Speaker #0Bonjour et bienvenue sur Vivre avec bon sens, le podcast qui bouscule les codes de notre santé. Je suis Joy Richez, fondatrice de Sérieusement Gourmand. Multipli engagée, j'accompagne les entreprises et les particuliers vers une vie plus consciente et épanouissante. Ici, je parlerai sans détour de sujets qui m'animent et me motivent, et je partagerai mon micro avec des personnes aussi talentueuses qu'inspirantes pour nous faire réfléchir et évoluer. Bref, tout un programme pour élargir sa vision, être en accord avec soi et être pleinement épanouie. Bonjour à tous et à toutes. Aujourd'hui, je vous emmène avec moi dans ma mini-série en toute intimité. Je vais vous partager la transition personnelle que je suis en train de vivre en ce moment. Alors avant toute chose, sachez que j'ai eu du mal à enregistrer ce premier épisode. Parce que j'avais peur d'être maladroite, de ne pas être comprise et de manquer de légitimité. Qui je suis pour vous parler d'une histoire banale que beaucoup de personnes doivent rencontrer ? Et surtout, à quoi ça va vous servir ? Alors je n'ai pas la réponse à cette question, mais j'ai une certitude, celle que les histoires des uns peuvent faire écho... à celle des autres. Alors même si mon histoire n'a rien d'extraordinaire, même si parfois j'ai des propos maladroits, mal compris, le plus important pour moi, c'est de vous partager mes prises de conscience, mes émotions, mes réactions, mes compréhensions. Parce que finalement, c'est bien tout ceci qui peut vous parler, et peut-être vous permettre de prendre de la hauteur et de nourrir des réflexions. sur vos propres situations. Gardez à l'esprit pour chacun des épisodes que je vous livre ma réalité, avec ma perception du monde, de la situation, avec mes filtres, mes blessures, mes émotions, mes doutes, qu'il n'y a rien de bien ou mal, que je n'ai pas raison et que les autres ont tort, c'est simplement comment j'ai vécu les choses. Et je crois que la difficulté que j'ai rencontrée pour ce premier épisode se situe exactement ici, celle de vous livrer en toute authenticité, sans filtre, ce qui se passe à l'intérieur de moi. Alors si vous êtes prêts à plonger avec moi dans ma tête, dans mon cœur, dans mes émotions, et à vivre pas mal de turbulences, eh bien c'est parti, on y va ! Pour commencer, on va remonter un petit peu dans le temps. On est en janvier 2021, un vendredi, et on s'apprête à partir en Tanzanie. On, c'est mon conjoint, avec qui je partage ma vie depuis 11 ans, et moi. Ce voyage de 3 semaines, entre dépaysement, plage, rencontre, je le prépare depuis des mois avec minutie. Alors ce matin-là... Lorsque je me suis réveillée, j'avais une sensation toute particulière, celle qui mélange stress, joie, excitation, qui me rendrait presque comme invincible. Bon, cette sensation est de courte durée, puisque à 10h, je reçois un mail qui me dit que notre vol est annulé. Je réagis tout de suite et j'explore l'ensemble des options pour pouvoir partir. aujourd'hui, en Tanzanie. Et puis, plus le temps passe, plus je perds de mon optimisme. On n'a aucun moyen de partir ce jour-là, et les options que l'on nous propose ne nous conviennent pas. Finalement, on décide d'annuler le voyage. Et cette décision, elle ne me convient pas du tout. Elle me renvoie au fait... Que je ne contrôle rien, que tout ce que j'avais prévu n'arrivera pas, et elle me plonge dans une profonde tristesse. Que sur le coup, je ne comprends pas. Ce n'est que quelques jours plus tard que je comprendrai ce que signifiait ce voyage. Il représentait une bouffée d'air frais, une sortie de quotidien, une sortie de routine. Il nous permettait de nous évader, de nous retrouver, nous et notre couple. Et lorsque l'on décide de ne pas partir, c'est tout ça qui s'effondre. C'est toutes mes projections qui s'arrêtent. Et c'est à partir de ce moment-là que commence pour moi une grande remise en question. Je commence par m'interroger sur le fait de devoir attendre ce genre d'événement pour pouvoir sortir du quotidien, pour avoir cette bouffée d'air frais, pour que l'on puisse se retrouver. Est-ce que finalement c'est normal de parfois se sentir oppressé, comme sous pression dans notre quotidien, et de devoir attendre ce genre de moment suspendu, hors du temps ? pour pouvoir se sentir libre, pleinement épanoui. Ce couple dans lequel je suis depuis que j'ai 19 ans, est-ce qu'il correspond à qui je suis aujourd'hui ? Est-ce que c'est moi qui me suis adaptée à ce couple ? Ou est-ce que ce couple a évolué avec moi ? En fait, est-ce que je suis bien alignée avec ce que je suis en train de vivre ? Ces questionnements, ils vont me faire rentrer dans une première phase, celle de l'ambivalence. En gros, un gros bordel mental. Cette phase, elle engendre l'intervention de différents personnages à l'intérieur de moi. Il y a d'abord Monsieur Stable. Alors je ne sais pas pourquoi c'est un monsieur, mais c'est comme ça que je l'imagine. Lui, il ne veut absolument pas de changement, donc pour lui, tout est normal. Pour lui, la monotonie dans un couple au bout de 11 ans, un classique. La routine qui s'installe, c'est logique. Et le fait d'attendre des événements extérieurs pour avoir cette bouffée d'air frais et se sentir pleinement épanouie, c'est tout à fait normal. À côté de lui, il y a Madame Rebelle, qui évidemment n'est pas du tout d'accord avec lui. Elle, ce qu'elle veut, c'est de la folie, de la spontanéité. Et ça... à chaque instant, que ce soit au bout de 11 ans, dans le quotidien ou dans des moments suspendus. En gros, elle, elle veut vivre une vie de dingue tout le temps. Je n'oublie pas évidemment l'intervention de Madame Principe, qui ne veut pas sortir de la norme familiale, sociétale, conjugale, et s'ajoute à cette grande famille d'autres personnages qui évidemment vont essayer de convenir à l'un et à l'autre, et surtout à moi, quand même. Voyant que c'était vraiment un gros bazar à l'intérieur de moi, j'ai décidé d'en parler avec des vraies personnes. Alors pour commencer, avec mon conjoint. Puis, avec des amis. Et finalement, chacun n'a fait que rajouter des questionnements sur des questions déjà existantes. Alors qu'en fait... Au fond de moi, je sais très bien que s'il y a des doutes, il n'y a pas de doute. Et à ce moment-là, en plein marasme mental, je n'ai absolument pas conscience que mon corps, lui, a déjà pris sa décision. Alors ça peut vous paraître étrange, mais si j'avais écouté mes tripes, mon intuition, j'aurais évité tous ces questionnements, tous ces scénarios mentaux. Parce que je savais, au plus profond de moi, ce qui était juste. Et puis arrive le lundi, où sur le bout du canapé, on finit par lâcher cette question. Bon, qu'est-ce qu'on fait ? On se sépare ? Cette question, elle a fait taire immédiatement toutes les voix dans ma tête. Déjà parce qu'il fallait se concentrer sur la réponse, et aussi parce que ça y est, on y était. On était exactement à l'endroit où il fallait être. Et là s'installe comme un consensus interne entre mon corps, ma tête et mes émotions, comme quoi c'est le moment d'être honnête envers soi-même. Et après la discussion la plus honnête de toute notre relation, je crois. On décide de mettre fin à nos 11 ans d'histoire. Et bien que la décision soit prise avec beaucoup de sérénité, de respect et d'amour, la suite, elle est commune à toutes les ruptures. Elle est douloureuse. Parce qu'il faut sortir de sa zone de confort, se créer de nouveaux repères. Parce qu'il faut se confronter aux souvenirs, aux autres, à soi. Pour commencer, mon cerveau m'a proposé 11 ans de souvenirs, riches d'amour, de rire, de moments incroyables, pour me faire douter. En vérité, ce n'est pas mon cerveau qui m'a proposé ça, c'est mon égo, celui qui se nourrit de peur, de manque, et qui voulait revenir à cette stabilité qu'il connaît si bien. Sa seconde stratégie, justement, après les souvenirs, c'est de me proposer des peurs, pour me faire vaciller. Attention, tu vas te retrouver toute seule, voire même tu vas finir ta vie toute seule. Et puis tu sais, à ton âge, c'est compliqué de retrouver quelqu'un. Et puis c'est quand même plus facile à deux, pour le logement, pour la stabilité financière. Tu vas devoir tout reconstruire, repartir de zéro. Là aujourd'hui, t'as une stabilité, mais demain, qu'est-ce que tu vas devenir ? Et qu'est-ce que vont en penser les gens ? À ce moment-là, ce que je ressens, c'est un trou béant dans le ventre, comme si on avait retiré une partie de moi. En fait, c'est pas une partie de moi qu'on retire. C'est simplement un poids, une dépendance, un lien, une habitude, et qui me permet de me confronter à moi-même, et de me regarder pleinement en face. Et d'ailleurs, concernant le sujet du vide en soi, je vous invite à regarder la vidéo de Franck Lobbé, qui en parle de façon très juste. Le plus difficile, juste après la prise de décision, c'est de se détacher de tout ce qui était. De recommencer à penser et à agir en je et non plus en nous. De sortir de ces 11 ans d'habitude et se recréer des repères personnels. Finalement, de me reconnecter à ce qui est essentiel pour moi. avant de raisonner en nous. En fait, cette rupture, c'est une invitation à redécouvrir qui je suis. Non pas parce que je me suis perdue, mais parce que parfois je me suis oubliée, mise de côté, bridée, toute seule et de façon totalement inconsciente. Mais aujourd'hui, avec du recul, je comprends de façon consciente que j'ai parfois fait passer le « nous » avant le « je » . Il y a d'ailleurs une métaphore que j'aime beaucoup, que j'ai découvert pendant cette transition, que j'ai envie de vous partager, c'est celle du bateau. Un couple, c'est trois bateaux. Mon bateau. Celui de l'autre et celui que l'on construit, ensemble. Ce n'est pas moi qui vais sur le bateau de l'autre, ou l'autre qui vient sur mon bateau pour n'en faire qu'un. Ou nous deux qui nous retrouvons sur le troisième bateau en abandonnant le nôtre. Il y a vraiment trois structures distinctes. Et aujourd'hui, ce que je comprends, pour moi, et de ma relation, c'est que j'ai un petit peu abandonné mon bateau. Soit pour aller sur le troisième, soit pour aller sur celui de l'autre, ou alors pour laisser l'autre venir sur le mien, peu importe. Dans tous les cas, je n'ai pas pris suffisamment de temps pour regarder les fissures. qu'il pouvait y avoir sur mon bateau. Les choses à réparer, à rénover, à réinventer, à apprécier. Et peut-être qu'il y a des traversées à faire, en tant que capitaine principale, sans autre barque ou paquebot attaché. Ce que je comprends, grâce à cette métaphore, c'est que le bonheur, il doit venir de moi. qu'il se joue entre moi et moi. Je ne peux pas l'attendre des autres, je ne peux pas le récupérer des autres et je ne peux même pas le créer avec l'autre tant qu'il n'existe pas pleinement, complètement à l'intérieur de moi. Tout comme je ne peux pas attendre des événements extérieurs qu'ils viennent nourrir. Ce que je dois chérir de l'intérieur. C'est en tout cas ce que je comprends aujourd'hui. Le voyage en Tanzanie, finalement, c'est l'un des plus beaux voyages que j'ai fait sans même me déplacer. C'est celui qui me ramène chez moi, vers moi. Dans les prochains épisodes, je vous parlerai de ma relation avec les autres. de solitude, de ma vision du couple, de l'amour, en fait, je vous emmènerai avec moi sur mon bateau pendant ma traversée et je vous partagerai ce que je découvre, ce que je comprends, chez moi, chez les autres. Et bien que dans cette traversée, il y ait des vagues, parfois c'est calme, apaisant. et même ressourçant. Ma conclusion pour ce premier épisode, c'est que rien n'arrive par hasard. Sans annulation de vol, il n'y a pas de remise en question. Sans remise en question, il n'y a pas de rupture. Et sans rupture, il n'y a pas de reconniction à qui je suis profondément. Alors finalement, est-ce qu'il n'y a pas que des cadeaux cachés derrière ce que nous vivons ? Je vous remercie infiniment pour votre écoute. Si ce premier épisode de la mini-série en toute intimité vous a plu, n'hésitez pas à le partager ou à me laisser un commentaire. Et je vous donne rendez-vous très vite pour la suite. En attendant, prenez soin de vous.