Speaker #0Il y a ce que l'on connaît d'un prénom, son origine, son histoire, parfois sa signification. Et puis il y a ce qui peut nous inviter à regarder autrement. Je suis Laetitia Absalon, j'écris des récits sur mesure autour du prénom, de la lignée, de ce qui se transmet dans les familles. Dans ce podcast... j'explore les prénoms à travers plusieurs regards. Les bolandistes à Bruxelles qui démêlent la légende et l'histoire. L'étymologie qui remonte jusqu'à l'origine des mots. Le langage des oiseaux qui joue avec les sons. Les figures qui ont porté ces prénoms. Et d'autres chemins encore qui donnent des pistes pour se comprendre. Il y a aussi mon regard. C'est une lecture, la mienne. Tu l'entendras peut-être autrement. Ce que tu entends, toi, est précieux. Partage-le si le cœur te le dit. Cette semaine, une simple question. Que se passe-t-il quand tu entends un prénom pour la première fois ? Une image arrive avant même que tu saches. Et puis parfois, l'histoire vient la déplacer. C'est parti ! Drink, drink ! Tu appelles pour un rendez-vous, on te demande ton nom, puis ton prénom, tu le dis et il y a ce petit silence de l'autre côté. Euh, ça s'écrit comment ? Alors tu appelles, G comme Georges, H comme Henri et tu sens déjà au bout du fil la personne qui hésite. Certains connaissent ce moment depuis toujours. Guylain. À l'oreille, Guylain, tout simplement. Et pourtant, il s'écrit de plusieurs manières. « gislain » avec un « h » ou un « s » et un « s » qu'on n'entend jamais, « guilin » , « gislain » , « gui » ou « bi » tout simplement, comme il se prononce. Et au féminin, « guilaine » , avec les mêmes lettres muettes et la même question au téléphone. Ces lettres viennent de loin. Les dictionnaires de prénoms attachent « guilin » à deux mots germaniques, « gui » , « sil » , « lotage » , « celui qui quitte » . confie en gage, celui qu'on confie en gage, est arde, dur, solide. Un gage qui tient. Et ce S qu'on ne prononce plus au milieu du prénom. C'est ce qui reste à l'écrit de ce vieux mot. La lettre muette garde l'origine. Et la tradition fait venir Guylain de Grèce, d'Athènes, au 7e siècle. Il arrive dans le Hainaut, cherchant un endroit où s'installer. La légende raconte qu'une ours poursuivie par des chasseurs vient se réfugier auprès de lui et qu'elle le conduit jusqu'à l'endroit où il fondera son monastère. Autour, une ville grandit. Elle porte toujours son nom, Saint-Guylain, près de Mons. Tu te souviens peut-être de Denis, il y a l'épisode juste avant. Lui aussi, la tradition l'a rattaché à Athènes. Et lui aussi a donné son nom à une ville, née autour d'un sanctuaire. Saint-Denis, Saint-Guylain, deux hommes venus de loin et deux villes qui portent encore leur prénom. Une autre histoire. Ce prénom a porté une femme que beaucoup ont vue à la télévision. Guylaine Arabian, née dans le nord, près de Roubaix, à deux pas de la Belgique. Elle n'a jamais fait d'école de cuisine. Elle apprend le métier passé 30 ans. Et dans les années 90, à Paris, elle devient la seule femme de son époque à décrocher deux étoiles au guide Michelin, avec une cuisine venue du Nord et des Flandres. Plus tard, on la retrouve dans le jury de Top Chef, avec son franc-parler. J'imagine que pour elle aussi, elle a dû épeuler son prénom plus d'une fois. Une ville entière qui s'écrit avec un H et un S que personne ne prononce. Pendant longtemps d'ailleurs, l'orthographe d'un prénom n'était pas vraiment un choix. Quand un enfant naissait, le père allait le déclarer à la commune. Il disait le prénom à voix haute. Et l'employé l'écrivait comme il l'entendait, avec ses habitudes à lui, sa langue à lui. C'est pour cela que quand on remonte un arbre généalogique, on trouve parfois le même prénom écrit de plusieurs manières dans une seule famille. Le grand-père du grand-père, le père, le fils, trois employés différents, trois oreilles différentes. Si tu as déjà fouillé dans les registres de ta famille, tu as peut-être croisé ce genre de surprise. Aujourd'hui, ce n'est plus l'oreille de l'employé qui décide, ce sont les parents. Avec un H ou sans, une lettre en plus, une lettre en moins, comme pour Nathalie sans H, parfois ce détail a toute une histoire. Une personne aimée, un souvenir, une préférence, une discussion à deux, tard le soir et vingt ans plus tard. L'enfant porte toujours cette décision. Il l'épelle au téléphone, il la répète au guichet et il le vérifie sur chaque formulaire, chaque diplôme et chaque gâteau d'anniversaire. Mais qu'en est-il, l'histoire de ce choix ? À toi de me dire. Et puisqu'on parle de ce qu'on entend, écoute-le autrement. Guy, l'un. Le Guy, cette plante qu'on accroche au-dessus des portes pour le nouvel an. pour le nouvel an, et le lin dont on fait le fil. Un prénom qui à l'oreille contient un fil, ce n'est pas l'étymologie, c'est juste un joli hasard. Et j'avoue que ça me plaît beaucoup. Et plait son prénom, c'est parfois agaçant. C'est aussi à chaque fois redire un choix que quelqu'un a fait pour toi. Et si personne ne peut plus t'en raconter l'histoire, La question garde toute sa valeur. Prends ce qui te ressemble, laisse passer le reste. Bon, pour finir, et toi ? Dois-tu dire comment ton prénom s'écrit ? Voilà pour ce prénom. La première impression arrive vite. L'histoire prend son temps. Cette semaine, trois autres prénoms suivent le même fil. Dis-moi en commentaire la première image que ce prénom a fait naître chez toi. Et si elle a changé en route ? Je les lis tous. Alors, on se retrouve pour le prochain prénom ? À tout de suite !