Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de ce que je ne contrôle pas. Le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui vivent avec des TOC. Un espace libre et sincère pour comprendre ce que l'on traverse, mettre des mots sur des expériences souvent invisibles et petit à petit ouvrir des chemins pour avancer. Dans ce podcast, on parle des TOC tels qu'ils sont vraiment, de ce que ça fait de vivre avec, des doutes, de la fatigue, du silence, mais aussi des ressources que l'on peut trouver en soi pour aller mieux. Parce qu'apprendre à vivre avec ce que l'on ne contrôle pas, c'est déjà une forme de courage. Je suis aimée et à chaque épisode, je vous emmène à la rencontre de vécu, de réflexion et de pistes pour mieux comprendre et peut-être à son rythme avancé. Lorsque mon talk a commencé, L'une des premières difficultés auxquelles j'ai été confrontée a été le doute. Dans cet épisode, j'aimerais prendre un moment pour parler de cette relation particulière au doute et de la manière dont il peut, petit à petit, influencer la manière dont on se perçoit. Je prendrai aussi un moment pour partager mon expérience et certaines clés qui m'ont aidé à avancer et à retrouver petit à petit confiance en moi. Douter fait partie de la vie. Nous doutons tous à certains moments, avant de prendre une décision, face à une incertitude. Mais lorsqu'on vit avec des tocs, le doute peut prendre une place beaucoup plus envahissante. Dans certains cas, le problème n'est pas seulement la pensée ou le rituel, mais c'est le doute qui ne s'apaise pas. Même lorsqu'une réponse semble évidente, une autre question peut apparaître. Mais le doute ne se manifeste pas de la même manière pour tous les TOC. Dans certains troubles, il est au centre et dans d'autres, il peut apparaître différemment, parfois plus discrètement. Par exemple, le doute peut se manifester à travers la perte de contrôle ou dans la manière dont on se perçoit, ce qui a été mon cas. A force de se sentir dépassé par un comportement, l'on ne contrôle pas toujours. On peut commencer à douter de soi, de sa volonté ou du regard que les autres portent sur nous. D'où la perte de confiance en soi. Lorsque ce doute s'installe dans le temps, il ne reste pas seulement dans les pensées. Il peut finir par toucher quelque chose de plus profond, la confiance que l'on a en soi. On peut commencer à hésiter davantage, à remettre en question ses décisions ou à chercher constamment à se rassurer. Des choix qui semblaient simples deviennent plus difficiles à prendre. Et petit à petit, il peut aussi devenir difficile de se fier à son propre jugement. Parfois, ce doute va encore plus loin. On peut ne plus aimer son corps, ne plus être satisfait de ce que l'on fait. ou craindre que les autres remarquent notre fragilité. Dans ces moments-là, on peut avoir tendance à se faire plus discret, presque à essayer de ne plus trop exister. Tout cela entraîne une fatigue mentale. En effet, vivre avec ce type de doute peut être très fatigant mentalement. Ce n'est pas seulement une pensée qui passe, mais c'est une pensée qui insiste qui va revenir, qui va demander de l'attention. A force de réfléchir, de vérifier, d'essayer de trouver une réponse ou une action, l'esprit peut finir par s'épuiser. Ce n'est pas seulement de l'angoisse, ce n'est plus seulement de l'angoisse. C'est aussi l'épuisement de devoir constamment analyser, corriger et parfois ne pas réussir à s'arrêter, même lorsqu'on sait que cela nous fait du mal. Ce qui peut fatiguer aussi, c'est le silence. Le silence autour du trouble. Le poids de ce que l'on garde pour soi et le fait de chercher à cacher ce que l'on traverse par peur du regard des autres, tout cela a finalement un impact sur l'image de soi. Avec le temps, cela peut finir par toucher l'image que l'on a de soi-même. On peut commencer à se voir comme faible, exagéré, incapable de se contrôler. On peut même finir par croire que si l'on n'arrive pas à s'arrêter, c'est simplement une question de volonté, alors qu'en réalité, ce n'est pas le cas et qu'on a peut-être besoin d'être accompagné. Les TOCs sont des mécanismes complexes qui peuvent être très puissants et difficiles à interrompre. Dans mon cas, le doute ne s'est pas manifesté de la manière dont on l'entend le plus souvent. Il ne prenait pas forcément la forme de questions répétées auxquelles je cherchais des réponses, mais il était plus silencieux et tout aussi présent. J'ai longtemps vécu avec un trouble dont on ne parle pas encore assez ou dont on parle peu souvent. Et comme il est moins visible, il est moins expliqué, il peut être aussi plus difficile à comprendre, même pour soi. Dans ce contexte, le doute s'est installé surtout dans la relation que j'avais avec moi-même. A force de ne pas comprendre certains comportements, j'ai pu douter de ma volonté, de ma capacité à me contrôler et parfois même de moi. Et ce doute s'accompagnait souvent d'un regard plus dur, moins de confiance, plus de retenue et une forme de silence difficile à partager. Malgré tout ça, je pense qu'il est possible de reprendre un peu de terrain. Lorsque le doute devient aussi présent, on peut parfois avoir l'impression qu'il n'y a pas d'issue. Mettre des mots sur ce que l'on vit est important. Mais pour moi, cela n'a pas suffi. Pendant longtemps, je suis restée dans ce que je vivais sans vraiment réussir à m'en sortir. Et avec le temps, j'ai compris que j'avais aussi besoin d'aller au-delà, pas seulement comprendre, mais chercher des façons d'avancer. C'est aussi pour ça que j'ai créé ce podcast, un espace pour comprendre, mais aussi pour vous ouvrir des perspectives. Avec le temps, j'ai cherché des manières de reprendre un peu confiance en moi. Pas d'encours. La première chose qui m'a aidée, c'est de faire la distinction en ce que je vivais et la personne que j'étais. Comprendre que mon toc avait une explication, comme toute autre maladie, et qu'il y avait sûrement une solution. J'ai aussi essayé petit à petit d'adoucir le regard que je portais sur moi. d'apprendre à me détacher du regard des autres. C'est très important, parce que les autres ne pourront jamais vraiment comprendre ce que l'on vit, ou ce que l'on traverse. Alors j'ai décidé de ne plus leur laisser autant de place, moins de jugement, plus de compréhension, parce qu'être dur avec moi-même ne fait qu'accentuer le doute. J'ai aussi appris à accepter que tout ne change pas immédiatement, que certains mécanismes prennent du temps et que cela ne veut pas dire que l'on n'avance pas. Et parfois, reprendre confiance ne passe pas par de grandes choses, mais par des gestes simples. J'ai commencé à me faire confiance dans des petites décisions, me prouver petit à petit que j'étais capable. Petit à petit, j'ai aussi réalisé quelque chose d'important, c'est que le fait de vivre avec un TOC ne dit rien de ma valeur. Ce n'est pas parce qu'on traverse ce type de troubles qu'on est moins intelligent, moins capable ou qu'on ne peut pas atteindre certains objectifs. Enfin, ce que je voudrais que l'on retienne dans cet épisode, C'est que le doute peut prendre une place perturbante dans la vie d'une personne qui souffre de TOC. Mais il est important de comprendre que le doute ne définit pas notre valeur. Le doute peut être là, mais il ne dit pas qui nous sommes. Et petit à petit, il est possible de reprendre confiance à son rythme. Merci d'avoir écouté ce que je ne contrôle pas. Et si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à le partager, à en parler autour de vous ou simplement à le garder pour vous comme un écho bienveillant. Et surtout, rappelez-vous que vous n'êtes pas seul. A très bientôt. Merci.