Speaker #0Est-ce que tu connais la spirale du silence ? C'est un mécanisme sociologique qui explique pourquoi des majorités entières finissent par se taire, convaincues d'être seules à penser ce qu'elles pensent. Dans cet épisode, je t'explique comment ce phénomène peut s'installer dans ta communication et pourquoi il l'affaiblit sans que tu t'en rendes compte. Bienvenue dans Communiquer avec Sens, le podcast des entrepreneurs du vivant qui ne se reconnaissent plus dans leur communication. Je suis Émilie Lemaitre et chaque jeudi... j'ouvre un espace pour repenser la communication autrement, fluide, efficace et respectueuse de ton rythme et de tes valeurs. Pour enfin dire bye au il faut que dans ta communication. C'est parti pour l'épisode du jour. Bonjour, tu écoutes l'épisode 63 de communiquer avec sens. Pendant longtemps, je me suis dit que c'était professionnel de rester neutre sur certains sujets dans ma communication, que c'était mieux de ne parler que de mon expertise. Je sais maintenant que quelque chose d'autre se jouait en moi qui m'empêchait d'oser. Aujourd'hui, je vais te parler de la spirale du silence et de son impact direct sur notre communication. Alors, la spirale du silence, si tu ne sais pas ce que c'est, je vais t'en dire quelques mots. C'est une théorie formulée dans les années 70 par une sociologue allemande, Elisabeth Noël Neumann. Ce qu'elle explique, c'est que quand on perçoit que notre opinion est minoritaire, ou quel risque de l'être. On surveille l'ambiance, le contexte autour de soi. Et si on sent que ce qu'on pense ne correspond pas à ce que les autres semblent penser, on se terre dans le silence et on évite de cette manière le risque d'être rejeté. Parce que comme tu sais, nous sommes des êtres sociaux qui craignons d'être rejetés par le groupe. Et donc, c'est vraiment un biais psychologique de se dire que si les autres ne partagent pas en majorité nos convictions, On préfère les garder pour soi. Ce qui est pernicieux dans cette situation, c'est que finalement, plus les gens se taisent, plus ceux qui s'expriment, et souvent la minorité la plus bruyante, semblent représenter la majorité. Et c'est là que la spirale du silence s'emballe. Pour vraiment illustrer cette théorie, je vais prendre, pour exemple, une étude qui a été faite par des chercheurs allemands et danois en février 2024. Cette étude a été menée dans 125 pays sur un panel de 130 000 personnes et ça concernait le soutien réel et perçu à l'action climatique. Par exemple, on a demandé à ces personnes si elles seraient prêtes à consacrer 1% de leur revenu à la lutte contre le changement climatique. En moyenne, dans le monde, 69% des gens ont répondu favorablement. Mais alors que les gens, finalement, sont une grande majorité à accepter de consacrer 1% de leurs revenus au climat, et bien finalement, quand on leur demande si elles pensent qu'elles sont nombreuses à faire la même chose, et bien en fait, c'est tout le contraire. Elles pensent qu'elles sont une minorité à vouloir participer à cette action. Ce que ça veut dire, c'est que les gens sous-estiment la potentielle contribution des autres à la lutte contre le changement climatique. Pour corroborer encore plus ça, une autre expérience a été menée aux Etats-Unis. On donnait 450 dollars aux personnes du panel et on leur demandait si elles étaient prêtes à en donner une partie à une ONG qui investit dans les énergies renouvelables. Alors qu'ils sont 50% à donner, là encore, ils étaient convaincus que les autres participants ne donnaient pas d'argent et gardaient tout pour eux. Et quand on leur disait qu'en fait les autres participants donnaient aussi de l'argent à l'ONG, alors les personnes étaient prêtes. à donner davantage. Et donc, je trouve que c'est vraiment incroyable en fait de se rendre compte de ça. C'est que quand on pense que les autres ne le font pas, on préfère ne pas le faire alors qu'on est convaincu de la chose et que quand on sait que les autres le font, on est prêt à donner encore plus. Ça, c'est vraiment la spirale du silence qui s'exprime. En fait, on ne se tait pas parce qu'on ne croit pas ce qu'on pense. On se tait parce qu'on croit qu'on est seul à le penser. Et je trouve que c'est hyper intéressant de pouvoir transvaser cette théorie de la spirale du silence à ta communication d'entrepreneuse, parce que les entrepreneurs du vivant et du bien-être que je rencontre et que j'accompagne ont souvent des convictions profondes sur le monde dans lequel elles veulent vivre, ou dans lequel on vit déjà, mais souvent elles restent dans le silence parce qu'elles ont peur de faire des vagues, parce qu'elles ont l'impression d'être les seules à penser ce qu'elles pensent, et donc elles ont peur d'être... trop exposé et donc d'être rejeté. Combien de fois est-ce que tu as rédigé un post ou un email ou pensé à prendre la parole lors d'un événement en présentiel et où tu t'es dit « Non, en fait, je vais garder ça pour moi parce que les gens vont penser que je fais de la politique, parce que je vais encore passer pour l'écolo chiante, parce que je vais perdre une partie de mon audience. » Et pour tout te dire, en fait, ce biais, il m'arrive encore à moi. J'ai tendance encore à garder cette part de moi pour moi. par peur d'être rabaissée, par peur d'être jugée, par peur de me sentir à la marge. Et je me raconte l'histoire que ça n'a pas sa place dans ma communication professionnelle. Et c'est vraiment la spirale du silence qui est à l'œuvre dans notre communication chaque semaine. Et je pense qu'elle affaiblit vraiment notre communication. Alors, je ne suis pas en train de dire, soyons bien clairs, que tu dois transformer toute ta communication en tribune politique. Je dis simplement que ta vision du monde, elle fait partie de toi. Et que la communication souveraine, c'est aussi que amputer ta parole de ce qui compte vraiment pour toi, sous prétexte que c'est inconfortable ou risqué, c'est te cacher. Et c'est dommage parce qu'en fait, au contraire, exprimer tes idées, c'est vraiment relier ton travail à ta vision du monde. Quand tu montres ton soutien à une entreprise à mission, que tu t'engages, que tu montres que certaines choses sont vraiment injustes pour toi, c'est exactement ce qui va attirer les clients et les clientes qui te ressemblent. Et finalement, c'est ça la communication souveraine, c'est oser dire ce qu'on croit, ce qu'on soutient, ce qu'on refuse dans ce monde. C'est aussi te rendre unique parce que tu vas partager des choses vraiment à ta manière que personne d'autre ne pourra copier. Donc ça, c'est vraiment un point hyper important dans ta communication. Et puis, je pense qu'il y a un deuxième point qu'on peut extraire de cette spirale du silence. Là, j'aimerais qu'on revienne sur l'étude dont je t'ai parlé tout à l'heure. Notamment, 89% des gens veulent plus d'action climatique, mais ils croient n'être que 43% à le vouloir. Et donc, forcément, c'est un frein énorme à l'action, parce qu'encore une fois, ils pensent être une minorité à vouloir le changement. Et là, si on fait ce pont entre la spirale du silence et la communication, et si tes clientes pensaient exactement la même chose que toi et se taisaient aussi ? Et si elles attendaient finalement que quelqu'un dise ce qu'elles n'osent pas dire pour enfin arrêter de taire leurs convictions ? Parce que, comme on le voit dans l'étude, quand les gens réalisent qu'ils ne sont pas seuls, ils s'impliquent davantage. Et donc, ta prise de parole pourrait être ce déclic pour quelqu'un d'autre. Celle qui était dans le silence et qui attendait que quelqu'un bouge en premier. Donc, finalement, briser la spirale du silence, c'est refuser de se taire sur ce qui compte et c'est enclencher le mouvement positif du changement. J'espère que tu arrives à prendre la mesure de ce que ça pourrait être si toutes les personnes comme toi et moi prenaient encore plus la parole, osaient dire ce qu'elles font, osaient dire leurs convictions. Et là... ça pourrait enclencher vraiment des choses hyper positives et bénéfiques. Et petit à petit, il y aurait cette grosse boule de neige qui se créerait. C'est vraiment, je pense aussi, ce qui est l'effet cumulé, en fait. C'est que si 1% chaque jour, on avance, on parle de nos convictions, eh bien, au bout d'un an, au bout de deux ans, au bout de cinq ans, le changement serait vraiment incroyable. Et là, je pense, tu vois, à toutes celles et ceux qui, au contraire, n'ont pas peur de se taire. On les écoute. Parce qu'on pense que c'est eux qui ont, entre guillemets, la bonne parole. Parce que, fondamentalement, c'est aussi celles qui prônent des idées qui sont là depuis des années, des dizaines d'années, peut-être 50 ans, 100 ans, et qui, du coup, comme c'est des idées qu'on a l'habitude d'entendre, on pense qu'elles sont vraiment les bonnes idées et qu'elles sont majoritaires. Sauf que là, on est vraiment dans un monde qui a besoin de changement, dans un monde qui a besoin... de nouvelles idées, de nouveaux récits. Et donc, c'est à nous aussi d'impulser ça du mieux qu'on peut, sans se mettre en danger, encore une fois, c'est ce que je disais, on n'est pas là pour faire de son compte Instagram ou de sa newsletter une tribune politique, mais je pense que si on insuffle un peu plus toutes ces graines de pensée, toutes ces convictions, toutes ces actions qu'on fait, nous, au quotidien, dans nos entreprises, à impact dans nos entreprises de bien-être, et qui donnent plus de sens à notre activité. à ce que doit être une entreprise. et à la vision qu'on a au niveau collectif, je pense que ça pourrait vraiment changer les choses. Alors, pour conclure cet épisode, cette semaine, je t'invite à choisir le sujet que tu mets sous le tapis et à oser en faire un sujet pour ta communication. Et ça sera vraiment le premier pourcent du changement dans ta communication et au service de ton entreprise et de l'impact que tu veux avoir. Et puis, si tu sens que tu as besoin d'être accompagné pour ce travail-là, Tu peux bien sûr réserver un appel résonance pour en discuter tranquillement ensemble. Le lien est dans les notes de l'épisode. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager à une entrepreneuse qui en aurait besoin et tu peux aussi laisser une note 5 étoiles ou un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je te remercie pour ton écoute et ta fidélité et je te dis à jeudi prochain dans un nouvel épisode. Bye bye !