Description
Un psychologue doit-il donner des conseils à ses patients ? C'est une question que beaucoup de professionnels se posent, notamment en début de carrière. On nous répète souvent pendant nos études qu'un psy ne doit pas donner de conseils. Mais pourquoi exactement ? Et surtout, que faire lorsqu'un patient nous demande directement ce qu'il devrait faire ?
Dans cet épisode de Contre-Transfert, je vous propose de revenir sur cette question fondamentale de notre pratique clinique : quelle est la différence entre donner un conseil et réaliser une intervention thérapeutique ?
Parce que le rôle d'un psychologue n'est pas de fournir des solutions toutes faites, mais d'accompagner le patient dans un processus de compréhension de lui-même, de ses émotions, de ses conflits internes et de ses mécanismes de fonctionnement.
Pour comprendre cette posture thérapeutique, nous revenons sur plusieurs fondements théoriques qui ont marqué l'histoire de la psychologie et de la psychothérapie.
D'abord, la règle d'abstinence développée par Freud, qui invite le thérapeute à ne pas répondre systématiquement aux demandes du patient afin de préserver son espace d'élaboration.
Puis la non-directivité de Carl Rogers et son concept de tendance actualisante : l'idée que le patient possède des ressources et des capacités de développement que le thérapeute doit l'aider à mobiliser, sans se substituer à lui.
Nous abordons également la neutralité bienveillante, une notion essentielle pour comprendre comment un psychologue peut être engagé dans la relation thérapeutique sans pour autant orienter les décisions personnelles de son patient.
Et surtout, je vous explique pourquoi ne pas donner de conseils ne signifie absolument pas rester passif en séance. Questionner, reformuler, proposer des hypothèses, interpréter, confronter, travailler les résistances ou encore faire de la psychoéducation sont autant d'interventions thérapeutiques qui permettent d'accompagner le patient sans décider à sa place.
Mais que se passe-t-il lorsqu'un psychologue donne malgré tout des conseils ?
Nous explorons les conséquences possibles sur l'autonomie du patient, sa capacité à faire ses propres choix, la relation thérapeutique et les mécanismes de dépendance qui peuvent progressivement s'installer.
Je vous parle aussi d'un aspect souvent oublié : ce que la demande de conseil vient provoquer chez le thérapeute lui-même.
L'envie de rassurer, de sauver, de répondre immédiatement, la peur de ne pas être suffisamment compétent ou encore le besoin de prouver son utilité peuvent constituer un matériel clinique particulièrement intéressant à analyser à travers le contre-transfert.
Car parfois, ce n'est pas seulement le patient qui attend une réponse. C'est aussi le psychologue qui ressent le besoin d'en donner une.
Enfin, nous abordons les différentes pressions qui peuvent influencer notre posture : les attentes des patients, le regard de la société, le rapport à l'argent, le sentiment d'illégitimité ou encore les doutes que rencontrent de nombreux jeunes psychologues.
L'objectif de cet épisode est de vous aider à mieux comprendre ce qui se joue lorsqu'un patient demande un conseil, à distinguer conseil et intervention clinique et à réfléchir à votre propre posture thérapeutique.
Parce qu'accompagner un patient, ce n'est pas lui dire quelle direction prendre. C'est lui permettre de découvrir et de construire la sienne.
Inscrivez-vous à ma newsletter du mardi pour du contenu exclusif : https://www.marionthelisson.com/newsletter-marion-thelisson/
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.


![[VLOG] Notre avis sur la formation en thérapie des schémas cover](https://image.ausha.co/JxSHY3fq8HqhUfYjmwelZmd36KUGA5MQJnIGPa7M_400x400.jpeg)


