- Speaker #0
Bienvenue dans DanceLab, le podcast dynamique et éducatif où la passion de la danse rencontre le monde de l'entrepreneuriat, du bien-être, de la santé mentale et bien plus encore. Des conseils, des histoires, des conversations captivantes avec des experts et des personnalités, où recommandations et partages d'expériences enrichissent le quotidien des danseurs et pas que. Je suis Maywen Bramoulé, danseuse professionnelle aux multicasquettes, passionnée de danse depuis toute petite, ayant pour objectif de lever les voiles sur les fantasmes et les clichés du métier, en vous partageant toutes les facettes, les difficultés, les richesses et les challenges que ce métier comporte. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager autour de toi, à me laisser une note et un commentaire sur Spotify ou Apple Podcast, et si tu souhaites participer au podcast, écris-moi ! À quel moment tu vois, tu t'es arrêtée de vouloir justement peut-être que ce soit parfait et donc d'arrêter peut-être de bien danser pour commencer à danser réellement comme t'en avais envie ?
- Speaker #1
Ouais, alors c'est une question que j'ai lue de toi hier et que j'ai sincèrement adoré parce que c'est une des questions qui m'a le plus frappée et directement moi touchée. Parce que je pense que c'est un lien direct, alors je pense que c'est très subjectif et chacun le verra comme il le souhaite, mais moi c'est un lien direct je pense avec le personnel. Tu vois, il y a ce côté... J'ai été dans un moule, en fait, toute ma vie. Enfin, mes 25 premières années, on va dire ça comme ça. Parce que t'as envie d'être comme... On te demande, je sais pas si on te demande de l'être, mais en tout cas... Comme on t'a appris à être. Comme on t'a appris à être.
- Speaker #0
Comme la société, l'école, les médias, la famille.
- Speaker #1
Exactement, tu vois. Le corps, pareil, c'est un sujet. Et en fait, tu prends de l'âge. Et j'ai pas 60 ans, tu vois. Tu prends de l'âge, mais il y a un jour où, je sais pas, ben moi, tout est arrivé, en fait. Après confinement, j'ai rencontré mon épouse, donc Amalia qui est mon épouse aujourd'hui. Et en fait, tout est un peu lié, tu vois. Tu t'es beaucoup plus à l'écoute de tes émotions, tu prends le contrôle sur ton corps. Et ça, moi, ça a été aussi pareil, un truc... Waouh, quoi. En fait, pareil, la féminité, j'ai essayé de la faire comme les cours le faisaient. Mais je ne m'étais jamais réellement posé la question de qu'est-ce que ma féminité. Et un jour, je me sens de plus en plus femme. Et mes relations aux autres changent totalement. Et un jour, j'arrive à un cours de danse et j'ai envie de danser pour moi. Et là, j'accède à ma liberté. En fait, c'est vraiment cette prise. C'est comme si j'avais pris, pas repris, mais pris le contrôle sur moi. En fait, je pense comme j'ai envie de penser. Je danse comme j'ai envie de danser. Et je ne sais pas s'il y a eu un déclic, il y a probablement eu un déclic, mais j'ai quand même l'impression que c'est, voilà, fin de ma vingtaine, début de ma trentaine, il y a un, je ne sais pas, je m'émancipe, en fait, de moi-même. En fait, c'est... Et il y a un lien direct, je pense, avec tout ça, quoi. J'ai commencé à m'habiller autrement, j'ai commencé à ne plus faire attention à ce que je mangeais, j'ai commencé à ne plus faire attention à comment les vêtements m'allaient, parce que j'avais envie de les mettre. Et je trouve ça beau. Tiens, ça lui va bien, j'aime bien ce qu'elle porte. je m'aime en fait et je pense que c'est vraiment ça m'émeut un peu mais c'est le fait de réellement commencer à s'aimer et d'un coup j'ai aimé danser je pense que c'est un truc dont on va pleurer toutes les deux mais c'est vraiment c'est un podcast de chialeur chaque podcast de chiale mais je pense que c'est vraiment j'ai découvert de... Et je pense que là, je ferai que ça sera de mieux en mieux. Mais j'ai découvert la femme qui était en moi. En tout cas, on s'est rencontrés et ça a tout changé. Donc, je ne sais pas si c'est une question de cours. Et les gens, je ne sais pas, sont différents aussi avec moi. Mais parce que je pense que tu t'émancipes et peut-être que tu as les épaules un peu plus droites. Et que tu assumes ce que tu dis, tu assumes aussi ce que tu cries, tu assumes ce que tu penses, ce que tu n'aimes pas. Il y a réellement eu un lien, il y a un changement dans ma danse.
- Speaker #0
Parce que du coup, tu t'es ancrée et peut-être qu'il y a une énergie qui a été différente aussi. Oui, je pense. Est-ce que du coup, tu penses que, de manière générale, les danseurs, je parle, on va dire, professionnellement parlant, devraient faire un travail sur eux-mêmes pour s'émanciper eux aussi dans leur danse ? Parce que souvent, tu vois, je te prends un exemple un peu bidon, mais le regard des autres, le regard des autres, il vient d'où ? Oui. Tu vois, cette peur du regard des autres, elle vient d'où ? Et c'est vrai que parfois, ça peut bloquer dans la danse parce que, ben... J'ai peur qu'on juge, qu'on pense à de moi, qu'on puisse rentrer à l'intérieur de moi, alors qu'en fait, tu es juste peut-être en train de créer un personnage sur ce style de danse-là. Donc, est-ce que tu penses que, de manière générale, il faudrait aussi te faire un travail un travail sur soi pour aller mieux dans son art et dans sa danse ?
- Speaker #1
Je pense que ça ne peut pas être mauvais de toute manière. Je pense que ça ne peut pas être mauvais. On devrait tous et toutes faire un travail sur soi. Je ne peux pas dire que ça a été volontaire de le faire. Je pense que tout est arrivé à un moment. Donc, forcer les choses, peut-être, pour certains et certaines. Maintenant, je pense qu'on a chacun et chacune une direction de vie. Maintenant... être totalement fermée à essayer de chercher des choses comprendre des choses et se battre aussi pour des choses tu vois je pense que moi en vrai la découverte du féminisme aussi ça a beaucoup changé et je pense que féminisme femme voilà il y a eu une découverte c'est un mot que j'avais au lointain je sentais que j'étais énervée pour des choses plus la compréhension ouais et un jour en fait je pose vraiment un mot là dessus une définition et aussi toute une Toute une communauté, je mets évidemment des guillemets, mais un entourage avec qui tu es d'accord et du coup tu vas en manif. Et en fait, c'est tout plein de choses de requestionnement aussi. Et puis la remise en question. La remise en question, pour moi, elle est hyper importante. Et pas pour dire qu'est-ce que je fais bien, qu'est-ce que je fais mal. Est-ce que c'est moi ou est-ce que c'est ce qu'on veut de moi ? Tu vois, faire un lien avec ta question, c'est vraiment ça. Et je pense qu'il est important de se remettre en question, de se poser des questions. Après, de faire un travail sur soi, tu vois, tu peux jamais forcer les gens à faire des choses qu'ils ou elles n'ont pas envie de faire.
- Speaker #0
Bien sûr. Mais c'est vrai que ça permettrait peut-être à certaines personnes de mieux comprendre leur danse ou pourquoi ils bloquent à certains niveaux leur carrière.
- Speaker #1
Et de s'accepter aussi. Tu vois, pour moi, c'est vraiment s'accepter. Alors attention, j'ai encore plein d'injonctions tatouées sur... Mon corps est dans ma tête, mais je sais qu'elles sont là. Et du coup, je sais quand elles font surface qu'il faut... Que c'est parce qu'il y a ça, tu vois. Parce que, encore une fois, le corps est là. Et je sais que c'est quelque chose avec lequel, je sais pas, je me bats, mais voilà, c'est une injonction. Ouais, le corps, il faut s'assumer, tu vois, j'ai fait une... une micropièce pour Club 22 où ça parle de ça. J'avais envie qu'il y ait toutes sortes de femmes, taille, hauteur, largeur, qu'importe, tu vois. Et pour autant, moi, mon corps vit beaucoup avec mon cycle. Et donc, le cycle, c'est pas l'ovulation et potentiellement ta période. C'est quatre formes dans le cycle. Et moi, j'ai un corps qui peut prendre 4 kilos. Et qui switch en fait, tu vois, qui varie. Et en fait, c'est accepter ça. C'est accepter que le lundi, je suis comme ça et que le jeudi, j'ai 2 kilos en plus. Je ne comprends pas, je me sentais hyper gainée, tu vois, au niveau du bas-ventre. Et d'un coup, il y a un bourrelet. Qu'est-ce qu'il fait là ? Et j'ai beau rentrer le ventre, parce que tu as envie de rentrer le ventre, tu vois. Et en fait, pourquoi j'ai envie de rentrer le ventre ? Qu'est-ce que tu fais, tu le rentres ou tu ne le rentres pas ? En fait, je le rentre parce qu'elles sont là, parce que l'injonction est là. Et petit à petit, je sais que... Je fais des espèces d'énormes parenthèses.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant parce que tu parles de cycles. Du coup, je t'ai coupé petit à petit.
- Speaker #1
Non, mais petit à petit, tu sais que tu avances avec ces injonctions-là. Mais c'est important de savoir. Et je pense que les garçons qui ont des cycles, mais qui n'ont pas les mêmes que les nôtres, ont potentiellement aussi ces trucs-là. Parce que là, je parle de moi parce que je suis une femme. Et je me genre femme. Après,
- Speaker #0
il y a aussi la question de la société sur nos corps. C'est pour ça que je disais que tu parlais de cycles, etc. mais... Quand je vois, et ça me rend dingue et je vais essayer de pas me mettre en colère, mais quand je vois encore que dans certains contrats à Paris, il y a des cases où il faut que tu mettes ton poids avant de signer ton contrat et que tu dois encore monter sur des balances, ça me rend folle parce que je me dis mais en fait exactement, tu peux avoir tes règles, avoir pris 4 kilos. Et c'est... Et je trouve que de te faire monter sur une balance pour te dire, regarde, là, tu ne corresponds pas à ce qu'on a signé, c'est horrible. C'est terrible et ça peut amener à des troubles du comportement alimentaire, ça peut amener à dysmorphophobie. Pareil, c'est des sujets que j'ai beaucoup à prendre dans mon podcast. Je prendrais un exemple, Mélissa Fromentin, Yanis Benizeb, Benzineb, pardon, j'ai écorché le nom de famille. Yanis, il y a aussi Laura Massif, enfin voilà. Je vous invite aussi à écouter ces épisodes-là parce que ça pourra faire sens aussi avec... Ce dont on parle, de s'ancrer, de s'aimer soi et d'arrêter d'aller là où ça va pas.
- Speaker #1
En fait, on normalise trop le fait qu'on fait un métier d'image. On fait un métier d'image, donc il faut être. Mais attends, pause. On est en 2026. On fait un métier d'image. Et juste ouvrons-nous sur ce qu'est la vie en 2026, s'il vous plaît. Parce qu'on fait un métier d'image, oui, mais c'est un métier d'image depuis les débuts de la télé, en fait, si on prend cet exemple-là. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en 2026, on n'a pas avancé depuis les débuts de la télé ? S'il vous plaît, oui, on a avancé, on a évolué, on a, je mets des guillemets sur la nouvelle génération, qui est quand même beaucoup plus avancée que nous et qui en ont un peu plus rien à fiche, en fait, de, justement, des codes, parce qu'ils décodifient beaucoup plus de choses. 1 On ne peut pas dire que l'image d'aujourd'hui est celle d'hier. Et en fait, l'industrie de la danse est encore très ancrée dans l'image d'hier. Et donc oui, c'est un métier d'image, mais non, ce n'est pas l'image d'hier. En tout cas, je ne sais pas si c'est subjectif, je pense qu'il faut évoluer aussi un peu avec son temps. Et pareil, arriver... Alors attention, c'est peut-être trop idéaliser la chose, mais... Mais arriver à un contrat aujourd'hui, où c'est un contrat avec, je sais pas, 15 danseuses, avoir dans le catering, on a des loges, des snacks, mais pas avoir de protection hygiénique, eh ben, pourquoi ? Tu vois, il y a plein de restaurants qui le font aujourd'hui, et je pense pas que ça soit problématique, c'est sur le compte de la société, et évidemment c'est idéaliser les choses, mais je trouve quand même qu'on pourrait potentiellement, petit à petit, faire des efforts sur... Sur, je sais pas, la manière d'évoluer socialement et pour en revenir au corps, oui, le corps c'est encore un énorme sujet.