- Speaker #0
Comme on dit à Lyon, tous nos plats, ils sont gourmands.
- Speaker #1
C'est la capitaine de la gueule. J'en fais du meilleur. Lyon, Lyon, Lyon, c'est la plus heureuse. C'est la meilleure du monde.
- Speaker #2
Après, il y a tout ça que l'on aime, c'est la femme du jour et du soir.
- Speaker #0
La cuisine française, c'est d'abord du produit.
- Speaker #1
Hop là, j'ai appuyé. Ça y est, on est parti. Est-ce que tu te sens bien ?
- Speaker #2
Très bien.
- Speaker #1
Tu es bien installée ?
- Speaker #2
Très bien installée.
- Speaker #1
Tu es prête à papoter avec moi ?
- Speaker #2
Je suis prête, ravie.
- Speaker #1
Génial. Alors, je suis très heureuse de t'accueillir, Fanny. Pour la petite histoire, ça fait bien plus d'un an qu'on s'était envoyé des messages. Je te voulais déjà sur Cherbon et tu te lançais pile poil dans ta nouvelle aventure. Donc, on s'était dit que c'était chouette que tu fasses un petit peu ton chemin tranquillement et qu'après, tu viennes nous faire un retour d'expérience de tout ça. Exactement,
- Speaker #2
oui.
- Speaker #1
Et donc on est presque un an plus d'un an plus tard. La FET, t'es un an d'entrepreneuriat.
- Speaker #2
Oui, au début du mois d'octobre. Et je crois que tu m'as contactée la même semaine pour me faire une petite figure de rappel et pour qu'on fasse l'échange toutes les deux. Donc tu ne m'avais pas oublié, c'est cool.
- Speaker #1
Je suis trop contente parce que j'ai hâte d'en savoir plus déjà sur ton parcours. Comment tu as déjà voulu devenir chef ? Tes expériences, si tu as bougé un petit peu, voyagé ? Et surtout, moi, ce qui m'intéresse beaucoup, c'est justement cette nouvelle aventure, ce challenge que tu t'es lancé il y a plus d'un an en devenant chef indépendante. Si tu peux te présenter avec tes mots.
- Speaker #2
Je suis Fanny Duranton, actuellement chef indépendante. Je me suis mise à mon compte au 1er octobre 2024. Mais moi, ça fait 12 ans que je fais de la restauration. Donc aujourd'hui, j'en ai 32, donc j'ai attaqué entre guillemets un peu sur le tard parce que j'ai commencé quand j'avais 20 ans. Je n'étais pas tout à fait destinée à ce métier-là de base.
- Speaker #1
Tu es destinée à quoi alors ?
- Speaker #2
Alors moi, j'ai passé un bac littéraire de base. J'ai toujours adoré écrire, j'ai toujours adoré lire et j'ai surtout toujours adoré voyager. Et l'idée que j'avais, c'était... de devenir reporter, de pouvoir voyager un maximum et puis couvrir un petit peu différents événements. Je voulais écrire, je voulais combiner un peu tout ça. Donc j'ai passé un bac que j'ai eu et puis ça ne s'est pas vraiment passé comme je le voulais derrière. Je me suis retrouvée un petit peu l'année après le bac à ne pas trop savoir ce que je voulais faire. J'ai fait de l'intérim. Pas dingue comme boulot, j'ai travaillé dans des usines, etc. Et à la fin de l'année, j'ai essayé de me réorienter, je trouvais rien qui me convenait, mais je ne voulais pas refaire une année comme ça. Et comme j'avais très envie de voyager, et que j'ai toujours aimé cuisiner à la maison, je me suis dit, bon ben, je vais essayer de me former, je vais faire une année, ça ne sera jamais perdu. Et puis c'est surtout qu'avec la cuisine, je savais que si je voulais voyager, je pourrais travailler un peu partout. Donc c'est ce que j'ai fait. J'avais déjà mon bac, donc j'ai fait une année de CAP en accéléré, en formation adulte. Je pense que je suis très bien tombée parce que je suis tombée dans un petit restaurant à côté de chez moi. Je ne viens pas de Lyon, je ne le dis pas très fort, mais je suis plus du côté de Saint-Etienne.
- Speaker #1
On accepte tout le monde ici.
- Speaker #2
Je ne sais pas, j'espère que ça ne fera pas baisser ton audience. Mais j'ai grandi près de Saint-Etienne. Moi, je suis d'une famille de commerçants. Mon grand-père maternel était boulanger. Ma mère et ma soeur sont toutes les deux fleuristes. Ma soeur a sa boutique depuis des années. Mon autre soeur a travaillé dans la couture pendant longtemps. Donc on a toujours eu un truc, mon oncle était chef aussi. On a toujours eu quelque chose avec le travail avec les mains, le relationnel avec les clients. Donc moi c'était quelque chose qui me parlait. Et donc j'ai fait une première année pour me former dans un restaurant assez traditionnel à côté de chez moi. Et en fait, c'était idéal pour me donner le goût du métier. C'était monsieur en cuisine, madame en salle, ils vivaient au-dessus, les gamins qui couraient dans la cuisine. Moi, j'ai adoré l'ambiance quasiment tout de suite. Et finalement, en fait, j'en suis quasiment jamais repartie. À la fin de cette année-là, j'avais des idées assez arrêtées vu que j'avais commencé sur un modèle assez traditionnel. Je n'avais pas envie de faire des grosses maisons. Je n'avais pas envie. Pourquoi ? Parce que ce n'était pas forcément quelque chose qui m'attirait sur le coup. La première année, j'aimais la cuisine simple. C'était un restaurant traditionnel, un petit restaurant. Mais on faisait tout maison, on faisait notre pain aussi, on faisait tout. C'était super pour apprendre, c'était génial. Et en fait, à la fin de l'année, j'ai passé mon examen. Et le prof qui m'a surveillée, Il m'a dit, écoute, j'ai l'impression que tu t'en sors très bien. En plus, forcément, j'étais plus âgée que les autres qui passaient leur CAP. Et il m'a dit, j'ai un de mes anciens élèves qui est aujourd'hui chef exécutif chez Anne-Sophie Pic. Il cherche un bébé pour l'année prochaine. Est-ce que tu veux y aller ? Moi, j'avais 20 ans, 21 ans. J'avais jamais quitté. J'étais toujours chez mes parents. Là, on me proposait de partir à Valence. Une nouvelle expérience. Je me suis dit, pourquoi pas ? Après tout, c'était une grosse maison. Mais finalement, je suis revenue un peu sur mes principes. Et donc je suis partie chez PIC à Valence, où je suis restée finalement presque trois ans, parce que j'ai fait mes deux années de brevet professionnel. Donc j'ai fait une première année où ça fonctionne toujours un peu comme ça chez PIC. En tout cas, à mon époque, c'était ça. La première année, on est plutôt au bistrot, et l'année suivante, on est plutôt au restaurant gastronomique. Comme ça, ça permet de tout voir. Et en fait... J'ai adoré l'ambiance. Ça n'a strictement rien à voir. C'était très dur. Quand j'en parle aujourd'hui, j'ai souvent l'habitude de dire que mon expérience chez Epic, en tout cas d'un point de vue professionnel, c'était la plus belle et la plus dure en même temps. Parce que forcément, c'est des horaires qui sont compliqués. C'est une pression énorme parce qu'on est quand même dans une maison à trois étoiles, qu'il y a un nom à respecter. qu'il y a une rigueur énorme à avoir. Mais en fait, sur place, on apprend des choses absolument incroyables. Moi, je pense que je n'en serais pas aujourd'hui si je n'avais pas eu la possibilité d'avoir cette expérience-là. Et je me suis éclatée, j'ai rencontré des gens. Il y a plein de personnes avec qui je suis restée en contact de cette période. On passe tellement de temps ensemble. On vit tellement de choses ensemble que finalement on crée un peu une famille. Puis on travaille vraiment beaucoup, on passe vraiment énormément de temps ensemble. Donc j'ai fait mes deux années de BP et à la fin de ces deux années, ça j'avoue, c'est une petite fierté. Mais la chef m'a demandé de rester un peu plus parce que j'avais prévu de ne pas rester.
- Speaker #1
Tu peux être fière.
- Speaker #2
J'avoue, c'est une petite fierté. Il faut dire que ça c'est un gros avantage, le fait d'avoir travaillé pour une femme. Je me suis, je pense, sentie à ma place dans ce métier et surtout dans une grosse maison. Je ne pense pas que c'est le cas de tous les restaurants étoilés. Là, on est mis en valeur, on est poussé pour vraiment se faire confiance. On est vraiment au même niveau que les hommes. Je pense que ce n'est pas le cas de partout. Donc, j'ai déjà commencé avec un petit plus.
- Speaker #1
Ça te permet aussi peut-être de te visualiser à sa place, là où c'est peut-être moins évident si c'est un homme. Après, j'imagine qu'il y en a qui sont aussi très ouverts et qui mettent les hommes et les femmes sur le même plan. Mais en tant que femme, tu peux plus te retrouver en elle, peut-être.
- Speaker #2
Oui, exactement. Oui, c'est ça. Et puis, elle nous protège. Mine de rien, elle nous protège un petit peu. Je pense que... Je pense qu'elle a tout à fait conscience aussi de l'inégalité qui existe dans notre métier. On pourra en reparler plus tard.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #2
Mais du coup, elle essaie vraiment de mettre en valeur la touche qu'une femme peut apporter aussi dans son travail. Et ça, pour moi, ça a été un gros plus pour la suite de ma carrière. Et par rapport à mon CV et par rapport à l'éducation culinaire.
- Speaker #1
Trop génial.
- Speaker #2
Donc, j'ai fait deux ans et demi là-bas.
- Speaker #1
Et juste à un moment, elle t'a demandé de rester ?
- Speaker #2
Elle m'a demandé de rester. Toi,
- Speaker #1
tu voulais faire quoi ?
- Speaker #2
Moi, je m'étais dit, envie de voyage, forcément. Tu verras, ça reviendra plus ou moins au fil de mon parcours. Moi, je m'étais dit, je vais faire mes deux ans de brevet professionnel là-bas. Et ensuite, j'ai envie de voyager. Je voulais partir en Australie. Donc quasiment à la fin des deux années, je leur ai dit que j'aimerais partir. Et c'est à ce moment-là que la chef m'a dit qu'il y avait du potentiel, qu'il fallait que je reste un petit peu. Donc j'ai fait pas tout à fait un an de plus, mais je suis presque restée un an de plus au gastro. Donc ça, c'est quand même assez dingue aussi, parce que j'avais trois ans d'expérience en cuisine et j'ai eu un poste au gastro où je gérais quand même une partie des envois. Donc c'était hyper valorisant pour moi. Je ne pouvais pas partir comme ça, quelques mois en plus, ça ne me coûtait pas grand-chose. Mais finalement, l'envie de bouger m'a un peu rattrapée et donc j'ai quand même fini par partir. Alors après, je ne te dirai pas, ne me demande pas les années parce que j'ai un rapport au temps des fois qui est un peu... Donc j'ai décidé de partir, je suis rentrée chez mes parents pendant quelques mois. J'ai eu quelques expériences supplémentaires en restauration, un petit peu aussi pour mettre les sous de côté. Et je suis partie en 2016 pour pratiquement un an en Australie où j'ai travaillé là-bas. Donc j'étais à Perth les premiers mois. J'ai travaillé pendant presque six mois sur place. Donc ça paraît hyper intéressant, ce ne sont pas les mêmes produits, ce n'est pas la même façon de travailler. Je pense qu'on a... J'étais avec mon copain de l'époque et lui était chef aussi. Et je pense qu'on a eu la chance de tomber sur un restaurant en Australie. Si tu veux, ils n'ont pas la même... Comment je peux dire ? Ils n'ont pas le même rapport à la restauration que nous. Nous, en France, on a vraiment cette culture d'aller au restaurant, de s'asseoir, de traîner au resto, de vraiment s'attendre à... Un entrée, plat, dessert, d'avoir une bouteille de vin, de vraiment profiter de ce moment-là. En Australie, à cette époque, j'ai moins retrouvé cette culture-là. Il y a énormément de restaurations rapides. Il faut que ça aille vite. Voilà, c'est ça. C'est exactement ça. Et les restaurants qui sont un petit peu plus haut de gamme, souvent, ça va être des bars à vin avec des petites assiettes. Il n'y a vraiment pas le même rapport. Et nous, on avait quand même réussi à trouver à cette époque. Un resto qui se rapprochait un petit peu de ce qu'on avait l'habitude de voir, mais avec des recettes complètement différentes. C'est à ce moment-là que j'ai commencé à découvrir la fermentation. On était tombé sur un chef qui était super, qui était assez moderne, fan de la cuisine nordique. Il y a beaucoup de fermentation, beaucoup de séchage, beaucoup de choses, beaucoup de marinade. Donc déjà, ça a commencé à développer un petit peu. ma créativité là-dessus. J'ai quand même passé quelques mois à voyager. Donc je rentre d'Australie. Je suis rentrée pour des raisons personnelles assez compliquées. Donc je n'ai pas eu envie tout de suite de me remettre dans la restauration. Je n'avais pas forcément l'énergie pour. J'ai essayé de chercher un modèle un petit peu différent. Et finalement, j'ai travaillé pour un traiteur. Première expérience de traiteur. J'ai travaillé pour Céga Astronomie à Lyon. Baptiste ne va pas être content que je dise ça, parce que c'est un peu concurrent. Mais j'ai travaillé pour eux pendant quelques mois. C'était hyper enrichissant. C'est gastro, c'est aussi un traiteur qui a le mérite en tout cas de faire beaucoup de choses maison. Moi, c'était un petit peu aussi ce qui m'avait éloignée du traiteur jusqu'à maintenant. Et puis finalement, là, du coup, c'était très enrichissant. On apprend à faire des quantités monstrueuses par rapport à ce qu'on fait en resto. Quand t'es en resto, déjà, t'as l'impression... de faire d'énormes quantités. Quand tu produis 200 pièces, là, t'en produis 5000. Donc, il faut s'organiser différemment. Mais c'est un rythme différent. Les horaires sont fixes. À l'inverse de la restauration, tu ne les compars pas. Tu sais quand tu repars, à peu près. Mais c'était très, très intéressant. Malheureusement, rapidement, la restauration m'a manqué. Donc, je me suis rapprochée un petit peu. Je suis retournée un petit peu au restaurant plus classique. Et donc je suis arrivée à Lyon, j'ai fait une ouverture de restaurant à Lyon pendant quelques mois. Et après, j'ai eu un paquet d'expériences à Lyon. J'ai fait 7 ouvertures. Après j'ai fait, je ne veux pas le dire dans le mauvais ordre, après j'ai travaillé au Mauvais Zerbe.
- Speaker #1
Ok, oui, j'avais ce nom.
- Speaker #2
C'est un restaurant vegan. J'ai été chef là-bas pendant un an et demi. Ensuite j'ai travaillé chez Mama San, qui n'existe plus aujourd'hui, qui est un restaurant vietnamien.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Ça, c'était génial aussi parce que je travaillais beaucoup. Il n'y a rien de péjoratif, on l'appelait tous comme ça, mais je travaillais beaucoup avec la mère qui nous apportait ses recettes viennes, mais vraiment pure et sûre. Donc, moi, j'ai adoré cette expérience. Et puis, il y a eu ces mots. Donc là, je ne t'apprends rien, parce que c'est peut-être comme ça qu'on s'était rencontrés toutes les deux. Et ces mots, du coup, ça aura été ma dernière expérience avant de me lancer. Je ne refais pas tout le topo pour ceux qui... pour ceux qui connaissent ces mots. Mais je pense que c'est l'expérience aussi qui a un peu fixé mes idées et qui m'a permis aussi de vraiment savoir où je voulais aller avec ma cuisine.
- Speaker #1
Au moment où tu pars en Australie, où tu reviens, où tu as tes expériences, tu as un rêve au fond de toi ? Tu sais ce que tu as envie de faire ? Pourquoi tu fais tout ça ?
- Speaker #2
À ce moment-là, j'avais envie d'avoir mon resto.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #2
Comme je te le disais, je suis d'une famille de commerçants. Ma mère a eu sa boutique pendant 15 ans. Ma sœur a ouvert la sienne à 20 ans. Ça fait quasiment 20 ans qu'elle est ouverte. Donc j'ai toujours eu ce désir d'avoir mon chez-moi aussi. J'ai toujours eu un peu tendance à le faire depuis le début. à beaucoup m'investir dans les restos dans lesquels je crois, dans lesquels j'ai travaillé. Et du coup, je n'arrêtais pas de me dire, en fait, à un moment donné, il va falloir que je m'installe. Et puis, que ça soit à moi, que je sois décisionnaire aussi. Donc, à ce moment-là, en rentrant d'Australie, c'est un peu ce que j'ai en tête. Au final, les choses ont vachement changé depuis. Les choses ont beaucoup évolué. Parce que justement, je suis d'une famille de commerçants, que j'ai une sœur qui a une boutique depuis 20 ans, et que je vois aujourd'hui ce que ça demande d'avoir son affaire, particulièrement dans la restauration. J'ai un profond respect pour les personnes qui m'entourent et toutes les personnes, dont une bonne partie que tu as interviewées d'ailleurs, qui aujourd'hui sont restaurateurs et qui ont leur propre affaire. Moi, je n'ai plus honte de le dire maintenant. Ça n'a pas été le cas pendant longtemps, mais je pense que je n'en avais pas les épaules.
- Speaker #1
C'est honnête.
- Speaker #2
En fait, si tu veux, moi, ce qui m'a fait avoir cette... Il faut quand même savoir que jusqu'à l'expérience de ces mots, j'avais toujours en tête d'avoir mon restaurant.
- Speaker #1
Ouais, ok.
- Speaker #2
Et ce n'est pas ces mots qui m'ont fait changer d'avis. C'est que ça fait 12 ans que je fais ça, que comme je viens de le raconter, j'ai eu beaucoup d'expériences différentes. Je suis très fière de mon parcours parce qu'aujourd'hui, ça a fait la cuisinière que je suis, que je suis ravie d'avoir trouvé mon identité et mon nouveau format de vie dont on parlera après. Mais j'ai aussi changé de rythme de vie parce que j'étais fatiguée de ces 12 années. Je pense que c'est important de le dire aussi, qu'on a le plus beau métier du monde, mais c'est un métier qui est très compliqué, qui demande beaucoup, beaucoup d'énergie, beaucoup de sacrifices. Et aujourd'hui, on est malheureusement, à mon sens, dans une société où, quand tu veux devenir chef d'entreprise, avoir un local, avoir un restaurant, il y a tellement de facteurs qui entrent en jeu que c'est très difficile. Et que, en fait, moi, avec toutes ces années, je me suis rendu compte que... J'avais déjà sacrifié beaucoup de choses et que j'étais pas prête, pas forcément prête à le faire. Donc quand je dis que j'ai pas les épaules, j'aurais clairement pu le faire, mais ça aurait été au dépend de plein d'autres choses que j'avais plus envie de sacrifier. Donc aujourd'hui, oui, je peux le dire assez facilement. Ça n'a pas été le cas pendant longtemps, parce que dans la restauration, t'as aussi quelque chose où on te demande souvent On t'apprend à encaisser sur plein de choses, on t'apprend à être costaud, à jamais dire quand t'es fatigué, à jamais dire quand il y a des choses qui se passent pas forcément bien. Mais j'ai plus tellement envie de le faire. Maintenant j'ai 32 ans, je pense que j'ai plus besoin forcément de... j'ai pas envie de devoir me justifier des choix que je fais. Mais c'est quand même important d'en parler. Je suis très admirative. Et peut-être qu'un jour, je changerai d'avis. Tu vois, j'ai que 32 ans. Après, quand j'ai 35 ans, on en reparlera et je voudrais ouvrir mon resto. Mais je trouve qu'aujourd'hui, en France, on ne te donne pas envie d'ouvrir ton affaire. Oui,
- Speaker #1
c'est clair.
- Speaker #2
Quand j'entends, je ne donnerai absolument aucun nom, mais quand j'entends des gens à Lyon qui ont des restos qui tournent hyper bien et qui, après un, deux ans d'activité, me disent « En fait, ça tourne bien, mais je ne me paye toujours pas. » Comment vous faites ? Qu'est-ce qu'il faut faire pour réussir à s'en sortir et pour réussir à avoir une affaire qui tourne et être pleinement satisfait aussi dans la vie, bien gagner sa vie ? On ne parle pas que de la restauration. Ma sœur, ça fait 20 ans qu'elle fait ça. Quand je vois dans quel état ça la met, j'avoue que ça ne donne pas envie.
- Speaker #1
Ce n'est pas évident. C'est hyper inspirant la façon dont tu vois ça. Je pense que ça va parler à pas mal de monde qui nous écoute. Donc maintenant, j'aimerais qu'on parle de, justement, ton nouveau mode de vie, ta nouvelle profession. Est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ? Et après, on parlera de toute ton organisation, comment tu as réussi à trouver des clients. Ton identité aussi, tu en as parlé. Je te laisse nous raconter ce que tu fais actuellement.
- Speaker #2
J'ai travaillé pendant un an et demi avec Guillaume chez CMO. C'était génial, Guillaume m'a donné beaucoup de responsabilités, j'ai adoré ce rôle-là. Et je vais encore mettre un sujet un peu sensible sur la table, mais après un an et demi, j'ai fait un petit burn-out. Donc je pense que l'accumulation de toutes ces années a été un peu compliquée et j'ai voulu changer de modèle, prendre un peu de temps. J'ai quitté le resto et j'ai réfléchi à quel modèle aujourd'hui je pourrais suivre pour moi me sentir vraiment continuer sûrement à faire ce que je fais et puis moi me sentir plus en phase avec un rythme plus adapté. Très honnêtement, j'ai même hésité à quitter la restauration.
- Speaker #1
Ah ouais, tout a resté.
- Speaker #2
Mais j'aime trop ce métier. Pour faire ça, je... Tu savais qu'à un moment, ça allait te confronter. Oui, c'est ça. Donc, j'avais envie de trouver une alternative. Il y avait l'alternative de donner des cours, mais même si je pensais être quelqu'un d'assez pédagogue, ce n'était pas forcément ce qui m'attirait le plus. Puis ça faisait des années quand même que j'avais cette idée en tête, qu'on me disait... On me disait souvent si tu veux venir me donner des cours de cuisine à la maison, si tu veux venir cuisiner à la maison, etc. Puis je m'étais dit, en fait, finalement, ça ne me coûte pas grand-chose de tenter le coup, de travailler pour moi. Alors, il va falloir que je travaille vachement sur l'orgas, mais pourquoi pas ? Donc, je me suis un peu lancée là-dedans, j'ai réfléchi à sous quel format je pourrais le faire. Et je me suis dit, en fait, je ne peux pas choisir de format. Ça fait 12 ans que je fais ça, que je fais à manger. Je l'ai fait dans plein de pays, je l'ai fait dans plein de restos, sous différentes formes. Donc en fait, je vais juste proposer aux gens de le faire chez eux, aux gens, aux entreprises, aux pros, aux persos. Et puis de le faire en fonction d'eux, ce qu'ils souhaitent. Donc j'ai monté mon entreprise. Et puis je me suis lancée petit à petit. L'entrepreneuriat c'est quelque chose aussi. Je sais pas la manger je crois. Mais se lancer dans l'entrepreneuriat et puis savoir se vendre surtout, c'est franchement pas le plus simple. Donc aujourd'hui je fais toujours la même chose, sauf que j'ai plus de resto. Donc je suis chef indépendante, je propose des prestations culinaires. Ça va du traiteur à la livraison de repas, à des repas à domicile, donc chef à domicile. Je fais du consulting aussi pour certaines marques. Et j'ai fait quelques résidences aussi pour de temps en temps retourner quand même en cuisine dans des ambiances que je connais. Mais je n'ai pas eu envie de choisir. Je m'étais dit la première année, tu feras un peu tout et n'importe quoi. Et puis tu choisiras tout et n'importe quoi. Tu feras un petit peu tout ce qui peut se présenter à toi. Et puis, à la fin de l'année, peut-être que tu te Ausha vers des choses qui te plaisent plus. Et en fait, pour être honnête, je m'éclate complètement dans le fait de ne jamais faire la même chose. De n'être accrochée à rien. C'était ce qui était devenu très pesant sur la fin de travailler en restauration. J'étais frustrée d'être accrochée à un restaurant. En resto, ça a un côté quand même très redondant. Tes semaines se ressemblent beaucoup mieux. Et en fait, après toutes ces années, surtout quand tu es chef et que tu n'as plus personne au-dessus de toi depuis quelques temps, tu n'es plus vraiment animée, plus personne ne t'apprend.
- Speaker #1
Tu n'es pas trop challengée.
- Speaker #2
C'est exactement ça. Tu apprends un petit peu des personnes qui travaillent avec toi. Moi, j'ai eu à ces mots Marianne, qui était ma seconde de cuisine, qui est... Mon chouchou qui aujourd'hui est en voyage avec son chéri. Marianne, c'était une jeune cuisinière pleine d'envie et on s'est appris plein de choses l'une et l'autre. Même si moi j'avais beaucoup plus d'expérience qu'elle, au final j'ai appris beaucoup d'elle. Mais quand même, quand t'es en resto, t'as ce côté où c'est très redondant, t'as l'impression de faire toujours un peu les mêmes choses. Moi je sentais que dès qu'on avait des petits événements, ça me boostait un peu parce que ça changeait un petit peu du quotidien. Et en fait, du coup, là, avec le nouveau format que j'ai, j'ai un peu de temps pour ça. Ouais,
- Speaker #1
trop chouette.
- Speaker #2
Donc, pour ça, c'est l'éclate. Moi, je m'amuse. Je fais plein de choses que je n'avais jamais faites jusqu'à maintenant. Le consulting, c'est génial. Ça,
- Speaker #1
justement, est-ce que tu peux nous en parler un petit peu plus ? Parce que quand tu as dit ça, j'ai eu plein de questions. Tu fais du consulting pour des marques ?
- Speaker #2
Oui. Je pense que je ne peux pas avoir le droit de tout vous raconter. Je travaille avec le groupe Seb. Ça, ça a été un gros coup de chance parce que j'ai rencontré quelqu'un du groupe le dernier jour chez Semo pour le dernier service.
- Speaker #1
Ah ouais, ok.
- Speaker #2
Donc, gros coup de chance. Et en fait, je travaille avec eux sur un service qui développe des produits.
- Speaker #1
D'accord, ok.
- Speaker #2
À partir de là, je n'ai vraiment plus le droit de vous en dire. C'est déjà bien.
- Speaker #1
Ok, non mais c'est trop intéressant.
- Speaker #2
Mais c'est passionnant. Moi, je suis vraiment ravie de pouvoir travailler avec eux parce que c'est des choses que je n'ai jamais faites jusqu'à maintenant. Ouais. En fait, ils viennent te voir en disant, voilà, vous avez tant d'années d'expérience, vous avez une cuisine plutôt comme ci, plutôt comme ça, nous on va avoir besoin de votre expertise pour travailler sur un nouveau produit ménager ou sur un nouveau produit pro.
- Speaker #1
C'est hyper valorisant en même temps.
- Speaker #2
Oui, et puis c'est... C'est complètement un autre monde que celui que moi je connais depuis toutes ces années. Donc c'est super intéressant.
- Speaker #1
Et donc qu'est-ce que tu peux, parce que là j'avoue que je trouve ça fascinant tout ce que tu fais. Tu as parlé d'organisation. Oui. Comment tu t'organises ? Parce que je te suis énormément sur Insta parce que j'adore. Et d'ailleurs tu es beaucoup suivie sur Insta, bravo. Tu as raison d'en être fière. Je voyais que tu fêtais tes 3500 abonnés. Fière, oui. Franchement, bravo et c'est mérité.
- Speaker #2
C'est gentil.
- Speaker #1
Je te suis. Je vois que tel jour, tu vas livrer des repas. L'autre jour, tu vas être chez des gens. Comment tu arrives à t'organiser entre toutes ces prestats ?
- Speaker #2
Organisation, forcément très compliquée. J'ai toujours eu l'habitude de bosser dans des cuisines avec des fours pro, des frigos pro, des chambres off-prime. avec du matériel adapté, avec de la place surtout. Et en fait, moi, du jour au lendemain, j'arrive comme une fleur en disant « Je peux vous faire tout et n'importe quoi, mais j'ai une cuisine de 8 mètres carrés dans un appartement au quatrième étage sans ascenseur. Donc, comment je fais ? » J'ai fait.
- Speaker #1
Voilà,
- Speaker #2
tout simplement. Ça demande beaucoup d'organisation au niveau des commandes, au niveau des stockages. Ça demande, avant même de passer par l'organisation, il a fallu que moi j'apprenne à parler à des clients. Parce que jusqu'à maintenant, en fait, je n'avais pas besoin de me vendre et je n'avais pas forcément besoin de... On le faisait automatiquement pour moi. Et puis dans un resto, tu as pignon sur grue, donc c'est quand même beaucoup plus facile. Là, moi, du jour au lendemain, effectivement, d'un point de vue organisation et logistique, c'est beaucoup plus compliqué que ce qu'on peut croire. Là, la bonne nouvelle... c'est que je déménage à la fin de la semaine dans un appartement plus grand. Oui,
- Speaker #1
chouette.
- Speaker #2
Donc, ça va être plus confortable pour moi. Mais c'est vrai que dès le début, je savais de toute façon que ça allait être quelque chose de compliqué. Mais bon, j'ai regardé. Louer un local, ça coûte une fortune. Mais je me suis toujours organisée. Quand je me suis lancée, j'ai eu un conseil d'une chef qui travaillait aussi en indépendante. Carla. Et en fait, elle m'a dit, le meilleur conseil que je peux te donner, c'est si on te propose quelque chose, tu leur dis oui, et ensuite, tu vois comment tu t'organises.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #2
Et du coup, honnêtement, j'ai suivi son conseil. Mais ouais,
- Speaker #1
c'est pas idiot.
- Speaker #2
Quand j'ai fait, justement, puisque tu l'as interviewé il n'y a pas longtemps, moi, je me suis lancée au mois d'octobre, et au mois de janvier, on m'a proposé de cuisiner pour la soirée des Bocuse d'Or.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Avec beaucoup, beaucoup... beaucoup de personnes. Et en fait, on m'a proposé ça et moi j'y suis allée les yeux fermés en disant il n'y a pas de soucis, sauf que j'avais plusieurs centaines de pièces à sortir et que de mon appartement c'était absolument impossible. Je suis gentiment allée frapper à la porte de Baptiste et je lui ai demandé s'il pouvait me donner un coup de main. J'ai pu produire de chez lui. J'ai toujours réussi à me débrouiller jusqu'à maintenant. Et puis je me dis que j'ai commencé par le plus compliqué. Donc du coup, normalement... Plus je vais pouvoir être confortable, plus j'apprécierai toute l'évolution. Mais ça se fait. Effectivement, il y a une grosse logistique. En étant toute seule, il faut savoir organiser ses semaines. Parce que quand tu es en cuisine, tu n'as pas le temps de répondre à tes clients. Tu n'as pas le temps de faire tes devis. Tu n'as pas le temps de faire tes factures. Tu n'as pas le temps de faire de prospection. C'est un nouveau rythme. Moi, j'adore.
- Speaker #1
Ça se voit. Ça te va trop bien. Tu arrives à avoir combien de prestats par semaine ?
- Speaker #2
Ça dépend. Honnêtement, là, après une année, déjà, ce qui est très rigolo, c'est que c'est très saisonnier. Sur la période de avril à septembre, j'ai fait principalement des prestations de traiteur. C'était beaucoup de buffets parce que c'est les baptêmes, les anniversaires, les mariages. C'est vraiment la saison pour. Et en fait, à partir d'octobre, on rentre sur les repas à domicile. là. Les gens ont plus envie de rester chez eux, de se faire dorloter. Donc, je trouve que c'est quand même vraiment très saisonnier. J'ai fait des week-ends où j'ai eu quatre prestats dans le week-end. Parce que j'ai des prestats où je ne suis pas forcément présente sur place. Ça va être des prestats où je vais y aller, installer le buffet et ensuite partir. Et là, en fait, dans ces cas-là, si je m'organise correctement en fonction des déjeuners ou des dîners, je peux en prendre. pas mal, mais je ne peux pas faire ça tous les week-ends. Après, j'ai des semaines où je n'ai pas de prestat du tout. Ça s'équilibre plutôt. Mais en général, j'ai au moins une ou deux prestats par week-end.
- Speaker #1
Ok, balèze quand même. Bravo. Tu as parlé de ta cuisine, très axée végétale. Parle-nous un petit peu de tout ça, de ce que tu as envie d'apporter. Qu'est-ce qui t'inspire dans cette cuisine ?
- Speaker #2
Je t'ai parlé de mon parcours. J'ai quand même été très influencée par le parcours que j'ai eu. Très rapidement, j'ai eu un rapport au végétal et à la mise en valeur du végétal avec mon expérience chez Anne-Sophie Pic, qui m'a déjà beaucoup touchée. Pour te dire, j'ai un souvenir très précis. La première semaine où j'ai travaillé là-bas, je descends au champ froid. Je dis bien aux chambres froides parce qu'on devait avoir à peu près 8 chambres froides. C'était assez impressionnant, c'était un fouloir de chambres froides. Moi, je n'y connaissais rien, je venais d'un tout petit resto, je n'avais jamais vu ça. On me dit, descend chercher telle chose dans la chambre froide légumes. Et là, j'arrive et il y avait 5 ou 6 variétés de betteraves. Je n'avais jamais vu ça. Ma mère cuisinait un petit peu, mais en tout cas, je n'étais même pas au courant, à ce moment-là, qu'il y avait autant de variétés de betteraves. Donc ça m'avait déjà impressionnée. Donc on avait vraiment, tu vois, une approche déjà là-bas où on accordait beaucoup d'importance au végétal. C'est pas forcément ce que t'apprends à l'école. À l'école, on t'apprend qu'une assiette, elle est construite toujours de la même façon. Une protéine animale, une garniture, le végétal, c'est là qu'il intervient souvent. Et puis après, une sauce. Et j'ai toujours trouvé ça presque plus... réfléchit de réussir à tourner une assiette autour du végétal et à la mettre en valeur vraiment, quitte à ce que les gens soient capables de se dire à la fin « Ah oui, mais effectivement, en fait, il n'y avait pas de protéines animales dans cette assiette. » Et que finalement, il leur marque presque un peu tardivement plutôt que de partir sur un modèle un peu plus classique, tu vois, où, entre guillemets, de temps en temps, c'est presque facile de faire une bonne assiette quand tu suis cette règle-là. Donc, il y a eu cette première expérience. Forcément, après, il y a eu les mauvaises herbes. Les mauvaises herbes, ce n'est pas uniquement végétarien, c'est vegan.
- Speaker #1
Tu vois, j'étais restée sur le végétarien, moi, je pensais.
- Speaker #2
Non, non, c'est vegan. Ça a été compliqué. Moi, je ne suis pas vegan. Je ne sais plus comment on dit. Je mange... On dit flexitarienne, je crois. Je n'aime pas trop mettre... Tu manges de tout, mais... De tout, mais... C'est ça, exactement. Et donc, quand je suis arrivée aux mauvaises herbes, en fait, là, ça va très loin. C'est pas de beurre, pas de crème, pas de lait, pas d'œufs. Les yaourts, tu n'utilises que des yaourts végétaux. Et pour moi, ça a été passionnant parce que j'ai appris, ça pousse ta créativité. Tu vas chercher plus loin. J'apportais l'expertise et l'expérience que j'avais dans des restos plus classiques, entre guillemets. Mais il fallait faire des compromis de toute façon, parce que du coup, c'était une cuisine végane. Donc à ce moment-là, j'ai vraiment poussé à fond ce que je te disais juste avant. Je vais faire en sorte de sublimer le légume, presque utiliser un légume et vraiment le mettre en avant, un petit peu comme si c'était une belle pièce de viande ou un beau morceau de poulet dans l'assiette. Et que les gens oublient qu'il n'y a pas de protéines animales. Parce qu'en plus, en mauvaise arbre, on n'avait pas que des personnes qui avaient un régime vegan. Il y avait pas mal de curieux aussi. Et puis, ça a continué aussi avec Semo. Parce que Semo, on avait quand même beaucoup de produits qui venaient du champ. Quand on utilisait des animaux, la règle qu'on s'était donnée, c'était qu'on utilisait l'animal dans son entièreté. Donc, moi, je n'avais pas le temps de faire rentrer un agneau ou un cochon. C'était une semaine, je crois. Donc du coup, on avait quand même une carte qui automatiquement se retrouvait à être beaucoup plus axée sur le végétal. Et donc, tu as une réflexion qui est... Enfin, moi, j'ai toujours eu une réflexion qui était très poussée. Et puis, c'est aussi comme ça que je mange à la maison. Donc, ma cuisine, effectivement, majoritairement végétale. Même si j'aime beaucoup la protéine animale, mais j'ai une cuisine aussi que je veux le plus raisonnée possible. La première chose que je dis à mes clients, c'est qu'il y a une seule chose sur laquelle je suis intransigeante, c'est que je ne travaille que des produits de saison et majoritairement des produits locaux. Donc s'ils s'attendent à avoir du Wagyu avec de la mangue, ce n'est pas chez moi qu'ils le feront, certainement pas. J'essaie vraiment de mettre en valeur les producteurs, parce qu'aujourd'hui... J'ai aussi cette réflexion que depuis quelques années, beaucoup avec la médiatisation des chefs, avec Top Chef, avec toutes les émissions, j'ai pu le voir. Moi, depuis que je fais ce métier, les gens sont admiratifs. Quand tu leur dis que t'es chef, ils sont... Tout de suite, tu sais que tu captes l'attention. Parce que c'est un métier qui passionne vraiment tout le monde, parce que ça touche tout le monde. De rien, la nourriture, ça nous touche tous. Trois fois par jour, on met beaucoup en avant les chefs et je trouve ça génial. Mais on oublie souvent que pour faire une bonne assiette, tu as beau être le meilleur chef du monde, il faut que tu aies des bons producteurs. Sans ça, tu as beau faire ton travail aussi bien que possible, si ton produit de base est mauvais, ton assiette ne sera pas parfaite, elle ne sera pas au top. Donc je trouve que c'est quand même très important. de remettre un peu l'église au milieu du village.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #2
Et de dire que, certes, on a un métier assez passionnant, et que moi j'adore ce que je fais, mais on ne ferait pas la moitié de ce qu'on fait si on n'avait pas des producteurs qui, derrière, se tuent à la tâche et qui arrivent à nous sortir des produits magnifiques. Donc je n'ai pas encore suffisamment le temps de le faire. Je le fais autant que possible maintenant en étant toute seule. Mais ce que je voudrais aussi pouvoir mettre en avant, maintenant que je travaille seule, C'est ces producteurs, les producteurs qu'il y a autour de chez nous. Parce qu'il y en a un paquet, on a quand même une région qui est hyper riche en plus. Alors aujourd'hui, par exemple, si tu veux la rencontrer, ça serait super. Je travaille avec Marielle qui fait des fleurs comestibles, qui s'appelle Madame Printemps, sur Instagram. Et Marielle, elle est passionnée. Ses fleurs sont magnifiques, fleurs et herbes comestibles. Et en fait, pour moi, c'est beaucoup plus intéressant de travailler avec quelqu'un en direct qui est capable de me parler de son produit, qui chérit son produit, qui le connaît par cœur parce qu'elle a littéralement les mains dedans toute la journée. Et je suis très heureuse pendant mes prestations de pouvoir en parler avec mes clients qui souvent sont très intéressés aussi par ces profils-là et de pouvoir leur dire ce que vous avez dans l'assiette, voilà d'où ça vient, voilà comment c'est produit, leur parler un petit peu de la personne qui les fait. Et je trouve que c'est très important parce qu'on n'a pas le même rapport avec son assiette.
- Speaker #1
Ok, d'accord. Grosse attention pour les producteurs.
- Speaker #2
Oui, bien produit, bien produit au bon moment et on ne gaspille pas aussi. J'ai une cuisine, ça c'est un truc que j'avais pas mal développé aussi chez CEMO et sur lequel je travaille encore beaucoup, c'est le fait de valoriser l'anti-gaspi. Mettre un produit en valeur, c'est l'utiliser dans son entièreté. Et j'ai toujours aimé travailler un petit peu comme ça, tu vois, prendre le produit, être vraiment capable de dire qu'est-ce que je fais avec les pots, qu'est-ce que je fais avec les feuilles, qu'est-ce que tu prends un poireau, ne serait-ce que ça. Moi, ça me brise le cœur de voir qu'il y a encore tant de personnes qui ne mangent pas le verre de poireau alors qu'il y a absolument mille choses à faire. Je me dis que peut-être qu'en tant que chef, on a un rôle un peu éducatif aussi avec nos clients. À notre niveau, on peut aussi expliquer que ça a un intérêt écologique, économique. Et voilà, donc j'ai une réflexion aussi là-dessus, pareil, que je partage avec mes clients. Ils sont toujours hyper curieux.
- Speaker #1
Et que tu partages aussi sur les réseaux.
- Speaker #2
Et que je partage aussi sur les réseaux. Tu veux qu'on aborde les réseaux.
- Speaker #1
Oui, tu nous fais beaucoup de recettes hyper chouettes et pas mal aussi anti-gaspi, justement.
- Speaker #2
Alors les réseaux, ça a été un gros truc aussi. C'est que quand je me suis lancée, j'ai commencé à me filmer un petit peu et à faire un peu des recettes. Ça a été compliqué à assumer au début parce que, je ne sais pas, j'avais cette image que dans le monde de la restauration, ça allait être mal vu que je me mette à m'afficher sur les réseaux. Puis encore une fois, je suis passée un peu au-dessus de ça. Et en fait, c'est vrai que j'adore ça. Je trouve ça hyper cool de pouvoir partager ce que je fais. Effectivement, je partage des recettes, je partage un peu le quotidien de mon nouveau rythme et du nouveau modèle de métier. Et c'est génial parce que j'ai toujours de super retours. Mine de rien, ça m'apporte aussi beaucoup de clients. les premiers mois j'y passais beaucoup de temps et je me disais tu perds ton temps à faire tout ça ça va pas servir à grand chose et en fait aujourd'hui quand je vois les retours et quand je vois le nombre de personnes qui m'ont trouvé grâce au réseau, je me dis que c'est cool à faire et j'ai la chance de bien aimer faire ça parce que j'ai un paquet de gens autour de moi qui me disent ça se voit que t'aimes ça parce que moi je déteste passer du temps dans les réseaux,
- Speaker #1
mais moi j'aime bien il faut aimer passer du temps dessus parce que ça prend un temps fou c'est très long ouais mais effectivement comme tu le dis il y a des retombées Et surtout en tant qu'indépendant, je pense que c'est indispensable. À l'époque dans laquelle on vit, tu ne peux pas être indépendant et pas... J'ai du mal à imaginer quelqu'un d'indépendant qui ne met pas en avant quelque part son travail.
- Speaker #2
Je crois, oui, je crois. Et puis, comme je te disais tout à l'heure, la différence qu'il y a entre mon métier actuel et quand je travaillais en restaurant, c'est qu'en fait, tu n'as pas pignon sur grue. Tu veux que les gens voient ce que tu fais. Il faut se montrer. Ça n'a pas été évident. Pour être honnête, je pense que ça va parler à pas mal de gens aussi. Mais le syndrome de l'imposteur, je l'ai même encore un petit peu. C'est compliqué. Quand on travaille pour soi, il faut se faire confiance. Il faut de temps en temps vraiment se dire « Ok, je mérite ce que je suis en train de faire. »
- Speaker #1
Est-ce que tu es arrivée à te dire ? Non, mais je ne vais pas me mettre en avant parce que je me prends pour qui ?
- Speaker #2
Ah oui, évidemment. Et ça m'arrive encore souvent. Ça m'arrive encore très souvent, mais pour plein de choses. Quand en indépendant, quand je me suis lancée, je me suis dit, quand il faut choisir ses tarifs aussi. Parce que tes tarifs, tu les fais en fonction de ta... Au début, tu vas calculer tes prix par rapport à tes prix d'achat, etc. Au temps de travail et tout ça. Et puis en fait, il y avait des fois, je me disais... qui en fait tu peux pas afficher des choses comme ça. J'ai la chance d'être en couple avec quelqu'un qui est commercial, donc lui m'a aidé un petit peu, et puis il m'a dit surtout, en fait t'as 12 ans d'expérience, donc il faut croire en ce que tu fais, et grâce au retour que j'ai eu, après ça te donne confiance, et puis il faut y aller step by step, mais effectivement ce truc de se dire, mais attends, qu'est-ce que je fais là ? J'ai absolument... Je n'ai rien à faire ici, moi. C'est pas... Le fait de... Quand j'ai commencé à poster des choses sur Instagram, c'était pareil. Toutes mes copines me disaient « Faut qu'on te voit, faut qu'on te voit ! » Et moi, je leur disais « Mais personne n'a envie de me voir ! » Et en fait, finalement, derrière, j'ai des super retours, j'ai des retombées très sympas. J'ai l'impression que ça soit sur mes prestations ou sur ce que je peux montrer, ça a l'air de plaire. Donc... Mais c'est clair. Ça redonne confiance, quoi. C'est cool.
- Speaker #1
Non mais oui,
- Speaker #2
je comprends sur le fait de se montrer ou quoi c'est perturbant Je pense qu'on en parle souvent mais ce fameux syndrome de l'imposteur à mon sens c'est un des trucs les plus compliqués quand tu te mets à ton compte, tu dois savoir un peu de quoi je parle parce que toi c'est pareil, tu n'y perds rien
- Speaker #1
Oui, je le fais parce que Comme toi, je sais que c'est important.
- Speaker #2
Je crois qu'on est tous pareils. C'est plus simple de mettre un visage sur un nom ou sur des pages.
- Speaker #1
J'adore suivre des gens qui nous emmènent dans leur vraie vie. Et qui se montrent et qui n'ont pas peur. Parce qu'au final, peur de quoi ? Parce qu'on a peur des critiques, on a peur des gens qui vont dire « Ah ah, la honte, elle a fait 30 likes, 30 vues sur son truc. » Au final, on s'en fout. il y a peut-être... 29 personnes qui vont trouver ça super, donc pour ces 29 personnes, on continue.
- Speaker #2
Je suis d'accord. Et puis très franchement, je trouve que ce qui fonctionne le mieux souvent, c'est ce que tu fais assez spontanément et pas de façon plus réfléchie que ça. Donc c'est que ça intéresse un peu les gens, donc c'est bien.
- Speaker #1
C'est ça. Et donc toi, ça t'a aidé à attirer des clients ?
- Speaker #2
Oui. Alors, la chance que j'ai eue, pour être honnête, enfin de la chance, bon. Je ne sais pas si on peut appeler ça de la chance, mais ça faisait quand même déjà quelques années que j'étais à Lyon, que je travaillais sur Lyon, que j'avais commencé à me faire un réseau, que ça soit perso ou pro. Donc quand je me suis mise à mon compte, assez naturellement, j'ai eu une, deux, trois prestats qui ont commencé à se faire, surtout par mon réseau. Et puis après, mine de rien, il n'y a rien à dire, mais le bouche à oreille, c'est ce qu'il faut faire le mieux. Donc une fois que j'ai pu faire quelques prestations et que ça a plu, derrière ça en a imprimé d'autres et j'ai pu faire plein de choses différentes. Honnêtement, les rencontres que tu peux faire, en tout cas moi ça a été mon cas, j'ai essayé de rencontrer un maximum de monde. J'ai essayé de discuter beaucoup aussi avant de me lancer avec des personnes qui avaient le même modèle que le mien. J'ai essayé de rencontrer d'autres chefs. de rencontrer tout simplement, d'aller à des événements liés à la restauration, etc. Et je pense qu'il ne faut jamais le négliger, parce que toutes les personnes que tu rencontres, potentiellement derrière, peuvent t'apporter du travail, peuvent, d'un lien ou d'un autre... Tu vois, cette semaine, il y a quelqu'un qui m'a demandé ma carte, qui est venu chez moi, je raconte ma vie, je m'en fous, mais qui est venu chez moi pour... faire le diagnostic de l'appart dans lequel je suis actuellement. Il a entendu que je parlais avec ma proprio sur ce que je faisais. Il m'a demandé ma carte en me disant « moi, ça m'intéresse » . Il ne faut jamais rien négliger, en fait. Oui, c'est clair.
- Speaker #1
Toujours avoir une carte sur soi, déjà.
- Speaker #2
Toujours avoir une carte sur soi. Ça, c'est hyper important, oui.
- Speaker #1
Et alors, question peut-être idiote ou trop curieuse. Il n'y a pas de question. Mais là, pour le coup, c'est sur ton statut par rapport à ta recherche d'appart. Ça a été compliqué du fait que tu sois indépendante ?
- Speaker #2
Ça a été terrible. Si, ça a été terrible. Parce que je suis auto-entrepreneur. Donc, quand tu es auto-entrepreneur, on ne te prête pas d'argent pour acheter. On te... On ne te fait pas confiance pour louer un appartement. Mais pour tout te dire, l'appart qu'on a trouvé, c'est une chef et un mec qui travaille dans le vin. Donc, ils ont été... Ils ont compris.
- Speaker #1
C'était aparté.
- Speaker #2
Non, mais je te comprends.
- Speaker #1
Parce que ça, c'est aussi un truc pas forcément évident quand tu es indépendant.
- Speaker #2
C'est compliqué. Il faut être patient, en tout cas. Les deux, trois premières années, moi, je savais à quoi je m'exposais aussi. Il faut se donner les moyens, il faut cravacher, il faut réussir à faire du chiffre d'affaires. C'est aussi pour ça que j'ai pu faire plein de choses sur l'année. C'est que la première année, tu stresses quand même beaucoup de travailler en indépendant. Donc, je n'irai jamais jusqu'à dire que j'ai accepté tout et n'importe quoi parce qu'on m'a fait des propositions à chaque fois très cool. Mais du coup, tu fais en sorte de t'organiser pour essayer d'accepter un maximum de contrats parce qu'il faut bosser, il faut lancer la machine. Mais très honnêtement, la première année, le bilan de la première année a été bien au-dessus de ce que moi j'aurais pu penser. Trop bien. Donc je suis super contente. Bravo,
- Speaker #1
c'est trop chouette.
- Speaker #2
Merci, c'est gentil.
- Speaker #1
C'est quoi ta vision pour l'avenir ? C'est quoi tes objectifs ?
- Speaker #2
Alors très franchement, à l'heure actuelle, j'ai absolument aucun regret du choix que j'ai fait. Vraiment aucun. Donc je pense que j'ai envie de continuer comme ça, de voir où ça peut me mener. Je n'ai pas d'envie de grandeur. Je me suis un peu calmée par rapport à ça. Aussi parce que le modèle que j'ai choisi m'apporte une stabilité pro et perso qui est hyper appréciable quand tu as passé plus de dix ans de ta vie en restaurant. Et ça, pour être honnête, je pense que ça vaut tout l'endroit, honnêtement. Donc, je suis juste hyper curieuse et impatiente de ce que me réserve la suite. À titre perso, mais ça touche un peu aux pros, je t'avoue qu'à long terme ou à moyen terme si possible, j'aimerais bien me mettre un peu au vert, peut-être me rapprocher un peu de la nature, et puis pourquoi pas, tu vois, avoir une maison, peut-être faire une table d'hôte dans quelques années. Ah,
- Speaker #1
trop chouette !
- Speaker #2
À voir, mais pour le moment, le fidèle que j'ai me va très bien.
- Speaker #1
J'imagine que ça n'a pas été simple tous les jours ?
- Speaker #2
Non, mais honnêtement, comme je te le disais, je pense que vraiment, à l'instant T, je ne reviendrai vraiment pas. Je ne regrette pas du tout la décision que j'ai prise. Peut-être que dans six mois, je te dirais que ce n'est pas le cas. Mais en tout cas, je n'aurai jamais de regrets d'avoir tenté le coup. C'est parce que ça faisait très longtemps que j'avais un petit peu cette idée en tête. Ça fait beaucoup de bien de travailler pour soi. Enfin, moi, en tout cas, c'est mon avis à moi. Je crois que ce n'est pas le cas pour tout le monde. Moi j'adore travailler comme ça, ça fait, comme je te le disais avant qu'on commence à enregistrer, le fait d'être seule, ça peut avoir pas mal d'inconvénients, c'est pas toujours facile de travailler tout seul, de devoir tout gérer, d'endosser un peu toutes les casquettes, mais quand tu échoues, tu peux t'en prendre qu'à toi-même, et quand tu réussis par contre, ça aide à être fière de soi, donc c'est cool.
- Speaker #1
Mais c'est aussi important, enfin je pense... D'être bien entourée.
- Speaker #2
Oui, ça c'est certain.
- Speaker #1
Parce que le soutien de tes proches, proches, hyper important, des gens qui te tirent vers le haut. Je sais que depuis que je suis indépendante, j'ai un peu fait un tri des gens autour de moi. Parce qu'il y en avait vraiment qui ne me permettaient pas d'être au top de mes compétences. C'est bizarre à dire, mais ça te permet de voir aussi qu'ils ne te tirent pas du tout vers le haut. Oui, je suis d'accord avec ça. C'est hyper important de s'en rendre compte. On est dans un tunnel tous les jours dans notre activité. On pense à un milliard de choses, ça ne s'arrête pas. Au moment à 17h, non, ça ne s'arrête pas. Ça continue jusqu'à 20h, ça ne s'arrête jamais. Donc si en plus tu as un entourage qui n'est pas forcément très sain ou qui ne te motive pas forcément plus que ça, ça peut être encore plus compliqué.
- Speaker #2
Oui, je suis d'accord avec toi. Personnellement, je pense vraiment que j'aurais eu beaucoup de mal à prendre la décision de me lancer si je n'avais pas eu autour de moi la personne avec qui je partage ma vie qui m'a beaucoup poussée, ma famille aussi, mes amis. proches qui aujourd'hui sont d'un soutien énorme quotidien. Et effectivement, comme tu dis, je pense que ça demande déjà suffisamment d'énergie d'être indépendant. Et si en plus, tu dois dépenser ton énergie avec des gens, comme tu disais, qui ne te tirent pas forcément vers le haut, soit le tri se fait naturellement, soit il faut... Il faut juste avancer, essayer de ne pas trop regarder ce qui se passe derrière.
- Speaker #1
Ce n'est pas le plus évident. Non,
- Speaker #2
ce n'est pas le plus simple. Mais je pense qu'une fois que c'est fait et que tu avances et que tu es vraiment dans un cadre où tu te sens pleinement épanouie et à ta place, c'est vite oublié.
- Speaker #1
Ça m'a fait penser en même temps, je switch un tout petit peu.
- Speaker #2
Vas-y.
- Speaker #1
Je ne pensais pas tellement switcher. Est-ce que tu peux nous... Donner une semaine type, nous expliquer une semaine type dans ton travail ?
- Speaker #2
Je peux essayer. Elles ne se ressemblent pas beaucoup, mais je peux essayer. Je travaille quand même pas mal sur les week-ends. Bon, il faut quand même trouver des inconvénients à ce moment-là. C'est que quand on fait appel à toi, généralement, c'est souvent sur le week-end. Donc souvent, sur les deux, trois premiers jours de la semaine, où du coup je ne vais pas forcément avoir de mise en place, etc., là je vais vraiment me concentrer sur la partie administrative. Donc ça c'est pareil, moi ça ne m'était jamais arrivé de passer autant de temps derrière mon ordi. Donc voilà, je gère les demandes de prestations, je gère les devis, les factures, toute ma compta. les recettes aussi parce que ça c'est vrai que je n'en ai pas parlé tout à l'heure mais j'ai un concept. J'ai une approche vis-à-vis de mes prestations où j'ai pas de menu défini je travaille vraiment en fonction des goûts de mes clients donc chaque menu proposé il y a forcément des recettes qui vont revenir un petit peu au fil des plats Mais chaque menu est vraiment fait en fonction des éventuelles allergies, intolérances, etc. Mais surtout par rapport au goût.
- Speaker #1
C'est très personnalisé.
- Speaker #2
C'est vraiment très personnalisé. Je n'aime pas trop ce terme, mais j'ai décidé de travailler plutôt sur mesure. Donc mes clients me contactent. Je veux organiser un anniversaire pour ma femme. Super, ok. Je leur fais une proposition. Si la proposition leur convient. On décide de travailler ensemble et à partir du moment où on a acté qu'on travaillait ensemble, moi je leur demande vraiment d'être hyper hyper précis sur ce qu'ils aiment et sur ce qu'ils aiment moins, mais jusqu'aux plus petits détails. Et comme ça, moi ça me permet de pouvoir concevoir des menus pour eux, qui leur fait plaisir, où je peux travailler des produits où je sais qu'ils seront vraiment contents de les manger, ou à l'inverse, ne pas du tout travailler certaines choses qu'ils n'aiment pas. Donc ça c'est un plus, mais ça demande forcément plus de temps. Donc généralement, sur le début de semaine, c'est ça. Au début de semaine, je suis derrière mon ordi ou l'admin. C'est souvent sur ces moments-là que j'enregistre des recettes quand je suis à la maison. Ou que, vu que je suis très active sur les réseaux, que je vais définir un petit peu les différents postes que je vais faire sur la semaine, etc. Et souvent, vu que mes prestations sont à la fin de la semaine, donc entre le vendredi et le dimanche. Le mercredi, je vais aller faire mes courses, je vais faire mes réceptions de commandes, ou bien alors je vais faire mes commandes, m'organiser, je peux déjà commencer à faire quelques prépas sur des choses plutôt secs. Parce que quand t'es tout seul, il faut quand même bien définir. Et puis ensuite, en fonction de ça, mise en place, je m'organise. Je t'avoue que jusqu'à maintenant, il y avait quand même une organisation assez conséquente, comme je te le disais, parce que j'ai un... Je vis dans un appart actuellement qui est au quatrième sens. Donc, quand tu descends, tu reprends des courses, tu remontes avec tes courses, tu redescends, tu as tes livraisons. Parfois...
- Speaker #1
Tu optimises tes allers-retours. Oui,
- Speaker #2
beaucoup. Et puis, ça te fait faire du sport. Après, tu as des bonnes jambes. Mais oui, généralement, la semaine type, ça sera comme ça. De temps en temps, du coup, maintenant, au milieu, je peux avoir des fois, ça c'est pareil, c'est tellement nouveau pour moi, mais des petits visios pour le consulting, des échanges. Un podcast. Un podcast. Mes semaines ne se ressemblent pas. Alors qu'avant, en restaurant, si tu savais, j'étais matricée, complète. J'arrivais, je savais exactement, le mardi, je savais exactement quelle mise en place j'allais faire de telle heure à telle heure. Tout était cadré presque à la minute près. Je savais que si à 16h j'avais pas commencé ta mise en place, c'est que j'étais dans le jus. Et ça, c'était ça sur toute la semaine, du mardi au samedi soir. Et en fait, aujourd'hui, c'est complètement l'inverse.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'inspire ? Que ce soit dans la cuisine, mais aussi dans la vie en général. Autant sur le plan cuisine que sur le plan perso.
- Speaker #2
Alors, les deux choses qui me viennent instantanément, c'est le voyage. J'aime beaucoup voyager, tu vois, le rêve ultime. Si demain, moi, je gagne au loto, je pense que je pars faire un tour du monde culinaire. Je reviendrai avec 25 kilos en plus, je pense. Mais je pars vraiment, tu vois, pour aller manger. Si je voyage, avant même de regarder ce que je vais visiter, je vais regarder où je vais manger. Donc je rapporte beaucoup de choses des voyages que je peux faire. Je suis allée dans les Pouilles il n'y a pas longtemps, donc je suis revenue avec plein de bonnes idées. Donc tu vois, j'ai beaucoup voyagé au Maroc avec mes parents quand j'étais plus jeune. Donc j'ai gardé, il y a des saveurs qui m'ont marquée, donc je vais essayer de... Je vais essayer d'apporter des touches. Je n'aurai jamais la prétention de faire de la cuisine italienne ou de faire de la cuisine marocaine. Mais j'aime bien aller chercher des petites touches, des recettes sur différents thèmes, différents pays, que je peux incorporer moi et puis retravailler à ma façon. Je suis une grande fan de plantes sauvages. Si tu m'emmènes en rando, je vais passer quasiment tout le temps de la rando à me baisser sur la moindre plante. J'ai eu l'occasion d'ailleurs de faire l'année dernière une journée d'observation avec une personne qui fait de la cueillette sauvage. Et c'était passionnant. Je trouve ça génial de pouvoir incorporer ce genre de produit à des assiettes et de pouvoir justement après l'expliquer aux clients. On ne se rend même pas compte de la richesse de ce qu'il y a à nos pieds. La famille de mon conjoint est près d'Annecy, donc souvent quand on y va, en plus ce ne sont pas les mêmes herbes, ce ne sont pas les mêmes fleurs qu'ici. Il faut que je me renseigne un peu plus, parce que sinon je serais capable de bouffer un peu de tout et n'importe quoi. Mais oui, ce sont deux choses qui me plaisent beaucoup. Je n'ai pas la prétention de dire que je suis une cuisinière très technique. Je pense que j'ai ce qu'il faut, mais je ne serais pas la plus pro au niveau technicité. Par contre, j'aime vraiment avoir suffisamment de créativité pour mettre en avant des produits qui ne le sont pas forcément en temps normal.
- Speaker #1
C'est drôle, qu'est-ce que tu entends dans... je ne suis pas la plus... Technique.
- Speaker #2
Ton dernier podcast, c'était avec Monsieur P, chez qui j'étais allée manger. C'est quelqu'un qui a une technique parce qu'il est passé par des belles maisons. Il a des très belles techniques de cuisson. Je pense qu'il y a très peu de poissons qui sortiront mal cuits de sa cuisine. Je ne dirais pas que c'est mon cas non plus, mais je ne me risquerais pas aux mêmes choses. Je n'ai pas cette technicité peut-être de cuisson, Moi j'aime la cuisine plus brute, mais avec un côté peut-être un peu raffiné. J'adore rôtir des légumes de mille façons. Il y a des goûts qui me marquent beaucoup. Je suis une grande fan de fumée, vraiment grande grande fan de fumée. Je vais essayer d'aller le chercher comme je peux, sans pour autant passer par de la fumaison, mais je vais essayer d'aller le chercher ailleurs, je vais essayer de pousser certaines cuissons pour arriver à ça. Je ne vais pas avoir la technicité, on va dire, de gastro, de base. Je ne vais pas forcément toujours faire les choses dans les règles, mais je pense que j'ai une cuisine qui est peut-être plus instinctive.
- Speaker #1
Hyper, hyper intéressant.
- Speaker #2
Les auditeurs ne voient pas les yeux que tu poses sur moi.
- Speaker #1
Non, mais à chaque fois, vraiment, c'est fascinant. Du coup, des fois, j'ai du mal à redémarrer. Je continue, alors que je continue de parler. Non, mais je voulais revenir sur... Au tout début, tu m'as parlé de... Je vais peut-être utiliser des mauvais mots, mais la vie de chef en tant que femme, tu m'as dit qu'on pourrait en reparler après si tu veux, etc. Je sais que tu en parles aussi. Je ne sais plus si tu en avais parlé en story ou si tu m'avais envoyé des messages parce qu'un jour j'avais mis un truc sur Top Chef ou quoi. Je ne sais plus si c'était à ce moment-là qu'on en avait parlé, toi et moi.
- Speaker #2
Oui, c'est fort possible.
- Speaker #1
Qu'est-ce que toi, ça t'évoque ? Qu'est-ce que tu aimerais qu'il change ? Et notamment, peut-être qu'on peut dire deux mots sur une nouvelle association qui voit le jour aussi à Lyon et qui est, à mon sens, très importante. Qu'est-ce que tout ça, ça t'évoque ?
- Speaker #2
Malheureusement, au premier abord, ça n'évoque pas grand-chose de positif. J'ai évoqué le sujet tout à l'heure. Je pense que j'ai eu, et en fait c'est triste de devoir le spécifier, mais je pense que j'ai eu... Plutôt de chance, plutôt de la chance par rapport à ça sur mon parcours. Mais c'est quand même déjà triste de devoir le préciser. Je vais vraiment parler à mon sens parce que je ne veux pas me faire d'ennemi. Je pense que chacun à notre niveau, on a une façon de voir les choses différentes vis-à-vis de ça. Mais le métier de cuisinier, le métier de chef, c'est un métier physique. C'est vraiment un métier physique. C'est un métier qui est fatigant, on porte lourd, on est dans des conditions physiques souvent où on tire pas mal sur la corde. Et en fait, même si de base, c'est un métier où les femmes avaient beaucoup leur place, particulièrement à Lyon en plus, on s'est retrouvées dans un rapport de force, en fait, je trouve, en cuisine, où malheureusement il est plutôt rare que les nanas... en sorte gagnante. J'ai malheureusement autour de moi absolument aucun exemple à te donner de femmes qui ont travaillé en cuisine et qui n'ont pas subi, que ça soit des attouchements, du harcèlement ou tout simplement du masochisme. Je ne saurais pas t'expliquer pourquoi. Parce que je pense que justement, pendant des années, on a eu en tête que la restauration, c'était un milieu d'hommes. Du coup, les femmes n'avaient pas leur place. Mais à mon sens, on a aujourd'hui des figures de femmes chefs qui sont capables de montrer que les choses ont changé. Je vais aussi quand même aller un peu dans le sens de notre nouvelle génération. c'est que moi, aujourd'hui, j'ai eu 32 ans cette année. J'ai l'impression que ma génération, cette génération qui a appris le métier à peu près en même temps que moi, et là, je mets homme comme femme, j'ai l'impression qu'on n'a plus vraiment les mêmes ambitions que celles qu'il pouvait y avoir en cuisine avant. On n'est plus, ou moins en tout cas, dans cette recherche constante de... perfection, d'étoiles. J'ai l'impression que de plus en plus, on parle de bienveillance, on cherche la bienveillance. Et là, on ne parle pas que de la condition de la femme, parce que ce n'est pas le seul problème. C'est qu'on parle vraiment du fait qu'en cuisine, ça fait des années qu'on tolère des choses qui ne sont absolument pas tolérables nulle part ailleurs. J'ai souvent évoqué des expériences Merci. J'ai moi vécu où on m'a raconté en cuisine à des gens qui ne sont absolument pas dans ce milieu-là et qui étaient littéralement choqués par ce que je pouvais raconter. Parce qu'on tolère depuis des années, je le répète, des choses qui ne sont absolument tolérables nulle part ailleurs. J'ai le souvenir quand j'étais au CFA d'avoir interpellé un jour une jeune fille qui devait, à l'époque, elle passait son CAP, donc elle devait avoir... je dirais 15-16 ans. Moi, j'étais plus âgée qu'elle. Et à chaque fois que j'allais au CFA cette semaine-là, enfin, les semaines où j'y allais, elle était tout le temps là. Et elle avait toujours des marques sur les bras. Et un jour, j'ai fini par aller lui poser la question. Et je lui ai demandé d'où ça venait. Et elle, donc, elle était dans une pâtisserie. Et elle m'a expliqué qu'à chaque fois qu'elle faisait une bêtise, son patron la brûlait au caramel.
- Speaker #1
Wow.
- Speaker #2
Donc, je le répète une troisième fois, mais on tolère des choses qui sont absolument tolérables nulle part ailleurs. Et aujourd'hui, les choses ont besoin de changer. Les gens ont besoin de réaliser ce qui se passe. Je reviens aussi sur ce que je t'ai dit un peu plus tôt quand on en parlait. Je trouve ça génial qu'on médiatise les chefs. Je trouve ça super qu'on parle de notre métier. Mais il ne faut pas l'enjoliver non plus. Il faut aussi qu'on soit capable de le médiatiser dans tous les sens. Donc, parler du fait qu'on a un métier magnifique. mais aussi qu'on est dans un milieu où les choses doivent changer. En tant que femme, je pense que j'ai la chance d'avoir du caractère et d'avoir réussi à ne jamais trop me faire marcher dessus. Mais ce n'est pas le cas de toutes.
- Speaker #1
Je pense, par exemple, que le Covid a eu un impact très positif là-dessus vis-à-vis de la restauration. Pendant longtemps, je pense qu'il y a eu beaucoup, beaucoup,
- Speaker #2
beaucoup de gens qui ont un petit peu abusé dans les restaurateurs, qu'il y a eu beaucoup de monde qui ont un petit peu tiré sur la corde, parce que c'est un peu ça aussi, quand tu rentres dans la restauration, on te dit qu'il ne faut pas te plaindre, on te dit que c'est comme ça, on te dit que de toute façon, si tu n'es pas content... On trouvera qu'il y a du monde derrière pour assurer. Tu t'éduques un peu professionnellement avec ce genre d'idées, totalement fausses. En fait, je trouve qu'avec le Covid, comme il y a eu énormément de gens qui ont arrêté le métier, c'est devenu quand même très compliqué de recruter du monde. Et qu'à l'heure actuelle, pour pouvoir réussir à recruter du monde, il faut faire un peu d'efforts aussi. Donc, on voit, je trouve, de plus en plus de restos qui ont décidé de fermer les week-ends, qui font en sorte de pouvoir alléger un petit peu aussi les journées de travail pour leurs employés, ce que je trouve très bien. Alors, est-ce qu'après, je peux me permettre de dire ça parce que je ne suis pas patronne ? Je me doute que ce n'est pas compliqué, que ce n'est pas simple, pardon, que c'est compliqué. Mais en tout cas, je trouve ça très bien que certains fassent l'effort. que ça soit parce qu'ils veulent vraiment le faire ou parce qu'ils n'ont pas le choix et je disais aussi que j'ai l'impression qu'il y a une grosse prise de conscience de notre génération, de la mienne en tout cas où on n'a plus les mêmes ambitions qu'aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on voit quand même de plus en plus de restos qui sont responsables qui essaient d'être vraiment bienveillants dans la... dans la façon dont ils traitent leurs employés. Mais malheureusement, je pense aussi que c'est parce que, de ma génération, on a beaucoup subi ce qu'on pouvait voir dans les cuisines à l'ancienne et qu'en fait, aujourd'hui, il faut que les choses avancent. Et évidemment, la place de la femme dans les cuisines en fait partie. Tu parlais tout à l'heure de l'assaut.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
Donc effectivement... Pauline et Raphaël ont déjà même bien avancé sur le travail qu'elles font avec l'association Femmes Chefs. Moi, je suis très, très, très heureuse qu'elles aient entrepris cette démarche-là. Au vu de l'engouement qu'il y a autour de l'association, je pense que c'était un réel besoin. L'idée, c'est vraiment... que les femmes puissent se sentir mises en avant, qu'elles puissent se sentir à leur place dans leur métier, dans les événements. Malheureusement, on a eu beaucoup d'exemples à Lyon d'événements culinaires qui ont eu lieu où la femme n'était absolument pas mise en valeur ou même pas présente du tout. Et je trouve ça très triste parce qu'en plus, aujourd'hui, on a une scène féminine à Lyon qui est géniale et qui ne fait que s'agrandir. Que ce soit dans la pâtisserie, que ce soit des nanas en chef indépendante sur le même modèle que le mien, que ce soit des chefs d'entreprise. On est une ville avec des chefs bien badass. Donc, moi, je trouve ça super que... que l'initiative ait été faite pour qu'on gagne en visibilité, pour que les filles essaient vraiment de créer une asso, une véritable safe place où on puisse se sentir à l'aise, soutenue. L'idée, ce n'est pas de se fermer non plus, mais je pense que c'est important aujourd'hui de pouvoir être mis en valeur.
- Speaker #1
Et de pouvoir échanger. Et de pouvoir échanger,
- Speaker #2
voilà, c'est ça. Les filles parlent beaucoup de sororité. Moi, c'est un mot que je maîtrise très mal, mais effectivement, on a fait une première soirée de lancement à Soma, chez Sarah, évidemment. Et dès les premiers instants, moi, j'ai vraiment senti ce que c'était, cette sororité, le fait d'être entre nous, le fait... d'avoir envie de créer quelque chose ensemble, le fait de partager la même passion, de vouloir revendiquer une place qu'on mérite et puis qu'on a déjà commencé à créer. Mais tout seul, on fait plein de choses ensemble. Je pense qu'on va encore plus loin. Donc, j'ai hâte de voir ce qu'on va pouvoir faire avec ça.
- Speaker #1
Oui, pareil. J'ai trop hâte. Me suis inscrite.
- Speaker #2
Oui, trop bien. Oui, parce que du coup, le podcast, je pense, sortira bien après. Mais effectivement, il y a la soirée de lancement le 24 novembre. Donc, c'est la grosse étape pour lancer tout ça. Et je pense que ça va être génial. On va faire de très belles choses.
- Speaker #1
Oui, et puis ça va faire du bien de faire un petit peu de bruit. Oui, je pense que...
- Speaker #2
Oui, je pense que...
- Speaker #1
On n'est pas en trop.
- Speaker #2
On est toutes restées plutôt silencieuses. Et que c'est bien qu'on se fasse entendre un peu aussi. Je trouve que c'est important.
- Speaker #1
C'est clair. J'aimerais faire avec toi les petites questions cherbons.
- Speaker #2
Je me suis préparée.
- Speaker #1
Est-ce que tu es prête ?
- Speaker #2
Je suis prête.
- Speaker #1
Allez, je commence par la plus difficile. Ton top 3 restaurants préférés à Lyon.
- Speaker #2
C'est bon, là, ça, j'y ai bien réfléchi. Évidemment, je ne citerai pas les éternelles cités de Steven et de Sarah parce que je les aime très fort, mais je pense que leur nom est déjà sorti assez souvent. Donc, disons qu'on va enchaîner sur d'autres choses. J'ai essayé de réfléchir à des choses un petit peu différentes. Alors, je vais tricher un petit peu et je pense que j'en rajouterai un quatrième sur une table que j'ai fait récemment, mais qui n'est pas à Lyon.
- Speaker #1
Fais-toi plaisir.
- Speaker #2
Très bien. Alors, à Lyon, il y a Reguin, je crois, qui n'est pas encore... Il me semble que ce n'est pas encore sorti. Je l'ai déjà fait plusieurs fois et c'est une très belle table. Hyper créative. Moi, je m'y retrouve vraiment. C'est le genre de cuisine qui me plaît. Très inventive, très gourmande. Donc, j'adore. Ça, c'est un gros plus. Et après, j'ai voulu proposer des trucs un peu différents. Moi, je voudrais parler de Gussengas. Oui,
- Speaker #1
la sandwicherie.
- Speaker #2
Oui. J'avais la chance de vivre à côté, donc j'ai pu goûter pas mal de leurs recettes. Et je trouve que leur concept est génial. C'est quand même très, très cool qu'il y soit au côté milieu. C'est une sandwicherie, donc c'est quand même pas rien. Et je comprends pourquoi, parce que c'est... C'est trois cuisiniers qui sont passionnés et qui font un travail honnêtement pour ce qui pourrait être entre guillemets, gros guillemets, juste des sandwiches. Moi, je trouve qu'ils font un travail de cuisine et de création qui est super. Donc, je trouvais que c'était important d'en parler ici quand même parce que ça change un petit peu d'un bar resto classique. C'est très cool. Dans le même quartier, j'avais envie de... de parler de Crouton aussi. Super. Ça a été un peu ma cantine sur la période où j'aurais vécu dans le 7e. Je vais le quitter. Je regrette de quitter un peu ces adresses-là. Mais Johan est devenu un copain. C'est un chef aussi que je trouve très inventif, très créatif. On se retrouve sur pas mal de valeurs et j'aime beaucoup sa cuisine. Que ça soit pour le déjeuner ou pour le dîner, c'est très cool. Et donc, la petite exception, c'est que cet été, je suis allée manger dans un resto à Annecy qui s'appelle Coral. Et je pense que je ne m'étais pas pris une claque comme ça depuis très longtemps. Le chef a fait très belle maison. Lui, pour le coup, il a une technicité de dingue. Et je me suis pris, franchement, je me suis pris une grosse claque. Pourtant, j'avoue que j'ai quand même eu la chance de faire pas mal de bons restos, quelques étoilés sur ces dernières années. Mais très franchement, si vous avez la possibilité d'aller à Annecy, je trouve qu'il y a une scène culinaire à Annecy qui se développe et qui est vraiment cool. Et chorale, gros plus.
- Speaker #1
Ok, c'est noté. J'avais déjà entendu parler d'eux. Peut-être qu'un jour, Cherbon ira faire un tour du côté d'Annecy.
- Speaker #2
Oui, je t'invite à y aller. L'équipe est super en plus. Et si je peux avoir un dernier petit bonus, parce que j'en ai fait pas mal.
- Speaker #1
On prend.
- Speaker #2
Le restaurant Pau à Arles.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Génial. Sur une petite place. C'est un couple qui le tient. Pareil. C'est une bistronomie, mais d'une créativité. C'est gourmand. J'ai mangé un... Un pâté en croûte avec de l'anguille à l'intérieur, c'était incroyable.
- Speaker #1
Ok, trop chouette.
- Speaker #2
Donc j'avais bien fait moi-même de voir, j'avais réfléchi à pas mal de choses. J'en ai même plus que trois.
- Speaker #1
Bon, en tout cas, on note tout ça. Ton péché mignon culinaire ?
- Speaker #2
Alors, il y en a un très facile, c'est que je suis une très, très, très grande fan de fromage. Mais je... Voilà. Je pense que je ne serai jamais fit de ma vie parce que j'aime beaucoup trop le fromage. Vraiment, du matin au soir, je pense que je pourrais me nourrir uniquement de fromage. Et en y réfléchissant tout à l'heure en venant, il y a un autre truc qui là est un peu insolite sur le coup. J'aime beaucoup le foie de morue.
- Speaker #1
Ah, wow ! C'est sans le fait être inverse,
- Speaker #2
sans le fait être testé. Alors, le foie de morue, on en entend parler pour l'huile de foie de morue qu'on faisait boire à nos parents quand ils étaient jeunes. Et en fait, ma mère m'a fait goûter les conserves de foie de morue, donc le foie de morue lui-même. Et très franchement, moi, je trouve qu'on dirait un peu un foie gras de la mer. Ça a une texture assez particulière, mais alors ça, sur un bout de... de pain avec de la fleur de sel, je te jure que c'est une dinguerie.
- Speaker #1
Pourquoi pas ? Je reste open, si un jour on m'en propose, je goûterai.
- Speaker #2
Je te conseille d'essayer, moi j'adore ça.
- Speaker #1
Si tu n'étais pas chef, tu serais quoi ?
- Speaker #2
J'aurais aimé vraiment être journaliste. Du coup, aujourd'hui, journaliste culinaire, ça me plairait beaucoup. Ou, pour rebondir sur ce que je viens de te dire... Pendant un moment, je me suis dit, à aimer le fromage comme ça, tu pourrais vraiment devenir fromagère. Tant qu'à faire. Mais là, il y aurait un gros problème de nutrition, donc ça serait trop compliqué. Pour rester sérieuse, j'aime beaucoup lire, j'aime beaucoup voyager, j'aime beaucoup écrire et j'adore manger. Donc, si un jour, peut-être qu'un jour, ça finira peut-être par arriver, mais j'adorerais être... être journaliste culinaire.
- Speaker #1
Ou écrire ton livre ?
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Ah, je sens que c'est quelque chose qui...
- Speaker #2
Oui, j'aimerais bien. Ça, ça me plairait bien. Si ça intéresse quelqu'un qui nous écoute, mais encore syndrome de l'imposteur, je me dis que c'est peut-être trop tôt, mais j'avoue que tu me parlais de mes buts tout à l'heure, j'aimerais vraiment avoir un livre.
- Speaker #1
S'il y a des éditeurs, comment on appelle ça ? Oui, c'est ça. Oui,
- Speaker #2
c'est ça, on ne sait jamais.
- Speaker #1
Écrivez à Fanny.
- Speaker #2
Écrivez-moi, je suis toutoui.
- Speaker #1
Ta plus grosse boulette en cuisine ?
- Speaker #2
Alors, ça m'a marquée parce que je me suis vraiment fait engueuler. Mais là, pour le coup, par quelqu'un de pas très juste à l'époque. C'était sur ma première semaine chez PIC. Et on m'avait mis dans une cuisine. C'était vraiment... J'y connaissais pas grand-chose. Et on m'a demandé de faire du jus de pommes vertes. Il faut savoir que quand tu passes une pomme à la centrifugeuse, on utilise généralement ce qu'on appelle de l'acide ascorbique ou du citron, quelque chose d'acide pour pas que tu perdes la couleur, sinon ça noircit. C'est un noir marron, ça a une couleur un peu ragoûtante. Sauf que moi j'étais pas au courant et que personne me l'avait dit. Et que je me suis retrouvée à passer deux heures à couper des pommes vertes et à faire du jus qui bien évidemment s'est retrouvée à être noir couleur cacadois, tu vois. Et je me suis vraiment, vraiment, vraiment fait disputer ce jour-là. C'était... En y réfléchissant, je pense que c'est... Ouais, je pense que c'est une de celles qui m'a le plus marquée en tout cas.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Mais en vérité, c'était... Je veux pas être de mauvaise foi, mais c'était pas tellement ma faute, donc...
- Speaker #1
C'est vrai, c'était pas de ta faute. On te l'avait pas dit.
- Speaker #2
Je le savais pas. Mais ouais, j'aurais voulu être six pieds sous terre, je t'avoue, quand il est arrivé et qu'il m'a dit...
- Speaker #1
J'imagine. À l'inverse, ton plus beau souvenir en cuisine ?
- Speaker #2
Waouh ! celle-ci j'espérais que tu ne me la poserais pas parce que c'est trop compliqué de choisir c'est trop compliqué de choisir j'en choisirais pas un seul mais je pense que à la fin de ma vie ou à la fin de ma carrière quand je me retournerais ce qui m'aura le plus marquée c'est les rencontres que j'ai fait avec mon métier je pense, comme je te le disais un peu tout à l'heure quand je te parlais de chez PIC certes c'est un métier qui est compliqué mais à... On passe tellement de temps ensemble, tu te dévoiles entièrement avec les personnes avec qui tu travailles, parce qu'il y a le stress, la fatigue, il n'y a plus de barrière. Donc, il y a une grosse notion d'intimité, je trouve. Et moi, j'ai tissé des liens avec des gens, je pense, et on se suivra pour des années encore. Donc, c'est difficile. Honnêtement, un seul souvenir, c'est trop compliqué. Mais ouais, effectivement, je ne voudrais pas avoir l'air trop bateau, mais je pense que je dirais les rencontres.
- Speaker #1
Est-ce que tu as des personnes à nous conseiller sur Chermont ?
- Speaker #2
Ah !
- Speaker #1
Je sais que tu en as plein.
- Speaker #2
Ça aussi, j'avais réfléchi. Puisqu'on parlait de femmes, moi, je voudrais te parler d'Emilie, qui est la chef de Trèfle.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #2
C'est le nouveau resto qui vient de l'ouvrir. C'est un restaurant entièrement végétal. Donc alors, malheureusement, j'en parle. Je n'ai pas encore eu l'occasion de le tester, mais ça me saurait tarder. et à savoir que Émilie c'est la chef qui a pris le relais quand moi j'ai quitté les mauvaises herbes donc c'est comme ça qu'on s'était rencontré et elle en fait elle a jamais lâché la cuisine végétale et là du coup elle vient d'ouvrir son restaurant Trèfle qui est une cuisine gastronomique que moi je trouve très haut de gamme en tout cas de ce que j'ai pu voir donc il me fait très plaisir très en vie, mais végétale. Moi, j'aimerais bien que tu ailles voir Gussène Gasse, que tu ailles les voir tous les deux, parce qu'ils sont très gentils, vraiment passionnés, et que je pense qu'ils ont des choses à raconter.
- Speaker #1
J'adore les suivre sur Insta.
- Speaker #2
Moi aussi, je trouve qu'ils ont une super DA, et puis très franchement, j'ai eu pas mal d'occasion de discuter avec eux, et ils sont super tous les deux. Je pense qu'ils ont vraiment des choses à raconter, ça peut être hyper intéressant. je trouve que leur... Leur réflexion a été très cool. Ils font des sandwiches hyper travaillés, apporter un peu de gastronomie dans un sandwich qui pourrait avoir un côté un peu plus simple. Et si ça pousse, moi, je trouve ça cool. Je pense que ça serait intéressant que tu te rapproches aussi un peu des producteurs. Et du coup, je vais te reparler de Marielle, que j'adore, qui est donc la personne qui me fournit en fleurs comestibles et en herbes comestibles, herbes aromatiques. Et Marielle, elle est super. Je pense que c'est pareil, qu'elle a des belles histoires à raconter. C'est déjà pas mal. En même temps, tu en as déjà fait tellement que...
- Speaker #1
Ouais, mais il y en a encore plein.
- Speaker #2
Mais il y en a plein. Mais oui, je pense que clairement, tu as une liste à rallonge.
- Speaker #1
En tout cas, c'est noté. Mais c'est vrai que les producteurs, ce n'est pas la première fois que je le dis, mais j'aimerais vraiment les mettre plus en avant. Et ça va se faire petit à petit. J'espère que en 2026, il y en aura.
- Speaker #2
autant que des chefs en tout cas et puis on fera des on pourra faire des enregistrements à plusieurs ouais des crossover entre nous ah si évidemment et j'en ai pas du tout parlé dans ce podcast mais je trouve que c'est important vu que mon grand-père était boulanger gros rapport avec le pain et moi je travaille essentiellement avec la boulangerie Antoinette et donc clairement si vous avez envie de manger du vrai bon pain et Pas avoir mal au ventre après. Je vous conseille vraiment d'aller chez Antoinette. Et je pense que ce serait très intéressant d'aller discuter avec eux.
- Speaker #1
Oui, c'est drôle. J'y pense depuis le début de Cherbourg. Je vais leur envoyer un petit message.
- Speaker #2
Oui, je pense qu'après, on a de la chance. On a des bonnes boulangeries à Lyon. Donc moi, je cite Antoinette, mais il y en a quand même pas mal d'autres. Mais je pense que ça vaudrait le coup.
- Speaker #1
Mais oui, c'est vrai. Il y a plein de choses à faire. J'aimerais me dédoubler tout le temps pour aller partout. Mais tu as le temps. Mais oui. D'un coup,
- Speaker #2
il n'y aura plus rien à faire.
- Speaker #1
C'est ça, ça viendra. Est-ce que tu as un dernier petit mot pour ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #2
Je te remercie déjà d'avoir eu de l'intérêt pour moi et pour mon travail. J'étais un peu stressée à l'idée de passer ce moment avec toi, donc j'espère que ça ne sera pas trop entendu.
- Speaker #1
Pas du tout.
- Speaker #2
Et puis, si je veux faire un petit raccord avec ce qu'on s'est raconté, si vous voulez vous lancer, lancez-vous, faites-le, vous réfléchirez après.
- Speaker #1
Il faut accepter et après on voit.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. Mais je pense que suivre son intuition, parfois, c'est bien. C'est bien et il faut avoir honte de rien. Mais c'est... Exactement, c'est exactement ça. Mais surtout, merci beaucoup à toi.
- Speaker #1
Merci à toi d'avoir accepté, d'avoir passé ce moment avec moi, d'avoir... Essayez de rebrancher tout le bazar avec moi.
- Speaker #2
J'espère que ça ne s'entendra pas trop, mais je suis sûre que non.
- Speaker #1
J'espère, je pense que ça ira. En tout cas, merci infiniment Fanny, c'était trop chouette. Je suis sûre que ça va parler à plein de monde et que plein de gens vont être hyper intéressés par ton travail. Et n'hésitez pas à aller la suivre à fond sur Instagram, sur TikTok aussi, parce que tu nous fais des recettes vraiment super.
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #1
Hyper maligne, très simple, enfin simple, enfin pas très simple toujours, mais assez simple qu'on peut refaire à la maison. Et voilà, si vous avez besoin pour vos événements, Fanny est là. C'est ça. Merci beaucoup.
- Speaker #2
Merci à tous.
- Speaker #1
Je vous fais des bisous et à très vite.
- Speaker #2
Très vite. Merci Fanny. À très vite.