- Speaker #0
Bienvenue dans Coalition, le podcast de Sport Power qui donne la parole à celles et ceux qui font le business du sport féminin. Je suis Sophie Sauvage et j'accueille deux fois par mois à ce micro des championnes, des entreprises, clubs, institutions pour explorer ensemble l'économie du sport féminin, ses modèles de développement et le chemin pour construire une trajectoire pérenne et ambitieuse pour l'ensemble des acteurs sportifs et économiques. Bonne écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de Coalition, le podcast business du sport féminin. Aujourd'hui, je suis très heureuse de recevoir Bruno de Bourmont, qui est le directeur général de La Boulangère. La Boulangère est le partenaire titre de la Wonder League, qui est la ligue féminine de basket professionnel. La Boulangère, c'est une entreprise industrielle qui existe depuis plus de 35 ans et qui est spécialisée dans la fabrication de... pain et de viennoiserie. La boulangère est aussi un des pionniers en France du commerce équitable et a montré par ses engagements qu'elle était capable de développer une stratégie audacieuse et innovante. C'est ce que le groupe fait aussi sur le sport féminin, partenaire depuis 2018 d'abord de la voile, aujourd'hui du basket également. Nous allons explorer avec Bruno de Bourmont ce qui rapproche. La Boulangère du sport féminin. Bonne écoute ! Bonjour Bruno, ravie de vous accueillir dans ce nouvel épisode de Coalition, le podcast business du sport féminin. La Boulangère est le partenaire titre de la Wonder League. Votre groupe est aussi engagé depuis de nombreuses années dans le sport féminin et j'avais envie pour commencer de... de vous demander un petit peu quel est le contexte de cet engagement du groupe dans le sport féminin et en particulier avec la ligue de basket dont vous êtes le Namers, qui est un type de partenariat très particulier.
- Speaker #1
Bonjour Sophie, la Boulangère est engagée dans le sport féminin depuis 2018. C'est vrai que c'est une entreprise qui a su en fait... comprendre qu'il y avait des combats à mener. Et d'abord dans son métier, puisque la boulangère, c'est une entreprise qui fabrique du pain et de la viennoiserie. Et donc, dès 2000, on a eu des premiers combats dans notre métier qui étaient le combat du bio. On était les premiers à lancer des gammes de pain et de viennoiserie en bio. Et ensuite, L'agriculture aussi, ça a été quelque chose d'important pour nous, puisqu'on s'est engagé, je reviendrai peut-être plus tard, sur des questions de rémunération juste et à long terme avec les agriculteurs. Et donc la question de combat est importante chez nous, la question de l'engagement. Et donc le sport féminin, ça résonne dans notre histoire de sponsoring, c'est-à-dire que l'histoire de la marque, c'est une marque qui a grandi depuis 30 ans. plus de 30 ans, au travers de diverses aventures, avec d'abord le cyclisme professionnel au tout début de l'aventure en 2003-2004, avec Brioche la boulangère et l'équipe de Jean-René Bernodeau. Et donc le groupe, l'entreprise a toujours été intéressée par ce lien avec le sport, d'abord dans un premier temps, je dirais. Pourquoi ? Parce que le sport, c'est un état d'esprit. on va dire audacieux, c'est un état d'esprit de courage, de force, de volonté de se dépasser et qu'on est animé aussi par ça. Et puis, au cœur, il y a la passion, la passion du sport, la passion de notre métier. Jean et Marie-Denise Fillon qui ont créé l'entreprise La Boulangère avaient cette passion du produit et donc la passion du métier, la passion du sport, c'est quelque chose qui nous ressemble bien. Donc je suis un peu long là, mais j'explique en fait le parcours de l'entreprise. Et le sport féminin est arrivé en 2018-2019 parce que là, c'était un engagement fort aussi. Christophe Hayé, qui était le directeur général à l'époque et qui a mené en effet cet engagement, ces combats du bio en particulier, s'est dit que le sponsoring qui nous permet en fait de communiquer différemment. que les canaux traditionnels. Si on allait vers le sponsoring, ce serait bien de faire quelque chose de différent. et de porter un engagement. Et donc le sport féminin, d'abord avec la voile, puis le handball, et plus récemment, effectivement, avec le naming de la boulangère Wonderling. Ça, ça a été une rencontre avec la ligue féminine de basket qui n'avait pas de namer jusqu'à présent. On avait ce sport collectif déjà chez nous, qui est le handball avec l'équipe nationale. Le sport collectif féminin nous intéressait, avec des sports collectifs qui sont vraiment ancrés dans les territoires. Nous avons sept usines en France, dans différentes régions, en Vendée évidemment, avec quatre usines, en Normandie, mais aussi en Bourgogne et en région parisienne. et donc le fait d'avoir cette territorialité avec... Le support d'une ligne qui est présente dans de nombreuses régions, ça nous intéressait. Donc ça, c'était un point très important pour nous. Ensuite, le basket, c'est vrai que ça paraît peut-être un peu éloigné comme ça, parce que c'est un sport, on va dire, d'origine américaine. Mais en réalité, c'est le premier sport collectif féminin aujourd'hui en France. C'est très pratiqué par les jeunes filles, on va dire. de la plus tendre enfant jusqu'à l'adolescence. Et puis après, il y a un peu un décrochage. Donc donner en fait une dimension encore supérieure à l'élite, on va dire à la Ligue Nationale de Basket, avec cet accompagnement, ce soutien en tant que Neymar, c'était important pour faire rayonner un peu plus ce sport qui est magnifique. Et donc on s'est engagé, en effet, il y a un peu plus de deux ans maintenant. dans cette aventure avec le basket féminin.
- Speaker #0
C'est intéressant Bruno, c'est que vous parlez des combats que vous avez menés dans l'entreprise, sur le bio et d'autres. Vous êtes d'ailleurs dans le groupe depuis 33 ans, donc vous en connaissez parfaitement les valeurs et les engagements. Moi, ça fait écho chez moi aux combats que le sport féminin a dû et doit encore mener. Et il me semble que c'est très intéressant de pouvoir être en partenariat avec une entreprise qui sait ce que c'est que mener des combats et que ça crée un point d'appui assez fort pour les sports avec lesquels vous êtes engagé.
- Speaker #1
C'est vrai que quand la boulangère a démarré l'aventure du bio, je reviens là-dessus, c'était très embryonnaire et il fallait beaucoup de temps. de convictions et puis aussi derrière dans la transformation et dans les opérations c'est très complexe parce qu'il faut de la matière première donc il faut des filières qui se créent et donc c'est vrai que l'agriculture elle-même qui se transforme depuis des années et plus précisément depuis peut-être 10 ans a épousé aussi parfois ce combat du bio mais il a fallu que... créer des filières, travailler aussi avec nos fournisseurs de matières premières et derrière, les agriculteurs eux-mêmes pour développer ces filières. Donc vous avez raison, c'est le sujet de la coopération, c'est le sujet de discuter dans le fond de ce qui fait sens pour nous. Ce qui fait sens, c'est en effet là, pour le coup, c'est de proposer des produits qui sont de qualité. de qualité, mais qui défendent aussi des questions d'environnement, des questions de santé aussi, de nutrition. Et donc, quand on s'engage comme ça, on sait aussi derrière tout l'effort que ça demande. Ce n'est pas simplement un engagement philosophique, c'est un engagement concret avec des actions, des plans d'action. Et il faut convaincre et après, il faut transformer, travailler. Je crois que la notion de travail est importante. pour faire fructifier ces choses-là. Et en effet, le sport féminin a des icônes. Le sport féminin, dans certains domaines, est déjà parfois à des niveaux très importants. Mais il y a des sports qui méritent et qui demandent encore un effort et une attention particulière.
- Speaker #0
Vous savez que... D'après la dernière étude publiée par Sportsora, il y a 6% du sponsoring en valeur en France qui va vers le sport féminin. Ce qui signifie qu'un groupe comme le vôtre fait partie des exceptions. C'est d'autant plus important, à mon sens, de parler de votre engagement pour inspirer d'autres entreprises. Et un des points inspirants, c'est de comprendre finalement ce que ce partenariat et ces engagements dans le sport féminin vous apportent. Et j'ai deux questions et je vous les pose direct comme ça, ça ouvre un peu la conversation. mais moi j'aimerais... C'est qu'on parle à la fois de ce que ça apporte en interne et puis de ce que ça vous apporte en externe. Sachant qu'on a un sujet de visibilité du sport féminin qui n'est pas à la hauteur de ce qu'on voudrait. Et donc souvent, quand une marque se rapproche du sport féminin, c'est un peu elle qui apporte sa visibilité au sport féminin, d'une certaine façon. Et donc, je voudrais comprendre un petit peu, vous, quels sont les... Les points clés finalement de ce partenariat, ce que ça vous apporte, l'activer en interne et externe ?
- Speaker #1
Quand je vous écoute et quand j'entends votre question, je pense à cette idée de grandir ensemble. Je crois que la boulangère, c'est une entreprise qui a une certaine réputation sur le marché, certaines renommées mais qui qui par ses engagements et par ses aspérités avancent probablement parfois moins vite que d'autres, parce que c'est des engagements de long terme. Mais par contre, elle sent, elle a senti, ou en tout cas, qu'il y avait des tendances de fond. Et aujourd'hui, le travail qui a été mené il y a 20-25 ans, ou il y a 10 ans, il est en train de payer sur la partie, on va dire, de... La croissance de nos produits, le fait qu'il y ait de plus en plus de consommateurs qui viennent vers nos produits, qu'ils soient bio ou conventionnels d'ailleurs, mais avec des spécificités, on va dire, très innovantes et audacieuses, comme les panne-mis, cègue-les-graines par exemple, c'est un produit très différenciant. Le fait de s'atteler au sport féminin, ça résonne en nous sur ce qu'on fait nous au quotidien. Et donc cette résonance, le fait de grandir ensemble, le fait... d'accompagner un sport collectif comme le basket, qui certes est le plus gros sport collectif féminin, mais qui n'a pas encore peut-être cet impact, on va dire, au niveau média et au niveau du grand public, c'est aussi un parcours dans lequel on se reconnaît. Et donc les collaborateurs, finalement, ont une certaine... retrouve une certaine cohérence et donc ça parle en interne et donc concrètement aussi évidemment on anime tout cela en interne et donc nos collaborateurs peuvent assister à des matchs ils vont assister pour certains au match des championnes qui aura lieu au mois de septembre pour le coup à Roland-Garros donc c'est un événement particulier qu'on va accompagner et donc ça... Ça crée aussi pour nos collaborateurs une certaine fierté, une appartenance particulière parce que la boulangère est présente dans un autre univers sportif, différent, avec une certaine renommée dans certains territoires. Donc cette question de fierté, d'appartenance pour nos collaborateurs est aussi importante. Donc ça, c'est pour l'interne. Pour l'externe, je dirais que... Évidemment, ça fait à peine deux ans, donc c'est encore presque un peu tôt. Comme on est dans le temps long dans ces histoires-là, il faut prendre un peu de recul. Bien sûr, il y a des évolutions positives sur le nombre de spectateurs ou de téléspectateurs, puisque les finales, par exemple, de la Boulanger Wonder League sont retransmises sur l'équipe ou sur Sport en France, tout le championnat. On voit un accroissement des téléspectateurs, on voit un accroissement de certaines salles qui sont vraiment bien remplies toute l'année avec un vrai engouement. Donc voilà, c'est en chemin, ça se construit sur le long terme. Donc voilà, je pense que c'est la persévérance pour le coup qui nous permettra de relier finalement notre croissance et notre notoriété de marque à la... à la performance de notre engagement dans le sponsoring.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y avait aussi une idée, c'est une question... vraiment assez naïve. Est-ce que vos clients sont plus des femmes ? Est-ce qu'il y avait une idée comme ça ? Ou est-ce que je ne sais pas du tout ?
- Speaker #1
Oui et non. Disons que les femmes, en effet, ce qu'on appelle les shoppers dans un jargon marketing, donc ceux qui achètent les produits, sont essentiellement des femmes. Maintenant, Donc oui, il peut y avoir ça, mais ceux qui regardent le sport, qu'ils soient féminins ou masculins, c'est plutôt les hommes pour l'instant. Mais ça peut encore changer. Mais le sujet, c'est aussi que la boulangère, c'est une marque d'inspiration féminine. Donc le nom même de la marque, c'est un hommage quelque part, en quelque sorte, à cette femme qui s'occupe. des produits et du pain et de la viennoiserie. Donc, il y a un lien fort entre notre engagement dans le sport féminin et la marque elle-même et sa signature féminine.
- Speaker #0
Vous dites avec raison qu'il y a davantage d'hommes que de femmes qui regardent le sport féminin. J'ai une conviction très personnelle là-dessus. Je pense que l'écosystème du sport, en général, a été historiquement conçu par des hommes, plutôt pour des hommes, et en particulier sur le sujet de l'écosystème médiatique. Il y avait, il y a quelques mois, un reportage qui retracait les 50 ans de Stade 2. et c'était assez édifiant en fait de voir à quel point le sport féminin n'avait pas sa place et à quel point dans la construction et encore une fois c'est un constat je ne suis pas dans la critique, je suis dans le constat de la constitution que ce soit des fédérations, etc. petit à petit l'espace médiatique occupé essentiellement par des hommes et on voit que les femmes journalistes de sport Merci. ou des difficultés en fait à se faire leur place. Et du coup, finalement, c'est un peu la partie réseaux sociaux qui est devenue le canal prioritaire de communication du sport féminin et les sportives elles-mêmes qui sont les principales communicantes. Et donc, quand une marque s'engage...
- Speaker #1
ça peut changer les choses aussi et surtout si elle a une clientèle féminine ça peut amener aussi des femmes vers le sport en fait je souscris mais je pense que ça bouge parce que pour avoir regardé Stade 2 tous les dimanches soirs quand j'étais gamin et adolescent c'est vrai que les gens qui étaient autour de Robert Ausha c'était plutôt des hommes, t'as raison mais je trouve que depuis quelques années on ne reste pas on voit quand même une évolution avec des femmes qui sont très présentes dans l'espace médiatique des journalistes féminines donc je trouve que en effet ça change, ça bouge après vous avez raison c'est une lente évolution c'est aussi la place du sport on est en France, donc quelle est la place du sport un... dans l'éducation, la place du sport à l'école. Oui, on a un garçon, on veut qu'il fasse de la compétition, mais on a une fille, elle peut faire de la compétition. Et au contraire, je dirais que c'est cette place du sport aussi, au global, dans l'écosystème, qui peut faire écho. Ce qui me marque, par exemple, c'est la question du vélo et le Tour de France. Ça, c'est un autre sujet, mais le Tour de France, c'est l'événement emblématique du sport qui a lieu en France, mais dans le monde entier. C'est un événement mondial. Et c'est vrai que ce Tour de France masculin était omniprésent et avec des histoires extraordinaires. Et là, on a quelque chose qui est en train de se créer dans le vélo féminin. Et donc, il y a quand même un essor extraordinaire. J'ai aussi en tête, par exemple, c'est autre chose, mais le biathlon, masculin et féminin, mais là, les deux, à la fois, ont éclos avec des biathlètes, que ce soit féminines ou masculines, qui étaient exceptionnelles. Donc, je pense que c'est aussi lié, moi, je pense, à parfois des... à des icônes, à des victoires, à aussi des femmes qui sont impressionnantes par leur parcours et par ce qu'elles apportent finalement à l'imaginaire français.
- Speaker #0
C'est lié à ça, mais en fait, les icônes, elles ne se créent pas toutes seules, il faut des conditions. Et quand vous parlez du biathlon qui est... Le biathlon, c'est amusant parce qu'aujourd'hui, c'est le sport féminin numéro un médiatiquement parlant. Il n'y a pas de sport féminin dont le feuilleton rassemble plus de personnes. Après, le Tour, c'est autre chose parce que le Tour a fait 23 millions de téléspectateurs cette année sur le féminin, ce qui est énorme. C'était 45 millions pour les hommes et 23 millions pour les femmes.
- Speaker #1
Magnifique.
- Speaker #0
Magnifique. Et en fait, la Fédération internationale de biathlon a instauré une politique d'égalité à partir de 1972.
- Speaker #1
Donc ce n'est pas le fruit du hasard ?
- Speaker #0
Ce n'est pas le fruit du hasard. C'est une volonté institutionnelle, c'est une volonté politique. Et ça part d'une volonté et ça se traduit dans toutes les actions, l'égalité des primes. La construction des week-ends de course avec cette alternance entre les courses masculines et les courses féminines. Donc, le calendrier commun. Et finalement, tout est fait de manière égalitaire. Ce qui crée un espace où finalement, les femmes, effectivement, brillent autant que les hommes. Et nous, en France, on a la chance, mais aussi l'intelligence. Mais c'est quelque chose qu'on a dans beaucoup de sports. En fait, on a une super école de biathlon et on a des championnes qui ont brillé. Mais on a ça aussi dans de nombreux sports. En fait, on est un des pays qui forme les meilleures joueuses dans de nombreux sports. Et en particulier dans le basket aujourd'hui. C'est ce que j'allais dire. Nombre de nos championnes de basket sont dans la WNBA. Ils brillent et ils vont nous les libérer deux jours avant le championnat du monde d'ailleurs.
- Speaker #1
C'est certainement vrai que ce que vous dites, ça part aussi de la façon dont on adresse le sujet, les engagements, cette notion presque éthique d'accompagner le sport masculin et le sport féminin de façon égalitaire. Et c'est vrai qu'après, ça fait le pendant avec ce que vous disiez tout à l'heure sur le fait qu'il n'y ait que 6% des sports. Le total budget sponsor, il y a 6% qui va au féminin et donc j'en conclue 94% au masculin. Et là, il y a clairement, je ne sais pas si on peut dire un dysfonctionnement, mais en tout cas un déséquilibre.
- Speaker #0
Disons qu'il y a une construction lente vers le féminin. Et c'est pour ça que je redis que c'est important que des entreprises comme la vôtre communiquent, parlent. de ce qu'elles font et partagent en fait les raisons pour lesquelles aller sur le sport féminin c'est un choix et ce n'est pas un choix par défaut en fait ça
- Speaker #1
résonne complètement les 6% je n'avais pas ce chiffre mais le bio sur le marché en France, nos pains bio et nos viennes en région c'est 4% du marché donc en fait on a le même déséquilibre c'est à dire que C'est vrai qu'il faut un engagement, parce que c'est des produits plus chers, mais il y a une certaine... C'est vertueux derrière, dans le sens où on a cette qualité de produit, cette préservation de l'environnement, cette attention à la santé des agriculteurs. Tout cette notion liée au bio, elle ne demande qu'à grandir, mais oui, ça fait 25 ans qu'on y est, et on est toujours à 4%. Donc, le... La question du sponsoring, où aujourd'hui on est à 6, je ne sais pas si on peut se donner des objectifs, mais en tout cas, c'est des progressions lentes, mais parfois, on a des déclics. Et là, il y a quelque chose qui peut se passer. Et je ne sais pas si on peut dire, on renverse quelque part le système et les choses avancent beaucoup plus vite.
- Speaker #0
Moi, je pense qu'on n'est pas loin du déclic. Et c'est aussi pour ça que je me suis engagée dans la création de Sport Power. Parce que j'y crois vraiment. J'ai vu ce qui s'est passé aux États-Unis notamment. Et que même si on a un marché qui est complètement différent, les tendances... en fait, sont les mêmes, avec des échelles un peu différentes. Mais on sent quand même qu'il se passe quelque chose. Et puis, il y a aussi cette dimension... Le parallèle avec le bio, en fait, est hyper intéressant, parce qu'il y a la partie produits, chiffre d'affaires, etc. Mais il y a la partie impact dont vous parlez, la santé des agriculteurs, la santé des consommateurs, etc. Et sur les engagements des partenariats dans le féminin... Mais c'est pareil, vous avez une vraie dimension impact, en fait, parce que finalement, s'engager dans le sport féminin, c'est quand même, au-delà de l'engagement stratégique, de la valeur du partenariat, etc., c'est aussi contribuer à travailler, à soutenir une société plus équilibrée, à développer la place des femmes. On en a besoin, en fait, parce que tout n'est pas encore égalitaire dans les faits. Ça l'est dans les textes, ça l'est parfois moins dans les faits. Je ne sais pas si c'est un message que vous portez. Je ne sais pas si vous avez dans l'entreprise plus de femmes que d'hommes, si c'est un parallèle que vous faites.
- Speaker #1
On est plutôt assez équilibrés à la boulangère. sur le nombre d'hommes et de femmes, moi je dirais que c'est un couple qui a formé l'entreprise. La boulangère est née en 1985, il ne faut jamais oublier que c'est un couple qui a formé l'entreprise. Et donc ce couple, il a ses complémentarités, il a... Jean Fillon, c'était la passion du produit, c'était l'homme produit, c'était lui qui avait l'art et le savoir-faire, et Marie-Denise Fillon... elle a cette idée du marketing, de la gestion. Et donc, avec cette fondation, je pense qu'on sait la complémentarité. Pour moi, ce n'est même pas une question dans l'entreprise. Après, on est vigilant, on fait attention, on sait tous les débats aujourd'hui qui animent la société et les évolutions. C'est un prisme aussi qui aujourd'hui est important pour moi en tant que dirigeant.
- Speaker #0
Merci pour tout ce que vous partagez parce que c'est construit sur du fond. Et puis, si je peux me permettre d'extrapoler un peu, comme vous travaillez sur le temps long, vous êtes dans le sport féminin depuis 2018, donc on va vous voir. très longtemps dans le sport féminin.
- Speaker #1
Écoutez, oui, c'est un engagement de long terme. Donc, je dirais qu'après, la question, c'est les formes que tout cela prend. Il y a aussi chez nous, au plus près, nos collaborateurs, nos territoires des engagements. On est, par exemple, sponsor depuis plus de 20 ans ou 30 ans du club de foot. des herbiers, là où est née l'entreprise. Donc, pour le coup, on sait aussi s'engager localement. On sponsorise des clubs amateurs aussi de basket féminin, qui sont plus proches des usines. Donc, on crée en fait ce lien aussi entre nos collaborateurs qui sont dans les usines, les territoires, et puis certains clubs de sport qui sont autour. On anime aussi des courses. Alors là, on est plus mixte, mais on est aussi, je trouve que Le sport féminin, c'est un engagement, un marqueur, mais il faut aussi traiter de la mixité et de travailler ensemble sur des semi-marathons, des marathons de bone, par exemple, qu'on sponsorise. Donc voilà, le sport nous anime. On a un marqueur très fort féminin, mais on sait faire aussi localement des choses, on va dire, plus élargies.
- Speaker #0
Mais quand vous dites que c'est un couple qui a... qui a fondé l'entreprise, la mixité est importante et elle est d'autant plus importante quand elle est proche de l'égalité. Oui, complètement. Quant à l'égalité, du respect des uns et des autres, en effet, le fait de grandir ensemble et de travailler collectivement avec une vision et des valeurs communes. Donc voilà, moi je pense qu'à la boulangère, on a ça dans nos... dans notre ADN, on va dire, depuis de nombreuses années.
- Speaker #1
On va terminer par deux petites questions plus personnelles, qui sont un peu les deux questions signatures de notre podcast, pour savoir si vous, est-ce que vous êtes passionné de sport féminin, et y a-t-il un moment de sport féminin qui vous a particulièrement marqué ?
- Speaker #0
Alors, je suis passionné de sport. d'abord, ça c'est vrai. Ma première rencontre avec le sport, c'est la pratique d'abord, la pratique de certains sports. J'en passe du judo, du tennis de table, du tennis, du basket, etc. J'en ai fait pas mal. J'ai même dû entraîner une équipe de basket féminine quand j'avais 22 ou 23 ans dans le Finistère Nord. Ça remonte quand même déjà assez loin. et puis après ma rencontre avec le sport proprement dit c'est les Jeux Olympiques de 1980 à Moscou mais je dirais que le sport féminin j'ai d'abord découvert plutôt par le tennis c'est Christopher Lloyd Martina Navratilova des femmes extraordinaires qui jouait superbement et extraordinaire. Donc ça, c'est vrai que j'ai tout de suite été passionné par ça. Après, par des parcours individuels, et j'ai en mémoire, évidemment, parce que je suis breton et je suis attaché à la mer et à la voile, Florence Artaud, qui est la première femme à gagner la route du Rhum en 1990. Donc ça, c'est très fort. J'ai en tête, et je m'étais levé, je me souviens, à 2-3 heures du matin, la victoire de Marie-Josée Pérec à Atlanta sur le 200 mètres et le 400 mètres, parce qu'elle gagne deux médailles d'or à cette occasion. Et donc Marie-Josée Pérec, c'est quelqu'un d'extraordinaire aussi dans l'imaginaire français. Donc voilà, c'est toutes ces femmes qui ont accompagné plutôt là pour le coup mon adolescence et la première partie de ma vie. Et aujourd'hui, c'est vrai que j'ai fait référence au biathlon, je suis subjugué par les biathlètes françaises, par ce qu'elles font. Et donc c'est rare, c'est rare que... Enfin c'est rare, je regarde beaucoup les courses de biathlon féminines, je trouve ça extraordinaire.
- Speaker #1
Et comme l'équipe TV, comme Eurosport d'ailleurs, font des plages de 6 heures autour de courses de 40 minutes, on a de quoi tout comprendre, tout apprendre. Je vais vous parler de Martina et Chris. Je ne sais pas si vous avez vu ce documentaire exceptionnel sur Netflix qui est sorti il y a deux mois, un mois et demi, deux mois. Qui s'appelle Chris et Martina, dernier set. C'est exceptionnel. Merci du conseil. Si vous avez une heure et demie, regardez, c'est très touchant. Et puis, ça nous remet dans des matchs exceptionnels.
- Speaker #0
Épique.
- Speaker #1
Épique. Et avec beaucoup d'intelligence dans les personnes qui interviennent. Mais je ne vous en dis pas plus. Regardez, j'aurai plaisir à en reparler avec vous après. Bruno, la dernière question est en lien avec le nom de notre podcast. Notre podcast s'appelle Coalition. On l'a appelé ainsi parce qu'on pense qu'il faut que tout le monde bouge ensemble pour que le sport féminin prenne toute sa place dans la société, que ce soit le sport de très haut niveau ou la pratique pour toutes. Je voulais savoir si ce mot « coalition » a une résonance particulière pour vous.
- Speaker #0
Alors, c'est un peu particulier. Je pense que j'ai beaucoup travaillé avec les Allemands. et quand je pense à coalition, je pense aux Allemands parce que ce sont des gens, en tout cas dans le domaine politique, qui savent faire des coalitions et donc qui ne sont pas dans un travail ou dans un cadre conflictuel, de rupture, même si parfois il y a des discussions tendues, mais ils travaillent pour essayer après des élections. à trouver une coalition et malgré les différences, malgré les opinions qui ne sont pas toujours alignées, ils s'engagent sur un programme. Et en fait, c'est ça pour moi la coalition, c'est-à-dire qu'on peut ne pas être d'accord sur tout, par contre on a une vision commune et donc avec nos différences, avec nos sensibilités, on va s'employer à travailler pour atteindre les objectifs. que cette vision nous donne. Et donc, coalition, moi, je l'ai créée avec un K, comme en Allemagne.
- Speaker #1
Ça me va aussi. Et j'espère qu'on peut importer de cette approche allemande qui est d'ailleurs aussi de manière un peu différente, mais avec la Mitbestimmung, c'est assez appliqué, finalement, dans l'entreprise, cette capacité de dialogue. qu'ils ont entre des forces différentes. Alors, ce n'est pas forcément coalition dans l'entreprise, mais ça reste un dialogue assez puissant et généralement constructif.
- Speaker #0
Oui, et aussi avec beaucoup de pragmatisme.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En sortant parfois des postures qui nous emmènent parfois dans des non-décisions ou des impasses. Donc, la coalition, ça doit permettre... de sortir d'impasse.
- Speaker #1
Conclusion parfaite. Et j'espère qu'on va réussir à travailler tous ensemble pour faire émerger ce sport féminin et sa valeur pour les entreprises que vous semblez avoir très, très bien comprise. Merci beaucoup, Bruno.
- Speaker #0
Merci à vous, Sophie. À très bientôt.
- Speaker #1
À très bientôt.
- Speaker #0
Au revoir.
- Speaker #1
C'était Coalition. Le podcast de Sport Power. Merci de nous avoir écoutés. Et pour suivre toute l'actualité business du sport féminin, abonnez-vous à notre page LinkedIn et à notre newsletter sur le site sportpower.com et surtout, rejoignez-nous dans la coalition.