- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Les contrôleurs dans les administrations fiscales sont de plus en plus bons, ils comprennent les sujets. L'administration aura ces informations-là. Et donc là, je pense que tu as compris ce qui va se passer. Et sur ces actifs-là, le détail, c'est hyper important. Beaucoup de nos confrères le traitent manuellement, mais c'est un risque.
- Florian DUFOUR - Hôte
La tech évolue, la comptabilité aussi. Codec, le podcast qui décode l'innovation des experts comptables. Alors aujourd'hui, on va parler de crypto, pas sur le côté investissement, mais plutôt comptabilité. c'est quand même quelque chose qui arrive de... plus en plus courant dans les cabinets des entreprises. Et donc aujourd'hui, j'ai demandé à un invité assez spécial de venir nous en parler. Elle s'appelle Sana Moussaïd, expert comptable. Bonjour Sana.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Bonjour Florian.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ravi que tu sois là pour nous parler de ça, de crypto et surtout comment on gère ça en comptabilité, parce que c'est assez complexe.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Merci à toi surtout pour l'invitation.
- Florian DUFOUR - Hôte
Alors Sana, avant de commencer, est-ce que tu peux te présenter ? Parce que tu as un parcours assez atypique, expert comptable, tu as été vice-présidente et tu as même certifié des diplômes sur la blockchain.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Tout à fait, oui.
- Florian DUFOUR - Hôte
Et je crois que tu as fait un passage sur BFM TV.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui. Oui, donc Sana Moussaïd. Moi, je suis expert comptable, commissaire en comptes, avec une appétence, on va dire, à tous les sujets qui touchent à l'innovation. Et c'est effectivement comme ça que je me suis retrouvée vice-présidente de l'Ordre en charge du numérique. Et donc, effectivement, en adoptant le numérique, en découvrant ce que c'est que la crypto, la blockchain, il nous paraissait à l'époque assez évident de créer un pack pour la profession pour leur expliquer ce que c'est et qu'ils puissent eux aussi aller tester et contrôler. Et c'est comme ça qu'on a inscrit les attestations de diplôme des experts comptables de 1995 à 2019 sur la blockchain Bitcoin. Donc voilà, le process existe encore, c'est inscrit, tu es inscrit, je suis inscrite et on est un certain nombre à être sur cette blockchain.
- Florian DUFOUR - Hôte
Je crois aussi que tu as eu un auvoir au niveau européen, je crois, l'expert comptable, jeune expert comptable.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
en 2017 ? Ah oui, oh là ! C'est vrai, oui, oui, oui, c'est un magazine UK, donc anglais, qui m'avait primé Young Accountant of the Year. Et donc, c'était en 2017, et donc, j'avais, par rapport à mon engagement, je trouvais que c'était hyper sympa d'être primée par un média européen de la profession.
- Florian DUFOUR - Hôte
Tu l'as même oublié, celui-là.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, oui, mais en fait, on... Je ne sais pas si c'est parce que je ne m'attarde pas trop à ce genre de choses ou parce qu'on passe aussi à autre chose. Il y a d'autres périodes, en fait, où on a des sujets plus stimulants et on oublie. Quand tu as fait référence à Connecta Boîte, cette émission que j'ai faite pour le compte de France Nume et donc plus largement la DGE, souvent j'oublie d'en parler et pourtant ça a été une expérience très riche. On a fait trois saisons sur BFM. On a fait trois saisons à éduquer les entreprises et le tissu économique français sur le numérique. C'était quelque chose vraiment de très intéressant avec des équipes top ici. Et je trouve que... En tout cas, je suis contente d'avoir vécu autant d'expériences riches, stimulantes, alors que je suis expert comptable. Sur le papier, je suis censée faire des contentés, si tu te rappelles.
- Florian DUFOUR - Hôte
Oui, c'est stimulant. Là, aujourd'hui, on va parler de Crypto Accounting, ta société que tu as fondée en 2021. C'était quoi le déclic ? Pourquoi, toi, tu as compris qu'il y avait quelque chose à faire au niveau de la crypto et de la comptabilité ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
En fait, déjà, quand j'ai découvert la blockchain et la crypto en 2016-2017, j'ai vraiment, vraiment adoré cette technologie. Je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose d'assez intéressant là-dessus. Et donc, en me disant intéressant, en travaillant déjà au niveau de l'ordre, ces sujets-là, je voyais surtout les confrères qui commençaient, qui avaient des dossiers comptables. Parce que moi, il faut savoir que je ne fais pas de comptabilité au sein du cabinet. Je suis juste inscrite à l'ordre, mais je fais vraiment du numérique. Du conseil, de la formation. Et donc, à l'époque, quand je voyais ceux qui avaient vraiment des dossiers comptables avoir des grosses difficultés parce qu'ils n'arrivaient pas à réconcilier, ils avaient des écarts dans tous les sens. Et pourtant, il existait à cette époque-là un outil sur le marché. Mais on me disait, en tout cas sur le marché français, on me disait, oui, mais il ne correspond pas, il ne me convient pas. Et c'est comme ça que je me suis dit, il y a peut-être quelque chose à faire à ce niveau-là. Et c'est comme ça que l'aventure Crypto Accounting a commencé.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est top. Donc le problème que tu as observé un petit peu, c'est avant de créer ces outils, c'était quels obstacles que tu avais au niveau technique ? Comment gérer le dossier crypto ? C'est quoi qui posait problème ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Déjà, il y a la compréhension des flux. Quand on prend des opérations sur certaines blockchains, il faut savoir les interpréter. On a des interprétations différentes, on a des opérations totalement différentes et des fois la traduction comptable va avoir un impact. Par exemple, quand on a un trading, on va avoir un ratio sur certaines plateformes. Sur d'autres, on va avoir la quantité qui a été tradée par l'actif A et l'actif B. Et donc tout ça crée des difficultés. au niveau de la comptabilité. Et l'objectif, c'était de trouver quelque chose pour simplifier tout ça et avoir un outil qui va permettre d'agréger tout ça pour le compte des cabinets. Et puis, eux non plus qu'à se consacrer à l'analyse des opérations et la traduction comptable de ces opérations-là.
- Florian DUFOUR - Hôte
D'accord, ce n'est pas une seule écriture en fin d'année quand tu fais le dossier.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Non, non. Tu fais bien de le dire. Merci beaucoup parce que... Et on y viendra, mais il faut une traçabilité complète. Et souvent, quand on est sur la crypto, on se fait des nœuds au cerveau. Et moi, j'ai tendance à dire, ce n'est pas parce qu'on est dans la crypto que les choses changent. Et j'ai un exemple très simple. Je dis à mes confrères, est-ce que quand vous avez de la banque, deux banques, BNP, Crédit Agricole, est-ce que vous saisissez le solde de fin ou est-ce que vous saisissez toutes les opérations ? De un, on saisit toutes les opérations, c'est une obligation comptable. De deux, est-ce que je prends un compte dans lequel je mélange BNP et crédit agricole ? Jamais de l'avis. Mais dans la crypto, c'est des choses assez particulières qu'on retrouve sur les dossiers.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est là la difficulté, c'est que c'est nouveau, il y a plein de mouvances. En plus, on va dire au niveau étatique, l'OA, ce n'était pas tout de suite clair.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Non, à l'époque, oui, bien sûr.
- Florian DUFOUR - Hôte
Est-ce que tu as un exemple marquant, toi, d'un cabinet que tu as découvert ou qui avait peut-être mal comptabilisé ses flux ? Qu'est-ce que ça lui a coûté ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Qu'est-ce que c'est à côté ? Au client, peut-être.
- Florian DUFOUR - Hôte
Mais dis-nous un petit peu.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, oui. En fait, j'ai récupéré un dossier qui était en comptant sûr. Donc, c'est avec l'avocat qui est venu me voir pour qu'on puisse faire la comptabilité d'un dossier qui remontait à plusieurs exercices. Et donc, il avait des millions de transactions par exercice. C'est ce qui rend la traçabilité assez compliquée. Mais ce n'est pas ça le sujet. Le sujet, c'est que son expert comptable lui a saisi une seule ligne d'écriture. Il n'avait pas non plus de comptabilité auxiliaire qu'il avait tenue sur un fichier Excel ou quoi que ce soit. Il n'avait strictement aucune traçabilité, si ce n'est les fichiers du client et une écriture dans le FEC. Donc, évidemment, je ne t'apprends rien. C'est rejet de comptabilité, pénalité, qui s'élevait à des sommes colossales, parce que du coup, les impôts ont taxé d'office. La taxation, elle était au-dessus du patrimoine financier du client, qui s'est retrouvé malheureusement... Là, c'est vraiment un cas dramatique. Il s'est retrouvé en hôpital psychiatrique parce qu'il a fait un burn-out. Et donc, le sujet aujourd'hui, c'est de se dire soit, effectivement, quand on a ce genre de dossier, soit j'ai les compétences et je le fais parce qu'il faut quand même être formé, mais aussi, surtout, être accompagné par des outils. et c'est là où interviennent des outils comme Crypto Accounting. Et on est plusieurs sur le marché, c'est la preuve qu'il y a ce besoin. Et malheureusement... Beaucoup de nos confrères le traitent manuellement, mais c'est un risque pour eux.
- Florian DUFOUR - Hôte
On pourrait faire même le parallèle avec la compta. On ne se pose pas la question d'avoir un outil pour faire la compta. On ne le fait pas à la main.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Exactement.
- Florian DUFOUR - Hôte
Et je vais à côté de ça, j'ai beaucoup de confrères qui me disent « Oui, mais c'est par parcimonie, c'est à côté un petit peu la crypto. Qu'est-ce que tu en penses de ça ? » Moi, je trouve que ça accélère. Il n'y en a pas que sur Paris. Tu en as dans d'autres villes, c'est un peu partout.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, tu en as dans d'autres villes. Et en fait, ce qui est intéressant... c'est qu'il y a quelques années c'était vraiment des cas très particuliers des gens qui sont vraiment qui baignent dans la crypto des personnes qui sont un peu dans la tech et là en fait on voit plutôt des profils de holding qui va investir sa trésorerie en crypto une entreprise traditionnelle qui fait de l'immobilier, qui a de la trésor qui place de la trésor en crypto et donc en fait t'as totalement raison, on voit que ça s'intègre petit à petit de manière professionnelle et et sur des profils qui ne sont pas que sur Paris, bien évidemment. Et heureusement, par exemple, il y a des villes comme Angers, où il y en a beaucoup, au CER aussi. Donc non, tout ne se passe pas à Paris.
- Florian DUFOUR - Hôte
Crypto Accounting, c'est un logiciel SaaS, pas un cabinet. Pourquoi tu as fait le choix de proposer un outil et pas plutôt un accompagnement, on va dire, pour les confrères ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
C'est un choix structurel. Il y a un véritable besoin, en fait, de notre profession, justement, qu'on leur mette le pied à l'étrier sur ces sujets-là. On a commencé déjà à l'époque quand j'étais vice-présidente avec la culturation. Mais l'outil, en fait, il est très important pour pouvoir... Voilà, il y a ce besoin-là, c'est de mettre en place un outil. Après, évidemment, sur la partie accompagnement au conseil, on accompagne les cabinets qui ont besoin de mettre en place le premier dossier. D'ailleurs, en ce moment, on a un accompagnement offert sur le premier dossier, mais on accompagne les cabinets. On a aussi des offres où on va aussi faire l'analyse de... du LBCFT, KYC, KYB, tous ces sujets-là. Donc, on a un certain nombre d'accompagnements, mais la base reste quand même ce besoin de comptabilité. C'est pour ça que Crypto Accounting est né.
- Florian DUFOUR - Hôte
Donc, concrètement, Crypto Accounting, ça t'aide comment dans ton workflow de cabinet ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
En fait, Crypto Accounting a été pensé pour que ce soit automatisé, surtout aujourd'hui à l'ère de l'IA et de l'automatisation. On récupère en fait la donnée, on va la récupérer soit en API, soit... directement sur la blockchain en y mettant son adresse, soit pour certaines plateformes qui n'ont pas d'API en CSV. Et donc, sur le logiciel Crypto Accounting, on va avoir les calculs, l'analyse, la génération du FEC, la génération des plus ou moins values latentes en fin d'exercice ou trimestriellement. Et puis, soit on télécharge son FEC en format TXT normé, soit on peut l'envoyer chez les logiciels partenaires et on a la chance d'être partenaire. avec des gros logiciels qui nous font confiance, comme Penny Lane et Time. Et puis, il y en a d'autres qui arrivent, évidemment, mais on ne va pas spoiler. Tu nous l'annonceras de toute façon. Oui. Et donc, voilà, on a vraiment ce 360 qui permet de ne pas avoir de tâches manuelles, entre guillemets.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est quand même un sacré temps. Si tu veux retravailler tous les éléments, le faire en mano, ça prend du temps. Il faut des outils comme toi.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, ça prend énormément de temps. Et mine de rien, même sur... 200 transactions, ça va prendre beaucoup de temps.
- Florian DUFOUR - Hôte
Du coup, de bien être équipé. Tu m'as parlé du coup des plateformes. Tu as combien approprié de plateformes, excuse-moi, blockchain qui sont prises en compte ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
On en a une soixantaine, une soixante-dix, quelque chose comme ça. Les classiques ? Oui, les classiques. Et puis surtout aussi, comme ça se professionnalise en Europe et en France, on va être surtout sur des plateformes réglementées.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ok.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Et donc aujourd'hui, on se concentre surtout sur l'intégration des plateformes réglementées, puisque les autres, on ne pourra pas y recourir.
- Florian DUFOUR - Hôte
Les opérations complexes, tout ce qui va être stacking, airdrop, tu le gères ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Catégoriser automatiquement, parce qu'on a de la chance, c'est que la blockchain, c'est transparent. On a toutes les informations et cette transparence permet d'avoir une traçabilité. Donc, on catégorise automatiquement toutes ces opérations-là.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ça te permet aussi, comme tu dis, d'avoir un cabinet peut-être qui ne maîtrise pas très bien. Ces données techniques, ça permet de pouvoir quand même traiter le dossier ou d'avoir un collaborateur peut-être qui n'est pas à l'aise.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Tout à fait, ça permet de le traiter parce que l'objectif, c'est de se dire « Tiens, si je n'ai pas de compétences en crypto, j'ai quand même des compétences comptables. » Et c'est de l'analyse de flux comptables issus de la blockchain. Et Crypto Accounting fait ce travail. Et d'ailleurs, même sur le logiciel, de manière transparente, chacune des catégorisations, chacune des écritures... le client peut aller cliquer dessus et voir le schéma d'écriture qu'on a proposé. Et s'il ne lui convient pas, il peut en créer autant qu'il en veut.
- Florian DUFOUR - Hôte
Top ça ! Au niveau des utilisateurs, ça me permet de rebondir. Quels sont les avantages ou les retours que tu as eus de tes clients ? Qu'est-ce qu'ils apprécient ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Ils apprécient cette fluidité justement et le fait que ce soit assez simple puisqu'on a aussi un dashboard qui va avoir une visualisation. des actifs numériques en fin de période. On a aussi des alertes qui vont les alerter qu'il y a des stacks négatifs. Parce que des fois, il y a des stacks négatifs parce que le dossier a été déjà traité par ailleurs ou qu'il manque une ligne ou qu'on n'a pas tout intégré, donc on a la possibilité de les rajouter. Et donc, le fait d'avoir tous ces warnings-là et aller jusqu'aux écritures de fin d'exercice, c'est quelque chose qui plaît énormément à nos clients. Et puis, On a bien compris qu'il y a aussi d'autres besoins. Et aujourd'hui, on est en train d'intégrer une sorte de dossier de travail pour l'expert comptable. Et puis, préparer l'annexe des comptes annuels pour qu'il puisse aussi la copier-coller et la mettre directement sur son logiciel comptable.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ça, c'est bien parce que du coup, ça permet de faire tout de A à Z.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
On a toutes les informations, on dispose de la donnée. Et donc, on peut effectivement aller jusqu'à ce côté-là pour nos clients.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ça, c'est positif. Maintenant, je vais t'embêter du côté des réticents. Pourquoi ils n'aimeraient pas adopter ton outil ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Alors, la réticence... Oui, oui, bien sûr. Tu me connais. Mais la réticence, elle vient de deux points. Le premier, c'est celui de se dire « C'est pas très grave, je vais y arriver parce que c'est un fichier Excel. » Pour l'anecdote, j'ai... J'ai reçu quelqu'un pour lui montrer le crypto-accounting et puis elle me dit que de toute façon, elle le fait très bien sur Excel. Mais pendant la réunion, elle m'a dit, pardon, excuse-moi, mais je sais que le mot blockchain est très à la mode, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Et c'est la même personne qui traite le dossier. Donc, effectivement, parfois, on se dit, bon, c'est un CSV, on sait traiter les fichiers Excel, on sait traiter de la donnée, je peux le faire. Donc, ça, c'est le premier sujet. Le deuxième sujet, c'est vraiment le vrai problème. C'est une question de sous. Et tu connais notre profession, tu connais nos confrères, donc ils vont te dire, je ne l'ai pas dimensionné dans ma mission au départ, il faut que je vois avec le client s'il est prêt à payer ton abonnement. Et si le client est prêt, je viens chez toi. Sauf qu'en réalité, c'est une erreur. Soit, même si le client n'est pas prêt de le faire, combien de temps, est-ce que les 10 heures, les 10, 24 heures ou 30 heures que ton collaborateur va passer sur le dossier pour que ce soit faux et sans traçabilité ? Est-ce que ça, ça ne vaut pas un abonnement ? Si on parle de 200 transactions, c'est du 19 euros par mois. On est à 200 euros l'abonnement l'année. Donc, c'est une question de ROI. Exactement.
- Florian DUFOUR - Hôte
Ton ROI, le temps qu'il leur fasse à la mano, au final, ton collaborateur, peut-être qu'il fera faux. C'est ça.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Et notre profession, on a un vrai problème sur ce sujet-là. C'est de se dire, en fait, je ne veux pas payer. Mais sauf qu'en fait, si on calcule notre ROI, peut-être les 4-5 jours de mon collaborateur valent plus que 200 euros. Dans ce cas-là, il vaut mieux souscrire pour les 200 euros et ça va être une heure de travail. Tu sais, c'est comme quand on parle d'IA. Le temps que ça te fait gagner vs ce que tu payes, c'est une hérésie de ne pas payer pour ce genre de choses.
- Florian DUFOUR - Hôte
Donc, ce n'est pas un coût, c'est un investissement en fait. Il faut le voir comme ça.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Exactement, c'est un investissement. Et puis, surtout, en fait, tous ceux qui l'ont adopté, ils ont bien vu qu'en fait, ils gagnent énormément de temps. Et ils sont sereins sur les calculs. Ils sont sereins parce que quand on voit que mon client, il lui reste 0,00. 254 66 bitcoins il lui reste pas 003 et donc il a le détail et sur ces actifs là le détail c'est hyper important et puis sur des bitcoins la valeur elle peut être importante sur des fractions de Satoshi quand même et surtout qu'on va le dire quand même c'est des données un petit peu sensibles,
- Florian DUFOUR - Hôte
on voit que l'état actuellement est en train de chercher de l'argent donc il vaut mieux être carré que se mettre peut-être en difficulté Merci.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Tout à fait. Et puis surtout que les contrôleurs dans les administrations fiscales sont de plus en plus bons et comprennent les sujets. Moi, je fais partie d'un groupe de travail à l'ANC et on a aussi la DNF, les impôts. Il y a vraiment des représentants de l'administration fiscale qui sont là.
- Florian DUFOUR - Hôte
Tu l'as dit récemment, vous avez des intégrations Penny Lane, Time. Ça signale fort quand même sur le marché. Les éditeurs, ils te font confiance ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
En tout cas, on est ravis que ces éditeurs-là nous fassent confiance et qu'on puisse avoir eu cette intégration. C'est un signal fort pour nous, mais aussi sur le marché, c'est de se dire que ces éditeurs ont compris. La majorité des éditeurs ont dit qu'ils étaient en discussion avec d'autres. Il y a un besoin. Oui, il y a un besoin. Ils l'ont tous compris et ils ont tous été accueillis de manière assez positive. Et puis, ils nous ont assez facilité les choses pour s'intégrer. Et ça pour dire qu'en fait, on est en train de s'intégrer aussi avec d'autres plateformes comptables. Et c'est un signal de maturité de marché aussi.
- Florian DUFOUR - Hôte
Je ne t'ai pas demandé, mais c'est réservé que aux experts comptables ou toi aussi pour les entreprises ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Le logiciel, non, il est réservé aux deux, les experts comptables ou les entreprises. Maintenant, on n'a pas les mêmes droits en tant qu'entreprise. Ok.
- Florian DUFOUR - Hôte
Allez, je t'embête sur la conformité et réglementation. C'est bon un coup parce que du coup, on va laisser le côté technique. Donc, comment toi, tu gères un petit peu tout ce qui est des normes ANC avec la réglementation actuelle ? Mais je crois que tu m'as un peu devancé en disant que tu travailles dans un groupe.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, je fais partie du groupe de travail à l'ANC depuis six ans maintenant. Parce qu'il fallait retravailler l'ancien règlement et proposer une lecture un peu plus large du sujet. Tu sais, l'innovation, ça bouge énormément. et donc... Donc il fallait trouver un registre. Mais en tout cas, Crypto Accounting, on est déjà conforme aux règlements ANC 2020-05. Ça, il n'y a pas de souci. Et donc c'est déjà intégré dans la manière de... En tout cas, l'interprétation qu'on avait faite au moment où j'ai créé Crypto Accounting, elle était bonne et elle est confirmée dans les règlements qui sont sortis. en 2026.
- Florian DUFOUR - Hôte
Je t'embête sur le prochain, on a le 2026-01 qui devrait arriver à partir...
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
2027 ! Non franchement, 2027, ce règlement-là... Gros changement ou pas ? Non, pour nous, c'est vraiment en marge parce que tout ce qui est opération de staking, de mining, de liquidity pool, de airdrop et tout ça, je les avais bien interprétés. Il y a juste le rajout de deux numéros de compte qui vont changer un petit peu les choses chez moi. Mais pour le reste, non, sincèrement, on est plutôt... Et puis, on est content parce que ça ne modifie pas vraiment l'interprétation.
- Florian DUFOUR - Hôte
Je t'embête un petit peu sur les méthodes, du coup, en choix pour le calcul. On peut faire du FIFO, du CMUP.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Tout à fait, oui.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est moi qui choisis ou c'est déjà pré-paramétré ? Non,
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
non, non, c'est le client qui choisit. C'est un choix personnel. Après, on alerte sur le fait qu'il faut une permanence des méthodes.
- Florian DUFOUR - Hôte
Classique.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Voilà, et puis que... Le choix entre l'un et l'autre, l'interprétation n'est pas la même. Parce que quand on est sur le CMUP, en fait, ça va lisser un peu, plus ou moins, les pertes et les gains. Quand on est aux premières entrées, premières sorties, PEPS ou FIFO, là, si j'avais acheté à l'époque un Bitcoin à 30 000 euros que je sors aujourd'hui à 70 000 euros, la plus-value n'est pas la même. Alors que si j'ai acheté plusieurs Bitcoins, 30 000, 50 000, 100 000... et je fais une moyenne, tu l'auras compris, le calcul n'est pas le même.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est bien, on peut faire les deux. On va sur la partie réglementation européenne. Est-ce que tu peux me parler de MICA et d'ACUID ? C'est quoi ces choses-là ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
C'est des règlements européens qui professionnalisent le secteur. J'ai d'abord parlé de MICA. MICA impose un certain nombre... de choses aux acteurs européens. Et donc, c'est une réglementation européenne, ce qui est une bonne chose parce que ça aligne toutes les entreprises européennes. Ça professionnalise le secteur parce que pour les plateformes chez qu'elles, en fait, on va souscrire des cryptos. Elles s'appelaient des PSAN. Avec le règlement, elles s'appellent maintenant des PSCA, des plateformes de services sur cryptoactifs. Et en fait, ces plateformes-là, aujourd'hui, elles ont des obligations. Elles ont des obligations de ségrégation de comptes. Elles ont des obligations... de contrôle de LBCFT. Elles ont des obligations en termes de, comment dirais-je, de cybersécurité, de procédures, de tout ça. Et en fait, c'est vraiment renforcé. En fait, c'est quasi la même chose qu'on demande à des banques. Et donc, pour nous, professionnels, et pour le marché, le signal, il est assez fort parce que du coup, d'ailleurs, les premiers qui ont été régulés en France, c'est des banques traditionnelles qui se sont mises à la crypto. Donc, Donc, vraiment un vrai signal fort. Et surtout, nous, professionnels, experts comptables, commissaires aux comptes, c'est de se dire, en fait, c'est les mêmes obligations que les banques. Donc, ces plateformes-là, elles ont analysé l'origine des fonds. Et donc, elles ont fait aussi tout ce qui est Kawaii-C, Kawaii-B. Elles ont fait certains contrôles qui me permettent, moi, de me rassurer sur le sujet. Maintenant, dans la crypto, il y a plusieurs moyens de détenir la crypto. Soit je la détiens en direct et à ce moment-là, les moyens de contrôle sont... encore différents et ce n'est pas délégué à une plateforme, mais au moins ça professionnalise. Ça, c'est MICA. Et donc MICA, je pense que c'est quelque chose de très intéressant sur le marché. Et DAC8, DAC8, c'est un peu l'extraterritorialité des informations, c'est-à-dire que les différents fisques européens, les plateformes vont, dans chaque pays, vont communiquer aux fisques européens les informations de détention, c'est-à-dire que si en France tu détiens des cryptos, ta plateforme va les déclarer à la DGFIP. Et puis tous les fiscaux européens vont quand même communiquer entre eux pour que je puisse avoir l'intégralité de ce que détient Florian, ce que détient Florian, que tu sois sur une plateforme autrichienne, une plateforme régulée en France, qu'importe. Et donc ça, c'est assez intéressant parce que... Ces PSCA vont devoir non seulement transmettre les informations sur l'identité de la personne physique ou de la personne morale, mais le nombre de transactions, le solde, les opérations, est-ce que je fais du stacking, du mining, comme opération ? Tout cela va être délégué à l'administration. L'administration aura ces informations-là. Et donc là, je pense que tu as compris ce qui va se passer. En cas de divergence sur les dossiers comptables, ou alors on accompagne aussi les particuliers en cas de divergence de déclaration, On aura des contrôles fiscaux qui vont être enclenchés. Et c'est pour ça que la traçabilité, elle est hyper importante.
- Florian DUFOUR - Hôte
On aura accès, nous, au cabinet, à ces données-là ou pas ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Je ne pense pas. Non.
- Florian DUFOUR - Hôte
Oui, donc... Non,
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
c'est le fils qui les a. Nous, en tant que cabinet, on a accès aux informations que mon client va me donner.
- Florian DUFOUR - Hôte
Donc, pour les cabinets, ça va quand même changer certaines choses. Il faut y faire propre.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Oui, et puis surtout, en fait, dans les cabinets, j'ai fait un aparté. Mais quand on fait l'impôt sur le revenu des personnes physiques, tu sais, souvent, ils ont des enfants. Et on oublie de lui demander si leurs enfants ont des plateformes crypto. Parce qu'il y a une obligation de déclaration au même titre que les comptes bancaires à l'étranger. Et en cas de non-déclaration, c'est 5 000 euros par plateforme. Mais surtout, il y aura une communication. Je saurais que le fils de mon... Enfin, l'administration saura que le fils de mon client détient X crypto, mais qu'ils n'ont pas été déclarés. Donc, il faut qu'on ait aussi le réflexe de poser ce genre de questions.
- Florian DUFOUR - Hôte
En gros, on est arrivé à la fin. Moi ce que j'aimerais que tu me dises c'est qu'au niveau de cette réglementation qui est en train de s'accélérer... Est-ce que c'est un avantage ou un inconvénient pour les entreprises ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
C'est purement un avantage. C'est clairement un avantage parce que, encore une fois, ça professionnalise. À l'époque, on disait que c'était le Far West, mais c'est normal quand on a une nouvelle technologie. Aujourd'hui, sincèrement, les obligations qu'on met sur le dos de ces plateformes, elles sont énormes. Et on a de la chance d'avoir quelques plateformes françaises. Donc, du coup, de un, c'est un avantage. Parce que je sais qu'un certain nombre de contrôles est déjà opéré par ces plateformes-là. Et puis, ça me sécurise. Et puis, en fait, moi, j'ai encore envie de dire, il faut prendre aussi des plateformes françaises. Même si parfois, elles ont un peu plus de frais. Mais au niveau d'une entreprise, on s'en fiche. Ce n'est pas 1% d'écart de frais qui font la différence. Et puis, les clients n'ont pas les mêmes opérations quand on est un professionnel ou un particulier. Donc, ça va professionnaliser. Ça va permettre une adoption plus large. Et encore une fois, je me répète, mais je l'ai dit, quand on voit que les banques traditionnelles s'y mettent, c'est aussi un signal fort d'adoption dans le marché. Et ce qui est dommage aujourd'hui, c'est qu'il n'y ait pas assez de cabinets spécialisés dans le domaine, qu'il n'y ait pas assez de confrères qui s'y mettent. Des fois, à l'époque, ou puis même des fois, on a des prospects qui viennent et qui cherchent des cabinets d'expertise comptable parce qu'ils ont des cryptos. C'est difficile, mis à part 10 cabinets. Des fois, c'est difficile d'en trouver. Certains, ils ont des process qui interdisent. Et j'espère que grâce à cette réglementation MICA DAC 8, en fait, on va se dire, on peut y aller, j'ai beaucoup moins de risques et on va abaisser notre niveau de vie. On va les accepter au sein de nos cabinets.
- Florian DUFOUR - Hôte
Et puis, on va utiliser ton outil aussi qui va nous permettre de simplifier la vie.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Exactement, mon outil vous simplifiera la vie. Allez-y !
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est un expert comptable, t'écoutes. Comment il peut faire pour tester Crypto Accounting ? Comment ça marche ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Alors, comment ça marche ? Il peut déjà directement peut-être créer un compte sur la plateforme. Il reçoit aussi un guide d'utilisation. Il peut aussi prendre un rendez-vous pour une démo sur le site. Il peut me contacter sur LinkedIn. Quand c'est des confrères, c'est avec un grand plaisir aussi que... Ou pas, même quand c'est des entreprises. Je veux dire, moi aussi, je fais des démos. On est une petite équipe, donc je fais aussi mon job. Donc oui, quand je suis aussi contactée en direct. Je peux le faire, mais maintenant, sur le site, il y a aussi un accès pour prendre des rendez-vous.
- Florian DUFOUR - Hôte
C'est accessible aussi aux petites structures, les petites ?
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
C'est accessible à toutes les structures. C'est pas que les groupes ? Pas du tout, pas du tout. D'ailleurs, c'est vraiment tous les cabinets confondus. Et puis, on a vraiment des abonnements qui commencent à 19 euros par mois. C'est accessible, oui. C'est hyper accessible. L'objectif, c'est que la valeur ajoutée, pour moi, elle est quand même assez importante. On structure, on donne, je ne l'ai pas dit, mais on donne quand même. On fournit des fichiers qui permettent d'avoir une puce d'audit fiable, une traçabilité, le calcul, tout est tracé par actif, par plateforme. Donc ça permet vraiment d'avoir quelque chose de sécuritaire pour le cabinet. Et puis aussi pour l'entreprise en cas de contrôle.
- Florian DUFOUR - Hôte
Je te remercie Sanaa.
- Sanaa MOUSSAID - Expert-Comptable
Merci à toi.
- Florian DUFOUR - Hôte
Et puis, vous savez maintenant sur la crypto, c'est complexe, mais en fait, ça se simplifie en utilisant les bons outils et pour pouvoir traiter une comptabilité correctement. Merci à tous et puis on se retrouve au prochain épisode.