Speaker #0On nous a appris à surveiller le chiffre d'affaires de notre activité comme s'il était le pouce central de tout. Et si ce chiffre nous racontait une histoire incomplète ? Dans cet épisode, je t'explique pourquoi, à mon sens, ça ne suffit plus aujourd'hui de ne regarder que le chiffre d'affaires et je te propose 4 autres indicateurs pour mesurer la santé réelle de ton activité. Je suis Émilie Lemaitre et j'accompagne les entrepreneurs du vivant et du bien-être qui ont évolué intérieurement à retrouver une communication qui ressemble à qui elles sont devenues et qui tourne sans elles. Chaque jeudi, dans Communiquer avec Sens, j'ouvre un espace où les entrepreneurs assument leur vision pleinement pour leur entreprise et pour le monde. Bonjour, tu écoutes l'épisode 69 de Communiquer avec Sens. Tu connais ce moment où quelqu'un te demande « ça se passe comment ton activité ? » Et la première chose qui te vient, c'est un chiffre, ton chiffre d'affaires. Moi aussi. j'ai longtemps pensé comme ça. En tout cas, c'est le chiffre que je regardais en premier pour savoir si j'avais le droit de me dire que ça allait bien dans mon activité. Le chiffre d'affaires, cet indicateur qu'on nous a appris à surveiller comme l'élément central de notre activité, est-ce qu'il est vraiment aussi important qu'on le dit ? Alors oui, je te réponds tout de suite que bien sûr il est important, mais aujourd'hui j'ai envie de te proposer de le questionner, Parce que je crois sincèrement... qui finalement, ce chiffre, il nous raconte une histoire incomplète. Et pour nous, entrepreneurs du vivant et du bien-être, cette histoire incomplète peut nous faire passer à côté d'autres indicateurs importants et je pense vraiment nécessaires à avoir en tête et à regarder, surtout aujourd'hui et surtout si tu as envie d'avoir de l'impact avec ton activité. Le chiffre d'affaires, c'est bien sûr un outil qui vient du monde de l'entreprise. classique, un monde qui est construit sur la croissance permanente, sur la performance mesurable, sur le résultat. Et je pense qu'en fait, là, on est dans une façon de voir le monde qui dissocie vraiment deux types de façon de fonctionner ou en tout cas de voir son entreprise. Il y a toutes celles et ceux qui sont dans ce monde de l'entreprise classique où le chiffre d'affaires est vraiment le seul indicateur. primordial à regarder. Et puis, je pense que, en tout cas, moi, je me considère dans un autre monde et peut-être que tu te reconnaîtras aussi dans celui-là où, en fait, quand on est entrepreneur de sens, quand on est entrepreneur engagé, notre impact, notre résultat, notre performance, entre guillemets, ne se résume pas à un chiffre d'affaires. Pourtant, quand on a créé notre entreprise, quand on a monté notre activité, on a forcément hérité de cet outil-là parce que c'est celui qui est transmis comme primordial de génération en génération. Et on a vraiment intégré ce chiffre sans vraiment se demander si ça nous allait à nous aussi de mesurer notre activité que par ce chiffre-là. Et je comprends en fait qu'il y ait ce biais rapide qui se fasse. avec le chiffre d'affaires parce que c'est aussi ce que tout le monde regarde en premier, ce que les banques regardent quand on va les voir parce qu'on a besoin d'avoir un financement. C'est ce que les formations business aussi nous enseignent. C'est ce que les posts sur les réseaux sociaux célèbrent aussi. Par exemple, j'ai fait mon meilleur mois ce mois-ci, j'ai enfin atteint les 6 chiffres, mon chiffre d'affaires a doublé, a triplé. Et donc, ces phrases, on les entend partout. Et donc, quelque part, Euh... elles finissent par définir aussi, de manière inconsciente, notre rapport à la réussite. Mais finalement, moi, j'ai quand même été amenée à questionner ce chiffre à travers tout le chemin que j'ai traversé, celui de mes prises de conscience écologiques, de ma réflexion sur ce que je voulais vraiment construire et aussi de ma réflexion sur ce que c'était l'entrepreneuriat aujourd'hui, sur les chemins, justement, qui étaient ouverts à nous au niveau de l'entrepreneuriat et sur ce que... on pouvait réussir à construire grâce à l'entreprenariat et sur l'impact qu'on pouvait laisser grâce à notre activité. Et donc, à un moment, j'ai réalisé que je pouvais avoir un bon chiffre d'affaires, ou en tout cas, un chiffre d'affaires que j'estimais suffisamment bon pour moi et me sentir complètement vide. Et à l'inverse, je pouvais avoir un mois où le chiffre d'affaires était vraiment très calme et me sentir profondément juste alignée à ma place. Et donc là, je me suis rendue compte que finalement, si je mesurais uniquement la santé de mon activité à travers le chiffre d'affaires, il y avait quelque chose qui tournait par rond. Donc, j'ai cherché à mesurer d'autres choses parce que je me suis rendu compte que le chiffre d'affaires mesurait finalement, effectivement, ce qui rentrait dans mon activité, mais pas ce qui se passait vraiment à l'intérieur. Par exemple, il ne te dit pas si tu t'es levé le matin avec l'envie d'aller travailler. Il ne te dit pas si la cliente que tu as accompagnée ce mois-là a vécu quelque chose de vraiment transformateur. et a réussi à se mettre en action pour se libérer de certaines choses ou pour être plus visible ou pour réussir à quitter son entreprise et se mettre à son compte, peu importe en fait, il ne te dit pas si ton activité a contribué à quelque chose de plus grand que toi, a contribué à amener ta vision un peu plus loin. Et puis, il ne te dit pas si tu as réussi à préserver ton énergie ou si au contraire tu t'es épuisé. Et épuisé pour plein de raisons. Épuisé parce que tes accompagnements te prennent beaucoup d'énergie. Épuisé parce que tu travailles beaucoup trop d'heures dans ta semaine. Épuisé parce que tu t'es mis un niveau justement de chiffre d'affaires à atteindre et que ça a été très compliqué pour toi de réussir à tenir le rythme. Et donc quand je me suis posé un petit peu toutes ces questions, quand je me suis rendu compte que le chiffre d'affaires c'était... Pas forcément l'indicateur qui était le plus intéressant. Bien sûr qu'il est intéressant, je ne veux pas dire ça. Mais en tout cas, ce n'est pas le seul indicateur à prendre en compte sur comment est-ce que ça va dans ton entreprise. Et donc, à ce moment-là, j'ai identifié, de mon point de vue, quatre dimensions que j'ai commencé à regarder en plus de mon chiffre d'affaires. Le premier, ça a été le sens et la joie. C'est-à-dire ? est-ce que ce que je fais m'anime encore ? Est-ce que mes choix sont alignés avec la personne que je suis ou que j'aimerais devenir ? Et donc je ne cherche pas à savoir si mes choix sont parfaits, si c'est définitif, mais en tout cas je cherche à comprendre si tout ce que j'ai fait pendant le mois qui s'est écoulé, le trimestre ou potentiellement l'année, ce sont des choix qui sont cohérents avec la direction que je veux prendre dans mon activité. et avec l'alignement que je veux avoir et l'impact que je veux avoir. Et si on en revient à l'exemple que je donnais, que parfois on peut avoir un mois très plein en chiffre d'affaires et se sentir complètement vide, ou un mois très creux et se sentir plein, c'est que j'ai réalisé à plein d'égards que parfois ce sont les mois où finalement je générais le moins de chiffre d'affaires, où je me sentais vraiment alignée, parce que c'était des mois où je prenais le temps de prendre le recul sur mon activité. Je prenais le temps de réfléchir vraiment à la direction où je voulais aller. Je prenais le temps de prendre conscience de est-ce que tout ce que j'ai réalisé jusque-là, c'est vraiment aligné ? Est-ce que je suis alignée avec tous les clients que j'ai ? Est-ce que je suis alignée avec toutes les façons dont j'ai généré du chiffre d'affaires ? Et puis des fois, j'ai fait un mois plus creux, mais c'est parce que j'ai pris le temps d'intervenir auprès d'associations qui m'ont du coup moins rémunérée que peut-être d'autres clients. mais qui m'ont apporté vraiment énormément d'alignement avec celle que je suis et avec l'entreprise que je crée. Et donc, c'est important du coup de mesurer aussi la joie, le bonheur, le sens qu'on met dans nos activités. Il y a un autre indicateur que j'ai relevé pour moi, en tout cas, c'est la transformation générée. Qu'est-ce que mon activité produit vraiment ? Encore une fois, là, ce n'est pas en termes de chiffre d'affaires, mais en termes de transformation. de changement chez mes clients ou mes clientes dans mon environnement proche ? Parce que quand on est entrepreneur, finalement, on se transforme aussi personnellement. Donc, est-ce qu'il y a des transformations qu'on a réussi à avoir dans notre entourage ? Est-ce qu'il y a une manière aussi dont j'ai réussi à contribuer ? Est-ce que, par exemple, j'ai déterminé un pourcentage de chiffre d'affaires à donner à certaines causes qui me paraissent importantes ? Et donc... Ce n'est pas toujours des grosses sommes, mais c'est l'impact que j'ai eu, la transformation que j'ai pu générer. Donc ça, c'est vraiment aussi un indicateur fort, surtout quand on est entrepreneur d'impact, quand on est un entrepreneur engagé. Je pense que c'est important aussi, au-delà de son activité, de savoir de quelle manière est-ce qu'on a eu de l'impact, de quelle manière est-ce qu'on a transformé certaines choses. Et donc justement, en parlant d'impact... Il y a aussi la façon dont notre entreprise a de l'impact, mais de manière beaucoup plus globale dans ce qu'elle est. Est-ce que son fonctionnement... à un fonctionnement qui me ressemble vraiment et qui peut avoir un impact sur les autres ? Est-ce qu'elle respecte les personnes avec qui je travaille ? Est-ce qu'elle respecte les ressources que j'utilise ? Est-ce qu'elle respecte les valeurs que je défends ? Et pour aller encore plus loin, est-ce qu'elle va dans la direction d'une entreprise à impact positif que je peux mesurer, voire une entreprise régénératrice ? Et ça, moi, c'est vraiment un point sur lequel j'ai envie de tendre et C'est quand même pas simple parce que oui, j'ai beau me dire qu'effectivement, j'utilise au maximum un matériel reconditionné pour tout ce qui est matériel informatique, mais je pense que je peux aller encore un cran plus loin de l'impact que vraiment crée mon entreprise sur le monde de manière générale. Et puis le dernier point, c'est l'indicateur au niveau du rythme. Et ça, c'est important parce que quand on est soi-même maître de son activité, C'est nous, le chef à bord. C'est nous, celui qui menons le bateau. Et donc, c'est important de se demander si la façon dont on travaille préserve notre énergie. Est-ce que c'est un modèle qui va être soutenable dans le temps et au niveau du rythme, en fait ? Est-ce qu'on est conscient qu'il va y avoir des périodes plus creuses et des périodes plus hautes ? Est-ce qu'au contraire, on préfère avoir un équilibre naturel tout au long de l'année ? Et donc ça, c'est vraiment... un indicateur important parce que ça va bien au-delà du chiffre d'affaires et ça va jouer vraiment sur la santé physique et la santé mentale de nous en tant que chef d'entreprise. Et je pense que c'est presque le point aussi névralgique de la bonne santé d'une entreprise au-delà du chiffre d'affaires, c'est comment est-ce que se sent le fondateur, le créateur. Parce que si une entreprise et génère énormément de chiffre d'affaires, mais que le chef d'entreprise est au bord du burn-out, forcément, ça va se casser la figure à un moment donné. Et c'est vraiment parce qu'on cherche, surtout quand on est entrepreneur engagé et qu'on cherche à avoir un impact durable sur la société et sur le monde. Donc, la question du rythme, la question de l'équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle est vraiment primordiale aussi à prendre en compte. Donc, bien sûr, je ne suis pas en train de dire de ne plus regarder le chiffre d'affaires. Et je pense que ce serait vraiment irresponsable et vraiment naïf de se dire que le chiffre d'affaires n'a vraiment aucune valeur dans la santé et dans la mesure de la santé d'une activité. Mais je pense qu'il y a une façon différente de voir le chiffre d'affaires au lieu de se dire que c'est une fin en soi et que c'est vraiment une preuve de notre légitimité ou une preuve qu'on peut dire que oui, notre activité fonctionne, qu'on réussit, qu'on a du succès. je pense qu'on peut se demander en fait, à quoi sert ton chiffre d'affaires ? Est-ce que c'est une fin en soi ? Ou au contraire, est-ce que c'est un moyen ? Est-ce que c'est une ressource qui te permet de contribuer plus largement, de travailler dans des bonnes conditions, de construire quelque chose qui dure ? Parce que je pense fondamentalement que l'argent, c'est un moyen pour contribuer, Pour... pour donner vraiment encore plus de sens à notre activité. Et donc, la différence entre se dire, mon chiffre d'affaires, c'est une fin en soi, c'est-à-dire qu'une fois que j'ai atteint, je ne sais pas, 50 000, 100 000 euros, 200 000 euros, 1 million d'euros de chiffre d'affaires, ok, c'est bon, j'ai réussi et j'ai du succès et tout est ok. Ou se poser la question, c'est un moyen d'avoir plus d'impact ? Je pense qu'on voit vraiment la différence entre ces deux postures. C'est vraiment énorme parce que dans la première, en fait, on va... sans cesse courir après un chiffre unique, finalement. Et dans la deuxième, on va vraiment utiliser l'argent pour construire quelque chose, pour avoir plus d'impact, pour réussir à créer, à rendre finalement réelle la vision du monde qu'on veut créer. Et du coup, je pense qu'avoir la deuxième question fondatrice de « à quoi sert ton chiffre d'affaires ? » ça amène à intégrer encore plus naturellement tous les autres indicateurs que j'ai cités juste avant dans l'épisode. Parce que finalement, si on cherche à avoir juste un chiffre d'affaires comme objectif, finalement, on va beaucoup moins se poser la question de est-ce que le rythme que j'ai en ce moment, ça me soutient ? Est-ce que je prends suffisamment soin ? de tous les humains qui m'entourent dans mon activité et dans mes clients et peut-être dans mes prestataires et peut-être dans mes fournisseurs. Parce qu'on va être un peu en mode bulldozer et on ne va pas chercher à savoir ce qui se passe autour. Par contre, si on se dit que le chiffre d'affaires, c'est un moyen d'attendre une contribution plus large de notre propre personne, eh bien là, du coup, on sait qu'on va vouloir durer dans le temps, on sait que ça va peut-être prendre du temps d'atteindre cet objectif, et donc on va peut-être réussir à plus naturellement prendre en compte les indicateurs de rythme, de bien-être des autres humains. de l'impact qu'on a et vérifier au fur et à mesure que tout fonctionne à l'équilibre et que ça fait comme une pieuvre finalement qui se disperse de manière hyper naturelle et hyper saine à toutes les personnes qui nous entourent, à la nature qui nous entoure et que ça crée vraiment un cercle vertueux. Donc pour finir un petit peu sur ce que je voulais dire dans cet épisode, c'est que on a appris à vivre dans un monde où tout se mesure en chiffres parce que c'est facile. d'avoir des chiffres pour se comparer les uns aux autres. Mais je crois que dans le monde où on devrait vivre, et en tout cas moi dans la vision à laquelle j'ai envie de contribuer, c'est qu'au-delà d'un chiffre d'affaires pour notre activité, on a une responsabilité sur tout ce qui se passe autour de nous, en tant qu'humain et en tant qu'être vivant au service du vivant. Et donc j'ai envie moi de contribuer à créer un nouveau récit sur l'entrepreneuriat, une autre manière de vivre l'entrepreneuriat et donc de définir aussi ce que c'est la réussite en tant qu'entrepreneur. Bien sûr que c'est ancré dans la réalité économique parce qu'à un moment donné on est obligé aussi de s'ajuster à ça, mais il y a vraiment énormément d'autres indicateurs qu'il est possible d'avoir et de suivre pour voir si... Notre entreprise a vraiment de l'impact et vraiment une entreprise qui transforme et vraiment une entreprise de sens, une entreprise du vivant. Donc moi, je t'ai donné mes indicateurs que j'ai trouvés et qui font sens pour moi. Peut-être que tu as trouvé aussi écho dans ces indicateurs-là et j'en serais ravie. Et je serais ravie que tu puisses les intégrer aussi dans les prochains bilans que tu feras pour savoir où est-ce que tu en es dans ton activité et qu'est-ce que tu peux peut-être faire évoluer dans ton entreprise. pour aller au plus juste de ces indicateurs-là et pour ne plus seulement regarder ton chiffre d'affaires. Et puis parfois, ça fait du bien aussi de ne plus regarder que le chiffre d'affaires, surtout dans les moments où c'est peut-être un petit peu plus creux, de se dire que le chiffre d'affaires est peut-être un peu plus bas, mais j'ai réussi à faire ça, Là, je me suis sentie bien. Là, j'ai pu contribuer à ça. Et c'est hyper important aussi d'avoir ces indicateurs-là en tête. Mais si malgré tout, les indicateurs que moi je t'ai donnés ne te correspondent pas tout à fait, je te laisse avec une question. qui va pouvoir te permettre de réfléchir à tes propres indicateurs et de mettre ça en place pour toi et ton activité. Donc la question, ce serait, si tu devais choisir trois indicateurs en dehors de ton chiffre d'affaires pour mesurer la santé de ton activité, ce seraient lesquels ? Je t'invite vraiment à prendre le temps d'y réfléchir, à peut-être réécouter l'épisode pour te remettre en tête ce que moi j'ai partagé, peut-être ça pourra t'inspirer pour toi, mais vraiment, prends le temps de réfléchir à cette question parce que... Elle peut amener beaucoup de sens, d'alignement sur ce que tu veux vraiment construire avec ton entreprise. Si cet épisode t'a plu, pense à le partager à une entrepreneuse qui en aurait besoin. Tu peux aussi laisser une note 5 étoiles ou en commentaire sur Apple Podcast ou Spotify. Ça aide le podcast à se faire découvrir. Et puis, je te remercie bien sûr pour ton écoute et ta fidélité. Et je te dis à jeudi prochain dans un nouvel épisode. Bye bye !