- Speaker #0
Depuis mes 16 ans j'y vois plus.
- Speaker #1
Donc Salim, il monte à cheval haut niveau. Ouais. Il a écrit un bouquin, fait des conférences. T'as fait de la télévision, il rejoue aux jeux vidéo.
- Speaker #0
Je rejoue aux jeux vidéo depuis euh...
- Speaker #1
Il a piloté des avions les gars. T'as fait du skate. Et attends faut que je regarde mon téléphone. Skate,
- Speaker #0
du surf, qu'est-ce que quoi te dire, une armure aussi. On a fabriqué avec ma chérie une armure d'Ironman.
- Speaker #1
Il a été kiné ?
- Speaker #0
Oui, de formation oui, je suis kiné, j'ai exercé quelques années ouais.
- Speaker #1
Je sais pas si vous vous rendez compte là.
- Speaker #0
Donc j'ai rencontré Guillaume qui est né à ce moment là. et on est devenu assez proche vraiment depuis c'est vraiment un mec génial salut s'il regarde ça, je souhaite qu'il regarde ça d'ailleurs,
- Speaker #1
très très fort tu vas nous montrer, c'est exceptionnel vous allez voir c'est exceptionnel,
- Speaker #0
tu vas nous montrer par exemple une armure que tu as faite un travail d'équipe de deux ans électronique c'est moi qui l'ai fait fuck me mais genre tu me bluffes mais c'est exceptionnel de possible à impossible il y a deux lettres et un état d'esprit
- Speaker #1
Je bois tes paroles Salim. Non mais encore une fois, c'est... Enfin voilà, t'es l'incarnation de la grandeur.
- Speaker #0
Non mais t'as papa, t'as papa, non vous couperez ça. Il savait pas ce qu'il disait.
- Speaker #1
Comment ça se passe la séduction ? Du coup on va y aller, je suis désolé les gars mais... Putain le champ des possibles, t'as coché toutes les cases, t'as pété tous les murs.
- Speaker #0
Ce que tu peux te dire là, c'est la réponse que je vais te faire, c'est que je pourrais te dire la plus grande différence entre Daredevil et moi, c'est que moi j'existe. Voilà. On a confiance. Mais en vrai... Non, en vrai, c'est où sont les limites. La première limite, c'est toi qui te la poses. Dès lors que tu décides que tu veux aller au-delà, qu'est-ce qui t'en empêche ?
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous. On se retrouve pour un quatrième épisode de Confidence avec Salim Ejnaïli. Bravo. C'est bien dit ou pas ? Incroyable. Cette interview, elle va être incroyable. Parce que Salim, je ne sais même plus comment on s'est rencontré, on va essayer de revenir dessus. Là on fait l'intro, mais c'est vrai que Salim c'est quelqu'un qui a eu mille vies. C'est quelqu'un qui a fait des choses exceptionnelles. Et c'est quelqu'un qui a tellement d'anecdotes que je ne sais même pas comment je vais mener cette interview. Pour ce quatrième épisode de Confidence, bienvenue à Salim Ejnaini. J'ai trop le plaisir de lui faire son interview, je ne sais pas comment ça va se passer. C'est parti pour le générique, on y go, c'est parti, let's go ! Bonjour Salim !
- Speaker #0
Salut Martin !
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Bah je t'écoute très bien, dans des conditions extraordinaires un peu.
- Speaker #1
Bah justement on va en parler, parce qu'en fait il y a plusieurs choses qui m'ont marqué, il y a plusieurs choses qui m'ont, comment dirais-je, interpellé quand tu es rentré dans cette chambre. Mais avant de te poser ces questions-là, tu connais le principe de l'émission, confidence, c'est l'instant de la confidence, j'ai envie que tu me réponds une anecdote, ta carte blanche, donc c'est parti pour l'instant. Confidant. Est-ce que tu peux nous raconter une anecdote, quelque chose que tu as envie de nous partager aujourd'hui, pour briser un petit peu la glace ?
- Speaker #0
Une anecdote... C'est... Elle est un peu... C'est un peu dure à trouver quand même. Pourquoi ? J'en aurais plein. Il y en a une que j'aime bien. Pour ceux qui nous regardent aujourd'hui hors champ, je ne suis pas venu seul, je suis avec ma chérie qui est là. Et c'est une anecdote que je partage... pas souvent, que j'ai envie de partager aujourd'hui, c'est que ça nous concerne tous les deux. C'est un petit moment de vie à tous les deux. Ça faisait pas longtemps qu'on était ensemble. Et donc, pour ceux qui ne le savent pas, je suis cavalier, notamment, et j'étais invité sur un concours où on me demandait de parrainer une épreuve. Et donc, comme à chaque concours, comme à chaque moment, il y a l'instant du midi, la restauration, tout ça. Et ça faisait vraiment pas longtemps qu'on était ensemble. Donc les habitudes qui commencent à se prendre un peu en couple, mais qui sont pas tout à fait installées et tout ça. Et à peine fini de manger, Lucille qui a fait un truc qui m'a genre vraiment surpris de ouf par sa gentillesse, c'est qu'à peine fini de manger, elle a limite guetté la dernière frite que je mange, et elle se lève en me disant je vais te chercher un café Et juste ce truc, ce petit move, ça m'a... je suis resté figé, et j'ai... elle s'est arrêtée dans son élan pour se lever, elle me regarde et me fait, elle ne me regarde pas comme ça. Et en fait, juste ce bout de phrase, je me suis dit, ok, c'est bon. Juste, ne me regarde pas comme ça. Bref, il fallait le vivre ce truc. Et je voulais commencer par celle-là parce que... Du fait que j'y vois pas, que tu sais très bien ce qu'est la différence.
- Speaker #1
Tu sais que je suis en train de me rendre compte, pendant que tu es en train de débuter de parler, je t'ai pas présenté, donc là les gens ont votre visage, on n'a pas encore dit ce que tu avais. Je dis que tu avais mis le vis, mais je l'ai même pas précisé. Bah tu sais que t'es aveugle.
- Speaker #0
Ouais, ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Donc c'est un peu le sujet évidemment de la vidéo. C'est ça. Donc forcément, là les gens ont peut-être pas compris.
- Speaker #0
Ouais mais ils l'ont vu.
- Speaker #1
Mais du coup ils l'ont vu.
- Speaker #0
Ils l'ont vu, c'est ça.
- Speaker #1
Et vu qu'on te précise maintenant, ils vont dire, ah ouais. Du coup l'anecdote a encore une...
- Speaker #0
Surtout que j'ai tout le temps des lunettes de soleil, c'est pas juste parce qu'on est dans un super hôtel, que je me la joue couleur locale, non, c'est vraiment que... Et en fait, ce genre de... C'est même pas des vannes, c'est des remarques qui font marrer les autres, mais qui sont devenues hyper naturelles, et ça dédramatise même pour les gens, c'est un truc, c'est même au-delà de dédramatiser, c'est que c'est devenu archi-ordinaire en vrai. et pour moi l'humour et ce genre de trucs ça a une place mais c'est même pas importante c'est prépondérant c'est primordial le mot et tu en joues du coup de cet handicap ? plus que ça bien sûr et tu conseilles de le faire ? je conseille de le faire si t'es à l'aise avec t'es pas à l'aise, quelqu'un qui va surjouer la vanne qui va rire de toi c'est ce que je dis souvent faire la blague c'est drôle être la blague c'est pas respectueux donc rire avec quelqu'un ouais c'est génial rire de quelqu'un non ça peut être très malsain voilà et du coup donc ça c'était le début de ta relation et maintenant ça fait
- Speaker #1
7 ans 7 ans avec Lucille donc ce qui est assez drôle c'est que quand ces interviews vont sortir moi ça fait 7 ans que j'ai eu mon accident alors je dirais pas que t'es le 7ème invité parce que c'est le 4ème t'es le 4ème mais du coup voilà pour la petite anecdote c'est la confidence dans la confidence il n'y a que des confidences de manière à des confidences Je pense que quand on va se rendre compte de ce qu'on est en train de créer, on va avoir toutes les connexions qui se créent, ce qui est génial. Alors moi, j'avais... Effectivement, quand t'es rentré dans la chambre, on a la chance d'être accueilli au Mondrian Hotel. Donc je les remercie infiniment pour ça, parce qu'ils ont fait le pari avec moi, ils m'ont laissé ma chance. Je remercie infiniment Mathilde, Hélène, sans qui ce projet, il aurait peut-être pas vu le jour, en tout cas dans un cadre aussi exceptionnel, avec le luxe aussi que suppose... Un service hôtelier parce qu'on est dans un hôtel 5 étoiles. Donc moi je peux me décharger mentalement parce que quand je rentre dans l'hôtel, tout simplement on peut m'aider à me tenir les portes. Je suis avec ma petite trottinette électrique, etc. Et en fait, pareil, je peux commander les cafés, je peux mettre à l'aise mes invités, etc. Et le décor, vous le voyez, il est quand même exceptionnel. Enfin, vous le voyez, pas pour tout le monde. Et justement, j'allais faire pour la vanne.
- Speaker #0
Ah la transition !
- Speaker #1
Elle est pas mal.
- Speaker #0
Elle est très bonne.
- Speaker #1
Elle est très bien trouvée. Non mais ce qui est fascinant en fait c'est que moi quand t'es rentré dans la chambre, je me suis dit attends, est-ce que Salim il est capable de ressentir le côté luxueux d'un hôtel comparativement à un hôtel peut-être moins haut de gamme, mieux de gamme ou bas de gamme ?
- Speaker #0
Tu le ressens à 2000%, ça commence déjà en bas bien avant la chambre, ça commence à l'entrée quand t'as quelqu'un qui te tire la porte. Ouais. Donc c'est le boulot de te tenir la porte et de te saluer. Quelqu'un qui, dans la rue, te dit bonjour aussi chaleureusement, ça n'existe pas, déjà. Et puis, tu as l'ambiance assez feutrée. Alors moi, ce que je fais, en général, quand je rentre dans une pièce, ce n'est pas une légende, le coup des chauves-souris, ça, c'est... Soit je fais des petits... avec la langue, soit carrément, je claque des doigts pour écouter. Désolé pour le retour son.
- Speaker #1
C'est ma seconde question, en fait.
- Speaker #0
Mais en fait, avec tout ça, tu perçois l'environnement, tu perçois le... les textures qu'il y a au mur, au plafond, tu perçois les volumes, les formes des pièces. Et puis, ce qui fait aussi l'identité d'un endroit, c'est quand tu touches les murs, les cloisons, les portes, les matériaux qui sont utilisés. Ça ne parlera pas à ceux qui nous regardent parce que vous n'avez pas de plan dessus, mais quand on voit les motifs qu'il y a sur le verre de la porte de la salle de bain, qui est en espèce de vaguelette, c'est un truc, il y a de ta passade dans n'importe quel hôtel, on ne s'éteint pas de marque, mais voilà. Tu sens bien que tu es dans un endroit où même l'ambiance générale on est bien, on est vraiment très très bien.
- Speaker #1
Et du coup c'est génial parce que c'est là aussi où on peut se saisir de ce que les invités me témoignent aussi. Parce que l'environnement me permet d'être à l'aise, de vous mettre à l'aise, le monde est tous à l'aise et c'est trop bien, on kiffe ensemble.
- Speaker #0
Non c'est vrai et souvent on se fait effectivement la remarque que... C'est le sens du service, c'est le sens du... En fait, c'est une vraie... On se décharge mentalement, t'as entièrement... Je reprends tes termes, mais c'est ça. Tu te prends pas la tête sur du superflu. Et souvent, pardon, mais je vois là dans le handicap, c'est le superflu qui te pourrit la vie. Ouais. C'est très souvent ça.
- Speaker #1
C'est l'accumulation.
- Speaker #0
C'est très souvent des petites merdouilles qui devraient être sur le côté, voire ne pas exister, qui quand elles sont posées sur toi, sur ta charge mentale, te flinguent une journée qui pourtant, bah voilà, où t'as pas eu le temps de penser à l'essentiel. Et là du coup, ça marche super bien.
- Speaker #1
Et c'est en ça aussi où je dis qu'on a besoin d'alliés, parce que finalement, je pense qu'il y a beaucoup de choses qui peuvent se régler, c'est juste que chacun doit prendre la responsabilité de son travail.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Chacun faire sa part. Rebondis sur un truc que tu as dit, parce que ça m'a marqué, et je me permets de le redire en caméra. C'est qu'effectivement, tout à l'heure, avec ton ongle ou avec ton doigt, t'as touché le robinet.
- Speaker #0
Oui, oui,
- Speaker #1
j'ai gratté le mid-teaser du robinet. Et alors attention,
- Speaker #0
dans ces hôtels, les robinets font un la bémol. Il faut le savoir les gars.
- Speaker #1
Est-ce que tu as un autre hôtel ? Est-ce que tu joues du japon ? Attends, tu joues du... Oui. Un piano.
- Speaker #0
Un piano.
- Speaker #1
Mais c'est une interview, bête. Folle. Tu fais tellement de choses, Salim, que je ne sais même pas... Non,
- Speaker #0
mais je joue mal.
- Speaker #1
Comment vous dites ?
- Speaker #0
Je joue à l'oreille. Je joue pour le plaisir. Je n'ai jamais pris de cours. Je ne suis pas un classique, tout ça.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
Mais j'ai l'oreille musicale, ouais.
- Speaker #1
On va en parler de tout ce que fait Salim, mais c'est juste dingue.
- Speaker #0
Et tu vois, pardon, juste pour reprendre...
- Speaker #1
On interview, mec.
- Speaker #0
Tout ce qui est hôtel, tout ça, enfin ce sens du luxe, du service, de l'accompagnement, tu vois, je t'offre une citation qui est en dehors de tout cadre, voilà. Mais ce que j'aime dire de ce genre d'endroit, c'est que c'est leur mission de nous permettre d'accomplir la nôtre. Ah, c'est beau. Et ça, c'est pas moi qui le dit, c'est Obi-Wan Kenobi.
- Speaker #1
On va avoir que des rêves,
- Speaker #0
que des rêves pop culture.
- Speaker #1
Ah, ça va être folle. Ouais, parce que ça fait aussi partie de ta vie, on va en parler, ça va bien. Donc ce que je trouve marrant c'est que sur le Mitiger tu le grattes, ça fait un bruit et moi je me dis c'est ouf, genre tu perçois des choses que je ne me serais même pas moi imaginé et en fait tu permets aussi à nous, certaines personnes qui, bon moi j'ai mon handicap etc, mais tu nous rappelles aussi des sens qu'on omet et que toi tu vas aussi développer et je trouve ça génial aussi de le partager, c'est la confidence dans la confidence de la confidence. Donc en fait pareil. Quand tu dis que tu claques avec tes doigts, je te laisse le faire ?
- Speaker #0
Quand je fais ça, en général, je tourne la tête.
- Speaker #1
C'est un peu comme un sonar.
- Speaker #0
C'est un petit peu le principe du sonar. Un dauphin. Je ne suis pas un dauphin, mais les dauphins et les chauves-souris, plus ou moins, ont un organe qui est fait pour ça, qui émet un son et qui calcule le retour de ce son. Moi, j'ai mes doigts qui émettent et mes oreilles qui entendent à la fois la résonance, le moment où ça revient. En gros, c'est comme si la pièce me parlait. Et elle me dit en quoi elle est faite, elle me dit à peu près, enfin tu vois, ça ne résonne pas pareil si elle était vide ou avec le lit là au milieu de la pièce.
- Speaker #1
Alors, pour donner un petit peu de la consistance à tout ce que tu vas nous donner, parce que Dieu sait que tu vas nous donner tellement de matière et tellement de bonnes vibes, tellement d'une claque, que je pense qu'il faut qu'on revienne aussi un petit peu à ce que tu es aujourd'hui, ton passé, ton expérience. Ton handicap qui a forcément eu une place prépondérante dans ta vie. Est-ce que tu peux nous dire un petit peu ce que tu as eu, à quel âge, l'évolution ?
- Speaker #0
Alors moi je suis né en 92,
- Speaker #1
donc aujourd'hui j'ai... Meilleure année.
- Speaker #0
32 ans. Eh, t'inquiète.
- Speaker #1
T'es né quand ?
- Speaker #0
Moi, alors personne n'est né avant moi en 92.
- Speaker #1
Ça dépend. Non. Premier jour ? Ouais. 20 janvier mec.
- Speaker #0
Tu vois. Non t'es pas Capricorne toi.
- Speaker #1
C'est...
- Speaker #0
Ah !
- Speaker #1
Dernier jour Toi aussi t'es trop gentil Ouais Ok On est la team t'es trop gentil
- Speaker #0
T'as remarqué les Capricornes ils ont toujours des trucs pourris genre non attendez un peu non ce n'est pas le moment
- Speaker #1
Soyez Ouais mais maintenant ça va changer On est là pour
- Speaker #0
On va changer le game Capricornes contre-attaque les gars Et voilà donc 1er janvier 92 donc ça c'est c'est petit coup de chance en gros qui sert pas à grand chose je voilà Spoiler alert, ça sert à rien. Et en fait, à mes 6-7 mois, on m'a diagnostiqué un truc pas cool, parce que j'étais livré avec un défaut dans le colis. J'avais un cancer de la rétine qui m'a été trouvé en fait, parce qu'en m'observant, on a les premiers signes, ce qu'on appelle une leucocorie. C'est pas le cri du coq, je précise. La leucocorie, c'est les yeux qui brillent de façon anormale et qui sont blanchis un peu en fait.
- Speaker #1
Du coup, il y a une suspicion.
- Speaker #0
Du coup, au début... Il n'y a rien. Au début, inquiétude de mes parents, mais rien de la part d'un premier médecin qui dit non, non, c'est rien. Qui dit en plus, ça arrive, vous aviez peut-être ça quand vous étiez petite. Effectivement, elle avait ça quand elle était petite. Et deuxième médecin qui dit à mes parents qu'au contraire, c'est très grave et qu'il faut aller aux urgences à Pellegrin, même avant de passer à la maison prendre des affaires. Qu'il faut y aller vraiment tout de suite. Et il n'avait pas tort. J'avais, donc on m'a diagnostiqué à ce moment-là, un rétinoblastome bilatéral, donc un cancer de la rétine.
- Speaker #1
C'est quoi, c'est un truc fulgurant ?
- Speaker #0
C'est une maladie génétique qui est sur le chromosome 13, si je ne dis pas de bêtises. Donc tu vois, 13, est-ce qu'il faut croire ou pas ? Au vendredi 13, bref, voilà. Et en fait, c'est une maladie qui atteint l'enfant. Alors je n'ai plus les chiffres exactement de combien d'enfants sont atteints. Je pense qu'on... On peut peut-être l'afficher sur la vidéo si je te les envoie d'ici là.
- Speaker #1
Tu peux le dire à l'orage.
- Speaker #0
Mais je ne les ai plus, je n'ai plus les chiffres.
- Speaker #1
On essaiera de les retrouver.
- Speaker #0
On se le dit un peu. Mais ça a atteint pas mal d'enfants, c'est une maladie mortelle, qui l'était d'autant plus à l'époque où en fait je ne l'ai appris que récemment, mais j'avais 10% de chances de survie. Donc on a eu chaud, je crois que dans le jargon médical on peut dire qu'on a eu chaud au cul. On peut le dire comme ça je crois. On peut le dire grossièrement. Ça me va. Et en fait, la première décision à prendre, ça a été de retirer l'organe atteint. Donc l'organe atteint dans ce cas-là, c'est l'œil. Moi, le plus atteint, c'était l'œil gauche. Et il aurait fallu, en théorie, me retirer les deux yeux. Les médecins voulaient me retirer les deux yeux. Ma mère s'est opposée à ce qu'on me retire l'œil droit sur la base de je ne peux pas admettre qui a aucune chance et je ne peux pas admettre que, par ma faute, il descende avec la lumière et il remonte dans le noir. Elle ne voulait pas, et puis en plus, son instinct maternel, comment je vais savoir si mon gamin est triste ou pas, si je ne vois pas ses yeux, enfin voilà, des trucs qui s'entendent tout à fait.
- Speaker #1
Comment tu as exprimé tes émotions ?
- Speaker #0
Voilà, et puis elle avait l'impression de me retirer une chance, et quelque part, je ne peux pas lui donner tort, parce que j'estime vraiment avoir eu cette chance. assez folle de voir, même si j'ai mal vu pendant des années. C'est une chance extraordinaire, en fait. Je voyais un peu comme, tu sais, au début des films 007. Au début des films, t'as toujours l'agent secret qui te tire dessus alors que t'as rien fait. Je voyais un peu comme ça. Je voyais vraiment dans le barrel shot. Au milieu du petit rond. il fallait que je reconstitue tout le temps un puzzle avec mes yeux,
- Speaker #1
donc je regarde tout le temps ma chaîne droite à gauche donc ça ça t'arrive à 7 mois ?
- Speaker #0
ça ça m'est arrivé, je suis sorti de de ?
- Speaker #1
ouais on te retire du coup,
- Speaker #0
que je comprenne bien on me retire un oeil tout de suite, donc vers mes 7 mois après traitement pour comment, désactiver entre guillemets les tumeurs pour arrêter le cancer qui était présent à droite j'avais 3 tumeurs je crois dans l'oeil droit Et il a fallu me soigner, donc j'ai eu droit au menu Maxime Bestoff avec radiothérapie, chimiothérapie, cryothérapie, tout ce que tu veux, machin.
- Speaker #1
Donc on ne le retire pas, on essaie de traiter ?
- Speaker #0
On ne retire pas l'œil droit. Donc on désactive les tumeurs en gros sans me retirer l'organe.
- Speaker #1
Et là t'as quel âge ?
- Speaker #0
Et là je me mets 7 mois jusqu'à mes 1 an et demi, 2 ans par là.
- Speaker #1
Donc c'est hyper traumatisant pour...
- Speaker #0
Ah c'est très tôt, j'ai été un enfant hospitalisé.
- Speaker #1
Pour un corps qui se construit ? Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. Il y a beaucoup de choses qui sont à surveiller après, parce que quand tu es irradié, dans l'enfance, il y a des choses qui peuvent être très embêtantes. On aurait pu me flinguer l'hypophyse, il y a beaucoup de choses qui auraient pu arriver. Sur la croissance, ça peut avoir un impact. Tu peux créer des cancers rayons induits, induits par la radiothérapie. Il y a beaucoup de choses qui peuvent...
- Speaker #1
Et à titre préventif ? Est-ce qu'on est capable de déceler aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, on peut le déceler dans la période de grossesse. On peut tout à fait le déceler. Le seul problème, c'est qu'on ne le savait pas pour ma mère. En fait, quand on remonte génétiquement, c'est ma mère qui était porteuse de ce souci génétique. Mais on ne remonte pas avant elle. Donc en fait, personne ne le savait dans la famille qu'il y avait ce risque-là. On ne le savait pas. puisque personne n'est porteur avant ma mère dans les ascendants. Donc on ne pouvait vraiment pas le savoir et il n'y avait aucune raison de faire des recherches quand elle était enceinte. Et par la suite, j'y ai vu, même si c'était... Pas ouf, mais je voyais quand même les couleurs, les formes, les objets. En fait, je voyais tout à plat, parce que c'est les deux yeux qui font le volume, qui font la 3D. Je voyais comme si tu regardais une photo. Voilà, je voyais tout le temps à plat. Donc,
- Speaker #1
toi, tu as vu, je crois, jusqu'à 16 ans ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est ça. Donc, ce que tu disais, tu voyais un peu comme dans James Bond.
- Speaker #0
Ouais, ça.
- Speaker #1
Dans le générique.
- Speaker #0
Comme dans une paille, en fait. Vraiment comme dans une paille. Tu caches un oeil, tu caches l'oeil gauche et tu regardes dans une paille à droite.
- Speaker #1
Donc, ça t'a permis quand même de connaître. Un temps soit peu, la vue, et de peut-être mieux te familiariser avec ce que nous on va te décrire aujourd'hui.
- Speaker #0
Complètement. C'est-à-dire que je connais les couleurs, les formes, les objets, le ciel. Le fait instinctivement de lever les yeux et voir le ciel, quelqu'un qui n'a jamais vu ne vit pas ce truc-là. Tu vois, c'est un truc qui m'importe beaucoup. Les objets les plus familiers, un cheval, on y reviendra mais voilà. J'ai vu à quoi ressemble un cheval, il y a beaucoup de choses que je connais et que j'ai la chance de connaître.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que ça t'a aidé d'avoir vu avant pour mieux gérer ton handicap maintenant ?
- Speaker #0
Pour mieux gérer ma vie maintenant. Alors que toute ma vie.
- Speaker #1
Tu sais ce qu'on dit souvent, c'est que tu vois, moi je transpose avec le fauteuil, on dit c'est plus facile entre guillemets, évidemment il faut faire attention à ce que je dis. Vas-y, vas-y. Mais tu vois que c'est plus compliqué quand tu as un accident au cours de ta vie parce que tu as la frustration de choses que quelqu'un qui a eu un handicap moteur de naissance ne vivra pas. Et toi, tu me dis là au contraire que ça t'a quand même aidé parce que ça t'a permis de te familiariser avec peut-être, comme tu dis, le cheval qui a une place, on en reparlera. Et toutes ces choses-là qui font que tu as plus de matière. Donc ça a été certainement très dur, mais tu as plus de matière aujourd'hui pour pouvoir... Apprendre à transcender ce truc qui t'est arrivé.
- Speaker #0
Quand on dit que c'est plus facile de n'avoir jamais connu quelque chose, je trouve que c'est plus un discours de soignant, de médecin, de professionnel, de santé ou de technicien presque. Tu ne prends pas en compte la dimension humaine, l'individu dans son ensemble, le quotidien dans son ensemble. Quand tu dis un truc comme ça, parce que je vais prendre l'exemple de ce que je connais, la vision. Le fait d'y avoir vu, ça aide à quoi ? Oui, ça aide à connaître le monde, tout ça, mais ça t'aide à appréhender des choses instinctivement. Exemple, la distance et toi dans un monde, toi à l'intérieur du vaste monde. Par exemple, derrière toi, tu as le lit, toi tu es à peu près à 1m50, un peu plus, et le lit doit être à 2m50, 3m. va donner la différence, quand tu n'as jamais vu, entre 2 mètres et 3 mètres. Ou entre 2 mètres et 10 mètres. Il n'y a aucune différence, tu ne l'atteins pas avec le bras, tu n'atteins pas 2 mètres en tendant le bras. Donc quelqu'un qui n'a jamais vu, ne pourra pas appréhender la différence de distance aussi facilement que quelqu'un qui a vu et qui sait que derrière toi il y a le lit, derrière le lit il y a le mur, derrière le mur il y a la porte là-bas, au fond... En plus je te montre du doigt les trucs en plus...
- Speaker #1
Ouais on dirait qu'il voit la pièce... En fait ce qui est fou c'est que tu n'as pas la notion de la proprioception finalement.
- Speaker #0
Oui et puis toi dans l'espace, tu ne t'appropries pas nécessairement ton espace et toi dans l'univers, toi dans le monde. Donc ça pour moi oui c'est une chance complètement indiscutable d'y avoir vu, même si ce n'était pas de la 4K Full HD. Mais je voyais quand même suffisamment pour... pour savoir à quoi ressemblent les choses et pour me situer dans ce monde. Moi qui suis sportif depuis, d'autant plus,
- Speaker #1
ça t'a aidé.
- Speaker #0
C'est un bénéfice indéniable, c'est sûr.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant ce que tu dis. C'est hyper intéressant. Je vais faire une transition sur quelque chose qui n'a rien à voir, mais on avait été brunchés, je crois d'ailleurs, c'est la première fois qu'on s'est rencontrés physiquement, je crois.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est simple que ça ait fait ça.
- Speaker #0
Possible, je crois.
- Speaker #1
On se posait la question au début de l'interview. Effectivement on a été brunché ensemble, on peut dire le nom là, c'est à côté de Sainte-Catherine Un truc de brunch kama je crois
- Speaker #0
C'est possible,
- Speaker #1
c'est fort possible Invitez nous on a envie de manger Mais non ce qui est génial c'est qu'on s'est rencontré à ce moment là Donc moi j'ai appris à me découvrir, on avait déjà un petit peu échangé sur les réseaux Et je me souviens t'avoir posé la question parce que j'avais peur d'être maladroit Et je t'ai posé la question, je m'excuse d'avance si je suis maladroit mais je te la poserai quand même Et je pense que c'est important aussi que t'en parles, alors là ça se voit peut-être pas à la caméra, peut-être que tu pourras tourner la tête d'un côté ou de l'autre, et en fait je t'ai demandé pourquoi tu es un petit peu creusé au niveau de tes yeux et j'avais peur en fait que... d'être hyper malaisant ou maladroit et tu as accueilli le truc vachement cool et je trouve ça bien d'en parler parce qu'en fait c'est la conséquence finalement de ce qui t'aurait peut-être évité de perdre la vue.
- Speaker #0
C'est la conséquence des rayons en fait. C'est pour répondre très rapidement mais autour des yeux et autour de beaucoup voire tous les organes, on a un type de cellules grasses qui maintiennent en fait le volume et qui protègent, c'est en gros le papier bulle des organes. Et les rayons ça crame ce papier bulle. Donc c'est pour ça que quelqu'un qui a eu des rayons est parfois creusé de façon caractéristique. C'est aussi pour ça qu'on a parfois du mal à me donner un âge. Parce qu'au niveau des yeux, j'ai cette partie un peu creusée. Et c'est une partie un peu caractéristique des personnes qui ont été traitées pour le rétinoblast. C'est un truc, tu as souvent les yeux un peu creusés.
- Speaker #1
En fait, ce n'est pas une malformation de l'essence, c'est la conséquence de ces rayons.
- Speaker #0
Exactement. Et alors, il y a une deuxième chose, c'est que j'ai eu... quand on m'a retiré l'œil gauche, une erreur médicale, qui fait qu'on m'a pas mis le bon matériel. En gros, je vais pas aller dans le gore, mais on m'a traité avec certaines choses taille adulte, alors que j'étais un enfant. Donc ça m'a bousillé les paupières, qui ont pas été protégées correctement, qui ont été brûlées en plus par les rayons. Enfin bref, plusieurs choses. Donc j'ai dû, pendant plus de dix ans par la suite, avoir des opérations régulières de reconstruction faciale. D'accord. Donc, ce qui fait que j'ai eu besoin de me faire opérer à chaque vacances scolaires quasiment. Enfin voilà, mon parcours médical ne s'était pas arrêté là, vraiment loin de là. J'ai eu beaucoup, beaucoup d'interventions dans ma vie. Et c'est aussi pour ça que j'ai un visage un peu caractéristique.
- Speaker #1
Est-ce que du coup, le fait de porter des lunettes, ça protège quand même tes paupières, tes yeux ?
- Speaker #0
Alors, pas dans le sens que je viens de te décrire, mais depuis mes 16 ans, j'y vois plus. Sauf que j'ai une perception lumineuse parce que j'ai perdu mon restant visuel suite à un décollement de rétine. Et malheureusement, c'est comme si un fil était mal branché, était un peu faux contact. Donc il y a des fois où une petite lumière va être très très douloureuse et des fois où une grosse lumière, je vais même pas l'apercevoir. Donc malheureusement, il y a des fois où la lumière est très très douloureuse. Et c'est pour ça que j'ai souvent des verres, enfin tout le temps d'ailleurs, des lunettes de soleil. La plupart avec des verres très très sombres pour me protéger de cette agression lumineuse, on appelle ça de la photophobie.
- Speaker #1
D'accord. Est-ce que tu étais préparé à l'idée de perdre l'âge ? Oui. Du coup ?
- Speaker #0
Oui, et plus j'ai avancé en âge, plus j'y ai été préparé. Et je me suis rendu compte que mes proches l'étaient moins que moi. Et quand je dis mes proches, je veux dire même l'entourage médical, toute l'équipe qu'on était. J'étais peut-être celui qui était le mieux préparé. Ouais, complètement. J'ai eu des petits avertissements avant, j'ai eu mon oeil qui m'a fait des trucs un peu bizarres avant, pendant une ou deux semaines je me suis mis à voir très flou, alors on n'a pas trop compris pourquoi et finalement c'est revenu, pourquoi pas. Et à ce moment-là un médecin m'a dit, c'est un ophtalmo, pendant un rendez-vous avec ma mère à côté, il a commencé à me dire Ouais mais alors c'est peut-être à cause du cheval, parce que j'avais commencé à monter les chevals, c'est peut-être à cause du sport, il va peut-être falloir que tu réduises un peu. Et là j'ai posé la question la plus innocente qu'un enfant puisse poser, j'avais je pense 12 ans, 13 ans. J'ai demandé, ben pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi faut que je réduise un peu ? Et on m'a répondu, ben si tu veux continuer à voir un petit peu, va peut-être falloir que tu te ménages, que tu réduises, ouais que tu protèges ton oeil. Donc là en fait ce qui était dans la balance c'est soit j'arrête de vivre pour voir, soit j'arrête de voir parce que je vis. Ben le choix il est fait. Il est fait, je vais pas rester dans mon fauteuil à espérer peut-être voir un peu plus longtemps pour voir les autres vivre leur vie, mais moi ne pas vivre la mienne. Donc ça pour moi c'était hors de question. Le choix était fait, quelle que soit la décision qu'aurait pu prendre ma mère ou quoi, moi mon choix était, enfin ma décision elle était là quoi. Et heureusement j'ai eu beaucoup de chance d'ailleurs, on en parle peut-être pas assez dans nos parcours, mais l'entourage a une importance capitale. Et là je sais que j'ai eu beaucoup beaucoup de chance d'avoir... d'avoir ma famille autour de moi, d'avoir mes proches aussi qui étaient d'accord avec le fait que je sois un peu un fou furieux qui aime tester des choses
- Speaker #1
Et là donc, toi, dans ta jeunesse, tu pratiques du sport et dans le sport, tu pratiques beaucoup, même encore aujourd'hui je crois où tu as, je pense, mille anecdotes à nous raconter c'est que tu fais de l'équitation à 12 ans
- Speaker #0
J'ai commencé à monter à cheval à 12 ans alors pour la petite... petite histoire, ça faisait plus d'un an qu'on cherchait un club. Suite à une initiation que j'avais fait avec un institut spécialisé qui avait eu pendant une journée, réussi à mettre en place une journée à thème avec un club équestre qui nous avait donné un cours le matin et l'après-midi on était en visite avec les autres cavaliers et cavalières qui montaient là-bas et qui nous ont présenté leur show, etc. Donc c'était un moment vraiment entre jeunes, peu importe le fait de voir ou pas, machin de ça, on était vraiment entre nous et c'était hyper cool. Et le soir même, j'avais cette envie de m'inscrire régulièrement, donc j'ai un peu lâché le morceau à ma mère, et je pensais qu'elle me dirait non, bah non, au cher, pas possible, machin, et en fait non, elle m'a suivi, elle m'a dit bah vas-y, ok. Donc elle a essayé de rappeler le club où on avait été, et ils lui ont répondu, non non, c'était une journée comme ça, en fait on ne peut pas, on n'est pas formé, pas équipé. Et cette litanie de pas formé, pas équipé, on y a eu droit pendant un an. où elle a essuyé les refus, alors elle m'en parlait pas, donc je pensais même qu'elle avait oublié, qu'elle avait laissé tomber le truc, et en fait non, elle cherchait, et elle se faisait refuser, refuser, refuser. Jusqu'à une fois où elle a essayé un club qu'on avait pas du tout envisagé, c'était une écurie un peu chère, à l'époque, un peu bien placée, en plein Boulogne, Boulogne-Biancourt, la CBB, je les embrasse très fort à l'époque.
- Speaker #1
Mais attends, mais c'était de Bordeaux !
- Speaker #0
Alors on habitait à Paris à l'époque. À ce moment-là, on a fait Bordeaux, Paris, on a déménagé pour mes soins médicaux à l'époque. D'accord. Et ensuite, on est redescendu plus tard à Bordeaux. C'est vrai que j'aurais dû te...
- Speaker #1
C'est très bien....
- Speaker #0
te briefer là-dessus. Après mon brevet des collèges, on est redescendu à Bordeaux. Et donc, ce club qui n'avait jamais eu d'expérience avec le handicap, le patron, Stéphane, nous a reçus dans son bureau. Il a dit, moi j'ai envie d'essayer. On va juste se découvrir tous ensemble. Donc on va voir. On était en cours d'année scolaire, donc on était en janvier. Il m'a dit, on va commencer en cours particulier. Ça sera un peu plus cher, désolé madame. Mais au moins, vous allez tous pouvoir, enfin on va tous pouvoir se rendre compte de ce qui est possible ou pas. Donc je montais toujours le même cheval. Il n'y avait que moi dans le manège. Et au final, ça s'est très bien passé. J'ai même pris ma première gamelle.
- Speaker #1
T'as ramené le gâteau ?
- Speaker #0
J'ai pas ramené le gâteau parce que j'avais pas trop de copains là-bas encore à qui le partager donc non j'ai pas ramené le gâteau.
- Speaker #1
Découper les parts c'est galère.
- Speaker #0
Mais attends on a eu mieux que le gâteau. Ouais. On a eu mieux que le gâteau parce que je suis tombé le 23 juin 2004. Ma mère était enceinte jusqu'aux yeux, elle m'a vu tomber, elle a couru en me voyant tomber et le soir même le travail avait commencé et dans la nuit 24 juin à 3 heures du matin en plus, ma petite soeur est née. Donc elle est née le lendemain de ma première chute. Voilà, petite histoire un peu sympa.
- Speaker #1
C'est fou.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'est fou. Moi je te raconte une anecdote qui est... Le principe évidemment de Confidence c'est de parler de toi, mais c'est aussi marrant de voir les connexions, parce que je suis pas sûr que tu le saches.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
C'est que j'ai grandi dans un centre de casse.
- Speaker #0
Tu m'en avais parlé, mais pas...
- Speaker #1
Et en fait, il y a plein de choses que tu me dis qui me rappellent, moi, déjà, un, mon enfance. Parce que mon père avait un centre équestre.
- Speaker #0
Alors pour que tu saches, pour le gâteau, c'est que oui, ça ne m'étonne pas trop.
- Speaker #1
Je ne pensais pas à nous, j'ai demandé s'il y avait le gâteau. Effectivement, c'était la tradition, c'est qu'il y avait quelqu'un qui se cassait la gueule, il ramenait...
- Speaker #0
Quand c'est un enfant, c'est le gâteau, quand c'est un adulte, ça peut être l'apéro aussi. On n'est pas, on est arrangeant.
- Speaker #1
Ouais, après mon père ne boit pas, mais... Mais du coup je pense que c'est plus le gâteau qui l'intéresse. Mais pour parler un petit peu de ça, c'est vrai qu'il y avait le centre équestre de mon père, il y a mon frère qui avait repris le centre équestre de mon père, ils ont travaillé pendant des années ensemble, et on a nous aussi accueilli, je vous souviens, donc à l'époque, avant même que je sois concerné par le handicap, des personnes en situation de handicap, mais plus cognitives et assez chics, des autistes, etc. Et en fait, sans m'en rendre compte, c'est ça aussi qui est cool d'en parler là, c'est que ces connexions qu'on est en train de créer, de cet échange, c'est que je me rappelle de choses qui en fait étaient sous mes yeux, sans mauvais jeu de mots encore une fois, là par moi je ne l'ai pas fait exprès, mais qui en fait...
- Speaker #0
Qui ne faisaient pas attention.
- Speaker #1
J'y faisais pas attention parce que j'étais un enfant, tu vois.
- Speaker #0
Et c'était normal.
- Speaker #1
Et je trouve ça fou de voir ces connexions, et effectivement l'équitation elle a eu une place... très importante dans la vie de ma famille, dans la mienne, même si moi j'ai privilégié d'autres sports pour le coup. Et pour parler de toi et pour revenir à toi, donc toi à 12 ans, tu commences à cheval, t'as un coup de cœur pour l'équitation ?
- Speaker #0
Ouais, j'aimais déjà les chevaux sans trop savoir pourquoi, j'avais déjà eu quelques contacts, des petites balades à poney comme ça, tu peux faire quand t'es enfant, mais j'avais très envie, et puis oui, dès que j'ai commencé c'était foutu, vraiment, j'étais dedans à mort. à 200% et j'avais quelques copains qui montaient à cheval à Poney à l'époque aussi On a vite créé un petit noyau où on en parlait entre nous, on rêvait un peu.
- Speaker #1
Et ces personnes-là n'étaient pas du coup en situation de handicap ?
- Speaker #0
Certaines, si. J'avais notamment une amie qui a eu la même maladie que moi d'ailleurs, qui elle est restée malvoyante je crois, il me semble qu'elle a gardé un peu de son restant visuel. Mais bref, elle a commencé à monter avant moi. C'est peut-être un peu de sa faute aussi d'ailleurs, à force d'en parler, où j'étais accroché au fait que c'était possible. Juste, si tu me permets, tu as dit un truc tout à l'heure, que j'aimerais beaucoup revenir dessus, quand tu dis j'avais ça sous les yeux et je ne m'en suis jamais rendu compte en parlant de la différence, du handicap, je trouve que c'est hyper important et c'est un truc, tu vois, où je pense que j'ai été ça pour beaucoup de gens, à l'école notamment. Tu vois, le fait d'avoir été dans des écoles ordinaires, avec des élèves qui ne sont pas nécessairement en situation de handicap, et ça c'est un truc que je trouve très important vraiment, dans la vie aujourd'hui, d'être confronté à la diversité, à tout type de profil, vraiment, et là on parle de handicap, et je crois qu'on peut parler de tout en fait, c'est un truc exceptionnel, c'est-à-dire que pour beaucoup de gens, c'était plus un truc extraordinaire. Je t'ai amené un petit truc pour servir d'exemple un peu. Ça, petite machine avec laquelle je peux écrire moi. On dirait que tu vois la caméra.
- Speaker #1
C'est pile en face.
- Speaker #0
Le clavier d'Azerti qui est là.
- Speaker #1
Mais là en face.
- Speaker #0
Vous avez le clavier d'Azerti qui est ici, que tout le monde connaît, mais en dessous, personne ne connaît ça. Et en fait, ça, c'est mon écran à moi. C'est une plage en braille. Alors là, il est éteint, donc tout est sorti. Mais au moment où on écrit des choses, je peux l'allumer pour l'exemple. Vous allez voir que certains points sont actifs. et d'autres le sont pas. Et ça, ça me permet de lire. Là, il est en train de se mettre en route, donc je lis un magnifique starting. Donc là,
- Speaker #1
tu lis avec...
- Speaker #0
Petit point qui bouge. Ouais.
- Speaker #1
Là, je dis, on appelle ça déjà le braille.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Là, c'est en braille.
- Speaker #1
Là, tu sais ce qu'il se passe.
- Speaker #0
Et là, je sais ce qu'il se passe.
- Speaker #1
Tu sais ce qu'il se passe parce que là, je vois des lettres.
- Speaker #0
Là, il y a écrit éditeur, parce que c'est mon premier... C'est mon premier... Ouais, là, c'est l'équivalent du bloc-notes. Si je clique, là, ça me met... Voilà, là, ça m'écrit un fichier. Alors là ça me donne le nom de mon iPhone parce qu'il vient de se connecter à mon téléphone.
- Speaker #1
En fait c'est ton écran.
- Speaker #0
Voilà ça c'est mon écran.
- Speaker #1
Et comment t'arrives à en...
- Speaker #0
Et en fait avec ça, on peut étudier aujourd'hui, on peut travailler aujourd'hui de façon tout à fait... En plus là je te fais un truc, j'utilise à l'envers donc c'est assez...
- Speaker #1
Et ça c'est un PC du coup, sans écran. Ça c'est pas un PC. Du coup t'es pas emmerdé quand l'écran est pété.
- Speaker #0
Alors je suis pas emmerdé quand l'écran est pété, c'est pas l'équivalent d'un PC, ça c'est plutôt l'équivalent d'un... Comment te dire, c'est un bloc-notes braille qui peut faire moniteur, qui peut faire écran en braille. Donc c'est un petit bloc-notes à l'intérieur, ça remplace le crayon et le papier en plus high-tech. Et en fait, t'as plein d'enfants qui ont eu ça à côté d'eux, qui ont eu un gamin qui, au lieu d'écrire au stylo, tapait comme ça pour prendre ses cours. Voilà, et qui lisait avec ses doigts. Et pour plein d'enfants, ça a été normal. Pour plein de profs aussi, pour d'autres, ça l'a été un peu moins. On peut y revenir après, mais en termes de difficultés, ça a parfois été compliqué. Mais je pense que le plus, tu vois, on est présent tôt dans la vie des gens, et de façon normale, ordinaire, le plus tu auras des gens qui sortiront la même phrase que tu as sortie, qui me paraît hyper importante. De dire en fait, j'avais ça sous les yeux, j'ai côtoyé ça toute ma vie, et je n'y ai même pas fait attention, je pourrais même compléter en disant tellement c'était normal, tellement c'est ordinaire. Et c'est ça que je trouve génial en fait.
- Speaker #1
Moi ce que je trouve super juste en fait là-dedans, c'est de mettre les gens en confrontation. Ouais. Et de les interpeller. En fait c'est tout le principe de confidence. Et en fait ce qu'on est en train de créer là, ça a tellement de valeur pour beaucoup de choses. Parce que... Parce que... Tout résonne en fait. Tout résonne et... Je sais pas, je pense qu'il n'y a pas de... Au plus tôt, je pense que c'est toute la vie qu'on doit investir tous les pans de la société. Et qu'on est là pour le faire, qu'on est là pour le montrer. On se donne les moyens de le montrer. Et Dieu sait qu'on se casse plus. Et qu'on travaille comme des malades pour que ce soit le cas. Mais parce que des témoignages comme le tien, comme tous ceux qu'on a eu déjà depuis le départ, et tous ceux qu'on aura, ils sont essentiels. Et je suis convaincu de ce qu'on est en train de créer là ensemble. Parce que, encore une fois, je le répète, je suis le point d'ancrage. Je suis le point de départ de tout ça, mais ce qui fait la consistance et la valeur de tout ça, c'est les valeurs fédératrices qu'on partage.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et c'est finalement tous les gens qui donnent un engouement à tout ça.
- Speaker #0
Et puis même vous, vous qui nous regardez, ça passe par vous. C'est les partages, c'est les avis, c'est vous qui avez une grosse partie de l'événement.
- Speaker #1
Et c'est un aveu qui vous le dit.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Regardez les vidéos. Non mais c'est génial Salim, je pense que c'est... hyper compliqué parce que tu vois je vois qu'on est déjà à 41 minutes on est déjà à plus de 40 minutes d'interview et je pense qu'on pourrait parler avec toi pendant 3 heures donc moi j'ai envie de revenir un petit peu sur l'équitation et notamment bah voilà du coup t'as perdu la vue à 16 ans, comment ça se passe cette bascule et est-ce que tu continues après ?
- Speaker #0
Alors il s'est passé beaucoup de choses entre les 12 et les 16 ans, déjà j'ai eu mon brevet donc j'ai déménagé, on était à Paris à l'époque On a déménagé de Paris à Bordeaux, retour aux sources, je suis né à Bordeaux, on a commencé notre vie à Bordeaux. Et j'avais déjà un an de... Non, j'avais pas encore un an de lycée, j'avais une demi-année de lycée, on va dire. Si, moi quand j'ai perdu la vue, si, j'avais un an de lycée dans les pattes. J'avais ma seconde qui était déjà faite. J'ai commencé la compétition en 2008. Alors pour rassurer tout le monde, entre guillemets, j'étais en... En handisport, dans la catégorie des non-voyants, légitimement, parce que je ne voyais pas plus loin que le bout du nez de mon cheval, on va dire. Vraiment, ce que je voyais ne me servait pas à grand-chose à cheval. Et c'est déjà, je te donne une partie de la réponse en fait. C'est-à-dire que je n'y voyais pas assez pour que ça soit clairement utile à cheval de toute façon. Même dans les déplacements, je me déplaçais déjà avec une canne et j'avais déjà appris à lire en braille. C'est-à-dire que ça me demandait beaucoup trop de concentration de lire. avec mes yeux voilà et puis il fallait il aurait fallu que j'écrive beaucoup trop gros il fallait que tu ailles plus vite voilà donc plus efficace plus rapide et plus c'était plus intelligent de m'apprendre à lire en braille dès le début c'est ce qui a été fait et ça c'est cool quand j'ai perdu la vue donc ça s'est fait à peu près en une semaine pendant l'été 2008 2009 et en fait j'ai senti les choses régresser assez vite En l'espace d'à peu près une semaine, on était en vacances au Maroc, on allait très souvent. On avait une maison de famille là-bas, c'était la maison de mes grands-parents, qui nous accueillaient tous les étés. C'est le moment qu'ils attendaient le plus de l'année, je pense avec impatience. On attendait tous aussi.
- Speaker #1
T'as des frères et soeurs ?
- Speaker #0
J'ai une soeur, alors du côté de mon père, oui, j'ai plusieurs frères et soeurs. J'ai une soeur et deux frères. Et du côté de ma mère, avec qui j'ai vécu, j'ai grandi, j'ai ma petite soeur, qui est née le jour de ma première chute de cheval notamment. Et c'est plutôt... avec elle qu'on allait chaque année, chaque été chez mes grands-parents, côté de ma mère. Et donc en une semaine, il y a des petits détails, tu sais qu'au début, tu ne le vois pas directement, tu ne te rends pas compte, tu as l'impression que quelqu'un s'amuse à te faire des vannes, à déplacer les objets, dit mince, attends, c'était pas là ça, ou je n'avais pas compris que c'était là. Alors que rien n'a jamais bougé, enfin tu vois, des trucs où toi tu es moins précis. Et puis petit à petit, tu réalises que les couleurs, sont pas aussi fidèles et précises que dans tes souvenirs. En fait, perdre la vue ou des trucs qui régressent un peu, c'est pas comme une télé où tu vois tout de suite qu'elle est abîmée, parce que le cerveau derrière, il essaye de compenser. Il y a des fois où le cerveau a l'impression qu'il voit clair, en fait non, l'œil de devant ne voit pas clair. Donc il y a eu des petites choses comme ça, et pour la petite histoire, on avait l'habitude chaque année d'aller faire du karting, un petit peu, c'est un peu notre moment de fun là-bas, donc même si j'y voyais pas bien, oui, je faisais du karting à l'époque. C'est le circuit un peu par coeur. Et en sachant que j'étais en train de perdre la vue, j'ai fait un truc que je ne fais jamais. J'ai demandé de façon un peu insistante à ce qu'on aille faire du karting. Parce que j'avais compris que c'était peut-être la dernière fois.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et ça a été complètement nul parce que personne n'avait suivi le mouvement. On y avait été à deux, ça n'avait pas été terrible. Bref, c'était pas fou. Je ne garde pas un super souvenir, mais j'avais envie de vivre ce moment une dernière fois. Effectivement, une semaine, j'ai perdu la vue. où à force c'était plus...
- Speaker #1
La bascule s'est faite sur une semaine ?
- Speaker #0
A peu près une semaine, oui. C'était un flot lumineux au final. Comme si tu regardais à travers une vitre...
- Speaker #1
Qui est-ce qui......pouille de quoi, tu vois. Qui est-ce qui... Enfin, t'étais prédestiné du coup à faire de la ville dessus ?
- Speaker #0
Oui et non. C'était un décollement de rétine. Mon oeil était très fragile avant. Donc jusque-là, suite aux tumeurs qui tiraient dessus, tout ça, c'était très compliqué. Et j'ai fini, ouais, par... perdre ce restant visuel suite à la fragilité de mon œil. C'est ça qui a fini par se passer. Et pardon, il y a un truc que je ne t'ai jamais dit non plus, mais je ne l'ai pas dit ça au début. Quand j'ai perdu la vue, je ne l'ai pas dit. Je n'ai pas raconté ça à mes parents, je n'ai pas inquié. J'ai caché le fait que j'avais perdu la vue.
- Speaker #1
Pour ne pas les inquiéter ?
- Speaker #0
Pour ne pas les inquiéter, parce que c'était l'une de leurs fiertés, en fait. Ils s'étaient battus très très fort. C'était l'un des choix initiaux de ma mère dans mon traitement, que je puisse voir le plus longtemps.
- Speaker #1
Donc t'as 16 ans à ce moment-là quand tu l'as ?
- Speaker #0
J'ai 16 ans à ce moment-là. Wow. Ouais, ouais, ouais. Donc au début je ne l'ai pas dit. Et j'ai même continué à mettre... Mes lunettes corrigées pour essayer de bluffer. Pour essayer de faire croire que... Et une fois je me suis fait avoir parce que j'avais deux paires de lunettes identiques. Sauf qu'une était corrigée solaire et une était corrigée pas solaire. Et je me suis fait eu bêtement un matin d'octobre. Je suis parti alors qu'il faisait nuit et encore le matin. Avec mes lunettes de soleil.
- Speaker #1
Oh putain !
- Speaker #0
Et c'est mon beau-père à l'époque qui me dit qu'est-ce que tu fous ? Je dis ah bon, là j'ai pas le temps, je vais prendre mon bus, mais on discute en rentrant ce soir. Et donc, bizarrement, j'ai dû tenir la main à quasiment tous ceux à qui je l'ai annoncé en fait. C'est moi qui les ai rassurés, y compris les médecins. J'ai interrompu un médecin qui parlait dans son dictaphone pendant que je venais de lui dire, et je l'ai interrompu quand il parlait d'échec thérapeutique.
- Speaker #1
Et comment t'as accueilli le truc toi ? Tu te dis c'est la bascule pour... Faut qu'on avance quand même.
- Speaker #0
Ah bah oui, ça saoule, en vrai c'est triste. Tu veux que je te dise tout ? Tu veux tout savoir ?
- Speaker #1
Je veux tous les détails mec. Tu veux tous les détails ?
- Speaker #0
Quand t'es ado, quand t'as 16 ans, t'imagines bien quoi tu peux penser. Y'a plein de choses auxquelles je me dis c'est triste, je pourrais plus les voir. Ok ? Donc je suis enceint, j'avais déjà vu une jolie fille par exemple, je me dis c'est triste, je pourrais plus voir une jolie nana. Ouais. les jeux vidéo, je vais dire ouais, c'est chiant pour la petite histoire, j'ai plus joué aux jeux vidéo depuis, pendant très longtemps parce que pour moi c'était oui faisable, mais il manquait tellement tout il manquait tellement tout le côté visuel qui était trop cool, tu peux plus jouer à GTA, tu peux plus jouer à Spider-Man j'étais hyper triste de ne plus pouvoir jouer à tout ça, donc j'ai un peu laissé certains domaines de côté et puis j'ai appris à vivre autrement certains autres domaines Domaine de la drague par exemple, t'apprends que tu peux draguer autrement. Beaucoup de choses où tu te dis, en fait on peut vivre autrement, le sport aussi. J'ai commencé à écrire à ce moment-là, j'ai beaucoup écrit. Il y a plein de choses que tu apprends à faire autrement. Et en fait, où tu te dis, la vie elle est là, elle continue. Et je me suis rendu compte que j'étais moins fatigué à essayer d'interpréter une image qui n'était pas agréable. Et où j'ai appris à écouter plutôt qu'à regarder. je me suis mis à faire du skate, je me suis mis à faire des trucs un peu cool et juste en écoutant tu vois
- Speaker #1
Et t'as, t'as l'air, sinon t'es oublié je te faisais la question mais comment ça se fait que tu te mettes autant de défis parce qu'en fait ce que on n'aura pas, je pense que Salim, si on fait un million de vues tu auras besoin mec parce que c'est ouf en fait Salim ce qu'il faut bien comprendre c'est que l'âge il m'oriente cette discussion J'essaie de suivre ma même...
- Speaker #0
Il faudrait une journée pour tout...
- Speaker #1
Ouais, il faudrait tout une journée, je pense même que c'est pas assez. Mais en fait, Salim, il faut quand même prendre en compte que Salim, donc déjà, t'as écrit ton livre, donc là, on va pouvoir faire la promotion, t'as écrit un bouquin, on peut le trouver où ?
- Speaker #0
Il est partout, partout, on peut le trouver encore partout. Le titre, c'est L'impossible est un bon début. Pourquoi ce titre en deux mots ? Mais à chaque fois que j'ai voulu essayer un truc dans ma vie, que ce soit le cheval, d'autres choses... j'ai toujours quelqu'un pour commencer par me dire que c'est pas possible. Et pour moi, c'est impossible qu'on me met en face en réponse à tout ça. En général, c'est le point de départ de quelque chose. J'ai envie de me demander pourquoi c'est pas possible et surtout comment on peut faire pour que ce soit possible.
- Speaker #1
C'est une merveilleuse transition parce que, en fait, ce que je voulais dire, c'est que Salim, tel que vous le voyez, il a fait mille choses de plus que vous tous, Salim, dans toute votre vie.
- Speaker #0
Non, peut-être pas quand même.
- Speaker #1
C'est un truc. On va revenir dessus. Écitation. T'as fait du haut niveau ?
- Speaker #0
Du haut niveau en handisport, oui. Pas en valide, parce que pour la petite histoire...
- Speaker #1
Je vais juste lister tout ce que t'as fait, parce qu'il y a tellement de choses, et après on revient en détail sur des choses, mais on pourra pas tout faire. Pas de soucis. Donc Salim, il montage sur un haut niveau. Il a écrit un bouquin. Il fait des conférences. Oui. T'as fait de la télévision.
- Speaker #0
Je fais toujours de la télévision.
- Speaker #1
Tu fais toujours ? On s'était rencontré, tu m'avais interviewé sur Yahoo.
- Speaker #0
C'est chez moi, c'est Yahoo.
- Speaker #1
Ça s'appelle comment déjà l'émission ?
- Speaker #0
L'émission c'est différent, alors différent, différente.
- Speaker #1
Il y a ça, Salim, il parlait de jeux vidéo, il rejoue aux jeux vidéo.
- Speaker #0
Je joue aux jeux vidéo depuis...
- Speaker #1
Il ressent les choses, peut-être on... je sais pas si on le rend en vrai. Il a piloté des avions les gars. Ouais,
- Speaker #0
une association qui s'appelle les Mirovolants, qui permet aux non-voyants et aux malvoyants de prendre des cours de pilotage.
- Speaker #1
T'as fait du skate ?
- Speaker #0
J'ai piloté.
- Speaker #1
Et attends, faut que je regarde mon téléphone.
- Speaker #0
Tu sers, qu'est-ce que, quoi te dire, une armure aussi, on a fabriqué avec ma chérie une armure d'Iron Man.
- Speaker #1
Oui parce que tu fais de la 3D.
- Speaker #0
Parce qu'on fait de l'impression 3D, ouais.
- Speaker #1
Et c'est fantastique.
- Speaker #0
Et c'est hyper cool.
- Speaker #1
Il voit pas, t'es fan des Avengers ?
- Speaker #0
J'adore, ouais.
- Speaker #1
Moi je suis fan. Moi aussi. Bah la preuve c'est que t'as des rêves de ouf depuis. Et attends, je vais juste revenir, parce que je t'avais demandé une toute petite prés, même si je te connaissais. Et même moi j'avais oublié, attends, on a oublié aussi un truc hyper important. Mais tu vois... Toi-même t'oublies tellement d'héto ! Il a été kiné ?
- Speaker #0
Oui, de formation oui, je suis kiné, j'ai exercé quelques années.
- Speaker #1
Je sais pas si vous vous rendez compte là ! Je sais pas si on se rend compte de la normandie de fagas Un truc hyper cool aussi,
- Speaker #0
je devrais le mettre dans tous mes CV, euh Burger Quiz,
- Speaker #1
j'ai fait Burger Quiz Mais non ! Si !
- Speaker #0
Tu savais pas ?
- Speaker #1
Non je savais pas Ah bah écoute La mise au nul, on les embrasse très très fort Farouk Diak il viendra peut-être un jour Ça serait bien Qui a une sclérose en plaques et c'est quelqu'un que j'aimerais beaucoup avoir Ouais, ça serait extraordinaire Parce que tu vois c'est aussi ce qu'on est en train de créer là Ouais Toi t'as pris ta place, t'as été là à chercher parce que t'as fait mais je pense que c'est hyper important d'investir aussi, on parlait de tous les points de la société, mais aussi le milieu télévisuel, etc. parce que ça nous donne des moyens dont on a besoin pour faire parler la différence. C'est vrai. Il y a des gens qui l'incarnent très bien, et tu en es la preuve, et de ce qu'on est en train de créer là avec Confidence, on est au quatrième épisode, je ne sais pas où ça va nous mener, mais même si j'ai un petit peu une idée... Très loin. Très loin. Mais tu vois, c'est hyper important. de parler de ces sujets-là. Et Dominique Farugia, par exemple, il a une skill rose en plaques, et c'est quelqu'un que j'aimerais bien faire venir parce qu'effectivement, il a cette notoriété, même si je veux donner la parole à des gens.
- Speaker #0
C'est une génération, Dominique Farugia,
- Speaker #1
c'est pas un bon moment. Il y a une déconnexion entre les personnes qui ont une expérience, qui ont un vécu, qui ont vu le monde évoluer, et nous, plus jeunes, où on prend un peu le relais.
- Speaker #0
Et pour revenir sur Burger Quiz, c'était pas Alain Chabat qui avait animé ce jour-là, c'était Anne de Petrigny, on avait beaucoup rigolé, vraiment, c'était incroyable. J'étais avec Maurice Barthélémy et Thibaud de Montalembert dans mon équipe. Truc incroyable. Et j'ai tout fait pour les dégoincer. Mais dégoincer tout le monde, le public y compris, avec des vannes...
- Speaker #1
On en parlait tout à l'heure,
- Speaker #0
c'est hyper important. On fait des clins d'oeil, je disais pourquoi j'ai pas le droit aux clins d'oeil. Enfin tu vois des trucs. Et j'ai essayé de... On a emmené tout le monde là-dedans jusqu'à la vanne ultime qui n'en était pas une. Mais où entre les deux candidats, c'est le mec qui voit pas qui repart avec une Jeep. J'ai gagné la Jeep !
- Speaker #1
Mais non !
- Speaker #0
C'est vrai. Donc j'ai dit à l'Hachabat, je lui ai dit, est-ce que c'était pas la meilleure van à faire ? Que ce soit le Miro qui en parlait avec la bagnole. Bref. C'était vraiment un truc incroyable. C'était le super bonus. Mais ce moment était incroyable. Vraiment. Je suis juste hyper heureux qu'on ait pu vivre un truc pareil sur une émission qui est hyper populaire comme ça. Je pense qu'il faut qu'on soit partout vraiment et que ça soit naturel.
- Speaker #1
Il faut qu'on le monte pour que les gens se disent Ah ouais peut-être pour leur donner la chance parce que ces gars-là, ils disent ces gars-là mais c'est impersonnel, c'est...
- Speaker #0
Oui oui oui, c'est gens.
- Speaker #1
On incarne le truc quoi. Et en fait il y a plein de gens qui incarnent toute leur cause et ces gens-là à qui on doit donner le pouvoir parce que ces gens-là en fait à travers leur vécu ils ont tellement de choses à nous partager, à nous témoigner, pour nous sensibiliser, pour nous transmettre de l'info. Enfin je trouve ça... dantesque. Et le travail, c'est le collectif. Et c'est tout ce qui est en train de se passer là.
- Speaker #0
Et je pense qu'on aura gagné quelque chose. C'est pas le tout de parler, d'avoir la parole, de dire que c'est important d'avoir la parole. Parce que donner la parole à quelqu'un, quelque part, je dirais que c'est facile. Ce qui est vraiment compliqué, et ce qu'il faut vraiment réussir à faire, c'est pas seulement de libérer la parole de ceux qui ont quelque chose à dire. Nous, avec La Différence, etc., il y a plein de sujets pour lesquels ça peut s'appliquer, je pense. Mais c'est aussi de libérer, et c'est surtout de libérer l'écoute de ceux qui peuvent agir dessus. Libérer la parole, c'est un peu facile de mettre la responsabilité du changement sur ceux qui ont la parole et qui auraient quelque chose à dire. Je pense que la responsabilité, elle est beaucoup sur ceux qui écoutent cette parole et qui ont quelque chose à faire.
- Speaker #1
Et on a besoin.
- Speaker #0
On a vraiment besoin de...
- Speaker #1
Je vais parler d'un truc qui m'avait marqué une fois, ce que tu m'avais dit.
- Speaker #0
J'espère que c'est pas une... A chaque fois que tu dis ça, je me dis j'espère que c'est pas une connerie.
- Speaker #1
Non, non, non. Me coupe pas ce que je me dis, pardon pardon. Mais en gros tu me dis, tu verras Martin, et à un moment on en a marre de se battre et faut qu'on aille prendre ce qu'on doit prendre. Et tu m'avais dit ça, je sais plus de quelle manière, dans le sens en tout cas...
- Speaker #0
Je me souviens très bien pourquoi c'était. C'était au début de nos échanges. Tu me trouves,
- Speaker #1
ouais c'était au début parce que en fait tu me trouvais vachement plein d'entrain, ouais on va changer le truc et tout. Mais en fait, tu m'as dit, je pense que tu te rends pas encore compte.
- Speaker #0
Et effectivement... T'en étais pas encore ouais, à cette étape là.
- Speaker #1
Et là je suis arrivé à 7 ans, bientôt, et effectivement, pas je ressens de l'aigreur, mais j'en ai marre, parce que j'ai l'impression de répéter, répéter, répéter, répéter. Et en fait, je rejoins ce que tu as dit, c'est-à-dire qu'il faut s'aider de ces gens-là, il faut multiplier les gens qui peuvent nous aider à le faire, donc ce qu'on est en train de faire là, rendre visible tout ça, et il faut diviser la charge mentale de par le travail que ces gens-là vont donner. Et aussi le fait qu'on s'allie entre nous. C'est clair. Que les choses évoluent.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de combats qui sont transverses. Je vais aller sur un sujet un peu touchy. Le sujet des...
- Speaker #1
Va au milieu mec,
- Speaker #0
déjais-toi ici. Le sujet des... Merde, du harcèlement de rue par exemple. Quand il y a un sujet de harcèlement de rue ou de violence sexiste, on a tendance, quand on veut trouver des solutions, à dire, il faut protéger les femmes. Ok, si on voulait être vraiment complet, pour moi, il faudrait dire, il faut protéger les victimes de ces agressions. Parce qu'il n'y a pas que des femmes. En fait, le problème dans ce genre de situation, c'est qu'on fait souvent des lieux communs. où on prend la louche, où on dit Ah bah la plus grande partie des victimes de ce genre d'agression sont des femmes, donc il faut protéger les femmes. Mais du coup, on laisse quand même des gens de côté en faisant ça. Voilà. C'est un peu la même chose dans la question du handicap. C'est un peu la même chose, c'est-à-dire que si on se retrouve à parler d'accessibilité en disant Bah on rend telle chose accessible. à une portion de handicap, le métro par exemple, en disant on travaille, on a un budget d'accessibilité, donc on vocalise des rames. Mais le mec qui est en fauteuil, mon pote Martin, si on veut faire le tour de Paris, voilà le nombre de stations qu'on ne peut pas utiliser parce qu'elles ne sont pas rendues accessibles, elles ne sont pas aux normes de ce type de handicap-là. C'est un peu la même chose, c'est penser à tout le monde dès le début. Et pour finir sur ce sujet, mais... Le fait d'être un peu candide, c'est pas, je le dis pas de façon péjorative, mais d'être en disant oui, il faut expliquer, il faut faire de la pédagogie, il faut demander poliment sur la pointe des pieds sans trop déranger. Ça tient un temps. Moi, ça fait 32 ans que je suis sur cette terre, à peu près 28 ans que je peux raisonner à peu près normalement, en réalisant que je suis différent. de la norme globale et de la plupart des gens. Ça fait à peu près 28 ans que j'explique gentiment, ou j'essaye de... Je crois qu'à un moment on en a marre, et je crois que c'est pas un lieu commun de dire Ouais, on est en 2024, maintenant on peut espérer... Ça fait un... Je veux dire, si c'est inscrit dans la loi, si c'est inscrit dans les esprits de tous, c'est pas pour rien, et je pense que les choses doivent. avoir déjà changé et doivent déjà être différentes. Mes grands combats dans ce genre de cas, j'ai l'impression d'être un politique, dans ce genre de cas, c'est je vais bientôt refaire une demande pour avoir un chien guide, parce que j'en ai déjà eu un pendant des années.
- Speaker #1
Qui a été très difficile d'ailleurs,
- Speaker #0
je sais. Ouais, j'ai perdu mon chien il y a un an à peu près, un peu plus d'un an, et que j'avais gardé jusqu'au bout, même après qu'elle ne soit plus chien guide, qu'elle soit à la retraite, etc. Bref, ça a été très très compliqué. Euh... mais... Mais avoir un chien guide c'est aussi pouvoir se heurter malheureusement à la bêtise de certaines personnes qui vous refusent l'accès au chien. Donc c'est devoir être un peu punchy, c'est devoir se bagarrer pour faire respecter ses droits. Et malheureusement, les gens pensent que ça vient avec le handicap, que c'est quasiment devenu une norme d'être vindicatif et de se battre pour faire respecter ses droits quand on est handicapé. C'est même peut-être ce qu'ils mettent derrière la résilience. Oh là là, vous êtes courageux ! Ouais mais c'est déjà... suffisamment de merdouille au quotidien d'avoir un handicap, si en plus vous nous collez la charge de faire respecter nos droits, les gars, à un moment, non.
- Speaker #1
C'est super dur. Et en fait, tu soulignes un truc que je me dis très souvent, que je répète très souvent, c'est qu'il faut trouver le juste milieu entre le côté vindicatif, faut taper du pense-faitable, positif, éduqué, la charge mentale et ce que ça nous coûte, nous, de rester pédagogique alors que tout te ramène à ton handicap. Chaque jour, je peux parler de... J'ai même pas besoin de revenir sur des exemples parce qu'en fait tous les exemples je pourrais t'en trouver un de ce matin, d'hier, d'avant-hier. C'est tout le temps.
- Speaker #0
Tous les jours.
- Speaker #1
Et c'est hyper important et en fait je trouve que c'est hyper fatigant de le répéter. Ça nous coûte beaucoup et pourtant on est toujours là, digne. Et tu vois genre dans l'envie en fait que les choses avancent. Et effectivement t'es toujours dans cette ambivalence entre l'aigreur et... Ouais mais les gens ils vont pas comprendre parce qu'ils savent pas ce qu'on se prend dans la gueule. Et là on est en train de le montrer.
- Speaker #0
Moi tu sais je vais te dire un truc, je pars du principe maintenant que c'est acquis, que c'est comme ça. Je pars du principe que les gens le savent un peu comme sur un contrôle routier, tu sais. Quand un mec se fait arrêter parce qu'il a roulé à 130 en ville. Ouais mais on peut pas l'imaginer. Ouais mais moi je pars de ce principe là maintenant. Je l'imagine plus, je sais que c'est pas forcément vrai, mais je pars de ce principe là. Quelqu'un qui fait une erreur. qui me refusent mon chien, j'aborde ça avec un autre niveau de lecture. C'est lui qui est en tort. Et je ne suis même plus dans l'apprentissage ou dans l'explication. Je suis dans le... Tout le monde devrait savoir que c'est toi qui es en tort. Et ce n'est même plus à moi d'être dans l'aigreur vis-à-vis de ça. Pour moi, l'aigreur, elle ne vient plus qu'en dernier recours quand vraiment la situation est figée, bloquée par la bêtise de... d'une autorité mal utilisée.
- Speaker #1
T'arrives à rester serein ou tu te mets en colère ?
- Speaker #0
Je fais tout pour rester serein, je fais tout pour que ça me bouffe pas la vie, parce que ça doit pas me bouffer la vie. Et la première règle elle est là, ma vie ne doit pas être bouffée par ça, par la bêtise, bah ouais. Ma vie ne doit pas être bouffée par la bêtise des gens, surtout pas. Enfin bon voilà, c'était la petite parenthèse...
- Speaker #1
En fait il n'y a pas de parenthèse, en fait ici l'idée est encore une fois de confidence, mais là pour péter les codes, et qu'en fait il y aura des interviews, elles vont durer peut-être 45 minutes. peut-être d'autres une heure et demie, peut-être d'autres trois heures. Il faudra couper. Pour Salim, il faudrait qu'il revienne deux, trois fois,
- Speaker #0
je pense. Je pense très fort au monteur qui va couper.
- Speaker #1
Parce que là, en fait, moi, pareil, je pense que tu as une anecdote que tu peux nous raconter. Non pas que c'est lui, mais je trouve ça quand même super prestigieux que tu montes à cheval, tu montes à haut niveau. Un jour, tu te retrouves sur un jumping. Ouais. Et tu te retrouves avec une personne très connue qui te félicite.
- Speaker #0
Oui, un jour, on m'a fait la surprise. Attends,
- Speaker #1
avant que tu me dises qui c'est. Comment tu montes à cheval en tant qu'aveugle ?
- Speaker #0
Il y a plusieurs réponses. Première réponse, chronologiquement, pendant des années, j'ai monté en étant guidé par un autre cheval devant moi. Donc il y avait deux cavaliers sur la piste. Celui de devant qui voit, celui de derrière qui ne voit pas. Et en fait, celui de devant donne des indications vocales à celui de derrière. Un peu comme en athlétisme, en gros, on était deux à courir. J'ai guidé par le son. Et j'étais guidé par le son. Par deux choses, en réalité le son oui et aussi l'instinct du cheval qui suit le cheval derrière, le cheval devant. Donc c'est ça qui aussi m'a posé gros problème et qui m'a dérangé dans ma pratique. C'est-à-dire que j'ai un esprit un peu de lead et j'étais pas leader dans tout ça. Oui c'était mon nom sur le classement, oui c'était moi sur le podium, oui c'était ce que tu veux. Mais en réalité je menais pas la barque du tout, bien au contraire. J'étais derrière et mon rôle... A la limite si je suivais, si je tenais sans déranger mon cheval, ça se passait bien, il me suffisait de tenir. Donc il y a plusieurs façons de voir la chose, quand c'est des parcours ultra serrés où on jouait le chrono, où on tournait très court et tout ça, oui bien sûr il fallait que je sois bon technicien, mais je ne sais pas moi qui menais la barque tout à fait, pour moi ça me dérangeait beaucoup. Ce qui s'est... passé, on va y revenir j'imagine historiquement, mais le circuit handisport s'est arrêté en 2015 pour des raisons politiques, bon voilà c'est un peu triste mais c'est comme ça, et quand c'est ça il y a deux possibilités, soit tu fais le plan, ce que j'appelle le plan Nutella Netflix c'est à dire que tu te roules en boule sous la couette tu pleures et tu vides des pots de Nutella devant Netflix ça, ça tient quelques jours et après tu fais une revue d'effectifs tu te dis qu'est-ce que j'ai, qu'est-ce que je peux faire avec ça, j'avais quoi, j'avais toujours mon cheval une équipe prête à travailler avec moi, une écurie, etc. Et un point de règlement qui me permettait de participer en tant que cavalier en situation de handicap dans les épreuves valides. Donc ce que j'ai voulu faire avec ça, c'est retirer le cavalier guide qui faisait que je ne menais pas la barque. Et là-dessus, on a créé de toute pièce une méthode à base de choses qui existaient déjà, mais je me suis fabriqué une méthode sur mesure qui faisait que j'étais seul cavalier en piste et que je n'avais plus que des aides. à pied. J'avais plus que des personnes au sol qui me donnaient et qui me donnent toujours des indications de direction seulement. Et qui me permettent à moi de gérer mes propres tournants, mes propres points techniques, à quelle allure je vais, entre guillemets à quelle vitesse je galope, tout ce que je veux. C'est moi qui décide.
- Speaker #1
C'est du CSO ?
- Speaker #0
C'est du CSO, c'est du jumping.
- Speaker #1
Concours de saut d'obstacle.
- Speaker #0
Exactement, tu vois, un initié.
- Speaker #1
Ah j'en ai fait un peu, t'as quel galop du coup ?
- Speaker #0
J'ai mon galop 7 parce que je suis un amateur. Niveau amateur, et pour ceux qui le savent, il faut être galocette pour sortir en compét amateur. D'ailleurs, Merlike, si t'as compris ce que je viens de dire.
- Speaker #1
Moi, je me suis arrêté au 3, je crois.
- Speaker #0
T'as dit, c'est déjà bien.
- Speaker #1
Ouais, c'était il y a longtemps. Moi, j'étais... C'est mon frère qui me faisait passer,
- Speaker #0
mais... Nickel ! Ah, il a été beau joueur, parce qu'il aurait pu aller plus loin, vu que...
- Speaker #1
Ouais, c'est moi qui suis allé plus loin, mais ce que je trouve... En fait... Là aussi, on va peut-être rentrer dans une technique où ceux qui ne font pas l'équitation ne vont pas comprendre. Mais tu vois, quand tu vas sur un terrain de concours, tu fais la reconnaissance du terrain. Donc toi, tu l'as fait d'abord à pied ? Oui,
- Speaker #0
je l'ai fait toujours. Alors tout le monde, ça c'est vraiment n'importe qui. C'est-à-dire que ça fait partie... Du process normal au dé... En fait, dans le règlement, toi, cavalier, tu dois connaître ton parcours, tu dois savoir où sont disposés les obstacles et dans quel ordre tu dois les franchir, mais ton cheval ne doit pas connaître le parcours. Donc tu fais la reconnaissance à pied. T'es pas à cheval. Le cheval ne doit pas avoir vu le terrain avant, ne doit pas avoir vu la disposition des obstacles avant, donc il est primordial que toi tu le connaisses, mais pas ton cheval.
- Speaker #1
C'est fou ça.
- Speaker #0
Et ça, je le fais comme n'importe qui, c'est-à-dire que je... J'utilise le temps imparti pour découvrir le parcours, découvrir les obstacles, compter les foulées parce que parfois il y a des contrats, ce qu'on appelle des contrats de foulée. Donc il y a des lignes ou des zones où le parcours est monté pour qu'il y ait 4, 5, 6, 7 foulées dans la ligne. Donc oui, on compte les foulées pour que techniquement ça passe le mieux pour gérer le rythme de ton cheval à l'entrée et à la sortie.
- Speaker #1
Je te pose une question toute bête, est-ce que tu arrives à mapper dans ta tête à ce moment-là, les obstacles, les haussères, les verticales,
- Speaker #0
les combinaisons, les doubles ? Alors oui, en fait je me fais un genre de carte GPS, c'est là que c'est hyper important d'avoir ton cerveau,
- Speaker #1
c'est un ordinateur.
- Speaker #0
Ah mais grave ! Je suis très artificiel mais pas très intelligent.
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
tu vois le principe du GPS ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Dans le GPS, tu as une mémoire interne dans laquelle il y a une carte. Et tu as la connexion extérieure au satellite où il applique les infos à la carte qu'il y a en mémoire. Moi, c'est un peu pareil. C'est-à-dire que ma carte, elle est déjà mappée à l'intérieur. Le parcours, je le connais. Je connais le dessin, je peux le faire sur la main. D'ailleurs, c'est ce qu'on fait. Après avoir marché sur le terrain, je fais le dessin avec mon doigt dans ma main ou dans la main de la personne qui va me guider. Pour confirmer que j'ai bien repéré, tu rentres sur la piste, tu as le numéro 1 qui est là sur le bord de piste, ensuite tu tournes à droite, tu as le 2, le 3 en ligne courbe à gauche, ensuite paf demi-tour tu as le 4, enfin tu vois je te fais un truc un peu... et donc ça je l'ai dans ma tête. Les indications que vont me donner les gens ensuite, c'est pour mettre à jour en gros ma position sur cette carte GPS en situation. Et c'est les deux choses les plus importantes dont j'ai besoin pour enchaîner un parcours. Et donc on est parti un petit peu lent, mais voilà les deux manières que j'ai de monter à cheval. Pour donner un petit peu de détail, les personnes qui sont à pied me donnent des indications seulement de direction. Il y a une guide qui me donne les infos de direction, donc droite, gauche, ligne pour aller tout droit, etc. Des termes simples. Et il y a une personne qui est disposée à côté de chaque obstacle et qui me sert de balise fixe. Donc qui va crier assez fort là, là, là, comme ça je sais où est. le prochain obstacle que je dois sauter. Donc, ce qui me permet...
- Speaker #1
Il y en a un sur chaque obstacle ?
- Speaker #0
Il y en a un à côté de chaque obstacle, oui. Alors, il n'y a pas forcément une personne par obstacle, mais celui qui fait le 2 peut ensuite se déplacer jusqu'au 9, et puis ensuite, voilà, tu vois, c'est comme ça que ça se passe.
- Speaker #1
Et du coup, qui c'est qui t'a félicité ? Parce que là, on est en train de parler, mais... Alors,
- Speaker #0
cette personne avec qui tu veux en venir, c'est une des personnes aussi par qui de grandes choses ont pu se faire par la suite. Mais en 2013, j'étais à la balle sur un concours en e-sport, sur un très très beau terrain, très beau concours de la balle. Et en fait, parmi les spectateurs sur une des épreuves du début de week-end, il y avait une grande star. Alors certains vont déjà pré-shot un peu le truc, mais on m'a fait un peu la surprise avec cette personne. On m'a invité à une des loges, la loge barrière, on m'a invité à déjeuner là-bas. Et on m'a demandé de garder une place libre à ma droite. Et c'est là... directrice de l'hôtel barrière de la Bôle, qui me dit, gardez votre place droite libre, puisque vous déjeunerez à côté de monsieur Canet, Guillaume Canet. Donc j'ai rencontré Guillaume Canet à ce moment-là, et on est devenus assez proches vraiment. Depuis, c'est vraiment un mec génial. Salut, s'il regarde ça, je souhaite qu'il regarde ça d'ailleurs, très très fort. Mais c'est un mec très humain. C'est quelqu'un d'extraordinaire. Au début, j'ai eu un peu peur, parce qu'il venait de sortir Japlou, enfin il avait sorti Japlou un an plus tôt. Et je n'avais pas vu Japlou.
- Speaker #1
Pourtant très cinéphile,
- Speaker #0
j'avais pas vu Japlou. Tout le monde lui parlait que de ce film, à la boule évidemment. Mais je l'avais pas vu, je me suis dit mince, de quoi je vais pouvoir lui parler ? Et en fait, il s'est posé et il a fait que me parler de moi. Vraiment. C'est-à-dire qu'on pourrait se dire, ouais, la star, machin, ce que tu veux. Pas du tout les gars, vraiment pas du tout. Un mec humain, simple et tout, il m'a même demandé pour la petite histoire si je connaissais une crêperie où il pouvait aller avec sa famille dans le coin. Enfin, mec hyper chouette. Et dès le début, il m'a dit un truc du genre j'ai vu autre chose. dans ce que tu fais, c'est à dire que je connaissais pas du tout, j'avais pas soupçonné qu'on puisse être non voyant et faire de l'obstacle, je comprenais pas pourquoi il y avait deux cavaliers tout ça tout à l'heure sur la piste, et il m'a dit d'ailleurs je pense que tu pourrais monter avec le niveau que tu as montré tout à l'heure, je pense que tu pourrais monter sans cavalier guide devant. Je sais pas si tout le monde pourrait le faire mais je sais que toi tu pourrais le faire. Et des années plus tard c'est un peu cette voix qui a résonné en écho, Guillaume, ceci est aussi de ta faute. Et pour les petites histoires, il m'a fait l'amitié de me préfacer mon livre d'ailleurs. Donc j'avais quelques mots de Guillaume au début.
- Speaker #1
Génial mec. Et dans la confrontation, enfin tu vois, on parlait de confrontation, en fait c'est ça, c'est que tu vois, t'arrives, t'as ton handicap, t'en fais un truc de fou, et toi tu touches des personnes comme ça qui eux aussi peuvent être une caisse de résonance.
- Speaker #0
Mais complètement. Et surtout on parlait de cavalier à cavalier, c'est-à-dire que pour lui c'est pas un handicap d'être acteur j'imagine, mais en tout cas on le laissait de côté. Mon handicap et on laissait de côté sa carrière d'acteur. On parlait de cheval, d'équitation quoi. Ouais c'est ça, on avait ça en commun et on n'était que ça à ce moment-là. Et c'était hyper cool. Alors oui, le secteur était encore privilégié, le milieu était extraordinaire. On était dans la loge barrière pendant le derby de la boule,
- Speaker #1
enfin un truc. Ça compte comme ça mec.
- Speaker #0
Mais c'était génial, c'était un moment extraordinaire.
- Speaker #2
Sabine essaye justement de se mobiliser aussi pour que les personnes non-voyantes puissent monter et ressentir les mêmes sensations que nous. C'est un très grand cavalier, je le dis parce qu'au-delà de l'handicap qu'il a, il monte très très bien. Et je pense qu'il y a des cavaliers qui montent moins bien et qui voient très bien. Donc vraiment, je voulais vraiment les féliciter, leur remercier pour ce qu'il nous a donné ce soir.
- Speaker #0
Et des mots comme ça qui ont le pouvoir de vous donner des ailes. Vous poussez à vous dépasser pour aller chercher le sommet. Un peu comme sur cet obstacle à 1m40. Vous aurez toujours du monde autour de vous pour vous rappeler que tout le monde sait que c'est impossible. Mais qui sait ? C'est peut-être à vous de faire bouger les lignes. A vous de faire changer les choses. Et si vous le faites assez bien, peut-être que vous emmènerez un tas de personnes derrière vous. Ma plus grande fierté n'est pas d'avoir été le premier, mais d'en avoir inspiré d'autres. Et que ça soit devenu la norme aujourd'hui, sur les mêmes compétitions que tout le monde.
- Speaker #1
Du coup...
- Speaker #0
Salut,
- Speaker #1
c'est le mec.
- Speaker #0
Oui, Martin.
- Speaker #1
Comme si rien ne s'était passé entre ce moment-là. Non, non,
- Speaker #0
pas mangé de choco,
- Speaker #1
rien du tout. C'est marrant parce que tu parles de cinéma, tu parles d'avoir regardé Japlou et tout. Déjà, on salue Guillaume si il regarde cette vidéo. Salut Guillaume, on ne se connaît pas. Bienvenue sur Confident. Incroyable. C'est vrai, ça innome quand même. En plus, il n'est pas très loin, il pourra venir.
- Speaker #0
Il n'est pas loin, il pourrait.
- Speaker #1
Il pourrait, il pourrait. Mais après aussi, l'idée de Confidence, je le répète, parce que j'en profite aussi pour parler de mon projet. C'est que l'idée c'est qu'on mette aussi en avant des gens qu'on voit pas forcément tout le temps tu vois. Donc, Myoum c'est génial, ça serait génial d'ailleurs de l'avoir certainement. Mais en fait, moi ce que je veux c'est avoir... J'ai failli me casser la gueule. L'idée c'est d'avoir l'équilibre entre des gens qui peuvent aider à donner de la valeur à tout ça, à le rendre plus visible, etc, nos combats. Mais aussi mettre en avant des gens qui ont des histoires mais passionnantes. et qui sont pas en fait, qui ont pas forcément une appétence pour se retrouver à la télé, etc. Moi je sais que je suis beaucoup plus à l'aise là devant mes caméras que toutes les télés que j'ai pu faire, tu vois. Mais parce qu'on est entre nous. Donc déjà il y a ce rapport là, et voilà, l'idée c'est de mettre vraiment en avant des personnes qu'on voit pas. Qu'on voit pas et j'ai envie qu'ils soient dans la confidence. Ouais. C'est le titre, qu'ils viennent, etc. Bref, on va revenir sur Japlot du coup. Tu me dis, t'avais toujours pas vu le film. Mais la question est toute simple, on se pose la question avec Ken, comment tu regardes un film ? Qu'est-ce que tu ressens ?
- Speaker #0
En plus je suis très cinéphile, et j'ai pris série et tout ça. Déjà il y a deux choses, comme je l'ai dit depuis le début, j'ai eu la chance de voir, même si c'était pas bien, pas clair, je voyais quand même. Et donc ça m'a donné quand même les bases de ce à quoi ressemble un film, ce à quoi ressemblent les choses. Tu me parles d'un travelling arrière, tu me parles d'un plan drone, tu me parles... Un plan grue à l'époque, je sais à quoi ça ressemble. Donc je peux reconstituer une image à peu près mentalement, ou en tout cas me la construire de toutes pièces.
- Speaker #1
Tu as eu beaucoup d'informations de ton cerveau ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Permettre d'interpréter aussi chaque chose.
- Speaker #0
Tu as beaucoup de choses aussi dans la bande son. Un film, ce n'est pas que de l'image d'ailleurs. Ceux qui ne le savent pas et qui veulent créer leur propre contenu vidéo, l'image c'est bien, mais si vous n'avez pas un bon son, vous allez perdre votre public. Pourquoi ? Parce que le son, finalement, ça fait beaucoup, beaucoup, beaucoup dans l'imaginaire et dans la présence d'une image et d'une création audiovisuelle. Donc, quelque part, le film, j'ai cette chance-là d'avoir... beaucoup d'interprétations de la bande-son. Les bruitages, les musiques, les ambiances, les tout ça, les intentions des acteurs, les dialogues, tout ça. Et en fait, tu peux vite déduire ce qui se passe à l'écran. Ça, c'est vrai pour des films qui ne sont pas The Artist ou Wall-E. Ou des trucs comme ça, où t'as pas une ligne de dialogue,
- Speaker #1
où t'as rien.
- Speaker #0
C'est chaud, là. Là, c'est pas possible. Donc, il y a aussi, aujourd'hui, de plus en plus, l'audiodescription qui existe. Pour ceux qui savent pas,
- Speaker #1
c'est...
- Speaker #0
des professionnels qui posent leur voix sur des moments clés dans une production audiovisuelle pour décrire ce qui se passe. Que ce soit un peu avant ou un peu après une action, pour dire ce qui se passe, pour dire qui parle, pour dire, je sais pas, une expression faciale, un truc comme ça.
- Speaker #1
Par exemple sur Japlou, un saut d'obstacle.
- Speaker #0
Ouais, par exemple sur Japlou, quand il y a des grandes scènes où t'as que de la musique et des bruitages de galopades et de sauts et de tout ça. Ça te décrit les tournants, l'émotion, des gens qui regardent, les plans de couple, les trucs comme ça. Ça te décrit sur qui on est, ce qu'on voit,
- Speaker #1
ce qui se passe. Et tu ressens vraiment le film ?
- Speaker #0
Bien sûr. Alors Japlou, je ne l'ai jamais vu en audio-description, bizarrement. Et je le ressens pourtant puissance 1000, parce que forcément c'est Mister qui me parle. Mais tu as des films comme ça où tu n'as pas besoin d'avoir quelque chose de décrit et où tu le vis à 3000%. Il y a un autre film qui pour moi, j'ai un vrai lien avec ce film, c'est Iron Man.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Qui est sorti en 2008. Et pour la petite histoire, je n'ai jamais vu ce film. Il est sorti un peu avant, j'aurais pu le voir. Chronologiquement, j'aurais pu. Mais je n'ai vu que les affiches. Et malheureusement, on me l'a survendu. Et ça a eu l'effet inverse pour moi. On m'a trop dit,
- Speaker #1
ouais,
- Speaker #0
il faut que tu ailles le voir. Et ça m'a un peu bloqué. Au contraire, je n'ai plus très envie du coup. On m'a trop survendu. Et je regrette. infiniment de jamais avoir vu ce film donc le fait de fabriquer cette armure quelque part ça a été un peu ma revanche sur le film oui parce que du coup on peut faire un peu cette transition c'est de la 3d on fait de l'impression 3d depuis depuis le confinement depuis 2020 bah tiens regarde je vais refaire une transition en une parce
- Speaker #1
que tu utilises ton portable d'une certaine manière oui est ce que par exemple tu vas nous montrer c'est exceptionnel vous allez voir C'est exceptionnel. Tu vas me montrer par exemple une armure que tu as fait, tu me l'envoies sur mon compte Insta. Alors... Et montre-nous comment tu te sers du téléphone.
- Speaker #0
Sur Insta ?
- Speaker #1
Non, non, regarde. Sur Insta ? Alors regarde, moi ce qu'on va faire...
- Speaker #0
Je te l'envoie sur WhatsApp si tu veux bien.
- Speaker #1
Sur WhatsApp, sur WhatsApp. Envoie, tu m'envoies, genre, mets le son plus fort.
- Speaker #0
Alors attends, euh... Là qu'est-ce qu'il faut que je monte l'écran ou pas ?
- Speaker #1
Montre l'écran à la caméra.
- Speaker #0
Donc là je suis sur les photos, il faut que j'aille sur le bon album. Là je suis sur le bon album. On est là, je vais t'envoyer cette vidéo.
- Speaker #1
Est-ce que je peux me permettre de commenter ce que tu fais ?
- Speaker #0
Ouais bien sûr !
- Speaker #1
En fait donc là, en gros si je comprends de ce que tu m'avais expliqué...
- Speaker #0
Attend faut que je trouve le bon endroit.
- Speaker #1
Parce que là au niveau du son,
- Speaker #0
t'es là.
- Speaker #1
En fait dites-vous une chose, c'est que là il a mis une vitesse qui lui décrit ce qui se passe à l'écran.
- Speaker #0
Je vais même faire un petit bonus. Je vais t'envoyer un petit cœur avec.
- Speaker #1
C'est magique.
- Speaker #0
Je t'envoie un petit emoji cœur rouge avec. Donc là,
- Speaker #1
il m'envoie. Il faut que je m'enlève du mode avion. En tant que professionnel, pour ne pas recevoir d'appel.
- Speaker #0
Et là,
- Speaker #1
je viens t'envoyer. Ce que je n'ai pas fait au début de l'interview, c'est pour ça qu'à un moment, on me voit.
- Speaker #0
Je ne sais pas si on verra le plan, mais... Donc là,
- Speaker #1
j'enlève le mode avion. Là, je reçois...
- Speaker #0
Et là je t'ai envoyé une vidéo et si...
- Speaker #1
Tu sais comment je t'ai appelé dans mon téléphone ?
- Speaker #0
Non !
- Speaker #1
Déjà je sais pas pourquoi je t'ai appelé...
- Speaker #0
Je t'ai appelé Célim, donc t'as mis Célim.
- Speaker #1
Je t'ai mis Célim et je sais pas pourquoi entre le A et le E j'ai un problème. Il y a un bug et puis j'ai mis un gars avec une canne avec un émuline qui est en train de chercher. Donc là j'ai reçu le SMS, attends je vais tout virer,
- Speaker #0
tac. Et d'ailleurs...
- Speaker #1
Je sais pas si... attends on va le voir.
- Speaker #0
Si le monteur peut mettre la vidéo en fullscreen à ce moment là.
- Speaker #1
On va voir, t'inquiète, on va faire du... ça va être incroyable.
- Speaker #0
On vous montre la vidéo.
- Speaker #1
Donc là tu vois genre on voit le message qu'il m'a envoyé donc là je le reçois voilà, là je vais l'ouvrir donc ce qui s'est passé pour l'expliquer rapidement en gros ce que t'as fait là c'est que t'as quand tu touches sur l'écran ça te décrit ça parle très vite parce que toi maintenant t'as la bique Moi j'ai accéléré c'est un peu comme ceux qui écoutent les podcasts en x2 x3
- Speaker #0
x3 je sais pas mais x2 en tout cas voilà. En fait je connais les touches, les zones un peu par coeur donc oui ça fait que c'est facile à utiliser et puis j'ai l'habitude d'écouter c'est une voix très mécanique qui a toujours les mêmes diction les mêmes intonations donc on peut les accélérer confortablement on sait qu'elle va pas bafouiller quoi ça y a pas de... et en fait c'est une fonction qui est intégrée dans tous les smartphones aujourd'hui c'est à dire que enfin les ingénieurs se sont dit que bah tout le monde pouvait être amené à utiliser un téléphone.
- Speaker #1
Enfin !
- Speaker #0
Donc maintenant, il suffit de sortir un téléphone de sa boîte et on peut activer des fonctions comme vocaliser un écran, comme activer des loops, des grossissements, des contrastes inversés, ou même des touchers facilités pour ceux qui ont des problèmes moteurs, qui ne peuvent pas accéder au haut de l'écran quand ils le tiennent en moins, par exemple. Voilà. Regrouper toutes les fonctions en bas, et trucs comme ça.
- Speaker #1
Là, je fais la transition, c'est ce qui est génial entre nous, c'est qu'avec nos différents handicaps, on peut...
- Speaker #0
On peut s'y aider des types,
- Speaker #1
si tu veux. Ouais. J'ai un petit bouton là, j'ai un tout petit bouton, en gros, qui me permet de... En gros, je ne peux pas screenshot, parce qu'on ne peut pas appuyer sur deux touches en même temps, c'est galère.
- Speaker #0
Mais tu as un bouton pour faire des combinaisons.
- Speaker #1
Et en fait, j'ai une petite pastille qui est tout le temps sur l'écran que je peux déplacer. Non, non, parce que tu vois, le problème, c'est que je suis une tétra aussi, tu vois. Et la réalité, on monte, on n'est pas des professionnels. En gros, il y a ma petite pastille qui est là, je ne sais pas si on la verra à l'écran. Je la bouge, donc je la mets où je veux sur l'écran. Et quand je clique dessus, ça m'ouvre un menu. Et je peux aller chercher, augmenter le son, screenshot, revenir sur l'écran précédent, aller voir mes messages. Et là, on va ouvrir ta vidéo. Mais peut-être, à la rigueur, Kev, prends avec le... Viens dans la cam, c'est pas grave. Attends, attends, attends, parce que... Vas-y, je sais que tu as une question, mais du coup, je ne veux pas perdre le fil. Et oui, un dernier truc avant de vous montrer la vidéo. Quand je vais ouvrir la vidéo, parce que je sens que ça va être ouf et je ne me rends pas compte que c'était aussi ouf ce qu'il a créé. Je vois juste le bas de Iron Man et ça a l'air d'être une vraie grille. Et en fait, là vous avez vu à l'écran, ça a mis l'écran lumineux pour que vous puissiez voir, mais c'est qu'habituellement t'as l'écran...
- Speaker #0
J'ai l'écran noir et éteint.
- Speaker #1
Bah il voit pas donc disons.
- Speaker #0
Voilà, et pour la blague, j'utilise moi mon téléphone d'habitude, quand je suis dans le bus, dans les transports, je veux pas gêner tout ça, ça peut m'arriver de l'utiliser comme ça, d'être collé au parleur, de baisser le son à fond, et forcément avec l'écran noir, avec l'écran éteint. Une fois il y a une petite dame dans le bus qui m'a tapé sur l'épaule qui me dit non jeune homme il faut l'utiliser dans l'autre sens voilà donc c'est pas des moments... C'est excellent Les gens sont géniaux
- Speaker #1
Non mais c'est trop drôle c'est une de nos situations Mais oui On a des grenades Bien sûr Alors attends regarde je vais ouvrir en même temps que c'est une film Tu vas découvrir l'armure On va le voir à la cave comme ça on va caiffer parce qu'on l'a pas trop vu je crois C'est fait sans effet spéciaux Donc là C'est parti, tu peux filmer, j'ouvre, t'es prêt ? Vas-y.
- Speaker #0
C'est le bras !
- Speaker #1
Faites-moi quelques questions en
- Speaker #0
3D. Un travail d'équipe de deux ans, électronique, c'est moi qui l'ai fait. Fuck mec !
- Speaker #1
Mais gros c'est la vraie !
- Speaker #0
C'est lui ! Elle est dans mon garage. Tune in start.
- Speaker #1
Mec, non mais gros.
- Speaker #0
Eh oui ! Avec les bruitages. C'est ça.
- Speaker #1
Tu l'en verras, on va le faire en montage. Ah mais... Mais genre, tu me bluffes de... Mais c'est exceptionnel.
- Speaker #0
Ah mais si tu veux un casque un jour, tu me le dis. Mais je suis sérieux. Mais bien sûr,
- Speaker #1
si tu veux un truc. Vas-y, moi je veux un casque. Moi tu sais, la personne...
- Speaker #0
Bon après... Vas-y, vas-y, vas-y.
- Speaker #1
Français, tu vois. Ça, ça. Je suis en train d'être français, mais... Vas-y. Captain America, c'est le super-héros qui est le plus moral. Et moi je suis quelqu'un de très...
- Speaker #0
Est-ce que t'as entendu Lucille rigoler ? Voilà, Lucille rigole, pourquoi ? Parce qu'on est en train d'imprimer le bouclier en ce moment. Ah ouais ?
- Speaker #1
Bah moi je veux bien et le bouclier et le casque. Fais-moi l'armure, mais par contre tu l'adaptes au fauteuil, mec.
- Speaker #0
Mais tu sais que rien n'est impossible. En 3D, on peut tout. Si tu veux, je te fais deux boucliers en enjoliveur pour ton fauteuil.
- Speaker #1
C'est génial, mec. C'est exceptionnel. Oui,
- Speaker #0
bien sûr.
- Speaker #1
Écoutez, là on a fait je sais pas combien d'interviews, mais c'est passionnant. Moi je sais pas vous,
- Speaker #0
mais on a fait une partie sur les quatre.
- Speaker #1
Ouais, mais là du coup, on va y aller assez vite.
- Speaker #0
Allez.
- Speaker #1
Parce que je pense que tu as beaucoup de matière et j'ai envie de savoir un petit peu quel est ton mantra. Donc on passe à l'instant citation sur Confidence avec Salim Ejnaïni. Bien dit, hein ? Yeah. C'est parti. Donc Salim, est-ce que tu peux nous dire une citation ou deux ? Peut-être qu'une.
- Speaker #0
Alors. parce que j'en ai préparé deux, elles sont courtes.
- Speaker #1
Ok, vas-y.
- Speaker #0
J'en ai préparé deux, j'en ai plein dans ma vie des citations. Dans la pop culture, il a fallu que j'en choisisse d'autres. Donc j'en ai pris deux. qui ne sont pas dans la pop culture. J'ai fait exprès d'essayer d'éviter ça. Il y en a une que j'aime beaucoup, qui me définit, qui me résume. C'est de possible à impossible, il y a deux lettres et un état d'esprit. Et celle-là, elle me plaît beaucoup parce qu'effectivement, je pense qu'il y a beaucoup de choses qu'on n'estime pas possibles parce qu'on ne comprend pas, parce qu'on n'a pas les moyens de comprendre comment on peut y arriver. Et je pense que le coup de l'état d'esprit qui sépare... Possible et impossible ? Je pense que c'est beaucoup plus vrai qu'on ne le pense dans beaucoup de situations. Voilà, c'est là que je l'aime beaucoup.
- Speaker #1
Comment tu penses qu'on peut développer cet esprit du possible ?
- Speaker #0
En essayant, en osant essayer. Regarde, tu vois l'exemple de ton format, de ton projet. À la base, c'était une idée comme ça qui te paraissait peut-être trop folle pour être réalisable. Regarde où on est aujourd'hui. Et on va voir toutes les galères de tout ce que... Et bah ouais, et chaque galère c'est une occasion de se planter. Et quand tu l'overshoot, tu vois, quand tu vas plus loin que ça, tu te rends compte qu'en fait ça t'amène encore plus loin. Et tu vois, l'une des citations, ça c'est le bonus de mon bouquin, c'est prendre le risque d'échouer, c'est se donner une chance de réussir. Elle compte pas celle-là, c'est pas ce que j'avais prévu. Mais tu vois, à chaque fois que tu peux te foirer, en fait, ça peut t'emmener plus loin aussi. Et c'est là que je pense que le possible, l'impossible, c'est un petit miroir que j'aime bien. Et la deuxième citation, ça c'est parce que je suis, je pense, un peu... Je suis un peu un optimiste maudit. J'ai ramassé dans ma vie et je continuerai à ramasser parce que je suis fait pour ça. Mais pour autant, la lumière, je la vois au bout. Je pense que... Et il y a une citation de John Lennon que j'aime beaucoup. Alors c'est la traduction que je vais donner parce que personne n'a envie d'en... nous entendre parler anglais je pense c'est à la fin tout ira bien si tout ne va pas bien c'est que c'est pas la fin Everything will be ok in the end. If it's not ok, then it's not the end.
- Speaker #1
Vas-y explique-le un petit peu.
- Speaker #0
Bah ça voudrait plutôt dire que bien évidemment qu'il faut pas l'apprendre littéralement quoique pourquoi pas mais si la situation dans laquelle on est finalement aujourd'hui ne nous convient pas bah il tient qu'à nous de faire en sorte de l'améliorer de la changer et d'espérer que ça peut s'améliorer. Et quelque part, cette citation, si on y croit assez fort, peut devenir littérale et peut devenir vraie.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu dirais à quelqu'un qui est bloqué dans une perception de tout est impossible, c'est pas fait pour moi, j'y arriverai pas. Il y a des gens qui sont bloqués dans cet état d'esprit. Quel serait pour toi le conseil, la clé ? Je sais que c'est très dur comme question, mais qu'est-ce que tu pourrais dire là, ce qui te vient en tête ?
- Speaker #0
Je passe ma vie à me dire que j'ai pas de leçons à donner aux gens. Moi, ce que je pense, c'est que si quelqu'un est bloqué dans un état où il est malheureux, première chose à faire, c'est d'aller voir où il n'a pas encore été cherché. Si tu as perdu un objet, tu passes ton temps à le chercher dans le même tiroir et tu le trouves pas, ben, au moment où il faut te rendre compte qu'il est pas dans ce tiroir-là. Donc essaye peut-être d'aller voir dans le tiroir d'à côté. Et pourquoi pas d'aller chercher tes clés dans le frigo s'il faut. Peut-être que tu les as laissées là à un moment où tu faisais pas gaffe. A mon avis, c'est peut-être ça qu'il faut faire aussi. C'est aller voir dans d'autres zones, d'autres endroits un peu inexplorés, un peu inhabituels. Et peut-être d'aller chercher du conseil, du soutien, un nouvel éclairage, une nouvelle façon de voir ailleurs. T'ouvrir de nouveaux horizons, pourquoi pas ? Euh...
- Speaker #1
Une nouvelle façon de voir. Ouais ! Moi je retiens ça.
- Speaker #0
Elle est bien ! Elle est...
- Speaker #1
elle est...
- Speaker #0
Elle est donnée par moi, elle est encore vue !
- Speaker #1
Elle a encore plus de consistance ! Ouais mais c'est fou parce que tu vois je trouve que... C'est une phrase que j'ai eu ce matin... Et... en fait... Je me rends compte que... Les histoires, peu importe qui les raconte finalement... Les gens qui ont vécu des choses... Ouais. Parce que... La phrase est... est insane ! Et ça en fait c'est confidence tu vois.
- Speaker #0
C'est pour ça que dans 99,999% Des cas, tu prends n'importe qui dans la rue. Si tu pouvais vivre le film de sa vie, ça serait passionnant. Tu vois,
- Speaker #1
c'est un concept auquel j'ai bien réglé. On en parlait hier. Je me dis, demain, il me parle de quelqu'un, je ne sais pas, on va voir. Parce que la personne, moi, je ne la connais pas, il m'en a parlé, j'ai été touché. Je suis forcément touché humainement par toutes les histoires. Après, c'est dur de mettre en avant toutes les histoires. Il faut faire des choix aussi. Moi, la facilité, c'est aussi qu'on se connaît. Après, il y a plein d'autres choses qui rentrent en considération. Kevin. Kev il sait de quoi il en est mais effectivement je pense que tout le monde a un putain de vécu en fait et tout le monde vit des choses des traumas, chacun a sa sensibilité qui lui est propre donc toi tu vis ta cécité moi ma tétrapégie d'une certaine manière beaucoup plus sereine maintenant là où quelqu'un qui a une rupture, un burn out la perte d'un proche, ils vont vivre ça comme un terrassement à ce moment là tu vois et puis nous aussi quelque part,
- Speaker #0
pardon mais Toi je sais pas mais tout le monde me dit des fois ouais ça remet en perspective les petites merdes qu'on peut vivre dans la vie. Les gars je vais casser un mythe peut-être mais le coin d'orteil dans un bout de meuble ça fait mal, ça fait mal, c'est pour toi !
- Speaker #1
Pardon, je ne vais pas arrêter.
- Speaker #0
Et pour autant, je vais y arriver, les petites difficultés du quotidien. C'est les mêmes pour tout le monde et les grosses difficultés du quotidien, c'est les mêmes pour tout le monde.
- Speaker #1
Mais c'est ça aussi qui est intéressant, c'est qu'on montre finalement qu'on peut toujours aller plus loin, plus fort. Et c'est aussi ce qui fait sens, c'est ce collectif. Vraiment, tu vois, de tous ces gens qui incarnent les causes comme les nôtres, tous ces gens qui sont interviewés aujourd'hui sur Confidence, enfin, qui ont été interviewés et qui seront interviewés sur Confidence, tous les gens qui vont regarder, tous les gens qui vont partager, tous les gens qui vont donner de la valeur à tout ça. Du coup, Salim, merci pour ces citations, pour ce que tu viens de nous dire. Je pense que c'est super chouette, ça donne de la matière, en tout cas, ça suscite la réflexion. On va continuer un peu dans l'interview, on a parlé beaucoup de plein de choses, etc. On va peut-être raccourcir la fin de cette interview pour aller un peu plus vite, même s'il reste encore du temps. Il y a quand même aussi quelque chose qui est fascinant, c'est que... Donc tu nous as raconté l'équitation, tout ce que tu as vécu, des anecdotes, la télévision, on peut en parler. On mettra la... Tout à l'heure tu voulais me montrer, on n'aura pas le temps de le mettre dans la vidéo, ça va pas être le sujet, mais tu as fait des trucs avec Laurent Baffi. Oui ! Tu fais des vannes à la télé. On va pas rentrer forcément là-dedans, parce que moi ce que je voudrais voir, c'est surtout sur ton parcours. Ouais. Donc tu nous expliques tout ça, tout ce changement, ce bouleversement dans ta vie, le fait que tu continues le sport, que... Je sais que tu as fait Ninja Warrior aussi.
- Speaker #0
Alors j'ai pas... Non, j'ai pas fait Ninja Warrior.
- Speaker #1
Ah, vous voulez tenter.
- Speaker #0
Je veux toujours tenter Ninja Warrior. C'est-à-dire que je m'entraîne depuis... Ça va faire trois ans. Un peu moins encore, ça fait deux ans et demi. Que je m'entraîne à des choses que je n'ai jamais réussies, que je n'avais jamais réussi jusque-là à faire dans ma vie. À me tailler un peu en physique, des capacités, des trucs, sur du street workout, sur des bases de parcours, sur du parcours ninja, sur de la calisthénie, enfin bref, des trucs. Ou j'aurais pour objectif au moins d'en avoir les capacités. Après, est-ce que d'autres choses vont venir faire en sorte que, malheureusement, ça ne sera pas l'occasion ? Mais je veux en tout cas avoir ces capacités-là, de faire ce qu'ils font.
- Speaker #1
C'est peut-être l'occasion, écoute,
- Speaker #0
que tu sois entendu aujourd'hui. Croise les doigts, après ils ne sont pas réticents, ils ne sont pas chiant.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
plus ou moins, on ne dira pas forcément plus, mais ça peut peut-être se faire.
- Speaker #1
Eh bah écoute, on te le souhaite en tout cas, vu qu'on t'es déterminé, je pense qu'il y aura rien qui t'arrête donc...
- Speaker #0
Mec je passe 3, 4, 5 heures par semaine pour l'instant à m'entraîner que là-dessus sans compter les autres...
- Speaker #1
Ouais, parce que c'est là aussi où je voulais en venir, c'est que, donc là tu as vu tout ce que tu as fait dans ta vie, et il y a aussi la réalité, c'est qu'il faut mettre de la nourriture dans son assiette, il faut avoir une quête de sens, il faut équilibrer tout ça, et à ce moment-là... Quand t'as 16 ans, je sais pas à quel âge d'ailleurs, quand est-ce que tu décides de faire les études que tu as faites pour devenir kinesithérapeute ?
- Speaker #0
J'ai voulu faire beaucoup de choses en fait. D'abord j'ai voulu aller dans le droit ou le journalisme.
- Speaker #1
D'art de ville ?
- Speaker #0
Les deux. Ah, c'est obligé. Moi aussi je suis un blésilé. Oh yeah ! Ouais, mais ouais, en fait je...
- Speaker #1
Mais gros t'es plus stylé que d'art de ville.
- Speaker #0
Je crois pas, mais merci, mais je crois pas. Mais merci. Mais je crois pas. Non, en fait, je suis un homme de conviction. Et j'ai vraiment voulu, à ce moment-là, j'ai aussi découvert, quand t'es ado, tu peux être un peu rebelle, tu peux être un peu... Et j'ai commencé à voir un peu mon sens de la revendication, découvrir que certaines choses sont pas justes, en fait, et devraient pas fonctionner comme ça. Et j'ai voulu, je me suis dit, s'il y a des gens dont le métier, c'est de défendre ceux qui doivent être défendus, mais quoi de mieux pour moi, en fait ? Quoi de mieux pour moi ? Sauf que... Tous les exemples que j'avais autour me montraient que malheureusement, c'était très prenant comme étude et ils arrêtaient tout ce qu'ils faisaient autour, y compris le sport, surtout l'équitation, surtout le cheval. Que les deux prenaient beaucoup trop de temps et que ça se télescopait et qu'il fallait faire des choix. Et j'avais beaucoup trop eu de positifs dans l'équitation, dans le cheval, pour me dire que je pourrais assumer de prendre la décision de tout arrêter. Donc j'ai écouté une autre voix. qui me disait que je voulais me réconcilier aussi avec le médical et avec mon esprit un petit peu scientifique qui à la base est quand même présent. Donc j'ai fait des études littéraires pour la petite histoire, j'ai fait un bac L, puis en un an un diplôme équivalent au bac S.
- Speaker #1
Alors moi j'ai pas... excuse-moi de te couper, j'ai pas envie de te faire de vannes mais je suis obligé.
- Speaker #0
On t'écoute.
- Speaker #1
Du coup t'as fait un bac littéraire ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
On dit que le bac littéraire on lit beaucoup, donc c'est à dire que autant dire que t'en as épongé des... Oui,
- Speaker #0
oui,
- Speaker #1
beaucoup. T'en avais plongé des livres que tu lis en braille ?
- Speaker #0
Oui, oui, alors j'ai beaucoup lu en braille électronique sur la tablette que je t'ai montrée tout à l'heure Donc voilà Ou alors quand t'as la flemme, tu demandes à la voix de te lire
- Speaker #1
Je sais pas si on se rend compte Mais oui, j'ai beaucoup lu Peut-être que pour toi, en fait, c'est naturel et c'est pas forcément chose compliquée mais c'est vrai que pour nous, d'un oeil extérieur qui ne disons pas le braille ou des trucs comme ça tu te dis mais le cerveau, comment il est boutiqué de façon à ce que tu puisses être efficient Oui C'est d'une complexité.
- Speaker #0
Il s'adapte. Dis-toi que toi qui vois clair, d'ailleurs même pour quelqu'un qui voit mal, la vision est faite de base pour prendre 80% de ton attention. Donc c'est pour ça que tout le monde parle en rêve visuel, tout le monde pense que le monde n'est que la vue, parce que 80% de ton canal, de ton espace disque, est pris par la vue. Donc quand tu as 80% qui disparaissent, d'un coup qui sont plus exploitables, C'est comme si t'avais un espace disque de 80% qui se libère et qui ne peut pas rester vide, parce que la nature ne laisse pas le vide comme ça. Donc, qu'est-ce qui va se passer ? Bah tu as les 20% qui sont décompressés et qui vont se répartir équitablement. C'est pour ça qu'on pense que les aveugles ont des super oreilles, un super odorat, un super touché. En fait, c'est pas les organes, j'ai pas des oreilles de ouf, j'ai pas une peau incroyable, c'est juste que le cerveau a le plus d'espace à l'interprétation de ça, qu'à quelqu'un qui a... ses yeux, tout simplement. Voilà. Donc tu vois, c'est ça qui se passe en réalité.
- Speaker #1
On se connaît et tout, et genre, il y a trop de trucs, je me dis putain, mais en fait, ça paraît tellement logique quand tu l'expliques.
- Speaker #0
Mais ouais, et en fait, c'est pour ça que quand tu fermes les yeux, tout de suite, là, vous qui regardez, fermez les yeux, vous êtes perdus, vous êtes paumés. Voilà, c'est l'exemple que je donne aux enfants quand ils m'en parlent, c'est est-ce que tu vas faire pipi la nuit sans allumer ta lumière ? Ça peut arriver, il y en a qui le font. Et ils y arrivent parce qu'ils sont à l'aise chez eux. Je fais en sorte, moi, pour être suffisamment à l'aise, que je sois chez moi dans le plus d'endroits possible. Ma vie, c'est comme si j'allais faire pipi la nuit tout le temps.
- Speaker #1
Tu vas aller pisser au randonner ?
- Speaker #0
Je... Écoute... C'est ça,
- Speaker #1
t'en vas t'en faire 5,
- Speaker #0
toi ? On va se faire de la, on va de l'absolument, j'ai pas moi. Je vais pas en priver.
- Speaker #1
Non mais écoute, je trouve ça tellement passionnant. Donc là, qui naît ?
- Speaker #0
Qui naît ? Et donc en fait, oui. J'ai voulu me réconcilier avec le médical et avoir une utilité pour tout le monde. Je suis parti d'un postulat un peu idiot, vous me direz ce que vous en pensez, mais je me suis dit tiens, tout le monde a un corps.
- Speaker #1
Ça dépend, il y en a qui vont être invités sans confidence. Ils n'ont pas de corps, ils sont un peu découpés.
- Speaker #0
Ils sont upload en backup.
- Speaker #1
Tandis qu'il y en a plusieurs qui vont... Il y en a la semaine prochaine.
- Speaker #0
Oui, mais il a un corps quand même.
- Speaker #1
Il y a un corps, mais un peu moins.
- Speaker #0
Qu'il soit entier ou abîmé ou découpé ou ce que tu veux.
- Speaker #1
Il y a forcément quelque chose.
- Speaker #0
On a tous une base. Tout le monde a un corps. Et je me suis dit, à partir du principe que je peux me mettre au service de chacun dans ce sens-là, essayer de prendre soin de tout le monde et amener quelque chose de l'ordre de la réparation, de l'amélioration, que ce soit dans le sport, que ce soit dans le handicap. Et donc j'ai voulu me... me former à la kinésithérapie et j'ai fait ce choix un peu contre nature quand j'étais en littéraire de me dire je m'oriente vers une discipline médicale, scientifique, tout ça. Donc en un an j'ai placé un équivalent bac S juste après être sorti des lettres. Voilà, et donc j'ai en quelque sorte j'ai deux bacs.
- Speaker #1
Ok, mais en plus c'est vrai que c'est un métier qui est un peu plus à destination d'un public aveugle parce qu'il y a des formations je crois qui sont un peu faites pour ça.
- Speaker #0
Oui, et en fait le métier a été inventé par une personne aveugle. par un chirurgien qui a perdu la vue. Donc à la base, on est vraiment taillé pour le métier.
- Speaker #1
Donc tu t'es dit, je vais suivre un peu...
- Speaker #0
Oui. C'est peut-être une des rares fois dans ma vie où j'ai suivi les clous.
- Speaker #1
Mais tu ne regrettes pas ?
- Speaker #0
Non, je ne regrette pas pour la formation. J'ai pris beaucoup de désillusions aussi, parce qu'un milieu dit adapté, dit spécialisé, en réalité, j'ai appris beaucoup de condescendance aussi de la part de beaucoup de gens. Dans ce milieu-là, beaucoup d'infantilisation aussi, je le regrette énormément. Voilà, du foutage de gueule parfois un peu en pagaille. Malgré tout, c'est le monde réel aussi. Il faut savoir faire ses armes et en sortir la tête haute. Et c'est ce que j'ai fait, c'est ce qu'on a été beaucoup à faire. Et j'ai exercé pendant quelques années pour mon plus grand plaisir en tant que... que kinésithérapeute auprès de jeunes enfants en situation de handicap justement. Voilà, en région bord de la Dailzine, pas loin.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
voilà,
- Speaker #1
trop bien. Et là, t'attends que je te donne le...
- Speaker #0
J'attends que tu reviennes où tu veux que j'aille, tu sais, moi je ne suis qu'un humble interviewé, moi je... Moi je... tu sais, je...
- Speaker #1
Je suis... je bois tes paroles, Salim. Non mais c'est... encore une fois, c'est... enfin voilà, t'es... T'es l'incarnation de la grandeur. Non,
- Speaker #0
t'as pas, t'as pas, t'as pas. Non, vous couperez ça. Il savait pas ce qu'il disait. Je sais pas ce qu'il a bu dans mes paroles, mais avec modération,
- Speaker #1
mec. Avant l'interview, je lui ai demandé un résumé de, vite fait, de ce qu'il avait fait. Et quand j'ai regardé, je dis,
- Speaker #0
Et quand je te l'ai écrit, j'ai dit, j'ai oublié ça, j'ai oublié ça.
- Speaker #1
Et en fait, ce qui est dingue, je te l'ai dit d'ailleurs en rentrant, quand t'es arrivé dans la chambre, je dis... Lucille qui est en train de nous écouter peut en témoigner Je lui dis Mec, t'es trop humble
- Speaker #0
Mais non mais pas du tout
- Speaker #1
Si, t'as une humilité Tu dis pas tout ce que tu fais Mais non D'un côté c'est bien, mais d'un côté j'ai envie de le mettre en avance Aujourd'hui parce que tout ce que tu fais Pas pour te valoriser plus qu'un autre C'est de dire Putain le champ des possibles T'as coché toutes les cases,
- Speaker #0
t'as pété tous les murs Ouais mais je vais te donner un un dénominateur commun, que ce soit dans l'équitation, tous les sports, le pilotage, le Twitch, bref, tout ce que je peux faire, la création de contenu, tout. Ce que je fais, je le fais aussi et je le fais toujours en ayant en tête les autres. Ce que ça peut apporter aux autres et à d'autres qui sont dans des moments où on n'a pas envie, où on est chez soi, où on est au plus bas, des gens qui sont dans ma situation, dans la tienne ou dans celle de Pierre, Paul ou Jacques ou de qui tu veux.
- Speaker #1
Et rappelez les doutes.
- Speaker #0
Et puis de se dire que c'est possible et j'ai rien de plus que quelqu'un qui aurait envie. Bah si, j'ai juste l'envie en fait. Et donc, ma plus grande fierté, c'est quand il y a d'autres gens qui tentent des trucs que je fais et qui deviennent même meilleurs que moi. Et qui viennent me voir après en me disant, mec, j'ai vu ton exemple, je me suis dit, je vais tenter, vas-y. J'embrasse très très fort Nino Forger d'ailleurs, qui est une cavalière non-voyante qui a perdu la vue, après avoir eu déjà un bon niveau, un très bon niveau à cheval, qui a perdu la vue, qui est venue me voir très peu de temps après, en me disant je veux faire ce que tu fais Et aujourd'hui elle est en compétition de la même manière que moi, avec des cavaliers valides. C'est une jeune pleine de talent, pleine d'avenir, on l'embrasse très fort. Et tu vois, des exemples comme ça, moi c'est ça qui me fait vibrer. C'est, je veux dire, j'ai 32 pieds, je suis quasiment déjà vieux, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
C'est... Amuse-toi mec. Y'a beaucoup de gens qui sont jamais moches que toi.
- Speaker #0
Et alors ? Tu vois ce que je veux dire ? Tu vois, les jeunes, c'est les jeunes qui font demain. Tu vois ? On est encore là, mais euh... L'espoir il est chez eux quoi.
- Speaker #1
T'as dit quelque chose de très juste, tu dis euh... Le dénomica... Le dénominateur comment c'est d'aider les autres ? Ouais. En tout cas c'est ce qui fait sens pour toi, et c'est exactement ce qui fait sens pour moi. Tu vois ? Et tu vois là vraiment je suis... Je sais pas si les gens se rendent compte, on est à la quatrième interview. On a que des gars avec les cams. J'espère qu'on aura les nouvelles bientôt. Parce qu'on se rend compte de la valeur de ce qu'on est en train de créer et il y a encore deux semaines, tu vois, je le dis parce que c'est l'occasion et c'est un peu les confidences dans les confidences, mais il y a deux semaines j'étais en train de me dire que je suis en train de prendre le plus gros risque de ma vie. ça se trouve je suis la plus grosse quadrille de ma vie et en fait je suis en train de me rendre compte que avec ton témoignage ceux des autres sont en train de faire un truc ensemble plus juste mais d'une grandeur qui est infinie parce qu'en fait elle est multiple tu multiplies toutes ces possibilités t'inspires les gens, en fait on s'inspire tous les uns des autres donc on y va, Réflécu de la Commu avec Salim et Znaïli c'est parti Euh... Attends, laquelle je vais choisir ? Les autres, t'as dit. Il y a Rolling Adventure qui dit, en fait, tu es une sorte de D'Ardeville.
- Speaker #0
Ah bah écoute, merci. J'apprécie... Tu sais, dans les moments où tu veux prendre la confiance, et ça je voulais le dire aussi tout à l'heure, j'ai oublié. Mais quand tu veux prendre la confiance et que tu admires que ton modèle c'est un super-héros ou un personnage fictif, ce que tu peux te dire, là, c'est la réponse que je vais te faire. Je pourrais te dire, la plus grande différence entre D'Ardeville et moi, c'est que moi j'existe. Voilà.
- Speaker #1
Bah on a confiance mais en vrai c'est un truc ouais c'est un exemple bien sûr que ça a été un exemple pour moi Moi on n'en parle pas souvent mais moi je suis très fan des super héros et tout Et c'est vrai que c'est un que j'adore et derrière il y avait la série, ils avaient fait la série sur Netflix Et j'avais kiffé C'est exceptionnel Ouais Ils vont venir là Puis avec Ben Affleck le film avec Carmen Electra à l'époque
- Speaker #0
C'était pas Carmen Electra attention, non c'était Jennifer Gardner Qui jouait Elektra Naturally.
- Speaker #1
Ouais. Car mes Elektra c'était quoi ça déjà ?
- Speaker #0
Je sais pas.
- Speaker #1
C'est pas que c'était pas une actrice ? Si,
- Speaker #0
c'est une autre actrice. Non.
- Speaker #1
Que sens je me fais de blague là ?
- Speaker #0
Tu fais quoi avec un modec ?
- Speaker #1
Je sais pas. Je suis vraiment sûr que c'est pas une modèle américaine quoi. Ouais je suis sûr. Ça c'est à cause de mon frère, il m'a niqué mon cerveau quand j'étais jeune. Bref, du coup, toi t'existes. Bam.
- Speaker #0
Du coup moi j'ai... Mais big up à Charlie Cox.
- Speaker #1
Ensuite j'ai Anaïs qui me dit, est-ce que pour vous the sky is the limit ?
- Speaker #0
Ah bah oui et non c'est on peut très bien décider que c'est même pas une limite non en vrai c'est où sont les limites c'est chacun la plus la première limite c'est toi qui te la pose dès lors que tu décides que tu veux aller au delà qu'est
- Speaker #1
ce qui t'en empêche il faut s'autoriser à y aller on comme tu disais tout à l'heure on échoue et peut-être que ça nous ferait rire que ça nous ferait réussir exactement vis la lune peut-être Bon après il y a Kejo qui dit comment s'imaginent-ils les choses qu'il n'a jamais vues mais du coup on y a répondu dans l'interview.
- Speaker #0
Par contre il y a des choses que j'ai jamais vues effectivement. Et alors pardon désolé pour la transition pas très fine. Non parce que j'ai dit choses et que je vais te parler de ma chérie. Du coup ma chérie n'est pas une chose. J'ai jamais vu ma chérie par exemple. On s'est connu après que j'y vois plus.
- Speaker #1
Comment ça se passe la séduction ? Du coup on va y aller hein. Je suis désolé les gars mais... Comment ça se passe la direction et comment tu... Sans toi tu séduis, mais où est-ce qu'elle te séduit ?
- Speaker #0
Il y a un truc qui me manque énormément, c'est les jeux de regards. Les regards complices, tout ça, machin, tout ça. C'est ce qui me manque le plus, je pense, vraiment. Et ça me manque vraiment parce que je ne l'ai jamais connu en fait. Et je vous entends là, vous tous avec vos yeux, vous en parlez, tout le temps, machin, les regards complices, les clins de deuil, les machins. Je n'ai jamais vécu ça. parce que même quand j'y voyais, je voyais pas assez pour que ça ça soit précis là et puis bon pour choper certaines expressions, donc ça je ne l'ai pas. Comment on s'est rencontré avant ? On s'est rencontré sur Facebook à la base bon je vais pas dérouler toute l'histoire mais j'étais sur mon terrain de prédilection parce que c'était par écrit, par la discussion, par l'échange mais après voilà ça passe par d'autres choses par le fait de se parler, par Un sourire tu l'entends parce que quand tu souris ta voix est changée, tu souffles par le nez, tu as plein de trucs. C'est l'humour, c'est la personnalité, c'est... Je lui ai fait croire que j'étais un cavalier talentueux, elle y croit toujours, enfin tu vois il y a des trucs...
- Speaker #1
Non mais mec cette interview elle était insane. C'est chouette, plus le temps passe et plus c'est, c'est là où je suis le plus fatigué. Y'a rien qui va. Écoute, Salim, moi je te remercie infiniment, je pense qu'on pourra pas... Tout dire, je pense qu'il faut aussi, je ne sais pas combien d'interviews, attends, je ne sais pas le temps d'interview qu'on a eu, après moi j'ai passé un moment passionnant, j'espère que les gens qui vont nous regarder aussi.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Que voilà, on ne peut pas faire la récap, tu as piloté des avions, moi ce que j'invite c'est les gens à aller suivre Salim sur les réseaux, tu as piloté un avion, je pense que tu en parles sur tes réseaux etc.
- Speaker #0
Oui, j'ai fait une petite vidéo notamment sur Youtube où j'essaie d'expliquer comment ça fonctionne. J'essaie dans tout ce que je fais de faire un peu de pédagogie, d'expliquer comment c'est possible et de faire admettre aux gens, voilà...
- Speaker #1
que c'est faisable quoi comment on y arrive donc tu fais ça qu'est ce que tu as fait encore je sais plus je suis sur Twitch après pour le jeu vidéo pour on mettra ta chaîne et tout on mettra tout ça on mettra tout ça en description je t'avoue que je pense que c'est moi qui devrais dégager la description ça va être inaudible mais il y a tellement de choses c'est passionnant et en fait ça peut par effet de rebond On est sur d'autres choses, etc. Et en fait, voilà, tu fais plein de choses. Donc merci pour ton témoignage inspirant.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
On va passer à la dernière question de confidence, qui est la question signature. Je ne sais pas si je te l'ai envoyée. Si, je sais. Donc, parce que je fais des petites notes que je revois tous mes invités juste avant. Et effectivement, la question signature, c'est que j'ai envie de savoir, là, tu es assis en face de moi aujourd'hui, en face de moi, à côté de moi. Mais est-ce que tu aurais quelqu'un que tu aimerais voir sur la chaîne si oui et pourquoi ? Et dis pas moi parce que dans la vidéo de la fois précédente, je me suis fait avoir mon propre jeu.
- Speaker #0
C'est vrai ? Donc cette vanne, je peux pas la faire, elle a déjà été faite ? Ouais. Ah, les boules. Oui, il y a quelqu'un que j'aimerais bien que tu invites. J'ai parlé de la jeunesse, j'ai parlé de l'avenir tout à l'heure. Vous voyez une jeune femme que j'admirais énormément, dont j'aime beaucoup l'histoire, qui s'appelle Lou Méchiche. qui est surfeuse, qui est parasurfeuse.
- Speaker #1
C'est prévu.
- Speaker #0
Très malvoyante, c'est vrai ? Lou, c'est prévu ? Bah écoute, j'ai hâte et je suis très content que tu l'aies repérée aussi.
- Speaker #1
Ah ouais, elle est fantastique.
- Speaker #0
Elle est exceptionnelle.
- Speaker #1
Et pour la petite histoire, j'ai porté la flamme olympique.
- Speaker #0
Mais oui !
- Speaker #1
Et elle était dans le bus avec son papa.
- Speaker #0
Je sais bien ! Et tu vois, c'est des belles rencontres, je suis content qu'elle ait pu se faire.
- Speaker #1
Elle est aveugle, enfin en tout cas elle n'est pas aveugle, elle a une...
- Speaker #0
Ouais elle est très très malvoyante.
- Speaker #1
Très très malvoyante et a fait du surf, elle est en équipe de France, si je ne m'abuse.
- Speaker #0
Elle est en équipe de France, elle a été championne de France par équipe, je crois si je ne dis pas de bêtises. Championne du monde, pardon, par équipe, oui oui. Championne du monde, quatrième en individuel.
- Speaker #1
Et elle est hyper jeune, elle a 19 ans.
- Speaker #0
Très très jeune, ouais,
- Speaker #1
19 ans. Moi je trouve qu'elle a une qualité de...
- Speaker #0
19 ans et dans son histoire, bon, elle t'en parlera, mais elle ne pensait pas atteindre ses 18 ans. Elle a eu un cancer, elle a eu des trucs... c'est pas des rhumes des petites trucs et c'est un vrai exemple et un vrai vecteur de belles valeurs c'est une personne qui gagne à être connue et vraiment là pour le coup je serai devant quand vous dites je regarde son numéro je regarderai les yeux grands ouverts
- Speaker #1
Martin ben voilà on va finir sur cette vanne merci infiniment Salim pour ta confiance pour ce que tu viens de nous donner aujourd'hui J'espère que le témoignage de Salim aura vraiment une résonance. C'est trop cool parce que là, je sens qu'on, petit à petit, d'interview en interview, on gagne en échelon et en grade. Vous connaissez comme moi...
- Speaker #0
Level up.
- Speaker #1
Level up ?
- Speaker #0
Level up.
- Speaker #1
Donc vous savez comme moi comment fonctionnent les réseaux. Si vous voulez soutenir la chaîne, si vous kiffez l'interview de Salim, je pense que c'est une anime. C'est une manière pour dire qu'on la kiffe. Mettez un j'aime. des commentaires, abonnez-vous à la chaîne n'hésitez pas à partager ça aussi autour de vous voilà, ici c'est que de la bienveillance on est là pour faire évoluer les choses pour donner de la valeur à l'intelligence, on va reprendre le contre-pied encore une fois sans mauvais jeu de mots de ce que sont les formats.
- Speaker #0
Je viens de comprendre le jeu de mots donc ouais,
- Speaker #1
on est dans une ère très consumériste, notamment dans le contenu et là en fait on fait un petit peu on va à l'encontre de tout ça donc voilà, je fais un pari sur le format long Oui je suis sûr que tout ce que vous trouverez ici Ça a de la valeur Qui est énorme pour l'humanité Je le dis avec un grand H Parce que c'est fou tout ce témoignage qu'on a Et effectivement Lou fera partie Des futurs invités c'est sûr Donc voilà pour soutenir la chaîne Vous savez ce qu'il vous reste à faire C'était Confidence l'épisode 4 Avec Sanim et Jeannine Qui n'est pas un nom facile à dire On se retrouve pour une prochaine vidéo Salut tout le monde