- Speaker #0
Bonjour à toutes, bonjour à tous et bienvenue dans ce tout nouvel épisode de Crayon de papier. Aujourd'hui, mon ami Alix va nous raconter sa folle aventure Erasmus. Quelques jours avant son départ en Croatie, sans vraiment s'y attendre, Alix se retrouve célibataire. Est-ce que c'est la fin du monde pour autant ? Pas du tout, c'est même le commencement de sa nouvelle vie. Alix décide de saisir l'opportunité de se découvrir et de dire bye bye au garçon. Ce voyage va la transformer... à tel point qu'elle est devenue une véritable yes girl. Peut-être que cet épisode vous donnera vous aussi des envies d'ailleurs, alors je vous laisse le découvrir. Bonne écoute ! Coucou Alix !
- Speaker #1
Coucou Emma !
- Speaker #0
Ça va ?
- Speaker #1
Oui ça va et toi ?
- Speaker #0
Oui ! Alors aujourd'hui je suis hyper contente de t'avoir pour cet épisode un peu spécial puisqu'on va parler de ton expérience Erasmus. Oui. Et un Erasmus fraîchement célibataire. Donc tu vas nous raconter un petit peu tout ça. D'abord, vu qu'il y a pas mal de monde qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux te présenter rapidement ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Je m'appelle Alix, j'ai 22 ans. J'étudie de la communication à l'EFAP, à Lyon. Et voilà, c'est pendant mon parcours scolaire que j'ai eu l'occasion de partir en Erasmus 6 mois. Et là, je m'apprête à me spécialiser dans les vins spiritueux en allant à Bordeaux pour mon M2.
- Speaker #0
Ta passion du coup, le vin. Voilà. Un petit peu. Est-ce que tu as beaucoup voyagé dans ta vie avant de faire cet Erasmus ?
- Speaker #1
Pas tant que ça. Mes parents nous ont emmenés en Tunisie et au Maroc quand on était jeunes. Sinon, c'était dans le cadre scolaire au lycée où j'ai pu aller à Londres et à Rome avec ma classe.
- Speaker #0
Donc, tu n'as jamais eu l'occasion de partir à l'étranger avec des amis ou toute seule avant ça ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok. Alors, dans ta vie, quand l'occasion s'est présentée pour toi de partir ? en Erasmus, t'en étais où et du coup pourquoi la Croatie ?
- Speaker #1
Pour le coup je sortais d'une relation et j'avais besoin d'escapades et ils nous ont parlé de l'Erasmus et moi c'est quelque chose que j'avais pas du tout envisagé dans mon parcours scolaire et je me suis quand même j'ai quand même voulu répondre enfin en tout cas candidater pour savoir si j'en étais capable et si ils allaient répondre si ma candidature allait être sélectionnée, ça a été le cas du coup je me suis lancée sans réfléchir en fait
- Speaker #0
Il y avait d'autres pays qui t'intéressaient ou c'était vraiment...
- Speaker #1
En fait, comme c'est quelque chose auquel je n'avais pas réfléchi, je n'ai pas voulu partir à l'autre bout du monde. En plus, je n'en avais pas du tout parlé à mes parents. C'est un truc que j'ai fait vraiment de mon côté, hyper personnellement. Et non, la Croatie, j'avais aussi demandé Budapest, Prague. Je restais dans le coin en Europe.
- Speaker #0
Tu ne voulais pas partir en Argentine ou Vientese ? Non. Parlons un petit peu love story. Tu viens de dire que tu sortais d'une relation... Quand tu as appris que tu pouvais faire un Erasmus, c'est vraiment l'occasion pour toi de...
- Speaker #1
De m'évader.
- Speaker #0
Ouais, de t'évader. Mais, quelques mois plus tard, tu rencontres un garçon.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Sachant que t'allais partir, quoi, six mois plus tard ?
- Speaker #1
Mais même pas. Ouais, six mois avant.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc j'ai rencontré un homme six mois avant de partir.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que le fait de... De... D'un... tu saches que tu allais partir et qu'il sache que tu allais partir, est-ce que ça a mis un frein ou est-ce que vous avez vraiment voulu vous lancer en mode...
- Speaker #1
On en a beaucoup parlé, on a mis du temps avant d'officialiser la relation, notamment pour cette raison, mais c'est quelque chose que j'ai évoqué dès le début auprès de ce garçon, et il me disait que ça ne le dérangeait pas, et que... Attends, qu'est-ce qu'il me disait ? Je me souviens d'une conversation que j'avais eue avec lui. Que ouais, non, ça ne le dérangeait pas, que ce n'était pas si loin que ça, parce que Croatie-France, avec Ryanair, c'est 30 euros l'aller-retour. Oui. Et qu'il était prêt à voir comment ça se passe.
- Speaker #0
Ok, donc c'était plutôt positif, quoi. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Moi, c'est quelque chose, pareil, j'avais tellement confiance en... Je croyais tellement en notre relation que pour moi la Croatie c'était bien plus qu'une contrainte, c'était même un moyen de voir si la relation en valait la peine et si elle pouvait tenir une distance pareille qui est encore une fois pas si importante que ça je trouve.
- Speaker #0
Mais du coup, vu que quand t'as vraiment voulu vers Stérasmus, t'es dans le but justement de t'évader parce que tu sortais d'une relation, est-ce que là t'as pas eu peur ? Justement que ça t'empêche de vivre ton échange pleinement ? Pas du tout. Donc tu y allais vraiment les yeux fermés ?
- Speaker #1
J'avais hyper confiance en moi, en lui, en nous. Et puis à un moment donné, je me connais et je sais que je l'apprécie beaucoup ce garçon et que je savais que j'allais vivre cette expérience sans frein, sans limite. Parce que je suis raisonnable.
- Speaker #0
Ok. Donc du coup, finalement...
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
Finalement, peu de temps avant ton départ.
- Speaker #1
Deux semaines avant.
- Speaker #0
Voilà. La relation s'est terminée de manière un petit peu inattendue.
- Speaker #1
De manière subite.
- Speaker #0
Subite, voilà, exactement. Et donc du coup, là, toutes tes croyances se sont un petit peu effondrées, j'imagine. T'avais peut-être imaginé un voyage différemment. Et du coup, là, dans quel état d'esprit tu partais ? Est-ce que t'étais en mode... go girl, je vais aller faire la fête, je vais me trouver quelqu'un là-bas. Ou est-ce que tu étais vraiment en mode mince ?
- Speaker #1
Je suis restée hyper fidèle à moi-même en me disant, d'un côté, ce n'est pas plus mal qu'il me quitte, parce que je vais pouvoir vivre mon expérience à 100%. Et je ne suis pas du tout allée dans l'optique de faire la teuf et de rencontrer plein de garçons. Au contraire, de me retrouver moi, j'ai enchaîné plusieurs relations. C'était la première fois que je me retrouvais seule dans un environnement qui n'est pas le mien. Du coup, j'ai voulu m'écouter, prendre soin de moi, profiter de la liberté que j'avais d'être célibataire. Et de la paix aussi.
- Speaker #0
Surtout la paix.
- Speaker #1
Parce que d'être célibataire, parfois on l'oublie.
- Speaker #0
Exactement. Alors du coup, maintenant, on va parler un petit peu plus de ton voyage. Donc là, tu te sépares. Deux semaines après, tu es à l'aéroport. Tu arrives à
- Speaker #1
Zagreb.
- Speaker #0
Et donc là-bas, tu es en coloc, c'est ça ? Oui,
- Speaker #1
avec trois filles étrangères. Moi déjà, je partais aussi dans l'optique de rencontrer énormément de personnes, mais étrangères, je voulais fuir un peu les Français. Certes, il y avait une Française dans ma coloc, mais j'étais avec une Allemande et une Ukrainienne. Et à l'école, puisque du coup, je suivais des cours de communication marketing à l'Université de Zagreb, je restais avec les étrangers, dans le but d'être vraiment en immersion totale.
- Speaker #0
Et du coup, les premières semaines, tu les as vécues comment ? Est-ce que ça a été facile de t'intégrer dans ta coloc, dans ton école ? Ou alors est-ce que c'était un peu compliqué au début ?
- Speaker #1
Au début, c'est compliqué. Je quittais une France ensoleillée et j'arrive à Zagreb, il pleut, alors qu'à la base, je suis partie en Croatie, parce qu'on nous voit en un pays hyper lumineux, ensoleillé, chaleureux. Bon, j'arrive sous la flotte, c'est pas top. Les premières semaines sont difficiles puisqu'il faut que tu te trouves, pas des amis, mais en tout cas un entourage sur qui compter pour ne pas te sentir seule dans une ville que tu ne connais pas. Donc tu te mets à rencontrer du monde, à vouloir faire plein de choses, mais tu te rends compte que tout le monde ne te correspond pas forcément. Donc il faut que tu fasses un peu de tri. Et je me souviens que les trois premières semaines ont été compliquées. Le temps de faire ses marques, quoi.
- Speaker #0
Et du coup par rapport à ta séparation, tu as dû faire un peu le deuil et tu as vécu la rupture un peu aussi pendant ton début de voyage parce que c'était vraiment frais. Est-ce que tu penses que ton voyage a facilité ce deuil-là ou est-ce que ça a été un peu compliqué au début de t'intégrer à cause de cette séparation ?
- Speaker #1
Je n'ai pas du tout pensé à ma relation une fois que j'étais là-bas, en vrai. Et puis avec du recul, il a vraiment bien fait. Donc il m'a quitté à cause de l'Erasmus, de la distance. Il disait que j'attendais beaucoup de choses de sa part. Il ne se sentait pas forcément capable de répondre à mes attentes en distance. Et du coup, il a préféré qu'on se sépare avant mon Erasmus, plutôt qu'on se déchire à distance. et qu'on se sépare dans des mauvaises conditions. Donc, avec du recul, je trouve qu'il a bien fait les choses. Et c'est sûr que mon Erasmus n'aurait pas été le même si j'avais été en couple. Maintenant, une fois que j'étais là-bas, ma priorité, encore une fois, c'était moi, mon bonheur. Et donc, non, c'était pas un problème, ma rupture.
- Speaker #0
Ouais, donc vraiment, t'avais pu vivre les choses pleinement,
- Speaker #1
à fond.
- Speaker #0
Donc ? Parlons maintenant un peu plus de ton voyage, parce que ça nous intéresse. Comment ça s'est déroulé ? Enfin, tu vas pas nous raconter tous les détails non plus, mais est-ce que du coup t'es restée que dans la Croatie, t'as vécu la Croatie ou est-ce que t'es allée aussi ailleurs ? Raconte-nous un petit peu tes petits voyages, comment ça s'est fait ?
- Speaker #1
Eh ben, alors, non. Donc j'ai axé mon Erasmus sur le voyage, c'était pas forcément prévu quand je... partais en Croatie, mais je savais que j'avais envie de découvrir du pays, des pays. Et en fait, on m'a proposé, quand t'arrives en Erasmus, les premières semaines sont difficiles, mais il faut dire oui à tout pour rencontrer du monde et saisir toutes les occasions possibles pour être en immersion totale et justement faire des activités, participer au voyage et rencontrer du monde. Voilà, encore une fois, au final, ne pas se sentir seule. Donc, au bout de trois semaines, j'ai rencontré des gens qui m'ont emmenée en Serbie. Et ces personnes sont devenues mes meilleures amies jusqu'à la fin de mon Erasmus. Donc, j'ai enchaîné. En fait, je faisais un voyage presque tous les mois, voire deux voyages par mois. Puisque je ne réfléchissais pas, on me proposait quelque chose. Et en fait, là-bas aussi, encore une fois, il ne faut pas réfléchir. Tout est spontané. Tu ne sais pas ce que tu fais demain, il ne faut pas prévoir des choses dans deux semaines parce que ça se trouve, on va te proposer un voyage aussi de fou. Donc tout est dans la spontanéité, ne pas avoir peur de sauter le pas, de sortir de sa zone de confort. J'ai une fois pris des tickets pour l'Autriche la veille pour le lendemain. J'ai fait des voyages solo. Quand je m'ennuyais, je partais une journée toute seule au bord de l'eau. Donc, ouais, j'ai découvert beaucoup de pays autour de la Croatie.
- Speaker #0
Donc, du coup, t'as fait Serbie,
- Speaker #1
Autriche, Montenegro pendant huit jours.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'ai beaucoup fait l'Italie, j'ai découvert la Croatie et j'ai fait Chypre.
- Speaker #0
Ok. Et Chypre, tu l'as fait en solo.
- Speaker #1
En solo. Ça, c'est un voyage que j'ai fait, le tout dernier que j'ai fait avant que je rentre. Et c'est un challenge, encore une fois, que j'ai voulu me... Me lancer, faire un solo trip avant de partir histoire de bien clôturer mon Erasmus. Sortir de ma zone de confort, affronter mes peurs, partir dans un pays, c'est même pas un pays, c'est une île minuscule à quand même 3-4 heures de vol de la Croatie où tout est inversé là-bas puisque c'est sous influence anglaise, donc on roule à gauche. C'est aussi le côté, je suis partie du côté grec, donc je me retrouve dans des environnements que je connais pas du tout. C'était vraiment l'immersion totale dans l'inconnu, solo quoi.
- Speaker #0
Oui, en plus t'as loué une voiture là-bas.
- Speaker #1
J'ai loué une voiture là-bas, c'était terrible. Je sais pas rouler dans des voitures automatiques. J'ai dû regarder sur internet comment marche un levier dans des voitures automatiques. Tout ça en roulant à gauche et en étant à droite dans la voiture. Des trucs de fou. ça m'a fait flipper mais quand je l'ai fait j'étais trop trop fière de moi, c'est des sentiments que que quand tu restes dans ta zone de confort, dans ta petite ville et tout, tu peux pas ressentir et ça te fait grandir de fou et plus rien te fait peur plus rien te fait peur de ouf,
- Speaker #0
mais moi ça c'est des choses qui me donnent trop envie mais d'un côté je me dis mais jamais j'aurai le cran de le faire tu crois, mais ça donne trop trop trop envie en tout cas je pense que tu vas motiver pas mal de personnes qui nous écoutent ... Raconte-nous un petit peu des petites anecdotes, genre si t'en as une ou deux, genre anecdotes un peu fun ou au contraire genre un moment dramatique, bon qui reste quand même fun parce qu'on n'est pas là pour faire pleurer, mais raconte-nous un petit peu quelque chose qui t'a vraiment marqué pendant ce voyage quoi.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de choses qui m'ont marqué. Déjà moi qui suis beaucoup dans le contrôle, je vais reparler de la spontanéité qui maintenant dicte un peu ma vie. C'est génial, en fait tu crois connaître énormément de choses quand tu es chez toi mais au final il faut savoir s'ouvrir à des nouveautés. Un exemple tout con mais je suis tombée dans un groupe d'amis qui adoraient la techno et qui m'a initiée à la techno et je me suis retrouvée un soir à faire une rave party dans un hôpital abandonné. Et c'était pour moi totalement... What the fuck ? Moi, faire une rave party dans un hôpital abandonné...
- Speaker #0
Moi qui te connais très bien.
- Speaker #1
Je suis d'Agrisbourg, d'accord. Je fais des raves mondains, d'accord.
- Speaker #0
Même ceux qui écoutent et qui connaissent Alix, là, vous savez, on ne la met pas d'office quand on la voit comme ça, dans une rave party. Et pourtant...
- Speaker #1
Et pourtant, j'adore. Maintenant, j'ai le droit d'en refaire. Sinon quoi d'autre ? Rencontrer des profils de gens, des types de personnes vers lesquels jamais je me serais tournée dans ma petite ville hyper fermée ici. Aussi faire l'effort de ne que parler anglais aussi, c'est dur parce qu'il y a beaucoup de Français en Croatie, on était énormément d'étudiants français. Et faire l'effort de ne pas se tourner vers eux mais se tourner vers les étrangers, ça c'est... D'autres anecdotes moins fun, parfois j'ai eu des moments de down et de tristresse parce que j'ai eu un peu la FOMO en France, il se passait des choses en France et j'avais envie d'être là, d'y participer, les soirées entre copains, mes parents me manquaient, ils sont pas venus me voir et ça c'est pareil, c'est encore une contrainte à surmonter. parce qu'au final je chouinais dans mon lit alors que j'étais en Croatie bah non lève-toi et va voir ce qu'il se passe appelle un copain et puis faut sortir les doigts des fesses c'est quoi la chose qui t'a le plus surpris dans
- Speaker #0
le pays,
- Speaker #1
s'il y a un truc qui t'a vraiment marqué qui est hyper différent de la France même s'il y a beaucoup de français Zagreb c'est malgré tout une ville assez pauvre il y a eu un un tremblement de terre il y a 4 ans et il commence à réparer la ville seulement maintenant. Et j'ai été un peu déçue de la ville en elle-même puisque comme tout est en rénovation, les jolis bâtiments sont sous des échafaudages, la jolie cathédrale pareil a des échafaudages, on ne peut même pas la visiter. C'est un peu lugubre mais bon, de toute façon comme ça vient d'entrer dans l'Union Européenne, c'est que ça va s'arranger.
- Speaker #0
Ouais donc du coup tu t'attendais peut-être... Ah oui, si c'est ça que je voulais te demander. Parce que moi j'ai pas compris quand je voyais tes petites stories, j'ai pas compris que du gros lendemain tu passais de soleil 30 degrés à la neige dans un même pays.
- Speaker #1
Mais ça c'était au Monténégro. Quand j'étais au Monténégro, j'y passais huit jours. J'ai passé trois jours dans la capitale, Podgorica. Et ensuite, on allait sur la côte faire une sorte de road trip. Et c'est vrai qu'en l'espace de huit jours, j'ai vécu les quatre saisons là-bas. L'automne, il faisait froid, il a neigé, il a fait super beau. Non, mais c'était fou.
- Speaker #0
Tu m'étonnes. Alors maintenant, je voudrais qu'on parle un petit peu de... l'après, même si c'est encore tout récent je voulais vraiment savoir qu'est-ce que cet échange il t'a vraiment appris, est-ce que t'as l'impression d'être une nouvelle personne, est-ce que tu vois une différence entre l'ancienne Alix et la nouvelle
- Speaker #1
Oui carrément, et bah comme je l'évoquais précédemment ça m'a apporté beaucoup de spontanéité moi qui aimais prévoir et organiser ma vie Aussi ne pas hésiter à foncer dès qu'on a peur, être ouverte à plein de nouvelles expériences, se tourner vers les gens plus facilement. Voilà en fait ça m'a enlevé beaucoup de peur même si je pense ne pas être quelqu'un qui est à la base peur de beaucoup de choses. En tout cas, le ridicule ne tue pas et enlever toute timidité aussi ça permet de foncer tu vois. Tout est possible quand tu vis une expérience pareille. Donc, une fois de retour dans ton pays, tu te dis que maintenant, toutes les portes sont ouvertes et tous les chemins sont ouverts. Et t'as plus peur de rien et tu fonces. Et toi, est-ce que tu ressens une différence entre l'Alix d'avant et l'Alix d'après ?
- Speaker #0
Oui et non. Dans le sens où t'es toujours la même dans le fond, tu vois. Parce que pour la petite histoire avec Alix, on se connaît depuis quand même... Un sacré bout de temps.
- Speaker #1
Ouais, c'est en 6 ans,
- Speaker #0
je crois. Ouais, parce que ça a rencontré en 2018, donc ça doit faire 6 ans. Donc, moi, j'ai juste un an de plus qu'Ali, enfin, quelques mois d'écart avec toi. Et du coup, quand je t'ai rencontrée, t'étais en seconde. En seconde. Ouais, en seconde. Moi, j'étais en première. Du coup, on a vraiment grandi et évolué ensemble. Mais c'est vrai qu'il y a un truc que t'avais avant et que t'as plus maintenant, c'est effectivement... qu'avant, tu avais beaucoup plus de mal à lâcher prise. Alors, tu vois,
- Speaker #1
il fallait que tout soit millimétré,
- Speaker #0
genre toutes tes dépenses, elles soient millimétrées. Tu ne pouvais pas te permettre d'aller à droite, à gauche parce qu'il fallait vraiment que tu fasses hyper attention. Bon, aussi, tu étais déprimée. J'ai appris énormément de choses.
- Speaker #1
Parlons-en du rapport à l'argent, par exemple. Quand tu pars en Erasmus, tu as une bourse. Et donc, c'est vrai qu'au début, je voulais gérer mon argent. C'est pour ça que je réfléchissais à deux fois avant de partir en voyage. Maintenant, je me rends compte que la réelle richesse, c'est toutes les expériences que tu vis à l'étranger pendant que tu visites de nouveaux pays, que tu visites de nouveaux pays, que tu t'enrichis de nouvelles cultures, que tu rencontres des gens, que tu pars avec des étrangers qui ont une éducation différente, une manière de se comporter différente. Et en fait, l'argent, on s'en fiche, tu vois. Et c'est vrai que... Pas totalement. Pas totalement. Et je suis partie aussi à l'aéroport, je me souviens, mon mindset, c'était vraiment le lâcher prise, le lâcher prise. C'était trop important pour moi, ça a mis du temps. Mais ça a commencé quand j'ai pris ce billet pour l'Autriche du jour au lendemain, en mode, tu t'en fous quoi, tu t'en fous, tu pars en Autriche.
- Speaker #0
C'est ça que je me souviens quand tu l'avais pris ce billet.
- Speaker #1
J'avais fait une vidéo dans ma story privée Snap, je disais les gars, c'est pas du tout à mon habitude de faire une chose pareille. Mais là, il est 17h, je viens de prendre des billets pour un Flixbus en Autriche, je pars demain à 8h, il faut que je fasse mon sac. D'habitude, c'est pas moi, quoi. Et j'étais trop heureuse. Le lâcher prise, c'est un truc de fou.
- Speaker #0
Ouais, mais ça, c'est vraiment la différence que j'ai le plus notée chez toi. Mais du coup, c'est cool parce que t'es... Peut-être moins rigide avec toi-même et je pense que tu t'autorises beaucoup plus de choses. Là même cet été, même là, même en septembre, tu pars beaucoup, tu vois du monde, tu fais toujours la fête. C'est pas comme si t'étais rentrée d'Erasmus et que t'avais eu la grosse déprime. Ça d'ailleurs, je voulais en parler avec toi aussi, c'est que souvent les gens qui partent en Erasmus ou qui partent à l'étranger même pour autre chose, en voyage ou quoi, ils rentrent, ils sont totalement déprimés. Mais toi ça n'a pas du tout été ton cas. Je pense aussi parce que t'avais vraiment... déjà du monde aussi qui t'attendait en France. Comme tu expliquais avant, que tu avais un peu une faux mot de ce qui se passait en France, du coup là tu pouvais revenir et genre entre guillemets un peu rattraper. Et avec le mindset en plus qu'elle est avec quoi. Donc ouais moi vraiment si j'ai un truc à noter de différent que toi c'est vraiment ça, c'est à dire que tu es plus spontanée. Je sais que si je te dis dans une semaine c'est dispo, est-ce que enfin on se fait un week-end quelque part, tu vois si tu as le temps bah tu dirais oui tu vois.
- Speaker #1
Je réfléchis plus. Là, par exemple, ma rentrée à Bordeaux est en octobre. J'ai un mois de libre en septembre où je parcours la France parce qu'on m'a proposé de venir là, de faire ci, de faire ça. C'est un truc qu'avant, j'y réfléchis et maintenant, je ne réfléchis pas.
- Speaker #0
Mais aussi, je pense que quand tu étais plus jeune, de part aussi, tu étais quand même assez scolaire et tout, tu avais quand même ce truc... même de par ton éducation, etc. C'est-à-dire qu'il fallait être assez cadré, disons.
- Speaker #1
Une logistique, une discipline que maintenant, que j'ai toujours, évidemment, je suis quelqu'un de responsable, de raisonnable. Mais je me laisse plus porter par la folie de mes envies et je m'écoute plus, en fait, c'est ça. C'est s'écouter, écouter le cœur et pas forcément la raison.
- Speaker #0
Quand t'es rentrée, donc on l'a dit juste avant, t'avais... t'étais pas dans un mood déprime ou quoi, comment t'as fait ? Parce que malgré tout, genre moi c'est vrai que quand je vois sur ton Insta, enfin ton Insta, ton compte privé là que t'avais fait pour le voyage, toutes les potes que tu t'es fait, les soirées, vraiment c'était... vraiment il y avait... ça se voyait que t'étais vraiment en train de kiffer, mais t'es même pas en train de kiffer ton célibat parce qu'en soi t'as même pas fait des trucs... Ah non pas du tout. T'as pas rencontré de garçon là-bas ou quoi, mais vraiment juste t'as... Juste profiter de ta vie. Et je me suis dit, moi qui suis restée dans la ville là pour tant que c'est moi, il s'est rien passé de ouf. Elle va s'ennuyer et tout. J'ai peur qu'elle se rende compte qu'elle était mieux là-bas. Comment ça va se passer ? Comment t'as fait finalement pour pas être au bout du world quand t'es rentrée ?
- Speaker #1
C'est quelque chose où on nous prévient de la tristesse qu'on peut ressentir quand on rentre. Mais... En fait, avant de partir, j'ai eu une conversation avec une amie qui avait fait, elle, avant moi, en Erasmus en Corée du Sud, Diane. Elle m'a dit, en fait, moi, j'ai eu l'erreur de réaliser la chance que j'avais d'être en Erasmus un mois avant de partir. Du coup, j'ai profité de...
- Speaker #0
de toute mon expérience finalement un mois avant parce qu'avant je réalisais pas et moi vraiment dès mon arrivée j'ai pris conscience de ce que je vivais j'étais je me disais tous les jours que j'étais hyper reconnaissance reconnaissante pardon de ce qui m'arrivait ce qui m'a permis de vivre du coup les choses au moment présent et de me dire aussi que toutes les bonnes choses ont une fin et que si ça durait toute la vie ça aurait pas eu la même saveur tu vois au bout d'un moment tu classes tu t'embêtes Et donc non, j'étais prête à partir. Évidemment, les au revoir avec les amis sont hyper compliqués, mais on vient tous d'Allemagne, d'Espagne, donc c'est facile de se retrouver. Il faut voir des choses quand tu rentres. Moi, je savais que j'allais passer trois semaines dans les vignes. Je savais que j'allais retrouver mes parents et passer trois semaines avec eux en Vendée. Je savais que j'avais plein de trucs prévus en rentrant. Et c'est pour ça que... finalement j'avais hâte de rentrer, que j'étais pas du tout triste parce que ça faisait un mois que j'étais en vacances, je revenais de mon voyage à Chypre, qui je savais allait être ma dernière expérience dans le cadre de mon Erasmus, donc c'est bon, j'étais prête mentalement à rentrer.
- Speaker #1
Donc si t'as vraiment un conseil à donner, c'est vivre tout à fond,
- Speaker #0
pas avoir de regrets. Voilà, pour pas se rendre compte deux semaines avant de partir, ah mais attends, je pars dans deux semaines, j'ai pas profité à 100%, Ou alors je n'ai pas pris pleinement conscience de ce que je vivais, toute la chance que j'avais de vivre ça. Donc, il faut prendre, dès le début, pleinement conscience de ce qu'on vit et puis savoir se dire que les bonnes choses ont une fin et que la vie continue.
- Speaker #1
Pour revenir un peu à cette histoire d'Ariane, c'est vrai qu'un Erasmus, c'est aussi un bon moyen de pouvoir partir dans un pays, étudier, etc. Alors qu'on ne peut pas, il y en a plus tard. peut-être que tu n'auras pas forcément les moyens de repartir, de dire, allez hop, six mois, je vais habiter à tel endroit, à tel endroit, sans bourreau d'études, sans cadre scolaire, en fait. Donc, c'est pour ça que vous profitez vraiment à fond, parce que c'est une opportunité.
- Speaker #0
C'est pour ça qu'il faut se faire des opportunités. Quand on te propose, tu dis oui. Aussi, il est hyper important, j'ai beaucoup de témoignages d'amis qui sont partis aussi en Erasmus et qui ont été déçus de l'Erasmus parce qu'on leur a promis la fête, la débandade, les garçons, les nananis, nanana. En fait, tu fais... ce que tu veux de ton Erasmus. Moi, on m'avait dit, t'es fraîchement célibataire, tu vas faire la brinque, tu vas aller en festival, tu vas voir la Croatie, c'est le meilleur pays pour les festivals. Tu vas pécho, tu vas faire... J'ai fait ce que je voulais de mon Erasmus, je me suis écoutée, moi. J'ai préféré axer mon Erasmus sur moi, me retrouver moi, et les voyages.
- Speaker #1
Ouais, bah, très bien. Moi,
- Speaker #0
j'ai fait que de voyager. Je rentrais, évidemment, je sortais, mais j'ai dû sortir en bois trois fois en cinq mois. ce qui n'est pas mon habitude.
- Speaker #1
Oui, ça c'est vrai.
- Speaker #0
Et en fait, tu crées ta propre expérience, c'est toi et toi-même, tu t'en fiches de ce que te disent les autres. Il faut savoir dire non aussi, parce que c'est bien beau de dire oui à chaque activité qu'on te propose. Quand tu es fatigué mentalement, il faut savoir se reposer aussi, parce que sinon tu crèves. Ah bah ça c'est sûr que tu peux te respecter. Voilà, il faut savoir dire non aussi, puis dire non c'est compliqué.
- Speaker #1
Oui, surtout quand tu te dis, d'un côté, tu as envie de dire non parce que tu es fatiguée, tu en as marre. D'un autre côté, il y a une autre voix dans ta tête qui doit te dire...
- Speaker #0
Ça se trouve, je ne sais pas, la soirée où il va me proposer d'aller à l'autre bout de la terre. C'est ça qui est dur. Mais le plus important, c'est de s'écouter et de ne rien regretter. Et moi, je suis plus partisane de « il vaut mieux avoir des remords que des regrets » . C'est pour ça, il faut tout vivre, tu t'en fous.
- Speaker #1
Écoute Alix, merci pour ce partage d'expérience. Juste avant, est-ce que, parce que vu que le podcast s'appelle Crayon de papier et qu'il y a toute cette métaphore sur le fait qu'on peut réécrire l'histoire, déjà si tu devais réécrire ce voyage, je connais déjà la réponse, mais est-ce que tu le réécrirais différemment ou pas ? Non. Et est-ce que, on va dire, la Alix d'il y a 5 ans en arrière pensait... qu'elle aurait sauté le pas de...
- Speaker #0
Je l'aurais fait, ça c'est sûr. Tu vois, un exemple de remords, si j'avais... Attends, non, dis pas ça. J'aurais sauté le pas, ça c'est sûr, parce que c'est pas mon genre d'hésiter. Je préfère, encore une fois, comme je préfère avoir des remords, je l'aurais fait dans tous les cas, quitte à regretter, quitte à avoir des remords.
- Speaker #1
Donc c'était écrit.
- Speaker #0
C'était écrit, chérie.
- Speaker #1
Écrit d'avance. Super, et bah écoute, merci beaucoup pour cet échange super intéressant. Il y aura d'autres épisodes où je vais inviter des personnalités, des personnes tout comme moi, qui ont vécu des voyages ou des Erasmus pour avoir d'autres retours et comme ça vous pourrez avoir un guide, on va dire, audio. Alors je fais ça mais je ne fais jamais partie d'un Erasmus moi-même, mais juste ça m'intéresse d'avoir le retour des gens là-dessus. Donc écoute Alix, merci beaucoup d'être revenue dans cette épisode.
- Speaker #0
Merci à toi d'être intéressée à mon expérience.
- Speaker #1
Et puis j'espère que t'auras aidé pas mal de monde. Je pense que oui, j'espère qu'il y a des personnes qui...
- Speaker #0
Leur message à faire passer, ne pas avoir peur de partir seule. Oui. Il faut foncer quand t'as l'occasion.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Le solo trip est quelque chose qui fait trop trop peur. Mais encore une fois, tu ne regrettes pas de l'avoir fait et tu en ressors. tellement grandi.
- Speaker #1
Écoute, je ferai un épisode quand je rentrerai de mon solo trip, mais merci pour ce message et encore une fois, oui, j'espère vraiment qu'il y a des personnes étudiantes qui nous écoutent et qui peut-être hésitent et que ton témoignage leur a fait sauter le pas, quoi.
- Speaker #0
Faites-le sauter.
- Speaker #1
Eh bien, écoute, merci beaucoup. Gros bisous. Bisous. Merci à Nathan Morley-Vagrivo qui a monté cet épisode et à Marie Charlier pour cette sublime illustration. Merci à vous d'avoir écouté cet épisode, j'espère qu'il vous aura plu. Si vous aimez ce podcast, n'hésitez pas à mettre 5 étoiles et à vous abonner pour ne rien manquer. Sur ce, je vous dis à très vite pour un prochain épisode de Criant de Papier. A bientôt !