Speaker #2Maman de deux enfants, deux jeunes portent d'autisme sévère. Alors aujourd'hui on est ici pour présenter un parcours spécifique pour l'accueil des patients avec autisme complexe. Un travail qui a été réalisé en collaboration avec notre association HEI et Gardons le Cap au sein des Hospices Civils de Lyon. C'était une réflexion de se dire comment accueillir dans les meilleures conditions ces patients qui subissent majoritairement une rupture de parcours dans le cadre des soins dentaires. Donc on a tourné notre réflexion autour d'un accueil bienveillant, en respect. de leur particularité liée à leur autisme. Une rupture de parcours de santé pour les jeunes, enfants, situations ou adultes autistes, c'est la non-accessibilité aux soins dans le cadre des soins d'antenne. C'est des patients qui ne peuvent pas être accueillis dans des cabinets libéraux ou dans des conditions habituelles, qui donc essuient des refus. Pour certains, c'est 4 à 10 ans d'attente, avec une dégradation de leur état de santé buccodentaire, avec des conséquences dramatiques sur leur bien-être, sur leur état de santé général, mais aussi sur leur vie sociale, qui conduit parfois en plus à une rupture de leur parcours de vie. Puisque les douleurs deviennent si insupportables à vivre, comme on peut l'imaginer pour n'importe quelle personne, pour elle, elles le subissent pendant plusieurs années. Donc notre réflexion, c'était de se dire comment pouvoir ramener ces patients et leur redonner ce droit d'accès aux soins dentaires dans la dignité. De manière générale, c'est le manque de formation, d'information, le manque de temps, parce que ça prend du temps pour accueillir ces patients. Il faut connaître les particularités de ces patients, leurs particularités individuelles. Mais de manière plus générale, il faut connaître l'autisme. Il y a une façon de les accueillir. Il y a plusieurs aspects à prendre en compte. Et c'est vrai qu'à partir du moment où on prend en compte tous ces aspects, qu'on prépare ces patients à ces consultations, dans un cadre bienveillant, avec des dispositifs et outils adaptés, comme par exemple l'utilisation de séquençages photos, pictogrammes ou vidéos qui leur permettent de visualiser et d'anticiper cette consultation, ainsi que d'outils comme le fauteuil auto qui va permettre également de les aider à diminuer leur état anxiogène, de leur apporter un moment de bien-être et d'être à ce moment-là plus disposé à accéder à un soin qui peut paraître pour tous anxiogène. Chez une personne autiste, l'aspect anxiogène plus les difficultés sensorielles et la difficulté de comprendre ce qui va se passer peut générer ce qu'on appelle des crises autistiques et c'est souvent ce qui génère... cette difficulté-là chez les professionnels à prendre en charge, puisque une crise autistique, ça peut être très impressionnant, ça peut durer même des heures, et ça peut être vraiment un frein à l'accès aux soins. C'est pour ça qu'on a besoin de former les équipes, c'est ce qui a été mis en place. Mais aussi, au-delà de ça, il faut prendre en compte l'aspect architecture, la façon dont on va les accueillir. Certains patients ne pourront pas être... ne pourront pas supporter par exemple une mise en contact directe dans les salles d'attente. C'est pour ça qu'on a pensé ces espaces bulles pour eux, un espace d'apaisement qui va leur permettre dans un premier temps de pouvoir se recentrer, de pouvoir patienter et dans des conditions plus adéquates d'un point de vue sensoriel. L'espace bulle va permettre d'un point de vue sensoriel d'isoler le patient de... je dirais, d'éléments perturbateurs qui peuvent générer une réelle souffrance. On parle même de douleur, puisque tout ce qui est lumière, tout ce qui est bruit, peut être très envahissant chez eux et peut... générer justement un état anxiogène qui peut aller jusqu'à la crise autistique. Donc pour anticiper cet état-là, on va faire en sorte de les protéger. Donc si on sait qu'un patient avec autisme a des difficultés justement à être dans une salle d'attente où il y aura du bruit, de la lumière, on va pouvoir lui offrir cette possibilité d'attendre à proximité mais dans un lieu adapté à ses difficultés sensorielles. Alors ce lieu, au niveau de la lumière, on est déjà dans une lumière beaucoup plus... beaucoup plus apaisante, avec des projections de ciel étoilé. Il est beaucoup plus restreint, ce qui permet à la personne d'être plus rassurée. On peut associer à cet espace bulle justement une mallette sensorielle dans laquelle on aura un casque de protection auditive, des lunettes aussi pour encore plus apaiser l'aspect sensoriel au niveau de la vue. On aura aussi des couvertures lestées. Pour pouvoir faire comme une sorte de sas d'enveloppement, pour leur permettre de se rassembler justement, et de diminuer encore les effets anxiogènes, et de l'attente, et de ce qui va se passer ensuite. Et puis ensuite, on a la fameuse étape du fauteuil auto, qui se trouve en direct dans la salle de soins. Et donc ce fauteuil auto, c'est aussi une façon d'apporter une sorte de sas de décompression, parce qu'un patient autiste qui va rentrer dans une salle de soins, Il va avoir un fauteuil, il va avoir beaucoup d'éléments. Pour lui, ça peut être perturbant, parce qu'en fait, il ne comprend pas. Ça peut être effrayant. Donc pour l'apaiser, on va déjà commencer par le fauteuil auto qui va l'envelopper. C'est un fauteuil qui va permettre d'avoir une compression au niveau des coussinets latéraux, avec des commandes qui vont être modulées en fonction de ce qu'il aura besoin à cet instant T. Mais on peut imaginer que si le patient ne peut pas aller directement Sur la partie soins du cabinet dentaire, la première consultation peut se passer ici. Donc en fait, on parle de consultation de préparation, de désensibilisation, d'habituation aux soins. Donc c'est là qu'on peut commencer tout simplement à lui montrer les images qui correspondent à la suite des soins. On peut continuer à lui montrer les vidéos, on peut lui donner des éléments pour que lui manipule une bouche. avec des éléments de dentisterie. Et puis, progressivement, il va baisser son niveau de vigilance, il va se sentir beaucoup plus en sécurité et surtout, il va comprendre ce qu'on attend de lui dans cette situation. Mais c'est vrai que le fauteuil auto va vraiment permettre de travailler ce soin par palier, petit à petit. On ne va pas brusquer le patient, on va aller à son rythme.