- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour un second épisode de Confidence. Aujourd'hui on se retrouve avec Lola, donc Lola c'est une amie à moi, elle est tétraplégique, C6-C7 aussi je crois, exactement. Elle va se présenter pour vous parler un petit peu du sujet aujourd'hui. Lola donc a eu un accident, comme vous pouvez le constater évidemment, elle est en fauteuil comme moi donc on a beaucoup de choses en commun. Lola a un parcours hyper inspirant. Elle a une histoire d'amour avec son mari maintenant qui est incroyable. Elle a eu deux beaux enfants et moi j'aimerais savoir comment se passe effectivement une grossesse quand tu es tétraplégique, comment tu accouches, etc. C'est des questions auxquelles on va répondre. Et en plus de ça, comment se passe son rapport à la parentalité avec ses enfants. Voilà, donc Confidence partie 2, c'est parti ! Salut Lola !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va et toi ?
- Speaker #0
Bon bah écoute, je suis ravi vraiment de t'accueillir aujourd'hui. Tu connais le principe de confidence. L'idée c'est de me raconter peut-être quelque chose que tu as vécu et c'est ce qu'on appelle l'instant confidence dans la vidéo. Donc c'est parti, l'instant confidence avec Lola.
- Speaker #1
Alors du coup, une anecdote en fait c'est plutôt un... Un petit truc rigolo en fait, que je prends à la rigolade, sinon vous m'y en venez sans pleurer. Alors en fait, mon fils à l'époque est malade, il est tout petit, il n'a même pas un an. Et donc je prends rendez-vous chez le pédiatre. Le pédiatre, je ne le connais pas, je l'ai pris sur Doctolib. Et je suis du coup avec mon mari, on est tous les trois, on rentre dans son cabinet, il nous enseigne, etc. Et là, il me regarde et il me dit, comme ça il me dit... Mais c'est pas trop grave j'espère ?
- Speaker #0
Ça m'arrive tout le temps.
- Speaker #1
Et du coup, je suis restée, je me suis dit mais comment ça ? Et à la seconde en fait où je lui ai répondu, il m'a dit mais ah euh non mais t'es d'accord bon c'est pas grave.
- Speaker #0
Et c'était un médecin du coup ?
- Speaker #1
Un médecin ouais. Bon c'est vrai que ça me dit bon en tant que médecin c'est pas top top, mais bon on va rentrer dans la légolique.
- Speaker #0
Moi j'ai une question, est-ce que le cabinet est adapté ? Oui. Ouais ? Bon c'est déjà un bon point.
- Speaker #1
Oui pour une fois ça va, ça a été adapté mais... Mais trop drôle. Et du coup j'avais trop envie de lui répondre non c'est pas très grave. Une petite tétraplégie quoi. Rien de bien méchant.
- Speaker #0
Rien de bien méchant. Bah écoute ça va être un petit peu l'objet de cette vidéo. Je crois que t'avais une deuxième anecdote aussi à me raconter ?
- Speaker #1
Ouais, bah je suis un cabaret. C'est un spectacle de magie. Et en fait le magicien demande à un monsieur dans la salle de choisir trois femmes. Et il me choisit moi.
- Speaker #0
Évidemment.
- Speaker #1
Donc on est tous assis en fait, c'est un dîner spectacle, et il nous demande de décrire le prénom de notre ex. Donc c'est ce que je fais, etc. Et en fait le magicien, moi j'étais la dernière, le magicien appelle sur scène la première, la deuxième, et bien évidemment il m'appelle moi. Sauf qu'il ne capte pas que je suis en fauteuil. Et il insiste. Mais vous n'êtes sur scène ! Mais allez ! Mais qu'est-ce qu'elle attend ? Et en plus c'était rigolé, etc. Et je disais mais je peux pas, je peux pas !
- Speaker #0
Et t'étais avec quelqu'un ou pas du coup ?
- Speaker #1
Ouais j'étais avec toute ma famille.
- Speaker #0
Et du coup ça s'est passé comment ?
- Speaker #1
Ben on a tous rigolé en fait, on l'a un peu laissé en galère j'avoue. Ça nous a bien fait rire aussi. Mais du coup il était hyper mal quand il m'a vu. Même s'il s'est approché, il a toujours fait des Ah ! Ah ! D'accord, ok !
- Speaker #0
Et du coup t'es pas montée sur scène ? Non. Ok, donc en fait il s'est grillé tout seul. Ouais. Bon bah écoute, c'est marrant, c'est bien de mettre les gens un petit peu mal à l'aise aussi. Ouais ! Les confronter un peu, c'est intéressant.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Pour la seconde vidéo de cet épisode de Confidence, je tenais particulièrement à remercier APF France Handicap. Donc c'est une association, comme son nom l'indique, qui défend les personnes handicapées, mais aussi les familles. Ça a été créé en 1933. Le rôle des associations, il est essentiel, pour plein de raisons. APF France Handicap, c'est un des partenaires majeurs pour le pari que j'ai fait de lancer le format Confidence. Il faut être très lucide sur le fait que tout ça, ça coûte de l'argent. De faire venir les invités, de payer un cadreur professionnel qui est Kevin. On n'est pas une boîte de production, il nous faut des moyens. Et APF France Handicap a fait le pari avec moi de lancer le format Confidence. Donc déjà un grand merci à eux pour leur confiance. APF France Handicap, ils œuvrent par des actions concrètes à ce que le handicap évolue. Par des actions de sensibilisation, lutter contre des questions de précarité dans le handicap. lutter contre les problèmes d'accessibilité. Il y a énormément de choses qui sont faites par cette association. Évidemment, ça passe par un accompagnement des personnes handicapées, mais aussi de leur famille, et de manière beaucoup plus générale, de défendre les droits fondamentaux des personnes handicapées. Leur mission, c'est de créer une société beaucoup plus inclusive, où chacun a sa place. Pour ça, on a besoin de se battre ensemble, c'est toute l'idée d'avoir des alliés, pour donner encore plus de consistance, d'ampleur à tout ça. Merci. infiniment à eux. Évidemment c'est une association aussi, donc n'hésitez pas à aller faire un don sur APF France Handicap. Je vous mettrai le lien dans la description. Voilà, leurs actions sont concrètes, on a besoin d'eux et je les remercie infiniment parce que cette chaîne n'aurait certainement pas vu le jour sans le soutien qu'ils m'ont apporté pour pouvoir la créer et lui donner vie. Donc merci beaucoup à eux et n'hésitez pas à aller faire des dons sur leur site en description. Merci à tous et j'espère que cet épisode avec Lola vous plaira. En tout cas, restez jusqu'à la fin des vidéos. Et bien écoute Lola, je pense que ces anecdotes sont sympas. Je pense que là on va rentrer un petit peu plus dans le vif du sujet. Est-ce que tu peux me dire un petit peu qui tu étais avant ton accident ? Et puis évidemment après on va rentrer un petit peu dans des détails. Et après c'est aussi le principe de confidence, et c'est ce que j'expliquais un petit peu en off avec Lola. C'est que l'idée, voilà, c'est une zone safe. Ce qu'elle a envie de me raconter, elle me le raconte. S'il y a des choses où tu le sens pas, tu le sens pas. C'est pas grave, vraiment il faut que tu sois le plus à l'aise possible. Et voilà, l'idée c'est de se saisir de quelque chose de magique d'un bel instant et pour que la magie opère, il faut que les gens soient à l'aise. Donc voilà, sois toi-même et ça va bien se passer.
- Speaker #1
Ouais, ben moi tout le monde sait que je suis très...
- Speaker #0
À l'aise avec ça ?
- Speaker #1
Ouais, très à l'aise avec ça, j'arrive à parler facilement. Donc il n'y a pas de problème. Ben moi avant l'accident, je suis quelqu'un de très dynamique. J'ai deux boulots, je m'arrête jamais. Je suis très normalement chez moi, je suis de faim. Ou alors quand je suis chez moi, il y a 15 personnes, tous mes potes, je vais dans ma famille. Je suis sans aller à droite, à gauche, je bouge tout le temps. Et en fait, un jour, on va faire nos courses de Noël avec Adrien Aume au chenil. Parce qu'on est trois jours avant Noël. Trois jours avant Noël. Et en fait... Ouh... On va manger, etc. C'est la nuit. On prend la route pour rentrer à la maison.
- Speaker #0
C'était pour aller faire des cadeaux, je crois. Parce que j'ai lu un peu ton livre. On en reparlera. Oui,
- Speaker #1
on en reparlera parfois.
- Speaker #0
Je vais me faire tacler, les gars.
- Speaker #1
Tu es sensible. Et du coup, on est de fin de Noël. Donc on repart à la maison. Et en fait, il pleut. On est sur une deux fois deux voies. Et en fait, il y a une voiture qui nous suit de très très très près. qui nous fait des appels de faire parce qu'on ne roule pas assez vite. Donc Adrien se rabat et en fait la voiture nous colle tellement qu'on n'a jamais vraiment su ce qui s'était passé mais en gros il y a eu une espèce d'appel d'air où on ne sait pas trop. La voiture nous a fait mettre sur le côté et vu que c'était de l'herbe, ça nous a fait glisser.
- Speaker #0
Et je peux quand même préciser parce que je crois pas que tu l'aies dit mais tu as eu un accident de voiture, on en parlait. Mais à ce moment-là, il y avait énormément de pluie, je crois.
- Speaker #1
Ouais, il pleuvait fort.
- Speaker #0
Du coup ?
- Speaker #1
Du coup, ça glissait et je te dis, vu qu'on venait de toucher l'herbe, ça a tout de suite fait partir la voiture. On a fait à peu près 5-6 tonneaux. Moi, les tonneaux, je ne les sens pas parce que je perds connaissance tout de suite. Et quand je me réveille, la voiture est complètement retournée, complètement écrasée. Moi, je suis à la limite d'avoir été éjectée sur le côté, en fait. Parce que j'ai carrément, je suis sur le côté, et j'ai carrément mes fesses qui sortent de la fenêtre. Et dès que je me réveille, je sens tout de suite que je ne sens plus mes jambes, je sens que ça ne va pas.
- Speaker #0
Donc à ce moment-là, toi, tu es passagère. Je ne sais pas si tu veux citer son prénom, si il n'y a rien qui nous regarde. Et ok aussi pour citer, du coup, je viens de le dire.
- Speaker #1
J'ai dit alors qu'il ne s'appelait pas.
- Speaker #0
Ah, tu n'as rien ? Bon, bah. Voilà, parce que ça fait aussi partie de la confidence, c'est que la confidence passe aussi par ce que vous avez envie de me donner. Et ce que vous voulez préserver, vous le préservez. c'est hyper important.
- Speaker #1
Dans mon livre, il y a un milliard de fois avec Adrien.
- Speaker #0
Oui c'est vrai qu'on pourra pas y échapper à un moment donné. Mais effectivement donc Adrien, donc à ce moment-là il est conducteur, toi t'es passagère et donc toi tu te retrouves à l'extérieur du... enfin tu me dis...
- Speaker #1
Mes fesses.
- Speaker #0
Voilà tes fesses, après on va pas forcément entrer dans les détails de comment était la voiture etc. parce que bon le but c'est pas aussi de ramener à des choses traumatisantes, c'est juste de donner un contexte et de voir aussi ce que vous en avez fait parce que vous, moi personnellement pour vous connaître... Je suis pas un homme. En tant qu'ami, je trouve que votre histoire est belle, vraiment. Elle est porteuse d'espoir. On va en parler. Je trouve que tu as une histoire d'amour de dingue avec Adrien. C'est très très beau de vous voir ensemble. Et de ce que vous avez aussi créé, vous avez donné la vie. Et effectivement, à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ? Toi, tu te réveilles consciente au moment de l'accident ?
- Speaker #1
Oui, en fait, quand je me réveille, c'est un peu... C'est très bizarre. C'est une sensation très bizarre parce que... Le souvenir est flou, comme si on avait drogué, tu sais, un peu bizarre. Et en fait, quand je me réveille, je te dis que je sens mes jambes, et je me tourne vers Adrien et je lui dis que je vais mourir. Et dans ma tête, je me dis, c'est bizarre, mais c'est hyper serein, hyper calme, mais je me dis, bon, c'est comme ça que je meurs. C'est comme ça.
- Speaker #0
T'accueilles le truc, quoi.
- Speaker #1
Et ouais. Et je sais bizarre parce que, enfin, à ce moment-là, j'aime la vie, j'adore la vie, je suis la vie à 200 à l'heure et tout. Mais je sais pas, à ce moment-là, ouais, j'accepte. Bon bah voilà, c'est comme ça que je me reste et tout.
- Speaker #0
Mais c'est marrant que tu me dis ça. Je me permets de faire un parallèle avec mon histoire. Le but, c'est évidemment de parler de toi. Mais pour faire le parallèle, c'est marrant parce que moi, quand je suis au moment de me noyer, je me dis, pareil, je vais mourir, j'accueille le truc et je me dis, bon, je dis, bon bah... Ouais, je vais me noyer, c'est comme ça que je vais mourir. Et j'accueille le truc pas de manière sereine parce que je suis quand même en panique. Ouais. Mais je suis très lucide sur la situation et sur le fait de devoir survivre. Et c'est marrant, en fait, tu te rends compte que dans ces moments un peu de... Des moments décisifs dans ta vie, ton cerveau, il se met dans une espèce de contexte où il se protège, je sais pas.
- Speaker #1
Ouais, c'est fou.
- Speaker #0
Et donc, à ce moment-là, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Pour toi ? Du coup, ouais, je te dis que j'accepte, etc. Et en fait, après, les souvenirs, c'est un peu... Je pense que je dois peut-être perdre connaissance. Je ne sais pas trop ce qui se passe. Mais je ne vois pas Adrien sortir de la voiture.
- Speaker #0
Il te parle à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, je me rappelle qu'il pleure. Il me dit mais qu'est-ce qui se passe ? Il ne comprend pas du tout ce qui se passe. Et quand je lui dis je vais mourir il dit non, non, mais qu'est-ce qui se passe ? Il est très confus, en état de choc. Et je le vois m'assortir de la voiture et là, par contre, je vois une dame rentrer dans la voiture, je ne sais pas qui c'est. Et elle me maintient la tête et elle me parle. Cette personne s'appelle Marie et c'est aujourd'hui une amie à moi.
- Speaker #0
Ouais, t'en parles d'ailleurs, non ? Ouais,
- Speaker #1
j'en parle dans le livre. Et en fait, c'est une ancienne pompier. Elle a fait 15 ans de pompier et en fait, elle est passée par la faradar. Et elle est venue rentrer dans la voiture, elle s'est soumise. Parce que les pompiers ont quand même mis 40 minutes à me sortir de la voiture. À te sortir ? Ouais, parce qu'il fallait découper la voiture, c'était pas grave. Donc ils ont mis 40 minutes.
- Speaker #0
La voiture déglinguée ?
- Speaker #1
Ah ouais, la voiture était écrasée.
- Speaker #0
Je précise que c'était une 106, donc c'est passé le carrosserie.
- Speaker #1
107.
- Speaker #0
107, je vais me faire regler putain. J'ai fait la même tout à l'heure au repas. Mais ouais, non, la 107, effectivement c'est des carrosseries un peu de l'époque, et forcément je pense que le choc avec les voitures actuelles, ça encaisse peut-être davantage. Donc il se passe ça, là donc ta mari qui arrive, qui te rassure je crois ?
- Speaker #1
Ouais elle me rassure beaucoup. Quand je commence à me réévanouir, elle me dit non non t'entends pas, reste avec moi, parle-moi, tu fais quoi dans la vie, tu t'appelles comment, t'as quel âge, enfin voilà elle me fait parler quoi. Et donc ouais ça me rassure beaucoup. Et après quand les pompiers finissent par me sortir de la voiture, c'est me souvenir de quoi j'ai le plus. C'est la douleur à la nuque au moment où il me sort c'est... C'est... C'est... C'est une douleur mais... que j'ai jamais connu.
- Speaker #0
Toi, donc, t'as eu de la douleur ? Ouais,
- Speaker #1
je me rappelle ce fait de douleur.
- Speaker #0
Moi, j'ai eu aucune douleur. Ouais ? Aucun souvenir d'une douleur.
- Speaker #1
T'as tapé... Pedale. Ah ouais.
- Speaker #0
Aucun souvenir, en tout cas.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, je pense.
- Speaker #0
Ouais, mais même sur la plage, je me souviens, être allongé, dire, j'en... Plus mes jambes, j'arrive plus à les bouger, machin. Et pas de douleur.
- Speaker #1
A ta nuit, c'est pas... Aucune douleur.
- Speaker #0
Et je pense que ton nez, t'as peut-être un état de choc aussi, tu vois ? Ouais,
- Speaker #1
je pense.
- Speaker #0
Ton corps, il sécrète des...
- Speaker #1
Oui, c'est possible.
- Speaker #0
Des choses. Et à ce moment-là, donc là, il y a Marie. Et Adrien il est où dans tout ça ?
- Speaker #1
Ben je sais pas trop. Je sais pas trop mais...
- Speaker #0
Parce que tout à l'heure tu me disais une petite anecdote, je pense que tu peux la raconter.
- Speaker #1
Ouais parce que je l'ai su après, parce que moi je le voyais pas. Il est sorti dehors et en fait il était en état de choc, en état de choc complet. Et en fait il est parti fumer une cigarette à côté quoi, comme si... Ouais il était en état de choc quoi, donc le mec va fumer sa clope juste après.
- Speaker #0
Normal. Ouais. Petit accident, sa meuf tétra, il fume une clope.
- Speaker #1
Et le pire c'est que c'est le premier truc qu'il raconte quand il appelle ses proches pour parler de l'accident.
- Speaker #0
Pour annoncer ouais.
- Speaker #1
Voilà donc on a eu un accident, on a fait 5-6 tonneaux, Lola ça va pas, moi je suis sortie de la voiture, j'ai fuit une cigarette.
- Speaker #0
Faut qu'on ne reste pas qu'on a plus de clope.
- Speaker #1
Ouais voilà c'est ça. Voilà. Mais enfin voilà c'est sa façon à lui de s'être protégé peut-être, je sais pas. En tout cas, il était en état de choc à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc là, les pompiers arrivent, ils découpent la voiture, t'es emmené à l'hôpital, t'es opéré, il se passe quoi ?
- Speaker #1
10 heures d'opération, du coup.
- Speaker #0
10 heures ?
- Speaker #1
Ouais, 10 heures. J'ai eu, c'était 5... 5 et 10. Ah, c'était 11 heures, du coup ?
- Speaker #0
Ça, on le laissera aussi, j'aime trop les... C'est vrai, tu vois. C'est vrai, on adore le vrai.
- Speaker #1
Ouais, donc ça qui est 6 heures, du coup, c'était 11 heures. Je pensais que c'était 10 heures, c'était 11 heures. Donc voilà, en vrai, on arrive à l'hôpital, apparemment j'étais consciente, parce que quand j'en discute avec Adrien, il me dit qu'on a parlé, etc. Mais j'ai aucun souvenir. Je pense que j'étais sous morphine et que voilà. Et du coup, moi je me réveille après tout ça. Andrea ?
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu peux expliquer rapidement ? Parce que moi je le sais, mais c'est bien aussi que tu l'expliques. Il te retire une cervicale, qu'est-ce qui se passe ? L'arthrodèse ? Est-ce que tu peux...
- Speaker #1
Alors moi ils m'ont pas retiré ma cervicale. Toi ils te l'ont retiré.
- Speaker #0
Ah ça a dé-déplacé ?
- Speaker #1
Ça t'a pas cassé ? Moi ça... J'ai luxé en fait.
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
J'ai luxé.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et la C6 sur la C7 du coup.
- Speaker #0
Ok donc t'es inatteinte C6-C7 ? Ouais. T'as un petit peu de tristesse mais pas trop ?
- Speaker #1
Ouais si j'ai dû... Pour les kilés, pour les personnes qui connaissent, je suis à 3 sur 5 le droit et 2 sur 5 le gauche.
- Speaker #0
C'est marrant que tu me dis ça parce que... Dans la FAQ de la commu, restez jusqu'à la fin, je te poserai une question et en fait je suis pareil. C'est-à-dire que je suis comme toi, je suis à 3 sur 5 à gauche, à droite et...
- Speaker #1
Et 2 sur 3 à gauche.
- Speaker #0
Donc c'est rigolant.
- Speaker #1
On est frais des frères.
- Speaker #0
Bah oui. C'est pour ça, tu sais ce que je vais te poser à la FAQ de la commu au moins ? Ah là là, tu l'as. Oui je sais. Du coup, est-ce que tu peux expliquer peut-être rapidement dans les grandes lignes pour les gens qui ne savent pas ce que c'est une tétraplégie ? Bah qu'elle est ce... J'en parle beaucoup évidemment pour ceux qui regardent les vidéos de ma chaîne, mais en tout cas c'est aussi cool d'avoir une approche un peu différente qui est la tienne, donc si tu veux un peu l'exprimer vas-y.
- Speaker #1
Bah ouais, et puis en plus moi à ce moment-là je connais pas du tout la tétraplégie, donc c'est flou. Par contre quand on m'annonce tétraplégie je sais que c'est grave et que... Je sais que c'est grave, mais en soi je connais pas. Mais en gros... Bah en plus moi quand je me suis réveillée, je bougeais pas du tout du tout. Ah ouais ? Ouais.
- Speaker #0
Mais t'es traite complète ou incomplète ?
- Speaker #1
Je suis incomplète.
- Speaker #0
Ah ok, donc t'as récupéré.
- Speaker #1
Ouais, j'ai récupéré. Et en fait, au tout tout début, même, tu sais, j'avais l'adminia, forcément, et même la tête, je me rappelle, il y avait une horloge juste là, comme ça, et j'arrivais même pas à le faire. J'avais des douleurs forcément, mais tu vois, mes épaules, tout ça, je ne bouchais pas du tout. Et c'est revenu peut-être le lendemain ou le surlendemain, c'est très léger. Et pas le...
- Speaker #0
Très progressif, assez rapide ou pas ? Combien de temps tu as récupéré ce que tu as là, par exemple ?
- Speaker #1
Là, par exemple, les épaules, c'était dans les jours qui suivaient. Le bicep, il me semble que c'était peut-être une ou deux semaines après. Et le tricep, ça a été un peu plus haut. Trois mois, je crois.
- Speaker #0
Et puis après, il y a aussi cette réalité, c'est que souvent, quand tu as un impact sur la moelle épinière, tu crées non seulement une attente sur la moelle épinière, mais tu as aussi un hématome qui se crée. Et il faut que ça se déconne. Il faut qu'il se résorbe, en fait, pour qu'il y ait des influx qui repassent. Et c'est certainement ce qui s'est un petit peu passé pour toi pour ta récupération. Donc là, à ce moment-là, tu te réveilles combien de temps ? Tu t'es fait opérer pendant 10 heures, ce que tu disais. Est-ce que tu te réveilles dans les jours qui suivent ? Est-ce que tu es restée plusieurs jours dans le coma ?
- Speaker #1
Non, je ne suis pas restée dans le coma, pas cette fois. Oui. Après. Non, je me réveille quelques heures après, mais trop sédatée. Je ne capte pas, je ne me rappelle plus trop qui je vois. Je sais que mes parents sont venus.
- Speaker #0
Tu comprends ce qui se passe ou pas ?
- Speaker #1
À ce moment-là, non. C'est le lendemain. Enfin, le lendemain. C'est la nuit même. Plusieurs heures après, du coup. Je me réveille et là par contre c'est dur parce que je me réveille et je suis toute seule. C'est la nuit.
- Speaker #0
La même.
- Speaker #1
Et c'est à ce moment là où tu prends conscience de ce qui se passe. Et t'as personne pour... Rassurer. Ouais.
- Speaker #0
J'ai connu la même.
- Speaker #1
Et moi ça les proches, surtout Adrien, c'est vraiment ce qui m'a permis de m'en sortir.
- Speaker #0
Et Adrien, à ce moment là en plus, je crois qu'il n'est pas dans le même hôpital que toi.
- Speaker #1
En fait il a été emmené dans un hôpital tout de suite après l'accident. Pour l'examiner, ça allait bien, mais lui il marchait, il avait pas de douleur.
- Speaker #0
Oui, parce que sinon on l'a pas précisé, lui il n'a rien eu.
- Speaker #1
Non, lui il doit être du merci, il a rien eu du tout. Et d'un point de vue physique en tout cas. Et en fait, dès qu'ils l'ont emmené à l'hôpital, je crois qu'il est ressorti...
- Speaker #0
Dans la choulée ?
- Speaker #1
Tout de suite après finalement, ouais. Tout de suite après. Et lui tout ce qu'il voulait c'était me rejoindre dans mon hôpital à moi. Et ouais, c'est ce qu'il a fait quoi.
- Speaker #0
Et du coup c'était sur Paris ?
- Speaker #1
Ouais, j'étais à Clichy.
- Speaker #0
Clichy ? À la porte Clichy ? C'est une galère de moelle qui dit ça. À la porte Clichy, à 3h du matin, pour ceux qui ont l'air. Bref. Donc ça, Lola, effectivement, c'est quelque chose que tu as vécu. C'est l'occasion aussi de présenter un petit peu, pour avoir un petit peu un point d'ancrage dans la vidéo, ton livre que tu as écrit. Tu vas nous expliquer un peu le titre, pourquoi tu l'as écrit, et puis nous raconter de manière un petit peu chronologique aussi, quelles ont été les étapes après, entre ta rééducation, chez que tu as rencontré Sullivan. qui est un infirmier qu'on connaît tous les deux. Je pense qu'il y a des gens qui t'ont aidé à t'affirmer par rapport à ton accident. Je sais que ta famille, elle était ultra présente. Je sais que tu as une équipe de choc, d'amis autour de toi. Tu as les gens que tu as rencontrés, la fameuse Marie. Je ne sais pas si on pourra tout évoquer, mais effectivement, il y a beaucoup de gens qui ont fait que tu en es là aujourd'hui. Et puis, évidemment, Adrien, qui est la pierre angulaire, on va dire aussi, et un point de repère évident dans ta vie. Et je pense que c'est pareil pour lui. Et puisque vous avez... Généré à deux et la beauté de ce que vous avez créé. Donc est-ce que tu peux nous parler un petit peu, je vais le présenter dans la vidéo. Donc là Lola, elle a un livre qui s'appelle Sans elle. Donc tu vas nous expliquer un petit peu et puis tu vas nous dire aussi, tu peux le trouver sur quoi déjà ? Amazon. Amazon parce que tu l'as auto-édité, c'est ça ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Voilà, donc est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ?
- Speaker #1
Ouais, bah du coup j'ai écrit ce livre, au tout départ c'était pour moi. Dans ce livre comme ça, j'ai eu envie d'écrire pour moi-même. pour me soulager et faire du bien. Non pas que j'étais mal, mais j'avais envie de... Ça m'a fait du bien. Et après je me suis dit que je préférais lire Adrien, parce que je parle beaucoup beaucoup beaucoup beaucoup de lui.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je parle beaucoup de lui.
- Speaker #0
Tu aurais dû l'appeler Adrien. Ouais,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Ah il l'aurait dit.
- Speaker #1
Et donc voilà, de base c'était aussi pour lui. Puis après je me suis dit pourquoi pas aussi pour mes proches. Et puis en plus, je me suis dit... Faire profiter toutes les personnes qui ont... vécu les choses avec moi. Et après, c'est mes proches qui m'ont dit pourquoi pas, pourquoi pas, le faire adhérer aux autres, ça peut être intéressant.
- Speaker #0
Moi je vais être très honnête avec toi, je suis un homme, les questions de la grossesse chez une femme, c'est pas forcément des choses qui me viennent tout de suite, parce que déjà, 1 il faut que j'aie une meuf, 2 il faut que la nana qui je suis tombe enceinte, donc c'est forcément des questions que je me suis pas encore posées, même si... J'essaie en tout cas d'être attentif à tout ça et c'est des questions que je me pose parce que moi je sais ce que c'est qu'être tétra mais tu vois on va en parler après qu'est ce que c'est que d'être tétra avec une grossesse l'accouchement etc et puis en plus ton histoire elle est merveilleuse on va en parler avec les enfants le bébé que tu sens etc je tease un peu mais effectivement donc tu racontes tout ça et ton parcours je pense et c'est pour ça que je t'ai fait une ordre en confidence c'est que je pense que non seulement il va parler aux mamans ton parcours est ultra inspirant et je pense qu'il va aussi rassurer beaucoup de personnes en fauteuil qui pourraient se retrouver nouvellement accidentés ou qui trouvent une personne avec qui construire des projets de vie, notamment avoir des enfants. Et je pense que ton histoire, elle est ultra pertinente pour apporter des réponses aux questions que les gens se posent.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Moi, du coup, dans le livre, je rapporte tout ce qui m'est arrivé. Donc, les cinq premières années après la CEDAW. Du coup, là... de ce qu'on me disait, j'étais en réa. Après, je ne suis pas restée très longtemps en réa. Je suis restée quatre jours. Ah oui ? Oui. Quatre jours ? Oui.
- Speaker #0
Que quatre jours ?
- Speaker #1
J'ai été extubée le lendemain.
- Speaker #0
Incroyable, trop bien.
- Speaker #1
J'ai été extubée le lendemain et puis eux, ils m'ont mis de l'oxygène pour suivre le truc. Mais je crois que je ne gardais qu'une journée aussi l'oxygène.
- Speaker #0
Et tu es arrivée à respirer ?
- Speaker #1
J'étais à 100%. Alors, j'étais fumeuse en plus à mon accident. Je n'ai jamais compris.
- Speaker #0
Tu fumes maintenant ?
- Speaker #1
Non, j'ai arrêté. Depuis une nuit, je me crue. C'est vrai. Et du coup, je suis restée quatre jours. En même temps, ma famille était très très très très présente, mes amis aussi. La salle d'attente de la réa, c'est un carnage, ils étaient 15-20. Ils étaient assis par terre, il n'y avait que des visites pour moi.
- Speaker #0
Ah ouais, d'accord. Et ils avaient le droit de venir ? Parce que moi je sais que j'étais limitée à trois personnes.
- Speaker #1
Ouais, ils se relayaient tout le temps. C'était deux personnes dans la chambre et ils se relayaient.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous raconter... Pendant que tu dis ça, je pense à Adria, parce que tu en parles beaucoup. Est-ce que tu te souviens du moment où vous vous êtes revues à ce moment-là ? Et où c'était ? C'était à l'Oréa ?
- Speaker #1
Ouais, c'était à l'Oréa, forcément.
- Speaker #0
Qu'est-ce que vous avez...
- Speaker #1
C'est une bonne question, parce que la première personne... Moi, je me rappelle quand je me suis réveillée, c'était ma belle-sœur Marine, avec qui j'étais très très...
- Speaker #0
Donc c'est la copine de ton frère ?
- Speaker #1
C'était la copine de mon frère.
- Speaker #0
C'était ?
- Speaker #1
C'était, ils sont plus ensemble.
- Speaker #0
Bisous.
- Speaker #1
Ah ça nous est le fameux actuel. Ok,
- Speaker #0
d'accord.
- Speaker #1
Donc, ouais voilà, je me rappelle d'elle. Mais après c'est vrai qu'Adrien, je me rappelle pas de la conversation qu'on a eue, enfin des premières choses qu'on s'est dites.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je me rappelle de son regard par contre, de comment il me regardait, il avait ce regard un peu... il se sentait coupable.
- Speaker #0
T'en parles beaucoup dans le livre ?
- Speaker #1
Ouais, parce que il s'est toujours senti coupable de l'accident, alors que ça n'a jamais été de sa faute. Mais il s'est toujours senti coupable et je me rappelle de ce regard-là. De la mélange de tristesse, de culpabilité.
- Speaker #0
Et du coup, t'as mis plusieurs années à te reconstruire. Est-ce que tu penses que tu lui as donné de la force pour lui réussir à faire son travail ?
- Speaker #1
On s'est entraînés tous les deux, lui comme moi, parce que moi je me disais il ne faut pas que je flanche parce que sinon lui va flancher, et lui disait la même chose de son côté. Donc en fait on se soutenait comme ça, et c'est comme ça qu'on a réussi à s'en sortir finalement.
- Speaker #0
Et donc là vous êtes très soudés, toi tu es en rééducation, donc tu arrives en rééducation, comment ça se passe ? Combien de temps tu restes ?
- Speaker #1
Alors du coup, j'arrive au centre rapidement. Je reste deux semaines à l'hôpital. Donc moi, j'ai qu'une asthme, c'est de commencer la rééducation. Pour moi, à l'hôpital, je perds mon temps. Et en sachant qu'à l'hôpital, mon frère et Adrien me font déjà faire de la kiné, avec les bras, etc. Et donc j'arrive motivée comme jamais au centre. Et du coup, le centre... Je suis pas censée rester aussi longtemps mais je reste un an et huit mois.
- Speaker #0
Donc ce qui est quand même particulièrement long.
- Speaker #1
C'est très long.
- Speaker #0
Moi je fais la petite aparté. Imaginez-vous les gens qui ont vécu le confinement. Ouais. C'était quoi, deux, trois mois je crois le max au début là ? Ouais. Imaginez-nous pendant un an et huit mois au même endroit. Moi c'était moins que toi, c'était onze mois. C'est très très long. Et ne serait-ce que faire prendre conscience aux gens de ce que c'est. Mais qu'est-ce que tu penses de la rééducation ? Moi je l'ai vécu comme ça, je pense que c'était un temps qui a été nécessaire. pour digérer beaucoup de choses, pour reposer des bases, pour avoir des points de repère. Donc évidemment il y a Adrien, il y a ce qui va se passer dans le centre, on en parlera après. Et il y a toute ta famille aussi qui t'a aidé, certainement tout le corps médical. Est-ce que tu peux nous dire, je ne sais pas, comment tu as vécu le centre ? Qui sont les personnes qui t'ont aidé ?
- Speaker #1
Le centre en fait ça a été une période un peu compliquée dans le sens où... J'ai toujours eu besoin de mes proches. Ils ont été très présents. Adrien venait tous les jours. Tous les jours, tous les jours, tous les jours. Il était connu comme le loup blanc là-bas. Je pense qu'au limite, il y en a qui pensaient qu'il travaillait là-bas parce qu'il était là plus que les soignants.
- Speaker #0
Pour un réunionnais, c'est marrant le loup blanc.
- Speaker #1
Ouais, c'est... Blague raciste.
- Speaker #0
C'est pas raciste. C'est factuel. Il est un peu plus... Un peu plus raciste.
- Speaker #1
Mais du coup, ils étaient tous très présents. Mon père parlait pratiquement tous les jours. Ma belle-sœur, mes parents, on venait tous les dimanches. Mais ce n'était pas suffisant pour moi. J'avais tout le temps, tout le temps ce besoin. Dès qu'un rien partait, et pourtant il partait toujours bien après les midis, les midis c'était 20h, 21h30 il était parti, à chaque fois c'était toujours comme ça. Mais à chaque fois c'était trop dur quoi, dès qu'on fermait la porte et que je me retrouvais toute seule, c'est la solitude la plus dure en fait. Mais justement c'est là où les soignants sont importants parce que du coup je me suis beaucoup rattachée à eux. Et l'avantage là-bas c'était que c'était que des jeunes, de l'âge. Donc aujourd'hui... 1, 2, 3, 4, 5... J'en ai chez moi 5 personnes que je vois toujours.
- Speaker #0
Ils sont devenus des ennemis. Sully, que tu parlais tout à l'heure, je reviens de vacances avec lui.
- Speaker #1
T'es à Las Vegas ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est aussi chouette, c'est ton parcours, tu montres que tu peux voyager. Ouais. Après, t'as une super équipe autour de toi, t'as vraiment des proches. Donc Adrien, en plus, ce qui est assez exceptionnel, c'est qu'à ce moment-là, il vient te voir, mais il travaille toujours. Je connais son métier, je sais qu'il est très pris, il se lève très tôt, il se passe beaucoup de choses. Est-ce que tu peux nous parler de ça ? Et est-ce que tu peux nous dire aussi, parce que tu ne l'as peut-être pas précisé, Parce que je sais qu'il y a une personne qui t'a beaucoup aidé aussi dans ton accident, c'est quand tu dis avoir eu ton accident, tu travailles dans un cabinet d'avocat je crois ? Et ils t'ont beaucoup aussi aidé à peut-être alléger ta charge mentale, structurer des choses et aussi peut-être te permettre de te remettre un peu sur les rails.
- Speaker #0
Oui. Déjà Adrien du coup, comme je suis ici, il travaille, il se lève à 5h du matin. Il termine de travailler souvent vers 15h30, ça dépend du moment des jours. Enfin ça dépend. Et en fait, il y a une demi-heure de route entre chez nous et son travail, et il y a une demi-heure de route de son travail au centre de rééducation. Et en fait, il a toujours pris le temps de venir me voir à la fin de son taf. C'est-à-dire qu'il se lève à 5h, il fait sa journée jusqu'à 15h30, direct après il prend la voiture, il vient me voir, et il va jusqu'à 21h30, et il refait la route.
- Speaker #1
Et en plus vous habitez pas à côté du centre je crois ?
- Speaker #0
Non on habite à 30 milles, donc il fait une demi-heure, une demi-heure, une demi-heure de route à chaque fois.
- Speaker #1
Et aujourd'hui ça fait combien de temps que vous êtes ensemble ?
- Speaker #0
Aujourd'hui ça fait 13 ans, ça va faire 13 ans.
- Speaker #1
13 ans. Et à ce moment-là, donc t'avais quel âge ?
- Speaker #0
Ben là du coup...
- Speaker #1
T'attendais à qui le temps ?
- Speaker #0
J'avais 23 ans.
- Speaker #1
23 ans.
- Speaker #0
Donc ouais j'avais enfin 24 ans quoi. 23, 24 ans. Et du coup...
- Speaker #1
Et du coup,
- Speaker #0
l'avocat et Marie,
- Speaker #1
ils en sont où dans cette histoire ?
- Speaker #0
Franchement, ce qui est dingue dans l'histoire, c'est que je travaillais à la maison de l'avocat à Potoise pour le bâtonnier du Vandoise. Et en fait, le bâtonnier, en gros, c'est le chef des avocats de la région. Et donc, c'est mon patron. Et ça fait que quatre mois que je travaille là-bas. Je viens juste d'arriver. Et en fait, on a créé un lien de groupe avec... et le bâtonnier et sa secrétaire, qui est ma chef, Corinne, et qui est aujourd'hui devenue ma barène. Et en fait, on a créé des liens de fou parce qu'ils sont tous venus me voir à l'hôpital et le bâtonnier m'a dit Lola, tu ne t'occupe de rien, je s'occupe de tout. Et c'est devenu mon avocat. Et il m'a dit Je te représente rapidement, il n'y a aucun problème. Et avec ma chef, tous les deux, ils se sont occupés de tout. De l'administration, du lien avec l'assurance.
- Speaker #1
Tu as été bien accompagnée par eux. Oui. Le corps soignant aussi, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ça t'a beaucoup aidée ?
- Speaker #0
Oui, parce que c'est les moments où je me retrouve seule, où c'est compliqué. Et eux, ils sont là. Donc, c'est rassurant d'avoir quelqu'un. Ne pas être seul.
- Speaker #1
Écoute, je pense qu'on va parler de quelque chose qui a fondamentalement changé ta vie, celle d'Adrien. Mais je pense qu'avant ça, on va parler de la petite rubrique l'instant citation, parce que c'est un petit peu les devoirs que je vous donne. J'ai envie de savoir un petit peu quel est ton mantra, quelle est ta citation, ou un proverbe. Quelque chose qui te guide aujourd'hui et si tu peux nous le partager, si tu en as une, deux, trois, c'est toi qui as les cartes en main. Ok. Donc c'est parti pour l'instant, citation avec Lola.
- Speaker #0
Alors du coup, moi c'est pas vraiment une citation, c'est plus une méthode, une règle on va dire. C'est la règle des cinq minutes de Elrod, je sais pas si tu connais.
- Speaker #1
Ça me dit quelque chose, ça m'écoute.
- Speaker #0
Le conférencier, Manetel, qui a créé des mots. Auteur, voilà, je sais pas exactement, présence Piaot. Et en fait, ça règne des cinq minutes, parce que si tu veux, moi, je me suis mis une carte basse à partir du moment où je me suis fait réveiller, mais jusqu'à des mois après l'accident, j'ai pas pleuré. Je me suis interdit de pleurer, parce que je me suis dit, si je pleure, je vais pas me relever. Dans ma tête, c'était ça. Si je pleure, c'est mort, j'y arriverai pas. Donc je me suis interdit de faire les mêmes toutes seules. C'était mort, je n'ai pas versé une larme pendant peut-être les trois premiers mois à peu près. Et en fait, un jour, je me retrouve seule au centre. Les soignants arrivent, sauf qu'à l'époque, ma touche, je ne la fais pas toute seule. Donc, j'ai besoin d'eux. Et en fait, ils arrivent tard et ils me font louper ma séance de clinique. C'était le drame pour moi. Donc, j'étais énervée, etc. Et en fait... D'un seul coup, je sens que j'ai envie de pleurer, chose qui n'est pas arrivée depuis le début. Donc je me dépêche, je leur dis allez, on se dépêche etc. Je les mets juste à la porte et je me retrouve dans la salle de bain. Et en fait, je me dis mais là, c'est là, il faut que je pleure, ça ne va plus Et donc je me rappelle de cette méthode des 5 minutes, parce que j'avais eu une vidéo de lui. Et en fait, les 5 minutes, c'est pendant 5 minutes, tu as le droit de... d'avoir des pensées horribles, de te mettre en colère, de crier, de pleurer, de faire tout ce que tu t'interdis de faire en général, mais que pendant 5 minutes. Et une fois que tu as passé ces 5 minutes, tu t'arrêtes. Et il faut que tu te dises à voix haute, je ne peux pas changer ça, je ne peux pas jouer cette situation. Donc il n'y a aucune valeur à ce que je veux que ce soit différent.
- Speaker #1
Donc ok, les 5 minutes de... Comment il s'appelle déjà ? Elrold. Donc on peut inviter les gens à aller voir. Voilà, j'irai voir aussi pour... Mais je crois que je l'ai lu dans le livre.
- Speaker #0
Ouais, j'en parle.
- Speaker #1
Donc là, on va passer un petit peu à la suite. Il y a un moment que moi, je trouve incroyable dans ta vie et tu vas le raconter parce qu'il s'est passé beaucoup de choses depuis. C'est que tu as eu deux beaux enfants.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et est ce que tu peux nous raconter un petit peu ce qui se passe ? Parce que je sais que ça se passe dans le centre de l'éducation. Je ne vais pas te demander les détails, mais... Mais voilà, je pense que tu peux nous raconter tout ça, ça va être passionnant. Je t'en prie, Lola, je te laisse la parole.
- Speaker #0
En fait, ce n'était pas du tout prévu cette première grossesse. C'est-à-dire que moi, j'avais pour projet d'avoir des enfants avant l'accident. Pour te dire, j'ai eu l'accident au mois de décembre et je devais arrêter ma pilule au mois de février. C'était prévu, c'était dans le collier. Mais avec l'accident, ce n'était plus du tout la priorité.
- Speaker #1
Vous deviez acheter une maison ?
- Speaker #0
Ouais, on a dû acheter une maison. On avait signé, on a dû tout annuler. Donc ça, ça a été très dur aussi. Dis-toi, j'ai toujours dans mon téléphone les photos de la maison. Je ne les ai jamais supprimées. Donc je les ai gardées parce que j'aimais trop cette maison.
- Speaker #1
Elle n'était pas adaptée, c'est pour ça que...
- Speaker #0
Elle n'était pas du tout adaptée, ouais. C'était une maison à étage, il y avait deux escaliers pour rentrer. C'était pas du tout adapté. Et quand Adrien m'a dit... qu'il fallait abandonner la maison et qu'il fallait revenir sur la signature, ça a été très très dur. Je lui ai dit non non et tout, mais c'était pas possible quoi. En fait, du jour au lendemain, je me sens mal. Alors que j'étais à fond, j'étais au top au niveau de ma rééducation, ça faisait un an pile que j'étais là-bas. Je me dis c'est bon, je peux sortir, je suis bien, je vais à mes séances de kiné toute seule, je peux passer trois, quatre heures en salle de kiné. à faire des pompes et tout, machin, je suis vraiment au top de ma forme. Je suis pratiquement autonome. Franchement, je suis même autonome. Avec tout et adapté, j'ai été autonome. Et en fait, du jour au lendemain, je me sens pas bien. J'ai la tête qui tourne tout le temps, j'arrive plus à manger, tout me dégoûte. Même le truc que j'adore manger, tout me dégoûte. Et donc le médecin est quand même très inquiet.
- Speaker #1
T'es nauséeuse ?
- Speaker #0
Ouais, je me sens vraiment pas bien. Et y'a un truc qui me fait tilter aussi, c'est que je passe devant la chambre d'un collègue tetra, et en fait lui il se parfumait à gogo, et d'habitude je passe devant, je sens l'odeur, et voilà. Et là l'odeur me donne envie de vomir, genre j'ai vu un homm...
- Speaker #1
Est-ce que tu veux expliquer, parce que moi je me doute un petit peu du truc, mais en fait ça exacerbe tes sens, c'est ça ? Ouais. quand t'es enceinte, y a des choses qui se...
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, les odeurs. Mais moi, je sais pas, parce que, bah, en vrai, moi, mes copines, elles sont pas... Genre, j'en ai peut-être une ou deux qui sont tombées enceintes, mais pas plus. Moi, je n'y connais rien. Donc, moi, je devine pas que l'odeur d'un parfum, ça peut donner la... envie de volir, quoi. Mais ça me fait bizarre. Je me dis, mais y a un truc qui va, va. Et le médecin, il me dit, bon, bah, on va faire une prise de sang. Euh... Beta-SCG, là, pour ça, si je suis enceinte. Ça, c'est pareil, je ne savais même pas que ça s'appelait comme ça. Et il me dit c'est pour écarter ça, parce que lui il y croit pas. Mais on fait la prise de sang et on est en bonne. Et donc je fais la prise de sang le matin, l'après-midi Adrien me rejoint, donc on attend les résultats, et Adrien lui il est limite content. Moi je suis pas une kid. C'est pas possible si je suis enceinte. Non, c'est pas possible que je sois enceinte. Et Adrien il dit si ça se peut c'est ça, et lui il est tout excité.
- Speaker #1
Il sourit derrière les caméras là. Il est content.
- Speaker #0
Et moi je suis paniquée. Et en plus de ça, la prise de sang n'arrive pas. Il doit arriver vers 7h. Il est déjà 20h. Il n'y a personne qui arrive. Donc Adrien finit par partir du coup, parce que l'infirmière nous dit Bon voilà mon ami, les résultats ont dû se perdre. Il faudra refaire une prise de sang.
- Speaker #1
Et qui c'est qui t'a dit de faire la prise de sang alors à ce moment-là ? C'est le médecin ? Le médecin.
- Speaker #0
Le médecin. Quoi ? Je dis quoi ? Le médecin. Le médecin.
- Speaker #1
Le médecin. Le matin le médecin, le matin le médecin, t'as dit ça ?
- Speaker #0
Voilà c'est ça, le médecin. Et oui donc l'infirmière elle me dit, là si les résultats sont pas arrivés, c'est que ça a dû se perdre. Et il va falloir, parce qu'on est là, à ce moment là on est vendredi, et elle me dit il va falloir repérer une précision le lundi. Je me suis dit, c'est pas possible, on est en train de le week-end encore, on tient etc. Donc Adrien s'en va, et là il y a l'infirmière, qui est une amie aujourd'hui, l'enfant Adrien. Tu rentres dans ma chambre à 21h30 et tu regardes et tu me dis Maloula, tu es enceinte ? Et là, je ne pourrais pas t'expliquer. Je tombe, je suis dans mon lit mais je tombe. Je tombe de mille étages et j'ai le smile, mais vraiment le smile. Et je dis je ne sais pas, je ne sais pas comment réagir Alors que j'ai le smile, tu vois, je suis trop contente. Mais dans le sens, je ne suis pas prête. Ça fait un an que j'ai eu l'accident. Je commence à peine à connaître mon corps. Je vais devoir réaffirmer à connaître un nouveau corps.
- Speaker #1
Et en plus, à ce moment-là, tu es encore au centre de l'éducation.
- Speaker #0
Et je suis encore au centre de l'éducation. Donc,
- Speaker #1
tu n'es pas sortie, tu n'as pas pris tes repères de l'extérieur. Tu as pour rôle d'enseigne.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
ce n'est pas le moment du jour. Tu ressens beaucoup de joie, mais aussi beaucoup d'incertitude.
- Speaker #0
Oui, je panique un peu. Panique et... Mais là en fait à ce moment là c'est surtout la joie. Alors que... Je sais pas.
- Speaker #1
Tu fais fi un peu du négatif ?
- Speaker #0
Ouais. Ça se fait tout seul, c'est même pas moi dans ma tête qui me dit faut que tu sois contente, faut pas que tu penses à ces choses là, ça se fait naturellement.
- Speaker #1
Et comment ça a été accueilli par le corps médical ? Parce que du coup tout ça c'est su.
- Speaker #0
Ouais, bah oui bien sûr, du coup. Ben, ton et nos petits soins c'était trop bien franchement. Ma grossesse, ma première grossesse, elle a été ouf parce que j'étais pas bien. Ça a été une grossesse un peu compliquée. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de baisse de tension. Il y a eu une fois où je suis descendue à 6,5 quand même de tension.
- Speaker #1
Parce que si je me permets de rebondir, je veux pas te couper, c'est hyper intéressant ce que tu racontes, mais c'est vrai qu'on a des troubles associés, que forcément il se passe des choses dans ton corps et que ça va en fait exacerber tous ces troubles associés qui peuvent être un petit peu pernicieux en ce qui nous concerne. Donc effectivement on fait ce qu'on appelle les HRA, des hyper réflexions autonomes, et en fait tu as les exacerbations, donc effectivement tu as des chutes de tension, tu fais des malaises vagos, certainement, et du coup tu vis donc mal ta grossesse finalement.
- Speaker #0
Ouais, ouais, vraiment très mal, et je vis ma grossesse pratiquement, pratiquement toute la grossesse adulte.
- Speaker #1
Tu te doutes à ce moment-là ?
- Speaker #0
Ben, par rapport à quoi ?
- Speaker #1
Par rapport à l'accouchement ? Par rapport à la suite ?
- Speaker #0
J'appréhende, mais en vrai, c'est bizarre parce que c'est contradictoire. Je n'ai pas peur en fait, parce que je ne stresse pas. C'est bizarre parce que même ça en sorte valide. Souvent, elle stresse l'appouchement et après, comment je vais faire, etc. Mais je ne sais pas, on était tellement contents avec Adrien. que ça a dépassé tout. En fait, je le dis souvent, mais ce bébé, c'est la lumière au bout de notre long tunnel, tu vois. Et oui, ça nous a fait trop du bien, ça nous a sauvés. Et c'est pour ça, je pense, que je ne l'ai pas vécu en mode stressé, en mode je me pose un lien de question. Alors forcément, je me pose des questions. Euh... Mais c'est pas... Est-ce que je vais... Enfin, je sais pas comment t'expliquer, mais je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je...
- Speaker #1
Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je...
- Speaker #0
Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je...
- Speaker #1
Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je... Je dans le parcours de soins de maman tétraplégique enceinte, est-ce que tu as un protocole qui t'accompagne un peu plus spécifiquement par rapport à ta grossesse ? Est-ce que ça se fait au centre d'éducation ? Est-ce que ça se fait à l'extérieur ? Est-ce que c'est une charge mentale que de devoir aller de rendez-vous au rendez-vous ? Est-ce que tu peux nous parler peut-être aussi un petit peu de cet aspect-là ? Parce que j'imagine que pour une femme enceinte, déjà de base, c'est beaucoup d'épreuves. Et toi qui puais, en plus, tu es au balbutiement de cette nouvelle vie aussi pour toi.
- Speaker #0
Oui. Oui, j'ai été accompagnée, c'était pas au centre, c'était à Montsouris, l'hôpital de Montsouris à Paris, dans le 14e. C'est un service avec une sage-femme, il n'y en a qu'une en France, de toute façon j'ai eu la chance que ce soit à Paris. Et en fait c'est un service pour les mamans handicapées, n'importe quel handicap. Et en fait cette sage-femme elle est super. Alors déjà humainement elle est super, elle est en fauteuil.
- Speaker #1
Ça je le savais, j'attendais que tu le dises.
- Speaker #0
Ouais, et en fait c'est génial parce que, ouais c'est rassurant. Déjà je ne m'y attendais pas du tout, parce que j'arrive à l'hôpital pour la première fois, je sais qu'elle se sert d'un petit slard donc je suis contente. Et là je vois une petite dame en fauteuil arriver devant moi, et elle me dit Lola c'est toi ? Et là je me dis mais waouh, elle est en fauteuil, c'est trop bien !
- Speaker #1
J'ai une petite question, elle a la même pathologie ou pas tu sais ?
- Speaker #0
Non, elle elle a assez de mal, elle dit alors je ne sais pas. Je ne peux pas te le répéter, mais c'est une maladie et en fait, elle n'a pas toujours été en fauteuil. Mais ces dernières années-là, elle est en fauteuil et elle ne peut plus du tout se lever.
- Speaker #1
J'imagine que tu as un rapport de confiance qui se crée et c'est très rassurant aussi pour toi.
- Speaker #0
Oui, et en plus, elle connaît hyper bien les blessés médulés. Elle sait ce que c'est des achéras. Moi, à chaque fois que je parle d'achéras, les gens sont comme... Et c'est normal.
- Speaker #1
Les gens ne sont pas hyper calés en euros.
- Speaker #0
Bah non mais c'est normal après voilà, en plus chacun a ses hachéras à sa façon, donc voilà, et elle me connaît hyper bien, elle connaît hyper bien la tétraplégie, donc ouais c'est hyper bien.
- Speaker #1
Trop bien, c'était génial. Et donc ça te rassure, t'es bien accompagnée, et évidemment, on n'en a pas parlé, mais comment tu l'annonces à notre ami Adrien ?
- Speaker #0
Alors c'est drôle parce que... enfin c'est drôle. Quand ma copine de la rillette vient de me l'annoncer avant Thunder Throat, Adrien est déjà parti, il est à la maison, et j'ai qu'une envie c'est de l'appeler pour lui dire que je me suis dit c'est nul, il va pas apprendre qu'il est papa comme ça. Donc je me retiens de lui dire jusqu'au lendemain, parce que là c'est vendredi soir, et moi je pars en...
- Speaker #1
Appuie sur tes jambes là. Je t'ai oublié. Ouais. Petite tripping d'impatience. Oui,
- Speaker #0
voilà. Et du coup, moi, ce week-end-là, je pars... Comment on appelait ça ? En permission. Et du coup, je me dis, je vais attendre le lendemain matin qu'ils viennent me chercher pour aller en permission pour lui annoncer. Donc, j'en parle à lui. Parce que, déjà...
- Speaker #1
Il doit se passer mille choses dans ta tête.
- Speaker #0
Ce genre d'état émotionnel, c'est quelque chose. C'est genre I'm having a dream Et en plus, je regarde en avant, je me dis Mais je suis enceinte, il y a un bébé à l'intérieur de moi. C'est dingue. C'est un assiette. Très peu franche. Et donc, Valéry-Laudré vient me chercher. Donc, je le vois, je me retiens au point de vie. Pendant tout le trajet, je me retiens. Et en fait, on arrive à la maison. Et je lui sors en une excuse pourrie. Je lui dis Ah ben hier, j'ai vu une émission sur la magie, etc. Et il y avait des énigmes, tu veux que je te les fasse ? Donc il me dit oui. Donc j'en fais deux vrais. Je ne sais plus les deux. Je lui fais deux énigmes. Et le dernier, je lui dis, alors là, c'est combien font 1 plus 1 ? Donc c'est 1,7,2. Je lui dis 1,7,2. Il me dit 1,7,2. Je me dis, ça dit 1,7,2. Je lui dis non. Et il me dit 1,3. Il me dit 1,2,3. Et on rentre en avant. Et je lui ai dit oui, mais il rigole. Il ne gaflait pas. Et je regarde et j'essaie de regarder ça sans qu'on regarde pas ça. Je dis oui, là derrière c'est ça. Il dit non, calabré. Et là, il est trop content et on se croit dans les bras et tout.
- Speaker #1
Et à ce moment en plus, c'est dans un... Oh mon dieu,
- Speaker #0
t'as une larme aux yeux.
- Speaker #1
Tu bailles ou tu pleures ? Essaye pas de nous avoir.
- Speaker #0
Tu vas pas pleurer aussi, arrête.
- Speaker #1
Mais c'est trop beau. C'est génial. C'est génial ce qui se passe déjà dans votre vie à ce moment-là. Ce qui se passe dans cette chambre de tout l'espoir que tu vas donner à des gens à travers ton témoignage, c'est passionnant. Et de manière... Bon là, tu vois, on est dans vraiment quelque chose de très beau, mais de manière un peu plus pragmatique. Donc toi, tu restes quand même tétra, donc on parlait des doutes, etc. Comment ça se passe, du coup, ta grossesse ? Tu me dis que ça allait un peu difficile, etc. Les mois qui précèdent, les semaines, les jours qui précèdent l'accouchement... Est-ce que tu l'appréhendes et comment ça va se passer ce jour-là ?
- Speaker #0
C'est trop bizarre, mais je n'y pense pas du tout. Je suis trop loin. En fait, à ce moment-là, nous, on vient d'acheter un appartement et il est en plein travail pour être adapté à moi. Et en fait, moi, dans ma tête, je suis à 8 mois de grossesse, mais dans ma tête, je vais déménager, je vais faire le déménagement. Et je me dis, last week-end, j'ai mon déménagement. Et la semaine d'après, normalement, je suis déclenchée. Parce que je dois être déclenchée pour faire mon accouchement. Et en fait, tout ne se passe pas comme prévu. Parce que le jeudi, moi je devais être déclenchée le mardi ou mercredi d'après. Et en fait, le jeudi d'avant, je perds le bouchon au milieu. Est-ce que tu sais ce que c'est que le bouchon ?
- Speaker #1
Explique, parce que pour les mecs, c'est moi qui perds le bouchon.
- Speaker #0
C'est pour ça que je te dis.
- Speaker #1
Voilà, les femmes qui sont pas enceintes, elles le seront, celles qui vont le devenir, et celles qui le sont vont se reconnaître aussi un petit peu en temps.
- Speaker #0
En fait, le ronchon-lubis, je pourrais pas dire exactement ce que c'est, parce que j'avoue, j'en sais pas trop trop, mais en fait, généralement, c'est... En fin de grossesse, tu peux le perdre, ou tu peux ne pas le perdre, c'est pas obligatoire. Et il y en a qui le perdent sous la douche, qui se rendent même pas compte aux toilettes, etc. Et c'est marrant parce que je... J'en parlais avec mon beau-frère juste avant, parce que lui il avait une amie qui s'est venu d'accoucher et elle avait perdu son bouchon muqueux. Elle est vite allée à l'hôpital et en fait ils lui ont dit non non c'est pas pour tout de suite donc en fait perdre le bouchon muqueux ça veut pas dire accouchement imminent. Donc je perds le bouchon muqueux et je me dis bon bah c'est pas évident donc c'est pas maintenant. Donc voilà Adrien il m'avait ramené du bac de soie je me rappelle. On est mangé ensemble. Donc il dit que je perds le mouchon mais plus etc. Et lui il commence à aniquer et tout. Il était sûr, je peux rester s'il faut, machin. Non, non, ce sera pas pour ce soir, tout va bien. Moi dans ma tête c'est bon, c'est pas pour ce soir. Nous on s'en va.
- Speaker #1
T'es au centre de rééducation ?
- Speaker #0
Je suis au centre de rééducation.
- Speaker #1
Faut le préciser ça. Oui,
- Speaker #0
je suis au centre de rééducation, Adrien s'en va, ils rentrent chez nous. Et là il y a des types de nuit qui arrivent. Et les types de nuit normalement... C'est un volet entre deux de mes copines. C'est des copines proches, des infirmiers. Et là, comme par exemple, ce soir-là, c'est un... Comment on appelle ça ?
- Speaker #1
Un intérimaire ?
- Speaker #0
Ouais, un intérimaire. Comment ils appellent ça ? Oh. Non, c'est un...
- Speaker #1
Un vaco ? Ouais,
- Speaker #0
ouais, bon bref, un intérimaire. Et en fait, il était venu déjà quelques fois. Et pas trop de chénime, quoi. On s'entendait pas. très froid, voilà. Et donc, ils étaient deux. Et l'autre, c'était un étudiant que j'avais vu quelques fois au chien. C'était pas mes potes, quoi, tu vois. Donc, voilà.
- Speaker #1
Oui, t'as pas le même rapport de confiance. Non,
- Speaker #0
pas du tout. D'habitude, moi, les teams de nuit, ils viennent me voir, on parle deux heures dans ma chambre, ils passent la nuit avec moi. Genre, voilà. Là, voilà. Donc, je reste dans mon coin. Et en fait, au bout d'un moment, dans la soirée, je me rappelle, je regarde les bâtissiers. Parce que les gâteaux ils me donnent trop honte. Et dans la soirée, grosse contraction. Mon ventre qui se durcit. Des grosses achérées. Grosse grosse grosse achérée. Je suis pas bien. Et je me dis non c'est mort, c'est mort, c'est mort, c'est mort, c'est mort. Dans ma tête, je sais pas pourquoi, mais même si je ressens tout ça, je me dis que c'est impossible pour moi que je vais accoucher. Impossible. Vu que c'est prévu dans une semaine, bah c'est pas possible. Et en fait, j'essaye de m'endormir. Donc j'arrive à m'endormir à 1h du matin. Et à 1h30 du matin, je me réveille, je m'assois, et là, je perds les os dans mon lit. Et donc là, je sors, je sonne, j'appelle les soignants. Donc en fait, il y avait un protocole qui avait été fait, ils savaient ce qu'ils devaient faire, etc.
- Speaker #1
Un cas aussi juive. C'est pas court, sans mauvais jeu de mots. Les femmes enceintes t'étras dans un sein de rédaction ? Ouais,
- Speaker #0
je suis morte,
- Speaker #1
là j'étais là. Et donc ça se passe comment ? Tu perds les os, et là, comment tu vas à l'hôpital ?
- Speaker #0
Ils avaient appelé une ambulance en amont pour leur expliquer qu'à tout moment je pouvais appuyer, etc. Donc l'ambulance savait ce qu'elle avait à faire, elle vient. Je vois un médecin entre-temps, un médecin de garde, je sais même pas pourquoi je le vois, il vient dans ma chambre, il soulève le truc. Oui, vous avez perdu les os, oui effectivement, vous avez accouché. Oui, merci docteur, je... Et du coup, je pars à l'hôpital. En ce temps, j'essaie d'applaudir. C'est la nuit, il est presque 2h du matin, 2h30. Ça,
- Speaker #1
je crois qu'il se lève à 5h, donc...
- Speaker #0
Ouais, je l'appelle, il me répond pas. Je l'appelle 27 fois en tout. Il me répond pas. Et en plus, moi j'ai un caractère un peu... Je m'énerve même pas, je m'étonne. Je m'énerve même pas contre lui.
- Speaker #1
Des règles des 5 minutes ? C'est des règles des 5 minutes ?
- Speaker #0
Ouais, peut-être ça, ouais, j'avoue. Et en fait, je me dis surtout, s'il répond pas, il va peut-être louper la l'aimée de son fils. Et là, franchement, il va être déçu. Donc j'appelle, j'appelle, j'appelle, donc j'arrive à l'hôpital. Je devais appuyer avec ma sage-femme, du coup, vu que ça devait être déclenché. sa foule n'est pas là. Donc là je stresse parce que je me dis mon dieu ils vont me faire une césarienne, ça va pas le faire du tout. Alors qu'on m'avait très bien dit que je pouvais accoucher naturellement.
- Speaker #1
Alors ça, je pense que ça va être aussi un des instants de confidence particulier et tu vas le raconter. Moi je trouve ça fantastique, c'est que tu es paralysée, tu ressens le bébé pendant ta grossesse.
- Speaker #0
Ouais, surtout que ma sage-femme elle m'avait prévenue. qu'il y avait de fortes possibilités pour que je le sente pas. Et en fait, au bout du troisième mois à peu près, je commence à sentir des petits papillons dans mon ventre. Je me dis, mais non, c'est pas ça.
- Speaker #1
Donc là, à ce moment-là, tu ressens des papillons dans le ventre,
- Speaker #0
ce que tu dis. Ouais.
- Speaker #1
Et donc, ouais, en fait, tu sens ton bébé. Donc c'est extraordinaire quand même pour une personne tétraplégique.
- Speaker #0
Ouais, c'est fou. J'aurais jamais cru, franchement. Et en plus, même des fois, c'est... C'est hyper dérangeant, des fois il vient se mettre dans mes côtes. Je le sens, mais j'adore en fait. Une femme enceinte en temps normal, je pense qu'elle aime sentir son bébé bouger, mais moi c'est d'autant plus... Fort. Ouais, c'est une victoire. Alors que, je sais pas, je le prends comme une victoire, genre yes ! On peut le faire.
- Speaker #1
Et donc là, t'arrives à l'hôpital, et on peut peut-être un petit peu accélérer l'interview. Parce que je vois l'heure qui défile aussi et tu as ton train et on a encore des choses à finaliser mais là la magie elle opère. Parce que pour moi ce que je trouve fascinant c'est que tu es tétra, tu ne contractes aucun de tes muscles à partir de tes pectoraux. Et qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
- Speaker #0
Et ben du coup, moi j'ai peur du coup d'approcher en césarienne vu que ma sage-femme n'est pas là. Sauf que par chance je vois une... Une de... Adrien, c'était une sage-femme ? Elle était sage-femme ? Oui. Une sage-femme que j'avais déjà vue à Montsouris, qui était présente à une de mes échographies. Et donc je me dis, ouf, elle me connaît, elle sait que je dois accoucher en voix basse. Donc elle est là, elle me rassure, etc. Et elle me dit, bon, je vais regarder. Donc quand j'arrive, mon col est complètement déjoué. Avant, je suis à 10. Donc elle me dit, bon, on va pas tarder à y aller. Sauf qu'Adrien n'est toujours pas là. Et donc il finit par me répondre quand il se réveille. Donc là, il s'était réveillé à 4h, parce qu'il commençait à 5h. Donc il se réveille à 4h. Et donc il finit par me répondre. Je lui dis, bon, là je suis en train d'accoucher. Quoi, t'es en train d'accoucher ? T'es en train d'accoucher ? Deux fois de suite ? Je lui dis, ouais, ouais, je suis à mon sourire. Oh, quoi ? T'es à mon sourire ? T'es à mon sourire ? Il me répète des fois, il est choqué, il vient de se réveiller, il ne comprend pas ce qui se passe. Et pareil, une fois de plus, il va prendre sa douche tranquille. Je suis mis une clôture sous la douche. Mais ça, des fois... Je pense que c'est sa façon à lui d'avoir réagi encore une fois au truc. Et il arrive à 5h15 et Noé arrive à 5h45. Et tu accouches ?
- Speaker #1
Et j'accouche, naturellement, en voie basse.
- Speaker #0
Et ça c'est extraordinaire !
- Speaker #1
Oui. Alors, Ndoye a beaucoup fait le travail. La sacha me disait qu'il poussait avec sa tête en fait, il voulait sortir. Et c'était beaucoup d'exercices de respiration, j'avais fait avec ma sacha. Et pareil, j'ai eu la péridurale parce que la chair a des contractions qui étaient trop trop fortes. Et du coup après ça, ça m'a fait beaucoup de bien. Mais ouais sinon, à fond ou à base, c'est naturel. Et en plus, j'ai même pas besoin d'être déclenchée. J'ai perdu les os naturellement, ça a été tout naturel, c'était fou.
- Speaker #0
C'est fou, c'est fou. C'est fou, c'est fou. Je vois le temps qui passe. On a encore du temps. Mais je sais que t'as encore beaucoup de choses à dire, donc je vais essayer d'un petit peu t'orienter pour qu'on ait le temps de tout faire. C'est un petit peu les aléas du direct. Mais effectivement, donc tu accouches de Noé. Donc là, victoire. Ouais. Incroyable. Ouais. Donc là, incroyable. Tu as Noé, qui a quel âge maintenant ?
- Speaker #1
Il va avoir 5 ans.
- Speaker #0
5 ans, donc ça court partout. Difficile de courir après.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair. Oh bah, non, franchement, mes enfants, ils sont très... Ils captent très vite et...
- Speaker #0
Ils t'ont connu comme ça ? Ouais.
- Speaker #1
Et ils savent que... Ils savent. Ils m'aident beaucoup. Par exemple, faire un truc tout bête, mais... Je vais faire trouver un truc. J'ai même pas le temps d'essayer de le ramasser qu'il me le ramasse déjà. C'est naturel.
- Speaker #0
Elles sont hyper bien vivantes. Et moi je l'ai vécu parce qu'on a été en... L'année dernière, l'été, on a passé une petite semaine ensemble. Et en fait je l'ai vu, déjà le rapport de ces enfants, même avec moi. Donc tu as aussi Loïs, donc on peut aussi en parler. J'ai pas envie de parler à ta place, mais je vois le temps qui défile, encore une fois je suis désolé. Mais effectivement, donc tu as Loïs qui, elle, a né quelques années après. Oui. 2022 donc maintenant Louise elle a quel âge ?
- Speaker #1
Elle a deux ans et demi.
- Speaker #0
Elle a deux ans et demi donc ils ont deux ans et demi d'écart. Louise c'est un petit peu plus compliqué on va revenir aussi sur un truc un peu qui a été compliqué entre les deux. Et effectivement Louise deux ans et demi maintenant. Elle par contre tu l'as eu par césarienne.
- Speaker #1
Ouais parce qu'elle n'a pas voulu se retourner.
- Speaker #0
Voilà et moi pour revenir un petit peu aux vacances qu'on a parlé ensemble c'est vrai que moi je me suis rendu compte. Loïs, je me souviens, elle a un an l'année dernière, un an et demi, et elle grimpe dessus, elle tombe dessus, elle capte, elle ne parle pas. Je me souviens quand on a été à la plage, elle se positionne sur toi, elle écarte un petit peu les jambes. Et en fait, naturellement, elle va, parce que tu l'as habituée à ça. Et en fait, je trouve que c'est aussi ça qui est fascinant, c'est ce rapport à tes enfants, la parentalité. Et tu l'as très bien dit, en fait, ils sont là aussi pour t'aider. Et je trouve ça très très beau. Et je pense que... Je te laisse un petit peu la parole pour peut-être si tu as des choses à dire par rapport à ça. Quel est ton rapport avec tes enfants ? Comment ils le vivent ? Est-ce que tu... Voilà, si tu as des choses à dire, je te laisse.
- Speaker #1
Moi déjà de base, j'avais un peu cette peur de ne pas pouvoir tout faire avec mes enfants, de me dire est-ce que je vais être une bonne mère du coup ? Parce que je me dis si je n'arrive pas à faire des trucs, je serai une mauvaise mère. Aujourd'hui, je sais que ce n'est pas vrai, mais forcément, en tant que maman, on se remet toujours en question. Et moi, j'avais beaucoup peur de ça. Et finalement, j'ai trouvé des techniques pour chaque chose. Et Adrien a pu quand même assez rapidement reprendre le travail. Et j'ai pu m'occuper des enfants de A à Z. Les couches, les douches,
- Speaker #0
les bains. Je sais, tu changes les couches. Ouais. Tu as trouvé tes techniques. Ouais. C'est assez incroyable. Pareil au niveau de l'organisation. Les enfants sont en bas âge, il y a l'école, il y a Adrien qui travaille, il y a Troquel Tetra, tu as tes contraintes aussi avec les auxiliaires, etc. Comment ça s'organise en ce moment pour vous et comment ça se passe ?
- Speaker #1
C'est un peu sport. C'est un peu sport parce que déjà en temps normal, je pense que tout le monde dirait d'avoir deux enfants en bas âge, c'est sport. Parce que oui, comme tu dis, il faut que tu me le donnes. Il a 5 ans, il est grand, il s'habille tout seul, mais il faut que je le gère quand même. Je m'occupe de son petit neige, je pose ses vêtements, si il ne dit pas d'aller faire pipi, il ne va pas faire pipi, des trucs comme ça. Loïs, c'est pareil, il faut que je l'habille, il faut que je lui change la couche, il faut que je lui prépare son biberon. Et en même temps, moi, j'ai mes soins à moi, donc je peux atteindre, il dure un peu plus longtemps. Donc l'oxygène, elle, elle est là, mais par contre, elle est là pour m'aider à faire mes soins, etc. Et par contre, j'ai toujours dit à tous mes auxiliaires, les enfants c'est moi qui les gère. Et ça je mets un point de l'honneur là-dessus. Je ne veux pas que quelqu'un d'autre s'occupe de mes enfants. Et même si je suis à l'amour, c'est horrible parce que c'est un truc, c'est dans la tête, je le sais. C'est débile de réagir comme ça. Mais même si je suis à l'amour et que je cours partout et qu'il ne me reste que deux minutes, et bien c'est moi qui me moque de mes enfants, je me moque de ma fille. Et je demanderai à la personne et je me repose derrière moi-même de ma fille.
- Speaker #0
C'est génial que tu aies réussi à organiser tout ça. Je pense que c'est une belle revanche. Toi, c'était un petit peu, je crois, d'avoir lu ça dans ton livre. Tu peux me tacler, c'est le moment. Oui,
- Speaker #1
parce que je n'ai pas fini de lire mon livre.
- Speaker #0
Je n'ai pas fini de lire tout le livre, mais je connais aussi un petit peu ton histoire de ma vie un peu plus personnelle. Écoute, moi, je trouve ça évidemment passionnant. Je pense que c'est incroyable que tu aies réussi à organiser tout ça. toute cette organisation en plus de celle que on se doit d'avoir quand on est jeune couple ou en tout cas jeune parent. Donc je trouve ça extraordinaire, je pense que ton témoignage va vraiment aider beaucoup de personnes. Donc ce qui est super chouette aussi, c'est que tu as ce rapport à la parentalité, comment tu te construis, je ne sais pas si tu es trop au réseau, etc. Si tu as envie que les gens te rejoignent, je ne sais pas, ça c'est à toi de me le dire.
- Speaker #1
Oui, si, après oui.
- Speaker #0
Après je me souviens l'année dernière...
- Speaker #1
Oui j'ai accepté, ça y est j'ai accepté.
- Speaker #0
Tu acceptes, ouais. Après tu fais peut-être le tri, mais effectivement, parce que t'es quelqu'un qui se préserve aussi beaucoup. Adrien, je sais qu'il est discret aussi, qui se préserve. Bah c'est ça. Et vous avez raison aussi, enfin, voilà, je pense que les réseaux c'est bien, on a besoin de partager des choses, mais on a aussi notre part de, notre personnalité, notre part de pudeur, etc. Et c'est important de la conserver. Par contre, effectivement, donc tu as eu Noé et Loïs, mais t'as quand même vécu quelque chose de très compliqué entre les deux, où t'as de nouveau failli perdre la vie. Et je pense que c'est important ce que tu racontes et de raconter aussi à quel point le fait d'avoir pensé à ton fils, ça t'a aussi sauvé la vie finalement.
- Speaker #1
Ouais, ouais, ouais. Bah en fait, je suis tombée malade, un tout tout bête. Je me suis chopée un truc que Noé avait, qui lui-même s'était chopée à la crèche, un tout vraiment bête. Sauf que, ben, il était très ptégique, donc pas d'abdos. Pour tous, c'est très très compliqué. C'est le max que je peux te faire. Donc là tout n'est pas efficace, donc forcément c'est compliqué de pouvoir m'expectorer. Et du coup en fait, à force de ne pas pouvoir tousser, je me suis infectée les seins. Et en fait, c'est allé très très loin parce que je suis allée à l'hôpital. Ma première hospitalisation en fait, ils m'ont branchée partout. Et j'avais une... perfusion à la jugulaire. Et déjà, je trouvais ça un peu impressionnant. Et en fait, au moment où ils ont voulu me l'enlever, l'ancien bière, il n'a pas bien fait, je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, mais en fait, j'ai fait une embolie gazeuse. C'est-à-dire qu'il y a une bulle d'herbe qui est rentrée dans mon sang et qui a fait que j'ai désaturé. J'ai désaturé à 64. je me sentais clairement partir. À ce moment-là,
- Speaker #0
j'ai vraiment... Est-ce que tu peux expliquer rapidement ce que c'est ? C'est une bulle d'air qui rentre dans ton sang ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Généralement, les embodies gazeuses, c'est très souvent fatal. Parce que soit la bulle d'air se déplace au cerveau et il y a des conséquences neurologiques. Soit ça descend dans le cœur et le cœur s'arrête.
- Speaker #0
Et comment en fait c'est le bulldare secret ?
- Speaker #1
Alors en fait c'est ce que, je sais pas exactement, mais en fait au moment où elle enlève la diffusion, il y a une manipulation à faire en fait en tant que, enfin c'est un soin infirmier quoi, donc je sais pas exactement ce que c'est, mais il y a une bonne manipulation à faire exactement, et elle l'a pas bien faite, et du coup la bulldare est entrée dans le sang. Et moi dans mon malheur, j'ai eu de la chance. parce que la bulle s'est déplacée dans mon cou. Elle a fait cramp. Et du coup, j'ai été... Enfin, je me suis sentie partir, quoi. Je partais. Et là, c'était comme dans les films, genre, une dizaine de soignants autour de moi, elles disaient ça tue, attention, machin, et tout, machin. Et donc, je sais pas comment, mais je finis par revenir. Parce qu'à ce moment-là, je me dis Noé, Noé, Noé, Noé, Noé. Je pense qu'à lui, je pense qu'à mon fils. Noé, Noé, Noé, et t'sais j'avais vraiment cette sensation de tenir une corde, de la tenir fort fort fort fort fort, et de dire allez Noé, Noé, Noé, et je remonte et je remonte et je remonte, et donc je finis par revenir à moi. Et là, ils me font un milliard d'examens, un scanner, un cardiogramme, machin et tout. Et donc, ils finissent par savoir que c'est une embolie gazeuse. Et ils m'emmènent à Garches, en Gurgos, pour faire... Comment ça s'appelle ? Pour faire une question de pressurisation. En fait, c'est comme... Pour les personnes qui ont été dans un incendie pour évacuer un peu le sang. Bref, on essuie les sangs.
- Speaker #0
Faire un reset de ton corps.
- Speaker #1
Oui c'est ça. Parce que chez Catherine, elle le sait mieux que moi. Et du coup, c'est pour nettoyer le sang. C'est une espèce de sous-marin. Ça peut penser à ça. Où tu es à l'intérieur avec un médecin et il te fait faire des exercices de... Tu sais, de respirations, de boucher les oreilles, etc. Parce qu'en fait, ça simule...
- Speaker #0
T'as peur à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ah ouais, clairement. Parce que déjà, j'ai peur. J'ai même pas peur par rapport à ma vie, parce que je sais que ça s'est passé, je m'en suis sortie. J'ai juste peur parce que je suis triclostrophobe dû à un accident, et que c'est un tout petit truc. Je suis enfermée avec une personne que je connais pas. Je reste deux heures dedans, quand même. Donc c'est très très long, mais bon je suis sédatée. Ils me mettent quand même... Monsieur de la morphine quoi, mais en tout cas je suis sédatée à ce moment là, ça m'aime. Et euh... Donc voilà, donc euh... Je guéris entre guillemets, sauf qu'en fait je guéris pas du tout. Je tousse toujours, etc. Je rentre chez moi, mais... ça va pas. Et une semaine après, euh... Je vous dis à ensuite. Oh, premier homme si c'est vrai. Oh, mais moi il me clôt des dents de nez. Donc à tout le monde.
- Speaker #0
Mais c'est pas grave, tu vois, c'est l'authenticité, c'est bien que tu le rappelles. Les gens, ils le verront aussi, c'est chouette.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et du coup, dans le même temps, Noé est à l'hôpital, c'est où que je suis ?
- Speaker #1
Ouais, alors quand je suis mon embolie, le matin même, Adrien m'appelle pour me dire qu'il est parti à l'hôpital avec Noé. Parce que Noé... En fait, Noé dormait avec Adrien, vu que j'étais à l'hôpital. Et Adrien se réveille avant Noé, donc il le laisse dormir dans notre lit. Et Noé se réveille et attrape ma boîte de médicaments.
- Speaker #0
Alors, il a tout pris ?
- Speaker #1
Il n'a pas tout pris, on ne sait pas exactement combien ni quoi exactement, mais il a pris des médicaments. Donc Adrien est allé aux urgences. Et en plus de ça, il faut faire connaître que c'est le jour de l'anniversaire d'Adrien. Donc le jour de son anniversaire, il y a moi à l'hôpital en train de faire l'embolie gazeuse et Noé qui... avec Géorgité, les médicaments. Donc super anniversaire. Et en plus de ça, à ce moment-là, le médecin prévient Adrien de faire une embolie, mais il ne lui dit pas que j'ai fait une embolie. Il lui dit qu'il a fait un malaise. Moi, je fais des malaises tout le temps. J'ai tout le temps une tension très basse, etc.
- Speaker #0
Alors que c'est grave.
- Speaker #1
Et ouais, mais il ne lui dit pas. Il ne lui dit pas parce que le médecin sait à ce moment-là qu'il est à l'hôpital avec Noé. Donc il lui dit que c'est grave. le poste va... voilà. Et donc je trouve ça super ce qu'il a fait. Au début j'en ai voulu, mais pourquoi il ne me dit pas la vérité, j'ai failli mourir quand même. Et en fait c'était pour nous prédarber tous quoi, donc j'ai trouvé ça beau.
- Speaker #0
Et c'est à ce moment là que tu te retrouves en réanimation ou pas du tout ? Là tu étais en réanimation ? Ok. Et donc là du coup les choses se recadrent, ça va mieux ?
- Speaker #1
Je pense que ça va mieux. Je touche toujours et le médecin me dit mais vous inquiétez pas, vous allez encore pousser quelque temps, mais ça va mieux Je dis ok, mais ils sont chez moi et tout Et en fait, une semaine après, ça ne va pas du tout. Et Adrien rappelle les pompiers et je repars en l'air. Et en fait, l'âme d'état se dégrade complètement. Et le médecin me dit mais il faut que j'aie une urgence Il me dit il faut retourner en l'air Et donc je suis en réa et en plus à ce moment-là c'est le Covid. Donc il y a une partie Covid et une partie non-Covid. Donc moi je suis dans la partie non-Covid. Et du coup il y a deux personnes dans la même chambre. Ils ne s'étaient même pas séparés. Moi quand je rentre dans la chambre en réa, je vois un monsieur qui a des bleus partout, qui est endormi dans le coma aussi. C'est très impressionnant, c'est très stressant. Et en fait le médecin vient me voir et il me dit Mais là le problème c'est qu'on n'arrête pas de faire augmenter l'oxygène. Et plus on augmente l'oxygène, plus vous désaturez. Et le problème c'est qu'on ne peut pas continuer comme ça. Donc la seule solution pour nous, c'est de vous mettre dans le coma.
- Speaker #0
Oh la la !
- Speaker #1
Bon, à ce moment-là, je suis toute seule face à la Covid. Donc là,
- Speaker #0
ils te mettent dans le coma, ils te préviennent et là tu te dis est-ce que je vais me réveiller ?
- Speaker #1
En fait, ils me posent la question déjà. Ils me disent... parce qu'ils ont besoin de mon autorisation. Et moi, je dis non. Je dis non parce que même si je suis au bout de ma vie, je dis non. Parce qu'en fait, quelques mois auparavant, je perds un de mes meilleurs amis comme ça, il était dans le combat à cause du Covid et en fait il est décédé. Et donc je me dis, moi c'est mon tour, je veux pas. J'ai un fils qui m'attend, c'est pas possible, je veux pas mourir. Et du coup le médecin me dit, mais là si on fait rien, vous allez mourir. Et quand t'as un médecin qui te dit ça, tu te dis, mais t'as pas le choix. T'as pas le choix. Donc j'accepte, j'accepte très très difficilement. Et à ce moment-là, en fait, ils me préparent pour me mettre dans le coma. Et là, je te dis, mais je vais être dans le coma, là. Ça se peut, ce que je regarde, c'est une telle chose que je regarde. Ce que j'entends, c'est une telle chose que j'entends. Et là, le médecin, il me dit, bon, est-ce que vous voulez un dernier appel ? Donc rien que déjà ça, tu te dis, bon, d'accord. Et oui. Donc, j'appelle Adrien. Et là, c'est horrible parce qu'on se fait doser le jeu. On se dit, mais ça se peut, c'est la fin. Et là, pour une fois, depuis le début, je pleure. Et je lui dis, j'ai peur. Là, sur moi, j'ai peur. Et je me dis, mais ça se peut, je n'irai même pas au Memphis. Mon fils grandit hier, je...
- Speaker #0
C'est moi qui fais l'interview, c'est moi qui vais pleurer. Ah c'est ouf !
- Speaker #1
Et ouais, et du coup voilà on se fait nos adieux quoi, clairement on se fait nos adieux. Et là je raccroche, et là on m'endort. Et là coma, pendant 3 jours à peu près.
- Speaker #0
C'est fou. C'est fou. Et donc tu te réveilles.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
T'es en vie.
- Speaker #1
Ouais, je suis vivante, yes ! Et réveil compliqué parce que après un coma, c'est quand même chaud. Mais ouais, c'est ça, je suis vivante. Pour ce qui compte, je suis vivante et je veux voir Adrien, je veux voir mon fils, je veux rentrer chez moi.
- Speaker #0
Et c'est ce qui se passe. Bah ouais. Tu rentres chez toi, les choses rentrent dans l'ordre.
- Speaker #1
Ouais. Et ?
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Et je me ressens mal, sauf que pour une raison différente cette fois, c'est que je suis retrouvée en saf ! On était très contents de se retrouver quadriens du coup.
- Speaker #0
C'est génial. Du coup c'est cool parce que ça me permet d'enchaîner. Écoute, moi déjà je trouve que tu as une histoire qui est exceptionnelle, ta relation quadrienne, ta famille, on n'a pas pu parler de tout, tes enfants, ton rapport à la parentalité, ta grossesse, on a dit beaucoup de choses. Donc voilà, je trouve l'histoire, elle est folle, elle est dingue, elle est belle. Et voilà, vous en avez fait quelque chose d'incroyable tous les quatre, maintenant. Et bon, c'est pas ce qui fait la valeur d'un enfant, mais en plus de ça, le mélange réunionnais, parce qu'Adrien est d'origine réunionnaise, toi qui as les yeux clairs, etc. Pour les enfants, c'est deux beaux enfants. Donc pour ça, bravo. Et puis ils sont super chouettes, ça reste des enfants, ils ont leur... leurs moments etc mais pour l'avoir vécu avec vous c'est vraiment dégainement incroyable et voilà donc je te remercie pour ton témoignage parce que je pense que ça va aider des gens et du coup on va passer à la séquence la faq de la commu parce que j'ai posé la question à ma communauté de savoir s'ils avaient des questions à te poser à toi donc voilà pour les gens qui me suivent pas sur instagram l'idée c'est que vous alliez sur mon compte instagram el martichino et vous pouvez poser des questions aux prochaines invités aux prochains invités avec un s Voilà, de façon à ce que si vous avez des questions, vous pourrez leur poser, c'est aussi votre moment. Donc voilà, je vais te poser les questions qu'on m'a posées et tu vas y répondre. Allez ! Donc c'est parti pour la FAQ de la commu avec Lola. Moi j'ai une première question. Tu sais laquelle c'est ?
- Speaker #1
Je te vois, je me doute.
- Speaker #0
Ça ne serait pas ta soeur jumelle à la naissance ? Est-ce que...
- Speaker #1
Mais qui a posé cette question ?
- Speaker #0
Mais qui a posé cette question ? Bon bref, en gros c'est Lola qui me pose cette question. Et en fait c'est marrant tout à l'heure parce qu'on me parlait qu'on avait les mêmes triceps et tout. Et bon c'est vrai qu'on a une connexion déjà du fait du fauteuil etc. Du coup ça m'a fait rire, j'étais obligé de la poser. Donc en fait c'est Lola qui posait une question pour elle-même. Pour lire la vidéo, c'est Inception. Alors, je vois le temps qui passe, on va essayer d'avoir quelques questions qui m'ont interpellé, on ne pourra pas répondre à tout le monde. Si tu peux essayer d'être un peu plus concise dans les réponses, pour qu'on ait le temps de finaliser le reste de l'interview. J'ai Charlotte Allot, que tu connais peut-être, qui a fait les trottines électriques, qui me demande... Est-ce que tu as des exemples de moments de rôle vécu avec les enfants, des frustrations, des conseils ?
- Speaker #1
Oui, des frustrations, oui. Des frustrations, je n'en ai pas beaucoup. Mais j'en ai, par exemple, quand on est à la piscine et que je ne peux pas faire ce que je veux avec eux. En fait, en général, je sais que j'ai des frustrations par rapport à eux parce que je ne peux pas faire tout ce que je veux. Et c'est vrai que là, je parlais de la piscine parce qu'on revient de vacances. Et que, bah, moi je les vois tous les trois jouer dans l'eau et que je me dis j'ai envie d'y aller. Je pourrais y aller, hein, mais il y avait du monde et tout et j'avais pas envie d'y aller.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des conseils justement pour t'affirmer par rapport à la situation ? Tu vois, genre, quand tu vis ta frustration, comment tu la gères ?
- Speaker #1
Bah, je ne dis rien, je garde.
- Speaker #0
Tu regardes rien que toi ? Mais tu arrives quand même à composer avec ça ? Tu vois, t'as pas le choix.
- Speaker #1
Bah ouais, en fait c'est ça, c'est que j'ai pas le choix et je... J'essaye de pas trop trop me... me... télivancer, me dire Oh non, moi je ne vais pas faire ça. Tu vois, je le fais ou pas, tu vois, je le vois. Je squeeze assez rapidement. Mais oui, des frustrations il y en a. Parce que... En fait, c'est même pas forcément moi-même. C'est quand je regarde les autres mamans aussi. Et je me dis, ah, elles font ça. Ouais,
- Speaker #0
je comprends.
- Speaker #1
Et moi, je ne peux pas.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu as des moments drôles avec eux ?
- Speaker #1
Avec les enfants, Adrien, et moi chérie. Des moments drôles avec les enfants.
- Speaker #0
C'est ton interview, c'est pas de rien. Je sais,
- Speaker #1
mais il sait mieux que moi.
- Speaker #0
Je rigole.
- Speaker #1
Des moments drôles avec les enfants.
- Speaker #0
C'est des moments drôles. Moi, je ne veux pas répondre à ta place, mais c'est quand ils te montaient sur les calepiers.
- Speaker #1
Ouais, mais en fait, c'est tellement une habitude pour moi.
- Speaker #0
C'est ça qui est drôle. Pour toi, c'en est une. Pour moi, c'en est devenu une aussi quand j'ai vécu ça. Mais pour les gens qui ne connaissent pas, c'est trop drôle.
- Speaker #1
Ah, mais là, j'en ai une aussi.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Quand Louis... Il a découvert que les mamans n'étaient pas...
- Speaker #0
Tu peux le dire.
- Speaker #1
En fait, c'est incroyable. Noé, il était petit encore. C'était le début où il commençait à parler. Et il me dit... Il voit un homme en fauteuil à la télé. Et il me dit, mais c'est pas une maman.
- Speaker #0
Ah, excellent. Tu te souviens qui c'était ?
- Speaker #1
C'était une pub ou je ne sais plus. Tu vois, c'était pas... Il était tout petit, je sais pas...
- Speaker #0
C'est trop drôle l'innocence.
- Speaker #1
Je me dis mais c'est pas une maman !
- Speaker #0
Moi je peux parler avec ma nièce qui me disait, j'étais au centre de l'éducation, et elle me dit, Martin, enfin Martin, elle me dit, tonton, pourquoi tu mets des chaussures ? Je dis bah faut bien que je m'habille. Elle me dit bah tu marches pas,
- Speaker #1
ça s'arrête.
- Speaker #0
Donc en fait c'est super. Elle a raison. C'est trop drôle la souciance des enfants. Ouais c'est clair. Il y a Ftirmianaïs qui me dit comment raconter son accident à ses enfants, le chemin parcouru, etc. Est-ce que c'est des choses que tu abordes avec eux ?
- Speaker #1
Ouais. facilement parce que je ne veux pas que ce soit un sujet tabou. Noé, la première fois qu'il m'a posé la question, et j'étais contente qu'il me pose la question, mais c'est vrai, c'est au tout début qu'il a commencé à parler, je ne sais même pas s'il avait 3 ans. Et aujourd'hui, quand on me pose la question, je regarde Noé et je dis Hein, Noé, alors, pourquoi on m'a brûlé en fauteuil ? Et c'est lui qui répond. Bah parce que t'as eu un accident avec papa, et que je t'ai cassé la nuque, et du coup tu ne peux plus marcher. Mais on en parle très facilement et c'est pas du tout tabou. Et à partir du moment où j'ai su que j'étais enceinte, je me suis tout de suite dit ça. Faut qu'on en parle librement et je veux pas que ce soit tabou. Et je veux pas que ce soit insulgé. Oh là c'est dans ma mort. Bah non, on en parle librement. C'est comme ça, je viens d'acquérir.
- Speaker #0
Tu comprends ça. Et du coup c'est bien parce que ça me permet de rebondir sur deux choses qui sont pas des questions de Ana Yogita. et Magic Johnson, pour ceux qui connaissent. Alors c'est pas le vrai, mais du coup ils me mettent Wow, magnifique, hâte d'en savoir plus sur sa maternité. Pas de question, juste wow. Et je pense qu'on va rester un petit peu sur ça, sur LifeAQ. C'est qu'effectivement, ce que je trouve incroyable, l'onomatopée wow c'est un peu ce qu'on doit retenir de cette interview, c'est que... T'as réussi à transcender ton adversité, t'as réussi à en faire quelque chose de beau, vous avez une histoire qui est incroyable, qui est belle, qui serait inspirante. Et voilà, c'était toute l'idée de toutes ces vidéos-là, c'est d'être un exemple, et t'en es un, t'es quelqu'un de très solaire. Moi je t'ai connu depuis des années, parce que je crois que tu me suivais à l'époque, dès le départ, et puis c'est vrai qu'au fil du temps on a appris à se connaître, etc. Et puis voilà, tu fais aussi partie des exemples de vie qui font qu'on mature notre réflexion. On chemine aussi avec intelligence vers... Enfin voilà, personnellement. Et tu fais partie de ces personnes inspirantes déjà pour moi, donc j'espère que ce sera aussi le cas pour beaucoup. Là, on va passer à la dernière rubrique de cette interview, qui est la question signature de confidence. Donc, c'est parti pour la question signature de confidence. Alors, écoute, la question signature, tu la connais, Lola. Du coup, c'est aujourd'hui, c'est toi qui témoignes, qui partages ton témoignage. Et est-ce que tu aurais quelqu'un en tête ? Qui que ce soit ? Ta carte blanche ? que tu aimerais peut-être voir, donc on finance dans une prochaine interview. Regarde son chéri parce qu'on en a parlé tout à l'heure.
- Speaker #1
C'est vrai que dans l'idéal, ce serait hyper intéressant d'avoir son témoignage à lui. Après, c'est quelqu'un de un peu plus discret.
- Speaker #0
Il faut respecter ça.
- Speaker #1
Voilà, je forcerais, j'aimerais bien faire quoi que ce soit. Mais en tout cas, c'est vrai que c'est intéressant d'avoir son témoignage parce que... C'est pas que mon accident, c'est notre accident alors déjà parce que on était tous deux dans la voiture et au-delà de ça, le handicap on le vit au quotidien à deux, on vit tout ensemble. Tout ce qui s'est passé depuis ces cinq ans là que je prends dans mon livre, on en a toujours vécu à deux, il a toujours été là. Et c'est pour ça que j'ai un deuxième projet d'écriture. Donc c'est une histoire avec mon ex-soeur etc. Mais eu par mes proches. C'est-à-dire que c'est moi qui écris, mais c'est eux qui racontent. Mon père, ma mère, mon frère. Ma meilleure amie et du coup, Adrien.
- Speaker #0
Parce qu'effectivement, les proches, ça fait aussi partie des dommages collatéraux. Toi, tu chemines, tu avances, tu accèdes, mais eux, à quel niveau ils sont, etc. Donc écoutez, je pense que ça va être un peu le fin mot de cette interview. Je te remercie infiniment, Lola, pour ton témoignage, qui est vraiment incroyable. Et puis, du coup... Adrien je sais qu'il est très discret, il est en train de me regarder pendant que je suis en train de regarder fixement la caméra mais mettez en commentaire peut-être si vous avez envie de voir Adrien parler et peut-être que ça le motivera non en vrai ici voilà c'est une zone safe, le but c'est de respecter aussi chacun, la personnalité de chacun etc donc voilà peut-être que ce sera jamais le cas mais en tout cas c'était bien aussi de finir là dessus parce que ça fait aussi partie des personnes qui sont touchées finalement par nos accidents, par nos parcours de vie donc voilà n'hésitez pas à mettre un j'aime pour soutenir la chaîne, à commenter, à partager autour de vous, en parler. Ce qui donnera beaucoup plus d'ampleur à tout ça, c'est aussi l'engouement et l'énergie que tout le monde mettra dans le fait de partager. Abonnez-vous à la chaîne YouTube. Soyez heureux. Soyez heureux. Je sortirai certainement tout ça aussi en podcast. Ce sont des choses qui se réfléchissent. Je suis tout seul avec Kevin pour gérer le truc. Donc voilà, on est dans l'autenticité, je vous dis tout. Comme ça vous voyez aussi la construction au fur et à mesure des interviews qui avancent avec le temps. Bref, je perds mes mots, c'est le fin mot de l'histoire. Merci infiniment Lola.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Et à très bientôt sur Confidence. Ciao tout le monde.