Description
Des patients qui annulent régulièrement leurs séances, qui ne reviennent plus après quelques rendez-vous, des consultations qui débordent… Et si tous ces problèmes avaient parfois un point commun : le cadre thérapeutique ?
On parle beaucoup de l'alliance thérapeutique, de l'écoute et des compétences cliniques du psychologue. Mais il existe un élément fondamental dans la conduite d'une thérapie qu'on a tendance à sous-estimer : le cadre thérapeutique.
Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne s'agit pas simplement de fixer des horaires, des tarifs ou des règles d'annulation. Le cadre thérapeutique est un véritable outil clinique qui participe à la sécurité psychique du patient, à la relation thérapeutique et à la protection du thérapeute.
Dans cet épisode de Contre-Transfert, je vous propose de comprendre pourquoi notre manière de poser et de tenir le cadre peut avoir des conséquences insoupçonnées sur une psychothérapie.
Nous commencerons par distinguer le cadre externe, qui regroupe les règles concrètes des consultations (durée des séances, tarifs, annulations, confidentialité), et le cadre interne, qui repose sur la posture du psychologue, sa formation, son travail personnel et sa capacité à maintenir ses limites.
Nous verrons ensuite pourquoi le cadre exerce une fonction contenante et sécurisante. Un cadre stable et prévisible permet au patient d'explorer ses émotions, ses conflits internes et ses difficultés relationnelles dans un espace suffisamment sécurisant.
Pour approfondir cette question, nous reviendrons sur Donald Winnicott et son concept de holding, ainsi que sur José Bleger et sa conception du cadre comme « non-processus » : cette partie stable de la thérapie qui permet au travail psychique d'évoluer.
Mais la manière dont un patient se rapporte au cadre constitue aussi un matériel clinique précieux.
Retards répétés, annulations de séances, demandes de changement d'horaires, difficultés à terminer une consultation… Ces comportements peuvent nous renseigner sur ses angoisses, ses défenses ou son rapport aux limites.
Je vous partagerai notamment une situation rencontrée en supervision : celle d'une psychologue dont les séances débordaient régulièrement de quinze minutes parce qu'elle ne parvenait pas à interrompre une patiente particulièrement loquace.
Que se passe-t-il lorsque nous dépassons systématiquement le temps prévu ? Que comprend le patient de ces débordements ? Et sommes-nous toujours dans la bienveillance lorsque nous avons du mal à faire respecter nos propres limites ?
Nous parlerons aussi de la différence entre un cadre ferme et un cadre rigide. Car tenir son cadre ne signifie pas devenir froid ou inflexible. Au contraire, cette stabilité peut favoriser une relation thérapeutique chaleureuse et sécurisante.
Enfin, nous aborderons la fonction protectrice du cadre pour le psychologue. Accepter toutes les annulations, prolonger systématiquement les séances ou répondre aux messages à toute heure peut progressivement conduire à l'épuisement professionnel.
Parce que tenir son cadre, ce n'est pas être moins humain ou moins bienveillant. C'est aussi offrir au patient de la stabilité, de la contenance et de la sécurité.
Je développerai également ces questions lors d'un live exceptionnel et gratuit, réservé aux abonnés de ma newsletter, à la fin du mois d'octobre.
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