Speaker #0Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode du podcast « Ce que je ne contrôle pas » , le podcast qui donne la parole à celles et ceux qui vivent avec des tocs. Un espace libre et sincère pour mettre des mots sur ce que l'on traverse et avancer à son rythme. Je suis Aimée et je voudrais vous parler aujourd'hui des toques dans les lieux publics les toques on a souvent l'impression que c'est quelque chose d'intérieur quelque chose que l'on vit seul mais la réalité c'est que ça ne s'arrête pas là ils ne restent pas juste à la maison ils nous suivent aussi dans les lieux du quotidien comme à l'école au travail ou encore dans les transports Et ça, ça a un impact dans la vie de tous les jours, dans la manière dont on se sent avec les autres, simplement dans des situations du quotidien. Et parfois, ça peut être très difficile à vivre. Parce que vivre avec un TOC, ce n'est pas seulement gérer ce qui se passe en soi, mais c'est aussi faire face au regard des autres. Et parfois se sentir différent. Et pour moi, ça a commencé très tôt. quand mon toque a commencé j'étais encore à l'école j'avais environ dix ans et à cet âge-là on ne comprend pas vraiment ce qui nous arrive on ne sait pas mettre des mots mais on sent que quelque chose ne va pas ce qui m'a le plus marqué à ce moment-là c'était la peur du regard des autres j'avais l'impression que tout le monde me regardait que les autres pouvaient voir ce qui se passait ou qu'ils pouvaient s'en rendre compte alors j'essayais tant bien que mal de faire comme si de rien n'était de rester comme les autres de ne rien montrer mais à l'intérieur c'était très différent et je pense que c'est ça aussi qui rend les choses encore plus complexes ce décalage entre ce que l'on montre et ce que l'on vit vraiment on commence donc à se sentir différent pour certains même à s'isoler, de peur que les changements ne se remarquent. Même quand en réalité les autres ne voient rien, cette peur peut prendre énormément de place. On a l'impression d'être observé, d'être jugé, ou que quelque chose chez nous pourrait être remarqué. Et à force, on fait attention à tout. À la manière dont on se comporte, à ce que l'on montre, à ce que l'on voit. On essaie de se cacher, de se fondre, pour ne pas avoir à expliquer. Alors que parfois les autres ne remarquent rien. Et même quand quelque chose est visible, on peut avoir tendance à amplifier les choses, à imaginer des scénarios qui sont bien au-delà de la réalité en fait. Et tout ça, ça devient fatigant à gérer, surtout en public. A force de vivre ça, on peut commencer à se sentir différent, comme en décalage avec les autres. On regarde les autres, et puis on a l'impression qu'ils vivent les choses plus simplement, qu'ils n'ont pas à penser à tout ça. Donc petit à petit, on peut se sentir à part, un peu en dehors, comme si on ne fonctionnait pas de la même manière. ça a été mon cas car j'ai commencé à me poser plein de questions sur ma légitimité à me demander si j'étais normale et ce sentiment il peut être très difficile à expliquer parce qu'il ne se voit pas toujours mais il prend beaucoup de place et lorsque le toque devient plus visible les choses peuvent encore être différentes parce qu'il y a cette idée que cette fois Les autres vont finir par remarquer, et parfois c'est quand même le cas. Alors on anticipe, on s'inquiète, on essaie de tout contrôler pour que cela n'arrive pas. Et encore une fois, cela peut être très épuisant. Et étant encore très jeune à ce moment-là, pour moi, je ne savais pas comment gérer tout ça. Se cacher, en parler, fuir, je ne savais pas quoi faire. Et c'est une étape qui peut être très compliquée, surtout quand on n'est pas accompagné. Et puis il y a une autre réalité aussi, les lieux publics. Celles que l'on vit en grandissant. Parce que ces sensations ne disparaissent pas toujours. Elles peuvent toujours nous accompagner dans d'autres moments du quotidien, comme les lieux publics. Et là c'est encore différent. Beaucoup de personnes pensent... parle de cette impression d'être observée même quand en réalité, personne ne regarde vraiment. Il peut avoir ce besoin de passer inaperçu, de ne pas attirer l'attention. Certaines personnes disent qu'elles font attention à tout, qu'elles sont comme en alerte. Et dans certains moments, cela peut être très intense, même si cela ne dure pas forcément longtemps. Alors parfois, on évite certaines situations, on choisit ses moments. Et on fait simplement comme on peut. Et puis, il y a aussi le travail. Ça, c'est encore un autre environnement différent. Parce que là, ce ne sont plus des inconnus. Ce sont des personnes que l'on voit tous les jours. Et avec le temps, on peut aussi avoir cette impression de devoir toujours rester vigilant. De ne pas pouvoir baisser complètement la garde par peur que quelque chose se voie. Beaucoup de personnes parlent de cette peur d'être jugées sur la qualité de leur travail ou que cela impacte la manière dont elles sont perçues. Alors on fait attention, on ajuste tant bien que mal, alors qu'en réalité il n'y a pas forcément de lien entre les deux. Beaucoup de personnes vivant avec des TOC arrivent malgré tout à construire leur vie, à travailler, à créer et à accomplir de grandes choses. Parce qu'un TOC ne définit pas l'intelligence, la valeur ou les compétences d'une personne. Alors face à tout ça, on finit souvent par s'adapter, chacun à sa manière. Parfois cela passe par des petits ajustements, faire attention, anticiper ou éviter certains moments, voire certaines activités. Parce qu'il n'y a pas une seule manière de gérer, il y a des jours plus simples et d'autres plus difficiles, et malgré tout, on avance petit à petit. C'est aussi là qu'on voit à quel point le manque de compréhension peut avoir un impact, parce que ces situations restent quand même méconnues. Méconnues pour la personne qui les vit, parce qu'elle ne comprend pas toujours ce qui lui arrive, mais aussi méconnues pour les personnes en face, et parfois incomprises pour les autres. Alors face à tout ça, on finit souvent par s'adapter. Chacun à sa manière, parfois cela passe par des petits ajustements, faire attention, anticiper ou éviter certains moments, voire certaines activités. Parce qu'il n'y a pas qu'une seule manière de gérer. Il y a des jours plus simples et d'autres plus compliqués. Et malgré tout, on avance petit à petit. C'est aussi là qu'on voit à quel point le manque de compréhension peut avoir un impact. parce que ces situations restent encore méconnues, méconnues pour la personne qui les vit, parce qu'elle ne comprend pas toujours ce qui lui arrive, mais aussi méconnues pour les personnes en face et parfois incomprises pour les autres, parce que de l'extérieur cela peut sembler étrange ou difficile à comprendre. Et dans certains cas, cela peut être perçu comme absurde et donner lieu à des réactions. qui vont de l'incompréhension aux reprimandes aux moqueries voire parfois à des formes de rejet et si ces réactions peuvent être maladroites c'est aussi parce qu'on en parle peu et ce qu'on comprend mal est facilement mal interprété c'est aussi pour ça qu'on parle les contes en résumé Ces petites choses qui peuvent handicaper les personnes vivant avec des TOC sont des choses dont on parle peu, mais qui peuvent prendre beaucoup de place dans le quotidien. Et si je devais retenir une chose, c'est que les TOC ne sont pas seulement difficiles à gérer intérieurement. Il peut aussi être plus difficile de trouver sa place face aux autres. Et même si ce n'est pas toujours simple, même si avancer peut parfois être difficile, Je pense qu'il est important d'en parler, en parler pour sensibiliser, pour mieux comprendre. pour accompagner les personnes qui vivent ces situations. Et peut-être aussi, petit à petit, faire évoluer le regard des autres sur ce mal-être. J'aimerais aussi, à travers ce podcast, laisser une place à d'autres témoignages et expériences autour des TOC dans les prochains épisodes. Alors si vous reconnaissez dans certains de ces vécus, et que vous souhaitez partager votre expérience, n'hésitez pas à m'envoyer un message sur la page Instagram du podcast. Merci d'avoir écouté ce que je ne contrôle pas et si cet épisode vous a touché, n'hésitez pas à le partager, à en parler autour de vous ou simplement à le garder pour vous comme un écho bienveillant. Et surtout, rappelez-vous que vous n'êtes pas seul. A très bientôt.