Description
On parle de la culture comme d’un supplément d’âme. Elle a pourtant une fiche de paie, des heures à déclarer, un loyer à payer.
L’économie du spectacle tient sur un statut précaire et chronophage : l’intermittence.
Poison-remède du milieu, elle garantit leur liberté aux artistes et les condamne à courir après les heures.
507 heures sur douze mois, 43 cachets pour un musicien. Le reste de l’année, l’assurance chômage paie.
En Corse, la musique vit un paradoxe permanent. Avec le Riacquistu, toute une génération se politise.
Dans les années 70 et 80, la chanson est un objet politique autant qu’un geste artistique. Les autorités le comprennent et interdisent des concerts : inutile.
Cinquante ans plus tard, les mêmes chansons se jouent en paillote, entre deux pizze et une bouteille de rosé. Les paghjelle, menacées de disparition, se retrouvent chez Universal et chez d’autres labels internationaux.
Mais derrière cette vitrine, les heures se trouvent plus vite à Paris que sur l’île. Alors des musiciens partent et chantent dans la langue des salles.
À Paris, on les appelle les Corses ; en Corse, les Parisiens. Peut-on être un groupe corse sans chanter en corse ?
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