Speaker #0Bienvenue dans Coeur en Transition, le podcast qui parle d'amour, de rupture, de résilience, mais surtout de renaissance. Je m'appelle Clara, et ici, je vais partager avec vous mon histoire. Celle d'un mariage éclair qui a duré finalement que 5 jours, et surtout d'un divorce au goût un petit peu d'inachevé, et du chemin vers la reconstruction. Parce que parfois, tout s'effondre en quelques jours, mais chaque fin peut être un nouveau départ. Alors ce podcast... C'est vraiment une bulle d'authenticité pour que toutes celles et ceux qui traversent un chagrin, une séparation ou simplement une période de grand changement puissent s'y retrouver. On va parler vrai, on va parler cœur et surtout, on va avancer ensemble. Alors prends une grande inspiration, installe-toi confortablement et laisse-toi porter par les mots. Bienvenue dans le podcast Cœur en Transition. Et ça fait, c'est vrai, les fins d'année c'est toujours un petit peu compliqué, j'ai beaucoup de mes étudiants qui partent, du coup que je ne vois plus sur leurs examens, il y a plein de choses qui se finalisent sur la planification de l'année suivante, et c'est vrai que du coup j'ai beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses à faire, plus quelques petits soucis persos qui font que j'ai moins pris de temps sur le podcast. mais me voilà de retour. Et je suis de retour avec un sujet et un thème qui est d'ailleurs inspiré de l'un de mes étudiants. En fait, on a fait une conférence il n'y a pas longtemps et souvent, c'est vrai qu'en fin de conférence, les intervenants demandent toujours aux étudiants qu'est-ce que vous voulez faire plus tard. Et j'ai un étudiant qui a répondu sans hésitation, sans rougir, sans chercher ses mots, rien, juste être heureux. Et il y en a certains qui ont rigolé. Et en fait, il aurait peut-être fallu l'applaudir. Parce que c'est vrai que dans un monde où on nous demande finalement d'avoir un plan quinquennal à 20 ans, un LinkedIn optimisé à 22 alors qu'on n'a pas beaucoup d'expérience pro... pro et qu'on ne sait absolument pas où on veut aller. On nous demande toujours d'avoir un projet de vie qui soit cohérent à chaque entretien de stage, d'alternance ou même pour le boulot. Si jamais il y a des trous, des trucs qui finalement on est parti dans tous les sens, il faut être capable de les justifier. Et finalement cet étudiant lui venait de dire quelque chose de profondément subversif et profondément sensé. Pour moi, ne pas avoir de projet de vie, c'est peut-être la chose la plus intelligente qu'on puisse faire et c'est le sujet d'aujourd'hui. Alors, ce n'est pas une invitation à la paresse, c'est juste une invitation à reconsidérer ce que planifier veut vraiment dire et ce qu'on perd quand on planifie un petit peu trop. Mais d'où vient cette injonction à avoir un projet de vie ? Alors, c'est assez récent quand même, enfin à l'échelle humaine. Nos arrière-grands-parents, ils ne se demandaient pas ce qu'ils voulaient accomplir à 40 ans. Ils vivaient, ils s'adaptaient, ils saisissaient ce qui passait. et nous aujourd'hui on commence assez tôt. A l'école on oriente les étudiants, au lycée on commence déjà à les spécialiser, à l'université on les professionnalise et à chaque étape on est censé préparer un peu la suivante selon un plan qui est préconçu, un peu comme si la vie c'était une autoroute avec une seule sortie qui était valable. Il y a un sociologue qui appelle ça la modernité liquide. C'est un monde un peu trop fluide, trop changeant pour qu'un plan rigide tienne la route. Et pourtant, Autant on continue à fabriquer des plans rigides. Et c'est un petit peu là où j'ai envie de vous amener aujourd'hui à réfléchir. C'est que je pense que dans notre génération, on est entre deux eaux. On a très envie de rester dans les modèles anciens. Et on n'a pas forcément évolué. Mais même sur nos relations humaines, c'est vrai que, par exemple, nos relations amoureuses, on essaye de planifier exactement les mêmes choses. C'est-à-dire de trouver quelqu'un qui prend soin de nous, qui va nous faire des cadeaux, etc. Et on oublie le fait que les femmes... femmes ont énormément changé, qu'aujourd'hui on n'a plus besoin d'un homme, en tout cas en termes financiers. On travaille, on a nos sorties, on est capable de voyager seul, on a nos voitures, on fait ce qu'on veut. Et du coup, c'est un peu un avancement à deux vitesses, ce qui fait que ça va coincer. Le problème avec le projet de vie, c'est qu'il vous enferme. C'est-à-dire que si vous décidez à 20 ans que vous voulez être directeur d'hôtel à Paris, c'est cool. Mais à 23 ans, si vous rencontrez quelqu'un Merci. vous parle de tourisme responsable au Costa Rica, ça ne va absolument pas vous parler parce que vous allez être concentré en mode non, moi je suis directeur d'hôtel et c'est tout. Et à 25, si une opportunité éclate dans le digital travel, ça va être pareil. Et à 27, vous avez une idée de concept hôtelier en pleine campagne française, c'est cool, mais si ça n'arrive pas, du coup, vous serez passé à côté de plein d'opportunités. Si vous êtes arrivé à votre plan et que vous dites Merci. Du coup, non à tout ça. Vous allez passer à côté d'opportunités, de aussi vous connaître un petit peu mieux et peut-être de vivre une meilleure vie que celle que vous aviez planifiée. Finalement, c'est vrai que la vie, ce n'est pas une ligne droite, c'est... une série un peu de bifurcations et les plus belles bifurcations souvent c'est celles que personne n'avait planifié. Si on regarde un peu les chiffres, c'est vrai que par exemple en termes de travail, il y a quand même 70% des étudiants qui travaillent dans un domaine différent de leur formation initiale disons après leurs études. Ça, c'est énorme. Mais même moi, par exemple, moi, je suis restée dans le tourisme, mais à la base, j'étais responsable d'agence de voyage. Donc, ça veut dire que j'étais vraiment en produit agence de voyage. J'ai fait des études d'agence de voyage. Et puis, un jour, j'ai saisi une opportunité. Il y a 3 à 5 reconversions professionnelles en moyenne pour une carrière aujourd'hui qui compte seulement une sur nos parents, par exemple. Donc, ça, c'est énorme. Ça veut vraiment dire qu'aujourd'hui, le monde change. Je ne me cite pas comme exemple, mais c'est vrai que depuis que j'ai divorcé, et depuis que mon plan de vie s'est effondré parce que moi l'objectif c'était avoir une agence de voyage, me marier, avoir des enfants, avoir un appartement, blablabla, bah depuis que ça, ça s'est cassé la figure, j'ai plus de plan, je sais pas trop où je vais et au début c'est vrai que j'ai eu une période un peu floue où je me disais putain c'est nul, t'as plus de plan, t'as plus d'objectif, du coup ça veut dire que tu vas aller nulle part et je me suis rendue compte qu'en fait c'était la meilleure des décisions parce que le fait d'aller nulle part, ça veut dire que chaque opportunité qui s'offre à moi, et bien je la saisis. C'est pour ça que j'ai changé de boulot, c'est pour ça que j'ai changé de vie et aujourd'hui je suis très heureuse comme ça. Il y a un concept japonais que j'adore, c'est le serendipity. Alors ouais, le mot il existe en japonais aussi mais je vais peut-être pas le prononcer comme ça. C'est l'espace entre les choses. L'intervalle qui permet à quelque chose d'imprévu de se glisser dans votre vie. Quand vous avez un projet de vie qui est bétonné, vous n'avez plus cet intervalle. Votre agenda mental est full, votre regard est fixé droit devant et vous voyez absolument plus ce qui arrive sur les côtés. Moi, c'est vraiment cet aspect-là qui est désastreux. Les gens qui n'ont pas de plan sont souvent ceux qui saisissent le mieux les opportunités parce qu'ils les voient vraiment. C'est-à-dire que nous, quand elles viennent à nous, les opportunités, on les voit et on prend le temps de les considérer puisqu'on a... ça ne risque pas d'entraver. un projet dans lequel on est. Steve Jobs, il en a parlé aussi pendant son discours. Il disait qu'on ne peut relier les points qu'en regardant en arrière, pas en avançant. Et il n'avait pas planifié de révolutionner l'industrie musicale en créant l'iPod, par exemple. Il avait juste suivi sa curiosité étape par étape sans savoir vraiment où ça menait. Donc, ne pas avoir projet de vie, ce n'est pas non plus naviguer à l'aveugle. C'est naviguer à la boussole plutôt que GPS. GPS, il vous dit exactement où aller. Par exemple, bravo je vais me marier avec ce mec-là, je vais avoir deux enfants, une fille et un garçon, et je vais acheter un appartement à Courbevoie. Alors que la boussole, elle vous indique juste une direction. C'est de se dire, en fait, la direction, comme l'a dit mon étudiant, c'est peut-être d'être heureux, en fait. C'est peut-être de faire vraiment des choses qu'on a envie de faire. Donc moi, perso, je préfère avoir une boussole qui me laisse réellement choisir le chemin. Il y a une nuance essentielle à faire là, c'est que vraiment ne pas avoir de projet de vie, c'est pas ne pas avoir de valeur, de curiosité ou d'envie. Mon étudiant qui m'a dit qu'il voulait son projet de vie, c'était d'être heureux, il sait probablement ce qui le rend heureux, ou il est en train de le découvrir. Et c'est ça la vraie boussole. Et les entreprises, à mon sens, les plus agiles au monde, sont celles qui survivent à toutes ces disruptions. Et c'est celles qui ont abandonné la planification à 10 ans pour des cycles qui sont plus courts et qui s'adaptent surtout à chaque personne réellement en fonction de ses envies, en fonction de ses capacités, en fonction de ce qu'elle est capable de donner. En fait, on... On ne peut pas demander aux humains ce qu'on n'exige même plus finalement d'une entreprise. Et en fait, tout ça, je trouve que le projet de vie aussi, ce n'est pas neutre. C'est vraiment un poison silencieux. Quand on a un projet de vie, on évalue un petit peu chaque événement. Une rencontre imprévue, on se demande est-ce que ça colle avec mon plan ? Une opportunité hors piste, ça ne rentre pas dans ma trajectoire. Une période de flottement, je suis en retard sur le plan, etc. Et du coup, il y a un mot-clé là-dedans, c'est le retard. Le projet de vie... vie, il crée une temporalité fictive dans laquelle vous avez l'impression que vous êtes tout le temps en train de vous mesurer à vous-même, à votre version idéale. Et c'est une comparaison en fait que vous n'allez jamais vraiment pouvoir gagner. Déjà parce qu'il y a quand même un jeune sur deux, entre 18 et 25 ans, qui ressent cette pression de réussir sa vie comme la principale source d'anxiété. Et ça c'est énorme, vous imaginez 50% des jeunes subissent la pression liée à avoir un projet de vie et réussir Alors qu'en fait, on n'a aucune idée de ce que c'est réussir notre vie. Peut-être que pour vous, réussir votre vie, c'est... avoir une maison, se marier et avoir des enfants, exemple là c'est bateau. Pour moi réussir sa vie c'est pas du tout ça, c'est partager des moments de qualité, c'est avoir assez d'argent effectivement pour pouvoir me les offrir et c'est être en bonne santé. Le reste honnêtement c'est pas que ça a peu d'importance, mais aujourd'hui ça n'en a plus autant, avant mon rêve c'était de me marier. Bon bah voilà, l'échec ayant été réalisé, c'est plus ça, je me suis rendu compte qu'il fallait vraiment que j'aie... j'ai quelque chose aussi, un projet de vie qui me corresponde et pas un projet de vie par rapport aux autres. Aujourd'hui, c'est vrai que la société est quand même en train de changer, mais très souvent, on monte un business, on réussit, on monte sur les réseaux sociaux qu'on réussit, on fonde une famille, on fait comme si on était heureux, mais peut-être qu'au final, une famille composée avec des parents qui s'engueulent tout le temps et qui ne sont pas heureux, mais qui restent parce que leur projet de vie, c'était de se marier et c'était de rester mariés jusqu'au bout, et des enfants qui sont insupportables. Est-ce que je... finalement c'est une meilleure vie que quelqu'un qui vit tout seul, qui vit surtout pour soi et vraiment pour atteindre le bonheur, pas sûr. L'autre chose qui est très importante et que je trouve significative, c'est quand même on a 40% d'augmentation des consultations psy chez les jeunes de 20 à 30 ans depuis 2015. Alors uniquement dans les pays occidentaux mais c'est énorme, 40% d'augmentation. On va chez le psy des fois pour les bonnes raisons. Celles que j'appelle les bonnes raisons, c'est des raisons sur lesquelles on a envie de travailler, on a envie de s'améliorer, de bosser, etc. Mais il y a aussi de plus en plus de dépression. Et les dépressions sont beaucoup liées à ça aussi, à la pression de la société sur notre vie, sur réussir notre vie, réussir nos études, etc. Bref, le projet de vie, c'est quand même souvent un peu une machine à culpabilité. Et cette culpabilité, elle est d'autant plus perverse qu'elle vient de l'intérieur. Ce n'est pas un patron qui vous juge, c'est vous qui vous jugez en permanence selon un plan que vous avez vous-même écrit, parfois à la vingtaine, avec très peu d'informations sur qui vous étiez vraiment, parce qu'on ne se connaît pas. Moi, par exemple, j'ai 29 ans et il y a encore des choses que je découvre sur moi. L'absence de projet de vie, au contraire, ça va générer quelque chose de très précieux, c'est la présence. Quand vous n'avez pas à construire quelque chose, vous pouvez juste être là. Juste apprendre pour apprendre, rencontrer pour rencontrer, essayer pour voir. Sans que chaque expérience doive servir finalement à un grand dessin. Alors, qu'être heureux veut vraiment dire comme projet, puisqu'on va revenir quand même à ça où on est toujours à dire que le projet de vie c'est d'être heureux. En apparence, c'est un peu flou quand même. En réalité, c'est peut-être le projet le plus exigeant qu'il soit. Parce que le bonheur, ça ne se décrète pas. Ça se construit dans les détails du quotidien. dans ce qui vous donne de l'énergie le matin, dans les jours... gens que vous choisissez de fréquenter, dans le travail que vous avez et qui vous fait perdre la notion du temps, etc. Les psychologues, ils appellent ça le flow. C'est l'état de pleine absorption dans une activité. Tous les psys qui ont étudié le bonheur pendant toute leur vie ont toujours dit que ces moments de flow sont vraiment les moments où on est le plus vivant. Et c'est pas ce qu'on va finalement planifier, c'est ce qu'on va rencontrer. Moi, je sais que, où que je sois, peu importe la situation, je suis toujours toujours en présence, je récolte toujours les informations qui viennent à moi, je les analyse et je vois et je fais des choix, non pas en fonction d'un projet de vie mais en fonction de ce que j'ai envie à l'instant T c'est-à-dire que des fois il y a des opportunités que je ne saisis pas aussi parce que à l'instant T, comme je ne me projette pas, je me dis non, ça actuellement ça ne m'apporterait rien et je n'ai pas envie et peut-être que si cette opportunité était arrivée dix ans plus tard, ce serait différent donc finalement le projet d'être heureux, ça oblige à une chose que d'autres projets évitent, c'est-à-dire se connaître vraiment. Qu'est-ce qui vous rend heureux ? Vous ! Pas votre famille, pas LinkedIn, pas la société, vous ! Et cette question, elle est infiniment plus utile que où est-ce que j'ai envie d'être dans 10 ans. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est plutôt celle-ci que je vais poser à mes étudiants en fait. C'est pas qu'est-ce que t'as envie de faire plus tard ? Est-ce que t'as déjà un métier ? Est-ce que t'as déjà une carrière ? C'est plutôt est-ce que tu te connais ? Et qu'est-ce qui aujourd'hui te rend heureux profondément ? et... Si ce que vous voulez vraiment, c'est de la liberté, de la légèreté, du sens dans ce que vous faites chaque jour, il n'y a aucun projet de vie traditionnelle qui va vous donner ça directement. Mais laisser de l'espace, rester curieux, dire oui à ce qui vous attire, ça va vous permettre peut-être d'avoir une chance de... de le trouver. Parce que le vrai courage finalement, c'est de ne pas avoir de plan. On nous a vraiment vendu l'idée que ne pas avoir ce qu'on veut, c'est un aveu d'échec. Et moi, je vous propose de le renverser. C'est un aveu d'honnêteté et d'intelligence. Parce que reconnaître... Admettre qu'à 20 ans, on ne peut pas savoir ce que la vie nous réserve, c'est juste être lucide en fait. Parce que rester ouvert à ce qu'on ne peut pas encore imaginer, c'est courageux. Vivre en présence plutôt qu'en projection permanente, c'est probablement la chose la plus saine qu'on puisse faire. Et avoir un projet de vie, finalement, c'est optionnel. Savoir ce qui vous rend vivant, ça par contre, c'est indispensable. Alors, à cet étudiant qui voulait juste être heureux, tu n'avais pas esquivé la question. Tu as juste répondu la seule chose qui soit honnête. Et la suite, tu la trouveras. Pas parce que tu as un plan, mais parce que tu as les yeux ouverts. J'espère que cet épisode du podcast vous a permis de prendre conscience qu'avoir un plan, ce n'est finalement pas la chose idéale. N'hésitez pas à commenter sur les réseaux sociaux Instagram et TikTok, peut-être votre plan de vie, ou si cet épisode vous a permis de prendre un petit peu de... recul et on se retrouve très rapidement pour un nouveau podcast. A bientôt !