- Speaker #0
Bienvenue à ce nouveau podcast, à ce nouvel épisode de Déclic Data. Aujourd'hui, je suis ravi d'avoir à mes côtés un collègue de MyReport, aussi responsable de l'équipe conseil de chez MyReport, Olivier. Est-ce que tu pourrais te présenter ton parcours pour nos auditeurs pour parler de ce super thème d'aujourd'hui qui est le contrôleur de gestion 3.0 ? Voilà, c'est un super upgrade que le contrôleur de gestion a eu ces dernières années. Donc voilà, qui es-tu et qu'est-ce qui fait que tu avais envie de nous partager ton expérience autour de ce sujet ?
- Speaker #1
Bonjour Médéric, je suis Olivier Depas, je suis le responsable d'équipe conseil chez MyReport. On accompagne nos clients dans l'élaboration d'indicateurs, dans l'usage de BI, dans l'objectif de piloter une entreprise. de la meilleure façon et de la manière la plus consciente avec des chiffres incontestables. C'est l'objectif qu'on a côté MyReport. D'un point de vue parcours, je fais de la BI déjà depuis 15 ans. J'accompagne des profils data, des profils DAF, des profils financiers, des contrôleurs de gestion, des comptables, principalement. Après, je vois tout type de profils sur mes missions. Mais le cœur de mon métier, c'est avec ce personnel-là. pour l'élaboration d'indicateurs de reporting, de transmission d'informations, de construction aussi de data pour utiliser ça à des fins financières et de communication. Et avant d'arriver là, moi j'ai été formé plutôt dans la partie financière, je suis en école de commerce en Belgique, ça c'est important aussi de le dire, avec une spécialisation côté finance. contrôle de gestion et comptabilité, où je me suis orienté au départ de ma carrière, donc cabinet d'audit classique, on va dire. Ensuite, j'ai intégré un grand groupe agroalimentaire, où j'ai fait de la compta, de la finance, pendant quelques mois, où je me suis dit, en fait, ce projet-là, ça me passionne moins que dans mes études. Et je me suis dirigé très rapidement vers l'intégration de logiciels ERP, compta, commerce. Et petit à petit, ma fibre financière est revenue. J'ai fait beaucoup de reporting et je me suis orienté vers la BI à ce moment-là. Donc là, ça fait 15 ans que je fais de la BI.
- Speaker #0
Super, joli parcours. Je pense que tu en as vu des choses en ces 15 ans. Alors effectivement, le rôle de contrôleur de gestion est un rôle qui est, on va dire, un peu sous les feux de projecteur aujourd'hui dans l'entreprise. Et puis aussi, il y a souvent... des fois une connotation un peu négative à ce mot, parce que contrôleur de gestion. Tout à fait. Certains ne comprennent pas le mot contrôleur, contrôle. Comment tu vois ça ? Est-ce que c'est vraiment celui qui vient avec le fouet pour contrôler les gens ? Ah non, ça ne se passe pas bien, ou c'est plutôt l'image qui est erronée, à casser ?
- Speaker #1
Alors, moi, je veux d'abord poser les bases. Tu me connais, j'aime bien aussi partir sur des bases acquises. Alors le contrôleur de gestion, en effet, il a une image un peu péjorative dans les entreprises parce que c'est celui qui vient pointer du doigt les sujets qui ne vont pas, d'une certaine manière. Donc premièrement, le contrôle de gestion, on va plutôt parler à l'américaine, on va essayer de transposer ça sur un terme positif. C'est maîtriser, c'est to control, c'est maîtriser. C'est comme ça qu'il faut le voir. que les contrôleurs de gestion sont là pour maîtriser les sujets, maîtriser les processus dans le but de rendre plus efficients les processus, dans le but de chercher de la rentabilité, dans le but de diminuer des coûts, mais dans une organisation où tout le monde se sent bien, d'une certaine manière. C'est comme ça qu'on peut voir les choses. Aujourd'hui, je dois admettre que le contrôleur de gestion a quand même cette connotation négative Quand on le voit arriver, on sait qu'on va peut-être passer un cinquant d'heure, mais c'est toujours dans le but d'aller mieux dans l'efficience. Et je pense que c'est plutôt de la communication qu'il faut faire, de l'acculturation qu'il faut faire dans les entreprises pour accepter que c'est en fait un partenaire au niveau processus du métier qui viendra nous aider à encore améliorer les choses. Le contrôleur de gestion aujourd'hui, il a encore une belle part d'amélioration au niveau de son image à faire et c'est important que tout le monde participe à ça.
- Speaker #0
Ok, donc concrètement, c'est vraiment le garant de la profitabilité, de l'optimisme, le fait que les processus soient optimaux. Donc effectivement, c'est un partenaire. Ce n'est pas juste cette image de celui qui vient pointer les problèmes, même si des fois, il faut bien que quelqu'un... pointe les problèmes. Mais l'idée, c'est toujours dans l'optique d'améliorer et d'optimiser les processus métiers.
- Speaker #1
C'est ça,
- Speaker #0
tout à fait. C'est quand même un métier qui est vaste. Est-ce que dans ton expérience, est-ce qu'on peut parler de... différents contrôleurs de gestion parce que moi quand j'étais consultant BI j'en ai vu des contrôleurs de gestion aussi et c'est souvent dans les organisations même s'il y a des missions qui se recoupent c'est pas forcément les mêmes rôles c'est pas forcément je dirais le même style comment tu vois ça ?
- Speaker #1
On peut faire le parallèle avec l'informaticien déjà un informaticien qu'est ce que c'est ? Oui c'est vrai Il y en a qui font du hardware, il y en a qui font du software, il y en a qui font du conseil, il y en a qui font du dev. Le contrôleur de gestion, c'est à peu près pareil. Ça signifie qu'en termes de contrôle de gestion, on va avoir plusieurs segmentations. Moi, je vais plutôt en parler sur trois segments, qui en tout cas, je vois régulièrement, et je sais qu'il y en a encore beaucoup d'autres. C'est principalement le contrôleur financier, le contrôleur en industrie, et puis un peu le contrôleur généraliste ou le contrôleur groupe. On peut assimiler ça comme ça. Aujourd'hui, le contrôleur financier, c'est souvent par là qu'on commence, quand on vient par exemple de cabinet comptable ou ce genre de choses. C'est la personne qui va produire les reportings financiers, qui va collecter les données de la compta, qui va aller chercher un petit peu d'informations complémentaires pour compléter son rapport financier, avoir un peu de substance. Parfois, c'est important quand on travaille par exemple dans des restaurants, porter un nombre de couverts, un nombre de visites, ce genre de choses. d'alimenter un P&L qui permet une meilleure lecture.
- Speaker #0
P&L, c'est quoi ?
- Speaker #1
C'est vrai, c'est un bon terme. Le P&L, en finance, on appelle ça un compte de résultat. C'est pour montrer l'activité de l'entreprise entre une date de début et une date de fin, pour savoir si l'activité est rentable ou pas rentable.
- Speaker #0
C'est le compte de résultat.
- Speaker #1
Oui, je donne vraiment sur l'initié qui ne connaît pas la finance.
- Speaker #0
Je pose souvent la question pendant le podcast des argentes. parce que c'est vrai que dans le métier dans la data ou n'importe quel métier il y a toujours des jargons.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
L'idée du podcast c'est de rester abordable.
- Speaker #1
C'est important d'acculturer en tout cas les non-initiés. Pour compléter sur le contrôleur financier il va souvent aussi faire le processus budgétaire. Le processus budgétaire en entreprise on peut considérer ses cinq mois de boulot. C'est pareil, un saut sur une année.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc ça nécessite d'aller voir tout le monde, de commencer à montrer les budgets versus l'année passée, qu'est-ce qu'on envisage de faire l'année prochaine, de faire des arbitrages, d'aller expliquer les arbitrages, de trouver en tout cas des compromis afin de pouvoir ficeler un budget en fin d'année pour le suivre l'année suivante. Donc on a également des revues budgétaires en cours d'année pour ajuster et arriver à un atterrissage en fin d'année qui serait le plus proche de la réalité afin de piloter d'un point de vue financier l'entreprise. Tout simplement. Donc ça c'est le premier rôle de contrôleur de gestion qu'on retrouve et nous, côté MyReport, on le retrouve très souvent parce que c'est souvent par là qu'on rentre.
- Speaker #0
C'est souvent celui qui va consommer la data de base, qui va avoir besoin d'une BI pour travailler tout simplement en fait.
- Speaker #1
Qui va avoir besoin en tout cas d'accéder à la compta. Ça c'est le minimum. Et puis de pouvoir croiser avec ses budgets. Donc ça on rentre déjà dans des univers différents où il faut croiser de l'information. Sur des petites structures, est-ce qu'on a besoin de BI ? Je ne suis pas convaincu. C'est toujours bien de l'avoir, mais sur des plus grosses structures, on va commencer à avoir plusieurs établissements, il va falloir compiler de l'information et extraire des balances de 100 sociétés. C'est un travail monstrueux, donc il faut commencer à s'équiper. Donc on commence à parler de data sur les contrôleurs de gestion, et on en reparlera un petit peu plus tard. Le deuxième axe, c'est le contrôleur en industrie. Moi, personnellement, c'est celui que je préfère, parce que c'est celui où on va vraiment à la rencontre des gens pour déterminer comment mon produit... Il est fait. Quels sont les coûts qui sont liés à ce produit ? Quelles sont ce qu'on appelle les freintes, donc les contraintes qu'on a côté production et qui m'empêchent d'avoir une rentabilité, on va dire, maximum ? Et tout ça, ça permet en fait de faire un chemin de la data, d'une certaine manière, mais un chemin du coût pour nous arriver sur ce qu'on appelle un prix de revient. Idéalement, le terme, c'est un coût de revient, parce que c'est un coût qui nous permet derrière de... de faire un bénéfice, une marge, et nous faire fixer un chiffre d'affaires. Je trouve ça très intéressant parce que ça mêle de la partie data, donc récolter l'information, ça mêle de la logique, puisqu'il faut quand même empiler les informations jusqu'au résultat net du produit.
- Speaker #0
Structurer le système,
- Speaker #1
oui. Structurer vraiment l'analyse pour prendre ce qu'on appelle des coûts directs, des coûts indirects et même des coûts de structure, pour aller même flécher par exemple le... Le salaire du PDG, j'aimerais le flécher vraiment dans le produit. Ça c'est possible avec la data et en tant que contrôleur de gestion, j'incite vraiment à essayer d'aller jusqu'à cette étape-là pour maîtriser le plus le coût. Et ça, ça permet quand même d'aller voir toute la prod, le chef de prod, les opérationnels, pour comprendre qu'est-ce qu'ils font sur le terrain. Et il y a une petite anecdote que j'ai lue récemment par un influenceur et qui dit qu'un bon contrôleur de gestion en industrie, c'est celui qui a les semelles usées. Et c'est un vrai bon terme parce que... Il faut aller se déplacer pour comprendre comment ça se passe sur le terrain, pour ensuite bien récolter la data, bien l'organiser et bien la communiquer.
- Speaker #0
C'est le métier de terrain.
- Speaker #1
C'est un métier de terrain, exactement. Et le dernier profil que je rencontre régulièrement, c'est des contrôleurs groupes ou les contrôleurs généralistes qui, eux, en fait, sont un peu à la tête des contrôles de gestion ou seuls en entreprise et qui doivent tout faire. Et donc là, on va avoir des profils qui vont manier du financier, de la production et d'autres petites règles de gestion de processus interne qu'il va falloir bien documenter pour bien maîtriser et partager.
- Speaker #0
Ok. Du coup, ce dernier profil, c'est plus administratif ?
- Speaker #1
Je ne dirais pas administratif, mais en tout cas, c'est un profil qui est beaucoup plus proche des directions en général. C'est eux qui doivent pouvoir montrer qu'une activité est profitable ou qu'une activité de coût, qu'on appelle un centre de coût, est optimisée pour diminuer le nombre de coûts. Et là, il aura besoin quand même de récolter pas mal d'informations, les compiler et, comme les Américains le disent, faire du storytelling. Bien savoir, montrer que cette activité est dans le bon sens ou qu'elle n'est pas dans le bon sens et pouvoir proposer des solutions. Et c'est au dirigeant évidemment d'arbitrer.
- Speaker #0
Alors, il y a un sujet, tu as parlé un peu de cette nécessité de répartir les coûts, de comprendre un petit peu sur tous ces coûts qu'on a en entreprise, comment on va les dispatcher, etc. pour pouvoir peut-être optimiser les choses. Est-ce que... Concrètement, comment on va répartir ces coûts ? Comment le fait de les répartir d'une manière ou d'une autre va impacter l'entreprise dans le sens d'amélioration des processus ?
- Speaker #1
Premièrement, le premier rôle du contrôleur de gestion, c'est de documenter. On va flécher les différents coûts qu'on a de connaissance. mais de documenter comment cette information, elle atterrit dans le système d'information, qui en est responsable de chaque coup, pour qu'on puisse quand même aller se retourner vers des personnes pour dire « attention, ce coup-là, il commence à déraper, il va falloir qu'on fasse des arbitrages » . Et des fois, tu peux avoir des coups internes de processus, mais tu peux aussi avoir des coups exogènes, type actuellement c'est Détroit-Dormouz, il a beaucoup d'influence sur les coups, coups de gazole, etc. et comment je peux m'en prémunir le plus possible. En finance, on appelle ça une matrice SWOT, pour pouvoir se prémunir de ça. On va collecter tout ça. Ça, c'est la première chose. On va documenter, collecter, partager, pour pouvoir faciliter ensuite la construction systémique, d'une certaine manière, de notre coût, qui nous permettra de mieux le piloter. Tout ça, ça rentre dans les systèmes d'information, comptabilité, gestion de production, gestion de supply chain. On peut avoir des GTA pour bien tracer le temps machine et le temps humain qui sont sur des produits. Et ça, ça va nous permettre de pouvoir mieux maîtriser cette chaîne. GTA,
- Speaker #0
c'est ?
- Speaker #1
La gestion du temps.
- Speaker #0
Ok. Alors, j'entends du coup, quelque part, il y a une répartition des choix qui se font avec des éléments internes, des éléments externes. Mais il y a aussi un côté, dans l'entreprise, il y a aussi des côtés plus, comment dire ? peut-être moins difficile à chiffrer, un impact social ? Comment... Enfin, la partie aussi RSE, donc l'impact environnemental. Comment on prend en considération, en fait, tout ça ? C'est ça.
- Speaker #1
En fait, dans l'explication précédente, je ne suis pas descendu jusqu'au tout en bas, jusqu'au résultat net. C'est que tu vas avoir aussi des coûts qui ne sont pas fléchés. Donc déjà, premièrement, typiquement, l'ADV, le... le département qui s'occupe de tout ce qui est qualité de vie au travail, il doit y avoir des coûts qui ne permettent pas d'être fléchés vers un produit ou vers un service. Et ces coûts-là, à un moment donné, il faut qu'ils se réimpactent quand même sur un service ou un produit. Donc là, il y a des arbitrages à faire avec la direction pour déterminer comment l'ensemble de mon pot indirect, je peux aller le répartir sur tel produit ou tel service. Donc ça, c'est déjà ce qu'on appelle des clés de répartition, en jargon. de contrôle de gestion qui va me permettre de dire, sur les 100 000 euros de mes coûts, je vais répartir 50% sur le produit A, 20% sur le produit B, 10% sur le produit C, etc. Et on va en fait reprendre tous ces coûts indirects pour les flécher d'une certaine manière et arbitrairement. vers un produit. Et ça, ça permet deux choses. Premièrement, de voir la rentabilité nette de notre produit. Est-ce qu'il est profitable ? Et donc, je peux faire un arbitrage. J'avance et je continue à maîtriser ma marge. Ou alors, attention, on est en perte sur ce produit-là. Donc, est-ce qu'on conserve ou pas ce produit ? Donc ça, c'est un vrai éclairage que tu peux faire auprès de la direction pour montrer que la société, elle est profitable sur toute une ligne de produits et peut-être pas assez sur une autre. Donc ça, c'est une première chose. Et deuxième chose, c'est aussi de pouvoir comparer ça au cash qu'on reçoit. Parce qu'évidemment, le cash que tu reçois, c'est la finalité de ta vente de produits et de ta construction. Si jamais tu ne reçois pas ton cash, tu n'as pas une bonne culture cash, derrière, c'est un coût.
- Speaker #0
Donc là, c'est l'enjeu de trésorerie, en fait.
- Speaker #1
C'est un jeu de trésorerie, mais c'est un coût indirect qui vient plus tard et que tu ne vois pas venir. Et ça, c'est un peu embêtant parce que tu pilotes avec une marge, on va dire, connue. et puis finalement tu te prends des coups coûts qui viennent a posteriori parce que tes clients ne te payent pas ou parce que tu ne vas pas chercher l'argent à temps.
- Speaker #0
Donc des coûts qui sont liés à de la trésorerie. Ça,
- Speaker #1
c'est des coûts liés au recouvrement et à la trésorerie, parfois aussi à d'autres sujets, mais c'est principalement comme ça.
- Speaker #0
J'en reviens à cette partie de l'impact social ou impact image. En fait, cette partie, on va dire, toujours un peu moins tangible parce qu'effectivement, produire, avoir une activité… Surtout dans le monde dans lequel on vit et avec l'époque qu'on vit, ça a un impact sur la nature, ça a un impact sur la société. Je pense que, de ce que je comprends, le contrôleur de gestion est quand même le mieux placé pour être capable de donner une vision réaliste, concrète de cet impact-là. Est-ce qu'aujourd'hui c'est quelque chose qui est intégré dans les pratiques des contrôleurs de gestion, de ce que tu vois ? Est-ce que c'est quelque chose ? Avec toute la data qu'on collecte, qu'on arrive à évaluer, à estimer, comment tu vois les choses ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je trouve qu'on est encore peu sensibilisés à ça. J'aimerais qu'on le soit plus. Mais avec tout ce que je viens de dire avant, tu peux considérer qu'un produit, c'est un verre. C'est un verre. Et qu'on va rentrer les coûts dedans pour garder une certaine marge. Et tant que l'eau ne dépasse pas le verre, ça veut dire qu'on est rentable. Déjà, ça, c'est la première chose. Je te donne un cas d'exemple. Tu es une société qui vend une boisson, une boisson plutôt premium. Tu as envie que ce soit, dans ta vision, un aspect social qui prenne en considération les producteurs, qui prenne en considération l'environnement en ne mettant très peu de plastique, en tout cas peut-être même pas de plastique. Tu souhaites que ce soit local le plus possible. Et du coup, tu as quand même des coûts qui sont assez forts. Et tu ne peux vendre par exemple que ton produit à LA, à Paris ou à Londres où tu sais que tu as un pouvoir d'achat qui est fort. Après 2-3 ans, les ventes commencent à stagner, la marge commence à s'amenuer parce que les coûts continuent d'augmenter. Et là, le dirigeant d'entreprise doit prendre des décisions. Est-ce qu'on sort un nouveau produit peut-être plus cher ? Ou est-ce qu'on va essayer de réduire les coûts ? Donc là, l'impact social peut entrer en considération. Est-ce que je vais demander à mon équipe de production d'aller plus vite ou pas ? Quelle est la conséquence que ça peut avoir ? Grève, démission, burn-out, tu peux avoir pas mal de choses comme ça. Est-ce que je vais prendre un autre substitut de produit ? Donc aller chercher peut-être pas le berlingot en carton qui est produit par la société à côté, mais plutôt avec une société internationale ou en Chine, ce genre de choses. Donc je ne suis plus dans ma vision, dans ma stratégie, parce que je suis en accord avec ça. Donc là, c'est plutôt de stratégie d'entreprise.
- Speaker #0
Quel est le rôle du contrôleur de gestion par rapport à ces données-là ? Parce que ce n'est pas toujours facile d'avoir les données de qualité, encore moins. On s'anticipe un peu sur le sujet IA, parce qu'on va en rediscuter. C'est quand même un sujet dont on ne peut pas faire l'impasse aujourd'hui. Cette partie de vraiment collecter la donnée, s'assurer qu'elle est de qualité et robuste pour se baser dessus, quelle est la responsabilité, le rôle du contrôleur de gestion ?
- Speaker #1
Elle n'est pas si énorme que ça. On pense que le contrôleur de gestion, c'est un peu le gardien du temple de la qualité de la donnée. Moi, ce n'est pas ma vision du tout. Ma vision c'est que le contrôleur de gestion il est là pour mettre des outils en place pour alerter les responsables des processus métiers. Et selon moi c'est...
- Speaker #0
C'est subtil mais c'est important.
- Speaker #1
C'est hyper important. Donc ça permet de remettre, ce qu'on appelle l'expression, remettre l'église au milieu du village, de responsabiliser les personnes qui sont par exemple responsables de saisir des écritures, de saisir des nouveaux comptes. qu'il y ait le minimum requis pour pouvoir faire les analyses. Par contre, le minimum requis, c'est qui qui l'établit ? C'est le contrôleur de gestion. Le minimum requis, par exemple, pour faire ce type de reporting, je veux que ça, ça, ça, ça, ce soit validé. Par conséquent, c'est qui qui en est responsable. Et aujourd'hui, pour te donner un peu un parallèle avec MyReport, c'est que les chefs de projet MyReport, ils mettent en place des méthodologies basées sur les théories de Kimball, pour le citer, qui permettent d'aligner tous les métiers qui vont utiliser un indicateur. Donc imaginons le chiffre d'affaires, si je ne comprends plus souvent comme exemple. Le chiffre d'affaires, pour toi au marketing c'est quoi ? Pour toi au commerce c'est quoi ? Pour toi à la direction c'est quoi ? Et ça, ça permet de dire, ok, là... J'ai tous mes sponsors métiers, je sais qui en est responsable, je sais qui en est informé et qui va le consulter. C'est hyper important qu'on puisse bien aligner ça et qu'au sein de l'entreprise, cet alignement soit partagé et signé d'une certaine manière. Il faut les engager complètement. Et le contrôleur de gestion, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va dire « Ok, c'est bon, je sais qui en est responsable, donc j'ai mes alertes et je vais pouvoir l'alerter quand je détecte une dégradation de ma qualité de la data. » Donc ça, c'est une première chose. Et là, la BI... on va être énormément pour faire ça. Deuxième chose, c'est quand tu commences à avoir énormément de dégradation de qualité de la donnée, les systèmes IA vont pouvoir t'aider aussi. À deux endroits. Premièrement, comprendre. Il y a un processus qui a changé, donc du coup, on n'a pas abordé un sujet, il y a un effet de bord sur le processus. Bref, ça c'est souvent les cas les plus classiques. Le deuxième cas, c'est l'autocomplétion, pas l'IA. Il y a des clients, ils font ça. C'est incroyable. Ils vont mettre des règles de gestion. dans l'IA et dire à chaque fois que tu détectes un manquement, tu prends cette règle de gestion, tu l'intègres automatiquement. Parce que le ERP ou le logiciel de gestion ne permet pas de le faire. Et c'est l'IA qui vient compléter, qui est un vrai agent de complétion de qualité de la donnée. Et ça pour moi c'est au contrôleur de gestion de le piloter. Donc tu vois, il est garant de la qualité de la donnée sans pour autant en être responsable.
- Speaker #0
Ok, donc du coup, quelque part, son rôle c'est vraiment d'avoir conscience de comment est produit la donnée, qui en est responsable, à quel endroit. Et du coup, aussi, la qualité de la donnée, oui, mais plus on va dire comme garant du respect des bons principes et pas comme celui qui va aller la compléter forcément, sauf à utiliser l'IA et je pense que c'est ça que ça apporte, c'est d'aller plus loin. Parce que c'est le mieux placé pour mettre en place les règles, ou en tout cas pour s'assurer que les règles sont cohérentes.
- Speaker #1
Vu que c'est censé être documenté, censé être connu, il a le processus systémique, et donc il permet de mettre des garde-fous à certains endroits, et l'IA permet aussi de compléter ça et de faire une analyse. C'est un des usages de l'IA qui permet au contrôleur de gestion d'être un peu plus serein aussi sur la qualité de données qui sort. Après, ça ne fait pas tout. L'humain ressaisit de la donnée, si elle est fausse, c'est fausse. Là derrière, il faut qu'on puisse aussi s'améliorer en tant qu'humain, de faire correctement les choses. Et le contrôleur de gestion peut être là aussi pour rendre plus efficient les gens.
- Speaker #0
Il y a quelque chose dont je me méfie beaucoup avec l'IA, c'est le syndrome du shiny object. C'est-à-dire l'objet ou le syndrome de l'objet brillant, tout simplement en bon français. Comment éviter ça ? Parce que justement, le contrôleur de gestion étant le garant du fonctionnement... des processus, de leur optimisation, etc. Comment s'assurer que l'utilisation de l'IA n'est pas juste quelque chose de peut-être un peu gadget ? Parce que, ok, aujourd'hui c'est la tendance et que c'est vraiment quelque chose qui apporte une vraie valeur ajoutée au métier, au processus. Quelle est ton approche par rapport à ça ?
- Speaker #1
Alors aujourd'hui... De toute façon, comme toute nouvelle technologie, l'IA fait partie de ces choses tendances, de ces bulles tendances qu'il faut absolument mettre partout. Je suis plutôt partisan en mettre un peu partout aussi. J'aime bien aussi voir cet aspect-là.
- Speaker #0
Mais est-ce que c'est dans un côté expérimental ? Parce que ça, c'est important.
- Speaker #1
C'est ça. Au départ, ça reste expérimental. On va le tester. Donc l'objectif, c'est de voir si... Notre petit apprenti peut devenir un moment instructeur, ou notre instructeur reste un apprenti. C'est un peu ça la question que je me pose à chaque fois. Mais ça n'empêche que sur, par exemple, de l'analyse data, quand tu regardes un tableau de bord BI, L'analyse, premièrement, va être très pragmatique. Il va te dire, voilà, tu as une tendance qui monte, tu as une tendance qui baisse. S'il n'a pas les contextes métiers, il ne pourra pas s'en sortir. Donc là, ça reste très shiny object. Tu te dis, OK, il est en train juste de me montrer comment mon évolution, elle fonctionne. Ça, je sais moi-même l'interpréter. Pourquoi est-ce que mon chiffre d'affaires est descendu ? Parce que mon poste de vente au détail a diminué. Et c'est dû à quoi ? Au Covid. ok ça c'est bon ça je sais le faire ce qui est plus intéressant c'est quand on va commencer à mettre du contexte et donc le contexte c'est quoi ? c'est la vision d'entreprise c'est savoir la documenter c'est les stratégies on va dire opérationnelles savoir les documenter et deuxièmement c'est tous les processus métiers qu'on aurait documentés en tant que contrôleur de gestion et à partir du moment où tu mets ces contextes là et bien l'IA elle peut commencer à te sortir des vraies analyses terrain parce qu'ils vont se baser sur les comptes rendus des intervenants, ils vont se baser sur les comptes rendus de réunion. Il faut évidemment que ça, ce soit RGPD friendly, d'une certaine manière, mais ça permet quand même d'avoir des meilleures analyses. Ce n'est pas une meilleure analyse. En tout cas, c'est une analyse beaucoup plus rapide que ce qu'un contrôleur de gestion humain pourrait faire. Et ça, je trouve ça très intéressant, surtout dans les mains d'un dirigeant qui a besoin des informations très rapides.
- Speaker #0
Alors en fait, si je comprends bien dans ta vision, c'est que c'est... une sorte de catalyseur lié pour le contrôleur de gestion, c'est-à-dire que ça lui permet d'avoir des analyses plus rapidement, peut-être des analyses plus diversifiées, des choses qu'il n'aurait pas matériellement le temps de faire, etc. Mais du coup, le rôle du contrôleur de gestion 3.0, c'est de filtrer peut-être et de voir ce qui est pertinent par rapport au business.
- Speaker #1
Exactement. Moi, je le vois plutôt comme ça. Avant, on parlait beaucoup de... le contrôleur de gestion junior, ce genre de choses, qui faisait ses premières analyses, en fait, cette étape-là, pour moi, elle va petit à petit s'effacer au profit d'expertise. Donc, on va passer plus de temps, en fait, à comprendre le contexte, à essayer de savoir où le bas blesse vraiment d'un point de vue métier opérationnel. Et moi, je trouve ça beaucoup plus intéressant. Comme je t'ai dit, le contrôleur de gestion en industrie, c'est ce que j'adore. C'est d'aller au contact des gens pour essayer de les rendre plus efficients. Et c'est, je pense... Une bonne chose que l'IA permet de dégager du temps du contrôleur de gestion pour rendre beaucoup plus de relations et d'humains afin de permettre cette efficience-là. Et en même temps, d'aller beaucoup plus travailler avec la direction pour comprendre la vision, pour s'assurer qu'on est toujours bien dans la vision et que la stratégie est appliquée.
- Speaker #0
Ok, je comprends bien. Du coup, en fait, l'IA, c'est vraiment ce qui, en tout cas, va libérer ce temps qui était avant dédié peut-être à consolider les données, à analyser des choses, on va dire, peut-être... un peu classique, mais nécessaire.
- Speaker #1
C'est en tout cas le premier aspect sur le point de vue opérationnel. Maintenant, il y a un deuxième aspect dont on n'a pas parlé, mais que je trouve aussi très intéressant. C'est, t'imagines, un dirigeant, il dit, j'aimerais me diversifier. J'aimerais rajouter une ligne de produit. J'aimerais faire autre chose d'une certaine manière où j'ai besoin d'avoir des éléments tangibles pour prendre mes décisions et pas juste au doigt mouillé. Eh bien, l'IA, avec ce contexte-là, L'expérience qu'on a et les recherches web ouvertes vont pouvoir aussi te centraliser toute cette information très rapidement. Et donc très rapidement tu vas pouvoir poker ou tester une idée, voir un premier embryon de R&D, un premier embryon de produit qui pourrait arriver, pour déterminer comment, si je me projette avec mon contexte actuellement de production, comment je vais pouvoir déterminer mon prix, quelle marge je vais pouvoir... peut-être en dégager, peut-être, ça reste des suppositions, mais il y a à ce pouvoir, je pense, de pouvoir se projeter avec des contextes très larges, et ensuite tu affines, en tant que contrôleur de gestion et dirigeant, tu vas affiner pour arriver sur quelque chose qui est plus pilotable, parce qu'après, c'est du pilotage, mais le dirigeant va être beaucoup plus conscient de la direction dans laquelle il va aller.
- Speaker #0
Et ça, c'est grâce aussi à l'IA parce qu'on va aller beaucoup plus vite. Donc une décision qu'on aurait pu prendre un an à prendre, aujourd'hui, elle va peut-être mettre trois mois à prendre.
- Speaker #1
Ça accélère le cycle.
- Speaker #0
Ça accélère parce qu'il a plus de temps, il a plus de data, et du coup, il y a aussi beaucoup plus de moyens de libérer cet outil-là.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'enthousiasme le plus par rapport à cette évolution du contrôleur de gestion ? Qu'est-ce qui se trouve dans le plus enthousiasmant ? Dans le contrôleur de gestion 3.0 ?
- Speaker #0
Le plus enthousiasmant, je dirais, c'est de participer tout simplement à la stratégie d'entreprise. Moi je trouve ça très bien parce que tu participes, en tout cas tu en découles, tu reçois la stratégie et en même temps tu proposes des solutions. Tu n'es pas là pour diriger, tu n'es pas là pour décider, mais en tout cas tu es vraiment un acteur majeur pour moi, pour le Codire ou pour la DAF, la DAF, la Direction Administrative et Financière. pour pouvoir vraiment orienter l'entreprise avec de la donnée de qualité et un axe budgétaire maîtrisé, une rentabilité, etc. Donc, tu vois, c'est quelque chose de très tangible. Et en même temps, ça reste en même temps fébrile, parce qu'il faut quand même que tout le château de cartes continue de fonctionner. Donc, c'est dans un sens du contrôle, de la maîtrise, on va dire. et en même temps c'est des possibilités de faire naviguer le bateau dans la bonne direction et moi je trouve ça hyper intéressant.
- Speaker #1
C'est sûr que c'est très gratifiant de savoir qu'on contribue à faire avancer l'organisation dans la bonne direction. Maintenant il y a une question que j'aime bien poser à mes invités au podcast, c'est est-ce qu'il y a un sujet qui te tient à cœur que tu voudrais partager avec nos auditeurs ?
- Speaker #0
Sur le contrôleur de gestion, il y a peut-être un sujet que j'ai à cœur. Il y a deux personas qui vont être peut-être impactés par les évolutions qu'on rencontre aujourd'hui. C'est ceux qui ne prennent pas la direction de l'IA. Je pense qu'il faut y aller. Même si vous êtes un peu sceptique au départ, formez-vous aussi sur l'outil, acculturez-vous, essayez de comprendre comment ça fonctionne. Pas forcément comment vous pouvez l'utiliser, mais comment ça fonctionne. Afin de petit à petit l'ajouter à votre quotidien. Donc, première approche. Deuxième approche, le deuxième persona, c'est les jeunes. Donc, on a des jeunes qui, aujourd'hui, sont très tech. Ils aiment bien ça. Ils touchent un petit peu à tout. Power BI, MyReport, Tableau, Data, etc. Ils sont à fond là-dedans. Des IA, on peut dire. Ils collent des IA là-dessus. Par contre, je trouve qu'ils prennent tout pour un argent comptant. Ça m'embête un petit peu et ça nécessite selon moi de sortir un peu de ce carcan individualiste qu'on peut avoir pour aller rencontrer des gens, leur parler, comprendre comment va le métier et sortir du bureau du contrôle de gestion. C'est vraiment le conseil que je peux donner à la jeune génération qui arrive maintenant sur le marché du travail, c'est de sortir de votre bureau, aller voir les gens et discuter avec eux. Oui,
- Speaker #1
finalement. C'est peut-être un des paradoxes de l'IA. C'est qu'à la fois, comme tu disais, quelqu'un qui a déjà connu la vie avant l'arrivée de l'IA, ça va l'aider. Le réflexe qu'il va peut-être avoir naturellement, c'est d'exploiter le temps gagné pour aller sur le terrain, voir les gens approfondir son expérience et du coup, quelque part, sa sagesse. Parce que la sagesse, je pense que c'est des métiers où il y a beaucoup d'une dimension sagesse. La sagesse n'est pas dans les livres, elle n'est pas dans la théorie, elle est toujours au concret avec l'expérience.
- Speaker #0
On a besoin peut-être un petit peu plus de sagesse.
- Speaker #1
Oui, voilà. En tout cas, du coup, en fait, ce que je comprends de ce que tu dis, c'est que pour peut-être les futurs contrôleurs de gestion, les jeunes contrôleurs de gestion, l'idée c'est justement de ne pas tomber dans le piège très techno, très technophile ou très techno-orienté de... l'IA c'est une panacée ce n'est pas du tout le cas ça reste un outil formidable mais un outil qui quand même fonctionne dans une machine et que du coup ce contexte humain opérationnel, concret reste quand même essentiel pour être pertinent oui,
- Speaker #0
tout en gardant l'église au milieu du village comme je t'ai dit, social, impact RSE viabilité de l'entreprise ça c'est Merci. C'est là où il faut être conscient, mais je suis d'accord avec ce que tu dis.
- Speaker #1
Donc quelque part, la dimension humaine du métier et ce qu'il apporte à l'entreprise. Ça en trouve renforcé, en tout cas, si on suit un peu cette idée.
- Speaker #0
C'est tout à fait l'enjeu. Dans une époque où on parle beaucoup que l'IA va remplacer les gens, je ne suis pas convaincu. Je pense que l'IA, à un moment donné, va être chère. Et l'usage de l'IA va se poser la question, peut-être à un moment donné, est-ce que je vais dépenser cet argent pour avoir cette information, ou peut-être encore attendre quelques jours pour l'avoir de manière fiable. Il y a aussi la dimension entre pilotage et fiabilité ou précision d'une certaine manière. L'humain, par moments, peut être tout aussi efficace qu'une IA. Il faut peut-être des fois juste accepter que ça prend deux heures au lieu d'une minute. Et donc, c'est ça aussi la sagesse, je pense, qu'il va falloir avoir, mais à tous les niveaux, pas qu'au niveau du contrôle de l'espace.
- Speaker #1
Je pense que c'est un message qui est très précieux et important pour finir cet épisode. Merci beaucoup Olivier pour avoir accepté l'invitation et puis au plaisir pour vous retrouver autour de thématiques, autour de la data sur Déclic Data.