- Speaker #0
Bienvenue chez Cerveau Puissant, le podcast des phrases qui réveillent. Un espace où l'on parle de ce qui façonne une vie, des pas qu'on dépasse, des mots qui sauvent, des chocs qui révèlent, des valeurs qui tiennent debout. Chaque semaine, je vais chercher la phrase fondatrice d'une personnalité. Une phrase qui a construit, brisé, transformé ou sauvé. Parce que certaines paroles deviennent des boussoles, parce que tout commence par une prise de conscience, parce que chacun porte en lui une lumière en attente. Merci pour votre soutien incroyable depuis le lancement de Cerveau Puissant. Liker, commenter, partager et booster sur YouTube, c'est comme ça qu'on va continuer à grandir avec vous. J'ai la chance d'être soutenue pour ce podcast par l'agence de communication Surf. Aujourd'hui, je reçois Émilie Stenbach. On la présente comme docteure en biologie intégrative, neuroscientifique. Autrice d'un livre vendu à plus de 100 000 exemplaires. Mais avant d'être la femme qui transmet et qui explique, Émilie a d'abord été l'enfant qu'on ne savait pas accompagner. Une enfant qui se levait en classe sans s'en rendre compte, qui oubliait tout, qui posait trop de questions. Diagnostiquée très jeune, TDAH, dyslexie, dyscalculie. Une enfant à qui l'école a renvoyé parfois l'idée qu'elle n'irait pas loin. Certains professeurs lui ont dit qu'elle n'irait même pas à l'université. On la mise très tôt sous traitement, et là, son histoire refuse les raccourcis. Elle ne dit pas que le médicament est mauvais, elle dit qu'à certains moments il l'a aidé, mais elle raconte aussi les effets secondaires. L'enfermement, l'irritabilité, la dépression, la violence d'un corps et d'un cerveau qu'on essaye de faire tenir dans un cadre qui n'est pas le leur. Puis, il y a une bascule. À 14 ans, Émilie pressent que ce qu'elle mange agit sur ce qui se passe dans sa tête. Une intuition d'adolescente. Moins de sucre le matin, plus de protéines. Une autre manière de nourrir son cerveau. Peu à peu, quelque chose change. Ses symptômes reculent, sa concentration revient. Sous suivi médical, elle finit par arrêter le traitement. Ce qu'on avait nommé fragilité, elle commence à le lire autrement. Le reste, ce sont 11 années d'études. Psychologie, neuronutrition, neuropsychologie. Neurosciences à Londres, doctorat, non pas pour réussir, pour comprendre pourquoi son corps avait réagi ainsi, pourquoi son cerveau avait souffert, et ce lien longtemps ignoré entre ce qu'on met dans son assiette et ce qui se joue dans sa tête, l'attention, le sommeil, l'humeur, la santé mentale. C'est ça ce que je veux explorer avec elle, comment vivre avec un cerveau qui ne rentre pas dans les cases. Parce qu'Emilie porte une... Parole rare, elle ne promet pas le miracle, elle ne vend pas la vie parfaite, elle écoute ce que le corps essaye de dire, parfois depuis très longtemps. Émilie, je suis honorée de te recevoir aujourd'hui.
- Speaker #1
Coucou, je suis très contente, toi aussi.
- Speaker #0
Alors on commence toujours de la même manière chez Savo Puissant, on aime demander à nos invités quelles phrases, quelles citations tu as envie de partager avec nous aujourd'hui.
- Speaker #1
Alors par rapport à ce que tu viens de dire, je pense que... Malgré l'intuition que j'ai pu avoir, malgré... par rapport à l'alimentation, je me suis par exemple toujours dit, je ne suis pas n'importe qui, si je veux quelque chose, je l'obtiendrai. Mais je pense qu'il ne faut pas négliger aussi l'importance de mes privilèges, c'est-à-dire d'avoir été fortement aimée par mes parents, encadrée, comprise. Ils ont été très patients, très présents. Et donc ça, évidemment, je n'ai pas envie de donner l'image d'une personne qui souffre de nombreux troubles d'apprentissage et qui a décidé de s'en sortir parce qu'elle était passionnée et tout était très bien. Ce serait très prétentieux, en fait, pas très humble. Évidemment, j'ai la chance d'avoir la vie que j'ai eue, notamment avec ma famille. Et une phrase qui m'a peut-être poussée aussi à avancer, que mes parents ont beaucoup répété, c'est qu'il fallait que je... je trouve la manière dont je voulais faire de ce monde un monde meilleur. Et que le jour où je trouverai ma passion, le sens de ma vie, la vie deviendrait plus facile et j'arriverais peut-être à avoir une carrière. Parce que c'était important pour moi de réussir, de m'accomplir, puisqu'on m'a dit que je n'arriverais à rien. Et donc ça, c'était vraiment, quelle est ma passion ? Qu'est-ce que je voulais essayer ici sur Terre ? Et je pense que, naïvement, avoir une carrière qui permette aux gens d'être... plus heureux, c'est merveilleux et j'espère que je fais un peu à mon échelle avec ce livre.
- Speaker #0
Tu fais un peu à ton échelle évidemment et je crois qu'en fait tu mets aussi des mots sur des choses qui paniquent un peu les parents et qui rendent effectivement souvent assez malheureux les enfants. Le TDAH, c'est assez nouveau, on n'en avait pas vraiment parlé, c'est récent, on va dire, depuis 10-15 ans. Est-ce que tu peux décrire, rappeler quand même, ce que c'est qu'un enfant TDAH et quels sont les critères pour déceler ce trouble de l'attention ?
- Speaker #1
Oui, peut-être que ce qui est le plus important à rappeler, c'est que les symptômes d'un trouble d'attention et de l'activité ne sont pas présents uniquement dans une situation de la vie, à l'école. ou quand je dois faire quelque chose d'ennuyant. Ce sont des symptômes qui vont altérer la qualité de vie et la manière de fonctionner dans différentes facettes de ma vie. À la fois quand je regarde un film chouette, à la fois quand j'ai une conversation avec mes amis, à la fois quand je dois me concentrer à l'école. Et donc il y a une composante attentionnelle, avoir du mal à être attentif à une tâche, c'est-à-dire faire simple. Et il y a la composante aussi hyperactive, moi je souffre des deux, où on a du mal à entrer. à tenir en place, à tenir sa langue dans la poche, à tenir en place, etc. Est-ce que tu veux que je te lise les critères du DSM-5 ou pas ?
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Si on veut se référer à une méthode diagnostique du TDAH, évidemment, il faut aller chez une équipe de neuropsychologues qui va établir un bilan multidisciplinaire. Mais on peut aussi se référer à la liste des critères diagnostiques du DSM-5, un manuel. diagnostiques, notamment de troubles psy. Et donc, tu dois avoir l'ensemble, au moins six symptômes. Et tu as une composante, un, pour l'inattention, et deux, pour l'hyperactivité. Mais donc, ça va être, pour l'inattention, ne parvient pas à prêter attention aux détails, ou fait des fautes, des tourderies, ce genre de choses. A souvent du mal à soutenir son attention au travail ou dans les jeux. Tu vois, cette composante, c'est pas que... Personnellement, c'est difficile pour moi, même dans une conversation, parfois, que j'aime de rester concentrée. Et mes amis savent que ça peut arriver dans un moment génial de dire « ça fait 4 minutes que je ne sais pas du tout ce que tu racontes et je ne sais même pas combien de temps ça fait » . Donc on doit revenir en arrière, je peux faire replay. « Souvent ne pas écouter quand on lui parle personnellement. Souvent ne se conforme pas aux consignes et ne parvient pas à mener à terme ses devoirs scolaires, ses tâches domestiques et ses obligations professionnelles. Cela n'est pas dû à un comportement d'opposition ni à une incapacité à comprendre les consignes. » Et ça, on en souffre beaucoup quand on souffre de TDAH. On va toujours tout le temps dire, tu es désinvolte, est-ce que tu fais exprès ? Non, c'est vraiment une souffrance. Aujourd'hui, je souris en le disant. Si tu me fais sourire, c'est que tu souris tout le temps, mais je n'en souris. Ce n'était pas chouette plutôt. On a souvent du mal à s'organiser. Souvent, évite en aversion ou fait à contre-cœur les tâches qui nécessitent un effort mental soutenu. Perd souvent des objets, se laisse facilement distraire par des stimuli externes. oublie fréquent de la vie quotidienne. Donc ça, ce sont les symptômes d'inattention. Et pour l'hyperactivité ou impulsivité, il faut aussi avoir plusieurs symptômes ci-dessous, donc au moins six. Remue souvent les mains ou les pieds. Peut-être que tu connais des gens qui sont comme ça. S'élève souvent en classe dans d'autres situations où il est supposé rester assis. Souvent court, grimpe partout, dans des situations où celle-là est inappropriée. A souvent du mal à se tenir tranquille dans les jeux. où les activités de loisirs est souvent sur la brèche, où agit souvent comme s'il était monté sur ressort, parle trop souvent. Puis pour l'insépulsivité, il y a encore d'autres critères. Mais donc, tu vois, ce n'est pas juste une fois mon enfant s'est roulé par terre dans un supermarché. Je ne vais pas tout lire, mais se référer aux critères du DSM-5 est intéressant.
- Speaker #0
Alors, moi, j'ai entendu dire que c'était plus facilement détectable chez les garchons que chez les filles, que les filles incorporaient plus facilement un TDAH. Qu'est-ce que tu penses de cette... Euh...
- Speaker #1
Je pense que c'est parce que dans notre société, la femme doit se tenir d'une certaine manière et rentrer dans un moule. J'en parlais plus tôt d'ailleurs ce matin, qu'on m'a dit que j'étais une femme pas très douce. Et que dans la promotion de mon livre, il fallait que je mette un petit peu des formes. C'est le genre de commentaire qu'on ferait jamais à un homme, je pense. Donc oui, la femme peut mettre en place des mécanismes qui vont lui permettre de convenir à ce qu'on attend aujourd'hui d'une femme. dans notre société. Et donc, ça pourrait être diagnostiqué plus tard dans la vie, ce qui est difficile, parce qu'en fait, au plus tôt on prend en charge un trouble de santé, un trouble neurodéveloppemental, au plus vite, on peut mettre en place des stratégies pour, je ne dirais pas convenir, rentrer dans un moule, parce que je ne pense pas que je rentre dans un moule, mais pouvoir s'épanouir comme un individu à parenté.
- Speaker #0
Donc toi, tu es détectée, comme tu l'as dit, grâce à tes parents, enfin tes parents qui t'aident et qui te soutiennent. Et puis on te met sur... sous Ritalin. La Ritalin, c'est ce médicament qui permet justement de... de tempérer cette énergie. Alors, il y a certains qui expliquent que c'est extraordinaire. Toi, c'est un constat un peu plus mitigé. Tu as des zones d'amélioration néanmoins, et tu en parles. Tu as ce qu'on peut appeler une forme de dépression. Est-ce que tu peux nous en parler ? Est-ce que tu peux expliquer en quoi ça a amélioré ? Et je pense que, comme tout médicament, ça dépend, c'est au cas par cas, en fait, en vrai.
- Speaker #1
Alors, peut-être... Je deviens un peu émotionnelle souvent quand je parle de ça, parce que c'est quand même une période assez difficile de ma vie. Donc sans ce médicament, je pense que je ne serais pas vivante, je ne serais pas ici aujourd'hui, parce que ce médicament m'a permis de me réaliser, de créer des premières amitiés, de pouvoir atteindre un certain niveau dans ma scolarité. Tu parlais plutôt du fait que les professeurs avaient dit que je n'irais pas à l'université, c'était plus que ça. On m'a conseillé plusieurs fois de me déscolariser pour... en mettre dans d'autres... Pas dans l'enseignement classique. En Belgique, on peut sortir de l'enseignement en général. Et entendre ça quand on est très très jeune, tu n'arriveras jamais à rien. On m'a dit que j'aurais jamais de relations, de vie de famille, que j'aurais jamais un travail dans lequel je m'épanouis. C'est très très dur à entendre pour un enfant. Et puis, il y a eu l'opportunité de prendre ce médicament. Et pour un enfant, j'ai pas compris que je prenais un médicament pour... Pour moi, j'ai compris que je prenais un médicament pour être acceptée parce que je n'avais pas de valeur autrement. Je me souviens quand parfois je me permettais de sortir un petit peu du cadre attendu, les professeurs pouvaient dire « Émilie, est-ce que tu as pris ton médicament ce matin devant tous les élèves ? » Donc, ce n'est pas le médicament qui m'a plongée dans une espèce de dépression. Ce n'était pas une dépression, c'est plus de l'anxiété, mais vraiment morbide. Mais c'est aussi ce stigma vécu par la scolarité, comme on connaît en Belgique et en France. Et puis j'ai souffert, donc c'était vraiment très important, parce qu'à l'époque, j'espère que les choses ont changé, la prise du médicament n'était pas tout à fait bien encadrée. Normalement, en tout cas la Haute Autorité de Santé en France, émet une série de recommandations. un neurologue peut prescrire ce médicament mais pas n'importe qui, pas un généraliste comme ça, et le médicament se prend d'une certaine manière, s'arrête d'une certaine manière moi j'arrêtais du jour au lendemain pour les vacances scolaires et je me retrouvais à subir des symptômes de sevrage vraiment très violents et donc j'avais des vomissements des idées noires très graves sauf que personne On n'a pas fait le lien à l'époque entre ça. C'était arriver à l'hôpital, prendre des anxiolytiques. Quand on a 14, 15, 16 ans et qu'on vit des choses comme ça, on se dit juste qu'on est fou. Ça a été vraiment très dur. C'est notamment ces effets secondaires qui m'ont donné envie d'arrêter les médicaments. Et puis quand on prend le médicament, oui, on arrive du jour au lendemain. Mon écriture était lisible du jour au lendemain. J'ai eu des amis, j'étais plus bizarre. C'est génial d'avoir des amis. Donc ce médicament m'a quand même beaucoup aidée. Sans ça, je ne pense pas que j'aurais pu m'épanouir à ce point-là dans ma carrière et avoir assez confiance en moi que pour retrouver l'amour, par exemple. Je ne pense pas que j'aurais cru que je puisse s'être aimée. Donc, tu vois, c'est un peu ambivalent. À la fois, ça a été extraordinaire. À la fois, quand je le prenais, je me sentais plate, irritable. Je n'avais pas faim, mais je dormais très mal aussi. Et en fait, c'est marrant parce que dans la vie, je suis devenue copine avec beaucoup de personnes qui souffrent de TDA. certains qui ont très bien foutu une île, d'autres qui ont souffert d'une overdose. Ça, c'est très triste. Mais tous, quand on en parle, on se rend compte que ce médicament a été merveilleux et à la fois, vraiment, nous a presque détruits quand on était enfant à un moment. Je suis désolée.
- Speaker #0
Non, c'est l'hiver.
- Speaker #1
Depuis que j'ai accouché, j'ai beaucoup besoin.
- Speaker #0
Alors, sache que chez Cerveau Puissant, 99% des invités pleurent. Je ne sais pas pourquoi, mais c'est un espace où on dépose. C'est aussi comme ce que tu fais, mais moi je suis très émue, parce que ça fait écho à beaucoup de choses dans ma vie personnelle, et surtout à mon fils, qui en a cessé de dire, dans ses écoles françaises comme tu dis, qu'il n'était pas adapté. Et moi très jeune, on m'a dit qu'il fallait le mettre dans des écoles spécialisées, pour les enfants différents. Et en fait, je ne sais pas comment, pareil, en lui donnant beaucoup d'amour, beaucoup de confiance, et avec la maturité, en ce moment. Il est dans une phase qu'on peut dire calme, paisible, il est super bon en cours, il commence à avoir des amis, mais je comprends extrêmement bien. tout ce que tu dis. Et moi, à partir de 3 ans, on m'a dit médicaments. Il n'y a même pas d'autre solution. Et donc, je sais tout ce que ça représente. Et tant qu'on peut tenir, on tient. Et là, en ce moment, en tout cas, c'est merveilleux. Mais on sait aussi que le TDAH, c'est par phase. C'est très lié à une stabilité émotionnelle. Et tu l'as très bien dit, à une confiance en soi. Et voilà. Et moi, j'entends aussi énormément d'histoires autour de moi, de parents désespérés, d'écoles. qui vraiment, pour le coup, ne mâchent pas leurs mots pour expliquer que les enfants sont dératés et qui broient nos enfants, en fait, comme toi. Et ça, c'est totalement inacceptable. Et là où je te rejoins, c'est que, évidemment, que le médicament, à mon avis, c'est beaucoup, mais l'idée, c'est comment est-ce qu'on accueille cette différence qui, en fait, devient une force, et on le sait. Est-ce que tu peux nous rappeler, parce que moi, je me souviens, à l'époque, je faisais la liste de tous les gens brillants en TDAH, donc Einstein, Federer, je crois, enfin, je ne sais plus qui, et à chaque fois, je me disais, mais regarde, lui, il était... Je disais à Arouane, mais regarde, lui, il était DH. Et en fait, et puis tu vois, un jour, là pour les JO, il y a eu les JO, tu vois, des para-olympiques. Et puis à un moment, le professeur dit, oui, alors c'est pour les handicapés. Est-ce que vous savez ce que c'est que le handicap ? Romane lève la main, Romane c'est mon fils. Il dit, bah oui, moi aussi je suis handicapé. Donc là, il y a toute la classe qui rigole. Il dit, bah je suis TDAH. Et quand il est revenu à la maison et qu'il m'a dit ça, je lui ai dit, mais tu n'es pas du tout handicapé. Enfin, c'est pas du tout comme ça qu'il faut que tu le vois. Et moi, je lui ai dit. toujours dit que c'était une énorme force, qu'il était différent, parce que quand on est TDAH, on est aussi extrêmement... On a une intelligence émotionnelle incroyable.
- Speaker #1
En fait, il y a d'indifférents degrés de troubles d'attention et de peur à l'activité, et pour certaines personnes, c'est réellement un handicap. Je pense que mon TDAH, par exemple, n'est pas un TDAH si grave que je nécessite des interventions très sérieuses, mais... Plus tard, quand j'ai travaillé en psychiatrie, j'ai rencontré des patients qui souffraient de formes de TDAH très, très sévères, pour qui très certainement c'est un handicap. Et c'est pour ça que je rappelle toujours que dans la réussite, il y a tant de facteurs et être privilégié est un facteur immense. Et je suis privilégiée de plein de manières différentes, mais aussi parce que sans doute, je n'ai pas le pire de TDAH non plus.
- Speaker #0
En tout cas, merci de porter cette voix et le courage d'en parler. Évidemment, ça n'est pas facile.
- Speaker #1
Je n'aime pas trop en parler parce que je n'ai pas envie d'être... C'est très rare. D'ailleurs, je pense que c'est la douzième fois que je m'exprime dans un média vraiment comme ça. Mais la seule raison pour laquelle parfois j'accepte d'en parler, parce que je sais que c'est allé m'en parler, c'est que j'espère tellement pouvoir donner espoir. J'espère tellement qu'une maman ou un papa, parce que les papas peuvent aussi être accueillis dans ce genre de... de contenu. Écoute peut-être cette interview et dis à son enfant que c'est possible de s'épanouir même quand on nous a collé une étiquette sur la tête. Et je voudrais juste revenir sur un point. J'ai dit qu'une amie avait eu une overdose et j'étais assez émotionnelle et elle n'en a pas décédé. Elle a fortement exagéré avec les doses. Elle a pris le médicament d'une manière qui ne se prend pas. Je n'ai même pas envie de l'évoquer ici. Et elle a eu une décompensation psychiatrique grave. Elle n'a pas décédé. Enfin voilà, je voulais juste être exacte par rapport à...
- Speaker #0
Ce qui est vrai, c'est que chez les TDAH, quand un TDAH est mal géré, grandit avec ça, sans aide psychologique, émotionnelle et peut-être médicamenteuse, le risque de tomber dans des addictions est assez important, enfin je dirais même beaucoup plus important que la normale. La cigarette, l'alcool, la drogue. Et donc c'est vrai que c'est un... Comme tu l'as dit, il y a certains enfants qui en créent une vraie... Un vrai atout de vie, mais beaucoup sombre.
- Speaker #1
Il y a une forte augmentation du risque, oui, par l'impulsivité, mais aussi par la spécificité neurobiologique dans le cerveau de quelqu'un qui souffre d'un TDDH, notamment dans les circuits dopaminergiques. On est plus à risque de souffrir d'addiction plus tard dans la vie ou de comportement, je vais dire psychopathique, mais de comportement à risque, pas psychopathique. Oui, c'est vrai. Et c'est vrai que dans mon cas, aujourd'hui, grâce à tout ce qui a été mis en place et aussi la confiance en moi que j'ai pu acquérir, je le vois presque comme une force. Avant, parler en plein milieu d'un cours ou se lever pour marcher en plein milieu d'un cours, quand j'étais toute petite, c'était extrêmement étrange. Aujourd'hui, un professeur d'université pourrait dire, c'est bien, vous voyez, lutter contre la sédentarité, je ne me suis même pas... toujours rendu compte que je me suis mis un peu à marcher parce que ça faisait deux heures que le cours fonctionne. Ou interrompre un auditoire de 900 personnes avec une question qui est pertinente. À l'école, ce n'est pas intéressant. À l'université, au contraire, le professeur, il se dit, enfin, quelqu'un qui est intéressé par ce que je raconte. Faire des liens dans notre tête qui sont... Je pense que dans mes recherches, par exemple, avoir un doctorat en biologie intégrative, alors que j'ai fait des neurosciences, ce n'est pas tout à fait sensé. Donc, je n'ai pas peur. Donc, je veux se faire des trucs.
- Speaker #0
Tu es très rigolote. Tu m'as à un moment raconté... que tu étais un peu, dans tes années d'études, un peu considéré comme un rat de laboratoire. Et donc, tu expliques que tu es souvent avec des rares femmes à faire des recherches aussi poussées. Et donc, tu racontes avec pas mal d'humour ce que c'est que d'être une femme dans ces milieux de recherche et en même temps, un rat de laboratoire. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #1
C'est vrai que ça m'est arrivé... pire du pire, c'était quand je bossais dans un labo de photophysique et j'étudiais la biologie des mitochondries. J'avais un projet ultra-nerd. Je voulais mesurer la thermogenèse au sein de la mitochondrie avec un thermomètre fluorescent. C'est un truc vraiment... Je passais ma journée dans le noir à cultiver... Je cultivais des cellules à l'avenir du jour, du laboratoire, et puis dans le noir, je leur administrais différents traitements. Je mettais un extrait de piment ou... de la cyanure sur ma cellule pour voir... Bon bref, vraiment. Donc dans ce laboratoire, il n'y avait que des hommes. Le stéréotype des hommes dans Big Bang Theory, tu vois. Et quand je rentrais dans le laboratoire, souvent ils étaient un petit peu émoustillés. Ce que je pense d'avoir raconté qui faisait rire, c'est qu'une fois j'osais mettre du rouge à lèvres, ils étaient tellement tous morts de rire qu'ils ont dû sortir, se calmer, et ils ne pouvaient plus me parler. Et heureusement pour eux, je suis normalement dans la vie de tous les jours très peu coquette. Et dans la vie de laboratoire, j'y vais toujours en houdise, basket, etc. Mais là-bas, une seule fois, j'ai fait l'écart de ma vie. Et je me suis dit, mais en fait, il ne faut surtout pas que je fasse ça, parce que sinon, je n'arriverai pas à avoir un travail de qualité si je ne peux pas poser des questions à mes collègues ou interagir avec eux. C'est rigolo. Oui, c'était rigolo.
- Speaker #0
À l'époque,
- Speaker #1
ça me faisait rire. Ça me fait toujours rire. Parfois, il ne faut pas tout remettre en question. C'était quand même bizarre.
- Speaker #0
En tout cas, merci pour cette anecdote. Voilà, tu es très rigolote. Tu sais aussi raconter des choses avec beaucoup de recul. Alors donc, tout ça nous amène à ta bascule à 14 ans. À 14 ans, tu pressens qu'en fait, tout ce que tu vas manger va agir positivement sur ton cerveau. C'est ton intuition. Et en fait, aujourd'hui, ça a fait ton premier livre. Et maintenant, ton deuxième livre qui sort prochainement. Est-ce que tu peux nous expliquer comment tu ressens ça et comment tu appliques ça dans ton quotidien ?
- Speaker #1
Évidemment, c'est romancé parce que je raconte à 33 ans ce que j'ai vécu à 11, 12, 13, 14 ans. En fait, je ne sais pas vraiment. C'est beaucoup ce que mes parents ont raconté. Quand j'étais plus jeune, on mangeait. Ce n'était même pas un petit déjeuner, disons, malsain. C'était du pain avec la confiture. Aujourd'hui, je ne me dis pas que je mangerais ça au petit déjeuner. Ce n'était pas non plus des céréales multicolores ultra transformées. Je me souviens que j'avais souvent la nausée, j'avais envie de vomir. J'ai arrêté le petit déjeuner et j'ai demandé à mes parents si je pouvais consommer le reste de la veille. J'avais mangé une saucisse de mortaux, un pavé de saumon, que le poulet de la paella.
- Speaker #0
Moi, je m'en vais de la choucroute au pillage quand j'étais jeune. C'est délicieux. Non mais attends, c'est du chair. J'avais dit choucroute,
- Speaker #1
mais la saucisse de mortaux, il sera transformé, pas top. Vous venez de la choucroute. Du coup, on ne va pas laisser des Tupperware dans le frigo. Il y a écrit Zibline Vorace. Tu vois ce que c'est une zibline ? C'est un petit rongeur très carnassier. Apparemment, j'en ressens l'ennemi Zibline, selon mon père.
- Speaker #0
Moins que t'es la poubelle. Il va être plus sympa, toi, quand même.
- Speaker #1
Je préfère Zibline Vorace, quand même. Tu pourras changer ton surnom. Et voilà. Je me suis sentie mieux. J'avais l'impression de mieux me concentrer. Mes parents aussi disent qu'ils avaient observé un changement de comportement. Tout a été mis en place pour que la zébine vorace puisse manger ces choses très protéinées au petit déjeuner. Et c'est bien plus tard pendant mes études qu'en travaillant dans un service de psychiatrie avec un psychiatre en tant que superviseur, elle a vu ce que je mange au petit déjeuner. Et elle a dit « Ah c'est marrant, tu sais que c'est exactement ce que je recommande à mes patients qui souffrent de TDAH. » Et donc on a commencé à parler de ça. Et là je me suis dit « Ok, en fait ça va être ma carrière. » Ma carrière ça va être de découvrir comment... on peut scientifiquement changer son alimentation pour aller mieux. Mais pas que pour le TDAH, étant donné que je suis fortement biaisée, puisque je souffre dans le TDAH. J'en souffre plus. Disons, je présente un TDAH. Là, j'avais envie de juste étudier l'impact du mode de vie pour être heureux et se réaliser. Je ne pense pas nécessairement être plus intelligent, plus performant. Je t'aime optimiser pour être critiqué. Mais c'est vraiment se réaliser et rester bien le plus longtemps possible, voire aller mieux.
- Speaker #0
Alors, pour résumer ce livre qui est passionnant et qui peut se relire, en fait, c'est comme une encyclopédie de la santé. Est-ce que tu peux nous résumer les quelques points ? essentiels et basiques qu'on peut tous appliquer dans notre quotidien pour avoir une santé optimisée.
- Speaker #1
Mais donc, le livre, il est divisé en deux parties. Si vous voulez que vous consommiez la première partie qui permet vraiment de comprendre quel est l'impact du mode de vie sur la santé et pourquoi on est si malade aujourd'hui. On présente plusieurs maladies par rapport à des comorbidités. On peut avoir plusieurs maladies qui sont liées. Je pense que c'est essentiel pour transformer sa vie, de comprendre ce qui nous arrive. Donc la première partie est quand même chouette, je crois, mais plus théorique. La deuxième partie, c'est un protocole de mode de vie en dix étapes. Et ça, c'est organisé en une journée. Donc dans chaque étape, il y a plein de petits points. Et ça peut être du réveil jusqu'au coucher. Je vais parler des insomnies, mais je ne peux pas te faire vraiment tous les points. Mais disons que pour moi, ceux qui ont eu le plus d'impact, c'est avoir un petit déjeuner qui est fortement protéiné, avec 25 à 35 grammes de protéines au petit déjeuner. et limiter les aliments qui ne sont pas bruts au petit déjeuner, surtout s'ils ont une charge ou un indice glycémique qui pourrait être élevé. Donc, je ne vais pas manger de brioche, de pain blanc sans croûte ou en pain de mie, un jus de fruits, des viennoiseries, ce genre de choses au petit déjeuner. Je vais manger des aliments bruts, riches en fibres, en protéines, avec des bons gras, pour à la fois optimiser mes performances cognitives. mais aussi mon humeur, l'ingestion de mon appétit. Peut-être que je donne trois conseils du début de journée. C'est exposer à la lumière naturelle et intense du jour. Ça, c'est important pour stimuler la synthèse de sérotonine, qui plus tard dans la journée se convertit en mélatonine. Donc à la fois, ça va au moment même favoriser la biologie de l'éveil, je vais dire. Donc on se sent plus éveillé. Ça permet d'optimiser notre journée. en termes d'éveil, de capacité cognitive, mais aussi plus tard dans la journée, grâce à cette synthèse de sérotonine et mélatonine, d'améliorer la qualité du sommeil, se sentir mieux. Pour le petit déjeuner, protéiner, ça permet de pousser la synthèse de dopamine et de noradrénaline, justement, qui sont problématiques, un peu spéciales, chez les personnes qui souffrent de TDAH. Donc ça, c'est vraiment important, chez les personnes qui souffrent de TDAH. Je vais te donner un troisième conseil. Peut-être, je vais rester avec l'alimentation. On n'a pas suivi des modes absolument farfelus. Essayez de consommer un régime qui est celui que notre grand-mère nous aurait dit de consommer. C'est-à-dire principalement végétal, des aliments bruts, de saison, locaux, pas prétentieux. Ça ne sert à rien d'aller acheter des aliments qui viennent du bout du monde parce que c'est des super aliments. On a tout ce qu'il faut ici. Et donc principalement végétal, avec beaucoup de légumes, des fruits. On essaie d'avoir une grande variété, plus de 30 aliments différents durant une végétale par semaine. Ça inclut les épices, le café. Le chocolat, si tu veux, les céréales, les légumineuses, voilà. Ça, c'est important pour nourrir la diversité du microbiome intestinal. Les bons gras, comme l'huile d'olive, une à deux cuillères à soupe par jour, montrent des bénéfices sur plein d'aspects de santé. Je ne dis pas qu'on n'a pas le droit de manger plus d'huile d'olive, parce que ce n'est pas beaucoup, une ou deux cuillères à soupe d'huile d'olive par jour, mais après, il y a un effet plateau. Et puis, pour la viande animale, je dirais juste limiter la viande rouge et ne pas consommer de viande ou de traitants surmets. J'essaye de faire... cours. Je me servais comme ça pendant des heures.
- Speaker #0
Non, mais c'est passionnant. Et donc, résultat, dans ton deuxième livre, il y a un paquet de recettes pour nous accompagner et nous permettre... En fait, le premier tome, c'est comment vous mettez en place. Le deuxième, c'est comment vous cuisinez facilement, localement, chez vous. Et donc, ça va devenir une deuxième Bible, évidemment, pour tout le monde. On en est sûr. Alors, concrètement, est-ce que tu peux nous rappeler... Parce que c'est vrai que nous, en France, je pense que c'est pareil en Belgique, on est un peu perdus. Parce que donc... On nous parle d'aliments transformés, on nous parle que le chocolat, c'est plus si bon que ça, mardans, c'est les pâtes, avec le cadium et tout ça. Donc, est-ce que tu peux nous rappeler, qu'est-ce qu'un aliment transformé ? Et ensuite, pourquoi est-ce qu'il va falloir peut-être réduire le reste des aliments où on n'arrête pas de nous dire, en fait, que comme tout est assez transformé, il faut de moins en moins qu'on les donne à nos enfants et à nous-mêmes. C'est un peu ça, en tout cas, l'ambiance en ce moment.
- Speaker #1
C'est vrai que l'ambiance est assez anxiogène en ce moment en France avec l'histoire du canium. On peut y revenir.
- Speaker #0
Mais en fait, juste un petit mot par rapport au cadmium, varier, diversifier reste la meilleure des stratégies pour avoir plus de nutriments divers et variés, mais aussi pour limiter les différents polluants. Et consommer bio aussi,
- Speaker #1
non ? Déjà quand on consomme bio, c'est...
- Speaker #0
Idéalement local, de saison brute, idéalement bio. En France, étant donné que la réglementation, contrairement à partout ailleurs en Europe, on a le droit, les Français, pas moi, mais tu vois ce que je veux dire. On a le droit d'utiliser plus des engrais phosphatés qui contiennent plus de cadmium, un tiers plus que ce qui est autorisé dans l'Union européenne.
- Speaker #1
Consommons des pâtes italiennes.
- Speaker #0
C'est délirant quand même. Dans les deux études récentes ou rapports qui ont été partagés, il semblerait que manger bio ne permette pas de limiter vraiment l'exposition au cadmium. Mais je pense que c'est vraiment spécifique à la France. où on a une situation où les sols sont saturés de cadmium à cause de cette législation qui n'a pas été respectée. Mais d'autres études réalisées dans d'autres pays montrent un réel bénéfice à consommer du bio sur la santé pour la réduction de cancers, différents types de cancers, plein de troubles de santé. On ne va même pas rentrer dans les détails. Récemment, il y a eu un reels d'un homme blanc et vieux, donc évidemment qui est écouté et que personne ne contredit, qui dit que ça ne sert à rien de manger bio. Ah,
- Speaker #1
je n'ai pas vu ce réel.
- Speaker #0
C'est bon, c'est bon. pour la planète, pour la santé des agriculteurs, pour la santé des êtres humains, pour la biodiversité des petits insectes qui sont absolument fondamentaux, pour la santé des sols, pour qu'ils retiennent plus de gaz. En fait, manger bio, c'est mieux que de ne pas manger bio. Il y a aussi un acte politique si plus en plus d'entre nous achetons bio, peut-être que plus en plus...
- Speaker #1
Les prix vont baisser après la demande d'un améliore.
- Speaker #0
Et les bio, ceux qui vendent bio... dans les grandes surfaces, s'autorisent à des marges plus élevées alors qu'il y a... Il pourrait rendre plus accessible. Mais donc, manger bio est intéressant. Mais si on ne peut pas manger bio, il vaut quand même mieux manger des fruits et légumes non bio que de ne pas manger bio. Donc, par rapport au canyone, on peut en parler longuement, mais varier, diversifier est important. Et du coup, je ne me souviens même pas de ta première question, les aliments ultra transformés.
- Speaker #1
Qu'est-ce que les aliments ultra transformés ?
- Speaker #0
S'il y a un type d'aliment, je dirais qu'il faut... il faut essayer de réduire, ce serait plutôt les aliments ultra transformés. Pas 100% d'entre eux sont mauvais, mais les chercheurs ont inventé une échelle, une échelle NOVA avec quatre classes. Un, les aliments bruts, qui ne sont pas du tout transformés. Une pomme, un morceau de viande, du lait, des fruits et des légumes. Deux, ça va être des aliments transformés mais visés culinaires. de l'huile, du sel, du poivre. Trois, ça va être des aliments transformés, consommables, mais qui ne sont pas mauvais pour la santé, qui réunissent les deux premiers. Des sardines en conserve à l'huile d'olive, ça va, on peut les consommer. Et quatre, c'est des aliments ultra transformés. Et pour faire très simple et pas rentrer dans des définitions hyper barbantes, ce sont des aliments qui sont majoritairement conçus pour être hyper appétissants, très palatins. très aguicheur en fait, tu vois, que tu veux consommer. Et une fois que tu en consommes tout le paquet, tu vas en consommer toujours plus. Et si t'as une fois goûté...
- Speaker #1
Genre les chips, quoi.
- Speaker #0
Genre les chips.
- Speaker #1
Tu t'arrêtes pas. Non,
- Speaker #0
j'adore les chips.
- Speaker #1
Les bonbons aussi.
- Speaker #0
Oui, si tu vois, tu passes dans un supermarché, t'as un peu faim, moi, à chaque fois, je vais me dire « Non, pas de chips. » J'avance. On me dit « Oh, merde, vraiment, j'aimerais bien les bonbons, les barres chocolatées, les glaces, les cookies, ce genre de choses. » Donc, ils sont souvent aguicheurs. délicieux, conçus par des génies pour être au summum de ce qu'il y a de plus délicieux à faire, parce qu'ils réunissent des caractéristiques qui sont introuvables dans la nature, très gras, très sucré, en plus un peu salé, avec une texture qui n'existe pas dans la nature, tu vois, un yaourt ultra transformé aux fruits que tu vas donner à tes enfants en pensant que c'est sain. La texture est absolument délicieuse, tu vois. Des chips avec des rib-ulches, comme on dit en magique. Tu vois, c'est croustille, comme ton cerveau, il pense que c'est extrêmement frais et bon, donc il... il en veut plus, tu vois. Souvent, c'est très marketé, coloré, parfois même des jouets pour les enfants dedans, c'est très intelligent. Ils font une scène au supermarché pour encore plus de céréales. Et alors, si tu voulais les faire à la maison, ce serait impossible. A la fois parce qu'ils ont tellement d'ingrédients, mais aussi des ingrédients que tu ne retrouves pas. Et souvent, ils sont majoritairement composés d'aliments, de choses qui ne sont pas des aliments, des extraits d'aliments, dans une... Bar chocolaté dont je ne citerai pas le nom. Tu vas retrouver peut-être des cacahuètes, mais tout le reste, c'est des extraits d'aliments. mis ensemble. Donc, c'est des techniques et des ingrédients qu'on ne retrouve pas avec beaucoup d'additifs. Et alors, ce qui est intéressant, c'est que parfois, on a des additifs qui permettent à l'aliment d'être bon parce qu'en vrai, il est absolument dégueulasse. Tu vois ? Sans doute que des chips, tu vois, ces chips délicieux que tu manges par quatre qui sont en forme de... J'ose que ça croustille encore plus. Tu vois les chips dans le chemin ?
- Speaker #1
Ouais, bien sûr.
- Speaker #0
On a tant envie de les manger par dix.
- Speaker #1
Bien sûr. Crac !
- Speaker #0
Sans doute, c'est tellement mauvais que... Tu sais que moi,
- Speaker #1
dans le one, quand je prends l'avion, je sais qu'en fait, j'ai 24 heures, Enfin, tu vois... ou genre je vais bouffer que dégueulasse, comme tu dis, parce que qu'est-ce qui est à portée de main ? C'est des chips, c'est... Et donc j'essaye, avant de prendre l'avion, où je suis souvent à la bourre, c'est d'aller m'acheter un truc un peu moins, parce que sinon c'est parti pour 12 heures de malbouffe. Et c'est vrai que maintenant, moi j'ai la chance aussi de mon corps, en fait, quand c'est trop transformé, à la seconde où j'ai terminé, c'est... Vraiment, mon corps n'aime pas, j'ai toujours aimé les légumes, je te dis, manger salé, enfin, je sais pas, je pense que j'ai... Je suis une vieille âme et quand je suis née, on m'a dit attention, les trucs transformés. Et de l'autre côté aussi, mes parents m'ont toujours laissé cette liberté. Et donc en fait, je crois aussi que quand tu n'interdis pas, non pas de bar, non pas de céréales et tout, mais moi je n'ai jamais mangé de céréales, parce qu'en fait, on ne me l'a pas non plus interdit. Et donc je pense qu'il faut faire attention.
- Speaker #0
Moi par contre, je le dis et je le répète à chaque interview, je ne suis pas une... bouffeuse de graines de lin germée au cœur de l'huile. Je mange des tout. Et donc, si parfois j'ai envie de manger un paquet de chips, on me vaut trop mon canapé, ça m'arrive. Et je le fais avec un énorme bonheur. D'ailleurs, je déteste quand les gens disent « Oh, je me suis autorisée ! » Non, moi, je ne m'autorise pas. Je profite. Et en fait, il ne faut pas diaboliser. Même ces aliments-là, il ne faut pas les diaboliser. Si quelqu'un écoute cette interview, je regarde la caméra, et comme moi, vous adorez manger du cible de temps en temps. Mais faites-le avec plaisir. Il ne faut pas après essayer de compenser. Non, ça ne sert à rien de compenser ou de se restreindre. Des jours qui suivent, continuez votre vie comme si de rien n'était.
- Speaker #1
Tu as tout à fait raison. Merci mille fois de le rappeler. Et alors, qu'est-ce qui se passe avec le chocolat ? Ce n'est pas possible ?
- Speaker #0
Alors, pour le chocolat et le cadmium. Le problème, c'est que ce nouveau rapport, cette étude, ont montré que 100% des Français sont... contaminés au cadmium. Leurs urines montrent qu'ils ont une charge de cadmium qui se bat dans leur corps. Un adulte sur deux dépasse le seuil toxicologique de référence, le seuil tolérable de sécurité. C'est beaucoup quand même. Pour les moins de 3 ans, c'est, je pense, plus d'un tiers des enfants, 36 ou 37%. C'est énorme. Et pour les enfants, c'est la dose tolérable à manger. et donc c'est un cumulatif toxique donc tu en consommes chaque jour et ça cumule dans ton corps parce qu'il a une demi-vie de 10 à 30 ans c'est énorme, donc c'est quand même très sérieux ce sujet sur le cadmium il faut vraiment que nos politiques agissent pour nous protéger à plein d'égards en termes d'alimentation les personnes qui sont précaires n'ont pas accès à de l'alimentation bio et ça il faut le rappeler, certaines personnes en situation de précarité n'ont pas les outils, la cuisine, qui leur permettent de cuisiner sainement. Donc, tout ce débat récent sur Master Poulet, Testy Crusty, on peut émettre son avis, sans jamais oublier que, si nous avons la possibilité d'avoir accès à des aliments bio, des fruits et légumes, parfois on entend, oui, ça ne coûte pas cher de manger sainement. En fait, le prix par calorie... qu'on extrait de pâtes ou de riz, coûte quand même moins cher que du riz et des légumes et des fruits, etc. Donc, soyons pas trop prétentieux. Voilà, juste... J'imagine qu'aucun politique va écouter ce que je raconte.
- Speaker #1
Bien sûr, il le sera.
- Speaker #0
J'espère quand même. T'as les aliments qui sont très contaminants, le cadmium, comme le chocolat, les abats ou les crustacés, mais ils ne sont pas du tout majoritaires dans notre alimentation. Donc, c'est pas ton carré de chocolat noir une fois tous les trois jours qui fait que tu vas développer un cancer ou souffrir d'ostéoporose. plus tard. C'est le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre. Mais dans l'ordre, c'est produits céréaliers, dont le pain, les pommes de terre. Parce que les Français consomment beaucoup trop de ce type de produits et qu'on a de plus en plus une consommation d'aliments de type bébé. On mange tout blanc, raffiné, et on ne mange pas assez de grains entiers, peu transformés, on ne mange pas assez de légumineuses. Et donc, si on varie, on diversifie ces sources d'aliments. On limite également les risques. Et ce qui est intéressant, c'est vraiment augmenter fortement les légumineuses qui sont très peu contaminées en cadmium. donc les pois chiches, les hantides, les haricots secs, et qui sont également intéressants pour la santé des sols parce qu'ils arrivent à retenir pas mal d'azote.
- Speaker #1
Bref,
- Speaker #0
c'est sympa d'être...
- Speaker #1
Pour connaître son taux de cadmium dans le corps, c'est l'urine ?
- Speaker #0
Un test urinaire, oui.
- Speaker #1
Un test urinaire, non ?
- Speaker #0
Ce n'est pas remboursé pour tout le monde, mais ça peut être remboursé dans des zones, par exemple agricoles, qui posent problème. Et si vous avez un potager et que vous voulez commencer à... En fait, ça... Ça reste dans notre corps pendant 10 à 30 ans. On a demi-vie de cette substance 10 à 30 ans, mais c'est la même chose dans les sols. Donc, imagine, tu as un jardin auquel tu veux faire ton potager. Ça peut être intéressant, en fait, de tester la qualité de tes sols. Parce qu'en fait, même si tu fais du bio...
- Speaker #1
Mais que ton sol est contaminé.
- Speaker #0
Ton sol, en fait, c'est un sol de champs d'agriculture conventionnelle. Oui, t'es niqué, quoi. Désolée d'avoir dit un gros mot.
- Speaker #1
Non, non, c'est important. Espérons évidemment que les politiques t'écoutent, mais surtout, c'est aussi ça ce qu'on va faire, c'est ce relais qu'on peut faire, nous, avec Savo Puissance sur Instagram pour effectivement alerter. On voit aujourd'hui la puissance des réseaux sociaux et la voix VOIE et VOIX qui est donnée à des gens, à des experts comme toi. Donc franchement, moi, je serais ravie de te réaccueillir pour lancer des alertes. Parce que là où je te rejoins, c'est qu'il faut marteler les messages pour qu'on comprenne l'urgence. Là, tu le dis très posément, mais en même temps, c'est l'avenir de nos enfants et de nos tères qui sont en jeu. Et c'est important qu'on se bouge et qu'on prenne des décisions. Et en 2027, en ton cas, il y a plein de choses à mettre en place. Et effectivement, je ne vais pas dire qu'on est inquiets, parce que moi, je suis toujours un peu une optimiste, mais en tout cas, il faut en parler.
- Speaker #0
Je suis quelqu'un d'extrêmement optimiste et joyeux. et j'ai tendance à me dire parfois quand je me prends la tête sur un petit détail bon ça va, nous on était sans doute des bébés tous nourris aux biberons en plastique il y a un moment,
- Speaker #1
il faut respirer et alors je me dis,
- Speaker #0
tout va bien tout le monde va bien, mais en fait tout le monde ne va pas bien nos hôpitaux sont saturés et pour la première fois justement dans ce deuxième livre qui est vraiment que un livre de nutrition, je me suis tellement renseignée sur certains toxiques, j'avoue qu'il y a des moments où j'ai frôlé l'envie de devenir complètement négocée par rapport à mon alimentation. Ça commence à m'inquiéter. Mais je continue à manger de tout avec plaisir.
- Speaker #1
Merci en tout cas mille fois, Émilie, d'être venue témoigner. Tu reviens quand tu veux pour nous parler alimentation et santé optimisée.
- Speaker #0
C'était un plaisir. Merci d'avoir reçu.
- Speaker #1
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