Speaker #0On nous vend la liberté du temps comme le sommet de la réussite entrepreneuriale. Travaillez moins, profitez plus. Derrière cette promesse, il y a un angle mort que personne ne montre et qui change tout. C'est ce dont on parle aujourd'hui. Bienvenue dans Communiquer avec Sens, le podcast des entrepreneurs du vivant qui ne se reconnaissent plus dans leur communication. Je suis Émilie Lemaitre et chaque jeudi, j'ouvre un espace pour repenser la communication autrement. Fluide, efficace et respectueuse de ton rythme et de tes valeurs. pour enfin dire bye au « il faut que » dans ta communication. C'est parti pour l'épisode du jour. Bonjour, tu écoutes l'épisode 62 de Communiquer avec Sens. Il y a une promesse qui circule beaucoup dans l'espace entrepreneurial et tu l'as sûrement vu passer. C'est celle qui prône un business qui tourne en deux jours par semaine. Et je vais être honnête, cette promesse, elle m'attire moi aussi parce que l'idée d'avoir du temps, clairement... qui est-ce qu'on ne voudrait pas en fait. Donc oui, moi aussi, ça m'intéresse. Mais malgré tout, au fond, il y a quelque chose qui me dérange. En fait, il m'interroge sur tout le récit qu'il y a autour. Aujourd'hui, j'aimerais qu'on explore ça ensemble dans cet épisode pour t'inviter à te poser une question que peut-être personne ne pose vraiment, à savoir les jours qu'on libère dans l'éventualité où on puisse créer un business qui tourne en deux jours par semaine, qu'est-ce qu'on en fait vraiment ? Travailler moins, c'est une aspiration légitime. Je trouve que c'est aussi un super avantage qu'on a par rapport au salariat. En tant qu'entrepreneur, on a la chance de pouvoir créer un business sur mesure qui nourrit nos envies, notre vision, notre rythme. Et derrière cette idée, c'est la valeur liberté, si appréciée par les entrepreneurs, qui est mise en avant. D'ailleurs, lorsqu'on nous vend sur les réseaux le business à deux jours par semaine, ce qu'on montre derrière, c'est souvent la plage. le café en terrasse, le voyage à l'autre bout du monde. Et finalement, c'est une image de la liberté comme seule possibilité de se reposer, de lâcher prise, qui permet d'assouvir une satisfaction très personnelle, plutôt égocentrique et qui, je pense, peut avoir un effet secondaire assez désastreux dans la comparaison parce que quand nous, on tombe sur ce genre de contenu sur les réseaux, on a forcément tendance à se dire que ce qu'on fait, ce n'est pas assez bien. qu'on n'a pas réussi. Et donc, ça donne quand même une image assez fausse de ce que c'est vraiment l'entrepreneuriat. Et puis, au-delà de ça, je trouve que cette image de l'entrepreneuriat qui permet d'avoir accès à un espace immense de liberté pour ne pas faire grand-chose, ou en tout cas, ne penser qu'à soi, je trouve que c'est une idée de l'entrepreneuriat qui est assez creuse. En tout cas, ce n'est pas celle que je défends. Parce que pour moi, entreprendre, c'est avant tout servir une mission, c'est aider. C'est aider celles et ceux qu'on a envie d'accompagner. Et je pense que si j'avais un business à deux jours par semaine, la thématique du bien-être personnel resterait forte. Donc par exemple, c'est sûr que je prendrais aussi peut-être un peu plus de temps pour moi, parce que c'est primordial en fait quand on est entrepreneur. de s'accorder du temps et d'avoir un espace suffisant pour prendre soin de son bien-être mental. Mais je trouve que c'est quand même déjà une dimension qu'on peut complètement intégrer même si on bosse plus, même si on bosse déjà 5 jours par semaine. C'est possible en fait de s'accorder une demi-heure, une heure par jour ou en tout cas 2 à 3 fois par semaine pour prendre soin de son bien-être mental. Et donc, Moi, quand je pense à un business à deux jours par semaine, j'imagine autre chose que se prélasser parce que je pense que ce temps libre me permettrait finalement de continuer ma mission d'une autre manière. J'imagine par exemple écrire des romans qui incarnent les nouveaux récits, qui permettent de transformer la société car je pense que pour changer et agir, il faut avoir des modèles, des nouveaux modèles et je pense que les romans participent vraiment. à la création de ces nouveaux récits. Je suis hyper aussi engagée dans l'agriculture et notre modèle d'alimentation. Et je pense que c'est un levier majeur dans la transformation et la transition du monde. Et donc, avec un peu plus de temps dans la semaine, j'imagine mettre les mains dans la terre, m'associer à un agriculteur, donner de mon temps libre à des agriculteurs qui en ont besoin. de manière locale et l'aider à se développer. Et ça peut être aussi donner mes compétences pour les aider à être plus visibles ou à mieux communiquer ou à développer, à leur donner des idées, en fait, pour développer aussi leur activité. Et j'imagine aussi donner de mon temps aux associations pour les rendre plus visibles. Ça, c'est une grande frustration que j'ai dans mon activité. Quand j'accompagne des structures engagées, des associations, le manque de budget, c'est le premier frein qu'elles ont pour se développer. Alors que je pense que les associations ont de grandes choses à montrer à la société. Elles ne sont pas assez visibilisées. Et j'aimerais beaucoup réussir à donner plus de temps. aux associations. Et donc, c'est vrai qu'un business à deux jours par semaine me permettrait de faire ça. Donc, je pense que finalement, ce serait avoir deux jours par semaine travaillé et trois jours de temps libre, ça me permettrait rien de moins que d'étendre ma vision du monde. Avoir plus de temps libre me permettrait de décupler mon impact. Et je pense que cette partie-là... vraiment ce point fondateur de pourquoi est-ce qu'on entreprend, à mon grand regret, elle reste trop invisibilisée sur les réseaux au bénéfice de la vision plage et cocktail que permet d'offrir un business à deux jours par semaine. Et donc finalement, je pense que la vraie question à se poser, ce n'est pas comment travailler moins ou comment te créer un business à deux jours par semaine ou à 100 000 euros par an, mais c'est plutôt pourquoi est-ce que tu veux du temps libre ? Au service de quoi tu as besoin ? de plus de temps ou de plus d'argent ? Et la réponse à cette question, elle te donne vraiment la vision du monde que tu as envie de créer. Et je pense que devenir ou être entrepreneur, c'est une façon de choisir comment tu occupes ta vie, comment tu occupes le monde. En fait, quelle est la place vraiment que tu joues dans le monde ? Et ce que tu fais des jours que tu libères dit vraiment quelque chose d'essentiel sur ce que tu penses du sens, de la contribution et de la place dans le monde. Et donc... Je pense que la liberté de lézarder à la plage ne devrait pas être une finalité, comme le signe que tu as réussi dans ton activité d'entrepreneur, parce qu'au final, je pense que c'est hyper réducteur. Par contre, la liberté de faire autrement, d'investir ce temps libéré dans des projets qui n'ont pas forcément de valeur marchande immédiate, mais qui participent à quelque chose de plus grand, c'est la vraie liberté de l'entrepreneuriat, et c'est vraiment celle de l'entrepreneuriat à impact. Et je pense que... dans notre monde là qui est assez bouleversé c'est vraiment une vision importante et primordiale à intégrer dès aujourd'hui en fait et cette vision là elle rebat les cartes de l'entrepreneuriat classique qui prône la croissance à outrance et disons-le un petit peu crûment la satisfaction de son propre nombril je pense que cette vision là elle est assez dépassée On a vraiment besoin de voir collectif et d'agir collectif pour transformer les choses de manière massive. Et là, j'ai envie de te parler de Bronnie Ware. Désolée pour l'accent très francisé. Je ne sais pas si tu as déjà entendu parler de cette personne. C'est une infirmière en soins palliatifs qui a posé une question aux patients qu'elle a accompagnés durant leurs dernières semaines de vie. Et cette question, c'était, à votre avis, quelle... pourraient être les plus grands regrets de votre vie et notamment les cinq plus grands regrets de votre vie. Et donc, suite à cette question-là, elle a sorti un livre, elle a été beaucoup interviewée et elle a donné beaucoup de conférences sur ce sujet. Je ne vais pas, dans cet épisode, partager les cinq réponses qui ont été données parce que ce n'est pas l'objectif de cet épisode. Par contre, je pense que c'est important d'en aborder deux parce qu'en fait, Tu verras que c'est hyper lié avec la notion de l'entrepreneuriat à impact que moi je prône. Et donc, tu verras, le lien vraiment se crée de manière très, très naturelle. Et je trouve que c'est hyper important de pouvoir associer cette vision-là de à quoi pensent les gens à la fin de leur vie et qu'est-ce qu'on peut faire, nous, aujourd'hui, pour ne pas avoir ces regrets-là quand on sera à l'aube de notre vie. Donc, Bronieware, elle observe... Combien ces patients regrettent d'avoir privilégié le travail au détriment du temps passé avec leurs partenaires ou leurs enfants pendant des années, et donc ces années qui ne reviendront pas de fait. Et ici, du coup, on comprend, je pense, pourquoi de plus en plus de personnes se mettent à leur compte. Et effectivement, dans cette vision-là, le business à deux jours par semaine prend vraiment tout son sens, parce que, effectivement, ça permet d'avoir plus de temps pour s'occuper de sa famille, pour s'occuper de ses proches. Et donc ça, c'est hyper louable. Cependant, il y a un autre regret qui a été rapporté par les patients de Brownie Ware, c'est d'avoir été dominés par leur recherche continue de toujours plus de plaisir et d'occupation divertissante, cela au détriment de la recherche d'une vie pleine de sens. Et là, je pense qu'on arrive à ce que je disais tout à l'heure, que finalement l'entrepreneuriat classique sert le plaisir spontané, mais pas le sens qu'on met dans sa vie. Et quand on fait en sorte de construire un business qui a du sens, qu'il est en accord avec nos valeurs, qui contribue à quelque chose qui nous dépasse, comme par exemple les multiples défis sociaux et environnementaux auxquels on est confrontés aujourd'hui, on est de fait plus heureux. Alors oui, peut-être que l'objectif, c'est deux jours par semaine. Peut-être que ton objectif, ce sera de travailler quatre jours par semaine, peu importe le chiffre. En fait, je pense que ce qui compte, c'est ce qu'on met dans ces jours qu'on aura libérés ou dans ces heures. aussi. Ça peut être vraiment quelques heures par semaine, ça peut être peut-être une matinée par mois, peu importe. En fait, l'important, c'est vraiment ce qu'on décide d'en faire. C'est la part qu'on donne au collectif et c'est la part qu'on donne au sens qu'on va mettre là-dedans, en fait. Parce qu'un entrepreneuriat qui se construit uniquement pour toi, même s'il tourne parfaitement en deux jours, ne suffit pas pour nous rendre vraiment heureux et pour nous sentir vivants. Et Merci. pour éviter de regretter quelque chose à la fin de notre chemin de vie. Je t'invite vraiment à te poser cette question et je conclurai sur ça pour cet épisode. Je t'invite à te demander si tu arrivais à te libérer deux jours par semaine, qu'est-ce que tu ferais avec ? Quelles actions tu mettrais en place ? La réponse peut vraiment t'aider à donner une nouvelle direction à ton activité et potentiellement aussi à ta communication parce que... Ce sera des choses vraiment que tu pourras partager et ce sera presque ce qu'on appelle des coulisses ou de la construction en public parce que peut-être que déjà, il y aura des premières briques que tu pourras mettre en place dans ton quotidien, même si actuellement, tu travailles cinq jours par semaine. Peut-être que tu te diras, je peux réussir une demi-journée par mois à aller aider cette association, à donner du temps. Et petit à petit, du coup, tu seras sur ce chemin de plus de sens dans ton activité entrepreneuriale et de plus d'impact dans ton activité d'entrepreneur. Donc, j'espère que cette question pourra t'apporter des réponses et puis te donner cette nouvelle direction ou en tout cas, te permettre de voir l'entreprenariat d'une manière un peu différente et d'arrêter de culpabiliser, de ne pas être sur ses deux jours par semaine et d'être sur une plage à boire du cocktail. mais plutôt de te donner envie de prôner cet entrepreneuriat qui a plus de sens et d'impact et qui permet vraiment le changement de la société parce que je reste convaincue que les entrepreneurs et surtout nous en tant qu'entrepreneurs indépendants, en tant que solopreneurs, on a énormément de choses à faire, à construire, à créer, à transformer et on a une grande puissance qui cumulait. peut vraiment permettre de changer les choses. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager à une entrepreneuse qui en aurait besoin. Et puis, tu peux aussi laisser une note 5 étoiles ou un commentaire sur Apple Podcasts ou Spotify. Je te remercie pour ton écoute et ta fidélité. Et je te dis à jeudi prochain dans un nouvel épisode. Bye bye !