Speaker #0Quelle noblesse ton prénom transmet-il parfois sans bruit ? On pense au château, aux couronnes, aux portraits de famille, aux noms qui impressionnent. Mais existe-t-il une autre noblesse, celle qui ne se déclare pas ? Celle qui se vit dans les gestes quotidiens, dans la constance, dans la justesse, la noblesse du cœur. Bienvenue ! Tu écoutes « Connais-tu ton prénom ? » Un podcast qui explore les prénoms comme des mots-clés posés à l'entrée d'une vie. Je suis Laetitia Absalon. interprète symbolique et transgénérationnelle. En cette semaine de janvier, nous traversons les prénoms de cette noblesse intérieure. Guillaume, Alix, Tatiana, Yves, Nina, Félix, des prénoms qui parlent de force tranquille. de transmission, de joie simple. Aujourd'hui, j'explore ces prénoms à travers les regards de ceux et celles qui nous ont précédés, l'étymologie, l'histoire, la cabale, le langage des oiseaux, les symboles, les archétypes et d'autres chemins encore qui peuvent ouvrir des pistes pour se comprendre. Avant de commencer, un rappel important. Les lectures que je propose sont des portes d'entrée. Les prénoms ne disent pas qui tu es. Ils posent des cailloux sur ton chemin. C'est parti ! Guillaume le protecteur Ce prénom porte la volonté protectrice qui ne domine pas, la force qui guide sans imposer. Les Bollandistes, ces érudits jésuites belges qui depuis 1643 démêlent légendes et histoires dans la vie des saints, nous révèlent quelque chose de fascinant sur Guillaume, car il existe deux figures de Guillaume. qui incarne deux visages du pouvoir. Guillaume le Conquérant, XIe siècle. Il conquiert l'Angleterre en 1066 à la bataille de Hastings. Le pouvoir par la force. Guillaume d'Orange, XVIIe siècle. Roi d'Angleterre lui aussi, lui refuse le pouvoir absolu. Il accepte une monarchie constitutionnelle. Il protège sans régner seul. Deux guillômes, deux choix. La conquête ou le partage. C'est... Ce prénom porte cette tension, la force qui choisit de ne pas tout prendre. Protéger, oui, mais protéger peut aussi devenir contrôler. Guillaume invite à veiller sans étouffer. Aujourd'hui, ce prénom résonne dans... William, Liam, Noah, Gabriel, Malo. Des prénoms qui portent cette fonction protectrice. Alix la noble. Voici ce que ce prénom met en jeu. Une noblesse intérieure discrète. Une qualité qui ne s'exhibe pas, une droiture qui n'a pas besoin de se dire. Cette noblesse n'est pas donnée, elle se façonne, elle se construit dans le temps. Écoutons Alix autrement, à travers la lecture symbolique des lettres hébraïques, non comme des qualités, mais comme des mouvements du vivant. Alix s'écrit avec quatre lettres. Aleph, le souffle premier, ce qui précède toute forme, une présence silencieuse à l'origine. Lamed, l'élan qui se redresse, le mouvement d'apprentissage. Ceux qui cherchent à comprendre, à transmettre, à s'élever. Iode, le point d'action, l'instant où l'intention devient geste. La plus petite lettre, mais celle où le souffle prend corps. Aite. L'espace délimité, le passage entre un dedans et un dehors. Non une fermeture, mais un cadre vivant où quelque chose peut respirer. Lus ainsi, Alix ne décrit pas une identité, il dessine un chemin. Un souffle qui cherche à s'élever, se met en action. Trouver sa justesse dans un espace intérieur clairement défini. Un espace à préserver sans l'enfermer. Une noblesse habitée sans la proclamer. Ce n'est pas ce que tu es. C'est ce que tu traverses. Aujourd'hui, ce prénom résonne dans Alia, Lina, Élise, Axel, Alicia, des prénoms qui portent cette même noblesse silencieuse en devenir. Tatiana, l'organisatrice. Ce prénom porte la structure intérieure, l'ordre qui libère ou qui enferme, selon la manière dont on le traverse. Tatiana vient du latin tatius, roi sabin lié à la fondation de Rome. Ce prénom est associé à l'idée de structure et d'organisation. Mais écoutez-moi. Ecoutons Tatiana autrement, avec le langage des oiseaux, cette façon d'écouter ce que les sons et les lettres portent. Ta, le toit, l'abri, ce qui protège. Ti, tiens, le lien, ce qui maintient ensemble. A, le compte. L'outil qui trace le cercle, qui délimite l'espace. Le compas organise mais peut aussi enfermer. Il dessine une frontière. A chacun de sentir si cette facette protège ou emprisonne. Na, naître, la naissance. Tatiana invite à structurer sans rigidifier, à organiser sans contrôler, à tracer un cercle qui rassemble et n'exclut pas. Aujourd'hui, ce prénom résonne aussi dans Thalia, Tiana, Léa, Mila, Lara. Yves l'enraciné. Voici ce que ce prénom propose. L'enracinement profond. La stabilité qui permet de tenir debout. La justesse qui vient du sol. Yves vient du breton « iu » . L'if. L'arbre sacré des Celtes. L'if. vit mille ans, parfois deux mille. Ses racines plongent profondément. Son bois est souple et dur à la fois. Les celtes en faisaient des arcs. Les druides le plantaient près de lieux sacrés. L'if est un arbre de passage. Ses baies sont toxiques. Ses aiguilles soignent, mort et vie entrelacées. L'if pousse lentement, il ne tremble pas au vent, il tient. Son élément, la terre profonde. Sa couleur, le vert sombre presque noir. Son symbole, la verticalité. Yves invite à rester debout parce qu'on est relié à quelque chose de plus profond que soi. Aujourd'hui, ce prénom résonne dans Yvan, Yann, Ivan, Maël, Gaël. Nina l'intérieur. Ce prénom porte une intériorité puissante, une douceur qui contient une force, un silence qui chante. Mais l'intériorité peut aussi devenir replie. Nina invite à cultiver l'intérieur sans se couper du monde. Nina vient de plusieurs racines, du russe petite fille, de l'espagnol diminutif Dan. Et pourtant, Nina est devenue un prénom à part entière, un prénom de douceur, comme Nina Simone. De son vrai nom, Eunice Kathleen Wayman, née en 1933. Une pianiste, chanteuse, militante des droits civiques. Sa voix est grave, profonde. Sa présence sidère. Mais tout vient de l'intérieur. En 1964, dans sa chanson Mississippi Good Matt Good Damn, une chanson contre le racisme, Nina ne crie pas, elle porte. En 1965, Feeling Good, elle chante la liberté retrouvée, pas l'euphorie, la dignité. Nina Simone disait « Vous ne pouvez pas m'aider à chanter, je chante seule » . Nina invite à ce chemin l'intériorité qui rayonne, la douceur qui ne faillit pas, le silence qui porte une parole. Aujourd'hui, ce prénom résonne dans Léna, Lina, Mina, Anna, Inès. Félix le Joyeux, ce prénom porte la joie incarnée, pas l'euphorie, pas l'excitation, mais la joie simple. celle d'être vivant. Félix vient du latin félix, heureux, chanceux, fécond. Mais cette joie n'est pas naïve, elle est choisie. Félix incarne l'idée que la joie est un acte de résistance, qu'être joyeux dans un monde lourd C'est un choix courageux, la joie comme force vitale, comme affirmation de la vie, comme un oui radical à l'existence. Ce n'est pas l'optimisme aveugle, c'est la capacité à voir la lumière même quand tout est sombre. Aujourd'hui. Ce prénom résonne dans Oscar, Noah, Ezio, Sohan et Lio. Lio, Alix, Tatiana, Yves, Nina, Félix. Six prénoms. Six invitations. Le protecteur qui choisit, la noble qui construit, l'organisatrice qui libère, l'enraciné qui reste souple, l'intérieur qui rayonne, le joyeux qui résiste. Ce que nous voyons, c'est ceci. La noblesse du cœur ne se déclare pas. Elle se traverse. Elle n'est pas dans ce qu'on est, mais dans ce qu'on devient. Elle n'est pas dans l'identité, mais dans le chemin. Elle n'est pas donnée. Elle se construit jour après jour. La noblesse n'est pas toujours visible, mais elle laisse des traces, parfois jusque dans un prénom. Les prénoms ne sont pas des étiquettes, ce sont des portes d'entrée vers un chemin intérieur. Alors, peut-être cette semaine, observe. Quel chemin ton prénom t'invite-t-il à traverser ? Voilà, de Guillaume à Félix, nous avons traversé des prénoms de la noblesse intérieure. À travers l'histoire, la cabale, le langage des oiseaux, les symboles, une figure qui a marqué son temps et un archétype universel. Choisir un prénom, c'est poser une étoile au-dessus d'une naissance. Reste à savoir, quelle force tranquille est-elle venue porter ? La semaine prochaine, nous explorerons les prénoms Marcel, Antoine, Sébastien, Agnès et Marius. D'ici là, prends soin de toi. À mercredi prochain.