- Speaker #0
J'étais entourée de femmes enceintes le jour où j'avais rendez-vous avec le gynécologue qui allait me retirer l'utérus. Je me suis dit j'ai plus d'utérus et en tant que femme je sers plus à rien. Et bah non,
- Speaker #1
en fait. Oui mais c'est comme moi quand on me dit tététra, enfin on me l'a dit et je l'ai su. C'est ça, j'ai un peu le tourné rose.
- Speaker #0
C'est être fort c'est ta seule option et à partir de là tu fais des trucs que t'aurais même pas imaginé.
- Speaker #1
C'est d'une puissance que tu dis. C'est un peu tout l'enjeu aussi de Confidence, c'est que les réponses, il faut qu'on les trouve par nous-mêmes.
- Speaker #0
Elles arrivent, les réponses.
- Speaker #1
Mais la réponse, elle vient de soi, et on l'aura en soi au moment où elle devra se présenter à nous. Bonjour à toutes et à tous, on se retrouve pour un troisième épisode de Confidence avec un invité de marque, Sabrina. Donc on va vous dire peut-être un petit peu comment on s'est rencontrés, etc. Sabrina, elle a une histoire de vie très forte, elle aussi. Elle a eu un cancer de l'utérus avec ses conséquences. Et aujourd'hui, dans ce numéro 3 de Confidence, on va parler de son histoire. Voilà, elle va nous expliquer toutes les étapes par lesquelles elle est passée, en espérant que son histoire puisse faire écho en vous. Confidence, partie 3, c'est parti ! Bonjour Saweda !
- Speaker #0
Bonjour Monsieur Petit ! Comment ça va ? Eh ben ça va bien !
- Speaker #1
Bon, j'espère que t'es content d'être là !
- Speaker #0
Je suis hyper content d'être là !
- Speaker #1
Ouais, ça va, t'es pas trop fatigué ? T'as dormi 5h ?
- Speaker #0
Petit train à 5h30, mais bon... Non, le ragaille 5h30, train à 7h30, ça va.
- Speaker #1
Donc c'est ça aussi. C'est qu'il faut dire que là, on fait des interviews, etc. Mais que ça nous coûte tous beaucoup. Moi, c'est le troisième jour, je suis rincé. Toi, t'as dormi 5h, t'es venue de Paris pour nous parler de ton histoire. Tu connais le principe de confidence. Confidence, on va avoir l'instant confidence. Parce que voilà, pour briser un petit peu la glace, pour, on va dire, faire un premier pas dans cette interview. sans mauvais jeu de mots, on va pouvoir parler de l'instant confidence, tu vas briser un petit peu la glace. Donc c'est parti pour l'instant confidence. Alors c'est parti pour l'instant confidence, est-ce que tu peux nous raconter une anecdote que tu as envie de nous partager pour briser un petit peu la glace, pour une entrée en matière dans cette interview ?
- Speaker #0
Alors une anecdote, j'ai beaucoup réfléchi sur l'anecdote, pour le coup l'anecdote, elle est en lien un peu avec ce qui m'est arrivé parce que... J'ai été ménopausée très tôt, plus tôt que normal quoi. Et un peu de temps après toutes mes aventures, je me suis dit allez on va pas se laisser abattre. Je suis retournée sur des sites de rencontres pour rencontrer quelqu'un quoi, rencontrer l'amour. Et puis un jour je fais un rencard et... Je savais pas encore que j'étais ménopausée, ça restait à confirmer. Mais donc je fais un rencard et puis on discute tout ça et à un moment, on était tous les deux en train de boire un verre et à un moment, je sens que ça monte, ça monte, ça monte, ça monte, une bouffée de chaleur de... Donc voilà. Et je me dis bon, après le mec, on fait un rencard mais je lui ai pas raconté ma life quoi, donc il sait pas tout. Et j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud. Et je commence à transpirer, et donc j'avais une espèce de petite veste. Et à un moment, le mec me regarde, il me dit ça va ? Et moi je lui dis ouais, ouais, ça va, t'es sûre ? Je dis ouais, non mais là j'ai chaud. Et le mec commence à dire putain, celle-là, elle est chute. Et il me dit ah bon ? Et là, à un moment, j'explose, je commence à enlever ma veste et tout, je prends le menu, je dis ah ouais, j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud. Et il me dit mais pourtant, il ne fait pas si chaud que ça. Je dis non, non, mais moi, j'ai vraiment très, très, très, très, très chaud. Et le mec, je le voyais dans ses yeux, il se dit mais alors celle-là, c'est une chaudesse de ses... Ah ouais, j'ai chaudesse ? Et je dis t'as pas chaud, toi ? Il me dit ah si, si, j'ai chaud, j'ai chaud, j'ai chaud. Et puis après, je refais le truc, je me dis oh là là, je crois qu'on ne s'est pas compris. Et à un moment ça s'est calmer un peu et il me dit mais du coup ça fait combien de temps que t'es célibataire ? Je dis quelques temps et il me dit ah ouais ouais donc t'as chaud quoi. Ah je dis non mais alors en fait...
- Speaker #1
Pas du tout compris.
- Speaker #0
On s'est pas compris, on s'est pas compris et après je lui ai raconté un peu l'histoire quoi et...
- Speaker #1
Et c'est repris ?
- Speaker #0
Oui on a voilà. Et c'est du coup, la chaleur est retombée tout de suite. Enfin non, pas tout de suite. On a passé le dîner, c'était très sympa, etc. Et je n'ai plus jamais eu de ces nouvelles. Voilà, c'était pour l'anecdote chaleur chaleur.
- Speaker #1
C'est ça aussi qui est intéressant, c'est qu'on peut indiquer aussi sur... Tu vois, des fois, il y a des choses, mais à ce moment-là, tu ignorais totalement que...
- Speaker #0
Oui, non, je ne savais pas, mais c'était une option.
- Speaker #1
Tu avais quel âge à ce moment-là ?
- Speaker #0
J'avais 41 ans.
- Speaker #1
41 ans ? Alors, je t'avoue que moi, je reste un homme et un jeune homme. Donc, je t'avoue que je n'ai pas forcément toute l'information et toute la connaissance sur la ménopause, etc. Parce que ça ne me concerne pas encore directement. Et encore moins personnellement, mais du coup, la question que je vais te poser, peut-être que des gens aussi ça peut intéresser, mais c'est à quel âge en moyenne, tu sais ou pas, la ménopause ?
- Speaker #0
La ménopause, c'est autour de 50 ans. D'accord. À peu près. Mais moi, du coup, c'est pareil, moi j'y connais rien en ménopause normale.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on va parler de ton histoire.
- Speaker #0
Voilà. Moi, j'ai eu une ménopause induite.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Ce qui fait que...
- Speaker #1
Du fait de ce qu'on va raconter ?
- Speaker #0
Du fait de ce qu'on va raconter. Ok. Et en fait, normalement, la ménopause, c'est petit à petit. Un peu de bouffée de chaleur, puis ça se calme. Moi, j'ai tout eu en rafale, et notamment les bouffées de chaleur, j'aurais pu me balader à poil en plein mois de décembre. J'étais une baraque à frites, quoi. Mais un truc de fou.
- Speaker #1
Moi, je vais faire une confidence dans la confidence.
- Speaker #0
Allez !
- Speaker #1
Imposition. En fait, quand j'étais plus jeune, on parlait de ménopause en famille, etc. où je sais plus, il y avait des amis, et mon frère parle de ménopause. Et moi, je sais pas, j'ai une dizaine d'années à l'époque, tu vois. Je dis, c'est quoi la ménopause ? Il me dit, c'est la pause du magnétoscope, ou je sais pas quoi, il se fuit de ma gueule. Et c'est des années après que j'ai compris ce que c'était. Et c'est des années après que je me dis, mais l'enfoiré en fait. L'enfoiré, il est en train de se moquer de moi.
- Speaker #0
Donc chaque fois qu'il y avait une panne de magnétoscope, tu pensais que c'était la ménopause ?
- Speaker #1
Un truc dans le genre, voilà. Et en fait, bref, je sais plus pourquoi je parle de ça. Mais il s'est bien foutu de ma gueule. Mais c'est marrant, tu vois, avec les années, on se construit, on apprend. Et voilà. Donc effectivement, on va rentrer peut-être un peu plus dans le vif du sujet. Donc déjà, Sabrina, moi, la question que j'ai envie de te poser, c'est, je pense que ça va être un peu le fil conducteur de cette interview. On peut déjà dire, nous, comment on s'est rencontrés. Je vais te laisser parler parce que tu es l'invité, donc c'est à toi de parler. Je vais te laisser raconter comment on s'est rencontrés. C'était un TEDx, pourquoi ? Qu'est-ce que tu racontes dedans ? Et puis comme ça, ça va pouvoir certainement donner un petit peu la suite de cette interview où tu vas nous parler de ton histoire.
- Speaker #0
Alors la rencontre, effectivement c'était un TEDx. Déjà rien que sur le principe, moi je trouve ça hallucinant. Un jour je reçois un mail, bonjour on organise un TED et on voudrait vous avoir comme invité. Je trouve ça ouf parce que pour moi TED, les conférences TED c'est un peu... Voilà, un peu genre la classe et tout. Je me dis mais qu'est-ce que... Et le thème c'était rupture. Il dit ouais, je trouve que c'est intéressant votre histoire par rapport... Rupture ! Je me rappelle très bien parce que je sais comment j'avais commencé mon TED. Et donc je dis ok, je me mets une impression de malade et puis je commence à regarder un peu tous les invités. Parce que comme pour moi c'est un petit peu la crème de la crème, je me dis qui sont les invités ? Là je vois un gars, Martin Petit, je dis c'est qui ce mec là ? Et là je vois Instagram, les influenceurs et tout, je dis waouh ! Qu'est-ce qui lui est arrivé à ce gars-là ? Je fais ok, d'accord. Et puis bon bah je me dis ok, bon coup, donc je prépare le TED et tout, et puis on se voit sur l'endroit du TED.
- Speaker #1
C'était Agrotech Paris.
- Speaker #0
C'était AgroParisTech. AgroParisTech. AgroParisTech.
- Speaker #1
Tech. Agro-Paris, Paris Agrotech, on s'en fiche. C'est à Paris, ils font de l'agronomie.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Et donc, moi, mon histoire qui intéressait les personnes du TED, c'était donc la rupture et la rupture, l'angle que j'ai pris. Donc, c'est la rupture que j'ai vécue avec mon utérus. Avec mon utérus, on a rempli.
- Speaker #1
Euh... Rien que... sans mauvais jeu de mots, mais... dans... t'as coupé un peu le cordon... le cordon...
- Speaker #0
le cordon...
- Speaker #1
ombilical...
- Speaker #0
Après la question c'est est-ce que c'est lui qui m'a quitté, est-ce que c'est moi qui l'ai quitté ? Parce que je... c'est un peu... voilà.
- Speaker #1
C'est un peu des deux.
- Speaker #0
C'est un peu les deux. Euh... parce que donc mon histoire c'est que... l'année de mes 40 ans... Alors que je suis dans une espèce de zone de confort un peu tranquillou-bilou, à me dire mon 40 ans qu'est ce que je vais faire de ma vie, tout ça machin, les enfants, le couple, la famille, j'apprends. que j'ai un cancer du col de l'utérus.
- Speaker #1
Avant que tu nous expliques tout ça, à ce moment-là, tu travailles beaucoup ?
- Speaker #0
Je travaille beaucoup. Donc, à l'époque, j'ai travaillé dans une multinationale en tant que chargée de projet dans le département inclusion et diversité. Donc, c'est tout ce qui concerne l'égalité des chances en entreprise. Donc, le handicap, l'égalité homme-femme, la question LGBT, la question des religions, etc. Donc, c'était assez passionnant. Mais assez stressant parce que malgré tout, dans les grandes entreprises, c'est beaucoup une question d'image. Mais dans la réalité, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Donc c'était très stressant. Et j'étais un peu à la limite du burn-out, on ne va pas se mentir. Je pars en vacances et quand je rentre, je n'avais pas encore repris. J'apprends donc que j'ai un cancer du col de l'utérus.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, tu es seule, tu en coupes ?
- Speaker #0
Je suis seule, je suis seule et c'est comme une bombe en fait, mais une bombe parce que j'ai la chance de n'avoir jamais été... confrontée jusqu'ici à cette maladie, de près ou de loin, personne de ma famille, ni de mes amis, ni... Putain, mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? Mais surtout, en fait, j'apprends que j'ai ce cancer et qu'on va devoir me retirer l'utérus. Et c'est d'ailleurs la première chose que j'entends avant même le cancer. Enfin, on va me retirer l'utérus.
- Speaker #1
Parce qu'à ce moment-là... Il se passe quoi dans ta tête ? Est-ce qu'il y a des chances que tu puisses peut-être le... Après j'ai peur de...
- Speaker #0
Non, en fait je m'interrogeais effectivement parce que j'avais 40 ans et je m'interrogeais un peu sur ma fertilité. C'est pour ça que j'ai été chez le gynéco pour faire des tests etc. Et il m'a dit on en profite pour faire le frottis.
- Speaker #1
Et toi tu voulais faire, tu voulais conserver tes oeufs aussi ?
- Speaker #0
Mais je savais pas encore, déjà je voulais savoir parce qu'à 40 ans tu te dis bon... Tout est encore possible à priori à 40 ans, même si les chances, ça me nuisent. Et donc, quand je fais ce test, on en profite pour faire un frottis, ce qu'on fait d'habitude. Mais moi, je n'ai pas été très bonne élève parce que je faisais partie de ces femmes qui ne savaient pas trop à quoi servait un frottis. Et que du coup, quand tout va bien, quand tu n'es pas enceinte, quand tu n'as pas de problème particulier, etc., tu te dis... Quoi ça sert que j'aille chez le gynéco ? Ah oui, il y a le frottis, mais enfin bon, je ne sais pas à quoi ça sert. Bref, je n'ai pas été très bonne élève sur ce coup-là, donc je pense que c'est ce qui m'a un petit peu...
- Speaker #1
Tu n'avais pas de régularité sur le fait d'aller voir ?
- Speaker #0
Ouais, non,
- Speaker #1
pas trop. Donc tu avais mis ça un peu de côté ? Ouais. Tu étais plus focalisée sur ton travail ?
- Speaker #0
Sur mon travail et puis sur le fait qu'a priori, je n'avais pas de soucis jusqu'au moment où je me suis dit est-ce qu'on ne va pas aller checker un peu si niveau fertilité, ça marche toujours ? Et donc c'est à cette occasion qu'on me fait ce frottis.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, dans ta vie, le travail avait peut-être la place la plus importante. Est-ce que tu as mis un peu de côté aussi le fait de vouloir rencontrer quelqu'un ? Est-ce que ça ne s'est pas fait ?
- Speaker #0
Non, c'est que ça ne s'est pas fait, en fait. C'est que je suis restée quelques années avec quelqu'un qui avait déjà des enfants. Et finalement, au bout du compte, il n'en voulait plus. Mais il a mis du temps à réaliser que... Et donc on s'est séparés. Et je me suis dit, des enfants, je vais en faire avec quelqu'un d'autre. Même si c'était un peu dur.
- Speaker #1
Parce que toi, ta volonté,
- Speaker #0
c'était de devenir mère ? D'avoir une famille. Parce que de devenir mère et d'avoir une famille, c'est...
- Speaker #1
Mais moi, dans mon rapport à ça, je ne te pose peut-être pas la question de la manière la plus...
- Speaker #0
Et donc voilà, après, suite à cette rupture, je pense que l'erreur que j'ai faite, c'est que je cherchais un géniteur plus qu'une histoire, et puis on verra bien quoi, mais c'était très inconscient, mais en fait du coup, c'est la pire chose à faire, parce que déjà je pense que tu envoies des signaux, genre les mecs ils font ouah non, dégage Et enfin voilà, c'est une grosse erreur, mais que tu fais je pense un peu malgré toi. Donc je cherchais, mais du coup, il ne se passait rien. Donc du coup, tu as du taf, tu bourrines sur le taf. Et puis ça arrivera quand ça arrivera, jusqu'au moment où tu te dis, Oh merde, peut-être que ça arrive là. La fameuse horloge biologique. Et donc, j'en reviens à ce test de fertilité pour savoir où on en est. Et ce frottis, cette visite du gynéco qui est l'occasion de faire ce fameux frottis qui a changé ma vie. Parce qu'au-delà des résultats du test qui étaient pas dingue au dingue, c'est surtout les résultats du frottis... qui ont montré des lésions précancéreuses.
- Speaker #1
Donc ça, ça se manifeste comment, par exemple, sur l'utérus ?
- Speaker #0
Alors en fait, c'est des lésions précancéreuses qui sont sur le col, et donc il y a plusieurs stades, stades ou grades, je ne sais jamais. Et en fait, tu as le stade 1, le stade 2, le stade 3, et après c'est le cancer. Et moi, j'étais au niveau 3. Et donc, je ne le savais pas. Donc, le gynécologue m'explique, me dit voilà, mais on va faire une opération. En fait, on va vous enlever un peu ces cellules.
- Speaker #1
Et comme, excuse-moi de te couper, mais le stade 1, stade 2, stade 3, c'est quoi ? C'est comme des coupures ? C'est des,
- Speaker #0
alors, je ne sais pas du tout.
- Speaker #1
Tu ne sais pas ?
- Speaker #0
Non, je ne suis pas à ce stade de...
- Speaker #1
Ce qui peut être intéressant, c'est que tu vois, genre s'il y a un médecin qui nous regarde. Oui. Peut-être qu'il peut préciser dans les commentaires, tu vois.
- Speaker #0
Je sais qu'au niveau, par exemple, stade 1, c'est surveillance. Rien de... Stade 2, je pense qu'il y a des choses qui peuvent se faire au laser, mais pareil. Et stade 3, il y a donc cette conisation, où c'est une opération sous anesthésie générale. Où en fait, on t'enlève un morceau du col.
- Speaker #1
Donc ça, c'est ce qui a été envisagé pour toi ?
- Speaker #0
C'est ce qui a été envisagé et réalisé. On t'enlève un morceau du col. pour enlever ses cellules précancéreuses. Parce que tu as le mot cancer dans précancéreuse, mais on n'en est pas là. Moi, j'étais à la limite de la limite. Mais donc, je fais cette opération. Et puis, voilà. Donc, a priori, tout va bien se passer.
- Speaker #1
Toi, il se passe quoi dans ta tête quand le médecin t'annonce ça ? Est-ce que déjà aussi, il te l'annonce d'une manière... Parce qu'on a souvent tendance à dire que des fois, ils sont un petit peu détachés de leurs émotions, ce qui est aussi des fois un peu leur rôle. Mais comment il te l'a dit ? Comment tu l'as accueilli ? Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #0
Alors, déjà, je m'en rappelle très bien, c'était en novembre. Et c'était en novembre 2015. Donc ça, c'était avant mes 40 ans. Novembre 2015. J'ai ce rendez-vous avec le médecin qui me dit lésions précancéreuses, etc. Donc il me rassure par rapport au fait que ce n'est pas un cancer, que c'est précancéreux. Ok, je sors de chez lui un peu abasourdie. Et le lendemain, je joue au théâtre. Parce que je fais du théâtre aussi.
- Speaker #1
Qui a une place importante dans ton temps.
- Speaker #0
Qui a une place très importante dans ma vie depuis que j'ai 12 ans. Et ce jour-là, j'étais dans un théâtre, je jouais, et en sortant de scène, les téléphones commençaient à sonner, etc. C'était les attentats du Bataclan. Et donc, avec tout ce qu'on savait qui s'est passé, moi j'étais enfermée dans un bar.
- Speaker #1
Le 10 novembre, t'as les résultats, le 11 novembre.
- Speaker #0
C'était le 13 novembre. C'était le 12 novembre que j'avais rendez-vous chez les gynécos et le 13 novembre, c'est les attentats. Donc, on vit le truc, on était enfermés dans un bar, on ne pouvait pas sortir jusqu'après. On ne va pas refaire l'histoire, c'était une allume incroyable. Et donc, moi, le 14 novembre, j'étais une espèce de grande peur géante, en fait. De peur de moi, de ce qui se passait à l'intérieur de moi, peur de ce qui se passait dehors. Peur de... C'était... Un truc hallucinant. Donc, du coup, ce qui s'est passé à ce moment-là, ça va même au-delà de l'annonce. C'est un espèce de truc où...
- Speaker #1
Tout...
- Speaker #0
Une déflagration, quoi. Donc, passer cette étape un peu trauma...
- Speaker #1
On peut dire traumatisante.
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Faut pas minimiser.
- Speaker #0
Ouais, ouais, non, pas trauma, mais voilà. Par rapport au contexte, vraiment, il y a une espèce de...
- Speaker #1
De beauté exacerbée,
- Speaker #0
ouais. Ouais. Donc, je fais cette opération. Et puis, voilà. Et puis, ça se passe plutôt bien. Affaire à suivre. Du coup, je suis suivie. Je suis suivie. Là, je n'ai plus le choix. J'y vais régulièrement.
- Speaker #1
Et moi, je reviens un petit peu sur l'annonce. Le médecin te l'a dit d'une manière tu trouves bienveillante. Il t'a aiguillé. Comment tu as accueilli le truc ? Quand tu es en face de lui, quand il te l'a dit. Est-ce que tu te souviens de la manière dont il te l'a dit ou pas ? Ou est-ce que ça a fait comme un peu ? On l'entend souvent.
- Speaker #0
Non, c'est plus l'annonce d'après. Là,
- Speaker #1
ça fait trop de choses.
- Speaker #0
Ouais, je sais que je me revois plus en sortant de là, en me disant bon ok, ça va bien se passer, ça va bien se passer. Ou ils m'avaient expliqué en fait, moi ce que j'avais entendu c'est donc cancer, ou ils me disaient c'est pas le cancer. Donc j'avais entendu ça, donc à partir de là, ok.
- Speaker #1
Et à ce moment-là, dans ces moments-là, un petit peu de rupture ?
- Speaker #0
Mais j'avais pas encore rompu.
- Speaker #1
Oui, mais ce que je veux dire...
- Speaker #0
J'avais pas encore rompu.
- Speaker #1
Ce que je veux dire c'est que est-ce que tu t'appuies par exemple sur le soutien de ta famille, de tes amis, tu en parles ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu gardes pour toi ?
- Speaker #0
Alors j'en parle pas à ma famille.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Pas tout de suite, pour pas les inquiéter. Déjà pour pas les inquiéter, mais encore une fois à plusieurs titres. Je veux dire parce que je sais que moi ma famille elle est plutôt restreinte et j'avais personne autour de moi. C'était pas là, donc c'est le genre de truc que tu dis pas au téléphone pour... pour ne pas les inquiéter. Et puis encore une fois, le lendemain, les attentats, tout ça. Donc il y a un moment où on va limiter la casse, on va rester cool. Ça fait beaucoup, j'en ai pas parlé, j'en ai parlé après, mais comme d'une opération un peu... En plus, c'est vrai, c'est une opération bénigne. Je le dis à toutes les femmes, pour le coup, vraiment, à qui on annonce ce genre de nouvelles, vous avez des lésions précancéreuses, ce ne sont que des lésions précancéreuses, parce qu'effectivement, après... T'en parles un peu avec des copines et tout ça, et une de mes meilleures amies a eu ses lésions, elle s'est faite opérer et elle a eu deux très beaux enfants dans la foulée. C'est une opération bénigne, et les lésions précancéreuses, c'est justement ces lésions qui permettent de détecter, c'est de la prévention en fait, c'est pas encore un cancer, on t'enlève tout ce qui va pas pour t'éviter le cancer. Pas de stress à ce niveau-là. À ce stade-là, on ne s'excite pas. C'est précancéreux.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a une moyenne d'âge sur les femmes qui vont être touchées par ce cancer-là ou pas ?
- Speaker #0
Alors, pour les lésions précancéreuses...
- Speaker #1
On en reparlera, mais je pense que l'idée, c'est aussi d'inciter peut-être aussi à faire... Comme tu disais, tu n'as pas été la meilleure élève là-dessus, sur faire d'aller plus régulièrement chez le gynéco.
- Speaker #0
Alors, si tu veux qu'on parle de prévention... Tout de suite, moi je te dis, le gynéco, on y va à la puberté, etc. Et on commence les frottis à partir de 25 ans. On commence les frottis à partir de 25 ans. Si tout va bien, les frottis, le frottis on en fait un plus tard, au bout de 5 ans. Et c'est pas forcément un frottis, c'est ce qu'on appelle un test HPV. Qu'est-ce que le test HPV ? HPV.
- Speaker #1
C'était la question,
- Speaker #0
c'est bien. HPV comme Human Papilloma Virus. Le papilloma virus humain qui est responsable, dans 99% des cas, du cancer du col de l'utérus. Donc, des lésions précancéreuses. Ce papilloma virus, on le rencontre tous, tous, garçons, filles. dans notre vie,
- Speaker #1
tous. Il y en a qui le portent ?
- Speaker #0
Il y en a qui le... on le garde dans 10% des cas. On le rencontre tous et on l'évacue. C'est pour ça qu'à 25 ans on fait un frottis chez les femmes mais ça sert à rien de faire un test HPV parce qu'il y a de fortes chances pour qu'elles l'aient toutes plus ou moins et qu'il va s'évacuer, etc. Il n'y a pas de... à 30 ans, s'il est toujours là... on estime qu'il y a des chances pour qu'il reste. Donc, quand on fait le test HPV à 30 ans et qu'il est toujours là, on refait des tests régulièrement tous les 3 ans. Parce que le papillomavirus, il y a plusieurs papillomavirus, mais il y a plusieurs virus, c'est les numéros 16 et 18 qui sont responsables du cancer du col. Et donc... Ils risquent de... Si à 30 ans ils sont là, bon, on va surveiller de plus près parce qu'il y a des choses pour qui restent, ceux-là.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et les 16 et les 18, ils peuvent aussi rester là. et rester muet ou se développer. Et ils mettent du temps, des années et des années à se développer. Alors ne me demande pas combien de temps parce que je n'ai pas d'idée précise. Je ne suis pas docteur ni gynéco mais disons que j'ai quelques petites notions depuis.
- Speaker #1
Je pense que c'est ça aussi qu'on fait à la fois, c'est qu'on devient aussi patient-expert. Ah oui. Et je pense qu'à travers des témoignages comme le tien...
- Speaker #0
Mais tout ça je l'ai su bien après. Au début moi j'ai... Donc juste pour finir, on fait ce test et ça met beaucoup de temps à se développer en cancer. Et justement, on a éventuellement des lésions précancéreuses qui sont détectées avant et qu'on traite. Et du coup, normalement, dans la plupart des cas, on n'a pas de cancer. D'où l'importance du dépistage chez les femmes et chez les hommes du papillomavirus. Parce que comme je l'ai dit tout à l'heure, tout le monde...
- Speaker #1
Ta caméra, si tu veux t'adresser aux gens, tu peux. Ouais,
- Speaker #0
juste, voilà. Comme je l'ai dit tout à l'heure, et là c'est très important, ça touche les hommes et les femmes. Alors les femmes, oui, parce que c'est responsable à 99% du cancer du col. Et messieurs me diront, mais qu'est-ce que ça veut dire ? Moi, j'ai pas d'utérus. Donc quel rapport ? Parce que ça, je l'ai eu tellement de fois. Mais en fait, donc messieurs, vous êtes également porteurs. Donc qui dit porteur, c'est-à-dire que vous pouvez le passer à vos copines. Ça, c'est la première chose.
- Speaker #1
Est-ce que c'est ce qu'on appelle une IST ou pas ?
- Speaker #0
Euh... Oui. Alors, je ne voudrais pas dire de conneries, donc...
- Speaker #1
C'est pour ça que vous...
- Speaker #0
Je... En tout cas, il y a une transmission qui est par les muqueuses, effectivement. C'est par les muqueuses et c'est au niveau sexuel. Mais pas que. Enfin, une serviette souillée, par exemple. Ah ouais ? Ouais. Une cuvette des toilettes, par exemple, à l'accouchement, maman est porteuse. Et tu peux... Enfin voilà, c'est pas que pendant les rapports sexuels. Donc oui, c'est en lien avec la sexualité, mais en revanche, c'est les muqueuses. C'est les muqueuses sexuelles et donc c'est... Enfin voilà, il y a beaucoup de possibilités d'attraper ce virus. Mais encore une fois, pas de panique, vous pouvez l'attraper et il va partir tout seul. où il va partir, il va rester muet, et il n'y a que les grands gagnants, les grands chanceux, qui le gardent, et ça peut avoir des dommages collatéraux. Mais ce n'est pas tout le monde, donc pas de panique marianique. Donc je disais que les messieurs sont concernés à plusieurs titres, parce que même ils peuvent être transmetteurs, ça c'est la première chose, ils peuvent être... victime d'un cancer lié au papillomavirus puisqu'il c'est aussi le cancer, il occasionne aussi le cancer du pénis, de l'anus et du système ORL. Donc le système ORL, on en a tous un, l'anus aussi et le pénis, a priori, perso, je ne suis pas équipée, mais messieurs le sont. Donc, et la troisième raison. C'est que même si vous n'êtes pas porteur, même si vous vous encarez de le transmettre, etc. Pensez à vos copines, vos mères, vos sœurs, toutes les femmes à qui vous tenez. Si vous pouvez éviter de leur transmettre, c'est plutôt pas mal. Et puis en plus, alors une dernière chose,
- Speaker #1
est-ce que l'homme, il le garde ? Ils le gardent moins longtemps ?
- Speaker #0
On ne sait pas. On n'a aucune idée. La seule chose qu'on sait...
- Speaker #1
Je peux être porteur.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et je ne le sais pas.
- Speaker #0
Voilà. La seule différence entre les hommes et les femmes, c'est qu'il y a un dépistage. Il y a ce fameux frottis et ce fameux test HPV.
- Speaker #1
Comment les hommes savent s'ils sont porteurs ?
- Speaker #0
Eh bien, on ne sait pas.
- Speaker #1
Plus de 200 ? Ah, on ne sait pas !
- Speaker #0
Ah ouais, ouais. On peut être grossier, ouais. C'est ce que je me suis dit quand j'ai appris tout ça. Et c'est surtout ce que je me suis dit quand je me suis dit, alors attends... Il y a tout ça déjà. Et cerise sur le gâteau, pour les gens qui ne le savent pas, il y a un vaccin contre le papillomavirus, qui permet d'éviter tout ce que je viens de vous raconter. Tout. C'est-à-dire que tu es vacciné, il n'y a plus de soucis. Ça évite tous les vaccins qui sont liés, ça évite tous les problèmes, les lésions précancéreuses, les opérations, les conisations, les cancers, tout ça, on oublie. Et on n'en parle pas. Et là, j'ai été vulgaire, j'ai dit... Merde.
- Speaker #1
Du coup, là, je vais reprendre un peu mon rôle d'interviewer et de leader.
- Speaker #0
Leader.
- Speaker #1
En gros, tu vois, genre, quand tu veux vraiment t'adresser sur un truc où tu veux vraiment insister, tu vois. Genre là, les hommes, c'est trop bien. Tu les regardes droit dans les yeux dans la caméra, c'est génial, tu vois.
- Speaker #0
Mais je savais pas trop si... T'as raison,
- Speaker #1
tu vois. Et puis c'est un mot aussi de comprendre et de réajuster sur les prochaines interviews. C'est que tu vois, genre, ça reste quand même une conversation, donc faut qu'on parle entre nous. Par contre, si tu veux insister sur un truc, tu les regardes et là, tu leur fais boum. Ouais. Tu leur envoies dans la gueule, tu vois. Ouais, je trouve ça génial. reprendre sur le vaccin.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ça, on pourra l'essayer. C'est les off, c'est génial. C'est... On apprend. On apprend.
- Speaker #0
Mais dans un off.
- Speaker #1
Non. Même là, dans l'interview et tout, je trouve ça bien.
- Speaker #0
On peut tout ce que vous voulez.
- Speaker #1
Si. Moi, je trouve ça génial, mec. Parce qu'on casse tous les codes, en fait. Il n'y a plus de... Moi, le truc que j'ai envie de te dire, c'est... Donc, on parle beaucoup de vaccin. Oui. On parle de venir sur le Covid et compagnie.
- Speaker #0
C'est ça, le truc.
- Speaker #1
Mais ce que je veux dire, c'est qu'on a une espèce de réticence maintenant avec ce qu'on a vécu, tous et toutes, par rapport au vaccin. Quel est, toi, personnellement, qu'est-ce que tu dis par rapport au vaccin, notamment celui-ci qui permet d'éviter le HPA ?
- Speaker #0
V.
- Speaker #1
HPV. Je ne sais pas. Je ne suis pas en gré. Qu'est-ce que tu penses toi personnellement par rapport à ce vaccin et qu'est-ce que tu aurais comme message à faire passer par rapport à lui ?
- Speaker #0
Moi, je me sens extrêmement légitime pour pouvoir dire vaccinez-vous Vaccinez vos enfants. Parce que le vaccin, il faut le faire entre 11 et 14 ans. Il y a un rattrapage jusqu'à 19 ans et on est même en train de travailler sur un rattrapage jusqu'à 26 ans. Pour l'instant, ce n'est pas encore le cas, mais on y travaille. Et l'idée, c'est de faire vacciner ses enfants avant les premiers contacts sexuels. Mais du coup, il y a éventuellement un rattrapage après.
- Speaker #1
Et pour les parents qui sont hyper réticents par rapport au vaccin, moi, encore une fois, je sais que je ne sais pas. Mais pour ceux qui ont peur, pour leurs enfants, des conséquences que peut avoir un vaccin, parce qu'on sait que le vaccin, dans certains, peut être déclencheur de maladies orphelines, ou des choses comme ça, etc. Qu'est-ce que tu dis par rapport à ça ? Moi,
- Speaker #0
je dis bullshit. Je dis bullshit.
- Speaker #1
OK.
- Speaker #0
Parce que, non, parce que, en fait, je sais que ce vaccin, il a été très décrié à l'époque. Alors après, je n'ai pas tous les détails. Tout ce que je sais aujourd'hui, c'est qu'il a été certifié sûr par l'OMS. Enfin, il n'y a pas de danger avec ce vaccin aujourd'hui. On évite 6 000 morts. par an avec ce vaccin, à plus long terme. Et en fait, pour ceux qui sont réticents, parce que moi, comme j'essaye d'en parler, alors j'en parle à ma façon, mais du coup, j'ai mes convictions par rapport à ça, forcément. Quand on me dit oui, mais ces jeunes, les enfants, etc. moi je dis les enfants, on les vaccine déjà en fait. Quand ils ont quelques mois, on leur fait le DT polio, on leur fait etc. Et là, pour le coup, ça ne pose pas de problème. Et moi, ce que je dis à ces parents, c'est que, sincèrement, le vaccin anti-HPV, c'est une prévention pour la suite, de la même façon que le DT polio. Mais sauf que je souhaite à vos enfants, très sincèrement, qu'ils aient des rapports sexuels plus tard, et donc qu'ils aient plus de chances, en tout cas, d'avoir des rapports sexuels, de se confronter à un clou rouillé, par exemple. C'est ce que je leur souhaite vraiment de tout mon cœur. Et ça, c'est comme mettre une ceinture de sécurité pour aller conduire. Ce n'est pas parce qu'on met une ceinture de sécurité qu'on va avoir un accident. Il y a un moment, ça s'appelle de la prévention.
- Speaker #1
C'est...
- Speaker #0
Donc là,
- Speaker #1
si je devais résumer, donc tu incites les enfants... C'est quoi ?
- Speaker #0
T'es moi.
- Speaker #1
Pas très bon. Ah c'est ta cigarette ?
- Speaker #0
C'est ma cigarette électronique.
- Speaker #1
Donc toi, si je résume, c'est qu'il faut se faire vacciner entre 11 et 14 ans, avant les premiers rapports.
- Speaker #0
Idéalement, avant les premiers rapports sexuels.
- Speaker #1
De façon à ce que chacun soit, entre guillemets, immunisé.
- Speaker #0
Contre le HPV.
- Speaker #1
Contre le HPV. Voilà. Éviter de le transmettre, éviter les cancers.
- Speaker #0
Éviter de le transmettre, éviter d'avoir un cancer. Je trouve que c'est quand même des très bonnes raisons. Et il faut aussi, là on en parle, mais... Parce qu'il y a eu plusieurs tests qui ont été faits dans différents pays pour l'HPV et le vaccin. Et la France est un des rares pays à l'avoir sexualisé ce vaccin. Mais il y a d'autres pays où ce n'est pas un sujet. Parce que moi, il y a eu des parents qui m'ont dit oui, mais entre 11 et 14 ans, c'est quand même un peu tôt pour parler de sexualité On ne parle pas de sexualité, juste on prévient pour la suite. Ce n'est pas parce que vous faites un vaccin à votre enfant que direct derrière... il va aller avoir ses premiers rapports sexuels. C'est deux choses.
- Speaker #1
Et puis j'ai envie de te dire, il y a un moment donné, l'enfant qui grandit, ado, ado, il fera sa vie.
- Speaker #0
Il fera sa... De toute façon, il fera sa vie.
- Speaker #1
Et ça arrivera.
- Speaker #0
Et ça arrivera. Donc...
- Speaker #1
Parce que l'immaculée conception, ça existe.
- Speaker #0
Exactement. Alors c'est ce que je dis aussi souvent, c'est-à-dire qu'il y a un moment, les copains, les copines, on vient tous du même endroit, quoi.
- Speaker #1
Voilà, c'est sûr.
- Speaker #0
On vient tous du même endroit. Donc, on va essayer d'en prendre soin et puis essayer d'éviter des petites babioles. Donc, on va vacciner ces enfants et les grands-parents, les parents, écoutez et allez-y. Vraiment, ça risque rien.
- Speaker #1
Écoute, moi, je trouve ça vraiment... Là, je trouve qu'on parle de choses vraiment qui sont essentielles. là tu vois ce qui est génial c'est qu'on va vraiment faire de la prévention et c'est hyper important de le faire et on va aussi parler des conséquences qui ont été les tiennes et pourquoi en fait le sujet te tient à coeur et pourquoi aussi t'es une experte dans ce domaine là c'est que toi donc on parle de cancer on a pas encore développé dessus ça va être l'occasion merci pour cet instant prévention qui pour moi il est hyper hyper hyper important et on va rentrer C'est vrai, on en parlait là un petit peu en off dans le vif du sujet. Parce que si t'es légitime pour parler de tout ça, c'est parce qu'aussi il t'est arrivé ce qui t'est arrivé. Donc avant de repartir sur la continuité de cette interview, on va passer à l'instant citation qui est pour moi très important et on va se baser sur elle. Parce que ça va être certainement une citation qui dicte un petit peu et te drive. Donc c'est parti pour l'instant citation avec Sabrina Nani qui va... nous dire quelle est la citation qu'elle a choisie. C'est parti pour l'instant citation ! Est-ce que Sabrina, tu peux nous donner une ou deux citations qui dictent ta vie et pourquoi ?
- Speaker #0
Alors, j'en ai deux. La première, c'est... La première, c'est qu'on ne sait pas à qui elle est attribuée, parce qu'il y a deux personnes qui n'ont rien à voir et on leur attribue cette citation. C'est la vie. C'est ce que tu as prévu quand tu avais... Non, pas du tout, pardon. La vie, c'est ce qui arrive quand tu avais d'autres projets.
- Speaker #1
Ok, est-ce que tu peux nous l'expliquer ? Tu me regardes.
- Speaker #0
Pour se dire à toi ?
- Speaker #1
Rappelle-toi que c'est une interview.
- Speaker #0
Mais je ne sais pas, parce que tout à l'heure tu m'as dit...
- Speaker #1
Ouais, mais tout à l'heure c'était dans le côté préventif. D'accord, ok. Mais n'oublie pas que c'est une interview, tu vois. D'accord. Donc c'est notre échange à nous qui compte. Ok.
- Speaker #0
Donc moi ma citation, j'en ai deux mais la première, le seul sujet que j'ai avec cette citation c'est que je ne sais pas à qui elle est attribuée. Donc c'est soit Jeanne Moreau, soit John Lennon.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Pourquoi ? Cette citation c'est la vie, c'est ce qui arrive quand tu avais d'autres projets. Et ça résume très très très bien ce qui m'est arrivé parce que... Parce que moi j'étais installée dans une vraie zone de confort, j'avais une vie qui était plutôt cool, plutôt... J'avais des rêves quand même, mais... Et j'ai une espèce de Boeing qui m'est arrivé dans la gueule. Et finalement, c'est la vie. C'est ma vie aujourd'hui. Et c'est ce qui m'est arrivé alors que je n'avais pas ce projet.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, c'est de vivre avec et je trouve ça hyper fort parce qu'en plus, ça marche avec tout et avec tout le monde. Et c'est vrai, c'est tellement vrai.
- Speaker #1
En fait, on n'est que le résultat.
- Speaker #0
Tout ce qui nous arrive, c'est la conséquence de l'impermanence de la vie. Exactement. Et je pense que tu es bien placé pour en parler et qu'on l'est tous. à des échelles plus ou moins violentes en termes de trajectoire. Mais je trouve que cette phrase, cette citation est tellement universelle. Alors en revanche, si quelqu'un peut me dire de qui elle est vraiment pour de vrai, ça m'intéresse.
- Speaker #1
Incite-le en commentaire,
- Speaker #0
regarde le câble. Si quelqu'un peut me dire si cette phrase est de John Lennon ou de Jeanne Moreau, de Jeanne Moreau ou de John Lennon, voilà, j'ai cherché, je n'ai pas trouvé. Dites-moi, dites-moi.
- Speaker #1
Du coup, tu as une deuxième citation à nous partager ?
- Speaker #0
L'autre citation, je suis branchée très contemporain chanteur en imaginant que ce soit John Lennon, c'est Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort est ta seule option.
- Speaker #1
Ça c'est Nelson Mandela, non ? Pas du tout,
- Speaker #0
c'est Bob Marley.
- Speaker #1
Ah c'est Bob Marley, oui c'est ça.
- Speaker #0
Ils sont tous les deux noirs. Ça n'a rien à voir.
- Speaker #1
En plus, c'est vrai, je le sais.
- Speaker #0
En plus, je ne suis pas très branchée reggae ou quoi que ce soit, mais quand j'ai lu cette citation, c'est comme cette espèce de poussée d'adrénaline qu'on peut avoir à des moments où on ne s'imagine pas qu'on est capable, face au danger, face au truc, on est capable de soulever une bagnole. Et c'est ça, quoi. Tu te dis, moi... S'il m'arrive ça, ça, ça ou ça, j'ai plus qu'à me jeter dans le fleuve et voilà quoi. Mais en fait non, et en fait non. C'est être fort, c'est ta seule option et à partir de là tu fais des trucs que t'aurais même pas imaginé. Même pas imaginé.
- Speaker #1
Moi j'ai une question à te poser du coup. Est-ce que tu penses qu'il faut être... Est-ce que tu penses que plus la déflagration est grande, plus tu peux devenir fort par rapport à ce que tu vis ? Je ne sais pas si je suis très clair.
- Speaker #0
Si, si, c'est clair. Par contre, est-ce que...
- Speaker #1
Je pense que pour être très fort, il faut vivre des choses très dures. Est-ce que c'est donné à tout le monde ?
- Speaker #0
Je pense que malheureusement, plus t'en prends dans la gueule, et éventuellement, malheureusement, dès le plus jeune âge, ou plus ça te forge le caractère. Après, il faut avoir quand même un environnement relativement stable, parce qu'après, il ne faut pas virer complètement psycho. Mais je pense qu'effectivement, quand tu prends dans ta gueule, ça te forge le caractère, ça te rend plus fort, ça peut te rendre aussi plus raisonnable et en même temps plus passionné. Ça exacerbe un peu des choses que tu pensais pas possibles au niveau de ton caractère, de tes qualités, tes facultés. Tu te rends compte que tu es au-delà de ce que tu pouvais imaginer.
- Speaker #1
Ça me permet d'être dans la continuité de l'interview où là on va rentrer vraiment dans toi, ta vie, ce qui t'est arrivé. Est-ce que quand on t'a annoncé le cancer, à ce moment-là, Tu... Parce que là, ça fait combien de temps que tu as eu cette année ? Ça fait...
- Speaker #0
T'étais la même année que toi. Non, 2015, c'était les lésions précancéreuses. Ah oui,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #0
Et après, c'était en 2017, donc j'ai fait un suivi et j'ai fait une récidive. Donc on m'a dit que j'avais toujours des lésions précancéreuses.
- Speaker #1
Sept ans après ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Euh, attends.
- Speaker #0
C'était fin 2015, on va dire, c'était décembre 2015. En décembre 2015, j'ai fait l'opération. Et donc du coup, en début 2017, donc un an et quelques mois en fait, parce qu'on est frottis de contrôle, enfin deuxième frottis de contrôle, on me dit que j'ai toujours des lésions précancéreuses, donc que j'ai fait une récidive. Donc on va me réopérer, refaire la même opération. Et là, je me dis, bon, ok.
- Speaker #1
Tu me dis, c'est suspicieux.
- Speaker #0
Je me dis, ça va, ça va bien cinq minutes. Mais surtout qu'en fait, le problème, c'est que le col, petit cours d'anatomie, le col, c'est un peu comme un ballon de baudruche. En fait, quand tu souffles dedans, tu as toujours le petit tuyau et hop, ça gonfle. Et en fait, le col, c'est le petit tuyau.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et donc, on me l'a coupé une première fois. On va me le recouper une deuxième fois. Donc, il va devenir de plus en plus court. Mais ce petit tuyau. C'est ce qui permet de fermer l'utérus pendant la grossesse. Donc plus il est court, plus t'as des risques de fausse couche, plus t'as des risques de pouvoir tomber enceinte à la limite, mais de garder le bébé, ou alors d'avoir une grossesse alitée, etc. pour rester... Donc c'est compliqué. Donc moi on m'annonce cette deuxième opération.
- Speaker #1
Avant on s'est... Cette deuxième opération, c'est-à-dire que la première, tu avais eu les résultats ?
- Speaker #0
J'avais eu les résultats. A priori, c'était tout bon, mais manifestement. Et ça, c'était peut-être trop avancé ou il restait encore, dans ce qu'ils m'ont enlevé, une toute petite cellule qui a fait chier. Et j'ai fait une récidive. Et donc, on m'a fait cette deuxième opération en me disant, on va recouper encore un peu. Cette fois-ci, c'est la bonne. Sauf que... les résultats de cette seconde opération, c'est que c'était trop tard. Du coup, du stade 3, ça y est, ça avait touché le col.
- Speaker #1
C'est le marasme de l'entamie.
- Speaker #0
Là, c'est... C'est le marasme, mais en fait, je ne m'en suis pas rendu compte. C'est tellement hallucinant et tout va tellement très vite que tu es comme un espèce d'automate qu'on guide. Moi, je te dis encore une fois, ce que j'ai entendu, c'est on va vous retirer l'utérus Là, je me suis dit ok, fin du game Fin du game. C'est… enfin, c'est… voilà. Et après… On me fait un IRM pour savoir à quel stade j'en suis. Et là, tu te dis, ah oui, parce qu'en plus j'ai un cancer. C'est vrai. À quel stade j'en suis, donc ça veut dire, est-ce que je vais mourir, pas mourir, les traitements, tout ça. Le protocole, et là je comprends qu'en plus j'ai un cancer. Résultat des courses, j'ai eu un stade de 1B. Donc je vais pas mourir, a priori. Donc à partir de là, tu te dis ok, ok. En revanche, je comprends ce qui m'est arrivé, pourquoi ça m'est arrivé. Je fais un peu le...
- Speaker #1
Le suspectif, ouais.
- Speaker #0
Et là j'ai comme un espèce de flash et je me dis, putain, je savais pas à quoi ça servait un frottis. Mais maintenant j'ai compris, ça sert à te sauver la vie en fait. Mais je n'avais pas... Et je ne pense pas être plus conne qu'une autre. Je me dis, je pense que je ne suis pas la seule en revanche à ne pas vraiment avoir le... Et là j'ai dit, il faut que j'en parle. Absolument, il faut que tout le monde sache. Et ça c'était avant que j'apprenne l'histoire de HPV, de papillomavirus, etc.
- Speaker #1
Ce qui est marrant, c'est que dans la manière dont tu dis les choses, c'est dit, je pense aux autres. Oui. Oui mais regarde, tu penses aux autres, même dans la manière dont tu le dis, je ne sais pas si tu t'en rends compte, tu penses aux autres avant de penser à toi-même. Parce que là, avant de penser aux autres, il y a tout ce qui se passe aussi à l'intérieur de toi.
- Speaker #0
Ah oui mais là c'était avant même d'être opéré, etc. Dans la foulée de ce que j'ai appris, j'ai dit il faut que je le crie au monde entier.
- Speaker #1
Mais c'est fou parce que j'ose imaginer... Cancer de l'utérus, je survis, comment je survis, opération et tu vas en parler. Qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ? On va t'opérer.
- Speaker #0
On m'opère.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Pour m'enlever mon utérus et pour te sauver la vie.
- Speaker #1
Ce que tu es en train de dire, c'est que tu penses d'abord aux autres avant de te dire je vais perdre mon utérus et les conséquences de perdre un utérus. Il faut que le monde le sache. Je ne sais pas si tu te rends compte de la dimension de ce que tu es en train d'apporter.
- Speaker #0
Oui, mais pour moi, ça a été une évidence parce que... Je ne sais pas pourquoi, mais pour moi, c'était... C'est-à-dire qu'à partir du moment où ça y est, c'est bon, c'est trop tard pour moi. Enfin, voilà, porte de Mike. Il faut... Je ne sais pas. Ça a été une espèce de... Peut-être justement une pulsion de vie, mais pour les autres. Je ne sais pas comment expliquer. Mais parce que ce qu'on n'a pas dit... C'est que j'avais donc un projet de théâtre avec une amie, une amie auteure, où juste avant tout ce bordel, il était question de faire un seul en scène, justement, sur les femmes d'une quarantaine d'années, qui ont l'horloge biologique qui tourne. Et c'est là aussi où j'ai dit à mon amie Sophie, Sophie Brugel, auteure magnifique, je lui dis, meuf... On est en train de faire un truc sur les femmes qu'on leur a rejeté le week-end qui tourne, et j'apprends que j'ai un cancer, qu'on va m'enlever l'utérus, il n'y a pas de hasard dans la vie.
- Speaker #1
C'est le baril.
- Speaker #0
Il n'y a pas de hasard dans la vie. Et c'est là, enfin, et donc c'est là quand j'ai dit, ben, profitons de ce qu'on est en train de fabriquer ensemble, pour en parler. Pour en parler, on va faire un truc chouette, on va faire sous forme de divertissement, mais on va parler de ce qui m'arrive et ça va... C'est ce que je dis aujourd'hui, c'est un petit peu l'espèce de cheval de Troie de la prévention en fait. C'est-à-dire que tu vas voir, on a monté donc un spectacle qui n'est pas du tout sur le cancer, pas du tout, c'est un spectacle sur la maternité, la féminité, la parentalité. On a pris le truc complètement à contre-pied, c'est drôle, c'est touchant. Et les gens, quand ils viennent voir ce spectacle, quand ils en sortent, ils se disent... Ah putain, je savais pas. Comme toi, quand tout à l'heure t'as dit je savais pas Et il s'appelle comment ton spectacle ? Mon spectacle, il s'appelle Exutéro.
- Speaker #1
Donc je ne sais pas quand est-ce que la vidéo sortira. Donc moi ce que j'invite c'est que les personnes qui regardent cette vidéo te suivent sur les réseaux sociaux.
- Speaker #0
Oui, suivez-moi comme ça vous saurez tout sur moi, sur le spectacle. Le spectacle normalement reprend à la rentrée à partir du 25 septembre à Paris au studio Maturin. Et peut-être en tournée parce qu'il y a un partenaire moi aussi qui m'a suivi dans mon aventure. C'est la mutuelle Aesio avec qui j'ai fait toute une tournée là et qui a décidé de faire la prévention autrement. Donc elle invitait le grand public à venir voir le spectacle. Venir voir un spectacle, c'était gratuit, c'était open bar, les gens venaient. Grand public.
- Speaker #1
C'est génial.
- Speaker #0
Et effectivement, à la fin du spectacle, soit il y avait des tables rondes, soit je rencontrais les gens à la fin du spectacle ou les deux. Et les gens venaient me voir et disaient Oh là là, mais je ne savais pas. Moi, j'ai des garçons, je vais les faire vacciner. Ou alors Bon, moi, j'avais un peu peur, mais vous avez raison, je vais les vacciner. Ou alors Je vais prendre rendez-vous chez ma gynéco parce que… Et tout ça, je me dis que j'ai gagné le truc, en fait. J'ai rempli ma mission et je veux continuer à le faire pour que le… plus de monde possible voit ce spectacle.
- Speaker #1
Est-ce que je peux me faire vacciner à mon âge ?
- Speaker #0
T'as quel âge ?
- Speaker #1
32.
- Speaker #0
32, chaton, chaud. Ouais, chaud.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Justement, là, on essaye de pousser jusqu'à 26, parce que après, au bout d'un moment, en fait, le vaccin, ça va pas servir à grand-chose, et on essaye de pousser jusqu'à 26 pour qu'il soit remboursé jusqu'à 26. Après, tu peux éventuellement se dire mais ce n'est pas remboursé, est-ce que ça va servir à grand chose ? Mais par contre, tu peux rester vigilant et encore une fois, pas de panique. Il faut juste se dire que ça peut arriver. Et je sais pas, non, là, faut, faut, faut, faut, faut, faut, je sais pas ce que... Le problème, c'est ça, c'est qu'il n'y a pas de dépistage pour les mecs, en fait. Donc, ce que je peux dire aujourd'hui, c'est plutôt que de se poser la question à 30 ans, pour les générations qui viennent, faites-le. En Australie, je prends toujours cet exemple parce que c'est quand même le plus flagrant, ça fait partie du schéma vaccinal. Et aujourd'hui, ceux qui ont 30 ans, ils ne se posent plus la question. Et d'ici 5 ans, le cancer du col de l'utérus n'existera plus. C'est-à-dire que moi, si je vais en Australie pour faire mon spectacle, ils vont me faire... Mais ça sert à rien. Ça n'existe plus chez nous, le cancer du col de l'utérus.
- Speaker #1
Oui, parce que... Tous les autres cancers... Il y a certainement des gens comme toi qui se sont battus pour ça. Est-ce que c'est...
- Speaker #0
Mais il n'y a pas que moi qui me bats. Bien sûr. Oh là là, il y a... Ça aussi. Ouais, mais justement, il y a des assos magnifiques comme l'association Imagine qui se battent justement pour que le vaccin soit remboursé pour les hommes et pour les femmes jusqu'à 26 ans. C'est eux qui ont fait que le vaccin soit remboursé...
- Speaker #1
C'est ça, en fait.
- Speaker #0
Pour les hommes, c'est tout un... Un écosystème, en fait, qui doit travailler ensemble pour que ce qui m'est arrivé n'arrive plus. Et c'est possible. Mais c'est ça qui est ouf. C'est possible. Et l'année dernière, il y a eu une campagne dans les collèges pour faire vacciner les enfants entre 11 et 14 ans. Mais les chiffres en France étaient catastrophiques. Mais pourquoi ? Je ne comprends pas. C'est un truc qui me dépasse totalement. Pourquoi ? C'est gratuit, ça sauve des vies, il n'y a pas d'effet secondaire, le seul dommage collatéral c'est la survie.
- Speaker #1
C'est un peu un oxymore.
- Speaker #0
Je ne comprends pas.
- Speaker #1
Du coup, on va revenir sur le spectacle. Moi, ce que je trouve super chouette, c'est que tu as réussi, en fait, parce que c'est ta passion première, le théâtre. Ouais. À travers les conséquences de ce que tu as vécu, tu en as fait quelque chose en plus de beau, d'esthétique, qui a de la valeur pour la société. Ton spectacle, moi, je suis allé le voir avec Sutero. Après, le biais, c'est que je te connais. Donc forcément... Ça a joué certainement sur beaucoup de choses. Moi, le spectacle, je l'ai trouvé magnifique parce que déjà, je te connais en tant que personne. Et enfin voilà, moi, j'ai clairement pleuré quand j'ai vu le spectacle. Quand on... Enfin voilà, on va pas spoiler, mais quand on apprend le dénouement, etc. Et ce que je trouve chouette, c'est que la grandeur de ce que t'as su créer à travers ce spectacle-là, c'est que c'est... Voilà, c'est tout ce... Toutes ces choses qu'on est en train de mettre en place, que ce soit à travers ces vidéos, que ce soit à travers ton témoignage, et finalement, c'est pour aider tout le monde. Donc voilà, vraiment aller voir le spectacle.
- Speaker #0
Et puis moi, des fois, on me demande, Mais t'en as pas marre de jouer avec tes roues ?
- Speaker #1
Ouais, mais je trouve que c'est...
- Speaker #0
Et moi, je dis Mais non ! Non,
- Speaker #1
parce que c'est essentiel.
- Speaker #0
Un, c'est essentiel. Deux, effectivement, je suis seule en scène, mais en fait, j'ai quand même... Je joue avec plein de monde. Pas le public, n'ayez pas peur. Mais je suis accompagnée de plein de monde. Je voyage, en fait, pendant une heure, et j'emmène le public avec moi. Et puis, surtout, ce que je dis, je pense que si ça avait été ce fameux seul en scène sur les femmes avec l'horloge biologique, etc. Avec, je me suis pris le Covid dans la gueule, etc. Parce que j'ai changé de vie. C'est-à-dire que je ne suis plus dans ma grande multinationale. C'est-à-dire que ça a tout raflé. J'ai dit, OK, on n'a qu'une vie.
- Speaker #1
C'est important, parle.
- Speaker #0
Je lâche tout. J'ai tout quitté pour être comédienne.
- Speaker #1
Voilà, ça, c'est exceptionnel.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Le moment de ta vie le plus décisif ?
- Speaker #0
Ça a été celui-là, en fait. Ça a été le Big Bang en fait, j'ai tout remis en question et ça m'a permis d'avancer. Et donc cette espèce de rêve un peu dangereux parce que quand même devenir comédienne, et je me suis pris en plus le Covid dans la foulée donc c'était pas gagné. Et bien malgré tout ça, je me suis battue et je continue de me battre pour ce spectacle. parce que j'adore le jouer, je m'éclate pendant une heure, parce qu'effectivement, les gens pleurent, mais les gens se marrent aussi, et moi, je rigole un peu avec eux, et parce que surtout, il est utile.
- Speaker #1
Et puis, en plus, tu es très bonne comédienne, et puis ce qui est incroyable, c'est que finalement, ce qui ajoute de la consistance à tout ça, à ton spectacle, etc., c'est que c'est des choses que tu as vécues humainement, personnellement, donc tout s'imbrique,
- Speaker #0
finalement. En tout cas, effectivement, ça vient du ventre, en fait. Mais encore une fois, je raconte pas mon parcours, mais je raconte quelque chose de...
- Speaker #1
Mais c'est lié, en fait.
- Speaker #0
C'est lié, et c'est viscéral, et en fait, voilà, il y a un truc qui est... Enfin voilà, faut pas spoiler, mais il y a un truc qui est hyper viscéral, et donc du coup, je pense que ça se ressent, et que les gens, ils partent avec moi, et... Et du coup, il y a un moment où on se vautre et ils se vautrent avec moi. Et du coup, on se relève tous ensemble et on y va.
- Speaker #1
Moi, je vais reprendre sur une phrase qui m'a beaucoup marqué. Je crois que c'est dans ton TEDx où tu dis ça. Et en fait, tu le dis clairement là. Tu dis que tu as changé de vie. Et en fait, tu dis que forcément, les conséquences quand tu te fais retirer l'utérus. c'est que tu peux plus avoir d'enfant et tu dis une phrase qui moi qui me porte qui est d'une puissance, d'une grandeur d'une dignité, c'est que tu dis j'ai accouché de moi-même, est-ce que tu peux développer un petit peu sur cette idée là et en fait l'incarnation de tout ça c'est aussi le spectacle que t'as créé finalement et aussi pour aider les autres oui alors déjà parce que
- Speaker #0
Parce que... On dit, après, ça, c'est des trucs religieux, accoucher dans la douleur, etc. Bon, maintenant, il y a la péridurale. Moi, j'ai accouché sans péridurale, que les choses soient claires. Voilà, le cancer. Ensuite, je change de vie. La pandémie, quand t'es comédien, machin. Et tout ça, il y a un truc qui est sorti. Et c'est ce que je dis aussi dans mon spectacle, effectivement, c'est qu'aujourd'hui, ma surprise, c'est moi. C'est moi, c'est là, c'est maintenant, c'est les rencontres que j'ai faites, et tout ça, ça s'est construit. Avec ce qui m'est arrivé et je me suis découverte, comme on découvre la vie, soit quand on a accouché, soit quand on est un nouveau-né et qu'on découvre un peu ce qui nous entoure, il y a une espèce de nouvelle ère qui se passe parce qu'on n'a pas le choix. Parce qu'on n'a rien demandé, donc là je pense plutôt au bébé qui vient de naître, il est arrivé. Et on y va quoi, et on y va. Et j'ai accouché de moi-même dans ce sens-là, où je ne pensais pas que ça allait se passer comme ça, et je suis sortie quoi, et me voilà. Et c'est un peu, pas dire que je repars de zéro, mais presque. Et donc, comme tu réapprends à marcher, sans mauvais jeu de mots, tu réapprends à vivre avec, en fait. Tu réapprends à vivre avec, ou à vivre sans, du coup. Mais show must go on, la vie continue. Et la vie reprend. C'est ça, c'est un nouveau départ. C'est aussi dans ce sens-là, j'ai accouché de moi-même, c'est un nouveau départ. Et j'ai voulu... Avec ce spectacle, ce que je dis souvent aussi, c'est donner un sens à ce qui m'est arrivé. Parce que pour moi, avoir un cancer, ça n'a aucun sens. Ça vous tombe dessus. Pour la petite anecdote, parce que c'était une autre anecdote, c'est qu'on dit justement, par rapport au fait que le papillomavirus, les cancers du col de l'utérus, c'est en rapport avec la sexualité, etc. que du coup c'est une serial fuck'euse, c'est que les serial fuck'euses qui ont eu ça. Bon bah voilà, qu'on se le dise, moi en 2017, ça faisait 5 ans que j'avais pas eu de rapport sexuel. Voilà. Et c'est ce que je faisais à mes potes avec ça, je dis putain les gars, je suis celle qui couche le moins de nous tous, et c'est à moi que ça arrive. Donc...
- Speaker #1
C'est tellement...
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
mais ça n'a aucun sens mais en fait c'est ouf parce qu'à travers ça tu combats tellement d'idées reçues mais voilà,
- Speaker #0
il faut arrêter donc et quand bien même, c'est pas parce que tu couches que t'es dénuée mais parce qu'en plus il suffit d'une seule fois c'est à dire que moi ça se trouve c'est mon premier que j'ai eu à 20 ans qui me l'a donné et ça sommeille, sommeille, sommeille jusqu'à 40 ans et hop d'un seul coup ça s'est réveillé et moi le fait est que j'ai pas pris assez soin de moi Et que du coup, et ben voilà, et ça aurait pu s'arrêter aux lésions précancéreuses et que j'ai un peu... Ah voilà, j'ai fait de la merde en fait. Et je pense que c'est aussi pour ça qu'aujourd'hui il faut que je... Que la prévention pour moi c'est hyper important pour que ça n'arrive pas aux autres. Mais donc ça n'a rien à voir avec... T'as couché avec la terre entière, ça n'a rien à voir avec... C'est pas parce que tu l'as que tu vas mourir. Voilà, il faut casser tous les codes en fait, il faut juste prendre soin de soi, soin de soi, soin des autres, aller se faire checker, hashtag check ta chatte quoi, vraiment, il faut y aller. Et on va éviter plein de trucs, il y a beaucoup de choses à vivre derrière, alors effectivement moi ça a changé ma vie, mais je souhaite de tout mon cœur, si vous voulez changer de vie, t'es pas obligé de passer par une catastrophe.
- Speaker #1
Donc là, Sabrina, ça fait 7 ans que tu t'es fait retirer l'utérus. Est-ce que, enfin là on est à 7 ans, donc t'as cheminé depuis cette année. Est-ce que, genre, tu te sens beaucoup plus forte maintenant ou pas ? Entre le moment où t'as pensé à ça et aujourd'hui, dans quel état de force tu es ? Est-ce que tu... Je sais pas si j'arrive à être claire.
- Speaker #0
Si. Je réalise, forte, je sais pas, mais quand je regarde le parcours, je réalise que j'ai fait des trucs, mais que pas une seule seconde j'aurais imaginé que j'étais capable de faire. Et alors j'ai pris de la maturité aussi, mais non j'ai fait des trucs, et le fait de m'accrocher comme ça à cette... à cette histoire, à ce spectacle, à ce... euh... et de continuer de me battre.
- Speaker #1
C'est un point de repère aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est un point de repère, c'est mon... c'est mon étoile d'hébergé en fait.
- Speaker #1
Faire de lance.
- Speaker #0
Ouais, c'est... c'est mon bébé aussi.
- Speaker #1
C'est beau.
- Speaker #0
Quand t'as un enfant... Bah tu fais tout pour qu'il grandisse bien, euh... tu prends soin de lui quoi. Puis tu te bats pour ton enfant.
- Speaker #1
Donc ton spectacle aujourd'hui c'est ton bébé.
- Speaker #0
Mon bébé, ouais.
- Speaker #1
C'est incroyable. C'est magnifique.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Non mais c'est beau.
- Speaker #0
Et en plus je l'ai fait avec une fille. Donc aujourd'hui tout est...
- Speaker #1
On va pas se faire que des amis là.
- Speaker #0
Bah ouais mais... Je l'ai fait avec mon ami auteur. Et puis après, on a continué de le faire grandir beaucoup. C'est une famille, une grosse famille recomposée, complètement déglinguée. On est tous une grande famille. Non mais oui, on est plus fort, on n'a plus peur de rien.
- Speaker #1
On sait que les choses...
- Speaker #0
On sait que tout peut arriver. Et donc du coup, on en profite, et d'une, et on ne fait pas les choses pour rien.
- Speaker #1
Et je pense aussi, je rajoute ça, ce sera peut-être le troisième point de ce que tu viens d'évoquer, je pense qu'on est aussi plus armés pour ce qui va arriver. Parce que moi, c'est ce que je dis souvent, on vit tous des difficultés dans nos vies, et tout est transposable. Tu vois, tout à l'heure, tu parlais de burn-out, on parlait de rupture amoureuse, on parle de perte d'un proche. C'est des choses que toutes les personnes qui vont regarder les vidéos, tous, autant que nous sommes en tant qu'humains, on va vivre ces choses-là. Et plutôt que d'en faire fi, d'occulter le fait que ça va nous arriver et que la vie, elle est linéaire, immuable, ben non en fait. On est la représentation de nous que tout peut arriver. Et c'est important de donner peut-être aussi des confidences, des témoignages comme les nôtres. Parce que ça permet de, déjà peut-être rassurer les gens à qui ça peut arriver. Ça permet aussi à des gens de pouvoir s'identifier. De dire, si elle a la Russie, je peux prendre des choses qui font écho et comment je m'en imprègne. Ça permet de sensibiliser, ça permet de faire de la prévention. Bref, tout est... Et ça, finalement, c'est à l'image de l'humanité. Parce que c'est... On est une entité, en fait. L'humanité, c'est une entité de plein de personnes. Et en fait, peu importe d'où qu'on vienne, etc., c'est qu'on est tous amenés à vivre des choses compliquées et je trouve ça génial de pouvoir en témoigner aujourd'hui. Donc vraiment, un grand merci.
- Speaker #0
C'est génial ce qu'on s'est passé. L'autre chose à jamais perdre de vue, c'est de prendre soin de soi. Vraiment, ne jamais oublier de prendre soin de soi, de son corps, parce que c'est celui qui nous porte dans la vie, et d'être attentif aux autres. Ça c'est... enfin je pense que c'est aussi primordial parce qu'on se bat tous, mais pour le coup, toi comme moi, on se bat chacun à notre façon, avec nos convictions, et c'est pas pour ça qu'on a besoin de personne. Et c'est là où tu dis qu'on est quand même... On parlait tout à l'heure de famille, de l'humanité, etc. On y va, on se sert les coudes et...
- Speaker #1
Question à te poser.
- Speaker #0
Dis-moi.
- Speaker #1
Comment faire en sorte d'être plus attentif à l'autre et d'être plus à l'écoute ? Qu'est-ce que tu conseillerais ? Qu'est-ce qui nous vient en tête ?
- Speaker #0
Tu vois, typiquement, par rapport à la question que tu me posais tout à l'heure, où on disait... Euh... Est-ce qu'on est plus fort quand on a eu des souffrances, etc. Je pense que justement, quand tu t'es pris un grand truc dans la gueule comme ça, quelque chose qui te vient naturellement après la déflagration, c'est de prendre soin des autres. Encore une fois, je ne souhaite à personne qu'il arrive quelque chose de grave à chacun, mais quand tu me dis comment est-ce qu'on fait pour être attentif aux autres, Je pense que naturellement, quand toi il t'est arrivé un truc pas cool, naturellement tu vas prendre soin des autres. Ça c'est la première chose.
- Speaker #1
Tu le disais tout à l'heure, je pense qu'on se... Quête de sens. Et je trouve que, enfin moi, je le dis très souvent et tu l'as toi aussi dit, c'est pour ça que je me permets de... Mais je pense que tu te sens tellement utile quand il t'est arrivé quelque chose de compliqué, que tu sens que tu as le pouvoir de faire changer les choses. Ça te porte en fait.
- Speaker #0
Mais c'est ça la différence par rapport à avant. C'est qu'aujourd'hui, je me sens utile. Alors que, c'est terrible ce que je vais dire, mais... Alors peut-être pas quand je me suis réveillée, parce que quand je me suis réveillée de l'opération, j'avais surtout mal. Mais très peu de temps après, mais ça se compte en heures, je me suis dit que je n'avais plus d'utérus. Et en tant que femme, je ne sers plus à rien. Eh ben non, en fait. Voilà. C'est hyper violent et pourtant c'est le premier truc auquel j'ai pensé. C'est de dire que je ne sers plus à rien. Ça ne m'est pas resté très longtemps, parce que j'ai... Mais... Et aujourd'hui, je peux dire que je suis utile.
- Speaker #1
Et ça, tu penses que ce truc-là, tu l'as eu au bout de combien de temps, de je suis utile Entre le moment où tu dis que tu ne l'es pas et le moment où tu l'es. Vite ? Pas vite ? Spectacle ? Pas spectacle ?
- Speaker #0
Alors, spectacle, c'est sûr.
- Speaker #1
Et à partir de quel moment tu t'es sentie légitime ? Je ne sais pas.
- Speaker #0
Je sais pas. Mais je te dis, de toute façon, avant même l'annonce, je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose. Mais je me suis pas dit, je suis utile, machin, etc. C'est après, déjà quand on a commencé à me parler de mon spectacle, quand on est venu me chercher pour en parler, quand j'ai commencé à discuter avec les gens qui venaient me voir après le spectacle pour me dire, oh là là, trop bien, etc. Et c'est là que je me suis dit, en fait... Je sers à quelque chose, là, vraiment. Donc ça s'est fait un peu au fur et à mesure. Je ne me suis pas levée un matin en me disant, ça y est, je suis utile. Mais en tout cas, par rapport à il y a sept ans et aujourd'hui, il y a quand même une différence assez notoire.
- Speaker #1
J'aime bien les mots.
- Speaker #0
Bien les mots.
- Speaker #1
Non, c'est d'une puissance ce que tu dis. Je pense qu'on a évoqué beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses. Ça a eu beaucoup de matière. C'est super chouette. Moi, j'adore le format long parce qu'on a le temps justement de susciter, faire germer l'idée, sensibiliser, faire nourrir la réflexion, l'intelligence à travers des rencontres. Et moi, c'est ce qui m'a nourri depuis cette année, bientôt où j'ai eu mon accident. Et c'est ces rencontres qu'on en est même là aussi aujourd'hui. Donc là, on va passer à la dernière séquence de cette interview. Ça va être la FAQ de la commu. Donc, c'est les questions que les gens veulent poser pour Sabrina. Donc, c'est parti. Du coup, Sabrina, la FAQ de la commu.
- Speaker #0
Allez, la commu, la commu.
- Speaker #1
Donc, moi, c'est une personne qui a posé la question que j'ai rencontrée, qui a eu les mêmes problématiques que toi. Et Elsa, elle pose la question, est-ce que le jugement sur les femmes non-mères passe avec l'âge ?
- Speaker #0
Alors, elle, là, je pense que c'est en train de changer, parce qu'il y a de plus en plus de femmes, finalement, qui n'ont pas d'enfants. Donc du coup, on n'est pas dans la normalité, mais en tout cas, il y en a de plus en plus, qui assument de ne pas vouloir d'enfants. Donc je pense que c'est en cours, mais que c'est pas encore ça. En tout cas, moi à l'époque, quand je dis à l'époque, j'ai l'impression de parler genre il y a 20 ans, mais donc... Juste avant que ça m'arrive, où j'étais encore en capacité, on me disait... Oui, oui, ça va. Je veux dire, c'est... Oui, ça va. Je dis quelque chose dans mon spectacle.
- Speaker #1
Vas-y.
- Speaker #0
C'est ne demande jamais à une femme qui n'a pas d'enfant pourquoi elle n'en a pas. Elle aura toujours une bonne raison, mais laisse-la t'en parler elle-même. Parce que c'est vrai que les femmes qui n'ont pas d'enfant, on se demande toujours un peu pourquoi. Encore une fois, moins, j'ai l'impression, moins, mais il y a un petit côté suspect. Ouais. Il y a un petit côté suspect. Et des fois, c'est pour des raisons pas très faciles. C'est pas juste parce que j'ai pas... voulu. Des fois, c'est parce que j'ai pas pu. Donc, je pense que c'est en train de changer.
- Speaker #1
Et du coup, je me permets de rebondir, parce que c'est aussi ça l'important, c'est que de dire que être mère, finalement, c'est ou ne pas être mère, ce n'est pas une fin en soi.
- Speaker #0
C'est pas une fin en soi.
- Speaker #1
Et que c'est pas quelque chose finalement de fataliste.
- Speaker #0
Non, alors c'est pas une fin en soi, après ça dépend pour qui, il y en a pour qui c'est un objectif de vie. Mais c'est ce qu'on dit souvent quand on est mère, ne pas oublier qu'il faut aussi être une femme, etc.
- Speaker #1
Antoine, qu'est-ce que tu aimerais dire à quelqu'un qui nous regarde, dont c'était peut-être le goal de sa vie, le but de sa vie de se dire je veux être mère et à peu pas ? Qu'est-ce que tu pourrais lui dire toi avec ton expérience de ce que t'as vécu pour la rassurer ?
- Speaker #0
Que le champ des possibles reste ouvert, vraiment, à tout point de vue.
- Speaker #1
Et que c'est pas une fatalité ?
- Speaker #0
Alors là pour le coup c'est... Quand on te dit que tu peux pas en avoir...
- Speaker #1
Oui mais c'est comme moi quand on me dit tététra... Enfin, on l'a dit, je l'ai su. Je suis un peu pour les concernés, mais... Enfin, tu vois, genre à ce moment-là, effectivement, on trouve le mot, on trouve aujourd'hui.
- Speaker #0
Je repense à ce que tu m'as écrit tout à l'heure. C'est trop con.
- Speaker #1
Ah oui, je marche. De la chance.
- Speaker #0
Tu me dis, t'en es où ? Je lui dis, je marche. Il répond, t'as de la chance.
- Speaker #1
Parce qu'elle est en train de venir entre l'arrêt de tram et l'hôtel. Je lui dis, t'en es où ? Elle me dit, je marche. Je lui dis, bah, t'as de la chance.
- Speaker #0
Voilà, c'est tout.
- Speaker #1
C'est rigolo. Mais merde, je ne sais plus ce que je disais, du coup.
- Speaker #0
Que c'est pas une fatalité, non que c'est pas une fatalité, que rien ne se perd, tout se transforme.
- Speaker #1
Voilà. Parce que tu vois moi au début, évidemment que c'est un cataclysme dans ta vie, c'est une fatalité, c'est un traumatisme, c'est une tragédie, bref on peut faire tous les synonymes qui existent au monde, mais qu'entre ce moment-là, et regarde nous deux ça fait 7 ans, après, finalement on regarde tout ce qu'on a fait depuis tu vois.
- Speaker #0
Et on n'imagine pas tout ce qu'on est capable de faire, c'est ce qu'on a dit tout à l'heure.
- Speaker #1
Ah ouais.
- Speaker #0
Rien ne se perd, tout se transforme. Tout. C'est la nouvelle écologie post-apocalypse.
- Speaker #1
Je ne sais pas si on y a vraiment répondu et je ne sais pas si tu veux y répondre. Donc là, pareil, tu auras le choix. C'est Lucille Boisdron qui me dit Bonjour, combien de temps pour le deuil de la maternité y étant moi-même confrontée ? Je trouve ça très long et très difficile en tant que femme travaillant en maternité qui puisait.
- Speaker #0
Je ne sais pas si on en fait le deuil vraiment. Par exemple, quand tu perds quelqu'un que tu aimes très fort, tu ne l'oublies jamais. Tu vis avec, tu continues de vivre, tu continues de marcher, mais tu ne l'oublies jamais. Je pense que c'est un peu pareil. La vie continue, mais tu ne t'en rends pas malade. Quand tu perds quelqu'un, tu pleures très longtemps. Et puis après, la vie reprend, mais tu ne l'oublies jamais. Là, c'est pareil. Alors après, effectivement, de travailler dans une maternité, ça n'aide pas des masses. Clairement pas. On ne va pas se mentir. Parce que, par exemple, moi, aujourd'hui... Quand je croise des bébés, je suis toujours un peu sprounce. Ça me sprounce un peu. Tu vois, il y a encore un truc qui relève du animal. C'est animal, en fait. C'est-à-dire que même si aujourd'hui, je n'ai plus d'utérus, du coup, c'est... Mais dans la tête, c'est animal. Maintenant...
- Speaker #1
C'est marrant, je vais rebondir sur ce que tu dis encore. C'est animal. De la même manière que, tu vois, genre... Même si j'accepte, tu vois, par exemple, des fois, je vais avec des amis à la plage et tout. Bah oui, ils vont s'amuser sur la plage, ils vont faire des trucs. Et c'est animal parce que j'aimerais sauter dans les vagues avec eux, j'aimerais jouer avec eux. Tu le sens, mais tu ne peux pas faire et tu l'acceptes. Et c'est aussi une forme de lâcher prise finalement.
- Speaker #0
Ah oui, parce que tu n'as pas le choix. À partir du moment où tu n'as pas le choix, c'est ce que je ne vais pas arrêter de dire, c'est que show must go on. Ce n'est pas parce que tu n'as pas le choix que tu n'as plus de choix de rien. C'est d'autres choix que tu as. Elle travaille dans une maternité. Ouais.
- Speaker #1
Bah disons que en fait le fait que...
- Speaker #0
Enfin là j'ai rien.
- Speaker #1
Non mais bien sûr. Après à toute manière ce qui est dur c'est que c'est vrai que tous les jours elle a le reflet de ce qu'elle peut peut-être pas avoir. Donc forcément c'est dur.
- Speaker #0
Après moi ce qu'il faut savoir quand même c'est que quand j'avais rendez-vous avec l'oncologue, l'oncogynéco qui allait me retirer l'utérus, j'étais dans la salle d'attente avec plein de nanas enceintes. Ça c'est pépite. Les hôpitaux, des fois, il faut essayer de réfléchir un peu.
- Speaker #1
Oh là là !
- Speaker #0
J'ai été entourée de femmes enceintes le jour où j'avais rendez-vous avec le gynécologue qui allait me retirer l'utérus. Est-ce qu'on n'est pas sur un truc...
- Speaker #1
C'est hyper important ce que tu dis.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Hyper pertinent. J'espère que les gens qui y compteront ça, c'est génial. Parce que toi, c'est plein de petits détails comme ça, qui mis bout à bout, ça fait bouger les choses. C'est d'une puissance sans... J'ai une dernière question. Je pense que mon interview y répond, qui est de Anaïs qui dit Les secrets d'un accouchement de soi-même réussis ? C'est la question.
- Speaker #0
Et la commune, elle pose des questions chouettes.
- Speaker #1
On a la commune qu'on met.
- Speaker #0
Eh bien grave. Les secrets d'un accouchement de soi-même réussi ?
- Speaker #1
Parce que j'ai dit, tu sais, quand je te présente que...
- Speaker #0
Ouais, ouais. Alors le truc, c'est qu'il n'y a pas deux accouchements qui se passent pareil. On le sait ça. Ça dépend des circonstances, ça dépend du passé, des gènes, de plein de trucs. Donc je pense qu'un accouchement de soi-même réussi, il n'y a pas de règles. si ce n'est le lâcher prise à un moment donné. C'est le seul... Alors, tu as le lâcher prise et ne rien lâcher. Tu as l'impression que c'est un peu paradoxal et pourtant ça va ensemble. L'équilibre. Voilà, c'est à l'équilibre. Mais du coup, accoucher de soi-même...
- Speaker #1
Et donc ce qui est valable pour toi n'est pas valable.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Donc en fait les secrets d'un accouchement de soi-même réussi finalement c'est d'apprendre peut-être à se faire confiance. Et finalement la réponse c'est pas l'autre qui l'a, mais c'est à nous d'aller la chercher en nous-mêmes. Donc en fait t'as pas la réponse parce que la réponse c'est un peu tout le rejet aussi de confidence. C'est que les réponses il faut qu'on les trouve par nous-mêmes. Et ça...
- Speaker #0
Elles arrivent les réponses.
- Speaker #1
Elles arrivent. Et c'est ceci qui est inspirant, c'est que finalement c'est toute la résultante peut-être aussi d'exemples qui vont aider à trouver des points d'ancrage, mais la réponse ça vient de soi, et on l'aura en soi au moment où on va devoir se présenter à l'autre.
- Speaker #0
Absolument, en espérant qu'elle se présente de façon diverse et variée, et pas forcément dans la violence, mais...
- Speaker #1
Mais la vie c'est...
- Speaker #0
Mais la vie c'est pas les bisounours quoi.
- Speaker #1
Exactement. Bah écoute, je pense que là on a beaucoup de matière. Vraiment c'était super chouette cette interview.
- Speaker #0
Il va falloir couper un peu quand même.
- Speaker #1
Non c'est génial. Ah non, fais-moi confiance. En fait je suis à contre-courant de ce qu'on attend des réseaux. Parce que toi on en parlait tout à l'heure, là on est à un virage. On est à un tournant de les gens, on en a marre et ils comprennent aussi tous les effets délétères. que ça a sur le cerveau que de consommer des trucs qui durent 10 secondes.
- Speaker #0
Ah bah ça !
- Speaker #1
Et là en fait on va à l'encontre de tout ça. Et je préfère qu'il y ait 1000 personnes où ça a un impact que 100 000 personnes où ça n'a aucune valeur. La plus-value elle est dans la consistance et là on est pleinement dedans.
- Speaker #0
Ah bah c'est sûr que pour les trucs de TikTok de 10 secondes, il ne faut pas compter sur toi pour danser la Macarena en trend.
- Speaker #1
Après c'est lui le majeur. C'est ça. Il m'a allé nous faire un truc de fou. Du coup, on a fait une interview qui est relativement plus longue, qui est géniale, qui est consistante, comme on le disait, parce qu'il y a beaucoup de réflexions qui sont hyper pertinentes, qui vont aider des centaines et des milliers de personnes. Du coup, on va passer à la dernière séquence de cette interview, qui est la question signature. C'est parti ! Du coup Sabrina, la question signature, c'est est-ce que tu pourrais peut-être me proposer une personne qui pourrait venir témoigner dans Confidence, à qui tu penses ? Parce que je trouve que là tu témoignes, c'est hyper intéressant, mais peut-être que tu as envie de donner la parole à quelqu'un et pourquoi ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai un problème avec cette question parce qu'il y a deux personnes à qui je pense, mais qui ne sont malheureusement plus de ce monde. Voilà, donc pour qu'ils viennent et pour... Mais je vais quand même les citer parce que j'aurais vraiment aimé savoir ce qu'ils auraient dit dans ce cadre-là. C'est l'abbé Pierre et Marie Curie. Voilà, c'est ces deux-là. Et du coup, si vraiment je dois citer quelqu'un de vivant, je vais demander de bouger ton fiac et de venir à ma place.
- Speaker #1
Ah ça va ? Tu veux qu'on échange moi ?
- Speaker #0
Allez, tu voulais savoir qui je voudrais avoir dans ce fauteuil ?
- Speaker #1
Allez. Mais il va falloir que tu me poses une question du coup. Pour le moment il faut que je fasse un transfert en direct. Ouais. C'est mieux qu'on finance, on casse les comptes. C'est mieux qu'on finance, on casse les comptes. Je me fais avoir à mon propre jeu quoi.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Allez, c'est parti. Bon bah voilà, je me suis fait avoir à mon propre jeu.
- Speaker #0
Et bah ouais, mais je pense que tu mérites d'être là aussi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Dans le genre résilient, généreux, ouvert aux autres, qui a envie de partager, etc. Je pense que t'as ta place sur ce fauteuil, non ?
- Speaker #1
J'ai ma place, mais ça m'aurait évité de bouger.
- Speaker #0
Y'a rien qui te fait peur. Je pense que tu l'as prouvé. J'ai vu que le pire,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Non mais voilà, t'es mon héros. Et d'ailleurs, en parlant de héros...
- Speaker #1
Le fameux.
- Speaker #0
Tu me dois... Un photographe, parce que le mec en fauteuil qui va dans le désert, qui va dans la montagne, qui navigue, qui... je sais plus comment on dit... parce que moi aussi je suis fatiguée, qui tient un bateau, machin, etc., qui vole...
- Speaker #1
Mais après c'est la somme aussi du collectif, tout seul j'aurais jamais pu.
- Speaker #0
Non, t'aurais jamais pu, mais n'empêche que... Voilà, donc, je conseille à tout le monde ce livre. qui est incroyable avec des photos magnifiques qui parle d'un mec incroyable et magnifique un fou mais qui fait tellement du bien un fou furieux donc voilà il y a un documentaire aussi je
- Speaker #1
ne sais pas trop ce qu'il en sera pour le moment il faut qu'il en soit quelque chose pour la petite anecdote la confidence dans la confidence de la confidence C'est que, effectivement, je me souviens quand on a fait la diffusion du documentaire au Grand Rex. C'est vrai qu'avec... On arrive au Grand Rex, il y a 2400 personnes. La plupart des gens me connaissent, donc j'ai toute l'attention sur moi. C'est hyper, hyper, hyper fatigant. C'est la première fois de ma vie que j'en sens une telle fatigue. Et en fait, à ce moment-là, Saint-Pénal arrive. Elle me dit, Martin, tu peux me signer mon livre ? Et là, je lui dis, écoute, Sabrina, je lui dis, là, je crois que ce n'est pas le moment. Je lui dis, on se reverra. Et ça fait depuis novembre. Donc là, on est en... On est quoi ? On est quasiment un an après.
- Speaker #0
Presque. Non, tout à fait. On est en mois de... Neuf mois. Le temps d'un enfant.
- Speaker #1
Le temps d'un enfant.
- Speaker #0
Le temps de gestation.
- Speaker #1
Le temps de gestation. Mais comme quoi, tu vois...
- Speaker #0
Il n'y a pas de hasard. Il n'y a pas de hasard.
- Speaker #1
Et ce qui est dingue, c'est que neuf mois après... Parce que je lui ai dit, je te promets que je signerai ton livre. Et en fait, je me souviens où je suis placé au Warrex quand tu viens me voir, à côté des... Et là, je te dis, écoute Sabrina, je dis, là, il y a tout le monde qui est sur ma côte, qui est sur mes côtes. Et là, il faut que... Enfin, le livre, je te promets de le signer parce qu'on se connaît et je t'apprécie. La preuve, c'est que tu es la troisième invitée. C'est que ton histoire, etc., est puissante de fou et elle a la nécessité d'être rendue plus visible. Et je te dis, écoute, le livre, je te le signerai plus tard parce que là, je n'ai pas le temps. Et je me souviens, j'ai vu dans ton regard, et même après tu m'en avais parlé, tu me disais,
- Speaker #0
attends... Il a signé le livre à des tas d'inconnus, et pas à moi.
- Speaker #1
Mais en fait, voilà, l'idée c'était parce que je savais qu'on allait... Non mais je sais, je sais que tu ris. Mais le truc c'était de dire, je sais qu'on va se revoir, parce que voilà, la preuve que j'allais signer le livre. Je savais pas quand. Donc là on va le faire en direct ?
- Speaker #0
Et ben voilà.
- Speaker #1
C'est parti ? J'espère que t'as un stylo ? Je crois que j'ai des feutres dans mon... Sinon on attendra 9 mois ?
- Speaker #0
Ouais, voilà ! Là-dedans ? Regarde dans la pochette, ouais, soit devant, soit... Ouais, vas-y, bah rapporte-le, ça va bien. Comme ça, on va le voir, Kevin. Kevin, il faut un coucou, parce qu'on l'a pas vu encore, non ? Coucou,
- Speaker #1
Kevin ! Coucou !
- Speaker #0
Coucou ! Tiens. Et ben là. T'attends que l'encre sèche un peu.
- Speaker #1
Question signature, j'ai une signature.
- Speaker #0
Pas mal.
- Speaker #1
Je lis ou je peux lire ou je peux pas lire ?
- Speaker #0
C'est comme si tu veux que ça apparaisse à l'écran, ça apparaît à l'écran. Si tu veux le lire, tu lis comme tu veux. Ah bah oui. T'as bien dit.
- Speaker #1
Hein ?
- Speaker #0
Soit tu le gardes pour toi, soit tu le révèles au monde. Je le garde pour moi. Ok. C'est bien aussi. Dommage, on n'a pas vu la beauté de mon écriture.
- Speaker #1
Bah si, tu l'as filmé non ?
- Speaker #0
Non mais après tu peux juste mettre parce que j'ai pas écrit la dernière phrase. Donc c'est celle-là je pense que t'as envie de garder. Oui. Voilà. Donc au pire tu...
- Speaker #1
Parce que du coup j'ai l'impression d'avoir 72 ans en fait. L'âge de ta mère.
- Speaker #0
Mon père a 74 ans.
- Speaker #1
Bah voilà.
- Speaker #0
Ma mère elle est plus jeune. Et le buffon elle a pas... Bon, ben voilà, la question signature, je me suis fait avoir à mon propre jeu. Confidence, pour ce troisième épisode, c'est terminé. Merci infiniment. Merci. Sabrina, je pense que ton témoignage, il sera vraiment incroyable, encore une fois. Merci à tous pour votre écoute et à très bientôt pour un nouvel épisode de Confidence. Tata tonon !