- Speaker #0
Ce matin, j'ai rendez-vous aux 17 rues de la Sorbonne à Paris. Plus précisément à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. C'est la plus grande université de sciences humaines et sociales en France et en Europe. On est en plein cœur du quartier latin, à deux pas de Notre-Dame et de la Seine. Ce lieu, c'est un peu un emblème à Paris. Tant d'histoires y ont été écrites, tant d'imaginaires y ont pris vie. Et là, tout de suite, je pense à Marie Curie, Balzac, Godard, Jackie Kennedy, Léopold Sédar-Sangor ou encore Robert Badinter. Et pour eux, comme pour 45 000 jeunes gens aujourd'hui, tout a commencé là, en étant étudiants. D'ailleurs, en regardant la rue ce matin, je ne vois qu'eux. Ils sont l'âme du quartier. Jeunes, fringants, déterminés, avec un je-ne-sais-quoi qui les rend tous si singuliers. Et j'ai hâte de les rencontrer. Parce que si je suis là, c'est pour les suivre pendant toute la durée du concours international d'éloquence de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Éloquence fait partie de l'ADN de cette université. Et avec mon micro, nous partons à la découverte de cette discipline qui offre tant de liberté. Vous écoutez Convaincre et émouvoir, un podcast en immersion au cœur du plus grand concours d'éloquence francophone. Je suis Mery, c'est parti !
- Speaker #1
Bonjour monsieur, vous avez le nom de mon podcast pour le concours d'éloquence ?
- Speaker #0
Je ne sais pas vous, mais moi c'est la première fois que j'assiste à un concours d'éloquence. Le principe est simple, en apparence. D'abord l'inscription. Il y a 100 places et autant vous dire qu'il faut être prêt à cliquer car elles partent en moins d'une minute. Lors de l'inscription, les candidats choisissent un sujet, puis ils ont trois semaines pour écrire une plaide. Une plaide, c'est un discours pour défendre une thèse, une cause, une idée. L'objectif donc, pour les candidats, c'est de réussir à convaincre, émouvoir et persuader leur auditoire, de construire un argumentaire et bien sûr, de s'exprimer en public avec éloquence. Le premier et le second tour ne se jouent pas en public mais juste devant les jurés. En revanche, la demi-finale, oui, et elle aura lieu dans l'amphithéâtre Richelieu avec ses 500 places. La finale, elle, se jouera hors les murs. Et quels murs ? Puisqu'elle aura lieu sous la coupole du Panthéon, située à 500 mètres de la Sorbonne. Vous imaginez, vous, plaider sous la coupole du Panthéon, à côté des grands noms de l'histoire ? Simone Veil, André Malraux, Alexandre Dumas ? Quand on y pense, c'est quand même assez vertigineux. Là, c'est Anaïs. Elle fait partie de l'université et elle est chargée, avec ses collègues, de l'organisation du concours. Alors qu'on traverse la cour d'honneur, je fais une pause pour prendre la mesure du lieu dans lequel je suis. Face à moi, une chapelle, assez impressionnante avec ses grandes colonnes. Deux sculptures trônent. À gauche, Victor Hugo, l'air pensif, qui nous observe. Puis on passe ensuite devant Louis Pasteur, très concentré. Là, il y a un panneau, concours international d'éloquence 2025. Avant d'entrer dans le bâtiment où les candidates et les candidats sont attendus.
- Speaker #2
C'est la septième édition et on reste toujours sur le même nombre de candidats au premier tour, c'est-à-dire 100. Et donc pour le second tour qui est le 19 mars, les jurés ont pour mission d'en sélectionner 32 d'ici demain midi.
- Speaker #1
Tout se passe là et à l'étage.
- Speaker #2
Je vais monter parce que je crois que j'ai un candidat qui vient d'arriver.
- Speaker #0
La mission de l'équipe à laquelle appartient Anaïs, c'est d'accueillir les candidats et les jurés bien sûr, de vérifier que tout le monde respecte son heure de passage, mais pas que. Il s'agit aussi de rassurer, d'écouter, d'accompagner ces candidats qui se lancent parfois. pour la première fois.
- Speaker #3
C'est mon premier concours d'éloquence. J'y suis allé au culot. Donc on va voir, on va passer un bon moment et on va bien rigoler. Je m'appelle Théodore. Et dans la vie, j'aime mieux le sport. Je fais un peu de musique. Je chante un peu, j'écris un peu. Je me suis dit que ça faisait sens de participer à un concours d'éloquence vu qu'on joue un peu avec les mots comme en musique.
- Speaker #0
Comment tu te mets en mode pour te concentrer ? Est-ce que tu as des petits tips ?
- Speaker #3
Le déni ? Tout simplement le déni. Non honnêtement je suis pas quelqu'un de stressé. Je me dis qu'il y a des choses à apprendre, il y a des choses qu'il y a un enseignement derrière. Quoi qu'il arrive, peu importe le résultat, que ce soit positif ou négatif, je vais gagner en confiance, je vais gagner en éloquence sûrement. Donc en vrai j'ai pas de stress et je me dis que ça va être une bonne expérience.
- Speaker #0
A chaque étape, son thème. Le premier tour, c'est l'amitié. Les candidats ont le choix entre trois sujets. Qui se ressemble s'assemble ? Peut-on être ami avec n'importe qui ? Et l'égoïsme est-il le poison de l'amitié ? Chaque sujet doit être défendu durant 4 minutes, à l'affirmative ou à la négative, et la posture des candidats est tirée au sort.
- Speaker #4
En fait, moi je voulais avoir la négative, mais on m'a donné l'affirmative, donc j'étais un petit peu déçue, sachant que j'avais déjà des idées à la négative. Donc ça apprend en fait à se dire qu'il faut penser contre soi-même pour pouvoir convaincre derrière. Et c'est un peu cet exercice-là qui est très instructif, je trouve, à faire, c'est ça. Je m'appelle Lucie Tiffany. Aujourd'hui, j'ai participé au concours d'éloquence. Tout d'abord parce que j'aime bien l'éloquence, j'aime bien m'exprimer, parler, j'aime bien les mots. Et donc, je me suis dit que c'était une bonne opportunité encore une fois de le faire ici.
- Speaker #0
Les candidats se succèdent deux par deux devant un jury, mais ces duels ne sont pas éliminatoires. Le jury, lui, est composé de trois membres issus des associations étudiantes co-organisatrices du concours. Révolte-toi Sorbonne, Lysias Paris 1 et Sorbonne ONU. Et là, c'est Hugues qui prend la parole.
- Speaker #5
Ok, alors bienvenue au communitour du nouveau de Mario. Sur ces 4 minutes, à 3 minutes 50, par un signal sonore de ce type, nous vous amènerons qu'il reste 10 secondes avant de conclure. A 4 minutes, on vous demandera de conclure. A 4 minutes 30, on vous arrêtera. Je suis prêt à vous sauter dessus. Pour autant, la parole est à Anton. Sur le sujet, peut-on être ami avec n'importe qui ? A l'affirmative, la parole est à toi.
- Speaker #6
Je commence dans le jeu ? Oui. Dès que je commence, je ne tombe pas ? Oui. Ok, parfait.
- Speaker #0
Après leur plaidoirie, les candidats sortent. Les jurés, eux, restent et partagent leurs impressions. Puis, quelques minutes plus tard, ils rappellent les candidats pour leur faire un débrief et surtout leur donner des conseils.
- Speaker #5
On va très rapidement se présenter. et ensuite essayer de faire des retours assez concis, assez rapides. Ces retours seront forcément subjectifs parce qu'on est qu'un jury parmi tant d'autres et que d'autres gens vous auraient dit d'autres choses. Désolé si parfois ils peuvent heurter, c'est pas du tout de but et on essaie de faire attention. Toutefois, ça peut toujours échapper. Si c'est le cas, n'hésitez pas à nous poser des questions à la fin s'il y a des choses que vous ne comprenez pas ou qui vous intriguent ou que vous avez envie de creuser un peu. C'est totalement possible.
- Speaker #0
En revanche, et c'est là qu'il y a un peu de suspense, les résultats ne seront donnés que d'ici quelques jours. Comment ça s'est passé ?
- Speaker #7
Ça va, ils sont justes et ils pèsent pas leurs mots, mais c'est bien.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi ils pèsent pas leurs mots ?
- Speaker #7
Ça veut dire qu'ils sont très cash, ils disent ce qu'ils pensent, mais c'est bien, ça entraîne vraiment et ils sont très honnêtes.
- Speaker #0
Du coup ils t'ont dit quoi ?
- Speaker #7
Qu'est-ce qu'ils m'ont dit ? Attends, qu'est-ce qu'ils m'ont dit ? Il y en a une qui m'a dit que j'avais la peau de la SNCF, on m'a jamais dit ça. De ma vie en série, ça m'a marquée. Je l'ai écrit en gros sur ma feuille parce que c'est quand même fort. Mais ouais, non, ils sont très... Déjà, ils accordent beaucoup d'importance à la forme, à l'éthos, ce qui est assez rare dans les premiers tours de concours de développement où généralement ils sont très concentrés sur le fond et sur les arguments. Là, ils l'étaient, mais je pense qu'ils sont aussi conscients qu'on est très nombreux et donc forcément les arguments vont revenir. Donc ils accordent beaucoup d'importance à la forme, à l'aisance. à la voix, etc.
- Speaker #0
Ah oui, petite précision et non des moindres. L'éloquence, ça fait un bail que c'est dans le vent. En fait, ça existe depuis l'Antiquité. Et c'est à cette époque que sont posées les bases de la rhétorique. L'éthos, qui reflète la personnalité de l'orateur. Le pathos, qui touche les émotions de l'auditoire. Et le logos, qui englobe la forme et les arguments du discours. Et du coup, c'était quoi le sujet ?
- Speaker #7
Le sujet, c'était qui se ressemble, ça semble. Et moi, j'étais à la négative.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux bien te présenter ?
- Speaker #7
Moi, je m'appelle Graciela, j'ai 20 ans et je fais des lequences depuis 3 ans. Mais ouais, je pense que là, comme c'est les premiers tours, la pression n'est pas non plus énorme et on sait qu'il y a énormément de gens. Donc c'est toujours un peu, mais plus ça avance et plus c'est stressant et plus la pression monte 3-4 jours avant. Alors que là, en vrai, jusqu'à ce matin, quelque chose, c'est pas hyper stressant.
- Speaker #0
Et alors que je suis en train de discuter avec Graciela... Il y a Théodore qui réapparaît.
- Speaker #3
J'étais très heureux de le faire. Après, il y a des codes que je ne respectais pas encore, vu que je n'avais jamais fait de concours d'éloquence. Mais en tout cas, ils ont dit que j'ai dégagé une belle énergie.
- Speaker #0
Je laisse Théodore rassembler ses affaires et j'en profite pour aller faire un tour dans la cour. Aujourd'hui, il fait très beau. Les étudiantes et les étudiants profitent du soleil et discutent en petits groupes. Il y a Rémi qui arrive.
- Speaker #8
Bonjour.
- Speaker #0
Bonjour, ça va ? Comment tu te sens ?
- Speaker #8
Ça va, ça va. Ça s'est bien passé. Assez bien, je pense.
- Speaker #0
Tout à l'heure, j'ai pu assister à ta plaidoirie. T'es hyper théâtral dans ta façon d'incarner ton texte. D'où ça vient, ça ?
- Speaker #8
Habituellement, je ne le suis pas trop trop. Je suis plus dans tout ce qui est pathos et émotions, donc beaucoup plus posé. Et là, comme sur le sujet, je n'ai pas trop réussi à mettre du pathos. J'étais plus dans le sarcasme et le rire. et du coup je me suis plus mis sur le côté de Ce qui m'a d'ailleurs été un peu reproché d'être plus dans le tête que dans l'éloquence.
- Speaker #0
Et en quoi l'éloquence t'aide dans ta construction ?
- Speaker #8
Déjà je pense au niveau aisance à l'oral, ça c'est sûr, mais aussi le fait de s'affirmer, de ne pas avoir peur et de ne pas des fois rentrer dans des pièges qu'on nous tend pendant des discussions. Et en vrai ça aide vachement et c'est assez intéressant de le faire parce qu'au début quand on essayait encore de me... tentent des pièges, des fois pour rigoler. Je ne savais pas trop quoi faire, je perdais un peu de moyens. Et là, j'ai plus peur, je dis oui alors et la personne en face ne sait plus trop quoi répondre. Du coup, c'est assez intéressant d'un point de vue rhétorique.
- Speaker #0
Après mon échange avec Rémi, je me faufile dans une autre salle du concours, juste avant que les portes ne se referment. Et là, j'assiste à un autre duel. On l'appelle comment ?
- Speaker #2
La seule à la fresque. Il y a une jolie fresque.
- Speaker #0
Il y a quatre rangées de sièges, puis deux tables qui font face à une table avec les trois chaises des jurés. Voilà. Et puis, pendant que les jurés débriefent, je ressors avec les candidats qui viennent de plaider.
- Speaker #2
Vous êtes trop fort, c'était trop bien ! Comment tu te sens toi après là ?
- Speaker #9
Normalement, une bonne plaide, c'est surtout l'après qui est agréable.
- Speaker #0
Lui, c'est Clément.
- Speaker #9
Parce que du coup, quand tu écris ta plaidoirie, ce qui est intéressant, c'est que tu es fier de ce que tu as écrit. C'est un plaisir de plaider et de le dire. Du coup, ça te fait plaisir que ta plaidoirie ait eu un impact et que les autres aient pu l'entendre. Donc moi c'est souvent l'après que j'aime mais voilà après ça va pour l'instant.
- Speaker #0
Et justement là aujourd'hui cet après il est comment pour toi ?
- Speaker #9
En vrai c'était une plaide, bon je ne l'ai pas énormément travaillé donc en vrai j'aurais pu l'incarner un peu plus et pouvoir l'écrire un peu mieux mais c'était une bonne plaide du premier tour mais voilà. Donc un après correct.
- Speaker #0
Pourquoi toi t'accompagnes ? Excuse-moi mais...
- Speaker #6
Moi je l'accompagne parce qu'on est en cours ensemble, qu'il a dû s'enfuir de l'enfui au milieu du cours, et que du coup je l'ai fait avec lui parce que je suis un bon pote. Et aussi non, moi je passe demain.
- Speaker #0
Et là, c'est Lucien.
- Speaker #6
Donc ça m'a permis d'aller voir où c'était déjà, parce que la semaine c'est immense pour arriver à l'heure, et voilà, j'ai un peu tâté le terrain.
- Speaker #0
Pour toi c'est quoi l'éloquence, c'est quoi le kiff que tu tires de ça ?
- Speaker #6
Moi j'aime bien l'exercice, de voir déjà composer sur un sujet, je trouve ça toujours intéressant. Et par ailleurs, c'est vrai que le fait de s'exercer à parler devant des autres et surtout à incarner les choses qu'on dit, que ce soit avec gravité ou avec humour, c'est quelque chose qui s'avère être un skill important, un soft skill.
- Speaker #3
Merci beaucoup.
- Speaker #0
C'est marrant, je ne m'attendais pas du tout à ce que Lucie emploie cette expression « soft skills » . J'ai plutôt l'habitude de l'entendre dans la bouche des patrons de start-up. Mais toujours est-il que les « soft skills » , c'est un peu tout ce qui permet à quelqu'un d'interagir efficacement et harmonieusement avec d'autres personnes. Et ça s'oppose aux « hard skills » , les compétences purement techniques et académiques. Après cette petite mise à jour sémantique, je me place à l'entrée du bâtiment. Je scanne la cour à la recherche de candidats. Ils sont assez identifiables dans la nuée d'étudiants qui fourmillent. C'est le pas déterminé, l'allure travaillée et le regard concentré qui me font dire que cette jeune femme qui arrive, en est une. Elle s'appelle Leïla et forcément, je lui demande pourquoi elle a décidé de s'inscrire au concours.
- Speaker #10
L'année dernière, j'étais dans les spectateurs au Panthéon, à la finale du coup, et j'étais vraiment admirative des orateurs. Je les ai trouvés incroyables et il y a une des participantes qui s'appelait Leïla. Et je me suis dit, j'ai envie d'être à sa place en fait. Et vraiment, elle ne se rend peut-être pas compte, mais j'ai eu beaucoup, beaucoup, beaucoup de respect et d'admiration pour elle à ce moment-là. Ça m'a poussée à me surpasser, à être courageuse et à m'exprimer. Et même si j'ai fait du théâtre, ce n'est pas pareil avec l'éloquence.
- Speaker #0
En l'écoutant, je commence vraiment à comprendre le pouvoir d'attraction de l'éloquence. Avant de se lancer, d'oser prendre la parole, on a tous entendu quelqu'un s'exprimer avec force et conviction. Quelqu'un qui nous a donné envie de nous lancer à notre tour. J'accompagne Leïla au premier étage, dans la salle où les candidats attendent de passer. Et là, je rencontre Luna, sa contradictrice, qui, elle aussi, est très impatiente de plaider.
- Speaker #1
Je suis contente du travail que j'ai fourni, je suis prête, je sais pas, mais en tout cas, j'ai envie d'en découdre et j'ai envie de me faire plaisir.
- Speaker #0
Pour toi, l'éloquence, c'est quoi ?
- Speaker #1
Pour moi, l'éloquence, c'est un moment où on s'amuse avec les mots, où on essaie de surpasser. C'est pour ça que j'ai fait le concours une deuxième fois alors que j'avais... J'ai quand même subi ce qu'on pourrait appeler un échec la première fois et cette année j'ai vraiment envie de juste me faire plaisir, de m'entraîner, de m'améliorer et de devenir une meilleure oratrice que ce que je n'étais l'année d'avant.
- Speaker #0
Là, c'est le moment où Luna et Leïla partent plaider. J'attends derrière la porte. J'entends des éclats de voix, j'arrive pas vraiment à distinguer ce qu'elles disent.
- Speaker #10
Pour l'hésitation et pour la contradiction, on fait la différence.
- Speaker #0
Et puis elles ressortent, soulagées, souriantes. Elles ont l'air de partager quelque chose que j'arrive pas encore à identifier, mais je les sens liées.
- Speaker #10
Vous connaissez le sportmanship ? En fait, je fais des combats de boxe, et j'ai beau recevoir des coups de mon adversaire, je suis toujours admirative quand c'est bien placé. Et Luna, c'est ce qu'elle a fait. Et j'étais admirative de ça. On peut pas en vouloir à quelqu'un qui vraiment... gère son sujet et fait les choses correctement finalement.
- Speaker #0
C'est reparti pour vous. Pendant que Leïla et Luna vont écouter les retours des jurés, j'en profite pour discuter avec Gaïa Lou qui attend patiemment son tour. T'as écrit vite, t'as écrit lentement, t'as écrit la nuit, le jour.
- Speaker #11
J'ai écrit étonnamment vite, j'ai pris une grande feuille de papier avec mon sujet et un peu à l'image d'une dissertation de philosophie, j'ai noté un peu tout ce qui me venait, j'ai lu, j'ai réfléchi, j'ai fait des recherches et en fait tout a découlé de, je parle beaucoup d'expérience personnelle, je parle d'une rupture amoureuse
- Speaker #0
Quand je lui demande si elle a le trac, elle me dit tout de suite qu'elle a grandi sur scène. En fait, elle a fait de la danse classique toute son enfance. Elle connaît cette sensation. Et d'ailleurs, elle en a tiré quelques leçons.
- Speaker #11
J'ai appris que malgré le stress, malgré le trac, parfois ça se passe très bien et parfois ça se passe pas bien. Parfois ça se passe pas comme on voudrait. Et en fait, j'ai appris que c'était jamais dramatique. J'ai vraiment appris à gérer ce moment où on sait plus, où on comprend plus, où ça nous échappe complètement et de toujours savoir rebondir et savoir... Oui, c'est savoir entre guillemets improviser, trouver une solution. Le public ne sait pas que je me suis trompée. Donc même si là, je change mon discours du tout au tout parce que j'oublie, parce que je n'arrive pas à lire mes fiches, je sais que ça se passera bien. Donc même si je suis extrêmement nerveuse, stressée, j'apprends à canaliser, à respirer. Et parce que j'ai cette expérience, je sais que ça va être un moment absolument extraordinaire, que je vais mettre deux heures à redescendre, à arrêter de trembler, parce que c'est extatique, c'est euphorique comme expérience de parler, de s'exprimer, d'avoir ce regard et cette écoute et ce temps où on peut être. Qui on veut, ce qu'on veut, tout faire, on a une audience qui est là pour se concentrer sur nous et on peut leur donner et on reçoit aussi énormément. Et en fait, tout le stress du monde vaut le coup et je sais que si ça se passe mal, je saurais le gérer.
- Speaker #0
Ce que je retiens de cette journée, c'est que l'éloquence est un art. Un art addictif pour celles et ceux qui le pratiquent. Que ce soit la première fois qu'ils plaident ou que cela fasse déjà partie de leur quotidien, une fois qu'on y a goûté, l'éloquence a du mal à vous quitter. D'ailleurs, ce matin encore, je ne savais pas trop dans quoi je me lançais. Et je dois reconnaître que, moi aussi, j'ai été piqué par cette énergie vibrante qui se dégage du concours et des candidats. J'admire leur capacité à sauter dans le vide avec leurs mots, leurs caractères, leurs idées. Dans cet épisode, vous avez entendu Anaïs, Lucien, Leïla, Théodore, Lucie, Clément, Luna, Hugues, Gradiela, Rémi et Gaïalou. Quelques-uns des 100 candidats du premier tour de la 7e édition du concours international d'éloquence de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Rendez-vous au prochain épisode pour savoir qui aura atteint le second tour. Ils seront 32 étudiants de Paris 1 et 13 de l'AUF, l'agence universitaire de la francophonie. Quel sera le thème ? Comment se sentiront-ils ? Est-ce que le trac sera plus fort ? Et surtout, qui sortira du lot ? J'ai hâte d'y être et en attendant, n'hésitez pas à partager cet épisode et à laisser en commentaire les prénoms des candidats que vous avez aimés. Moi, je n'ai pas réussi à choisir. Je suis Mairie Royer, vous venez d'écouter le premier épisode de Convaincre et Mouvoir, un podcast de l'université Paris 1, Panthéon-Sorbonne, imaginé avec Clapodio.