- Speaker #0
Bonjour, soyez les bienvenus dans Culture d'Ambition, le podcast des premières auras destiné aux femmes qui souhaitent cultiver leur ambition entrepreneuriale. Je suis Séverine Le Loirne, je suis chercheure spécialisée en entrepreneuriat féminin et je suis présidente des premières auras. Et aujourd'hui, je vais vous expliquer pourquoi l'ambition, et en particulier l'ambition d'entrepreneuriat, n'est pas innée et pourquoi et comment elle se construit. Pour cela, je serai accompagnée de Marie Nagui, cofondatrice et dirigeante de Reusit, qui est aussi incubée au Premier Aura. Avec elle, nous apprendrons comment cultiver votre ambition entrepreneuriale. Vous êtes prêtes ? C'est parti pour ce troisième épisode de Culture d'Ambition. Première partie, le problème n'est pas un manque d'ambition féminine, mais le problème... C'est lié à un environnement social qui décourage les femmes de reconnaître, de formuler et de poursuivre leur ambition. En 2004, Anna Fels, qui est une psychiatre et membre de la faculté de la Cornwall University, publie un article dans la Harvard Business Review dont le titre est à la fois un peu trivial mais surtout provocateur. Les femmes manquent-elles d'ambition ? On est sur un article qui fait état de recherche qui sont situés, c'est-à-dire que par femme, on entend surtout les femmes américaines, peut-être blanches, bon, qu'importe. Son argument est le suivant. Les femmes ne manquent pas d'ambition par nature. Le problème vient surtout de la manière dont l'ambition est socialement définie et jugée. Je m'explique. Anna Fels rappelle que pour beaucoup de femmes, l'ambition est associée à l'égotisme. L'égotisme, c'est quoi ? C'est l'auto-promotion, c'est la manipulation. C'est un peu le soif de nourrir son égo. On veut être valorisé. Alors que chez les hommes, l'ambition est souvent perçue comme normale, elle est même souhaitable. Son analyse insiste sur le besoin universel de reconnaissance. Les hommes, les femmes, mais dès l'enfance, les ambitions sont liées à la maîtrise d'une compétence et à sa reconnaissance par autrui. Elle observe dans ce jeu-là que les femmes ont souvent tendance à minimiser leur succès, à attribuer leur réussite à la chance ou à d'autres personnes. Dans la manière avec laquelle elles s'expriment, peut-être qu'elles ne le pensent pas, mais elles ne revendiquent pas leur mérite, mais elles disent oui, c'est grâce aux autres ou ça avec les autres. Elle montre aussi que les comportements d'ambition varient selon le contexte. Les femmes s'affirment davantage dans des environnements entre femmes. Mais elles peuvent se retenir dans des espaces où elles sont en concurrence directe avec des hommes. Parfois même, lorsque le supérieur hiérarchique est un homme, peut-être que l'homme lui apprendra à dire « Oui, attends, tu veux peut-être un peu trop rayonner, tu veux un peu trop briller, donc ça serait bien que tu fasses briller ton équipe, mais pas que toi. » Pour Fence, cette retenue ne révèle pas d'une différence naturelle. En gros, les femmes sont comme ça, elles manquent d'ambition, certainement pas. mais d'idéaux culturels de la féminité, qui vont valoriser le don de soi, la discrétion, la déférence, le fait de placer le besoin des autres avant les siens. Elle relie cela à des effets psychologiques. Baisse de l'estime de soi, doute de soi, perfectionnisme, sentiment d'imposture, sous-évaluation de ses propres capacités, tous ces éléments-là, on les connaît. L'article est intéressant parce qu'il souligne aussi que les femmes subissent des sanctions sociales plus fortes lorsqu'elles poursuivent ouvertement leur ambition. C'est-à-dire, si elles osent exprimer, si elles manifestent ce qu'on va appeler des travers d'ambition, leur leadership est plus facilement jugé négativement que celui d'un leadership porté par des hommes. Et Fels insiste enfin sur les tensions entre ambition, carrière et rôles familiaux qui pèsent davantage sur les femmes. et sur la nécessité de soutenir les femmes par des réseaux, des modèles, des contradictions de travail plus favorables. Tous ces éléments-là, ils sont connus, reconnus. Ce qui est toujours marquant, c'est de constater qu'un travail publié en 2004, 20 ans, ouais, même pratiquement 25 ans plus tard, reste encore d'actualité. Donc maintenant, comment on fait ? Deuxième partie, concentrons-nous sur la construction de l'ambition des femmes entrepreneurs. Comment on construit ça ? Pour nous aider, j'ai fait appel à Marie Naguit, qui est fondatrice de Reusit, que nous connaissons bien chez les Premières Auras et dont vous reconnaîtrez certainement la voix. Marie a non seulement participé à bon nombre de programmes des Premières, mais en plus son entreprise est actuellement hébergée chez nous, donc à mi-chemin entre la gare de la Pardieu. et de l'ancienne gare des Broteaux dans les locaux des Premières Auras. Et c'est dans l'incubateur que nous réalisons cet échange que nous vous partageons aujourd'hui.
- Speaker #1
Bonjour Séverine, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Marie, tu as créé Reusit, peux-tu expliquer ce qu'est Reusit ?
- Speaker #1
Oui, alors Reusit a beaucoup évolué. Notre vision est carrément de vivre dans un monde sans déchets et de travailler vraiment la dynamique d'économie circulaire de A à Z. Donc en intégrant des déchets, on peut fabriquer des matériaux 100% biosourcés pour remplacer le plastique et avoir une application dédiée. Et on a démarré par la vaisselle parce que la loi AJEC En 2021, a commencé progressivement à arrêter les couverts, les gobelets, les assiettes en plastique à usage unique. Et donc on s'est faufilé dans cette opportunité réglementaire pour développer des couverts comme première application. Et on a vendu plus de 200 000 unités à l'univers plutôt événementiel B2B, que ce soit le Tour de France, les festivals de musique. Et petit à petit, ça a pris de l'ampleur et on a eu des demandes différentes. d'entreprises qui aussi avaient des déchets qu'on appelle des coproduits, c'est soit des invendus, soit des déchets de production, toujours dans l'univers de l'agroalimentaire. Et on a par exemple 40 tonnes de plantes, on a 100 tonnes de déchets de pommes, qu'est-ce qu'on peut en faire ? Et donc on les accompagne avec ce savoir-faire qu'on a eu, qu'on a développé cette expertise technique de A à Z. On a de la drèche de bière, c'est comme ça qu'on a démarré l'histoire. pour créer des couverts qu'on vend sur le marché de l'événementiel. Et donc développer des produits qui ont du sens, fabriqués 100% en France, à partir de ce qu'on trouve encore sur la planète et qu'on veut revaloriser en vraie richesse. Et donc ces industriels agro, on les accompagne aujourd'hui sur la même thématique, pour un marché qu'ils ont déjà déployé, en créant des moules qui leur appartiennent et des objets qui ont une vraie valeur ajoutée pour valoriser leurs engagements RSE. réduire l'impact carbone et fabriquer 100% en France pour arrêter notamment des goodies, je pense à des sous-vers, des stylos, et donc par exemple développer des dessous de verre pour une entreprise qui a des déchets de plantes, qui travaille dans le monde du thé ou des tisanes, et d'offrir cet objet qui a du sens à ses clients. Donc on travaille toujours dans des milieux un peu premium, les spiritueux, le champagne, le thé, les tisanes, le café. et parce que c'est vraiment toujours une cible qui a envie d'avoir un objet agréable, joli, qui conserve.
- Speaker #0
Alors on reviendra peut-être sur ton entreprise, mais dans Culture d'Ambition, on travaille aussi sur toi Marie. Comment tu as cultivé ton ambition ? Déjà, on va démarrer par toi, parce que tu as aussi créé avec un associé qu'on nommera tout à l'heure et dont on parlera tout à l'heure. Je voudrais savoir Marie, quand tu es en train de créer Reusit, tu es étudiante, tu es déjà sortie, t'en es où dans ta carrière ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je suis diplômée 1G agroalimentaire en 2016. Je vais travailler dans des grands groupes. J'ai fait mon stage de fin d'études chez Pernod Ricard dans le monde du cognac.
- Speaker #0
Ah oui, donc le marché premium, tu connaissais déjà un petit peu.
- Speaker #1
J'ai connu parce que je gérais des projets de développement d'emballage pour le cognac et le champagne. Donc j'étais sur la marque Martel en cognac et Perrier Jouette dans le champagne et Moum. Et on développait des étuis de luxe pour les coffrets de Noël.
- Speaker #0
Et toi, dans ton école, on t'apprend à être ambitieuse ? Ou est-ce qu'on vous apprend à être ambitieux ?
- Speaker #1
Pas forcément. C'est déjà, je pense... Nous on est les ingénieurs agroalimentaires. Dans ma promo on était 70% de filles. Par rapport à d'autres écoles, je tiens aussi à le préciser, où il y a une grande majorité d'hommes, nous c'était plutôt des femmes, on avait aussi des enseignants de femmes, donc il y avait une plus grande majorité de filles. Donc je n'ai jamais eu ce côté où je suis une fille, je n'ai pas ma place en tant qu'ingénieur. Par rapport à d'autres, notamment aussi dans la tech, l'informatique, je pense aussi à ces milieux-là. Et on nous a surtout poussé à travailler dans les industries agroalimentaires.
- Speaker #0
C'est cohérent.
- Speaker #1
C'est cohérent, mais on ne nous a jamais parlé d'ambition. Non, et c'est venu petit à petit parce que dans le monde du travail, je pense que c'est grâce aux managers qui m'ont dit, voilà, je pense qu'un jour tu dirigeras des équipes, tu as un profil dynamique qui réfléchit vite, qui est efficace. Et je pense que c'est eux qui m'ont apporté ce T différent par rapport à ce qu'on a déjà vu. Et tu peux en fait, être initiée des projets facilement. C'est un peu cette capacité-là.
- Speaker #0
Manager homme ou femme par ailleurs ?
- Speaker #1
Les deux. Chez Pernod Ricard, c'était une femme. Chez Unilever, c'était une femme également. Mon manager, N plus 2. Du coup, j'ai fait Pernod Ricard et après, j'ai travaillé un an chez Unilever. Donc là, j'ai vraiment fait le grand écart entre le monde du luxe et le monde de la grande distribution. Et là, c'était en effet, c'était plus une culture internationale parce que Unilever est un groupe. à la base néerlandais. Et il a été, bien sûr, il a racheté plein de différentes marques. Et je travaille sur à la fois la partie food, la partie home care et la partie comment ils appelaient ça chez Unilever, cosmétique. Donc à nourriture, les produits ménagers et les produits cosmétiques. Donc j'avais ces trois portefeuilles. On avait 100 marques à l'époque et il y avait 50 marques pour ma collègue et 50 marques pour moi. Donc c'était des gros projets parce qu'on était en relation avec énormément de chefs de produits dans le marketing, la qualité. Donc là vraiment j'ai été dans un milieu pluridisciplinaire très fort. Et à la suite de ça, on rencontrait quand même beaucoup de monde différent et j'ai commencé à être alertée via les réseaux sociaux par les dangers du plastique. Donc à ce moment-là, c'était en 2017, on voyait beaucoup les animaux marins, ils étaient mis en avant et qu'ils ingéraient du plastique. Il y a eu un gros... pop à ce moment-là. C'est vrai que je n'ai pas forcément expliqué. Moi, je suis née à Montpellier. Donc, j'ai été très proche de l'eau et de la mer. On faisait du catamaran à l'école. C'était un milieu très propice à ça. Et les déchets plastiques dans l'eau, ça m'a énormément affectée. En fait, on est nous-mêmes responsables de cette production plastique qui, au final, revient sur la planète lorsqu'elle n'est pas recyclée ou revalorisée et elle atterrit dans les océans par les courants marins. Et les animaux ingèrent ces plastiques, deviennent des microplastiques à force d'être cassés en petites particules. Et on mange ces animaux marins. Et on a nous-mêmes aujourd'hui des microplastiques dans notre sang, dans nos organismes. Donc, d'être nous-mêmes responsables de notre propre pollution. Humaine, c'est quelque chose que je trouvais injuste en fait et je me suis dit il faut absolument qu'on puisse nous être acteurs et actrices de ce monde de demain pour changer les habitudes.
- Speaker #0
Donc ça veut dire, je résume un peu, détection, catalysation ou prise de conscience d'une certaine ambition ou d'un potentiel, t'es manager et en même temps, au même temps que tu prends conscience de ton potentiel, de ton efficacité, tu... de ton potentiel aussi de direction d'équipe, tu renforces une conviction de t'engager dans une dimension écologique, respectueuse de l'environnement et surtout lutte contre les micro-plastiques.
- Speaker #1
Exactement, c'est exactement ça. C'est au même moment. Chez Unilever et Martin, à l'époque, on fait notre entretien au bout d'un an et moi j'étais en remplacement de congé maternité et la personne ne revenait pas. Et il m'a dit tu veux prendre la place et au final c'était tellement arrivé tard parce qu'il n'avait pas de nouvelles. Juste deux semaines avant, je lui ai dit mais Martin moi je vais faire autre chose. En fait je n'avais pas forcément de nouvelles. Et il m'a dit tu veux faire quoi ? Et je lui ai dit je vais faire un tour en Amérique latine pour aller rencontrer les actrices et acteurs qui réduisent, revalorisent ou recyclent le plastique différemment dans des pays émergents. Et il m'a dit j'aurais tellement rêvé de faire ça à ta place, vas-y go ! Et donc tu reviens, donc tu vas dans ce voyage,
- Speaker #0
tu apprends plein de choses et tu reviens et là tu dis banco, je ne retourne pas en entreprise et je crée réussite ?
- Speaker #1
Exactement. Je savais que j'allais intégrer une école de commerce en septembre, donc là on est en février de l'année 2018 quand je termine.
- Speaker #0
Ok, donc... Tu décides de prendre un peu de temps pour toi, mais en même temps de travailler, dans le sens de revenir dans les études en fait.
- Speaker #1
Oui, je me suis toujours dit que j'avais envie de compléter mon diplôme, soit par le design, parce que le design produit m'intéressait beaucoup, soit par le commerce. Et comme j'avais envie de créer quelque chose, à l'époque je ne savais pas que j'allais créer une entreprise, mais je n'avais pas de connaissances en marketing, finance, et je voyais aussi, c'est important à préciser, chez Unilever, les managers ou les directeurs. Eux avaient tous fait une école de commerce et je me suis dit, je me disais, et c'est sûrement une fausse croyance, mais je ne pourrais jamais atteindre une direction si je n'ai pas fait une école de commerce.
- Speaker #0
Donc en fait, tu avais quand même l'ambition d'atteindre une direction si tu restais en entreprise, donc tu fais ton école de commerce, donc tu n'es plus salariée, tu te la payes par toi-même ton école ?
- Speaker #1
Non, parce que j'ai réussi à mettre de côté. et j'ai pu payer mes deux cours en travaillant. Oui,
- Speaker #0
tu te les payes toi-même, dans le sens que ce n'est pas une entreprise qui te l'a payé, ce n'est pas tombé, l'école ne te l'a pas offerte, tu n'as pas eu de scholarship ou de bourse, ok. Et ensuite, tu sors de ça, l'école, et là l'école catalysatrice d'ambition ?
- Speaker #1
Oui, alors là, beaucoup plus, beaucoup plus. Là, on sent vraiment, donc j'intègre l'EM Lyon en septembre, Master Entrepreneuriat et Management de l'Innovation.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et on a une promo hyper variée parce qu'on a à la fois des kinés, des pharmaciens, des ingénieurs, des architectes. Donc il y a plein de profils différents qui veulent aussi compléter leurs études. Et moi j'intègre l'école pour ambition de créer quelque chose à la fin, sans savoir forcément ce que ça allait être, mais toujours sur la thématique du réduire le plastique, remplacer le plastique. Et on est une équipe de six étudiants. qui commence à réfléchir à cette thématique en janvier 2019 sur un projet de fin d'études de création d'entreprise. Donc chacun a des groupes de 4, 6, 8 étudiants, et avec Armand dans le groupe.
- Speaker #0
C'est comme ça que tu rencontres, alors Armand, tu parles d'Armand, c'est ton associé avec qui tu vas créer ton entreprise en fait.
- Speaker #1
Exactement, et on était un groupe d'amis de l'école. Et ce groupe de travail, on s'est encore retrouvés dans le même groupe. Et en fait, on décide tous les deux de faire notre stage de fin d'études sur, à l'époque, ce projet qui ne s'appelait pas Reusit, mais on a continué six mois en pré-incubation, de juin à septembre. Et après, on décide de continuer l'aventure tous les deux et de créer la société en 2021.
- Speaker #0
OK. Et donc, le passage, c'est les premières ?
- Speaker #1
Oui, c'est en 2022.
- Speaker #0
Ok. Catalyseur d'ambition, comment on peut qualifier maintenant l'ambition ? Parce qu'on en a beaucoup parlé, on a jeté le mot comme ça, on qualifie un peu l'ambition en disant je prends des responsabilités, je deviens responsable d'une équipe, donc il y a une dimension un peu leadership là-dedans. On sent qu'il y a une cause qui arrive, qui se dessine, le lien entre les deux, voilà. Et maintenant, il y a une ambition de créer une entreprise. Ok. Mais je sais comment tu qualifierais toi cette ambition, quelle est la tienne ? Alors il faudrait demander à Armand, mais quelle est la sienne ? Et puis comment tu la cultives cette ambition en fait ?
- Speaker #1
Oui, c'est évident parce que je pense qu'on est passé par plein d'étapes différentes. Moi personnellement au démarrage, j'avais peur d'entreprendre parce que je me suis tout de suite dit c'est un milieu d'hommes. Et j'avais un effet à l'école et même au-delà de l'école de commerce. Depuis le lycée, on nous parle de chef d'entreprise et c'est toujours des hommes.
- Speaker #0
Alors toi qui étais étudiante dans une école d'agro dans laquelle il n'y a que des femmes, tu rentres à l'EM. L'EM, généralement, c'est plutôt mixte. Et tu te dis, j'ai peur parce que l'entrepreneuriat est un milieu d'hommes.
- Speaker #1
Oui, parce que tous les exemples qu'on nous donne, c'est vraiment des hommes. Et les profs en sont conscients. Et on leur avait même expliqué petit à petit et aujourd'hui... On commence enfin à montrer des femmes qui entreprennent. Mais moi je ne suis pas issue de ce milieu-là, j'ai des parents dans la santé, je suis très très loin du monde de l'entreprise aussi. Mes parents n'en parlaient pas parce que c'était le milieu de la santé, donc ce n'est pas du tout l'entreprise.
- Speaker #0
C'est une autre forme d'entrepreneuriat, s'ils sont libéraux, c'est une autre forme d'entrepreneuriat, quelque part ils ont leur propre cabinet, mais c'est vrai que c'est différent et peut-être que pour eux, bon. Oui, ok. Oui, il ne se sent pas forcément chef d'entreprise. Effectivement, on avait fait une étude auprès des étudiantes du monde de la santé. C'est à peu près au même moment que ta prise de conscience devait être en 2018-2019. Et justement, quand on demandait à des étudiantes qui étaient en médecine, en pharma, enfin tu vois, des métiers de... voilà. Est-ce qu'un jour tu veux créer ton entreprise ? En fait, elle disait, ben non, je veux créer mon cabinet, mais je ne veux pas créer mon entreprise. Et pour elle, dans leur tête, alors qu'elle faisait bien la différence entre les deux, alors que pour nous, c'est une forme d'entrepreneuriat. Mais oui, effectivement, ce n'était pas du tout la même ambition et surtout la même projection. Donc toi, tu arrives, pour reprendre notre fil d'idées, tu rencontres Armand, vous avez tous les deux la même ambition.
- Speaker #1
Et c'est là que démarrent ces différentes étapes dont on parlait. que quand on sait qu'on vient pas de la même famille, on a une éducation quand même assez similaire, des valeurs très similaires, mais on n'a pas les mêmes croyances limitantes. Et lui, il n'avait pas forcément peur d'entreprendre parce que, pour plein d'autres raisons dont il parlera, et moi j'étais plus bloquée en me disant mais c'est un milieu d'hommes, et puis on me le faisait comprendre, tu vois. Il y a une personne dans l'école qui m'a dit... mais t'es trop sympa pour entreprendre, tu vas te faire manger, c'est un monde de requins. Donc en fait, en plus de ça, certains te disent ça, et comme je suis un caractère de plus on va me dire ça, plus j'ai envie de le dépasser et lui montrer qu'en fait, il n'a pas du tout raison. Au début, ça te questionne, tu vas te dire, mais il a sûrement raison, mais au final, non, parce qu'en s'entourant, et j'avais deux rôles modèles à l'époque, et qui le sont toujours, Lucie Bach de Tougou Tougou et Julie Chapon de Yuka, qui étaient les deux femmes dont on parlait. parce que leur entreprise commençait à prendre de l'ampleur. Et je me suis dit, ce sont deux femmes qui entreprennent dans un milieu de tech, et liées à l'agroalimentaire aussi. Donc, ça m'a donné l'envie de faire partie de ces mondes entrepreneuriales à impact. Et donc, on parlait des croyances limitantes et des blocages. Je pense qu'on a très peur aussi. Au début, il y a énormément d'énergie. En fait, on a un souffle, quelque chose, on a envie de créer. Et petit à petit, on se retrouve confrontés à des remarques, des moments de doute, des moments où on... Alors on n'a jamais été désalignés avec Armand, je ne peux pas dire ça, je pense qu'on est vraiment un duo d'associés qui marche hyper bien, pour plein de raisons. On me pose souvent cette question, mais j'ai du mal à dire pourquoi, mais on a tout de suite vu en fait les appétences de chacun. Armand, ça a tout de suite été la technique, les subventions, le lien avec les industriels et la partie réglementaire. Et moi, tout de suite, le commercial, les finances, le market et la com. Et naturellement, ça s'est fait, alors qu'on a tous les deux aussi, je tiens à préciser, un profil 1G, lui, il est généraliste, et un profil commerce également. Et donc, ça s'est fait naturellement, petit à petit. Et puis, même si la boîte a tourné, en fait, a pris des pivots petit à petit différents et a eu des épreuves. La R&D était très longue, c'est quand même deux ans de R&D, recherche et développement. un an d'industrialisation avec notre propre moule qu'on a créé avec un designer, toute l'équipe, les injecteurs plastiques et ensuite la mise sur le marché. Et à chaque étape, on a vu des moments qui pouvaient être très longs, compliqués. Le manque de financement s'est fait plutôt... On l'a ressenti surtout dans les moments où le contexte économique était très bas en 2023-2024. Donc tout ça, mais tout de suite, cette envie, je pense, qui nous rallie, c'est On sait, la boîte, ce que l'on veut en faire. On ne veut pas... Il y a aussi cette question dans l'ambition, qu'on nous a beaucoup questionnées, c'est la boîte, tous les deux, même alors que ça faisait que trois mois qu'on bossait dessus, qu'est-ce que vous voulez en faire, tous les deux ? Et on s'est... Franchement, je m'en rappelle, à ce moment, on sortait d'école, on a 24 ans, 25 ans, et on nous demandait ça, et tous les deux, on s'est regardés, et chacun a dit, je pense que ça aura un temps, Reusit, on ne sait pas si c'est 5, 10, 15 ou 20 ans, mais on voudrait la revendre. Et sûrement créer quelque chose d'autre. Soit ensemble, soit pas ensemble, mais on s'est tout de suite dit ça, alors qu'on se connaissait depuis un an. Et cette vision n'a pas évolué. On sait qu'on veut aller plus loin possible, que l'impact, on est aussi ralliés par ça, par cet impact du zéro plastique, de l'économie circulaire et du monde des entrepreneurs à impact. Qu'est-ce que ça rallie, bien sûr ? la thématique des gaises pièges alimentaires, la thématique du plastique, la thématique de la réutilisation. Ça peut être soit via un produit, via un service. Donc on s'est nourri aussi de tous ces entrepreneurs. Et comme on est deux cofondateurs, il y a des moments où il y en a un qui prend un sujet beaucoup plus fort que l'autre. Ça peut être la levée de fonds, ça peut être la R&D. Et il y a une fatigue qui s'installe chez un des fondateurs. Et l'autre prend tout de suite le relais en termes d'énergie.
- Speaker #0
C'est un peu une sorte... Alors il y a plein d'idées dans ce que tu dis sur l'ambition qui peut être assez aspirant. Déjà tu présentes une ambition qui dépasse l'entreprise quelque part. Le plus important c'est d'impacter. Ton bébé actuellement, Réusite, ne sera peut-être plus ton bébé après, et quand il est raccrandi, tu accepteras de le lâcher pour refaire autre chose. Et ça c'est intéressant parce que ton ambition, quelque part, elle est nourrie au-delà de ton entreprise et tu ne la mets pas là-dessus. Et puis l'autre point aussi que tu soulignes avec Armand, c'est ce principe d'ambition un peu comme quand l'un est un peu essoufflé, l'autre un peu comme une sorte de principe de vase communiquant.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Et c'est pas conscience, hein ?
- Speaker #1
Non, c'est très naturel et on est des caractères très complémentaires dans la façon de penser, la façon d'agir aussi, et la façon de se reposer. Donc tout ça, c'est hyper sain. On a un duo qui fonctionne à merveille et je pense que c'est une chance énorme que l'on a. On n'avait pas du tout conscience au début et on sait que dans les recrutements aussi, qui l'hidera, quel poste... L'équipe aussi qui prendra la responsabilité du pôle R&D, du pôle commerce. Donc ça, ça a été assez bien divisé.
- Speaker #0
Et une autre question qui est plus en lien avec les premières. Donc les premières, tu les réintègres en 2022 ?
- Speaker #1
Oui, de mémoire, c'est 2022 ou 2021, je ne sais plus.
- Speaker #0
Je suppose que tu avais déjà pas mal travaillé avec le M. Qu'est-ce que tu allais chercher chez les premières ? Et en quoi les premières, les programmes ont nourri ton ambition ?
- Speaker #1
Oui, après l'EM et avant d'intégrer les premières, on a fait l'incubateur de l'ECAM, donc à Fourvière, TEC 360. A l'époque, c'était Dominique Hubert qui le dirigeait et on est allé chercher l'expertise matériaux. On a eu des stagiaires matériaux, on en a eu deux par an sur la partie bibliographie, production, etc. Donc on a bénéficié de cette partie-là pour la... l'ARD et dès qu'on a eu le produit. Donc, le moule, on l'a eu en 2022, la production a démarré en 2023 et on a intégré les premières en 2022 sur l'accélération commerciale. Donc, on est rentré en go, en boost. C'est sa belle boost. Oui, je crois que c'est boost.
- Speaker #0
C'est l'accélération. Mais peu importe, c'est pas la leur. Et donc, en fait, l'incubateur de l'ECAMP a servi pour prototyper, pour travailler en équipe, éventuellement vous tester aussi. Et la dimension commerciale, donc en gros quelque part l'incubateur, les deux incubateurs vous ont respectivement aidé, un à prototyper, donc à valider votre théorie, enfin en gros ce que vous aviez en tête d'un point de vue pratique, en gros est-ce que c'est faisable, et toi tu as pu valider avec Armand, avec les premières, ce que c'est faisable d'un point de vue commercial. Et toi et Armand, donc en termes d'ambition ? Les premières, utiles, pas utiles ?
- Speaker #1
Ah, il y a quelque chose que je pourrais dire par rapport à ça. Je pense qu'Armand serait ok, mais je prends le risque. Il faut savoir aussi que les premières, on a quand même 90% de femmes dans les locaux. En fait, Armand, c'est...
- Speaker #0
Ah oui, je ne dirais pas le contraire, oui, oui.
- Speaker #1
Et même plus, parce qu'Armand, là aujourd'hui, c'est le seul garçon.
- Speaker #0
Ce n'est pas toujours le seul, j'en ai déjà vu par passé, mais effectivement... Bon, de toute façon, on est d'accord, les garçons sont pour l'instant minoritaires. Ok, on n'est pas encore à 50-50, ou on va dire 40% de garçons, 60% de filles. Ça va pas venir, mais c'est pas le moment encore.
- Speaker #1
Le quotidien, il est qu'avec des femmes.
- Speaker #0
Ouais, et c'est un problème pour lui ? Non,
- Speaker #1
c'est ça que je voulais dire, c'est que ça l'a énormément aidé, au-delà de l'entreprise, la psychologie féminine, tu vois, de comprendre aussi les interactions hommes-femmes encore plus. Donc ça a décuplé, en fait, ça l'a aidé, lui. Pour notre binôme, je pense, déjà de 1, et d'être tout le temps en quotidien avec des filles, c'est quand même complètement différent que d'être dans une dynamique mixte ou 100% masculine. Il y a vraiment encore autre chose qu'il vit, et ça la nourrit, et il m'en a toujours parlé que c'était hyper nourrissant pour lui. Et aucun problème d'intégrer un incubateur pour les femmes. Oui, féminin,
- Speaker #0
enfin dominante féminine. Dernière question, je pense qu'on peut, parce que là tu nous as vraiment nourri sur la question d'ambition, l'ambition qui va au-delà d'une ambition de créer une entreprise, l'ambition qui est réfléchie. Tu nous as montré les lieux de culture de ton ambition, tu as parlé beaucoup de tes managers, tu as parlé des rôles modèles, de deux femmes inspirantes, deux entrepreneurs inspirantes. Tu montres la place. Dans ton expérience d'incubateur qui te sert plus à des choses à valider qu'à cultiver ton ambition, maintenant comment tu cultives ton ambition ? Alors tu as ton associé, j'allais dire ton partenaire entrepreneurial, vous avez le principe des vases communicants d'ambition. Toi au quotidien tu continues, tu as un petit truc pour cultiver ton ambition ?
- Speaker #1
Oui parce qu'en fait on peut toujours aller plus loin dans ce que l'on veut faire. Et plus on voit grand, et plus on peut dépasser un petit peu.
- Speaker #0
L'entreprise, en fait, plus on va avoir une étoile polaire, c'est le mot qu'utilise souvent Lucie Bache, ça va fédérer l'idée autour de nous. Et donc ça dépasse notre propre personne, notre propre entreprise. Et ça, j'essaie de le cultiver un maximum via les podcasts, via mes rencontres, via les cercles. Et on a en effet, je n'ai pas parlé de tous les programmes d'accompagnement qu'on a eu. On a eu Enactus, on a eu La Ruche, on a eu Live for Good. On en a eu plein.
- Speaker #1
On est allé en chercher aussi. Ils ne sont pas arrivés d'un secou-pouf.
- Speaker #0
On est allé chercher ça. Et c'est ce qui nous a nourri beaucoup. Et on s'est rendu compte que la seule barrière, c'était nous-mêmes. Et qu'on a besoin de prendre confiance en nous de plus en plus. Parce qu'on ne met pas avec une confiance en nous. Ça se développe.
- Speaker #1
Ça, j'en suis persuadée. Ambition. La culture d'ambition, ça passe par la confiance en soi et ça se développe. Je te propose qu'on s'arrête là. Merci Marie pour ton témoignage, merci pour ton partage d'expérience. Et puis longue vie à Régis, mais surtout à ton ambition dans le monde de l'entrepreneuriat à impact. Merci encore Marie.
- Speaker #0
Merci beaucoup.
- Speaker #1
Troisième partie. Que retenir de l'entretien de Marie ? À partir de l'entretien avec Marie, qu'est-ce que je peux vous conseiller pour vous qui souhaitez cultiver votre ambition comme une compétence relationnelle ? Déjà, il faut considérer que votre ambition, c'est une compétence. Premier point. Elle est relationnelle parce qu'elle se construit toujours en relation avec les autres. Elle est progressive parce que ce n'est pas quelque chose qui dit « Tiens, j'ai une ambition aujourd'hui, puis demain... » j'en aurai moins, etc. Elle n'est pas une, c'est-à-dire qu'elle se construit progressivement. Et quelque part, elle est stratégique parce qu'elle va se mettre, elle va s'incarner dans la vision que vous avez de votre entreprise. Si votre ambition est très grosse, vous allez rêver votre entreprise comme étant quelque chose de très gros. Si votre ambition est peu cultivée, votre ambition stratégique pour votre entreprise sera, a contrario, plutôt faible. Les travaux académiques sur l'entrepreneuriat féminin vont clairement dans ce sens. Qu'est-ce que montre l'entretien ? Marie, tout d'abord, décrit l'ambition comme quelque chose qui se construit à travers des retours d'extérieur. Ses managers lui font percevoir qu'elle peut diriger, qu'elle peut prendre des initiatives, qu'elle peut aller vers des responsabilités plus larges. Elle montre aussi que l'ambition se nourrit d'une cause plus grande que soi. Ça, on l'a vu également dans l'épisode numéro 2 du podcast Culture d'Ambition. Pour elle, cette cause, c'est la réduction du plastique, l'économie circulaire, l'impact environnemental qu'il faut absolument réduire. Enfin, son parcours souligne le rôle décisif de l'entourage. On a un associé qu'elle qualifie comme son complémentaire. Il y a les incubateurs, il y a des programmes d'accompagnement, il y a des rôles modèles féminins ou masculins. Donc voyez bien que l'ambition, c'est vraiment quelque chose qui s'inscrit dans une relation. On n'est pas ambitieuse, on devient. Et les autres nous aident ou nous envoient des retours comme des effets miroirs, comme des effets inspirants pour qu'on soit en notre ambition. Alors concrètement, comment faire ? Alors le premier point, c'est évidemment de ne pas aller chercher n'importe quelle relation. Certes, l'ambition elle est relationnelle, oui, mais il faut rechercher des retours qui élèvent. Marie, elle avançait avec des managers qui ont nommé ses capacités et l'ont autorisé à se projeter plus haut. Ça rejoint quelque part tous les travaux en entrepreneuriat sur ce qu'on appelle la self-efficacité. Tout ce qui montre que l'éducation, que les expériences renforcent, surtout chez les femmes, la confiance nécessaire pour envisager l'entrepreneuriat. Premier point, c'est effectivement des retours qui s'élèvent. Le second point, c'est se construire des rôles modèles. Marie cite Lucie Bach, Julie Chapon comme des références décisives. La recherche montre effectivement que l'exposition à des rôles modèles, des personnes qui vous inspirent, augmente l'intention entrepreneuriale et la self-efficacité des étudiantes, mais également de toutes les femmes qui veulent vouloir entreprendre. Troisième point, c'est effectivement se rappeler qu'il faut s'enturer. Et Marie, elle insiste sur sa complémentarité avec Armand. Donc elle s'enturait, mine de rien, elle a constitué un duo. et un collectif complémentaire. Chacun, elle, Marie et lui, Armand, portent des domaines différents selon leurs forces. Ça, c'est relativement intéressant. Ça peut peut-être faire relever du stéréotype de genre, mais quelque part, d'un point de vue pragmatique, bon, ça fonctionne, on garde ça. Le quatrième point, c'est que finalement, elle a choisi une ambition qui est adacée à un cap qui est très clair. Pour Marie, l'ambition n'est pas seulement réussir, mais c'est contribuer à un monde sans déchet. En pratique, cette finalité forte, ça l'aide à tenir dans la durée. C'est-à-dire, voilà, j'ai cette cause, c'est important, quand je suis perdue, je sais qu'elle est là. surtout quand il y a un échec dans la R&D, quand il y a un problème d'industrialisation, etc. Bref, quand tout ça est un peu incertain. Centurer d'un duo collectif, choisir une ambition adossée, se construire des rôles modèles, chercher des retours dans la relation qui vous élève, et bien finalement, ça va aussi impliquer quelque part aussi le cinquième point, qui sera aussi mon conseil, c'est de... de traiter de croyances limitantes, mais les traiter comme des hypothèses, c'est-à-dire oui, il se peut que ça soit ça, mais pas comme des vérités. Marie, elle nous confie avoir eu peur d'entreprendre parce qu'on lui présentait ce monde comme étant un monde de requins, un peu un monde masculin, bon ok. Les recherches sur les stéréotypes montrent que la perception des normes de genre agit sur ce nôtre confiance, et si on se dit tu verras, c'est un monde de requins, etc., ça c'est une croyance limitante. Peut-être que c'est vrai. Et peut-être que c'est faux. Peut-être que c'est un monde dominé par des hommes, oui. Et alors, peut-être que tous les hommes n'ont pas ce comportement masculin, toxique, etc. Au contraire. Donc finalement, ce sont des croyances limitantes qui sont des hypothèses. Peut-être qu'il se peut que ça soit vrai, mais il se peut que ça soit faux. Donc ce ne sont pas des vérités. Ce qui nous amène, en fait, quelque part, à travailler ces croyances limitantes. Donc... Sixième conseil, multipliez les environnements d'apprentissage. Vous avez vu que Marie, elle a cherché activement des incubateurs, des programmes, des réseaux pour prototyper, pour tester, pour accélérer son projet. Toute cette éducation entrepreneuriale, tous ces dispositifs d'accompagnement vont renforcer sa self-efficacité, sa confiance en elle et en particulier vont lui permettre de dépasser ce qu'elle avait. de stéréotypes, de ses croyances limitantes, mais également d'aller plus loin. Enfin, l'idée, c'est que, la septième point, c'est qu'elle accepte aussi que son ambition se développe par palier. Oui, elle a un rêve, oui, elle a une vision, oui, elle a une cause. Marie nous dit aussi que la confiance en soi, mais également l'ambition de ce qu'elle peut faire avec son entreprise, ça se développe par palier. C'est pas un don. D'un second, on dit, oui, ton idée, il y a un truc. Ok, j'y vais. Puis après, ton idée, oui, il y a un proto. Là, tu vois, c'est acté. Et puis, l'associé vous dit, ah, c'est super. Et tous les autres vous disent, ça vaut le coup, Mais par étapes. Donc, si je dois résumer le conseil en une seule phrase, les filles, visez grand, mais construisez avec vous un écosystème qui rend ce grand possible. Ça veut dire des modèles, des alliés, un projet porteur de sens, des lieux d'apprentissage. Et choisissez des relations qui vont vous aider à construire votre ambition. C'est donc tout pour aujourd'hui. Merci de nous avoir suivis. A bientôt pour un nouvel épisode de Culture d'Ambition. D'ici là, n'hésitez pas à venir nous voir à l'incubateur. On est toujours au 1er boulevard Jules Favre. A moins de 10 minutes chrono à pied de la gare de Pardieu, on est idéalement situé. A très bientôt !