas la réalité. On est vraiment loin de ça. Mais j'avais cette idée de dire que je veux être mon propre boss, je veux gérer des personnes et je veux faire plein d'argent dans l'immobilier. C'était très, très précis.
C'est précis, hein ?
C'était très précis. Parce qu'à l'époque, je voyais... Comment ça s'appelle ? Les Hilton Hotel, je me suis dit, il me faut des bâtiments comme ça. Et c'était à l'époque de... Comment il s'appelle ? Paris Hilton. Ça chauffait un petit peu pas mal. Et son nom était partout. Je me suis dit, non, il faut que j'ai ça. Et bizarrement, on s'y rapproche. Je ne suis pas encore à ça, à Hilton, mais on y est arrivé.
Est-ce que tu es issue d'une famille d'entrepreneurs ?
Oui, une famille d'entrepreneurs. Oui et non. Oui, parce que ma mère, elle a entrepris. C'est chez elle que je pense que j'ai pris cet ADN. Même si aujourd'hui, elle est... Elle entreprend toujours mais d'une autre façon. Mais du côté de mon père, avec qui j'ai le plus vécu, non. Mon père c'est un fonctionnaire de la vieille école qui a fait 40 ans dans son service et qui n'a pas l'esprit entrepreneurial.
Est-ce que quand tu as commencé à vouloir devenir entrepreneuse, tu as été soutenue dans ta famille ou tu étais un peu seule ?
J'étais un peu seule, j'étais même très seule. Je pense qu'aujourd'hui, on le prend au sérieux parce qu'on me voit voyager, mais au début, j'étais toute seule. On se disait, mais qu'est-ce qu'elle fait ? J'ai cet adage qui dit toujours que si on est entrepreneur, on est un peu un fou qui ne se connaît pas. Un fou en tant qu'entrepreneur. C'est comme ça qu'on me voyait, comme une personne qui cherche la difficulté alors qu'elle peut tout simplement... Trouver un emploi et rester tranquille comme tout le monde. Donc non, je n'étais pas forcément soutenue au début. Oui,
ce n'est pas forcément facile. J'ai eu un peu le même profil, sauf que c'était en toi. Tu as 5 ans, donc tu dois apprendre. Donc tu as appris toute seule ?
Oui.
Tu as fait une école de commerce ?
J'ai quand même fait une licence en stratégie et décision économique. Je suis quelqu'un de très stratégiste et je le vois tous les jours. Ensuite j'ai fait un master en entrepreneuriat et management des projets. Ce qui m'a back-upped, enfin back-upped je pense que tout le monde comprend, mais qui m'a permis d'avoir les compétences nécessaires pour savoir un petit peu qu'est-ce que c'est qu'un bilan, qu'est-ce que c'est qu'un prévisionnel, comment anticiper, voilà enfin toutes ces notions qu'on apprend dans ces modules-là.
Archimède, c'est ta première société ?
On va dire que c'est ma première société, mais ce ne sont pas mes premières entreprises. Parce que vous savez, vous avez toujours des petits business que vous faites pour tester le marché. Ce où il n'y a pas de cabisse. Exactement.
On connaît, on connaît.
Mais oui, vraiment, c'est ma première société officielle.
Tu l'as montée toute seule ou est-ce que tu as été avec des gens ?
Toute seule.
L'idée, tu l'as eue seule et tu as créé une structure seule.
Exactement.
Il y a combien de temps que tu as créé la structure ?
Il y a six ans.
Il y a six ans ?
En 2019.
Ok, un peu avant le Covid.
Oui, exactement.
est-ce que ta... Tu as eu l'idée, tu t'es lancé tout de suite. Est-ce que ton projet, il est plus technologique ou plus relationnel ? Est-ce que tu vois ce que je veux dire ?
Oui, il est plus relationnel. C'est une innovation sociale. On va dire une innovation sociale qui s'appuie sur du numérique pour répondre à une problématique sociétale. Ok.
Est-ce qu'aujourd'hui, tu considères que, par rapport à ce que tu avais comme plan il y a six ans, tu es là où tu voudrais être ? Est-ce que tu es contente ?
Je suis contente, je suis contente, mais j'espère toujours comme un bon entrepreneur. On veut toujours plus, mais je suis déjà très, très contente.
Il n'y a pas encore les huit tonnes, mais on arrive.
On n'est pas encore là, mais ça, on arrive.
J'étais regardé dans une interview que tu avais faite, le chiffre m'a un peu choqué. Il y a 40% des dossiers qui sont falsifiés dans la demande de logement. Est-ce que ça t'a renforcé, tu t'es dit quand tu as vu ce chiffre-là, tu te dis je suis dans le bon endroit ou est-ce que tu t'es dit Est-ce que c'est pas impossible entre guillemets à structurer ? Parce qu'il y a un truc un peu légal dans la garantie locative. Est-ce que tu t'es dit l'État va m'embêter en lançant le projet ?
Non, ça m'a renforcé parce que vous imaginez vous êtes propriétaire. Parce que ce qui est assez intéressant dans notre activité, on ne prend pas de parti pris. On est là pour sécuriser le rapport locatif. présence juste envers le locataire et envers le propriétaire. Autant en tant que propriétaire, vous vous dites que vous recevez un dossier et que c'est falsifié parce qu'on n'a juste pas la capacité ou l'honnêteté de dire que moi je suis en CDD, mais j'ai tel montant d'argent sur mon compte qui va me permettre de pouvoir payer. Et aussi envers le locataire, que je comprends aussi tout à fait, parce qu'aujourd'hui, on ne peut pas postuler à un logement sans pouvoir avoir un CDI. C'est... Le marché évolue et aujourd'hui, le CDI ne veut plus rien dire. Je veux dire, entre griffes, ça veut dire que c'est bien, mais ce n'est plus ça. Tout le monde ne tend plus au CDI. Il faut pouvoir s'adapter au marché. Et donc, du coup, quand j'ai vu ces chiffres, je me suis dit, waouh, parce que des gens falsifient des dossiers pour juste avoir un 8 pour entrer, pour se loger. Alors que pour la plupart, certains ont de l'épargne. Donc, quand j'ai vu ça, je me suis dit, oui, il y a vraiment un intérêt à avoir ce type de solution. d'autant plus que ça se fait partout, mais pourquoi pas en France.
Partout dans le monde ?
Oui, je veux dire, la plupart des pays où j'ai voyagé, déjà l'idée m'est venue du Cameroun. Si vous voulez louer, la plupart du temps, même en Afrique, vous avancez les loyers. Le propriétaire, il ne se casse pas la tête à savoir si vous êtes comment, voilà. Vous avancez vos loyers, ça peut être six mois, un an, d'autres même deux ans. Chacun met ce qui lui permet d'être rassuré. Je suis partie à Dubaï pareil, je suis partie aux Etats-Unis pareil, en Angleterre on le fait. Je me dis, mais pourquoi il n'y a pas cette possibilité en France ? C'est juste ça.
Ok. Tu avais des a priori sur les locataires, les propriétaires avant de te lancer ?
Non.
Tu n'avais pas de cliché en tête ?
Non, parce que comme je dis, après je suis quelqu'un de très pragmatique. Je me vois mal aujourd'hui acheter un appartement. et quelqu'un ne paye pas, et je ne peux pas le mettre dehors. C'est aberrant. Moi, je viens d'un pays où, dès qu'il y a le moins de soucis, c'est dehors. Donc, pour moi... Il n'y a pas d'entrée viverne à l'Occitanie. Ah non, non, il n'y a pas d'entrée viverne. C'est fini, c'est fini. Il n'y a pas d'entre-octobre et mars. Non, on n'a pas ça. Donc, pour moi, je n'avais pas de cliché sur le propriétaire qui demande juste à être payé. Après, tout le parcours, en plus, pour acheter en France, où c'est quand même très compliqué, on va se le dire. Et toutes les lois sont les critiquées. Donc, je n'avais pas d'a priori. C'est normal d'être payé.
pour voir son loyer. Vu que tu vois la structure de la société, comment elle évolue, j'ai l'impression que tu auras de plus en plus de clients. Parce qu'il y a de moins en moins de CDI. Parce que les entreprises, elles ont des visions beaucoup plus difficiles à cause des innovations technologiques. Et même les jeunes, moi je vois la génération, la nouvelle génération, nous, j'ai 40 ans bientôt, c'était, il fallait signer un CDI. Là, les jeunes, ils s'en fichent littéralement de ça. Ils veulent voyager, ils veulent être entrepreneurs. Il y a de nouveau, le freelance, C'est un truc qui existait pas forcément avant, mais qui se développent de plus en plus. Donc, cette situation du gars ou de la fille qui veut louer un appartement, parce que tout le monde voudrait toujours louer des appartements, ça va augmenter. Ok, donc, belle intuition.
Oui, on a un temps sur ce marché, pour être très honnête, les locataires, ça ne manque pas. On a toujours des gens qui cherchent un logement. Mais c'est juste encore, on va dire, que les propriétaires ont un petit peu une... mentalité plus hargneuse qu'on essaie de décortiquer, d'éduquer. Mais ça vient aussi naturellement parce que le marché propose de plus en plus de garanties locatives différentes que le garant physique. On a bien compris que le garant physique, c'est plus seulement ça. Parce que vous vous portez garant que si j'ai un impayé, je vais être payé.
C'est vrai que vous avez récupéré l'argent du garant ? Ah non. C'est pas genre parce qu'il a juste mis son nom Moi j'ai mis mon pote garant d'un appartement Je me dis il a jamais payé pour moi Il a jamais payé pour moi Non non
De plus en plus ça vaut plus Grand chose Donc après il y a d'autres garanties qui se sont mises en place Comme l'ancienne Assurance qui existe depuis DELUS Qui est la GLI Sauf que ça s'appelle garantie loyer payée Qui est mis en place mais payée par le propriétaire Voilà pour pouvoir avoir son loyer. Mais même ce modèle-là, ça a un coût en fait. Imaginez un propriétaire qui paye juste pour être payé. Donc, de plus en plus des nouveaux modèles de garantie qui font payer le locataire pour lui son risque. Il commence à venir sur le marché. Donc oui, on tend vers quelque chose de plus favorable pour la garantie locative.
À quel moment de ton parcours, il y a l'idée dans l'entrepreneuriat ? Il y a l'idée, qui est pour moi quasiment la plus importante, la motivation. de transformer ton idée en entreprise, c'est là où on perd le plus de gens, parce que les idées, c'est la richesse du pauvre. Moi, j'ai une idée. Transforme ton idée en réalité, c'est ça le plus difficile. Est-ce que tu t'es dit que tu as un frein financier ou un frein de réseau quand tu as commencé ? Est-ce que tu as eu de l'aide ? À quel moment ? Qu'est-ce qui t'a aidé à passer de l'idée ? Les gens, ils ont eu l'air à trouver des appartements. Par quoi je commence ? Par quoi tu as commencé ?
C'est une très très bonne question et c'est là où je pense que le réseau est quelque chose d'important. Déjà, j'ai vraiment eu la chance et la grâce d'avoir ce back-up, ces compétences entrepreneuriales. Je savais déjà d'où je pars pour pouvoir avancer. Mon master m'a permis de structurer mon entreprise. Parce que ce master est très particulier. Parce que quand vous êtes en master 2, vous avez soit... vous travaillez, vous conseillez, donc vous conseillez dans les incubateurs et tout ça, soit vous créez votre propre entreprise. Donc imaginez un prof, notre prof, un responsable de formation qui devait accepter que ses étudiants bossent sur leur idée. Je peux vous dire qu'il fallait vraiment montrer qu'on est sérieux. Parce que c'est en plus l'IAE, l'IAE de Bordeaux, il fallait passer des tests, il fallait montrer qu'on avance. Donc je pense que ça m'a beaucoup aidé. Et en plus, de plus en plus, les écoles ont amené des incubateurs dans les universités, dans les écoles, ce qui permet aux étudiants d'être simulés de plus en plus. Donc moi, j'ai eu cette progression à la fac tout doucement qui m'a amené de bout en bout à structurer mon idée. Parce qu'après, je n'ai même pas parlé de ça, mais on reviendra de comment vraiment l'idée m'est venue à ce moment-là. Mais j'ai pu structurer dans mon parcours académique, et je remercie vraiment l'Université de Bordeaux pour ça, parce que ça permet aux étudiants d'avoir cette idée, de le maturer, de le transformer, de savoir comment écrire son business plan, son plan d'affaires, par où commencer. Donc, je dirais que c'est ça. Et j'ai gagné des prix. Et vraiment, c'est un concours de bonnes personnes au bon moment. Je me dis, peut-être qu'il faut que je pousse encore cette porte. Et ensuite, une fois que les portes sont poussées, en fait, on est lancé. On ne peut plus dire, oui, mais je ne savais pas. On est engagé. Je me suis retrouvé dans un incubateur. J'avais des rendez-vous mensuels. Il fallait bouger. Et en plus, j'avais le 8 de la 10 quand je vais chercher le financement. Ça, on en reparlera aussi après.
Oui, tu as vraiment, en fait, tu as été… C'est comme si tu étais en surentraînement avant même de commencer. Exactement. Quand tu arrives, ceux qui ont dit que l'entraînement est plus dur que le match.
Effectivement.
Quand tu es en… Tu fais, oh, en fait, c'est plus facile. J'avais jamais vu ça comme ça, mais c'est vraiment... Dans un bon bolzette, il y a une chose qui s'appelle la salle du temps. Il rentre dans une salle, ça dure 24 heures, et en fait, c'est comme s'il était un an à l'extérieur. Il s'entraîne avec des poils lourds, et c'est dur. Et quand il sort, le compagnon fait, c'est facile en fait. Je pense que tu as un peu vécu ça. Parce que c'est dur, tu as les concurrents, entre guillemets. Tu as l'image des autres élèves, tu as les profs. Donc tu as beaucoup de gens qui peuvent te dire, c'est pas fou. donc si tu arrives à passer ça Après, c'est plus simple.
C'est une très bonne question parce que je me rends compte qu'effectivement, c'est le concours de toute cette préparation qui m'a permis d'être prête à lancer et à faire les choses.
Quand tu fais ton business plan, on connaît le business plan. Tu fais un business plan sur 3, 5, 10 ans. Quel chiffre il te faut pour lancer ton business ?
Alors, il me faut d'abord 7 millions. Il me faut d'abord 7 millions. Parce qu'à l'époque, je voulais devenir une assurance. Et moi, tout doucement, je vais voir mon conseiller d'incubateur qui nous accompagne. Et je lui dis, ben voilà, j'ai fait mon plan. Je sais comment les argents vont entrer. Et nous, on veut être la première assurance pour les étudiants étrangers. Il me regarde et il me dit, une assurance. Je lui dis, oui. Il me dit, il te faut 7 millions d'euros de fonds de garantie. Je lui dis, ok. Je reviens. Je dis je reviens. Et là, je repars sur mon business, je module. Parce qu'après, c'est ça, c'est vraiment, on a un obstacle. Soit on abandonne, soit on essaye de surmonter l'obstacle. C'est-à-dire qu'à chaque fois, l'entreprenariat, c'est ça. Et moi, quand j'ai construit mon business model où je vois que j'ai 7 millions à réunir, il faut que je trouve le moyen de proposer la solution autrement. Et donc, en trouvant le moyen de le proposer. j'arrive à un besoin à 30 000 finalement. Donc j'ai dit, mais non, finalement, je ne vais pas être une assurance maintenant. Je vais essayer de faire les choses de ce moyen qui me permet toujours aussi de répondre à la problématique et ainsi de suite.
C'est intéressant parce que, pour tous ceux qui nous regardent, tu avais une idée à la base et la réalité du terrain t'a fait modifier l'idée. Et ça, c'est l'entrepreneuriat. C'est qu'on ne peut pas dire si c'est ça que je veux faire. la vie avec Menji ah frôlé par là d'abord non non et ce qui s'est passé ce qui s'est passé t'as réadapté en fonction du toujours je suis en plein enfin aujourd'hui c'est même mon jeu c'est à dire en fait il y a ton why c'est ton pourquoi qui te suit bien sûr et il y a cette idée qu'on a de toi parce que c'est
vrai qu'il faut s'adapter mais il faut garder une ligne conductive bien sûr évidemment quand on me voit on sait que ah oui mais c'est Armandine qui facilite l'accès au logement exactement même si aujourd'hui la manière dont on y répond divers, différents de quand on a commencé au départ. Mais il y a une ligne conductrice. Ce qui est sûr, c'est que la manière dont on délivre les canaux de distribution ou le produit en lui-même, il doit s'adapter. Ah oui, sinon, on ferme.
7 millions, 30 000.
Oui, quand même.
C'est quand même un chiffre...
Je me suis adaptée.
C'est un chiffre différent, mais quand même, si tu ne les as pas, c'est un petit chiffre. Est-ce que... Comment tu as réussi à les avoir ? Est-ce que tu t'es dit, combien de temps, quand tu as fait ton business plan, tu t'es dit, il me fallait, pour être rentable, combien de temps ou combien de clients, si tu te souviens un petit peu ?
Combien de temps ? Je pense que j'ai commencé à facturer avant même de... Moi, je viens de Cameroun, c'est système D, c'est-à-dire on commence, on prend le petit, on avance, on propose quelque chose et on évolue. Et donc, moi, quand j'ai commencé, c'était vraiment... directement à la sortie de mes études. Donc, il s'est passé, on va dire, à peu près six mois. Six mois, le temps que j'ai mon business plan, que je me fasse suivre, que je trouve la structure. Parce que oui, il y avait des noms, des banques qui me regardaient. En plus, oui, j'ai oublié de le dire, j'étais enceinte de huit mois. Donc, quand j'allais voir les banques pour le financement... On me dit non madame, je pense que vous avez notre entrepreneuriat à gérer. Et donc j'ai essuyé plein de portes qui me sont fermées au nez. Et finalement, il s'est passé six mois, le temps que je puisse revenir. Tous les fonds dont j'avais besoin, acheter tel logiciel, acheter ci, ça, un ordinateur, des clients. Et le premier client, en fait, il était déjà venu avant. On avait déjà commencé à faire des petites prestations de recherche de logement, de facilitation d'accès au logement. Enfin, on avait une offre de base pour avoir un petit peu de sous. Parce que dans tous les cas, vous n'allez pas vous faire financer si vous ne montrez pas que vous avez des engagements.
Preuve tout.
C'est du proof of concept.
Preuve de concept. Ça veut dire que c'est quoi tes premiers clients ? Ton premier client, c'est un locataire qui cherche un appartement, un propriétaire qui est un peu hésitant. Oui, très hésitant. Ça, c'est ta matrice. Et toi, tu es là. Ça va se passer entre les deux. Oui,
c'est ça.
Qui est ce premier locataire ? Qui est ce premier propriétaire ?
Alors, le premier locataire, c'est une jeune fille qui venait d'Angola et qui avait besoin d'un logement et qui a payé six mois. Et la propriétaire était très... Oh là là, j'ai dû me batailler. Elle était très hésitante. Elle était très hésitante. Et il fallait que je lui prouve tous les documents sur la terre qui prouvent qu'on est une vraie entreprise.
Ah, donc tu le fais. Montrer que le locataire n'était pas à sa halle et qu'en plus toi tu prouves que toi ça allait.
Généralement c'est ça. Bon avec le temps maintenant, j'envoie quelques presses, essayer de voir l'actualité, on est là. Mais c'est vrai qu'au début il fallait et rassurer la jeune fille et prouver qu'elle est bien, et aussi nous prouver qu'on est bien. C'était une bataille de ça mais finalement elle a pu entrer. Et ça je me suis dit waouh.
Cool. Dans quelle ville ?
C'est Bordeaux. Bordeaux, ok. Et là, je me suis dit, ça marche. Ça marche, ce truc.
Parce qu'à chaque fois que tu fais des connexions, tu as toujours ce, ça marche.
Ah oui, parce que le logement, c'est humain. Ça fait partie de la pyramide Maslow, c'est humain. Et j'ai toujours ce même truc où je me dis, oui, franchement, on a réussi. Parce qu'en plus, c'est des rapports à vie. C'est-à-dire que j'ai des personnes qui sont parties des logements et qui... qui m'écrivent et qui me disent, oui, j'ai trouvé un logement grâce à elle. Et ça, c'est quelque chose qu'on ne peut pas enlever. Pour moi, c'est vraiment la chose qui a le plus de valeur pour moi, au final.
Tu sais, j'aime bien quand tu me racontes ça, des histoires comme ça, parce que souvent, on pense, les entrepreneurs, on pense capitalisme, on pense genre de droite, il y a plein de stéréotypes sur le truc. Mais je pense qu'on oublie qu'à la base, c'est souvent une personne qui a une idée et qui essaye de... Des gens qui ont des problèmes et on essaie de régler le problème des gens. C'est beaucoup ça.
J'ai même une anecdote. Je me souviens, on avait une propriétaire française, je dis ça parce que c'est important, âgée de 85 ans. Et on avait un couple qui cherchait un logement. Moi, j'ai fait... Parce que quand on prend un logement, on fait passer les gens, on propose des dossiers. Et on avait un couple nigérien. Je disais qu'il ne parlait pas un mot de français. Et la femme venait d'accoucher, donc ils travaillaient pour une boîte à l'étranger, au Canada, et l'autre en Angleterre, donc les fiches de paie, autant dire que c'était mort pour les traduire. Mais moi je parle anglais, donc je pouvais communiquer avec eux, leur expliquer. Et finalement, je retiens leur dossier. Et la dame, la propriétaire, elle avait très très peur. Elle, vraiment, elle avait très peur. Vous savez, c'est aussi ça, c'est pour rebondir là-dessus, c'est qu'on traduit les rapports. On parle, on explique. On enlève cette peur auprès du propriétaire. On traduit aussi cette même peur auprès du locataire pour qu'il soit conscient de l'enjeu et de l'engagement que c'est. Et elle me disait, est-ce que vous êtes sûr qu'il va payer ? Je disais, mais oui, il va payer, ne vous inquiétez pas. Donc, je traduis ça en plus en français aussi. Et donc, à la sortie de la visite, ils prennent le logement. Le temps de descendre, il avait viré au moins six mois de loyer. Aujourd'hui, ça fait quatre ans. Quand il est entré dans le logement, il a fait un an, elle m'a envoyé des chocolats. Et je me suis dit, ça, c'est notre travail. C'est-à-dire que deux personnes qui n'auraient pas pu se calculer de toute leur vie, on a pu, grâce à la communication, grâce à l'explication et cette ouverture d'esprit, leur mettre et jamais,
jamais d'un pays de lois. Le racisme derrière ça, on le sait, on a la même couleur de peau, on connaît, on connaît. Et donc ouais, ce travail de rassurer, il n'y a pas beaucoup d'entreprises. Le fond, c'est que tu fais du travail social en faisant du business.
Exactement.
Je trouve ça intéressant dans le pari de mettre des gens de profil en avant. Est-ce que, aujourd'hui, dans Archimède, est-ce que c'est toi qui parles avec le locataire d'abord, d'ailleurs tu acceptes les dossiers, ou il y a des propriétaires qui viennent à toi ? Il y a toujours le locataire ?
Plus le locataire. C'est les propriétaires qui sont toujours réticents, c'est le plus dur.
Ok.
Par contre, les locataires, on en a beaucoup qui sont en demande. Et quand on reçoit les dossiers, en fonction, puisqu'il faut quand même le dire, il faut avoir de l'épargne. Il faut quand même être préparé financièrement. Donc, en fonction des dossiers, parce que l'idée aussi, c'est de mettre des personnes qui ont un vrai projet. On prend chaque dossier comme un projet de vie et pas juste un numéro qu'on a balancé par-ci, par-là. On les étudie. Et on se rassure que c'est des personnes actives, c'est des personnes qui vraiment ont un certain profit.
Comment ? Vous avez une matrice de documents ? Ou tu les mets devant toi et tu regardes leurs yeux vraiment ? Non,
on discute, c'est comme un entretien. Parce qu'il faut aussi... Je passe souvent ce message aussi aux locataires. Le problème, c'est qu'on a un bien aujourd'hui, on veut le louer. Personne n'aimerait louer à quelqu'un qui ne fait rien.
Bien sûr, évidemment. Voilà.
Donc, à partir de ça, quand vous le prenez de manière humaine, vous trouvez facilement, vous pouvez détecter qui... qui va être un peu dérangeant ou quelqu'un qui ne va pas coller, parce que ça reste aussi du matching. Et sur un logement, vous allez avoir 10 visites pour juste choisir une personne. Donc autant filtrer et savoir qui on met, qui on ne met pas. Donc on a déjà notre standard, c'est des personnes qui sont actives, qui ont un projet, ou elles peuvent ne pas être actives, mais qu'il y a une justification. On est plus dans la recherche du motif, et pas qu'un logement juste pour prendre un logement. Parce qu'au final, c'est une seule personne qu'on va mettre dans le logement. Donc, ça se fait facilement. Vous envoyez votre dossier locatif. On étudie. On essaie de comprendre pourquoi. Qu'est-ce que vous avez. Et puis, ce qui est assez intéressant, c'est que nous, on est très, très direct. Puisqu'il faut avoir de l'épargne.
C'est le principe.
Donc, déjà, si vous avez de l'épargne, maintenant, on est déjà fixé là-dessus. Et on parle maintenant…
Tu me refais si les gens ont de l'épargne. On peut demander des comptes ?
Ah oui ! Nous, on demande directement. combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? Il n'y a pas de...
Ok, d'accord.
Oui, combien de loyers êtes-vous prêt à mettre ? D'ailleurs, même il y a une loi en France qui permet, ça les gens ne le savent pas, qui permet de demander 12 mois de loyer, un an de loyer, mais en fait, la limite de cette loi, c'est que vous ne pouvez pas prendre de dépôt de garantie. C'est juste ça. Mais ce qu'on fait, c'est ce qui se faisait aussi avant, c'était ce qu'on appelait communément la caution bancaire. Oui, bien sûr. La banque, quand elle prenait vos 12 mois de loyer, elle est bloquée et il fallait encore payer votre loyer. Nous, on a juste réinventé ce même principe en disant, si quelqu'un met 6 mois, 1 an, il ne va pas encore payer à côté. Donc voilà, ça fait beaucoup. C'est le même principe qu'on applique. Et donc, quand on reçoit les dossiers... La première chose, c'est est-ce que vous avez les loyers d'avance ? Vous avez de l'épargne ? Si oui, non, sinon on ne peut pas vous accompagner parce qu'on ne pourra rien faire. Si vous avez un garant physique qui peut se porter garant, allez vers une agence classique. Parce que nous, ce qu'on va mettre en avant quand on va démarcher le propriétaire, c'est de lui dire qu'il y a déjà physiquement, je ne sais pas, un an de loyer qui sont prêts.
Est-ce que vous faites des locations court terme ou long terme ?
Non, plutôt long terme. On évite les courts termes, tout ça. On peut avoir des mobilités by, c'est neuf mois pour les étudiants, mais on ne fait pas vraiment de la courte durée. L'idée, c'est de faciliter l'accès au logement dans des logements classiques. Voilà, exactement.
Combien de clients aujourd'hui ?
Aujourd'hui, c'est à peu près 300 clients intégrés.
Dans le sud-ouest, Bordeaux ?
Non, pas que Bordeaux, on est aussi à Lyon et à Paris. On a des propriétaires un petit peu partout aussi, même en Angleterre. Et on gère à peu près une cinquantaine de places. D'ailleurs, quand je dis gérer des places, c'est que la plupart des propriétaires maintenant nous confient leurs biens pour pouvoir mettre des personnes parce qu'on fait de la gestion locative inclusive.
Est-ce que c'était prévu à la base ? Non.
On commence à se rapprocher de l'élite.
En fait, en faisant un pas, ça t'ouvre un autre truc.
Exactement.
Ça me rappelle, j'ai eu un autre invité, il s'appelait Franck, qui est dans la musique. Et à la base, il voulait créer une plateforme type Spotify en Afrique. Après, il s'est rendu compte qu'en fait, son business, c'était que tous les artistes, ils ne savaient pas comment mettre sa musique. Donc, il est devenu plus proche des artistes.
Et ça reste dans la même ligne. C'est ça, c'est pareil.
C'est important l'adaptabilité dans nos milieux. Combien de personnes aujourd'hui sur Archimède ? Tu bosses avec combien de personnes ?
Je bosse avec 4 personnes. Il y a des personnes qui vont plutôt faire la recherche de propriétaires, d'autres qui vont gérer les visites comme une...
Comme une agence classique, il y a d'autres personnes qui vont gérer la communication, les demandes d'appel à projet, tout ça, tout ça, une petite équipe.
La com' elle est importante. La com' elle ne doit pas être facile, facile, parce que moi je m'y mets à la place d'un étudiant togolais. Il veut venir trouver un appartement en France, il va taper appartement, le sologer.com Paris, à quel moment, comment il va finir par tomber ?
Honnêtement, nos clients viennent sur internet parce qu'ils vont généralement taper... D'ailleurs, je ne sais pas, le mot-clé c'est... Il faut avoir un bon budget as. Non, pas forcément, c'est organique. Et on a beaucoup de bouches à oreilles, de recommandations. On a aussi les assos étudiantes qui nous envoient... Enfin, je veux dire, vraiment la recherche de logements, on en a plus que les propriétaires. Donc on est plus à la recherche des propriétaires qui, eux, sont vraiment difficiles. Mais ce qui va marcher, c'est du bouche à oreille. Parce que généralement, on connaît un propriétaire qui loue. Et puis, ça se met en marche. On a de plus en plus de propriétaires comme ça.
Est-ce que vous pensez élargir... Parce que, initialement, c'est la recherche de locataires inclusifs, donc étudiants étrangers. Parce que c'est un problème que je pense qu'il n'y a pas que les étudiants étrangers. Ah oui, non, mais là, aujourd'hui,
on répond... En bref,
est-ce que vous faites pour les Blancs ?
Oui. On répond à tout le monde. Tout le monde. On fait de la recherche de logement pour tout le monde. C'est-à-dire que quand on a commencé à lancer, c'était à la base pour les étudiants étrangers. Mais finalement, on s'est rendu compte qu'il y avait des intérimaires, des entrepreneurs, des CDD, des personnes qui n'ont pas trois fois le montant du loyer, qui touchent deux fois huit, des personnes qui sont en freelance. On est ouvert à tous. Il y avait juste une particularité d'avance de loyer. D'ailleurs, on a même des personnes en CDI qui viennent nous voir pour mettre. des loyers d'avance pour renforcer leur dossier. Donc aujourd'hui, on s'adresse à tout le monde.
Ok. C'est quoi les perspectives d'évolution ? D'avoir de plus en plus de locataires, j'ai l'impression que ce n'est pas trop difficile.
Non, ce n'est pas difficile.
Et propriétaires ?
Oui.
Est-ce qu'il y a une manière, est-ce que c'est quoi ta stratégie ? Parce que tu dis que tu es une stratégiste à la base. C'est quoi ta stratégie pour que plus de propriétaires passent par toi ?
Ma stratégie c'est que, en fait, déjà le service est gratuit pour les propriétaires. Donc on les attire comme ça, on teste avec eux, on fait aussi ce qu'on appelle de la sous-location professionnelle. C'est-à-dire qu'on va récupérer un bien, on va le louer et on va le mettre à la disposition du locataire. C'est-à-dire qu'on porte juste le risque.
C'est-à-dire que vous louez ?
Oui, c'est pour ça qu'on a des places, on gère des biens.
D'accord, ok.
Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on loue directement le bien si le propriétaire a tellement... peur. On se rapproche du Hilton,
là.
Ah oui !
C'est-à-dire qu'il y a 50 lieux. C'est ça que vous disiez, place que vous louez vous-même avec la structure.
Et on remet à des personnes qui ne vont pas trouver facilement le logement.
Est-ce que c'était pensé comme ça, nécessairement ? Non,
rien n'était pensé comme ça.
C'est intéressant. Et les propriétaires le savent ? Oui.
Ils commencent à savoir. On a aussi une stratégie, c'est de travailler avec des institutions. Comme l'a dit, on est en train de mettre en place, ce n'est pas encore officiel, mais on est en train de voir comment on va faciliter l'accès au logement pour les entrepreneurs. Parce qu'à la base, en fait, il faut avoir des fonds, mais il y a des personnes qui n'ont pas de fonds. Mais on veut permettre aux personnes de pouvoir prêter ces loyers d'avance qu'on va utiliser comme socle pour sécuriser les logements. Donc, il y a pas mal de stratégies qui ne sont pas encore officielles, dont on verra de plus en plus, comme une avec Adi, sur laquelle on est en train de travailler pour les entrepreneurs. de permettre aux entrepreneurs d'avoir des loyers d'avance qui sont prêtés par la DIP pour pouvoir accéder facilement à leur logement. Vraiment, ces taxes-là s'inscrivent pour le bien-être de l'entrepreneur. Parce que la plupart des personnes qui entreprennent le logement, ça fait partie de l'équilibre mental. Et donc, on est aussi en train de voir avec une autre banque qu'on démarche actuellement, enfin avec qui on est en discussion, pour voir s'ils peuvent prêter à d'autres profils. Et donc... Avec ces stratégies et ces partenaires institutionnels, on veut aller chercher encore plus de crédibilité pour pouvoir travailler avec de plus en plus de propriétaires. Parce que, par exemple, l'ADI, c'est plusieurs bureaux en France. Et puis, on peut compter sur ces relais pour pouvoir diffuser notre initiative.
Oui, être associé à des marques connues. dans la place, ça permet de crédibiliser encore plus la structure. Effectivement,
et d'atteindre plus facilement.
Est-ce que toi, en tant qu'entrepreneur, tu as bénéficié de la DIT ?
Oui, la DIT, c'est la première structure à m'avoir dit oui, avec laquelle je travaille toujours, même aujourd'hui, mais sur d'autres thématiques, en fait. Puisque quand on se fait, on part dans une banque traditionnelle, On est étudiante étrangère, on n'a pas de CDI encore, on vient juste de finir les études, on est enceinte de 8 mois. Comment vous dire que ce n'est même pas possible, même en ref, même si on a toute la volonté du monde, ce n'était pas possible. Et du coup, moi j'avais eu la chance d'avoir un intervenant de l'ADI qui intervenait dans mon master et qui avait parlé de l'ADI et donc j'avais découvert l'initiative. Et je suis allée tout simplement prendre rendez-vous avec eux, avec un conseiller qui m'a dit oui. et avec qui on a monté, voilà, comme tu posais la question de savoir comment je suis passée aussi de l'idée à l'acte. C'était aussi avec une démarche d'accompagnement de l'ADI pour vraiment appuyer, parce qu'en plus c'est eux qui te financent, mais qui t'apportent aussi cette vision vraiment technique et opérationnelle de ta structure. Donc après plusieurs échanges, j'avais finalement ce oui, et puis c'était vraiment là où tout a commencé.
T'as levé des fonds après ?
Non, plutôt des prêts manquaires et tout ça après Ok,
tu lèves des fonds, t'as une boîte qui te donne 5 millions, qui te donne les 7 millions que t'avais comme idée à la base T'en fais quoi aujourd'hui avec la structure que t'as actuellement ?
Alors, si j'ai 7 millions qu'est-ce que je ferais ? En fait, tout d'abord je louerais tous les biens tous les biens disponibles, je les loue et je les sécurise pour Archimède j'avance les premiers dépôts de garantie et je les reloue Merci. Parce qu'on fait notre marge de trois façons. On a des commissions sur les loyers versés. On a aussi, puisque finalement, quand on les reloue, on est comme une agence classique. On a des honoraires comme une agence classique. Et on a aussi une marge sur les loyers qu'on met en place. C'est-à-dire qu'on va augmenter le loyer de peut-être de 30 à 100 euros, voire 150 en fonction de la position géographique du bien. je loue tous les biens et puis je les remets en location et puis voir acheter même certains biens.
Oui, parce que l'idée d'acheter, c'est une expertise que vous êtes en train d'avoir. Être capable de sourcer les personnes qui sont entrepreneurs, étudiants étrangers, dans des situations avec des finances quand même assez « stables » , enfin en tout cas ils ont un matelas. et repérer, parce qu'il y a quand même un truc humain dans lequel tu repères avec l'expérience. Comme la séduction, plus tu dragues, plus tu sais draguer. C'est un peu pareil. Plus tu vois les menteurs. Il y a un peu de ça. Le gars qui est à RH, il n'y a pas à se faire avoir par le gars qui dit qu'est-ce que vous voulez dans ce vacan. On s'est très bien avec lui, il va travailler trois mois, il va arrêter après. C'est par un quali comme compétence. Donc effectivement, si vous avez... Ah oui,
on loue tout. On crée une association de propriétaires parce que les propriétaires sont aujourd'hui très stigmatisés, on leur dit « Venez chez nous, on va les dynamiser, créer une association de propriétaires et on travaille avec eux. » Et pour même aller plus loin, pourquoi ne pas aussi créer cette assurance du départ ?
En même temps, tu réponds à un besoin qui est intemporel et qui va même s'exacerber. Est-ce que vous pensez à sortir de la France ? Parce que tu dis que tu vas dans d'autres pays.
Pas encore. On va d'abord se concentrer sur la France parce que les autres pays, c'est un petit peu différent parce qu'ils n'ont pas cette problématique.
Pas les mêmes lois aussi.
On n'a pas le même pain point pour l'instant. Pain point ? Pain point. Alors, pain point, c'est justement nos clients qui souffrent. Le pain point, c'est le point où tu trouves ton client. Ah, le point de douleur. Oui, le point de douleur. Bon, j'utilise des anglicismes, c'est parce qu'on en a partout dans le truc. Mais oui, c'est vraiment quand on trouve nos clients, ils ont vraiment besoin de ce service. C'est vraiment des personnes qui sont à la rue, qui sont… Airbnb, enfin vraiment c'est là où ça marche en fait.
Tu réponds vraiment à un besoin.
Oui, très concrètement.
Ok, donc là quatre personnes. Vos locaux sont où d'ailleurs ?
À Darwin, donc à Bordeaux.
La structure aujourd'hui c'est une SA, une SAS, une SS. Donc il y a plusieurs associés. Une SAS U.
J'oublie toujours le U.
Société Anonyme. Non, Société Anonyme. Action simplifiée. J'en ai une également. Donc, tu es seule dedans.
C'est moi qui dirige. C'est moi la moche.
Les personnes avec qui tu travailles, ce sont des salariés ? Oui,
il y a une partie salariée, une partie stagiaire, une partie... Alternant ? Oui, alternant. C'est le mot que je cherchais.
Est-ce que tu penses apprendre de nouveaux associés ? Est-ce que c'est un truc qui t'est venu à l'esprit ?
Oui, oui. Si je trouve... Après, c'est comme le mariage. Il faut trouver...
C'est quoi les qualités pour toi d'un associé ? Est-ce que tu as plus besoin de compétences techniques, d'argent, d'ouverture de réseau ? C'est quoi le... Si tu dois faire qui veut être mon associé ? Tu connais l'émission ?
Bien sûr. Je connais très, très bien. Si je ferais qui veut être mon associé, je dirais... Réseau, encore plus de réseau, financier aussi et plutôt quelqu'un qui est plutôt mon contraire, qui va être sur l'opérationnel. Parce que moi je suis une bonne CEO mais je ne suis pas une bonne manager. En plus je parlais de ça tout à l'heure. Donc je ne suis pas un bon manager forcément. Voilà donc quelqu'un qui peut être plus sur l'opérationnel et qui peut diriger une équipe. Et moi j'ai plutôt stratégie, vision, grandes lignes.
Aujourd'hui, ça fait 6 ans, ta famille qui n'est pas une famille d'entrepreneurs, qui te regardait un peu comme une folle, c'est toujours le cas aujourd'hui ?
Non, non, aujourd'hui quand je m'assois tout le monde dit oui.
Madame, la bosse ! Ce que je vais te donner après c'est littéralement pour toi, tu vas voir après, tu vas comprendre pourquoi, c'est littéralement.
Non, aujourd'hui, de toute façon dans ma famille j'ai toujours été celle qu'on ne comprend pas.
T'as des frères et soeurs ?
Oui, des frères et sœurs, des mi-frères et sœurs, oui. Mais avec qui je ne suis pas proche, mais j'ai plutôt grandi toute seule. Donc aujourd'hui, oui, quand mon père me voit, lui qui est très métier à vocation, il ne comprend toujours rien. Mais il est sûr d'une chose, que je vais réussir. C'est tout ce qu'il me dit. C'est déjà pas mal. C'est déjà bien. Et puis bon, ma mère, elle savait. Elle m'a dit, bon, c'est toi. Oui, je pense qu'aujourd'hui, je ne cherchais pas non plus, mais je pense que quand je parle, ou alors tout ce... Pourquoi on ne la comprend pas ? On comprend maintenant que c'était l'entreprenariat. Voilà, c'est son truc, c'est comme ça.
Ça apaise un peu l'esprit de savoir que les tiens sont apaisés parce qu'en fait, c'est une source de stress pour eux. Ils ne connaissent pas, c'est une source de stress. Est-ce que ça t'apaise un peu ?
Alors oui, bien sûr que c'est toujours apaisant parce que quand tu es dans un écosystème, enfin je dis écosystème, famille.
Famille.
J'ai tellement écosystème dans ma tête. Quand tu es dans un écosystème, non, une famille, pardon, pardon, pardon, je vais y arriver.
Sachez qu'elle nous voit comme un écosystème, Armandine.
Quand tu es dans une famille où tu dois tout le temps batailler, surtout quand tu as une vision. Je suis quelqu'un qui est visionnaire. pense court terme et que tu essaies, tu vois, c'est une bataille tout le temps. C'est bien après qu'ils comprennent. C'est vrai que ça économise. Là, aujourd'hui, mon père, même s'il comprend rien, il est plutôt tranquille. Je n'ai plus à batailler pour lui expliquer que voici, machin, je préfère ça parce que bien sûr que c'est toujours apaisant.
C'est un vrai challenge de l'entrepreneur quand tu as un entourage qui ne comprend pas ce que tu fais. Déjà, tu dois te battre avec le marché, avec les administrations, tout ceci, cela. Et en plus, si ton cercle, il te... Bon, si tu te pousses pas c'est pas grave, mais si en plus il faut te battre avec ce cercle là, il y a un côté un peu...
Oui.
Qui peut être un peu fatiguant, ça dépend de ta personnalité mais...
Après j'ai aussi eu beaucoup de soutien de mon compagnon qui, je le dis toujours, est mon associé caché. Ouais. Parce qu'après on a une famille donc je voyage énormément.
Ouais.
Et il faut bien quelqu'un qui reste, qui assure donc on peut pas faire tout ça tout seul. Et on me dit toujours quel est ton secret, j'ai dit j'ai un associé caché qui est à la maison et lui qui m'apporte justement cette sérénité et qui m'a toujours comprise et m'a accompagnée dans tout. Et je pense que oui, grâce à ça aussi, ça a permis d'être focalisée en fait sur ce que je fais.
Ta fille, elle a 5 ans. Est-ce que c'est une bosse ?
Je pense qu'elle aime même pire que moi.
Ah là là, les Ausha font pas des chiens.
Ah non, elle parle beaucoup et puis elle est... Je dis toujours qu'Archimède c'est son grand frère parce que moi j'ai créé en novembre, elle est née en janvier de l'année qui suivait et c'est comme un ordre. Donc elle sait que quand je parle d'Archimède, de la boîte, elle doit se tenir à l'aise. Mais c'est quelqu'un que je pense, oui, c'est une mini-bosse parce que je... Entre femmes entrepreneurs noires, on n'a pas beaucoup de modèles. Moi je n'ai pas grandi forcément avec des modèles inspirants d'entrepreneuriat. Et moi, c'est ce que j'essaie de donner à ma fille. Parce que quand je sors dans la presse, je lui montre que c'est possible. Quand je dois aller pitcher, je l'amène. Quand il y a des possibilités où elle peut être dans le public, elle voit que c'est possible de le faire. Et donc, oui, je mets cette petite graine et j'essaie de l'arroser pour qu'elle puisse comprendre que c'est hyper important d'être une femme et que le monde est à toi. Donc, oui, oui, oui, elle est dedans.
Elle sera, entre guillemets, plus... facile entre guillemets parce qu'elle comprendra l'écosystème beaucoup plus tôt et ça c'est un truc qui est très important avant même l'argent avant même quand tu as l'entourage qui te... tu es dans une famille d'entrepreneurs ou tu connais des entrepreneurs c'est beaucoup plus facile c'est tellement un métier qui s'apprend toi pour moi je suis entrepreneur je suis papa également c'est... je compare pas les deux évidemment c'est des choses différentes mais les deux ça s'apprend en fait c'est pas naturel non Une entreprise, comme tu dis, t'as changé plein de trucs. Plein de trucs. Ça s'apprend. Et comme tes parents, tu fais avec ton enfant qui grandit comme ça. C'est ça. Et ce qui compte le plus, j'ai l'impression, c'est la confiance que t'as en toi. Oui. Qui fait que tu vas être OK. Ça, ça va pas comme ça. Il faut que j'aille comme ça, dans cette direction-là. Quand tu dis que t'as une vision, d'ailleurs, tu disais que t'es visionnaire, tu l'as dit plusieurs fois. Donc, il faut que t'assumes ce que tu dis.
J'assume toujours.
En 2025.
Oui.
En 2050.
Oui.
Archimède, il est où ? En 2050... Est-ce que c'est un garçon ou une fille d'Archimède ?
C'est un garçon.
Ok. Ah oui, tu l'as dit tout à l'heure.
Oui, c'est un garçon. C'est son grand frère. Je ne sais pas, mais c'est comme ça. Archimède 2050, ça sera la première. Entreprise qui apporte une garantie locative mais qui faut aussi de l'acquisition immobilière.
Ok.
Ça sera la première.
Il fait les deux ?
Ouais, il fait les deux.
Alors, qu'est-ce qu'il fait ? Un peu CBRE ? Ce genre de société ?
Oui.
Qui achète beaucoup de trucs et qui… Oui,
FCPI, voilà. Ouais, permettre aux gens de…
Là, t'es en France, est-ce qu'il y a un marché qui t'attire, qui correspond aux besoins ? Tu connais l'Asie, je ne sais pas.
Alors, ce qui est assez intéressant, c'est que j'ai participé à un programme l'année dernière. Ça s'appelle le White Tilly, un programme d'État américain où j'ai été sélectionnée pour représenter la France aux États-Unis. J'étais basée à Chicago où j'ai bossé pendant six semaines. Et ça m'a ouvert un réseau énorme, énormissime, où en fait, je me suis rendu compte qu'il y a des personnes qui veulent investir en France, mais qui ne savent pas parce que... Personne ne parle anglais, bon du coup à Paris, vous êtes à Paris, ça va, mais à Bordeaux, les gens ne parlent pas beaucoup anglais. Et je me suis dit, mais pourquoi ne pas juste aussi lancer prochainement aussi l'acquisition de biens ? Et je suis partie aussi récemment à Dubaï où je me suis fait aussi un réseau. Et donc l'idée c'est demain, Archimède, entre toujours répondre à cette facilité d'accès au logement et être l'assurance pour ces gens-là, mais aussi de permettre aux gens d'investir en France pour...
justement le logement toujours et faciliter toujours l'accès au logement c'est marrant le mot assurance il est vraiment rassurant si t'es une assurance ça rassure le mot il correspond à ce qu'il fait c'est ça c'est ça j'avais la vision j'avais la vision est-ce que donc là t'es en France pour le moment la fin d'année elle est dans pas très longtemps est-ce que t'as l'impression qu'il y a comment dire Comment je pourrais dire ça ? Je reprends mes mots. Pas deux secondes, je suis assoiffé. Ouais, parfait. C'est trop intéressant, hein ? Regardez !
C'est vrai !
La prochaine idée. Nous, on se régale, hein ? Ok, c'est fait. Tu m'as dit dans 2050, tu vois première société de contrat locatif,
de garantie locatif et d'acquisition immobilière.
Je sens que Archisamette ne sera pas ta seule boîte.
Non.
On le sait. Non, je ne le sais pas. Moi, je le sais. Ils le savent aussi. Ils le savent aussi. C'est quoi la prochaine ? Il y a quel secteur qui t'intéresse ?
Alors, pour l'instant, ce qui m'intéresse, à part l'immobilier que je fais, c'est... La cause des femmes et l'entrepreneuriat, c'est de pouvoir mutualiser un incubateur qui permet aux personnes de se révéler. Je sais que c'est du vu et déjà entendu, mais je pense que miser aussi sur le potentiel des personnes qui ne sont pas forcément attendues, puisque ça a été le cas pour moi, peut apporter encore plus de valeur à ce qu'on fait. Donc on a besoin d'une diversité pour pouvoir évoluer. C'est un must aujourd'hui. Et c'est ce que j'ai appris de mes nombreux voyages, où ce qui les rend forts ou alors hyper innovants, c'est la diversité. C'est pour ça que tout à l'heure, quand tu as posé la question de savoir quel type d'associé, je dis tout le contraire de moi. Parce que si on se ressemble, on a les mêmes compétences, on n'avance pas. Et pour être innovant, il faut avoir la diversité. Et moi aujourd'hui j'ai cette envie là parce que moi je dis pas que j'ai pas vécu ça mais enfin que j'ai vécu ça mais c'était c'était un peu fallait que je sorte de moi même aujourd'hui quand je regarde en arrière je me demande toujours comment j'ai fait moi j'étais séduite, croyante mais voilà mais mais je me dis c'est pas tout le monde et je me rends compte que tout le monde n'a pas cette capacité ou alors tout le monde n'a pas cette personne qui peut puisse lui dire c'est possible J'entends beaucoup ce discours. Et là, je me dis, en fait, il y a des personnes qui savent faire ça, mais qu'est-ce qui manque ? Un manque de motivation, toute une atmosphère qui ne leur permet pas de faire. Et moi, ma prochaine boîte, ça sera la finesse. C'est comme ça que je vais l'appeler.
La finesse ?
Oui.
Pourquoi tu as déjà le nom ?
Parce qu'en fait, on a un petit groupe où on s'est retrouvés parce qu'on a fait plein de programmes. On venait de tous les bords du pays, là à Bordeaux, et on s'est appelé La Finesse. Et j'ai toujours dit que quand je vais ouvrir ma prochaine boîte dans un incubateur, ça va s'appeler La Finesse.
Ok.
Ouais.
Ça, ce que tu dis, c'est que là, en fait, tu me parles de ta prochaine boîte, c'est déjà le cas de la première avec une visée sociétale, parce que dépendamment du business. c'est une visée sociétale puisque tu aides, tu réponds à un besoin social. Là, c'est tu partages. C'est ce que tu as acquis, tu le partages. Et est-ce que tu as toujours eu ça en toi de vouloir partager, de vouloir... Est-ce que tu t'es dit, OK, je vais là où je vais, ensuite, mon travail, ce serait de partager ?
Non, j'ai toujours eu envie d'amener les gens avec moi. Je ne suis pas... Je suis plutôt celle qui va être avec une personne et qui va la motiver aussi au même niveau. Parce que je pense que... Pour moi c'est personnel mais je veux dire rester avec quelqu'un qui n'évolue pas ne te fait pas évoluer.
Bien sûr évidemment.
Donc si moi comme je veux évoluer et que je vais évoluer, tu évolues aussi sinon on va avoir à un moment un décalage. Et donc oui le partage se fait même là, je donne du temps, je fais des choses parce que je veux que les gens puissent savoir que cet enseignement de personnes qui m'ont aidé, ils peuvent le trouver là quelque part. Et si c'est moi je suis ravie d'être cette personne là. Parce que moi, c'est une succession d'aides.
Bien sûr.
J'ai juste attrapé. Mais si ces gens-là ne savent pas que ça existe, parce que moi, je ne le fais pas, un arrêt, je n'aurais pas pu aussi avoir ces aides.
Bien sûr, on ne peut pas faire tout seul. On ne peut pas entreprendre tout seul. On ne peut pas faire tout seul. Et ça, c'est vrai qu'il faut le comprendre et l'intégrer. C'est qu'on a besoin de personnes. Et déjà, je pense que la première étape de l'entrepreneur, c'est son ouverture à se dire que, même si depuis que tu as 5 ans, tu sais que tu es de la bosse, dont on pourrait être la bosse. besoin de gens pour y arriver il y a une phrase qui disait sur la chance quand les gens réussissent t'as réussi parce que tu gagnes de l'argent t'as réussi parce que t'es aligné avec toi même je recite quelqu'un que j'ai interviewé t'as l'air aligné parfaitement ça se sent, ça se voit t'as monté ta boîte alors que t'étais enceinte on pourrait dire que c'est contre C'est l'inverse, on va le dire. Sauf que toi, non, je pense. Non. T'as fait un bébé, t'as fait deux bébés en fait.
Exactement.
T'as fait deux bébés. Oui. Donc, c'est un alignement. Je pense que tu t'es dit, ta fille, tu veux qu'elle ait une mère entrepreneuse et tu t'as fait en sorte que la mère, elle corresponde à ce que tu voulais être.
Ah oui, totalement. Parce que tous ceux qui me connaissent savent que ce que je fais, ils ne sont pas étonnés par rapport à la personnalité que j'avais. Donc, je suis totalement alignée. ma fille. J'ai pas forcément d'appréhension avec elle parce que je me dis que le fait que j'ai confiance en moi, elle le sent, elle le sait. Donc elle est hyper carrée aussi, hyper droite. Et je pense qu'elle fera son chemin, où, comment. Mais je sais que les bases qu'on lui donne lui permettra de se dire qu'elle peut faire tout. Mais je lui dis toujours que si tu veux faire quelque chose, fais-le très bien. Par contre, tu peux pas décider de faire de la cuisine ou danser ou être chimiste ou machin. et tu le fais de manière approximative. Ça, par contre, je ne peux pas accepter. C'est juste ça qu'on lui dit.
Surtout que j'ai l'impression que la société est de plus en plus compétitive, parce que le monde est de plus en plus connecté. Je pense qu'entrepreneur, en tout cas, si tu n'es pas à fond dans ton projet, je ne sais pas comment il peut tenir. Moi, j'ai vu des gens millionnaires perdre beaucoup d'argent qui pensaient que juste leur argent suffirait.
Non, ça ne suffit pas. Je pense que c'est même le dernier.
Oui, c'est la dernière chose. Moi, j'en suis persuadé. Je sais que c'est des phrases faciles mais aujourd'hui je pense qu'on a un peu d'expérience dans le temps derrière L'argent c'est pas le premier truc Moi j'ai monté au premier business, j'avais 23 ans, j'avais un restaurant sur les grands boulevards Ça a coûté 350 000 euros, pas d'argent du tout Et mes potes, on voulait lancer le truc et tout Mais on a pas d'argent, on pensera à ça plus tard Viens on fait un truc stylé, un business plan On pense, on trouve un local, on trouve de la confiance Et on a fini par avoir cet argent Et c'est de levier, un peu comme l'a dit Et à la fin il me semble qu'on a ouvert le resto Il a fait faillite entre temps. Mais ce n'est pas grave, c'est le chemin de la vie. Aujourd'hui, je ne serais pas là. On s'est dit, putain, il n'avait pas dosé, mais il est quand même là, le projet. Parce qu'en fait, l'argent, ça vient. C'est juste un outil parmi...
On appelle ça le processus d'effectuation. Moi, je suis une fan du processus de méthodologie. On finira sur ça. Le processus d'effectuation, c'est de faire avec ce que tu as pour avancer. Et non d'anticiper ce que tu penses avoir pour commencer. Donc en fait, c'est vraiment contre le prévisionnel, si je peux résumer. C'est que tu commences avec ce que tu as, si tu veux atteindre ce but, tu commences avec ça pour te diriger vers ce but et ainsi tu trouves les ressources étape par étape. Moi, c'est ça.
Et comment tu le dis, le mot ?
Effectuation.
Effectuation, je ne connaissais pas. Tous les entrepreneurs, entrepreneurs de processus d'effectuation, faites avec ce que vous avez et construis. En plus, ça construit une base beaucoup plus solide puisque tu as construit un pas après pas. Ton corps, c'est musclé pour un truc. Non,
c'est musclé.
Tu t'es musclé.
Tu connais de A à Z.
J'aime beaucoup. Armandine, je vais te donner un petit truc avant de partir. C'est un petit... C'est rien. Il n'y a pas 7 millions. D'accord.
On ne sait jamais.
C'est... En fait, entrepreneur, c'est dur. Je trouve que c'est un métier... Enfin, c'est un métier, mais pas ce que c'est un métier. C'est une partie des gens qui, dans la société, qui sont en difficulté. On est seul, tu vois. Tu as une SASU. Le U, c'est unipersonnel. Unipersonnel. Je suis... C'est un peu pareil pour moi. Et des fois, on doute. On accepte qu'on doute. Des fois, on a peur.
Ah oui.
Des fois, on croit qu'on ne va pas y arriver. Et là, je vais t'offrir le cabos. tous les entrepreneurs ils ont un cabis quand tu es créateur d'entreprise le cabos c'est le cabis des boss des entrepreneurs qui travaillent dur et qui bossent je te dis que tu as 5 ans tu veux être une boss je suis trop content de te remettre ton cabos c'était fait exprès c'était genre que non c'était pas fait exprès il est à toi merci que parfois tu douteras tu le regarderas tu te dis je suis une boss j'ai un cabis mais ça suffit pas merci Armandine d'avoir échangé Archimede je ne connaissais pas cette société incroyable et la bosse qui est derrière elle est encore plus incroyable c'était Cérémonie cet épisode était comme les autres très stylé regardez les suivants merci à tous et c'est propulsé par Ladie qui a aidé d'ailleurs Amandine à un moment de sa carrière et par Moni donc vraiment merci de suivre et à très bientôt à tous
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