Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre cover
Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre cover
CHAMADE

Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre

Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre

11min |17/05/2024
Play
Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre cover
Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre cover
CHAMADE

Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre

Portrait sonore de Chloé Mugler, artiste-peintre

11min |17/05/2024
Play

Description

🎧 Vous vous apprĂȘtez Ă  Ă©couter un objet sonore inĂ©dit.

Il ne s'agit pas d'un Ă©pisode de CHAMADE.
Pourtant, il n'existerait pas sans mon podcast.


🎹 Bienvenue dans le Portrait sonore de l'artiste-peintre ChloĂ© Mugler.


Le Portrait sonore est un objet sensible, poétique et personnel,

Qui parle de l'artiste Ă  la troisiĂšme personne,

Est nourri de nos Ă©changes, de ses messages cruciaux et de ma perception de son art.


Il est orné de sa voix et de la mienne,

HabillĂ© de fragments sonores glanĂ©s dans son espace de travail et d’un univers musical imaginĂ© rien que pour elle.


Et enfin, le Portrait sonore est empreint de ma fantaisie vagabonde.


J'espĂšre que ce tout premier portrait vous plaira.


đŸ–Œïž DĂ©couvrez le travail de ChloĂ© Mugler sur son site Web et sur son compte Instagram.


đŸ€© Pour en savoir plus sur mes Portraits sonores, c'est ici.

✏ Et si vous voulez suivre les coulisses de la crĂ©ation de mes Portraits, lisez mon Journal de bord !


Bonne Ă©coute !

---


Je suis Marie Girardin LĂ©pine et je fabrique de beaux objets sonores : des podcasts et des Portraits sonores pour des gens qui m'inspirent ou m'Ă©meuvent, dont la dĂ©marche mĂ©rite, Ă  mon sens, d'ĂȘtre mise en valeur.
https://lafantaisievagabonde.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Mes toiles, elles s'imposent comme des Ă©vidences pour moi. Tout d'un coup, j'ai une idĂ©e et je vois la pose ou les couleurs ou le sujet. Et en fait, je me rends compte que ça parle tout le temps de la mĂȘme chose. C'est un peu malgrĂ© moi. Mais c'est parce que c'est des sujets qui m'obsĂšdent, en fait. En tout cas, pour moi, c'est trĂšs joyeux. Il y a quelque chose de vraiment... Oui, c'est ça, en fait, qui m'intĂ©resse. Donc, je creuse lĂ -dedans. Pour le moment, je n'ai pas changĂ©.

  • Speaker #1

    D'abord, ĂȘtre inondĂ©es de couleurs. Elles sont vives, fortes, saturĂ©es, elles assument pleinement le contraste. Le bleu Ă  condition qu'il soit outre-mer. Le violet qui lui Ă©voque le voyage, la plongĂ©e mĂ©taphysique. Le jaune de cadmium, pour le soleil et la gaietĂ©. Le vert Ă©meraude et ses mystĂšres. Et puis des touches de rouge et de rose fuchsia. Les toiles de ChloĂ© Mugler qui m'accueillent et m'enveloppent me saisissent d'abord par leur couleur vibrante, que l'artiste choisit de trĂšs peu nuancĂ©e. Elles sont lĂ , pleines et entiĂšres.

  • Speaker #0

    Moi j'aime ces couleurs, je trouve que ça me fait me sentir vivante, ça me ravit les yeux. J'adore, je trouve que les couleurs c'est joyeux. Et du coup moi la peinture à l'huile, j'ai plongé dedans direct, donc je ne compare pas trop avec les autres. Je suis assez fascinée par cette peinture, j'adore. Il y a un cÎté trÚs physique, trÚs sensuel en fait, que je ne trouve pas dans les autres peintures. C'est marrant parce que pour moi dans la peinture à l'huile il y a du modelage. Déjà tu penses en couches, donc tu as une premiÚre couche avec le tracé. et puis les ombres, les lumiÚres, tout ça. Puis aprÚs, tu montes par couche, en fait, jusqu'à la couleur finale et tout ça. Donc déjà, tu penses un peu en trois dimensions. Et puis aprÚs, il y a ce cÎté vraiment la matiÚre. La peinture à l'huile, c'est crémeux. Il y a vraiment... Il y a quelque chose d'hyper doux, gras. J'adore.

  • Speaker #1

    Pourquoi alors peindre ? Et qu'est-ce que cette peinture ? En peignant, ChloĂ© Mugler nourrit sa flamme intĂ©rieure, transcrit ses visions fugitives et ses obsessions. GrĂące au pinceau et Ă  la peinture Ă  l'huile, parfois au pastel, elle fait jaillir d'elle ses sujets. Dans ses mots, j'entends comme l'acte de peindre est physique, comme son corps est engagĂ©. Elle me confie que lorsqu'elle peint, le temps s'arrĂȘte. La course folle de la vie laisse place au crĂ©meux de l'huile et Ă  l'intensitĂ© du moment. Les couleurs la consolent, la caressent. Elle est heureuse, vivante, honnĂȘte, sans faux-semblants et sans artifices, au plus prĂšs de son Ăąme.

  • Speaker #0

    En fait, si je ne fais pas ça, j'ai l'impression que ma vie est une succession de choses qui s'enchaßnent. Oui, de choses pas forcément répétitives, mais du quotidien. J'ai envie de créer quelque chose d'extérieur à tout ça, d'un peu plus grand.

  • Speaker #1

    Ce que je trouve beau, émouvant dans le travail de Chloé, c'est que si peindre la réconforte, c'est aussi du réconfort qu'elle veut offrir aux autres avec ses toiles, ses talismans.

  • Speaker #0

    J'aime bien l'idée que mes toiles, elles soient quelque part chez nous, et quand on les regarde, en fait, c'est un temps de pause. C'est vraiment, c'est là pour nous rappeler quelque chose d'important. Je regarde ma toile et je me rappelle que, ah oui, j'ai ça, j'ai quelque chose d'important qui brille au fond de moi, et il faut que j'en prenne soin, il faut que je me reconnecte à ça. C'est une façon de s'extraire un peu du monde, de s'extraire de ce chaos quotidien, cette course effrénée, et puis de se dire, voilà, qu'est-ce qui est important. J'aime bien que ça rappelle l'importance de l'instant présent, de vivre à fond le moment, que tout peut changer du jour au lendemain et que tout ça c'est précieux. Moi c'est pas que en regardant les tableaux que je me rappelle de toujours soigner sa petite flamme intérieure, c'est aussi en les faisant. C'est de l'intime, enfin en tout cas c'est trÚs intime, c'est trÚs propre à mon expérience, mais en fait c'est complÚtement universel, je crois.

  • Speaker #1

    Sa série intitulée Les Chercheuses d'Or est un vibrant reflet de cette recherche.

  • Speaker #0

    Les chercheuses d'or, c'est une sĂ©rie que je n'ai pas forcĂ©ment imaginĂ©e Ă  l'origine. C'est parti d'une toile oĂč vraiment j'avais envie d'une femme qui dĂ©couvre un trĂ©sor. Et donc elle sort ce bijou de son petit Ă©crin et elle est un peu Ă©tonnĂ©e en fait. Et c'est aprĂšs que je me suis rendue compte qu'il y avait ce cĂŽtĂ© chercher quelque chose qui est enfoui, qui est cachĂ©, qu'on a un peu oubliĂ©. Et ça faisait Ă©cho Ă  mon parcours en fait de me reconnecter Ă  la crĂ©ation artistique. Et c'est quelque chose qui a toujours Ă©tĂ© lĂ  chez moi et que je ne voyais pas. Ça m'a touchĂ©e en fait, je me suis dit, j'aimerais bien que chacun ouvre les yeux sur ce qui vraiment le caractĂ©rise lui, ce qui le fait vibrer, ce qui est le plus important pour lui. C'est comme ça qu'est nĂ©e la sĂ©rie. Et aprĂšs, j'ai imaginĂ© tout un tas de... Il y en a une autre qui est derriĂšre, tout un tas de poses avec... J'imaginais un peu des Ă©toiles qui sortent de nulle part. Et puis la derniĂšre qui jongle avec ses Ă©toiles. J'ai des envies de toiles qui me viennent, un peu n'importe quand. Comme plein de gens, je pense que j'en oublie. Du coup, j'essaie de les noter dans mon tĂ©lĂ©phone dĂ©sormais. Alors j'aimerais bien, ce serait plus romantique d'avoir un petit carnet et puis de faire un petit croquis Ă  chaque fois, mais en fait, j'y arrive pas. J'ai jamais le carnet, quoi que ce soit. Du coup, je note simplement l'idĂ©e. LĂ , par exemple, je sais que j'ai trois idĂ©es en attente. dont je ne me souviens plus, donc heureusement que je les ai notĂ©s. Et en fait, souvent l'idĂ©e, c'est le sujet et un peu la forme que ça va prendre. Ça vient en mĂȘme temps. On dirait un peu une inspiration divine, quand je dis ça, c'est pas une inspiration divine, je pense que c'est un mĂ©lange de tout ce qui m'a nourrie, de tout d'un coup une Ă©motion que j'ai ressentie, et je me suis dit, tiens, ça rend peinture, j'aimerais bien l'exprimer.

  • Speaker #1

    Vous avez remarqué ? Oui, forcément. Les personnages sur les tableaux de Chloé Mugler sont des femmes, partout des femmes, sauvages, libres, puissantes. Elles crÚvent la toile.

  • Speaker #0

    En fait, souvent, ce que je veux peindre, c'est une idĂ©e ou une Ă©motion, un concept. Ce n'est pas vraiment la femme en soi. Et cette femme, c'est un support de cette idĂ©e. AprĂšs, je pense que je suis trĂšs imprĂ©gnĂ©e d'histoire de l'art. On a toujours eu la mythologie, les allĂ©gories. Donc, il y a quelque chose de cet ordre-lĂ . AprĂšs, j'aime bien l'idĂ©e aussi que c'est des femmes, justement, contrairement Ă  tout ce dont on parle. J'ai Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e dans l'histoire de l'art, c'est des femmes qui sont trĂšs actrices de ce qu'elles font, qui sont fortes, elles sont puissantes. C'est un peu comme des dĂ©esses mais ce seraient toutes des AthĂ©na ou des Diennes. Elles prennent vraiment de la place dans le cadre, c'est le sujet. Et puis, peut-ĂȘtre qu'il y a un cĂŽtĂ© un peu femme sauvage, tu vois, un peu libre, quelque chose de puissant dans la force. En fait, je trouve ça fascinant d'arriver Ă  faire sortir une figure d'une toile blanche. Il y a quelque chose de magique, en fait. Et ça, j'ai essayĂ© de faire un petit peu d'abstrait, mais ça ne me parle pas. L'abstrait, je n'arrive pas Ă  faire ça. Je n'arrive pas Ă  connecter avec mes Ă©motions et Ă  les exprimer de façon purement abstraite. Il y en a qui le font trĂšs bien, mais moi j'ai besoin du support d'une personne, d'un visage humain, des mains, de quelque chose qui... Pour moi, c'est ça qui exprime en fait. Et donc c'est pour ça que je parle de rĂ©alisme, parce qu'il y a cette figure, il y a ce personnage. Et en mĂȘme temps, on est Ă  la limite du rĂ©alisme parce que ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une personne. Ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une femme qui lit un livre, par exemple, ou d'une femme qui sort un bijou de sa boĂźte Ă  bijoux. Comme c'est souvent un peu allĂ©gorique, il y a ce cĂŽtĂ©, cette femme, elle reprĂ©sente autre chose que juste cette scĂšne-lĂ . Et en plus, dans le dĂ©cor et dans le choix des accessoires, ce n'est pas trĂšs rĂ©aliste. C'est un peu fantastique. C'est un peu mystique. J'aime bien quand il y a des symboles. J'aime bien, par exemple, celle-ci. Elle a une cruche avec de l'eau qui le coule entre les mains. Il y a un oiseau qui s'envole. Ça, ce n'est pas rĂ©aliste.

  • Speaker #1

    En Ă©coutant et en observant ChloĂ© Mugler, j'effleure ce fil sur lequel elle avance. Sa peinture est magique, presque mystique, empreinte d'une joie profonde et d'une certaine gravitĂ©. Vous les percevez ? Je me laisse cueillir par ses couleurs magnifiques et me questionne sur les histoires de ces femmes insaisissables. Histoire que l'on devine en pointillĂ©. Les murmureront-elles si l'on se tait ? Elles ne livrent pas facilement leurs secrets. Tant mieux, on y reviendra, n'est-ce pas ? Avant de refermer la porte de son chaleureux atelier, encore un instant, je savoure. Le calme des lieux bienfaisants, les parfums dĂ©licats et discrets de la peinture Ă  l'huile, et puis partout des couleurs. Les rideaux jaunes entourant les deux fenĂȘtres, le parquet marron foncĂ©, la grande bibliothĂšque aux bois miel et aux ouvrages panachĂ©s, un canapĂ© au coussin accueillant qu'elle vient de quitter, la lumiĂšre pĂąle du dehors, et les appliques au mur de gauche qui teintent la piĂšce d'un Ă©clat ensoleillĂ©. Et puis tous ces livres d'art qu'elle a posĂ©s lĂ  pour Ă©voquer ses inspirations. Sorolla, Sargent, Georgia O'Keeffe, Valoton, Maurice Denis, Javlensky, Giovanni Giacometti, Tamara de Lempicka. Dernier bain visuel. pour m'imprĂ©gner de toutes ces toiles alentours. Des rectangles et des carrĂ©s habitĂ©s par des personnages fĂ©minins flamboyants et Ă©nigmatiques. Je repars sur la pointe des pieds, heureuse d'avoir rencontrĂ© ChloĂ© Mugler, celle qui, par l'action de peindre et par les tableaux qu'elle crĂ©e, se connecte Ă  son cƓur qui bat. Vous venez d'Ă©couter le portrait sonore de ChloĂ© Mugler. Cette crĂ©ation est signĂ©e Marie-GĂ©rardin LĂ©pine pour la Fantasy Vagabonde.

Description

🎧 Vous vous apprĂȘtez Ă  Ă©couter un objet sonore inĂ©dit.

Il ne s'agit pas d'un Ă©pisode de CHAMADE.
Pourtant, il n'existerait pas sans mon podcast.


🎹 Bienvenue dans le Portrait sonore de l'artiste-peintre ChloĂ© Mugler.


Le Portrait sonore est un objet sensible, poétique et personnel,

Qui parle de l'artiste Ă  la troisiĂšme personne,

Est nourri de nos Ă©changes, de ses messages cruciaux et de ma perception de son art.


Il est orné de sa voix et de la mienne,

HabillĂ© de fragments sonores glanĂ©s dans son espace de travail et d’un univers musical imaginĂ© rien que pour elle.


Et enfin, le Portrait sonore est empreint de ma fantaisie vagabonde.


J'espĂšre que ce tout premier portrait vous plaira.


đŸ–Œïž DĂ©couvrez le travail de ChloĂ© Mugler sur son site Web et sur son compte Instagram.


đŸ€© Pour en savoir plus sur mes Portraits sonores, c'est ici.

✏ Et si vous voulez suivre les coulisses de la crĂ©ation de mes Portraits, lisez mon Journal de bord !


Bonne Ă©coute !

---


Je suis Marie Girardin LĂ©pine et je fabrique de beaux objets sonores : des podcasts et des Portraits sonores pour des gens qui m'inspirent ou m'Ă©meuvent, dont la dĂ©marche mĂ©rite, Ă  mon sens, d'ĂȘtre mise en valeur.
https://lafantaisievagabonde.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Mes toiles, elles s'imposent comme des Ă©vidences pour moi. Tout d'un coup, j'ai une idĂ©e et je vois la pose ou les couleurs ou le sujet. Et en fait, je me rends compte que ça parle tout le temps de la mĂȘme chose. C'est un peu malgrĂ© moi. Mais c'est parce que c'est des sujets qui m'obsĂšdent, en fait. En tout cas, pour moi, c'est trĂšs joyeux. Il y a quelque chose de vraiment... Oui, c'est ça, en fait, qui m'intĂ©resse. Donc, je creuse lĂ -dedans. Pour le moment, je n'ai pas changĂ©.

  • Speaker #1

    D'abord, ĂȘtre inondĂ©es de couleurs. Elles sont vives, fortes, saturĂ©es, elles assument pleinement le contraste. Le bleu Ă  condition qu'il soit outre-mer. Le violet qui lui Ă©voque le voyage, la plongĂ©e mĂ©taphysique. Le jaune de cadmium, pour le soleil et la gaietĂ©. Le vert Ă©meraude et ses mystĂšres. Et puis des touches de rouge et de rose fuchsia. Les toiles de ChloĂ© Mugler qui m'accueillent et m'enveloppent me saisissent d'abord par leur couleur vibrante, que l'artiste choisit de trĂšs peu nuancĂ©e. Elles sont lĂ , pleines et entiĂšres.

  • Speaker #0

    Moi j'aime ces couleurs, je trouve que ça me fait me sentir vivante, ça me ravit les yeux. J'adore, je trouve que les couleurs c'est joyeux. Et du coup moi la peinture à l'huile, j'ai plongé dedans direct, donc je ne compare pas trop avec les autres. Je suis assez fascinée par cette peinture, j'adore. Il y a un cÎté trÚs physique, trÚs sensuel en fait, que je ne trouve pas dans les autres peintures. C'est marrant parce que pour moi dans la peinture à l'huile il y a du modelage. Déjà tu penses en couches, donc tu as une premiÚre couche avec le tracé. et puis les ombres, les lumiÚres, tout ça. Puis aprÚs, tu montes par couche, en fait, jusqu'à la couleur finale et tout ça. Donc déjà, tu penses un peu en trois dimensions. Et puis aprÚs, il y a ce cÎté vraiment la matiÚre. La peinture à l'huile, c'est crémeux. Il y a vraiment... Il y a quelque chose d'hyper doux, gras. J'adore.

  • Speaker #1

    Pourquoi alors peindre ? Et qu'est-ce que cette peinture ? En peignant, ChloĂ© Mugler nourrit sa flamme intĂ©rieure, transcrit ses visions fugitives et ses obsessions. GrĂące au pinceau et Ă  la peinture Ă  l'huile, parfois au pastel, elle fait jaillir d'elle ses sujets. Dans ses mots, j'entends comme l'acte de peindre est physique, comme son corps est engagĂ©. Elle me confie que lorsqu'elle peint, le temps s'arrĂȘte. La course folle de la vie laisse place au crĂ©meux de l'huile et Ă  l'intensitĂ© du moment. Les couleurs la consolent, la caressent. Elle est heureuse, vivante, honnĂȘte, sans faux-semblants et sans artifices, au plus prĂšs de son Ăąme.

  • Speaker #0

    En fait, si je ne fais pas ça, j'ai l'impression que ma vie est une succession de choses qui s'enchaßnent. Oui, de choses pas forcément répétitives, mais du quotidien. J'ai envie de créer quelque chose d'extérieur à tout ça, d'un peu plus grand.

  • Speaker #1

    Ce que je trouve beau, émouvant dans le travail de Chloé, c'est que si peindre la réconforte, c'est aussi du réconfort qu'elle veut offrir aux autres avec ses toiles, ses talismans.

  • Speaker #0

    J'aime bien l'idée que mes toiles, elles soient quelque part chez nous, et quand on les regarde, en fait, c'est un temps de pause. C'est vraiment, c'est là pour nous rappeler quelque chose d'important. Je regarde ma toile et je me rappelle que, ah oui, j'ai ça, j'ai quelque chose d'important qui brille au fond de moi, et il faut que j'en prenne soin, il faut que je me reconnecte à ça. C'est une façon de s'extraire un peu du monde, de s'extraire de ce chaos quotidien, cette course effrénée, et puis de se dire, voilà, qu'est-ce qui est important. J'aime bien que ça rappelle l'importance de l'instant présent, de vivre à fond le moment, que tout peut changer du jour au lendemain et que tout ça c'est précieux. Moi c'est pas que en regardant les tableaux que je me rappelle de toujours soigner sa petite flamme intérieure, c'est aussi en les faisant. C'est de l'intime, enfin en tout cas c'est trÚs intime, c'est trÚs propre à mon expérience, mais en fait c'est complÚtement universel, je crois.

  • Speaker #1

    Sa série intitulée Les Chercheuses d'Or est un vibrant reflet de cette recherche.

  • Speaker #0

    Les chercheuses d'or, c'est une sĂ©rie que je n'ai pas forcĂ©ment imaginĂ©e Ă  l'origine. C'est parti d'une toile oĂč vraiment j'avais envie d'une femme qui dĂ©couvre un trĂ©sor. Et donc elle sort ce bijou de son petit Ă©crin et elle est un peu Ă©tonnĂ©e en fait. Et c'est aprĂšs que je me suis rendue compte qu'il y avait ce cĂŽtĂ© chercher quelque chose qui est enfoui, qui est cachĂ©, qu'on a un peu oubliĂ©. Et ça faisait Ă©cho Ă  mon parcours en fait de me reconnecter Ă  la crĂ©ation artistique. Et c'est quelque chose qui a toujours Ă©tĂ© lĂ  chez moi et que je ne voyais pas. Ça m'a touchĂ©e en fait, je me suis dit, j'aimerais bien que chacun ouvre les yeux sur ce qui vraiment le caractĂ©rise lui, ce qui le fait vibrer, ce qui est le plus important pour lui. C'est comme ça qu'est nĂ©e la sĂ©rie. Et aprĂšs, j'ai imaginĂ© tout un tas de... Il y en a une autre qui est derriĂšre, tout un tas de poses avec... J'imaginais un peu des Ă©toiles qui sortent de nulle part. Et puis la derniĂšre qui jongle avec ses Ă©toiles. J'ai des envies de toiles qui me viennent, un peu n'importe quand. Comme plein de gens, je pense que j'en oublie. Du coup, j'essaie de les noter dans mon tĂ©lĂ©phone dĂ©sormais. Alors j'aimerais bien, ce serait plus romantique d'avoir un petit carnet et puis de faire un petit croquis Ă  chaque fois, mais en fait, j'y arrive pas. J'ai jamais le carnet, quoi que ce soit. Du coup, je note simplement l'idĂ©e. LĂ , par exemple, je sais que j'ai trois idĂ©es en attente. dont je ne me souviens plus, donc heureusement que je les ai notĂ©s. Et en fait, souvent l'idĂ©e, c'est le sujet et un peu la forme que ça va prendre. Ça vient en mĂȘme temps. On dirait un peu une inspiration divine, quand je dis ça, c'est pas une inspiration divine, je pense que c'est un mĂ©lange de tout ce qui m'a nourrie, de tout d'un coup une Ă©motion que j'ai ressentie, et je me suis dit, tiens, ça rend peinture, j'aimerais bien l'exprimer.

  • Speaker #1

    Vous avez remarqué ? Oui, forcément. Les personnages sur les tableaux de Chloé Mugler sont des femmes, partout des femmes, sauvages, libres, puissantes. Elles crÚvent la toile.

  • Speaker #0

    En fait, souvent, ce que je veux peindre, c'est une idĂ©e ou une Ă©motion, un concept. Ce n'est pas vraiment la femme en soi. Et cette femme, c'est un support de cette idĂ©e. AprĂšs, je pense que je suis trĂšs imprĂ©gnĂ©e d'histoire de l'art. On a toujours eu la mythologie, les allĂ©gories. Donc, il y a quelque chose de cet ordre-lĂ . AprĂšs, j'aime bien l'idĂ©e aussi que c'est des femmes, justement, contrairement Ă  tout ce dont on parle. J'ai Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e dans l'histoire de l'art, c'est des femmes qui sont trĂšs actrices de ce qu'elles font, qui sont fortes, elles sont puissantes. C'est un peu comme des dĂ©esses mais ce seraient toutes des AthĂ©na ou des Diennes. Elles prennent vraiment de la place dans le cadre, c'est le sujet. Et puis, peut-ĂȘtre qu'il y a un cĂŽtĂ© un peu femme sauvage, tu vois, un peu libre, quelque chose de puissant dans la force. En fait, je trouve ça fascinant d'arriver Ă  faire sortir une figure d'une toile blanche. Il y a quelque chose de magique, en fait. Et ça, j'ai essayĂ© de faire un petit peu d'abstrait, mais ça ne me parle pas. L'abstrait, je n'arrive pas Ă  faire ça. Je n'arrive pas Ă  connecter avec mes Ă©motions et Ă  les exprimer de façon purement abstraite. Il y en a qui le font trĂšs bien, mais moi j'ai besoin du support d'une personne, d'un visage humain, des mains, de quelque chose qui... Pour moi, c'est ça qui exprime en fait. Et donc c'est pour ça que je parle de rĂ©alisme, parce qu'il y a cette figure, il y a ce personnage. Et en mĂȘme temps, on est Ă  la limite du rĂ©alisme parce que ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une personne. Ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une femme qui lit un livre, par exemple, ou d'une femme qui sort un bijou de sa boĂźte Ă  bijoux. Comme c'est souvent un peu allĂ©gorique, il y a ce cĂŽtĂ©, cette femme, elle reprĂ©sente autre chose que juste cette scĂšne-lĂ . Et en plus, dans le dĂ©cor et dans le choix des accessoires, ce n'est pas trĂšs rĂ©aliste. C'est un peu fantastique. C'est un peu mystique. J'aime bien quand il y a des symboles. J'aime bien, par exemple, celle-ci. Elle a une cruche avec de l'eau qui le coule entre les mains. Il y a un oiseau qui s'envole. Ça, ce n'est pas rĂ©aliste.

  • Speaker #1

    En Ă©coutant et en observant ChloĂ© Mugler, j'effleure ce fil sur lequel elle avance. Sa peinture est magique, presque mystique, empreinte d'une joie profonde et d'une certaine gravitĂ©. Vous les percevez ? Je me laisse cueillir par ses couleurs magnifiques et me questionne sur les histoires de ces femmes insaisissables. Histoire que l'on devine en pointillĂ©. Les murmureront-elles si l'on se tait ? Elles ne livrent pas facilement leurs secrets. Tant mieux, on y reviendra, n'est-ce pas ? Avant de refermer la porte de son chaleureux atelier, encore un instant, je savoure. Le calme des lieux bienfaisants, les parfums dĂ©licats et discrets de la peinture Ă  l'huile, et puis partout des couleurs. Les rideaux jaunes entourant les deux fenĂȘtres, le parquet marron foncĂ©, la grande bibliothĂšque aux bois miel et aux ouvrages panachĂ©s, un canapĂ© au coussin accueillant qu'elle vient de quitter, la lumiĂšre pĂąle du dehors, et les appliques au mur de gauche qui teintent la piĂšce d'un Ă©clat ensoleillĂ©. Et puis tous ces livres d'art qu'elle a posĂ©s lĂ  pour Ă©voquer ses inspirations. Sorolla, Sargent, Georgia O'Keeffe, Valoton, Maurice Denis, Javlensky, Giovanni Giacometti, Tamara de Lempicka. Dernier bain visuel. pour m'imprĂ©gner de toutes ces toiles alentours. Des rectangles et des carrĂ©s habitĂ©s par des personnages fĂ©minins flamboyants et Ă©nigmatiques. Je repars sur la pointe des pieds, heureuse d'avoir rencontrĂ© ChloĂ© Mugler, celle qui, par l'action de peindre et par les tableaux qu'elle crĂ©e, se connecte Ă  son cƓur qui bat. Vous venez d'Ă©couter le portrait sonore de ChloĂ© Mugler. Cette crĂ©ation est signĂ©e Marie-GĂ©rardin LĂ©pine pour la Fantasy Vagabonde.

Share

Embed

You may also like

Description

🎧 Vous vous apprĂȘtez Ă  Ă©couter un objet sonore inĂ©dit.

Il ne s'agit pas d'un Ă©pisode de CHAMADE.
Pourtant, il n'existerait pas sans mon podcast.


🎹 Bienvenue dans le Portrait sonore de l'artiste-peintre ChloĂ© Mugler.


Le Portrait sonore est un objet sensible, poétique et personnel,

Qui parle de l'artiste Ă  la troisiĂšme personne,

Est nourri de nos Ă©changes, de ses messages cruciaux et de ma perception de son art.


Il est orné de sa voix et de la mienne,

HabillĂ© de fragments sonores glanĂ©s dans son espace de travail et d’un univers musical imaginĂ© rien que pour elle.


Et enfin, le Portrait sonore est empreint de ma fantaisie vagabonde.


J'espĂšre que ce tout premier portrait vous plaira.


đŸ–Œïž DĂ©couvrez le travail de ChloĂ© Mugler sur son site Web et sur son compte Instagram.


đŸ€© Pour en savoir plus sur mes Portraits sonores, c'est ici.

✏ Et si vous voulez suivre les coulisses de la crĂ©ation de mes Portraits, lisez mon Journal de bord !


Bonne Ă©coute !

---


Je suis Marie Girardin LĂ©pine et je fabrique de beaux objets sonores : des podcasts et des Portraits sonores pour des gens qui m'inspirent ou m'Ă©meuvent, dont la dĂ©marche mĂ©rite, Ă  mon sens, d'ĂȘtre mise en valeur.
https://lafantaisievagabonde.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Mes toiles, elles s'imposent comme des Ă©vidences pour moi. Tout d'un coup, j'ai une idĂ©e et je vois la pose ou les couleurs ou le sujet. Et en fait, je me rends compte que ça parle tout le temps de la mĂȘme chose. C'est un peu malgrĂ© moi. Mais c'est parce que c'est des sujets qui m'obsĂšdent, en fait. En tout cas, pour moi, c'est trĂšs joyeux. Il y a quelque chose de vraiment... Oui, c'est ça, en fait, qui m'intĂ©resse. Donc, je creuse lĂ -dedans. Pour le moment, je n'ai pas changĂ©.

  • Speaker #1

    D'abord, ĂȘtre inondĂ©es de couleurs. Elles sont vives, fortes, saturĂ©es, elles assument pleinement le contraste. Le bleu Ă  condition qu'il soit outre-mer. Le violet qui lui Ă©voque le voyage, la plongĂ©e mĂ©taphysique. Le jaune de cadmium, pour le soleil et la gaietĂ©. Le vert Ă©meraude et ses mystĂšres. Et puis des touches de rouge et de rose fuchsia. Les toiles de ChloĂ© Mugler qui m'accueillent et m'enveloppent me saisissent d'abord par leur couleur vibrante, que l'artiste choisit de trĂšs peu nuancĂ©e. Elles sont lĂ , pleines et entiĂšres.

  • Speaker #0

    Moi j'aime ces couleurs, je trouve que ça me fait me sentir vivante, ça me ravit les yeux. J'adore, je trouve que les couleurs c'est joyeux. Et du coup moi la peinture à l'huile, j'ai plongé dedans direct, donc je ne compare pas trop avec les autres. Je suis assez fascinée par cette peinture, j'adore. Il y a un cÎté trÚs physique, trÚs sensuel en fait, que je ne trouve pas dans les autres peintures. C'est marrant parce que pour moi dans la peinture à l'huile il y a du modelage. Déjà tu penses en couches, donc tu as une premiÚre couche avec le tracé. et puis les ombres, les lumiÚres, tout ça. Puis aprÚs, tu montes par couche, en fait, jusqu'à la couleur finale et tout ça. Donc déjà, tu penses un peu en trois dimensions. Et puis aprÚs, il y a ce cÎté vraiment la matiÚre. La peinture à l'huile, c'est crémeux. Il y a vraiment... Il y a quelque chose d'hyper doux, gras. J'adore.

  • Speaker #1

    Pourquoi alors peindre ? Et qu'est-ce que cette peinture ? En peignant, ChloĂ© Mugler nourrit sa flamme intĂ©rieure, transcrit ses visions fugitives et ses obsessions. GrĂące au pinceau et Ă  la peinture Ă  l'huile, parfois au pastel, elle fait jaillir d'elle ses sujets. Dans ses mots, j'entends comme l'acte de peindre est physique, comme son corps est engagĂ©. Elle me confie que lorsqu'elle peint, le temps s'arrĂȘte. La course folle de la vie laisse place au crĂ©meux de l'huile et Ă  l'intensitĂ© du moment. Les couleurs la consolent, la caressent. Elle est heureuse, vivante, honnĂȘte, sans faux-semblants et sans artifices, au plus prĂšs de son Ăąme.

  • Speaker #0

    En fait, si je ne fais pas ça, j'ai l'impression que ma vie est une succession de choses qui s'enchaßnent. Oui, de choses pas forcément répétitives, mais du quotidien. J'ai envie de créer quelque chose d'extérieur à tout ça, d'un peu plus grand.

  • Speaker #1

    Ce que je trouve beau, émouvant dans le travail de Chloé, c'est que si peindre la réconforte, c'est aussi du réconfort qu'elle veut offrir aux autres avec ses toiles, ses talismans.

  • Speaker #0

    J'aime bien l'idée que mes toiles, elles soient quelque part chez nous, et quand on les regarde, en fait, c'est un temps de pause. C'est vraiment, c'est là pour nous rappeler quelque chose d'important. Je regarde ma toile et je me rappelle que, ah oui, j'ai ça, j'ai quelque chose d'important qui brille au fond de moi, et il faut que j'en prenne soin, il faut que je me reconnecte à ça. C'est une façon de s'extraire un peu du monde, de s'extraire de ce chaos quotidien, cette course effrénée, et puis de se dire, voilà, qu'est-ce qui est important. J'aime bien que ça rappelle l'importance de l'instant présent, de vivre à fond le moment, que tout peut changer du jour au lendemain et que tout ça c'est précieux. Moi c'est pas que en regardant les tableaux que je me rappelle de toujours soigner sa petite flamme intérieure, c'est aussi en les faisant. C'est de l'intime, enfin en tout cas c'est trÚs intime, c'est trÚs propre à mon expérience, mais en fait c'est complÚtement universel, je crois.

  • Speaker #1

    Sa série intitulée Les Chercheuses d'Or est un vibrant reflet de cette recherche.

  • Speaker #0

    Les chercheuses d'or, c'est une sĂ©rie que je n'ai pas forcĂ©ment imaginĂ©e Ă  l'origine. C'est parti d'une toile oĂč vraiment j'avais envie d'une femme qui dĂ©couvre un trĂ©sor. Et donc elle sort ce bijou de son petit Ă©crin et elle est un peu Ă©tonnĂ©e en fait. Et c'est aprĂšs que je me suis rendue compte qu'il y avait ce cĂŽtĂ© chercher quelque chose qui est enfoui, qui est cachĂ©, qu'on a un peu oubliĂ©. Et ça faisait Ă©cho Ă  mon parcours en fait de me reconnecter Ă  la crĂ©ation artistique. Et c'est quelque chose qui a toujours Ă©tĂ© lĂ  chez moi et que je ne voyais pas. Ça m'a touchĂ©e en fait, je me suis dit, j'aimerais bien que chacun ouvre les yeux sur ce qui vraiment le caractĂ©rise lui, ce qui le fait vibrer, ce qui est le plus important pour lui. C'est comme ça qu'est nĂ©e la sĂ©rie. Et aprĂšs, j'ai imaginĂ© tout un tas de... Il y en a une autre qui est derriĂšre, tout un tas de poses avec... J'imaginais un peu des Ă©toiles qui sortent de nulle part. Et puis la derniĂšre qui jongle avec ses Ă©toiles. J'ai des envies de toiles qui me viennent, un peu n'importe quand. Comme plein de gens, je pense que j'en oublie. Du coup, j'essaie de les noter dans mon tĂ©lĂ©phone dĂ©sormais. Alors j'aimerais bien, ce serait plus romantique d'avoir un petit carnet et puis de faire un petit croquis Ă  chaque fois, mais en fait, j'y arrive pas. J'ai jamais le carnet, quoi que ce soit. Du coup, je note simplement l'idĂ©e. LĂ , par exemple, je sais que j'ai trois idĂ©es en attente. dont je ne me souviens plus, donc heureusement que je les ai notĂ©s. Et en fait, souvent l'idĂ©e, c'est le sujet et un peu la forme que ça va prendre. Ça vient en mĂȘme temps. On dirait un peu une inspiration divine, quand je dis ça, c'est pas une inspiration divine, je pense que c'est un mĂ©lange de tout ce qui m'a nourrie, de tout d'un coup une Ă©motion que j'ai ressentie, et je me suis dit, tiens, ça rend peinture, j'aimerais bien l'exprimer.

  • Speaker #1

    Vous avez remarqué ? Oui, forcément. Les personnages sur les tableaux de Chloé Mugler sont des femmes, partout des femmes, sauvages, libres, puissantes. Elles crÚvent la toile.

  • Speaker #0

    En fait, souvent, ce que je veux peindre, c'est une idĂ©e ou une Ă©motion, un concept. Ce n'est pas vraiment la femme en soi. Et cette femme, c'est un support de cette idĂ©e. AprĂšs, je pense que je suis trĂšs imprĂ©gnĂ©e d'histoire de l'art. On a toujours eu la mythologie, les allĂ©gories. Donc, il y a quelque chose de cet ordre-lĂ . AprĂšs, j'aime bien l'idĂ©e aussi que c'est des femmes, justement, contrairement Ă  tout ce dont on parle. J'ai Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e dans l'histoire de l'art, c'est des femmes qui sont trĂšs actrices de ce qu'elles font, qui sont fortes, elles sont puissantes. C'est un peu comme des dĂ©esses mais ce seraient toutes des AthĂ©na ou des Diennes. Elles prennent vraiment de la place dans le cadre, c'est le sujet. Et puis, peut-ĂȘtre qu'il y a un cĂŽtĂ© un peu femme sauvage, tu vois, un peu libre, quelque chose de puissant dans la force. En fait, je trouve ça fascinant d'arriver Ă  faire sortir une figure d'une toile blanche. Il y a quelque chose de magique, en fait. Et ça, j'ai essayĂ© de faire un petit peu d'abstrait, mais ça ne me parle pas. L'abstrait, je n'arrive pas Ă  faire ça. Je n'arrive pas Ă  connecter avec mes Ă©motions et Ă  les exprimer de façon purement abstraite. Il y en a qui le font trĂšs bien, mais moi j'ai besoin du support d'une personne, d'un visage humain, des mains, de quelque chose qui... Pour moi, c'est ça qui exprime en fait. Et donc c'est pour ça que je parle de rĂ©alisme, parce qu'il y a cette figure, il y a ce personnage. Et en mĂȘme temps, on est Ă  la limite du rĂ©alisme parce que ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une personne. Ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une femme qui lit un livre, par exemple, ou d'une femme qui sort un bijou de sa boĂźte Ă  bijoux. Comme c'est souvent un peu allĂ©gorique, il y a ce cĂŽtĂ©, cette femme, elle reprĂ©sente autre chose que juste cette scĂšne-lĂ . Et en plus, dans le dĂ©cor et dans le choix des accessoires, ce n'est pas trĂšs rĂ©aliste. C'est un peu fantastique. C'est un peu mystique. J'aime bien quand il y a des symboles. J'aime bien, par exemple, celle-ci. Elle a une cruche avec de l'eau qui le coule entre les mains. Il y a un oiseau qui s'envole. Ça, ce n'est pas rĂ©aliste.

  • Speaker #1

    En Ă©coutant et en observant ChloĂ© Mugler, j'effleure ce fil sur lequel elle avance. Sa peinture est magique, presque mystique, empreinte d'une joie profonde et d'une certaine gravitĂ©. Vous les percevez ? Je me laisse cueillir par ses couleurs magnifiques et me questionne sur les histoires de ces femmes insaisissables. Histoire que l'on devine en pointillĂ©. Les murmureront-elles si l'on se tait ? Elles ne livrent pas facilement leurs secrets. Tant mieux, on y reviendra, n'est-ce pas ? Avant de refermer la porte de son chaleureux atelier, encore un instant, je savoure. Le calme des lieux bienfaisants, les parfums dĂ©licats et discrets de la peinture Ă  l'huile, et puis partout des couleurs. Les rideaux jaunes entourant les deux fenĂȘtres, le parquet marron foncĂ©, la grande bibliothĂšque aux bois miel et aux ouvrages panachĂ©s, un canapĂ© au coussin accueillant qu'elle vient de quitter, la lumiĂšre pĂąle du dehors, et les appliques au mur de gauche qui teintent la piĂšce d'un Ă©clat ensoleillĂ©. Et puis tous ces livres d'art qu'elle a posĂ©s lĂ  pour Ă©voquer ses inspirations. Sorolla, Sargent, Georgia O'Keeffe, Valoton, Maurice Denis, Javlensky, Giovanni Giacometti, Tamara de Lempicka. Dernier bain visuel. pour m'imprĂ©gner de toutes ces toiles alentours. Des rectangles et des carrĂ©s habitĂ©s par des personnages fĂ©minins flamboyants et Ă©nigmatiques. Je repars sur la pointe des pieds, heureuse d'avoir rencontrĂ© ChloĂ© Mugler, celle qui, par l'action de peindre et par les tableaux qu'elle crĂ©e, se connecte Ă  son cƓur qui bat. Vous venez d'Ă©couter le portrait sonore de ChloĂ© Mugler. Cette crĂ©ation est signĂ©e Marie-GĂ©rardin LĂ©pine pour la Fantasy Vagabonde.

Description

🎧 Vous vous apprĂȘtez Ă  Ă©couter un objet sonore inĂ©dit.

Il ne s'agit pas d'un Ă©pisode de CHAMADE.
Pourtant, il n'existerait pas sans mon podcast.


🎹 Bienvenue dans le Portrait sonore de l'artiste-peintre ChloĂ© Mugler.


Le Portrait sonore est un objet sensible, poétique et personnel,

Qui parle de l'artiste Ă  la troisiĂšme personne,

Est nourri de nos Ă©changes, de ses messages cruciaux et de ma perception de son art.


Il est orné de sa voix et de la mienne,

HabillĂ© de fragments sonores glanĂ©s dans son espace de travail et d’un univers musical imaginĂ© rien que pour elle.


Et enfin, le Portrait sonore est empreint de ma fantaisie vagabonde.


J'espĂšre que ce tout premier portrait vous plaira.


đŸ–Œïž DĂ©couvrez le travail de ChloĂ© Mugler sur son site Web et sur son compte Instagram.


đŸ€© Pour en savoir plus sur mes Portraits sonores, c'est ici.

✏ Et si vous voulez suivre les coulisses de la crĂ©ation de mes Portraits, lisez mon Journal de bord !


Bonne Ă©coute !

---


Je suis Marie Girardin LĂ©pine et je fabrique de beaux objets sonores : des podcasts et des Portraits sonores pour des gens qui m'inspirent ou m'Ă©meuvent, dont la dĂ©marche mĂ©rite, Ă  mon sens, d'ĂȘtre mise en valeur.
https://lafantaisievagabonde.com


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Mes toiles, elles s'imposent comme des Ă©vidences pour moi. Tout d'un coup, j'ai une idĂ©e et je vois la pose ou les couleurs ou le sujet. Et en fait, je me rends compte que ça parle tout le temps de la mĂȘme chose. C'est un peu malgrĂ© moi. Mais c'est parce que c'est des sujets qui m'obsĂšdent, en fait. En tout cas, pour moi, c'est trĂšs joyeux. Il y a quelque chose de vraiment... Oui, c'est ça, en fait, qui m'intĂ©resse. Donc, je creuse lĂ -dedans. Pour le moment, je n'ai pas changĂ©.

  • Speaker #1

    D'abord, ĂȘtre inondĂ©es de couleurs. Elles sont vives, fortes, saturĂ©es, elles assument pleinement le contraste. Le bleu Ă  condition qu'il soit outre-mer. Le violet qui lui Ă©voque le voyage, la plongĂ©e mĂ©taphysique. Le jaune de cadmium, pour le soleil et la gaietĂ©. Le vert Ă©meraude et ses mystĂšres. Et puis des touches de rouge et de rose fuchsia. Les toiles de ChloĂ© Mugler qui m'accueillent et m'enveloppent me saisissent d'abord par leur couleur vibrante, que l'artiste choisit de trĂšs peu nuancĂ©e. Elles sont lĂ , pleines et entiĂšres.

  • Speaker #0

    Moi j'aime ces couleurs, je trouve que ça me fait me sentir vivante, ça me ravit les yeux. J'adore, je trouve que les couleurs c'est joyeux. Et du coup moi la peinture à l'huile, j'ai plongé dedans direct, donc je ne compare pas trop avec les autres. Je suis assez fascinée par cette peinture, j'adore. Il y a un cÎté trÚs physique, trÚs sensuel en fait, que je ne trouve pas dans les autres peintures. C'est marrant parce que pour moi dans la peinture à l'huile il y a du modelage. Déjà tu penses en couches, donc tu as une premiÚre couche avec le tracé. et puis les ombres, les lumiÚres, tout ça. Puis aprÚs, tu montes par couche, en fait, jusqu'à la couleur finale et tout ça. Donc déjà, tu penses un peu en trois dimensions. Et puis aprÚs, il y a ce cÎté vraiment la matiÚre. La peinture à l'huile, c'est crémeux. Il y a vraiment... Il y a quelque chose d'hyper doux, gras. J'adore.

  • Speaker #1

    Pourquoi alors peindre ? Et qu'est-ce que cette peinture ? En peignant, ChloĂ© Mugler nourrit sa flamme intĂ©rieure, transcrit ses visions fugitives et ses obsessions. GrĂące au pinceau et Ă  la peinture Ă  l'huile, parfois au pastel, elle fait jaillir d'elle ses sujets. Dans ses mots, j'entends comme l'acte de peindre est physique, comme son corps est engagĂ©. Elle me confie que lorsqu'elle peint, le temps s'arrĂȘte. La course folle de la vie laisse place au crĂ©meux de l'huile et Ă  l'intensitĂ© du moment. Les couleurs la consolent, la caressent. Elle est heureuse, vivante, honnĂȘte, sans faux-semblants et sans artifices, au plus prĂšs de son Ăąme.

  • Speaker #0

    En fait, si je ne fais pas ça, j'ai l'impression que ma vie est une succession de choses qui s'enchaßnent. Oui, de choses pas forcément répétitives, mais du quotidien. J'ai envie de créer quelque chose d'extérieur à tout ça, d'un peu plus grand.

  • Speaker #1

    Ce que je trouve beau, émouvant dans le travail de Chloé, c'est que si peindre la réconforte, c'est aussi du réconfort qu'elle veut offrir aux autres avec ses toiles, ses talismans.

  • Speaker #0

    J'aime bien l'idée que mes toiles, elles soient quelque part chez nous, et quand on les regarde, en fait, c'est un temps de pause. C'est vraiment, c'est là pour nous rappeler quelque chose d'important. Je regarde ma toile et je me rappelle que, ah oui, j'ai ça, j'ai quelque chose d'important qui brille au fond de moi, et il faut que j'en prenne soin, il faut que je me reconnecte à ça. C'est une façon de s'extraire un peu du monde, de s'extraire de ce chaos quotidien, cette course effrénée, et puis de se dire, voilà, qu'est-ce qui est important. J'aime bien que ça rappelle l'importance de l'instant présent, de vivre à fond le moment, que tout peut changer du jour au lendemain et que tout ça c'est précieux. Moi c'est pas que en regardant les tableaux que je me rappelle de toujours soigner sa petite flamme intérieure, c'est aussi en les faisant. C'est de l'intime, enfin en tout cas c'est trÚs intime, c'est trÚs propre à mon expérience, mais en fait c'est complÚtement universel, je crois.

  • Speaker #1

    Sa série intitulée Les Chercheuses d'Or est un vibrant reflet de cette recherche.

  • Speaker #0

    Les chercheuses d'or, c'est une sĂ©rie que je n'ai pas forcĂ©ment imaginĂ©e Ă  l'origine. C'est parti d'une toile oĂč vraiment j'avais envie d'une femme qui dĂ©couvre un trĂ©sor. Et donc elle sort ce bijou de son petit Ă©crin et elle est un peu Ă©tonnĂ©e en fait. Et c'est aprĂšs que je me suis rendue compte qu'il y avait ce cĂŽtĂ© chercher quelque chose qui est enfoui, qui est cachĂ©, qu'on a un peu oubliĂ©. Et ça faisait Ă©cho Ă  mon parcours en fait de me reconnecter Ă  la crĂ©ation artistique. Et c'est quelque chose qui a toujours Ă©tĂ© lĂ  chez moi et que je ne voyais pas. Ça m'a touchĂ©e en fait, je me suis dit, j'aimerais bien que chacun ouvre les yeux sur ce qui vraiment le caractĂ©rise lui, ce qui le fait vibrer, ce qui est le plus important pour lui. C'est comme ça qu'est nĂ©e la sĂ©rie. Et aprĂšs, j'ai imaginĂ© tout un tas de... Il y en a une autre qui est derriĂšre, tout un tas de poses avec... J'imaginais un peu des Ă©toiles qui sortent de nulle part. Et puis la derniĂšre qui jongle avec ses Ă©toiles. J'ai des envies de toiles qui me viennent, un peu n'importe quand. Comme plein de gens, je pense que j'en oublie. Du coup, j'essaie de les noter dans mon tĂ©lĂ©phone dĂ©sormais. Alors j'aimerais bien, ce serait plus romantique d'avoir un petit carnet et puis de faire un petit croquis Ă  chaque fois, mais en fait, j'y arrive pas. J'ai jamais le carnet, quoi que ce soit. Du coup, je note simplement l'idĂ©e. LĂ , par exemple, je sais que j'ai trois idĂ©es en attente. dont je ne me souviens plus, donc heureusement que je les ai notĂ©s. Et en fait, souvent l'idĂ©e, c'est le sujet et un peu la forme que ça va prendre. Ça vient en mĂȘme temps. On dirait un peu une inspiration divine, quand je dis ça, c'est pas une inspiration divine, je pense que c'est un mĂ©lange de tout ce qui m'a nourrie, de tout d'un coup une Ă©motion que j'ai ressentie, et je me suis dit, tiens, ça rend peinture, j'aimerais bien l'exprimer.

  • Speaker #1

    Vous avez remarqué ? Oui, forcément. Les personnages sur les tableaux de Chloé Mugler sont des femmes, partout des femmes, sauvages, libres, puissantes. Elles crÚvent la toile.

  • Speaker #0

    En fait, souvent, ce que je veux peindre, c'est une idĂ©e ou une Ă©motion, un concept. Ce n'est pas vraiment la femme en soi. Et cette femme, c'est un support de cette idĂ©e. AprĂšs, je pense que je suis trĂšs imprĂ©gnĂ©e d'histoire de l'art. On a toujours eu la mythologie, les allĂ©gories. Donc, il y a quelque chose de cet ordre-lĂ . AprĂšs, j'aime bien l'idĂ©e aussi que c'est des femmes, justement, contrairement Ă  tout ce dont on parle. J'ai Ă©tĂ© imprĂ©gnĂ©e dans l'histoire de l'art, c'est des femmes qui sont trĂšs actrices de ce qu'elles font, qui sont fortes, elles sont puissantes. C'est un peu comme des dĂ©esses mais ce seraient toutes des AthĂ©na ou des Diennes. Elles prennent vraiment de la place dans le cadre, c'est le sujet. Et puis, peut-ĂȘtre qu'il y a un cĂŽtĂ© un peu femme sauvage, tu vois, un peu libre, quelque chose de puissant dans la force. En fait, je trouve ça fascinant d'arriver Ă  faire sortir une figure d'une toile blanche. Il y a quelque chose de magique, en fait. Et ça, j'ai essayĂ© de faire un petit peu d'abstrait, mais ça ne me parle pas. L'abstrait, je n'arrive pas Ă  faire ça. Je n'arrive pas Ă  connecter avec mes Ă©motions et Ă  les exprimer de façon purement abstraite. Il y en a qui le font trĂšs bien, mais moi j'ai besoin du support d'une personne, d'un visage humain, des mains, de quelque chose qui... Pour moi, c'est ça qui exprime en fait. Et donc c'est pour ça que je parle de rĂ©alisme, parce qu'il y a cette figure, il y a ce personnage. Et en mĂȘme temps, on est Ă  la limite du rĂ©alisme parce que ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une personne. Ce n'est pas juste une reprĂ©sentation d'une femme qui lit un livre, par exemple, ou d'une femme qui sort un bijou de sa boĂźte Ă  bijoux. Comme c'est souvent un peu allĂ©gorique, il y a ce cĂŽtĂ©, cette femme, elle reprĂ©sente autre chose que juste cette scĂšne-lĂ . Et en plus, dans le dĂ©cor et dans le choix des accessoires, ce n'est pas trĂšs rĂ©aliste. C'est un peu fantastique. C'est un peu mystique. J'aime bien quand il y a des symboles. J'aime bien, par exemple, celle-ci. Elle a une cruche avec de l'eau qui le coule entre les mains. Il y a un oiseau qui s'envole. Ça, ce n'est pas rĂ©aliste.

  • Speaker #1

    En Ă©coutant et en observant ChloĂ© Mugler, j'effleure ce fil sur lequel elle avance. Sa peinture est magique, presque mystique, empreinte d'une joie profonde et d'une certaine gravitĂ©. Vous les percevez ? Je me laisse cueillir par ses couleurs magnifiques et me questionne sur les histoires de ces femmes insaisissables. Histoire que l'on devine en pointillĂ©. Les murmureront-elles si l'on se tait ? Elles ne livrent pas facilement leurs secrets. Tant mieux, on y reviendra, n'est-ce pas ? Avant de refermer la porte de son chaleureux atelier, encore un instant, je savoure. Le calme des lieux bienfaisants, les parfums dĂ©licats et discrets de la peinture Ă  l'huile, et puis partout des couleurs. Les rideaux jaunes entourant les deux fenĂȘtres, le parquet marron foncĂ©, la grande bibliothĂšque aux bois miel et aux ouvrages panachĂ©s, un canapĂ© au coussin accueillant qu'elle vient de quitter, la lumiĂšre pĂąle du dehors, et les appliques au mur de gauche qui teintent la piĂšce d'un Ă©clat ensoleillĂ©. Et puis tous ces livres d'art qu'elle a posĂ©s lĂ  pour Ă©voquer ses inspirations. Sorolla, Sargent, Georgia O'Keeffe, Valoton, Maurice Denis, Javlensky, Giovanni Giacometti, Tamara de Lempicka. Dernier bain visuel. pour m'imprĂ©gner de toutes ces toiles alentours. Des rectangles et des carrĂ©s habitĂ©s par des personnages fĂ©minins flamboyants et Ă©nigmatiques. Je repars sur la pointe des pieds, heureuse d'avoir rencontrĂ© ChloĂ© Mugler, celle qui, par l'action de peindre et par les tableaux qu'elle crĂ©e, se connecte Ă  son cƓur qui bat. Vous venez d'Ă©couter le portrait sonore de ChloĂ© Mugler. Cette crĂ©ation est signĂ©e Marie-GĂ©rardin LĂ©pine pour la Fantasy Vagabonde.

Share

Embed

You may also like