Description
Et si l’anxiété n’était pas seulement un symptôme dont il fallait se débarrasser ? Parce qu’aussi inconfortable et envahissante soit-elle, l’anxiété peut parfois occuper une place bien plus complexe qu’on ne l’imagine. Et c’est précisément là que certaines thérapies peuvent se retrouver bloquées pendant des mois, malgré tous les efforts qu’on a mis en place.
Alors pourquoi certains patients restent-ils « accrochés » à leur anxiété alors même qu’ils veulent aller mieux ? C’est ce paradoxe que j’ai voulu explorer dans cet épisode, car il permet souvent de débloquer des suivis qui stagnent depuis des mois.
Quand on accompagne un patient anxieux, notre premier réflexe peut être de chercher à diminuer ses symptômes : réduire les ruminations, travailler les pensées anxieuses, diminuer les comportements d’évitement, apprendre à réguler les émotions ou encore mettre en place différentes techniques thérapeutiques. Et évidemment, tout ce travail peut être nécessaire.
Mais parfois, malgré les outils proposés et malgré une véritable envie d’aller mieux, quelque chose résiste.
C’est là qu’il devient intéressant de se demander quelle fonction l’anxiété peut avoir dans le fonctionnement du patient. Parce qu’un symptôme qui fait souffrir peut aussi, paradoxalement, protéger de quelque chose d’autre.
L’anxiété peut par exemple permettre d’anticiper constamment ce qui pourrait arriver et donner une illusion de contrôle face à l’incertitude. Elle peut conduire à éviter certaines situations et ainsi protéger temporairement le patient d’une peur, d’un échec, du jugement ou d’une émotion particulièrement difficile à traverser. Elle peut aussi progressivement prendre une place tellement importante dans la vie d’une personne qu’imaginer fonctionner autrement devient inquiétant en soi.
Cela ne signifie évidemment pas que le patient « choisit » d’être anxieux ou qu’il ne veut pas réellement aller mieux. Il s’agit plutôt de comprendre que certains mécanismes peuvent avoir une fonction protectrice, même lorsqu’ils sont devenus coûteux ou dysfonctionnels.
Et c’est justement cette fonction qu’il peut être intéressant d’explorer en thérapie.
Dans cet épisode, je vous parle donc des bénéfices secondaires, des résistances que l’on peut rencontrer en thérapie et de ce qui peut expliquer qu’un patient continue à utiliser certains mécanismes alors même qu’ils entretiennent son anxiété.
L’objectif est de pouvoir aller au-delà du symptôme pour comprendre ce qu’il permet au patient d’éviter, de contrôler ou de maintenir. Parce que parfois, travailler uniquement à faire disparaître l’anxiété revient à retirer une stratégie de protection sans avoir compris ce qu’elle protégeait.
Et lorsque certaines thérapies semblent stagner malgré les outils, les techniques et l’investissement du patient, cette question peut complètement changer notre manière de comprendre ce qui est en train de se jouer.
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