- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Likez, commentez, partagez et boostez sur YouTube, c'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois Cyrielle Ariel. Journaliste, présentatrice et autrice, Cyrielle s'est imposée depuis plusieurs années comme une voix. engagée sur les sujets de société, d'écologie, de transformation et de protection du vivant, notamment sur BFM. Mais dans son nouveau livre, Guérison sauvage, elle raconte une histoire beaucoup plus intime. Une enfance marquée par l'alcoolisme de sa mère, la violence de son beau-père, la peur, le silence, mais aussi cette nécessité de devenir forte très tôt. A cela s'ajoute une malformation cardiaque congénitale qui l'oblige, elle aussi, à faire très vite. l'expérience de la fragilité. Et puis un jour, il y a les requins. Des requins marteaux, des requins tigres, des requins renards. Ceux que l'on imagine dangereux deviennent pour elles des guides, des miroirs, presque des thérapeutes. Face à eux, quelque chose se déplace. Cyrielle commence à comprendre que ce qu'elle cherche sous l'eau n'a finalement pas grand-chose à voir avec le goût du risque. C'est une quête intérieure. Une manière de retrouver cette part d'elle-même qu'elle avait appris à contenir pour survivre. Puis vient la mort brutale de sa mère, après presque dix années de distance entre elles. Et avec ce deuil commence une autre plongée, beaucoup plus profonde, autour du pardon, du corps, de l'intuition, de l'invisible et de cette part sauvage que nous passons parfois toute une vie à vouloir domestiquer. « Guérison sauvage » est donc bien plus qu'un livre sur les requins. C'est un livre sur la résilience, sur la réparation, sur la capacité à renaître et à revenir à soi. Cyrielle Ariel, je suis honorée de te recevoir aujourd'hui sur le podcast.
- Speaker #1
Tu veux que j'ai une larme, Claire ?
- Speaker #0
Vas-y, c'est le but.
- Speaker #1
C'est le moment. Merci beaucoup pour cette intro.
- Speaker #0
Bon, attends, c'est même pas encore. Et on va en parler à la... Ton parcours est tellement riche et toujours avec cette énergie et cette vivacité qui te caractérise. Je suis honorée de te recevoir aujourd'hui pour qu'on puisse parler de... de ces sujets, sommes toutes, très intimes. Je suis ravie que tu aies choisi Cerveau Puissant. Mais on commence tout de la même manière, par une phrase et une citation que tu as envie de me partager. Quelle est-elle aujourd'hui ?
- Speaker #1
Écoute, effectivement, il y a une chanson qui m'obsède depuis que je dois avoir 8-9 ans. C'est « Hear the world » . Et en fait, je l'ai fait tatouer sur mon poignet gauche. C'est « Soigner le monde » . C'est vrai que c'est une chanson qui m'a toujours... qui m'a toujours émue quand je me sentais seule ou différente dans la cour d'école, quand j'avais, je m'en souviens, CPCE1. Déjà, je ne me sentais pas, voilà, je ne me sentais pas, on va dire, j'avais du mal peut-être à me trouver, à trouver un apaisement en moi. J'ai toujours cette différence. Et écouter sa voix, donc de Michael Jackson, pour celles et ceux qui ont reconnu, ça m'a toujours rappelé aujourd'hui mon quatrième livre, Guérison sauvage. Je viens de me rendre compte d'ailleurs qu'il y a le mot guérison dedans. Et effectivement, vouloir soigner le monde, ça commence par se soigner soi-même. Et ça fait quelques années maintenant que j'ai compris ça. Voilà. Donc, oui, Heal the World.
- Speaker #0
Alors, comment tu te... C'est vrai que moi qui te connais, qui ai la chance d'être interviewée par toi à mes débuts pour la marque de ce collection, ça te résume, y t'arrives, Heal the World. Parce que t'as toujours été très engagée et t'as fait toujours des choses, des paris assez avant-gardistes, assez osés. T'as été pendant longtemps sur BFM. sur des thématiques business, sur BFM Business, sur des thématiques d'écologie, à l'époque où ce n'était pas du tout ce que c'est aujourd'hui. Comment tu pourrais te décrire, toi,
- Speaker #1
en 2020 ? Alors, pionnière, je trouve que ça fait un peu, mais pas... Même sur l'ARSE, j'ai commencé le journalisme d'impact en 2015, huit mois, neuf mois après mon opération du cœur, avec zéro budget, zéro sponsor, toute seule avec mon blog, et on va dire ce feu intérieur de survie, peut-être, en créant et en faisant des interviews. Je suis à l'écoute de mon cœur, de mes intuitions. Et c'est vrai que la RSE qui est arrivée, première émission économique entièrement dédiée à la RSE en 2020 sur les antennes de BFM Business, c'est vrai que c'était complètement... C'était hyper singulier. Donc, ouais, t'as raison, peut-être avant-gardiste. Et j'ai toujours suivi, en fait, ma passion. Le journalisme d'impact. J'ai été dans les camps de réfugiés. C'est ce qui m'a décelé mon opération du cœur. Mais parce que je voulais, en fait, tout ce qui était « Heal the World » ou une autre chanson très engagée de Michael Jackson, « Men in the Mirror » , qui montrait la pauvreté, la famine, l'humanitaire. Et en fait, c'est les images, j'ai grandi avec. Et la petite Cyrielle, à 26 ans, elle a voulu passer des clips à la réalité. Et ça s'est confirmé que j'ai eu, enfin pas eu la chance, mais en tout cas l'opportunité d'aller me confronter et aller faire des interviews dans des camps de réfugiés, dans des bidonvilles dans le monde, voire dans des communautés assez reculées, rurales. Et c'était un peu ce que Michael Jackson me chantait dans mon oreille, moi de petite fille du 77. Et c'est pour ça que j'ai voulu faire du journalisme à l'époque. C'était pour l'interviewer un jour. Et au final, j'interview des gens qui m'ont côtoyée et je me rends compte que ce n'est pas du « Heal the world » que je fais modestement. Mais en tout cas, je vais interviewer tous les gens qui veulent changer le monde, quelque part.
- Speaker #0
Dans ton interview, tu as eu beaucoup de célébrités sur ton plateau et tu as aussi eu un podcast. Enfin, tu as rencontré un paquet de gens qui œuvrent pour essayer de protéger la planète.
- Speaker #1
Dalaï Lama, Schwarzenegger, des présidents de la République française. Deepak Chopra, pour celles et ceux qui connaissent, c'est un cerveau puissant, je pense. Jane Goodall.
- Speaker #0
Tu as déjà une carrière incroyable et tu as eu la chance de rencontrer des gens, l'opportunité en tout cas, de rencontrer des gens qui vont avec la thématique de ton tatouage. Alors, tu viens de l'évoquer, tu as malformation cardiaque. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu l'as découvert ? Tu as été opérée à cœur ouvert. À cœur,
- Speaker #1
un implant, pas un à cœur ouvert, mais ils m'ont posé un parapluie. Écoute, je venais de finir mes trois premières saisons de journalier, j'avais 25 ans. Je suis partie en quête de sens avec vraiment zéro, juste le feu autour de moi en disant je veux voyager et je veux faire quelque chose avec du sens. Et c'est vraiment cette chanson « Man in the Mirror » de Michael Jackson qui m'a donné envie. En fait, si tu veux changer le monde, commence par changer la personne dans le miroir. Donc en fait, bouge-toi si tu as envie de changer les choses. Tout repose sur toi-même. Et en fait, je me suis dit, OK, j'ai envie d'aller voir ce que c'est que l'humanitaire. Ça veut dire quoi ? C'est quoi des enjeux humanitaires dans le monde ? Et ça veut dire quoi ? Bref, je conçois un projet médiatique. Je rencontre plusieurs ONG, des producteurs. Et j'ai la chance de me retrouver, de partir au Bangladesh, dans les camps de réfugiés Rohingyas, qui sont situés entre la frontière, entre la Birmanie et le Bangladesh, en Asie du Sud-Est et Sud-Ouest. Et là, la veille de mon départ, Claire. Je vais à l'Institut Pasteur seulement pour un contrôle médical casual, vraiment. Et là, on me décèle un souffle-cœur au stéthoscope. Et une dizaine de jours plus tard, je rentre de mission. Et là, ce souffle-cœur chez un cardiologue se révèle être un gros problème. Et dix jours plus tard, après des examens, on me décèle une malformation cardiaque au génital. Donc là, je venais d'avoir 27 ans. Et donc là, on m'annonce à 27 ans, moi qui suis sportive, végétarienne, je ne fume pas, je ne prends pas d'alcool. Genre, je me disais, mais s'il y a bien... une personne sur Terre qui a un cœur sain, c'est bien moi. Là-dessus, pas de modestie. Vraiment, je fais tout pour que ce soit... Eh bien non, là j'apprends qu'on peut naître avec cette case « nez mal formé » . Et donc là, comme j'avais un bon trou, ils m'ont rebouchée, voilà, par un... On appelle ça un parapluie. Ils sont passés par l'artère fémorale et ça a changé ma vie parce que là, c'était mon premier trauma. J'ai eu peur de mourir à 27 ans et c'est là que j'ai switché dans le journalisme d'impact et que j'ai fait cette fameuse... Pour celles de ceux qui regardent... photo-coeur avec même le prince Albert d'Ainama, où je faisais un cœur à deux avant que ce soit un émoji tendance sur WhatsApp. C'est comme ça que j'ai commencé.
- Speaker #0
Alors ça, comme tu dis, ce n'est pas ta première étape, parce qu'on va y revenir dans ton enfance avec ta mère et ton beau-père. Tu as eu pas mal d'épisodes violents. Mais là, c'est ta première, effectivement. Tu sens que cette épreuve t'appelle à une nouvelle mission de vie. Et puis... Donc, tu es très perturbée par cette malformation qui, effectivement, tu ne la considères pas comme méritée vu ton hygiène de vie.
- Speaker #1
J'ai eu peur de mourir. C'est-à-dire que j'ai 27 ans, j'ai eu peur de mourir. Je me suis dit, mais pourtant, je suis très spirituelle. Je me pensais d'ailleurs très spirituelle à l'époque, alors qu'à 27 ans, je me suis dit, c'est bon, je crois à la vie, à l'après-la-mort. Je sais, quelque chose m'attend. Mais 27 ans, je n'ai rien fait de ma vie. Donc vraiment, je pleurais tous les jours, tous les jours. Et c'est là que j'ai connu les antioxydotiques. Alors que je n'avais pas besoin, j'étais une fille solaire. En fait, je me suis rendue compte que je me mentais à moi-même. Ça, j'ai dû me rendre compte avec le deuxième trauma, une dizaine d'années plus tard, avec le deuil de ma mère, que je me mentais en fait. Que oui, j'étais solaire, mais j'étais tellement... tellement souffrante à l'intérieur de moi. Beaucoup de colère, de tristesse, de frustration, de manque, d'abandon, de rejet. On peut en miroir avec les requins, du coup. Et du coup, c'est là que je me suis dit, waouh, comment j'ai pu, déjà ? Mais j'ai surmonté cette première épreuve, qui pour moi était abyssale. Et en fait, la vie m'a montré que c'était pas du tout... Il y avait plus abyssal que ça.
- Speaker #0
Donc à 27 ans, t'as son opération, la vie reprend son cours, et puis un jour, tu plonges avec les requins, et là, c'est une révélation. Raconte-nous.
- Speaker #1
Je suis, c'est l'été 2021, je suis à deux doigts, je pense, du burn-out. Je suis à l'antenne de BFM Business, j'ai mon émission hebdomadaire, j'ai le passage dans la matinale, des reportages, bref. J'ai un super travail, des super formats, mais je suis épuisée. Et je me suis dit, je n'ai pas envie d'aller là où tout le monde se voit l'été, en Grèce, etc. Je me suis dit, voilà, très Titi Parisienne se retrouver en Grèce. Bref, je me suis dit, non, j'ai envie d'aller là où je ne connais, où je ne vais connaître personne. Et j'ai envie juste de sortir de ma zone de confort, clairement. Et donc, je pars au Galapagos. C'était un rêve de petite fille, Galapagos. Et je me suis dit, OK, j'ai juste envie de plonger. J'ai repassé mes diplômes après ma malformation du cœur. Cinq ans plus tard, je repasse mon niveau 1, mon niveau 2 de plongée. Et là, je nage dans une combinaison. Aujourd'hui, j'ai tout pour moi. J'ai mes palmes à combi. Bref, aujourd'hui, c'est bon. Je suis sponso à fond. Mais en 2021, pas du tout. Donc, j'ai une énorme combi. J'ai des palmes trop grandes. Parce qu'en plus, j'ai des palmes trop petites. Il faut savoir. que ceux qui font les palmes pour les femmes. Donc toi, ça va te parler. C'est du 39.
- Speaker #0
Moi, je fais du 41.
- Speaker #1
Bon, ça veut dire que tu peux avoir des palmes de femmes. Mais pour les femmes comme moi, les mini portions, 36, on nous met chez les enfants. Donc ça ne va pas. Donc je plonge avec des palmes trop grandes. On me met des énormes soquettes dedans. Bref, pas le look, pas les palmes. C'est la cata dans l'eau, d'accord ? Mais je suis dans l'eau. Et là, en luttant avec mes palmes trop grandes, t'as compris ? T'oublies le look, la GoPro, le machin. C'est pas le moment de me prendre en selfie dans l'eau. Et là, je me dis, qu'est-ce qui se passe ? C'est quoi ? Mais c'est quoi ces énormes trucs qui bougent dans l'eau ? L'eau très opaque au Galapagos. On n'est pas dans l'eau cristalline de l'océan. Et là, mon cœur se met à battre à la chamane. À la chamane, pardon. Et là, en fait, c'est 50 requins-marteaux. Une cinquantaine, on appelle ça en anglais School of Hammerhead. Et là, c'est une cinquantaine de requins-marteaux qui... passe dans les eaux opaques. Là, je me dis ça y est, c'est terminé, j'ai cru mourir avec mon cœur, je vais mourir dans les eaux en fait. Et là, il me snob, Claire. J'ai même pas le temps finalement de sortir la GoPro que le grand requin-marteau m'a snobé. Je me suis dit, mais ils sont sérieux ? Je peux même pas montrer avec copine que j'étais avec des requins-marteaux, avec des pommes trop grandes dans les eaux. Et là, je fais waouh, je remonte du bateau. Je suis une ultra-sensible, ça a changé ma vie. Parce que là, de là, j'ai voulu m'intéresser aux requins. Alors qu'avant, j'étais en mode, ok, les dauphins, c'est sympa, les baleines, les requins, de quoi tu me parles en fait ? Et là, en fait, j'ai complètement changé mon regard sur les requins. J'ai découvert que c'était justement des prédateurs, on va dire, en haut de la chaîne alimentaire océanique, mais hyper vulnérables parce qu'on en tuerait plus de 100 millions chaque année pour terminer en soupe, notamment sur le marché asiatique. Et là, je me fais, ah, donc du coup, j'ai changé. Je me suis dit, ah oui, en fait, ces animaux que l'on pense dangereux, en fait, nous sommes dangereux pour eux. Sauf qu'ils sont au haut de la chaîne alimentaire, 70% du globe, c'est de l'eau. On se dit, on est en train de détruire, on va dire, le plus grand puits de carbone, etc., d'oxygène au monde. C'est assez... En fait, on est fucked up, en fait, dans notre tête. Et après, j'ai commencé à un peu observer, à analyser. C'est là où je perds ma maman. Et là, je commence... Et là, je commence à faire miroir, miroir. Le requin, c'est moi. Le requin, c'est aussi ma mère. C'était une maman sauvage. Et le requin, c'est un animal. Et là, du coup, c'est vraiment mon voyage intérieur. Dans mon enfance... À l'école, ou surtout en famille avec ma mère, je me suis souvent sentie peut-être rejetée, millier abandonnée. Et c'est exactement l'image qu'on projette sur les requins. On en a peur, mais en fait, ce sont des êtres complètement qui sont mal compris, mal jugés, mal aimés. Et là, en fait, je me suis dit « Waouh ! »
- Speaker #0
Le miroir.
- Speaker #1
Le miroir. Et après, je me suis dit « Claire, Edda, tu m'as connue à cette époque. » Je me dis « Est-ce que je suis folle ? » En fait, il y a d'autres personnes comme moi qui sont devenues... complètement obsédés par les requins une fois les avoir rencontrés. Je te l'annonce officiellement, je vous l'annonce, je ne suis pas officiellement folle toute seule. En fait, il y en a plusieurs dans le monde. On est complètement fous avec les enfants, on en rigole. C'est universel finalement, ces cinq blessures qui vous empêchent d'être vous-même. L'abandon, le rejet, l'humiliation, l'injustice et la trahison de Lis Bourbeau, ce best-seller qui, à mon avis, parle à beaucoup d'entre nous. Et là, je fais « waouh » . Et en fait, c'est un miroir. Et je me suis dit, quelque part, j'aime pas les... cases. Ils n'aiment pas les cases, tu vois. Je me suis dit, oui, je suis un être. Je me suis toujours sentie différente. On m'a toujours projeté une image où je me sentais un peu comme eux. Et au final, dans le regard des requins, c'était aussi, je pense, le regard de ma maman, une maman sauvage.
- Speaker #0
Alors, ce qui est vrai, passion pour les requins, je confirme. Obsession aussi. Mais ce qui est vrai, c'est que je pense aussi que ta mère, tu apprends que ta mère est malade.
- Speaker #1
Très rapidement, il y a trois ans. Pile trois ans, je suis en Polynésie.
- Speaker #0
Tu es... Comme un peu brouillé, enfin t'es brouillé avec elle, tu lui as pas pardonné parce que ta mère a été alcoolique. Et il y a eu des épisodes, notamment un que tu racontes dans le livre, où ton beau-père a été violent, très violent. Et où tu t'attendais probablement à avoir la défense de ta mère et ta mère te dit, Cyrielle, ne dis rien. Ce qui est vrai, c'est que le décès de ta mère a aussi créé une vraie cassure et fêlure, une immense blessure. de ne pas avoir pu probablement parler de tout ça avec elle, voir s'il y avait une possibilité de guérison, de réconciliation. Et en fait, c'est comme si de ça finalement, après une certaine souffrance, tu as enfin accepté d'exposer l'intégralité de ta vulnérabilité. Et c'est vrai que je pense qu'avant, Cyrielle ne voulait pas forcément se montrer comme différente. Autant que tu es capable de l'assigner aujourd'hui. Est-ce que tu peux ? On peut en parler de tout ça.
- Speaker #1
Je me suis toujours un peu sentie différente. On me disait même avant, on me dirait qu'on est une Américaine à Paris. Parce que ton énergie, etc. Mais est-ce que c'est fake ? Je me disais, mais pourquoi ce serait fake ? Ça, j'ai jamais compris. J'ai toujours été une personne entière. Je ne vais pas prétendre, en fait, si je n'aime pas. Mais ça, ça a toujours été. Mes amis les plus proches le savent. Je ne veux pas perdre mon temps avec des gens que je n'aime pas, ou des thèmes, ou des univers qui ne me passionnent pas. Je ne suis absolument pas comme ça. Je suis une entière, entièrement passionnée. Quand j'y vais, j'y vais à fond. Quand j'aime, j'aime à fond. Quand je n'aime pas, je n'aime pas. Par contre, c'est vraiment... mais c'est juste que c'est pas le côté scorpion aussi ça ? l'ascendant scorpion bien sûr surtout à l'approche de nos 40 on prend complètement l'ascendant scorpion les profondeurs et surtout l'entièreté mais c'est surtout mes amis proches le savaient mais c'est surtout aussi que quand on grandit avec une maman alcoolique on voit que c'est pas la même maman que les autres en camarade et en fait c'est une honte de se dire wow moi quand j'arrive chez moi ma mère elle ne me calcule pas Je suis toute seule dans ma chambre, elle est avec mon beau-père et ils boivent ensemble. Et quand il m'a battue, ça a été un épisode... En fait, il m'a battue, c'est la première fois que je le dis derrière un micro, ça y est. Quand il me bat à l'âge de 16 ans, il monte dans ma chambre, je suis à l'étage. Et là, mon beau-père s'énerve contre moi et il me bat. Il me donne des coups de poing. Et des coups de pied, je me retrouve par terre, je tombe de ma chaise de bureau, je me retrouve par terre. Et en fait, ma mère ne me protège pas. Elle dit limite, Cyrielle, tais-toi parce qu'il va faire une caisse cardiaque. Donc au lieu de protéger son unique fille, puisque j'étais sa fille unique, elle pense au rythme cardiaque de son mari qui est en train de violenter sa fille de 16 ans. Donc bien sûr que j'ai grandi en étant fucked up. Je me suis complètement sentie rejetée. Mal aimé ? Aujourd'hui, j'avais 16 ans, aujourd'hui j'en ai 39. Je me dis mais si demain j'avais un enfant, je pense que toi tu peux le confirmer, toi qui en as deux. Mais je pense que tu défonces la personne qui fait du mal à tes enfants. Voilà. Mais je me dis comment ma mère a pu me laisser comme ça, pas une caresse, faire refermer la porte et me laisser pleurer. Mais le lendemain, me rêver avec un cocard, même moi je me suis fait peur dans la miroir, moi qui étais... Je me disais, quand tu ne t'aimes pas, tu ne te trouves pas belle. En plus, il y a eu cette période un peu d'anorexie. Et tu te réveilles, non seulement tu ne te trouves pas belle, tu ne t'aimes pas. En plus, il n'y a personne qui est là pour te donner cette sécurité quand tu as un enfant. Et en plus, tu te réveilles avec un, je n'avais jamais vu ça, un œil au beurre noir. Et on te dit, tais-toi. Et ma mère se rigolait en me maquillant l'autre œil en étant en violet parce que j'avais l'anniversaire d'une copine. Bien sûr que du coup, je suis complètement fucked up. Aujourd'hui, je veux le partager pour dire qu'on peut retrouver cette confiance en nous. C'est ça, en fait. Je le partage aujourd'hui, cette vulnérabilité, cette authenticité, parce que vraiment, personne ne m'a forcé à me livrer. Je peux continuer ma carrière, je n'ai pas besoin. Et si je le fais aujourd'hui, c'est pour aider d'autres jeunes femmes qui ont grandi avec une enfance qui n'est pas forcément solide. Et de se dire, même si on n'a pas reçu cet amour... inconditionnels qu'on est censé recevoir, notamment d'une maman, quand il y a cette relation mère-fille, on peut le surmonter.
- Speaker #0
Merci en tout cas de nous partager tout ça. Est-ce que tu crois aussi que... Est-ce que ta mère n'aurait pas réagi comme ça aussi parce qu'elle était, comme tu le dis, alcoolique ? Qu'elle n'avait pas forcément conscience ? Ou sur d'autres épisodes de votre vie, tu sais que c'était votre relation, que c'était comme ça ? Comment tu pourrais expliquer ?
- Speaker #1
Je n'ai pas les mots. Je ne sais pas. Est-ce que d'un point de vue psychothérapie, psychanalyse, je ne sais pas. Est-ce qu'en fait, elle était incapable ? Mais je me dis, comment on peut être incapable de ne pas vouloir protéger son enfant ? C'est surtout une enfant. J'étais assise à un bureau. Je n'étais pas en posture de provocatrice, en mode je suis une ado, je te provoque, je t'insulte. Ce n'était pas du tout ma posture. Donc je me dis comment ? Je sais, vous n'en avez jamais reparlé de cet épisode ensemble ? Non, après, j'étais... Après, je suis partie en internat. J'ai voulu couper, je devais avoir 16 ans. Je suis partie en internat, ce n'était pas possible. Donc je me suis construite en écoutant beaucoup de musiques qui me réconfortaient, notamment ce Michael qui me disait « You are not alone, you are not alone » dans une autre chanson. Bref, je me suis construite différemment. Je me trouvais bizarre. À l'école, ils avaient tous papa et maman en figure parentale. Moi, j'avais qui pour mettre sur un piédestal ? J'avais bien évidemment mon père, que je voyais très peu, qui ne me parlait pas beaucoup. Ça faisait partie de sa génération et ça le regarde. Et d'un point de vue de ma mère, elle n'était pas focus sur moi.
- Speaker #0
Oui, et puis en tant que fille unique, en fait, tu étais dans une vraie solitude.
- Speaker #1
Exactement, tu as tout compris. Et donc, du coup, moi, c'est la musique qui m'a sauvée. Et donc, effectivement, Michael qui était un peu comme un guide, un guide humaniste, un guide écolo, avant-gardiste. OK. Et surtout, il avait cette chanson que j'écoutais en boule. Tu n'es pas seul, you are not alone. Et à la fin, il disait I love you. Je m'en souviens, j'étais toute petite et j'étais en sanglots. Donc bien sûr que j'avais un manque abyssal et que j'avais un manque d'amour inconditionnel. Et que j'ai essayé de le trouver comme ça. Et grâce à lui, c'est comme si ça m'avait donné cette force et cette lumière pour me construire à la preuve. À 26 ans, 27 ans, je vais dans les camps de réfugiés. Tout ça parce que je suis guidée par sa musique. Donc pour moi, c'est comme un ange. Ça a été mon ange. En tout cas, c'est mon histoire.
- Speaker #0
En tout cas, ce qui est très impressionnant dans ton parcours, c'est que tu t'es... Malgré toutes ces épreuves, tu t'es vraiment fait toute seule. Tu as saisi ton destin en tant que femme, fille unique, pas de relation très... Souvent, comme tu dis, il y a des enfants et c'est normal. D'ailleurs, ils se sont poussés, ils se sont aidés par les parents. Toi, tu étais vraiment quand même... Et pourtant, rien ne t'a jamais semblé impossible. Et c'est aussi d'ailleurs tout ton charme. C'est ça qui t'a amenée jusqu'à maintenant plonger avec les dauphins et leur raconter. tout au long de ton livre. Donc c'est très attachant en tout cas de voir la force qui te guide.
- Speaker #1
Merci. Je pense que c'est la force des requins. Et là, on fait un hook, mais effectivement après quand on étudie les requins, c'est autant des animaux fragiles, des poissons fragiles, qu'en fait ce sont des maîtres de résilience. Et c'est pas parce qu'on commence fragile, cabossé, brisé, qu'en fait on ne peut pas retrouver ce feu intérieur, avec je pense un entourage qui compte énormément. Des amis, mais tellement, ça tu le sais, des amis qui... La bienveillance, des énergies très bienveillantes. Et pour aller de l'avant, on ne s'est pas incarné pour rien.
- Speaker #0
Et donc cette mère, elle part trop tôt, elle part aussi liée à son alcoolisme. Et en fait, la petite fille intérieure en toi s'écroule. Au début, tu tiens et puis en fait, tu te rends compte que ça te provoque... beaucoup plus que ce que tu pensais. Tu te dis, bon, voilà, elle était malade, je le savais, ça allait bien arriver un jour, je suis grande, et en fait, finalement, ça te terrasse, sa disparition.
- Speaker #1
Je pensais que comme c'était... J'étais pas proche d'elle, effectivement, depuis mon opération du cœur, on s'était pas vues, donc ça faisait plus de 9 ans. Je me suis dit, bon, de toute façon, le jour où elle part, c'est pas comme si elle venait me voir, je la voyais, j'étais réconfortée, j'avais une épaule, une sécurité émotionnelle, zéro sécurité. Donc je me suis dit, le jour où elle part, bon ben voilà, elle part. De toute façon, ma famille, ce sont mes amis, clairement. Je passe mes oreilles avec mes amis, etc. Et en fait, effectivement, ça m'avait bouleversée. Ça a été un choc. Et t'as été là aussi. Ça a été un choc. Parce que je me suis dit, mais on n'a qu'une mère, en fait. On n'a qu'une mère. Et ça me remet aussi, moi, face à ma maternité. C'est abyssal. Et de se dire, mais qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Et du coup, je suis partie toute seule plonger avec les requins. Bonsoir, je suis partie au Bahamas. Elle est morte le 1er novembre 2023. Faut le faire quand même. Maman. 1er novembre, le jour de la fête des morts, tu te dis, ma fille, elle va m'oublier. Et ben non ! Voilà, donc maman. Et depuis, j'ai jamais autant pensé à elle depuis qu'elle n'est plus là, Claire.
- Speaker #0
Et tu lui parles beaucoup ?
- Speaker #1
Je lui parle et je sais qu'à chaque fois, j'ai une chanson. Je m'en souviens, quand ils l'ont débranchée, j'étais à Los Angeles. Dans les rues, je me suis dit, ah, Shade, Smooth Operator, c'était la chanson des années 90, et qu'elle écoutait quand on était ensemble. Et là, je me balade dans les rues. Je retire mon casque. Je me dis, c'est une blague. Et deux jours plus tard, je rentre, et je vais dans un... Un an plus tard, à Bali, avec un ami en commun, je dis Néla Joie, chatte des faces de moi. Je me mets à pleurer et je me dis mais c'est fou. Pour moi, voilà, les signes, ça fait tellement du bien.
- Speaker #0
En fait, ce qui est surprenant et très touchant, c'est que tu parles plus à ta mère aujourd'hui, tu te sens plus proche d'elle aujourd'hui, même qu'elle est partie, que quand elle était vivante.
- Speaker #1
Mais c'est extraordinaire. C'est extraordinaire parce que ce qui m'a aidée dans mon deuil, ça peut aider en tout cas. Et là-dessus, toi et moi, je sais qu'on est branchés, pareil. c'est un de beaucoup de tes auditrices aussi, des auditeurs, c'est que je crois profondément à cette vie juste après. Et je me dis, en fait, maintenant, c'est juste un changement de fréquence. C'est juste. Et parfois, j'ai juste pour penser à elle, et paf, je me sens canalisée, j'ai plein de frissons. Voilà. Et je me dis, en fait, c'est ça qui m'a aidée dans le reste. C'est que ce monde, ma croyance, existe. Et je me dis, en fait, t'es juste repartie. T'es en mode esprit, en mode âme. Et je me suis dit, ok, on va se retrouver, maman. Et maintenant, t'es à l'époque. proche de moi, plus que jamais. Donc je la sens là, et en plus je la sens bienveillante. C'est-à-dire qu'en mode, quand elle était là incarnée, je me disais bon, c'était horrible, cette relation me faisait tellement mal. Et aujourd'hui j'espère, je la ressens un peu comme mon ange, elle est là en mode, ça y est, on fait la paix. Et c'est beau de faire la paix. Bien sûr, se réconcilier.
- Speaker #0
Alors pour faire la paix, tu plonges avec les requins, mais tu fais aussi plein d'expériences. Et des expériences, tu vas dans le monde de l'holistique, tu vas aussi dans le monde, et on va en parler, et tu commences à rencontrer... Tu te questionnes sur l'invisible, tu veux approcher l'invisible, tu veux parler à l'invisible. Et donc, tu fais pas mal de voyages seuls et évidemment, tu trouves une certaine forme de spiritualité et d'invisible quand tu plonges. Et puis un jour, tu rencontres un chaman. Et là, tu te trouves dans un état de trance. Et est-ce que quand tu vis cette première trance, là, tu te dis vraiment, ça y est, je suis folle ?
- Speaker #1
Mais clairement, et surtout je me dis mais qu'est-ce que c'est ?
- Speaker #0
Alors raconte-nous, qu'est-ce qu'un chaman et comment est-ce que tu te retrouves dans cet état de trans ?
- Speaker #1
Chaman, j'ai commencé à googliser, je te jure, le mot chaman quand ça m'est arrivé en printemps 2024. Donc ça faisait six mois que ma mère était partie. Et je me dis mais j'ai rencontré un chaman, il a fait une espèce de cérémonie, je ne comprenais rien. Il s'ouvre dans une corne, il prend son tambour, il dit des mots apparemment tibétains. Bien évidemment, je ne comprends rien. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc ? Moi, j'étais dans une pénombre intérieure, je vivais mon spleen pleinement. J'étais au bout de ma vie, dans mes profondeurs, à pleurer chaque jour, avoir des yeux de grenouille tellement ils étaient gonflés. Et là, mon corps, d'un seul coup, dans cette séance, je me dis « mais qu'est-ce qui se passe ? » Merci de soulever ce point. J'ai eu très peur de venir parler de folle. Et après, depuis, maintenant, je rencontre des gens qui le vivent et je me dis mais non, ce monde existe. C'est juste que c'est venu en moi et c'était ce canal qui s'ouvrait chez moi. En fait, c'est-à-dire que mon corps s'est mis à bouger tout seul, de manière très sauvage, très brute. Et en même temps, maintenant, j'ai compris que c'était le reflet de mon chaos intérieur. C'est-à-dire que quand on est en colère, triste, juste dans des méandres, c'est sorti comme un animal, comme une louve qui... hurlait, mais c'est comme si j'ai exulté cette colère, cette tristesse, cette culpabilité, ce deuil, en fait, en 2, 3, 4 heures. Mais j'étais moi sans être moi. Et ce qui est dingue, c'est que je pouvais paraître folle, sauf que je me dis, mon expérience, elle me rappelle un film. Elle me rappelle l'histoire d'une femme, d'une histoire vraie d'une femme journaliste. L'histoire de Corine Sombrin, dont le film qui est sorti en 2019, Un Monde. plus grand incarné, joué par Cécile de France. Donc je me suis dit, fou !
- Speaker #0
Je ne suis pas toute seule.
- Speaker #1
Je ne suis pas toute seule. Et surtout, ça a été démocratisé. Un livre est sorti, un film joué par une superbe actrice belge que j'adore, Cécile de France. Et je me suis dit... Et du coup, j'ai rencontré l'une des productrices de ce film. Et j'ai acheté mon premier tambour chamanique avec elle. Et j'ai commencé à... Et c'est venu en moi. Et c'est là que je me suis dit, effectivement, pour refaire la boucle, ce monde spirituel existe. J'ai un accès particulier et je me suis dit « waouh, maintenant qui je suis ? » Je pense que c'est la quête de chaque être humain, de trouver qui nous sommes, notre essence pure. Mais du coup, ça m'a plongée d'autant plus dans cette quête et ça m'a aidée également dans mon deuil.
- Speaker #0
Aujourd'hui, effectivement, tu sors ce livre, ce quatrième livre, quand tu l'as dit, et tu sens que ton intérêt et ta mission... et de plus en plus d'assumer cet aspect spirituel et de t'engager dans cette quête chamanique. Il y a deux choses qui t'ont sauvée. Enfin, il y a plusieurs choses qui t'ont sauvée. Évidemment, tu t'es sauvée toi d'abord toute seule. Tu as accepté de prendre le temps de soigner tes blessures. Tu as été dans un univers totalement en dehors de ta zone de confort, plongée avec les requins. Et puis de l'autre côté, tu as été dans un autre univers totalement hors de ta zone de confort, l'univers chamanique.
- Speaker #1
Mais c'est une très bonne analyse. C'est vrai que c'est une très très bonne analyse. C'est deux zones où au début, les requins effectivement un peu frileuses, etc. Et je suis obligée de vivre le moment présent parce que je suis face à plus grand coup, surtout quand on est face à un requin bulldog ou un requin tigre. On arrête, on efface, on effocus. Et au début, effectivement, quand je suis rentrée, sans le vouloir finalement, en tout cas sans que ça m'appelle moi dans cet univers chamanique, et je m'en souviens, je t'avais partagé cette première expérience, et je me suis dit, mais Claire, qu'est-ce qui m'arrive ? Est-ce que je suis folle ? Non, non, je suis chez moi, je ne bois pas d'alcool, je ne prends pas de vin.
- Speaker #0
Tu dis quelque chose de très beau dans le livre. Tu dis, certaines choses ne se disent pas, elles se hurlent, elles se... pleure, elle se tremble. Est-ce que en fait, finalement, toi, tu viens mettre un doigt sur est-ce que finalement, on intellectualise pas trop nos blessures et que toi, avec cette transe, ces trans, t'as réussi en fait à exulter ce qui te bloquait. Et en fait, c'est vrai que une énorme souffrance, c'est pas petit. Ça fait peur. Et ça fait de nous un peu des... Pour que ça sorte, il faut qu'on soit... Il faut qu'on accepte cette part de folie.
- Speaker #1
Tu as tout compris. C'est peur de folie ou en même temps, est-ce que c'est la société qui aime bien mettre de la folie et nous étouffer avec des médocs, avec du Temesta, du Xanax, etc. En disant, ouf, elle canalise, ça revient, garde pour toi, garde pour toi. Ou alors, il faut exulter et dire, non, en fait, je ne vais pas bien, je ne vais pas bien. Et ça fait du bien d'hurler sa peine, d'hurler sa colère et après, on se sent tellement mieux. Mais effectivement, et du coup, les médecines alternatives sont arrivées dans mon spectre plus tôt que je ne l'aurais pensé, même si j'ai toujours été hyper curieuse de ça. Ça m'a toujours fascinée. Là, du coup, d'autant plus, pour répondre à ta question précédente, j'ai envie d'aller explorer ça. Et effectivement, à se dire, tiens, c'est comme si j'avais du magnétisme dans les mains, je commence à comprendre, peut-être à soulager certains mots, M-A-U-X, de chez mes amis. se passe en moi, etc. Et bien sûr que j'ai envie aujourd'hui de complètement approfondir tout ça. Je trouve ça fascinant. C'est pour pas chacun, mais effectivement, je suis une autre femme. Il y a eu avant ce deuil et après ce deuil. Et ça m'a ouvert tellement les chakras sur la spiritualité, la vie après la mort, la guérison relativisée. Et le plus beau cadeau en tant qu'être humain, c'est le pardon de quand on est en plein gorgé de rancœur, etc., de dire Bon, je te pardonne, je suis pas obligée d'être copain avec toi. Non, mais en fait, pardonner, c'est égoïste. Quand on a compris ça, le pardon, c'est égoïste. C'est moi qui m'enlève cette peine, cet aigreur que j'ai contre toi pour m'en libérer, pour moi me soulager. C'est-à-dire, salut, c'est terminé, je t'en veux pas. Donc aujourd'hui, ma mission, c'est avec mon beau-père. Mais c'est comme si je disais, pauvre de toi, en fait. T'avais une cinquantaine d'années, t'as complètement tabassé ta belle-fille de 16 ans. Tu t'es sentie plus virile en t'abassant une femme qui est la fille de ta femme, qui a 16 ans, qui est en fait sans défense, innocente ? Tu te sens plus fort ou c'est toi qui as un problème psychologique ? Il a la réponse.
- Speaker #0
Quel est ton rapport aujourd'hui à ta famille, donc ton père et ton beau-père ? Tu vois ton beau-père ? Plus du tout ?
- Speaker #1
Je ne vois pas du tout, je ne vois plus du tout mon beau-père. Mon papa est toujours là, il est là, il restera fidèle à lui-même. C'est un papa qui n'appelle pas forcément tous les jours, mais je sais qu'il m'aime et c'est... Voilà, il m'aime à sa façon et c'est très bien. Et c'est surtout que je me dis maintenant, il ne me reste qu'un parent. Donc en fait,
- Speaker #0
tous qu'on... Vous en profitez.
- Speaker #1
Bah oui, on a tous. Je pense que c'est dur d'être parent. Je ne le suis pas encore, donc c'est très dur de se dire, ma mère était ceci, ma mère était cela. Bon, il y a certains épisodes où on peut dire, tu aurais pu avoir un autre comportement en maman. Mais je pense que...
- Speaker #0
Et quel est ton rapport aux hommes aujourd'hui et à la famille ?
- Speaker #1
C'est comme si aujourd'hui, j'étais peut-être un peu plus apaisée et peut-être que ça m'a donné envie peut-être de me... poser un peu plus, de m'ancrer un peu plus et peut-être de fonder ma propre famille. Mais je pense qu'il fallait que je continue de maîtriser cette tempête, de l'apaiser. Et c'est surtout, pour soigner, se soigner, il faut d'abord se confronter à soi-même. C'est dur de se voir, d'enlever les masques, de se dire « Attends, mais je suis vraiment comme ça, moi aussi, etc. » Le plus dur dans la guérison, le premier step, c'est de se voir soi-même, de se voir dans le miroir, pour revenir à mener des miroirs. C'est qui je suis. Et quand après on s'est dit, ok, on est comme ça, comment je peux me guérir de ces blessions ?
- Speaker #0
Et écrire ce livre, Guérison Sauvage, c'est aussi une forme de thérapie pour toi.
- Speaker #1
Complètement, oui.
- Speaker #0
Et de manière générale, écrire, c'est très important pour cheminer sur sa peine et sa colère.
- Speaker #1
Ça fait partie de...
- Speaker #0
Qu'on en fasse un livre ou pas.
- Speaker #1
Exactement. C'est une manière d'exulter aussi. Il y a eu d'autres passages, mais d'écrire, de se confronter, de revivre des passages très douloureux et de se dire mais ok, j'ai vécu ça, qu'est-ce que j'en fais ? J'ai été ça, qu'est-ce que j'en fais ? Et si je te pardonnais, maman finale ? Et si je te pardonnais ? C'est que ça devait être écrit comme ça et que chaque épreuve aussi traumatisante soit telle, je pense que ça nous renforce au final. C'est un peu comme la force de ce requin. qui est pourchassé, qui est machin, elle me dit, mais ça reste, quand je les vois, des maîtres de résilience. Encore cet été, j'étais avec eux sous l'eau. Et Dieu sait, et que tu sais ma passion. Et je me dis, mais c'est pour ça qu'aujourd'hui, je vois vraiment, et j'adorerais, voilà, changer le regard sur ces êtres. Voilà, parce que, bien évidemment, j'aime la nature, j'aime les animaux. Je suis végétarienne pour ça, d'ailleurs, depuis plus de 12 ans. Mais de se dire, d'avoir peur de l'inconnu. Et si on allait finalement à la rencontre de cet inconnu. Et de se dire, ah, mais en fait, il me ressemble. Et c'est ça qui est beau, et c'est ça qui se joue chez moi, et chez d'autres femmes, et même d'autres hommes dans le monde. Je me suis rendue compte qu'on avait des miroirs, on avait des enfances fragiles, on était brisés par l'un ou des deux parents. Et en fait, on se retrouvait dans le requin, on avait une empathie particulière. C'était fou.
- Speaker #0
Ce qui est drôle, c'est qu'en fait, avec ton nom, enfin, ton nom et ton prénom, Cyrielle Ariel, évidemment, il y a Ariel, mais tu étais déjà prédécentière de Virutian. Non mais je te jure que t'as Cyrielle, Ariel, bon tout le monde connait Ariel la petite sirène, même si toi ça s'écrit pas pareil. Et puis là on te voit, pour ceux qui te verront à l'image, avec ta chevelure longue. Non mais c'est vrai, tu ressembles à une sirène, donc c'est marrant parce que là à t'écouter, c'était comme si tu étais destinée à aller rencontrer tes amis les requins, nos amis d'ailleurs les requins. Alors moi je pense que je suis moins... Mais bon, on ne sait jamais, peut-être qu'un jour j'en croiserai un et je serai comme toi. Je suis vulguée, mais tu as raison, vous êtes beaucoup à être fascinée par cette vie sauvage. Et là où je te rejoins, c'est qu'on a tous une part de sauvage en nous. Et je crois que de l'accepter, ça nous permet vraiment d'être plus alignés et plus épanouis. Et ce n'est pas ça, en fait, la folie, comme tu le dis. Ce n'est pas de la folie, c'est une part de sauvage.
- Speaker #1
Et de s'aimer, en fait, au final, c'est pour s'aimer. Il n'y a rien de plus beau, et je termine mon livre là-dessus, c'est l'oxygène de l'âme, c'est l'amour. Une phrase de Rumi. Et je me dis, mais... En fait, je me suis dit, mais elle veut tout dire, cette phrase. L'oxygène de l'âme, c'est l'amour. Ou l'amour, c'est l'oxygène de l'âme. Je me dis, mais...
- Speaker #0
Bon, en tout cas, évidemment, je recommande à tout le monde de lire ton livre, qui est touchant. Je pense qu'il s'adresse à chacun d'entre nous, qu'on ait vécu un deuil ou pas, qui est quand même un très joli parcours de te dévoiler, de montrer toute ta partie de vulnérabilité. Et en même temps, on voit bien... que finalement, cette forme d'acceptation te rend plus forte. Donc, on a hâte de voir la Cyrielle de demain. Et voilà, on sait que je pense que tu vas encore nous faire découvrir plein de nouvelles étapes dans ta vie et nous emmener pour nous montrer ce monde incroyable. Et on aime regarder le monde à travers tes yeux, Cyrielle. Donc, merci mille fois d'avoir été parmi nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci à toi, merci, Laclaire. Aux éditions Erol, Garison Sauvage.
- Speaker #0
Aux éditions Erol, ce sera reprécisé. dans le podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Si tu as aimé ce podcast, abonne-toi pour ne rien manquer des prochains épisodes. Soutenir Cerveau Puissant et suivre toutes les actualités, les échanges à venir et les contenus que je prépare pour continuer à nourrir ce qui fait vraiment la différence.